Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Santé > Retour sur la pandémie grippale H1N1v de 2009

Retour sur la pandémie grippale H1N1v de 2009

En décembre 2009, la commission des affaires sociales du Sénat a demandé à la Cour des comptes de procéder à une enquête sur l'utilisation des fonds mobilisés pour la lutte contre la pandémie grippale A (H1N1), évalués alors à un milliard et demi d'euros.

Voici donc deux documents :
- l'un est le rapport d'information, enregistré le 1er février 2011, format pdf, 246 pages, 1,4Mio
- l'autre est le procès-verbal des auditions de la commission d'enquête

La lecture, même partielle, de ces documents se révèle très instructive, tant sur le fonctionnement de la veille sanitaire en France, que sur les modalités de décision politique concernant la gestion de la crise.
Vu la taille de ces documents, il m'est impossible de faire un résumé en bonne et due forme. Retenons ces quelques éléments :

Avec le recul, il s'avère que la grippe H1N1v a touché environ 5 à 6 millions de Français(es). Moins de 6 millions ont été vacciné, soit 7% de la population. 342 décès (dont 312 en France métropolitaine) ont été attribués à la grippe H1N1v (comparés aux 5000-6000 décès attribués à la grippe saisonnière). 2,7 millions de doses ont été perdues, 700 000 ont été inutilisables et 20 millions de doses ont été ou seront détruites. Le coût total estimé de la campagne a été de 700-760 millions d'euros, soit 110 euros par personne vaccinnée (et encore, ce chiffre ne tient pas compte du recyclage du verre des flacons de vaccins qui aura lieu prochainement).
12 millions de doses ont été données à l'OMS dans le cadre de la solidarité internationale. Le Gouvernement a par ailleurs procédé à des exportations à prix coûtant vers Monaco (80 000 doses) et le Qatar (300 000 doses et 330 000 seringues).

Il est exact que les firmes pharmaceutiques ont tenté d'imposer une clause de transfert de non responsabilité aux états. En France, cette clause a été refusé par les responsables politiques, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis.
D'une façon générale, ce sont les firmes pharmaceutiques qui ont imposées une mise en concurrence des états, et non l'inverse.

En juin 2009, les données scientifiques permettaient de savoir que la grippe H1N1v n'était pas aussi meurtrière qu'il avait été estimé. Sa particularité concernait le nombre de cas de formes sévères dans la population jeune et sans facteurs de risques.
Les modalités de calculs concernant le nombre de décès ne sont que des estimations. Ils sont calculés par rapport à la moyenne des décès survenant hors période d'épidémie. Ils ne sont pas comparables entre eux, puisque pendant la grippe saisonnière, les décès concernaient surtout les personnes agés. Alors que pendant la grippe H1N1v la population atteinte n'était pas la même.

Bien que la déclaration des liens d'intérets des experts consultés par le gouvernement soit rendue obligatoire, la ministre de la santé n'a pas su si les experts consultés avaient ou non des conflits d'intérêts, étant donné que la liste n'a pas été vérifiée.

Il ressort également de ce rapport que la cour des comptes considère la gestion de cette crise, tant en moyen humain, qu'en moyen financier, a été un véritable gâchis, que le discrédit à l'égard de la politique vaccinale est responsable de la désaffection des Français dans le programme de vaccination contre la grippe saisonnière 2010-2011, et que cela risque de mettre la population en danger en cas de véritable menace.

Il ressort également que l'utilité de la vaccination individuelle, ou de masse - ainsi que celle du tamiflu - dans la protection de la grippe H1N1 demeure incertaine et reste à prouver. Il existe encore de nombreuses inconnues scientifiques concernant cette grippe.

Il n'est pas non plus inutile de rappeller que le plan national de pandémie grippale a été « calibré » en vue de l’émergence d’une pandémie causée par un virus aviaire H5N1 transmissible d’homme à homme. En somme, la crise a été mené dans les pays occidentaux comme s'il s'agissait de la grippe aviaire.

Pour conclure, je ferais les remarques suivantes :

  • la bureaucratie a atteint un telle niveau de complexité qu'une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Même si l'argument consistant à dire qu'il s'agissait de la première gestion de crise sanitaire du pays, et donc qu'elle est perfectible, n'en reste pas moins vrai qu'elle ne pouvait pas être pire que celle-çi. N'en déplaise à Mme Bachelot, lorsqu'elle se fait moqueuse contre la Pologne - qui ne possède pas de veille sanitaire, qui ne possède pas les finances nécessaires pour vacciner la population, et qui fait le choix de ne pas acheter les vaccins - le système Français de veille sanitaire, un des plus réputé dans le monde, n'en a pas moins abouti dans les faits à un total fiasco. Mais que tout le monde se rassure, il nous est assuré que les leçons des erreurs seront tirées, afin qu'à la prochaine alerte, les choses se passent beaucoup mieux !
  • il n'est pas sûr, loin de là, que la parole donnée aux experts soit la meilleure garantie pour le choix d'une stratégie. Un des premiers argument est celui des conflits d'intérêts. Rappellons au passage que l'expression « conflits d'intérêts » est un euphémisme pour désigner la corruption. Corruption, en 1373  : « action de détourner quelqu'un de son devoir par de l'argent, des dons ; fait de se laisser ainsi corrompre ». Le deuxième argument est que, les conclusions de conférences de consensus, qui s'appuient essentiellement sur l'avis d'experts, ne font pas forcement consensus au sein de jurys non spécialisés. Pour preuve la chronique d'un désastre sanitaire : la médicalisation de la ménopause et de la question de la prévention du risque tardif de fractures ostéoporotiques par un traitement hormonal précoce.

Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

6 réactions à cet article    


  • TSS 21 février 2011 10:15

    Ne pas oublier que l’etat voyou a fait melanger cet hiver le vaccin H1N1 avec le vaccin ordinaire

     contre la grippe ! rien ne les arrete... !!


    • Alpo47 Alpo47 21 février 2011 10:56

      Il semble que nous assistions ici à une démonstration de ce que peut donner la cupidité.

      Cette grippe n’était absolument pas mortifère, on nous l’a « vendue » juste pour faire du fric. Rappelons nous tout simplement que derrière ces fabriquants pharmaceutiques, il y a ... des actionnaires. On oublie les petits, dont tout le monde se fiche et on constate qu’à l’arrivée, ce sont des milliards à partager entre quelques dizaines de personnes.

      Elle est pas belle notre société ?


      • bernard29 bernard29 21 février 2011 11:43

         « Aaaah Bon !!  » mais je ne suis plus là dit Roselyne. Je travaille actuellement pour Servier.


        • occidere occidere 21 février 2011 14:07

          Les vaccins de cet hivers contiennent effectivement, entre autres, la souche H1N1v. Mais il ne s’agit pas de l’utilisation « recyclée » des vaccins de l’hivers 2009, qui vont être détruit, avec les flacons, courant de cette année.
          Pour information, le vaccin de cette année contient :

          • A/California/7/2009 (H1N1) - souche dérivée utilisée NYMC X-179A
          • /Perth/16/2009 (H3N2) - souche analogue utilisée NYMC X-187 dérivée de A/Victoria/210/2009
          • B/Brisbane/60/2008 
          Il faut savoir que chaque hivers les vaccins antigrippaux sont mises à jour en fonction des souches les plus présentes sur le globe. L’année dernière les vaccins antigrippaux « saisonniers » contenaient aussi une souche H1N1, mais pas la souche H1N1v !
          Les personnes ayant reçu cette année le vaccin saisonnier, et qui ont reçu le vaccin « polémique » de 2009 ont donc été vacciné deux fois pour la même souche !

          • PtitLudo PtitLudo 21 février 2011 15:14

            La grippe H1N1 a été l’occasion d’une répétition en grandeur nature de ce qui aura lieu réellement quand tout le système s’écroulera.

            Le reste n’était que comédie.


            • ARMINIUS ARMINIUS 22 février 2011 06:33

              On savait que les principaux critères de choix de ministres de notre président répondait à :
              -une capacité de léchage de fion nettement au dessus de la moyenne
              -une intelligence nettement au dessous de la moyenne ( afin de paraître- en comparaison- presque intelligent lui-même).
              Mais là avec Roselyne et M.a.m il a vraiment fait trop fort...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

occidere

occidere
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès