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Robert Howland, petit lieutenant de Big Pharma

Portrait d’un médecin réputé qui ne parle de ses conflits d’intérêts que quand ça l’arrange.

Robert H. Howland

 Robert Howland est professeur associé de psychiatrie à la fac de médecine de l’université de Pittsburgh, et psychiatre travaillant en recherche sur les maladies mentales au Western Psychiatric Institute and Clinic (toujours à Pittsburgh).

 Il a obtenu son doctorat à la fac de médecine de l’université du Minnesota.
C’est un membre de l’American Psychatric Association.Il a écrit plus de 200 publications validés par ses confrères.

 En d’autre mots, un leader d’opinion.

 

Puce à l’oreille

Ca fait des années qu’on sait que le Seropram est dangereux pour le cœur.

 Les effets secondaires peuvent être des tachycardies, ce qu’on sait depuis 2001, avec 2 cas rapportés, un en France et l’autre aux Etats-Unis, et beaucoup d’autres depuis.

 Il y a aussi des bradycardies, identifiées dès 2000, avec de nouveau deux publications, l’une de chercheurs australiens, l’autre de chercheurs allemands.

 Dans la grande majorité des cas, ces effets sont la conséquence d’overdose (prescription inadaptée ou tentative de suicide) ou d’un mauvais mélange. C’est pourquoi, en août, l’agence américaine du médicament a décidé de limiter la dose maximum qu’on peut prescrire.

 Mais le docteur Rowland n’est pas d’accord. Il estime que tout va bien avec le Seropram et avec le Seroplex (le successeur) et que, de toute façon, ces produits ne sont pas plus dangereux pour le cœur que les autres antidépresseurs.

 

Dis-nous pour qui tu roules

Comme c’est presque obligatoire à présent, le Dr. Howland déclare ses conflits d’intérêts, ou plutôt qu’il n’en a pas : il n’aurait aucune raison financière qui biaiserait son avis.

C’est trop beau pour être vrai, alors je fouille.

La première trouvaille est plutôt à son crédit : alors qu’il « flingue » un autre antidépresseur (de Novartis), il averti : à une époque, Novartis a financé ses recherches. Le message est clair : on n’achète pas le Dr. Howland. Le Dr. Howland est indépendant.

Première fausse note : il donne son avis sur la Vilazodone, qui, comme par hasard, est vendu (aux Etats-Unis) par le même labo que le Seropram, Forest. Verdict : le produit n’est pas meilleur que les autres, mais il est moins méchant, a moins d’effets secondaires. Toujours pas de conflits d’intérêts. Rien à voir avec ce médecin, mais Forest a fait la pub de son produit en disant qu’il n’y avait pas d’effets secondaires sur la sexualité… et s’est fait tapé sur les doigts, parce qu’il y avait aucune preuve que c’était vrai.

Je remonte dans le temps. Des subventions publiques, pas de problème.

Deuxième fausse note : en 2007, on reconnaît enfin que certains antidépresseurs (dont le Seropram) provoque des envies de suicides. Dr. Howland vole à la rescousse.

J’en suis à plus de 100 publications… J’essaie de prendre du recul. Tiens, nouvelle fausse note : l’immense majorité de ses travaux sont publiés dans un seul et même journal, le Journal of psychosocial nursing and mental health services. Je me demande si l’on fait vraiment vérifier ses articles par des confrères, ou si on les accepte sans se poser de question. Ah bah non, pas besoin, il est éditeur de la partie psychopharmacologie.

BINGO ! Il déclare dans un document de 2009 recevoir des financements de Aspect Medical Systems, Bristol-Myers Squibb Company, Cederroth, Cyberonics, Eli Lilly, Medtronic, Northstar Neuroscience, Novartis, NIMH, National Center for Complementary and Alternative Medicine, mais aussi FOREST LABORATORIES.

 

Je dis ce je veux quand je veux

Après tout, pourquoi pas.

D’ailleurs, peut-être qu’il a eu des sous de Forest en 2009, mais plus en 2011.

Mais si c’est vrai, pourquoi il en parle pour Novartis, et qu’il ne dit rien pour Forest ?

A chacun de se faire son opinion. Moi, je suis fixée.


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4 réactions à cet article    


  • Robert 14 février 2012 18:37

    I appreciate your concerns about failing to identify conflicts of interest, but your criticism of me about this is misplaced. I have two comments. First, my past « financial support » from Forest consisted only of the supply of the drug citalopram for two research studies. The first study was the NIMH-funded STAR*D project [Trivedi MH, Rush AJ, Wisniewski SR, Nierenberg AA, Warden D, Ritz L, Norquist G, Howland RH, Lebowitz B, McGrath PJ, Shores-Wilson K, Biggs MM, Balasubramani GK, Fava M, STAR*D Study Team. Evaluation of outcomes with citalopram for depression using measurement-based care in STAR*D : Implications for clinical practice. American Journal of Psychiatry, 2006 ;163(1):28-40], for which Forest supplied the drug citalopram. The second study was the NIMH-funded St Johns Wort project [Rapaport MH, Nierenberg AA, Howland R, Dording C, Schettler PJ, Mischoulon D. The treatment of minor depression with St. John’s Wort or citalopram : Failure to show benefit over placebo. Journal Psychiatric Research, 2011 ;45(7):931-941], for which Forest supplied the drug citalopram and matching placebo. No other financial support from Forest was provided for these two studies, and I have never received any other type of direct or indirect financial support from Forest. Second, you provide links to abstracts of papers that I have written, but the abstracts do not fully convey my thoughts and critical analysis of the data pertaining to the topic of these papers. I would be happy to provide full-text copies of these papers and all other pertinent papers to you and other interested individuals.


    • Maiwl 16 février 2012 18:15

      Traduction (Translation, response follows)


      J’apprécie votre engagement à dénoncer les conflits d’intérêts cachés, mais votre critique à mon égard est déplacée. J’ai deux commentaires à vous faire.

       

      Tout d’abord, mes anciens « liens financiers » avec Forest ne consistent qu’en la fourniture du médicament citalopram pour deux études de recherche.

      • La première étude était le projet STAR*D financée par le NIMH, pou laquelle Forest a fournit le citalopram.
      • La seconde était le projet St Johns Wort (Millepertuis) financée par le NIMH.

      Aucun autre soutien financier n’a été apporté par Forest à ces deux études, et je n’ai jamais reçu aucun autre soutien financier, direct ou indirect, de la part de Forest.

       

      Ensuite, vous proposez des liens vers des résumés d’articles que j’ai écrit, mais ces résumés ne contiennent pas l’intégralité de mon opinion et l’analyse critique des données fournissant le sujet de ces articles. Je serai heureux de vous fournir, à vous ainsi qu’à toute autre personne intéressée, des copies intégrales de ces articles ou de tout autre article pertinent.


    • Maiwl 16 février 2012 18:17

      Réponse (en anglais, version française suit)


      « Robert », I presume you are Dr. Robert Howand.

       

      First I thank you for pointing at the shortcomings of this article.

       

      It is true that I do not have extended access to publications and mainly rely on abstracts. However, many people will only read abstracts, if not even only titles. If they do not reflect the author’s opinion, abstracts are misleading if anything.

       

      I take note that Forest did provide citalopram for the two studies, which is usual procedure in such cases, and that, by the way, for STAR*D, all antidepresants were provided by their respective company.

       

      However, you write that :

      « No other financial support from Forest was provided for these two studies. »

      Well, this could be untrue according to a recent whistleblower suit filed by Dr. Edmond Pigott, accusing Forest of tricking the Star*D trial in favor of Celexa, by corrupting principal investigator John Rush and his colleagues. I think you mean honestly what you wrote, but your involvement in STAR*D on one hand, and your positiveness on citalopram/escitalopram on the other hand are casting even more doubts on your independence. I’m sorry if you truly tried to be honest and discover it could backfire.


       

      I supposed you also read about Lundbeck tricking the so-called independent phase III study on escitalopram. Tricked studies were used in meta-analyses, slowly building and conforting the opinion that products are safe and effective. If the accusations about STAR*D are found to be grounded, it would have dramatic consequences. I think it is high time to send all we though we knew about those drugs efficacy to the garbage to start gathering knowledge all aknew. 


      • Maiwl 16 février 2012 18:18

        Version française


        « Robert », je présume que vous êtes le Dr. Robert Howland.

         

        Je vous remercie tout d’abord de mettre en exergue les faiblesses de l’article.

         

        Il est vrai que je n’ai pas accès à l’intégralité des publications et que je me repose essentiellement sur des résumés. Cependant, beaucoup de personnes ne lisent que les résumés, voir uniquement le titre. Si ces résumés ne reflètent par la pensée de l’auteur, ils sont trompeurs au possible.

         

        Je prends note que Forest a fourni le produit pour les deux études, ce qui est une procedure courante, et que, de toute façon, pour STAR*D, tous les antidépresseurs ont été fournit par leur rapport respectif.

         

        Vous détaillez quelles ont été vos liens avec Forest, bien que vous ne répondiez pas à la question de fond, qui est, pourquoi mentionner ceux avec Novartis et cacher ceux avec Forest. Je déduis que vos liens avec Forest, qui fournissait son produit pour des essais cliniques publiques, étaient négligeables, notamment par rapport aux subventions que pouvait vous verser Novartis.

         

        Enfin, vous écrivez :

        « Aucun autre soutien financier n’a été apporté par Forest à ces deux études. »

        A vrai dire, c’est faux si l’on en croit une dénonciation d’Edmond Pigott, qui accuse Forest d’avoir manipulé l’étude STAR*D en faveur du seropram, en corrompant le responsable John Rush et ses collègues. Je pense que vous avez écrit ce qui précède en toute honnêteté, mais votre implication dans STAR*D d’une part et votre optimiste quant au seropram/seroplex d’autre part jettent encore davantage le doute quant à votre indépendance. Je suis désolée si vous avez réellement écrit cela dans un soucis de transparence et que vous découvrez que c’est à double tranchant.

         

        Je suppose que vous êtes également au courant que Lundbeck a faussé la soi-disant étude indépendante sur le seroplex. Les études truquées sont reprises dans les méta-analyses, et renforce l’idée que les produits sot sûrs et efficaces. Si jamais les accusations portées sur STAR*D s’avèrent fondées, les conséquences seront énormes. Je pense qu’il est grand temps de jeter aux oubliettes ce que l’on croyait savoir sur l’efficacité de ces médicaments et que l’on recommence tout de zéro.

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