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Accueil du site > Actualités > Santé > Sida : La situation actuelle vue par Jean-Luc Roméro

Sida : La situation actuelle vue par Jean-Luc Roméro

Difficile d’aborder ces sujets graves que sont l’euthanasie et le SIDA durant la période des vacances d’été. Pourtant, l’épidémie est loin d’être terminée, ni même jugulée et malheureusement, des centaines, peut-être des milliers de personnes seront contaminées cet été alors même qu’elles sont loin des soucis, heureuses de vivre et de profiter du soleil, de la plage ou de la montagne, avec l’envie de rencontrer quelqu’un, pour une nuit ou pour la vie. Parmi ces futurs contaminés, il y aura des jeunes. Retour sur ce fléau un peu oublié.

Après 28 ans d’épidémie de SIDA, où en sommes nous ?

Le virus du SIDA touche actuellement 33 millions de personnes dans le monde. C’est la 6ème cause de mortalité sur la planète. En Afrique, en Asie et maintenant dans les pays de l’est, la situation est terrible. La pauvreté, l’absence de prévention, la difficulté d’accès aux traitements font des ravages.

En France, on estime que 100 000 à 150 000 personnes vivent avec le SIDA, qu’elles soient considérées simplement comme séropositives ou avec un SIDA déclaré. Paris concentre à lui seul 25% de ces personnes soit environ 40 000 personnes, l’équivalent des populations du premier et second arrondissement réunis ! Environ 90 000 personnes en France sont actuellement sous traitement.

A-t-on des enfants du sida en France ?

Nous avons été très rapidement capables de juguler la transmission du virus entre la mère et l’enfant mais il y a en effet de jeunes adultes en France qui vivent sous traitement depuis leur enfance, environ quelques milliers.

Les jeunes et le SIDA ?

La situation est paradoxale. Les adolescents français sont à la fois très conscients de l’existence du SIDA – leur utilisation du préservatif le prouve – et plus mal informés que leurs ainés. En étudiant de près ce qu’ils disent du SIDA, on perçoit nettement que le niveau de connaissance de la maladie recule. Pour citer un exemple, lors du dernier Sidaction en décembre 2007, 26% des 15 – 24 ans déclarent penser qu’on peut être contaminé par une piqure de moustique, ce qui est faux. Le pourcentage était de seulement 14% dans les années 90.

On voit réapparaître des fantasmes autour des modes de contaminations que nous pensions disparus. Avec les progrès dans les traitement, il y a moins de morts et donc beaucoup moins d’images de la maladie. De plus les malades se cachent.

Le succès des multithérapies a-t-il rendu la tâche plus difficile au discours de prévention ?

L’arrivée soudaine des « trithérapies » en 1996 a eu une conséquence inattendue : dans une atmosphère de mort, ou dans certains milieux, chacun avait un ou plusieurs proches qui avaient disparu, la vie est revenue très rapidement. Le soulagement généré par ce progrès a eu comme effet, à la longue, de faire baisser la garde.

En 2007, on a recensé 6400 diagnostics de séropositivité. L’épidémie est donc loin d’être éradiquée, ou même jugulée.

Que penser du bareback ?

Il ne faut pas confondre bareback et relapse. Le mouvement bareback revendique un comportement qui vise à contaminer les autres. Ce mouvement est très minoritaire. Les relapses, eux, sont des gens épuisés face à la protection. Il n’y a pas de valorisation des séropositifs dans la société. Le discours de protection ne passe plus, ou de plus en plus mal.

Pire, on stigmatise et les gens finissent par baisser les bras. La « pénalisation » de la séropositivité, comme on l’a vu dans des affaires récentes, pose un vrai problème. Une relation non protégée – et librement consentie par les deux partenaires – implique une responsabilité partagée. Si on fait porter le poids de la responsabilité sur les seules épaules du partenaire séropositif, on court le risque de voir diminuer le dépistage sous le motif que « si je ne sais pas, je ne peux pas être condamné ». je le répète, la responsabilité DOIT être partagée.

Qu’en est-il de la discrimination en France ?

La discrimination se traduit en France de nombreuses manières. C’est par exemple dire que les séropositifs sont des personnes différentes. Il est extrêmement difficile, voire impossible de contracter un prêt pour acheter un logement, pour investir dans une société. Les banques arguent de la santé pour refuser, alors même qu’un séropositif peut vivre des dizaines d’années. Dire sa séropositivité dans un tel climat, c’est prendre le risque, quasi certain, de faire fuir son ou sa partenaire. C’est la certitude de ne pas être embauché. Dans un sondage récent, 100% - 100% ! - des employeurs disent refuser l’embauche d’une personne dont la séropositivité est déclarée.

La discrimination se traduit aussi au quotidien par l’extrême difficulté à voyager. La moitié des pays de la planète refusent l’installation sur leur sol de séropositifs. 13 vont même jusqu’à interdire la circulation des séropositifs. Donc pas de voyages touristiques dans ces pays, pas même de possibilité de transiter par leur sol. Parmi ces 13 pays, on compte la Chine. Et les USA.

Quelles sont les origines de ces mesures d’exclusions ?

La peur des sociétés face à cette maladie mal appréhendée et vue comme honteuse. Selon la législation américaine, le SIDA est une maladie contagieuse alors que c’est une maladie transmissible. Personne n’est contaminé si il se trouve à proximité d’une personne séropositive. La contagion n’existe donc tout simplement pas.

Si ces mesures visaient à épargner un pays du SIDA, elles sont inopérantes et même n’ont aucun sens car elles ne touchent pas les ressortissants de ces pays qui peuvent aller à l’étranger, y être contaminé et revenir dans leur pays sans avoir à répondre à quelque questionnaire que ce soit.

Il est tout de même paradoxal que les USA appliquent encore cette mesure inique alors même qu’ils regroupent une fraction non négligeable des séropositifs dans le monde !

En fait, ces dispositions législatives entraine une guerre contre les malades alors que c’est une guerre contre la maladie elle même qu’il faut mener.

Comment se traduisent ces mesures ?

Pour l’installation dans un pays, les autorités demandent un test. Cette pratique se fait y compris au sein de certains pays de l’Union Européenne. Bien sur, les ressortissants européens ne sont pas concernés mais tous les autres se voient dans l’obligation de fournir un test. Pour le contrôle aux frontières des touristes, cela ne se fait pas mais les autorités utilisent des faisceaux d’indices.

Certaines compagnies américaines font procéder à la fouille de bagages à l’aéroport de départ. Si un traitement contre le SIDA est trouvé, elles avertissent les autorités de l’aéroport d’arrivée où ces dernières procèdent à l’arrestation de la personne et la refoulent vers son point de départ.

En définitive, le SIDA est une maladie honteuse car les séropositifs sont obligés de se cacher, parfois en interrompant leur traitement car ils ne peuvent pas les emmener avec eux.

Comment les choses peuvent-elles évoluer ?

C’est triste à dire mais un vrai scandale médiatique ferait sans doute bouger les choses : par exemple, si on venait à apprendre qu’une star planétaire est séropositive, il serait difficile de maintenir ces discriminations à l’entrée du territoire américain. La solution « sage » serait d’avoir une volonté politique nationale ou internationale. Mais elle n’existe pas. Pour illustrer cette absence, je rappelle que l’ONUSIDA n’a ouvert un groupe d’étude sur ce sujet qu’en mars 2008. Il y a 3 mois !

Lors du dernier G8 au Japon, une position de principe contre cette interdiction a enfin été prise.

Le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki Mun se dit sensible à ce problème mais il était avant ministre des affaires étrangères de la Corée du Sud, l’un des 13 pays à interdire la circulation des séropositifs. Que penser ?

Au niveau de l’Union Européenne, il n’y a aucune déclaration globale même si Xavier Bertrand - que je salue – a évoqué le problème le 30 novembre 2006. Les réticences sont dues aux politiques appliquées et aux législations ambigües. Pourtant le Parlement Européen a voté récemment pour demander la levée de l’interdiction américaine.

Le 1er décembre 2006, le président Bush, en réponse à une lettre ou je l’interpelais sur ce sujet, a déclaré qu’il allait demander au congrès de lever cette mesure pour les séjours d’une durée inférieure à deux mois. C’était un début modeste mais un vrai geste. En l’absence de pressions internationales et internes aux USA, cette volonté est restée lettre morte. Comme personne en situation d’influencer les décideurs ne fait la demande, ces derniers n’agissent pas.

Je dois dire que le président Clinton avait essayé mais s’est heurté au refus de son congrès. Le Sénat a cependant voté il y a quelques jours cette levée. Espérons !

Et Jacques Chirac ?


Il a beaucoup parlé du SIDA alors qu’il était à la présidence mais il n’est plus en situation de responsabilité.

Au travers de sa fondation, peut-il faire bouger les choses ?

La Fondation Jacques Chirac œuvre sur le front de l’accès aux traitements mais Jacques Chirac s’investit moins sur le plan politique. Je lui en parlerai pourtant.

Illustration : Prévention à la plage
Crédit photo :
Aides


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21 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 19 juillet 2008 12:41

    Le Sida a été surmédiatisé, surmédiatisé et encore surmédiatisé. S’il n’est pas circonscrit, ce n’est pas faute d’en avoir parlé à toutes les sauces, et rabaché de longs discours vains, mais par pure incompétence médicale. En effet, en 1989, Christophe Dechavanne concluait dans une émission où s’étaient consultés toutes les sommités sur le sujet, que le remède le plus efficace était le préservatif à un franc.

    Quand on voit les profits magistraux des industries pharmaceutique aujourd’hui, on peut s’étonner que cette mesure simple n’ait pas trouvé d’écho favorable chez ces acteurs, et comprendre enfin que la médiatisation n’a été utile qu’à diriger le flot de clients vers les hopitaux qui ont le loisir de déceler chez vous n’importe quelle maladie sans que vous ne puissiez vous en défendre. Non seulement l’action, la prévention et les traitements sont inéfficaces, mais la campagne médiatique a seulement pu nuire à la sexualité naturelle d’une génération qui n’ose plus se toucher. Aujourd’hui, si l’on veut s’informer sur la sexualité sur Internet, l’on peut constater que les principaux acteurs baisent sans préservatifs et l’on peut même définir leur religion par l’absence de collerette...Sachant que ces scènes costituent une grande partie de l’information sur le sujet, c’est contre le vice qu’elle diffuse qu’il faudrait lutter pour faire enfin reculer le Sida


    • Manuel Atreide Manuel Atreide 19 juillet 2008 13:18

      @ Lisa ...

      J’avoue ne pas bien saisir le sens de votre post. Contre quoi râlez vous ? Les laboratoires pharmaceutiques ? La toute puissance des médecins face aux malades (lisez donc cette partie de l’interview) ou la "débauche" du monde moderne ? Qu’entendez vous par "le vice qu’elle diffuse ..." ?

      Le sujet est suffisament sérieux pour que vos contributions soient claires et précises. Quel que soit votre avis sur la question d’ailleurs.

      Manuel Atréide


    • Lisa SION 2 Lisa SION 19 juillet 2008 16:28

      Manuel,

      Ce que je veux dire, c’est que cela fait vingt cinq ans que j’entends parler du Sida. D’ailleurs, regarde comme ton bon article ne suscite guère de résonnance. Si le problème n’est pas en voie d’être règlé, c’est qu’il n’est pas pris par le bon bout et que le noeud se resserre. Là où une solution simple, efficace, et facilement acceptable par les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics aurait suffi, une solution compliquée, alimentée par la désinformation des médias complices, qui ont engagé la polémique ravageuse envers la première citée, qui a capté une grande part des budgets de recherche...ne suffit toujours pas. 

      Alors que l’usage du préservatif serait le meilleur et le plus simple préventif, il est à 99 % absent dans l’audio-visuel spécialisé, sachant qu’il constitue une bonne part de l’information sur le sujet. et que c’est une maladie sexuellement transmissible. L’audiovisuel spécialisé ne diffuse pas le moindre message ni de prévention, ni de réflexion. C’est du vice pur. Il participe donc pleinement à la diffusion de cette maladie dans le monde entier et c’est contre lui qu’il faut lutter en premier pour remèdier effiacement enfin, contre le Sida. 


    • David Krauss 19 juillet 2008 14:32

      Oui je sais, je n’ai toujours pas bouclé l’article que je veux publier sur le SIDA pas le temps ces derniers temps... malheureusement.

      Mais j’interviens pour signaler une news très étonnante :

      Faute de progrès, Roche suspend ses recherches sur le VIH

      Reuters - Vendredi 11 juillet, 22h15NEW YORK (Reuters) - Le laboratoire pharmaceutique suisse Roche va suspendre ses recherches sur le VIH, aucun de ses médicaments en développement ne représentant un progrès notable par rapport aux produits existants, annonce une porte-parole de l’entreprise.

      "Les chercheurs travaillant actuellement sur le VIH seront réaffectés à d’autres activités", écrit dans un courriel Linda Dyson, porte-parole du bureau de Roche dans le New Jersey.

      Dans un autre courriel envoyé mercredi aux associations de lutte contre le virus, Roche disait avoir "décidé de réorienter nos ressources en virologie vers des maladies pour lesquelles nous pouvons apporter des améliorations substantielles aux médicaments existants".

      La porte-parole n’a pas souhaité indiquer quel était le montant des investissements de Roche dans la recherche sur le virus d’immunodéficience humaine, responsable du sida.

      Deepa Seetharaman, version française Gregory Schwartz

      http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080711/thl...ih-b2e59e8.html

      C’est très étonnant... à se demander si les chercheurs parlant dans ce documentaire n’ont pas tout à fait tort...

      http://leweb2zero.tv/video/deestroy_4846adfcd46f784



      • janequin 19 juillet 2008 16:36

        Nouvelles encore plus étonnantes et contradictoires :

        Tout d’abord, Kevin de Cock, patron de l’ONUSIDA, vient tranquillement raconter que l’épidémie hétérosexuelle est terminée dans le monde.

        Cela provoqua un tel four dans le monde de ceux qui gagnent bien leur argent dans ce bizness qu’il a été obligé de revenir officiellement sur ses dires.

        Mais ce qui a été écrit est écrit. Si de Cock a fait cette sortie, c’est qu’il y a bien anguille sous roche (eh ! en ! ).

        Voici quelques phrases tirées de "The Independent" :

        "Les 25 ans de campagne contre le Sida ont été mal utilisés". . . . "il n’y aura pas d’épidémie généralisée du SIDA dans la population hétérosexuelle en dehors de l’Afrique". . . .

        "en dehors de l’Afrique subsaharienne [la menace du sida]. . . s’est limitée à des groupes à risque, notamment aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, aux consommateurs de drogues injectables et aux travailleurs du sexe et leurs clients. "…

        "La menace d’une pandémie mondiale hétérosexuelle a disparu". . .

        "Il ya dix ans, beaucoup de gens ont dit il y aurait une épidémie généralisée en Asie. . . Cela ne semble pas probable". . . .

        "En 2006, le Fonds mondial de lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose. . . a mis en garde que la Russie était sur le point de vivre une catastrophe. . . . il est peu probable qu’il y aura une vaste propagation hétérosexuelle en Russie. . . . "

        "les facteurs qui favorisent le VIH [ne sont] pas encore pleinement compris. ."

        Ajouter à cela la démission d’un autre membre du staff de l’Onusida, Peter Piot, et on comprendra que Jean-Luc Roméro devrait étudier d’un peu plus près les dernières nouvelles et se poser des questions.

        Une dernière chose. Plus personne ici ne semble se souvenir qu’on est passé de 40 Millions de séropositifs en 2006 à 33 Millions en 2007. Passera-t-on à 25 Millions en 2008 ?


        • Manuel Atreide Manuel Atreide 19 juillet 2008 19:29

          @ David Krauss et Janequin ...

          Marrant de vous voir débouler régulièrement dès qu’on aborde le sujet du Sida. Toujours avec les mêmes arguments, toujours avec les mêmes références. Juste pour marteler un message pour lequel vous n’apportez pas le moindre début d’indice de véracité.

          Je finis donc par en déduire qu’il y a un message sous-jacent à vos propos, qui vise à décrédibiliser ceux qui se battent jour après jour pour informer sur le Sida et qui font ce qu’ils peuvent pour combattre cette épidémie.

          Allez donc jusqu’au bout et faites donc, David, ce papier que vous promettez depuis des mois ... Personnellement, je doute fort que vous n’ayez, ne serait ce que débuté son écriture.

          Janequin, votre traduction fort parcellaire de l’article est sujette à caution. Vous faites erreur en plaçant l’inerviewé comme faisant partie de l’ONUSIDA. Vous passez sous silence le fait que si l’épidémie n’a pas été pour le moment aussi forte qu’attendue (heureusement ! Et dans quelle mesure les campagnes de prévention sont-elles à l’origine de cela ? Car c’est quand même leur but, non ?) il mentionne quand même le fait qu’elle s’étend.

          Ce qui m’étonne et m’inquiète dans vos interventions, c’est la volonté de dire que soit le Sida n’est pas ce qu’on dit, soit le Sida ne concerne que les homos et les drogués et que ma foi, bonnes gens, dormez sur vos deux oreilles, ce virus n’est rien d’autre qu’un truc pour ceux qui ne sont pas comme vous !

          Que direz vous aux parents d’un gamin de 17 ans qui aura été contaminé cet été parce qu’il aura oublié de faire gaffe lors de son premier rapport ? Que direz vous à la gamine qui aura vécu le même sort ? Désolé, t’es un PD, t’es une trainée, vous êtes des drogués ? Et puis, le virus n’existe pas, c’est ce que tu es qui fait que tu es condamné !

          Soyons sérieux. Le Sida ne choisit pas. Le virus contamine, sans cibler. Et les deux seules protections que nous ayons sont le préservatif et la prévention. Deux choses qui ne sont pas mises en avant. Valorisées. Devant un tel désintérêt des pouvoirs publics, il est à craindre un relachement des efforts. Nous savons tous à quoi cela mène.

          Mais bon, tout cela est dit et expliqué par M. Romero et je ne peux que vous engager à lire ses propos. Ils sont beaucoup plus clairs que les miens. Encore faut-il accepter d’écouter un "homosexuel sidaïque", comme l’a qualifié un intervenant courageusement anonyme sur une autre partie de l’interview ...

          Manuel Atréide


          • David Krauss 20 juillet 2008 03:07

            "Allez donc jusqu’au bout et faites donc, David, ce papier que vous promettez depuis des mois ... Personnellement, je doute fort que vous n’ayez, ne serait ce que débuté son écriture."

            Cet article existe il a été écrit mais je pense qu’il est très perfectible, il est vrai que bosser 45-50 heures par semaine ne laisse pas beaucoup de temps et surtout pas beaucoup de courage...

            Je vous propose au pire de vous le transmettre dans sa 1e version... version que je ne veux pas mettre à disposition sur Agoravox.... Il sera proposé à la validation une fois que je l’estimerai correct.

            Mais en attendant je vous propose de vous faire lire le brouillon juste pour vous montrer que ce papier existe.

            Merci à janequin et merci à vous pour votre échange fort intéressant.


          • Manuel Atreide Manuel Atreide 20 juillet 2008 13:02

            dont acte :

            manuel.atreide(at)gmail.com

            Pour le semblant d’excuse, sachez que vous n’êtes pas le seul à bosser et même à bosser beaucoup. Alors, si le sujet vous intéresse tellement - ce que semble prouver vos multiples commentaires, toujours axés sur le Sida - faites comme tout le monde et prenez votre courage à deux mains. Ce n’est quand même pas si compliqué de mettre par écrit sa pensée et ses connaissances dans un article d’une ou deux pages !

            Voila. Vous avez mon mail. A vous maintenant de m’envoyer votre papier.Je le lirai avec intérêt. S’il existe.

            Manuel Atréide


          • janequin 19 juillet 2008 20:48

            "Que direz vous aux parents d’un gamin de 17 ans qui aura été contaminé cet été parce qu’il aura oublié de faire gaffe lors de son premier rapport ?"

            Rien du tout, car ce gamin n’existe pas ! Tout le monde sait que la probabilité d’un tel événement est de l’ordre de 1,5 sur 10 millions. La probabilité de la transmission de la séropositivité d’une femme vers un homme est de l’ordre de 3 sur 10000. Avec 30000 femmes seropositives, soit 1 sur 2000 habitants, on obtient bien, en multipliant les deux chiffres, une probabilité de 1,5 sur 10 millions.

            Par contre, personne ne cherchera à savoir si sa séropositivité provient de la drogue. Désolé pour vos convictions, cette piste est de plus en plus prégnante.

            Justement si, le sida choisit, et de plus en plus de scientifiques se rendent compte qu’il y a des "cofacteurs" ... qui se comportent comme les facteurs essentiels : Sans eux, pas de Sida. L’exemple du sélénium est tout récent.

            Pour combattre cette épidémie, il faut, comme le disent à demi-mot la plupart des scientifiques qui comptent, aborder d’autres voies de recherche...  et sans doute pas la trithérapie ni le vaccin (voir la réaction de Roche et l’article d’Altman dans le NYT)

            Mais ces autres voies de recherche - celle du sélénium par exemple - ouvrent bien d’autres horizons que celui d’un virus (si peu transmissible). Et, un chimiste honnête se doit d’admettre que certaines drogues, certains médicaments sont la cause première du sida. Qu’un virus peu transmissible apparaisse, pourquoi pas. Mais à partir du moment où l’on fera des études épidémiologiques qui font abstraction des habitudes sexuelles des gens, et qui se focalisent sur ce qu’ils consomment, les yeux de tout un chacun se dessilleront.


            • Manuel Atreide Manuel Atreide 19 juillet 2008 21:10

              @ Janequin ...

              Que dites vous donc à ceux qui ont été contaminés sans jamais avoir touché à une quelconque drogue ?

              Manuel Atréide


            • janequin 19 juillet 2008 21:13

              Et je précise bien que mon discours n’est absolument pas moralisateur. Au contraire, la suspicion morale qui pèse actuellement sur les séropositifs au titre du VIH est véritablement scandaleuse.

              Aux yeux du monde, la reconnaissance de l’importance de ces cofacteurs permettrait de dédramatiser tout cela, et d’encore mieux soigner toutes ces personnes. En réalité, c’est la situation actuelle qui les aliène.


            • Manuel Atreide Manuel Atreide 19 juillet 2008 21:19

              @ Janequin ...

              Bel effort pour vous donner une image consensuelle et positive, je salue d’ailleurs vos propos. Mais vous ne répondez pas à la question !

              Manuel Atréide


            • janequin 19 juillet 2008 21:39

              @ Manuel Atréide

              Il n’y a pas que les drogues... mais aussi certains médicaments qui agissent de la même manière que les drogues au niveau cellulaire.  Par ailleurs - et il n’y a aucune raison que cette étude, qui n’est pas une étude épidémiologique soit invalide - il a été montré que les structures habituellement considérées comme le VIH se retrouvaient dans le placenta d’une femme sans histoire.

              Panem S. : C type Virus Expression in the placenta. Current Topics in pathology 1979 ; 66:175-189

              En réalité, il faut bien se mettre dans la t^te que ces tests sont des tests à limite : Les mesures sont étalonnées à partir du sang d’une personne considérée comme séronégative, du sang d’une personne malade du sida d’autre part. On rajoute un chiffre donné par le labo au résultat de la première manip, et on obtient le cut’off, c’est -à-dire la valeur de l’absorption (ou de l’émission si on utilise des antigènes "fluo") en deçà de laquelle on est séronégatif, et au-dessus de laquelle on est considéré comme séropositif.

              On voit donc qu’il n’y pas pas de différence de qualité entre séropositif et séronégatif, mais une différence de quantité, ce qui est contradictoire avec l’existence d’anticorps spécifiques.

              Qu’un fort taux de ces anticorps soit une alerte qui fait songer la praticien à la survenue possible d’un sida, c’est certain. Et on ne me fera pas dire que le Sida n’existe pas. Au contraire. Et je pense que le virus omniprésent a caché un danger beaucoup plus grand, à savoir celui de détourner l’attention de ces cofacteurs qui sont pourtant bigrement importants.


            • janequin 19 juillet 2008 21:40

              @ Mauel Atréide.

              Je mets un certain temps à répondre, et n’avais donc pas eu le temps de lire votre question.


            • Manuel Atreide Manuel Atreide 20 juillet 2008 20:38

              @ Janequin ...

              je suis d’accord avec vous lorsque vous soulignez que nous sommes encore loin d’avoir fait le tour de cette maladie et que les traitements actuels ne sont que des pis-allers avec de sévères effets secondaires. Qu’il faudrait se pencher sans doute sur ce que vous appelez les co-facteurs.

              Ce qui me hérisse le poil dans vos interventions, c’est le fait que sous prétexte que tout n’est pas découvert, que la recherche ne va pas systématiquement dans le sens que vous souhaitez, vous foutez par terre tout le discours de prévention actuel qui, s’il n’est pas parfait, reste quand même avec la capote le seul rempart contre cette saloperie.

              En définitive, vous ne faites pas grand bien aux malades avec vos interventions. Et si vos intentions sont louables, le coté "complotiste" qu’on peut tenir sur le SIDA a pour premières victimes les jeunes, les séropositifs et les malades en démobilisant l’attention de l’opinion publique sur leur sort.

              En clair, continuez à inciter à la recherche, mais faites attention aux victimes collatérales de vos propos. Ce sera - à mes yeux au moins - une attitude plus propre.

              BIen à vous

              Manuel Atréide


              • sgueg 21 juillet 2008 02:56

                Et que dire sur l’arrivé de ce virus début 1980 ? n’est-ce pas Monsieur Montagné !!!!!( pas encore Nobel de médecine ?)

                Quelles étaient les relations de M. Montagné et de M.Gallo. ?

                Quelles étaient les relations de M. Gallo et les militaires américains ? ( en pleine guerre froide)

                Il serait bien de connaître les vraies causes de l’origine de cette maladie, pour pouvoir enfin l’éradiquer.

                Mais la recherche sur du long terme n’intéresse plus les financiers de la planète. 

                 


                • janequin 21 juillet 2008 03:09

                  Merci de votre réponse, Manuel.

                  Le fait de présenter la réalité - par exemple celle des taux de transmission - ne préjuge en rien de la nécessité d’une prévention, et je suis le premier à reconnaître - je l’ai déjà dit - que le fait d’être séropositif, ce n’est pas bon. Est-ce mortel ? Là encore, le discours de personnes aussi autorisées qu’Atony Fauci tend à édulcorer cette idée pourtant bien ancrée dans les mentalités. Les choses ont bien changé depuis 10 ans.

                  Mais la prévention se trompe de cible, et les premières victimes de toute cette histoire ne sont pas les jeunes, mais les homosexuels, les gens de couleur et les drogués, parce que leur plus grande souffrance vient du regard de suspicion que la société pose sur eux parce qu’ils font partie des groupes "à risque".

                  La trithérapie - et en particulier l’épivir - a beaucoup diminué la mortalité due au sida, et les effets secondaires qui étaient terribles avec l’AZT sont devenus bien plus supportables. Mais la voie de recherche qui me semble la plus urgente à mettre en oeuvre serait celle qui consiste à comprendre pourquoi l’épivir a révolutionné le traitement de la maladie, comparé à d’autres NRTI tels l’AZT ou le d4T.

                  En dehors du préservatif, quelle autre méthode de prévention préconisez vous ? J’aimerais d’ailleurs que vous précisiez votre pensée en détaillant la démarche intellectuelle qui est sensée conduire une personne qui lit mes interventions à se désintéresser de ce fameux discours de prévention. J’avoue ne pas voir le rapport.

                  Au contraire, il me semble que la société se désintéresse de plus en plus de cette maladie, car elle ne concerne pratiquement pas les personnes dites "hétérosexuelles" et "blanches" - relire Kevin de Cock qui est en fait le chef de la section Sida de l’OMS, ce qui n’est pas rien tout de même - voir également les propos de Roger England dans le BMJ - Le fait d’en approfondir les causes permettra peut-être d’élargir ce discours de prévention et d’éviter qu’encore plus de personnes passent ce fameux "cut’off", mais aussi de faire disparaître ces regards scandaleux que notre société porte sur les groupes dits "à risque".


                  • jemin 21 juillet 2008 09:27

                    je suis seropositive depuis prés de 17 ans mais en vous lisant je me demande lequel de nous deux est le plus malade !!!

                    blanc hetero pas de drogue, et pourtant en sida déclaré, j’ai apris à écouté mon corps même bien avant le début d’une quelconque thérapie, j’ai vécue avec et sans médicaments et j’ai pu me faire ma propre opinion sur l’interet pour moi d’etre ou pas sous multi-thérapie, je m’en passerais bien mais pour vivre j’ai choisi de prendre, et j’en ai assez de voir des gens comme vous.

                    en vous répondant je lis juste au-dessus les régles du forum.

                    "Ce forum est un espace de débat civique et civilisé qui a pour but d’enrichir cet article"
                    "nous indiquer tout contenu diffamatoire, injurieux, commercial, raciste.."

                    et je trouve que vous rentez dans de nombreux criteres.


                  • David Krauss 21 juillet 2008 11:35

                    "En dehors du préservatif, quelle autre méthode de prévention préconisez vous ? J’aimerais d’ailleurs que vous précisiez votre pensée en détaillant la démarche intellectuelle qui est sensée conduire une personne qui lit mes interventions à se désintéresser de ce fameux discours de prévention. J’avoue ne pas voir le rapport. "

                    Idem je ne comprends pas du tout en quoi les propos de janequin peuvent être compris de cette façon.

                    Je tiens d’ailleurs en profiter pour rappeller que l’usage du préservatif est INDISPENSABLE !

                    D’ailleurs je ne vois pas en quoi ses propos dénonçant la discrimination de la maladie et de ces malades et/ou plutôt des groupes à risque peut-être injurieux... Il faudrait lire réellement au lieu de survoler les propos.

                    Rapellons que si vous êtes homosexuels en France, il vous est interdit de faire don de votre sang...

                    Rappelons également qu’une femme aux USA a gagné un procès : elle avait pris une thérapie pendant 9 ans alors qu’elle était au final séronégative. Apparemment un cas de faux-positifs, qui a été testé de façon trop rapide sans contrôle à postériori (enfin sauf 9 ans après).

                    Question : Combien de malade refont un test pour confirmer leur état 1, 2, 3 ou 5 ans après la découverte de leur sérologie ?


                  • janequin 21 juillet 2008 14:22

                    A propos de ces tests, il a été procédé en 1998 en Allemagne à une estimation de la capacité des "conseilleurs" à donner un diagnostic tenant compte de tous les paramètres : AIDS counselling for low-risk clients

                    Cela a été fait par deux statisticiens de l’Université Max Planck, Gigerenzer et Hoffrage, au courant des méthodes statistiques permettant de décider ou non de la séropositivité.

                    Ils montrent sans difficulté, qu’avec des tests de spécificité de 99,9%, la PPV (valeur de prédiction de la séropositivité est inférieure à 50% chez une personne ne faisant pas partie des groupes à risques.

                    Ils se sont étonnés de la résistance de nombreux conseillers à admettre ces considérations mathématiques, qui pourtant sont à la base même de l’utilistaion de ces tests.

                    Tout ceci a été étudié car on sait que des situations n’ayant rien à voir avec une relation sexuelle peuvent faire apparaître les protéines mesurées. Par exemple une vaccination antigrippale récente.

                    Relisez-moi, Jemin, et vous verrez que je n’exclus pas les jeunes des personnes courant un quelconque danger, mais j’indique simplement ceux qui sont le plus en danger. Et cela, tous les gouvernements le reconnaissent.

                    Ce qui certain, Jemin, c’est que vous avez bénéficié assez vite de la méfiance qui grandissait en 1992 vis-à-vis de l’AZT en monothérapie, et surtout de la mise sur le marché du 3TC (épivir, lamivudine).

                    Pour terminer, j’apporte ici des informations vérifiées et publiées que vous ne connaissez pas. Je considère donc pouvoir en enrichir cet article. Par ailleurs je ne diffame personne, je n’injurie personne, je ne fais pas de pub. Au contraire, j’essaye de montrer que tout homme a de la valeur, et surtout doit être respecté. Ce que ne permet pas toujours l’approche médiatique du Sida, qui regorge de touches racistes et homophobes.

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