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Trop de proches se rendent malades à aider un parent malade

La coalition québécoise Solidarité-Santé lançait récemment un cri d’alarme : les proches-aidants s’épuisent physiquement et émotivement, en plus de s’appauvrir financièrement et socialement. Leur santé est en péril.

Je ne sais pas quelle est la situation dans votre pays, mais au Québec les aidants naturels (c’est ainsi que l’on désigne les membres de la famille des personnes nécessitant des soins prolongés qui demeurent à domicile) assument plus de 80% des besoins en matière de services à domicile.

La Coalition Solidarité Santé demande que davantage de fonds publics soient mis dans les services à domicile. Elle rappelle ce que stipule l’article 1 de la Loi sur les services de santé et les services sociaux du Québec :

Le régime de services de santé et de services sociaux institué par la présente loi a pour but le maintien et l’amélioration de la capacité physique, psychique et sociale des personnes d’agir dans leur milieu et d’accomplir les rôles qu’elles entendent assumer d’une manière acceptable pour elles-mêmes et pour les groupes dont elles font partie.

Pour la Coalition Solidarité Santé, « l’accès aux services à domicile, à des soins de qualité et à de l’aide pour les aidant-e-s est un droit à la santé ».

Pouvons-nous laisser les familles seules aux prises avec les conséquences d’une absence chronique ou d’une perte permanente d’autonomie chez un enfant ou chez un adulte ?

La question se pose d’autant plus que le vieillissement de la population accentue ce sérieux problème de société qu’est la dépendance à long terme des personnes souffrant d’incapacité.

Certes comme collectivité, nous avons un intérêt financier évident à maintenir à domicile les personnes qui nécessitent des soins à long terme.

Mais tout n’est pas que question d’argent. Qui peut mesurer la détresse des aidantes naturelles - plus souvent qu’autrement en effet ce sont des femmes qui ont la tâche de s’occuper d’un proche malade ou en perte d’autonomie - qui s’épuisent à s’occuper d’un parent en sachant que l’heure de délivrance va sonner lorsque ce parent va être placé en institution ou qu’il va mourir ?

Le sous-financement des soins à domicile est préoccupant. Les aidants deviennent en effet de plus en plus des soignants et la complexité des soins augmente.

Mettre davantage de sous ne résoudra toutefois pas un paradoxe dont on parle peu.

Beaucoup de patients ou d’aidants naturels sont très réticents à voir des « étrangers » s’immiscer dans leurs affaires personnelles. Ce n’est qu’au moment d’une crise qu’ils acceptent finalement de l’aide pour les soins ou pour les tâches domestiques.

Mourir à l’extérieur de l’hôpital : une tendance à la hausse.

Comment mieux les soutenir sans les heurter ?

Ce défi que pose le maintien à domicile le plus longtemps possible nous interpelle tous.

Qu’en pensez-vous ?


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2 réactions à cet article    


  • bergamote (---.---.53.64) 16 septembre 2005 14:57

    Il peut être très difficile de s’occuper de parents malades, surtout dans le long terme. Il y a les efforts physiques usant lorsqu’ils se répètent chaque jours, souvent dans des conditions précaires et dans la solitude. Car souvent le handicapé ne peut rester seul et le ou la soignant(e) est bloqué(e) à la maison. Le plus difficile est le handicap mental, qui s’accompagne progressivement de handicap physique, d’incontinence, etc. Le caractère du malade change, il devient souvent agressif, se croit persécuté par celui-là même qui le soigne... et voilà le jour où il ne reconnaît même plus son parent, son conjoint.

    Il peut aussi s’accrocher, manipuler et culpabiliser le soignant qui voudrait trouver une solution en institution.

    Les groupes d’aide sont indispensables avant que certains ne craquent.

    Je parle ici de la situation en Suisse.


    • Bruno 17 septembre 2005 03:58

      Je comprends les réticences car certaines personnes sont très fragiles et qqun qui ne sait pas comment s’y prendre peut créer involontairement des catastrophes (changer une éole pour la respiration, par exemple).

      Je crois qu’il y a comme une forme de culpabilité à « laisser tomber » qqun.

      Pour ce qui me conderne, je me suis abimé un bras qui venait d’être opéré parceque mon frere handicapé refusait que ce soit qqun d’autre que moi qui le porte. Il avait peur. Après cela, il a bien fallu qu’il se fasse porter par qqun d’autre.

      Et tout s’est très bien passé.

      Je trouve dur de penser à soi quand la personne que j’aide souffre plus.

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