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Truvada mon amour

Marisol Touraine, ministre de la santé, vient d’annoncer la mise à disposition du Truvada à titre préventif aux personnes à risque de contracter le VIH. Et que ce traitement, dont le coût est de l’ordre de 500 euros par mois, sera remboursé à 100%.

 Cette stratégie de prévention, nommée prophylaxie pré-exposition (PrEP), se base sur la prise journalière de cachets de Truvada (un mix de ténofovir et emtricitabine vendu par  Gilead au ton de 3 milliards de dollars par an) par ceux et celles à risque d’infection par le VIH. Le plus souvent par voie sexuelle, même si le cas de travailleurs du domaine de la santé est également pris en compte.

Cette décision résulte des conclusions de l’étude Ipergay menée en France depuis 2011, très encadrée par l’association AIDES. Un très bon exposé sur la PrEP est proposé par le site canadien francophone CATIE (1), dont je cite ci-dessous la section concernant la prévention par voie orale (le cas français) :

Lors de certaines études de recherche, on a demandé à des personnes séronégatives de prendre un comprimé anti-VIH tous les jours afin de déterminer si ce dernier offrait une protection contre l’infection par le VIH. Ce type de PrEP se compare à la pilule anticonceptionnelle que les femmes prennent tous les jours pour prévenir la grossesse ou aux médicaments que prennent les voyageurs qui visitent certains pays tropicaux pour s’immuniser contre la malaria. Ces études portent à croire que certaines formes de PrEP peuvent réduire le risque de transmission sexuelle du VIH chez les hommes et les femmes séronégatifs, y compris les hommes gais et bisexuels et les hétérosexuels des deux sexes. On a aussi établi que la PrEP orale réduisait le risque de transmission du VIH chez les personnes qui s’injectaient des drogues.

Lors d’une étude particulière, les hommes gais et bisexuels séronégatifs que l’on avait invités à prendre un comprimé de Truvada tous les jours ont vu leur risque global de contracter le VIH diminuer de 44 %. Les hommes qui faisaient preuve d’une très bonne observance thérapeutique ont vu leur risque diminuer de 73 %. Une analyse poussée a laissé croire que le niveau de protection était plus élevé encore (plus de 90 %) chez les personnes qui prenaient Truvada tous les jours et dont les concentrations du médicament attestaient une bonne observance. Dans le cadre d’autres études, la même stratégie de PrEP (Truvada tous les jours) a conféré un niveau de protection comparable à des hommes et à des femmes hétérosexuels. Un comprimé anti-VIH contenant du ténofovir seulement s’est également montré efficace chez des hommes et des femmes hétérosexuels et des personnes qui s’injectaient des drogues.

Chose surprenante, lors de deux autres études, un comprimé anti-VIH quotidien (Truvada) n’a pas conféré de protection aux femmes. Notons cependant que les femmes inscrites à cette étude ne suivaient pas fidèlement la PrEP.

Une étude de recherche a évalué l’utilisation intermittente et « sur demande » des comprimés de Truvada. Lors de l’étude en question, on a demandé à des HARSAH de prendre une dose initiale consistant en deux comprimés de Truvada (pris en même temps) entre deux et 24 heures avant les relations sexuelles, suivie d’un autre comprimé 24 heures après la dose initiale, puis d’un autre comprimé 24 heures après la deuxième dose. Cette stratégie a réduit le risque d’infection par le VIH de 86 %. Il est toutefois important de souligner que les hommes gais inscrits à cette étude affirmaient qu’ils avaient des relations sexuelles fréquentes et qu’ils prenaient en moyenne quatre comprimés par semaine. Cette stratégie n’est recommandée à l’heure actuelle par aucune agence de réglementation et pourrait ne pas réussir chez les hommes qui ont des relations sexuelles moins souvent, car la prise fréquente de comprimés pourrait être importante pour maintenir un taux élevé du médicament dans le corps.

Fin de citation.

Donc quand on entend ici des déclarations (2) faisant état d’une réduction de contamination de 83%, c’est dans le meilleurs des cas. La diminution de risque réel serait plutôt de l’ordre de 44% dans la majorité des cas.

Ce dont on parle moins ici sont les effets de résistance médicamenteuse et effets secondaires. Pour les premiers, un séronégatif prenant régulièrement du Truvada préventif mais qui deviendrait néanmoins séropositif, serait confronté à une nette réduction de la capacité thérapeutique de ce médicament. Ces gens pourraient alors passer beaucoup plus vite du stade séropositif au stade sidéen, en comparaison avec une personne ayant commencé un traitement post diagnostique de séropositivité.

Pour les seconds, « mentionnons nausées, vomissements, diarrhées, maux de tête et étourdissements. La PrEP pourrait aussi nuire à la fonction rénale et réduire la densité osseuse. La recherche laisse toutefois croire que les effets secondaires sont généralement légers et peu fréquents lors d’une PrEP comme le Truvada quotidien, bien que les effets à long terme de l’utilisation de la PrEP soient moins connus. » (1)

Ajoutons que tous les articles insistent sur le fait que la PrEP ne remplace pas le préservatif, seule mesure préventive réellement « sécure » contre le VIH et, bien sûr, contre les autres MST. Mais il est clair que si de nombreux homosexuels vont prendre le risque de la PrEP c’est pour se passer de préservatifs, tendance à l’oeuvre depuis longtemps et qui va se répandre encore plus : on a vu à Boston en 2014 que » Selon une étude internationale menée auprès de couples sérodiscordants (l’un des membres était séropositif), sur 44 000 actes sexuels pratiqués sans préservatif, aucune contamination n’a été constatée. Ce résultat étonnant est bien évidemment dû aux antirétroviraux, mais à condition que ces derniers soient parvenus à contrôler l’infection. » (3)

Cette étude ayant été menée auprès de 1110 couples stables sérodiscordants, cela ramène à 40 rapports sexuels par couple sans infection de l’un vers l’autre. Cela paraît remarquable mais il ne fait pas oublier que le taux de transmission « naturel » du VIH, dans un couple sérodiscordant, est de l’ordre de une infection pour 900 rapports – selon cette autre étude menées par des américains et africains en Afrique et présentée sur le site suisse planetesante.ch. (4)

Je cite : « Dans cette étude, le taux de transmission du VIH se monte à 1 ou 2/1000 par acte sexuel. Ce taux est relativement bas, et peine d’ailleurs à expliquer la rapidité avec laquelle la pandémie du VIH/Sida s’est répandue, notamment sur le continent africain. Mais surtout, l’étude démontre une nouvelle fois le rôle majeur de la charge virale dans la transmission du VIH. »

Rien d’extraordinaire, donc, au fait de ne pas avoir de transmission après 40 rapports, médicament ou non. Mais la conclusion commune à ces études reste que le principale facteur de transmission est la charge virale (qui deviendrait infectieuse au-delà de 200 copies/ml, et indétectable en-deçà de 50 copies/ml), taux que la PrEP vise à maintenir voir à faire descendre au-delà de toute détection – ce qui ne veut pas dire absence de virus, et donc traitement à vie.

Donc nous allons avoir de nombreux homosexuels séronégatifs qui vont commencer à prendre du Truvada à titre préventif afin de pouvoir avoir des relations non protégées avec d’autres homosexuels, séropositifs, qui eux prennent du Truvada à titre thérapeutique pour garder leur charge virale autour de 200 copies/ml. Tout cela aux frais de la princesse, à raison de 5 000 euros/an pour la PrEP et le double pour le traitement « curatif ». Est-ce que les sextoys sont aussi remboursés ? Que fait le lobby des sexshops ? Ya pas de raison, au point où on en est.

Dans cette discussion je suis resté dans l’orthodoxie la plus complète relative à ce qui définit le Sida et sa supposée transmission virale, mais outre le questionnement posé ci-dessus par l’article suisse sur la supposée pandémie africaine, il est d’abord évident que le VIH est très peu infectieux par nature : hors traitement, de l’ordre de une infection pour 70 rapports annaux réceptifs (de loin le pire des cas), une infection pour 900 rapports annaux insertifs, une infection pour 1 250 rapports vaginaux réceptifs (l’homme transmet à la femme) et une infection pour 2 500 rapports vaginaux insertifs (la femme transmet à l’homme). (5)

Ensuite, comme souvent mentionné dans différents articles sur le Vih sur ce blog, la pertinence des tests de séropositivité ainsi que la nature de ce qui est effectivement mesuré sous le terme « charge virale » (6) sont loin de faire l’unanimité. Le mode opératoire du VIH est lui-même mal définit : le modèle classique est que le VIH élimine les lymphocytes T CD4+ (agent central de notre système immunitaire) du fait que des armées de CD4 s’épuisent en une lutte futile contre lui et meurent par apoptose, mais une nouvelle étude parue fin 2013 dit que non : c’est le VIH qui infecterait directement les CD4. Modifiant à nouveau les modalités de recherche pour un traitement définitif.

Plus rigolo, une étude parue dans The Lancet en septembre 2014 (7) fait état d’une découverte inattendue : le traitement à base de Disulfiram donné aux alcooliques pour combattre leur dépendance (il fait vomir dès que l’on prend de l’alcool) aurait pour effet secondaire de faire ressortir le VIH de sa cachette, un peu comme un appât qui permettrait, ensuite, de l’éliminer avec une bonne dose d’anti-rétroviral. Pourquoi pas, au point où on en est.

 

Notes :

(1) http://www.catie.ca/fr/feuillets-info/prevention/prophylaxie-pre-exposition-ppre

(2) http://www.leparisien.fr/laparisienne/sante/prevention-du-sida-le-truvada-autorise-en-france-23-11-2015-5305063.php

(3) http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/5674-Sida-et-rapports-sans-preservatif-les-antiretroviraux-efficaces-contre-les

(4) http://www.planetesante.ch/Mag-sante/Actu/Sida-mille-rapports-sexuels-pour-une-contamination

(5) http://www.catie.ca/en/pif/summer-2012/putting-number-it-risk-exposure-hiv

(6) Voir discussion dans l’article http://rhubarbe.net/2013/04/05/sidaction-lincomprehensible-foutage-de-gueule/

(7) http://www.thelancet.com/journals/lanhiv/article/PIIS2352-3018(15)00226-X/abstract

Sur le même sujet : Autotests de dépistage VIH aujourd’hui en France


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7 réactions à cet article    


  • V_Parlier V_Parlier 24 novembre 2015 14:32

    Quand je pense qu’on a fermé des hôpitaux (pas rouverts depuis), qu’on continue de dérembourser les vrais soins à tours de bras, et que maintenant on va prescrire des antidotes à 500 euros à ceux qui n’ont pas envie de couvrir leur popol pour aller le tremper partout. Ah, mais j’oubliais : La France c’est avant et contre tout le pays des plaisirs, avant et contre tout... Voilà les valeurs de la France tant vantées par notre gouvernement, et selon lui.


    • foufouille foufouille 24 novembre 2015 15:29

      @V_Parlier
      vilain homophobe.
       smiley


    • Pale Rider Pale Rider 24 novembre 2015 21:16

      @V_Parlier
      Merci pour cette remarque. Je pense que vous serez ravi de mon article http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/quand-la-secu-finance-le-risque-174584


    • fred.foyn Le p’tit Charles 25 novembre 2015 10:34

      Il aurait du s’appeler...Trou-va là...


      • Depositaire 25 novembre 2015 14:35

        Étant donné que le VIH,n selon d’éminents virologues et spécialistes en imagerie de microscope électronique, et que même le professeur Montagnier a reconnu que ce qu’il avait pris pour un virus n’était que des débris de cellule, étant donné, donc, que ce trop fameux VIH n’existe pas, il s’ensuit que cette soi-disant protection n’est que de la poudre aux yeux.

        Il ne s’agit pas de dire que le sida n’existe pas, mais comme le nom l’indique, c’est un syndrome dont les causes sont diverses.

        On se souvient du fameux scandale du sang contaminé qui, en réalité, n’existait pas non plus. Les enfants hémophiles avaient été déclarés séropositifs , test qui détermine cette soi-disant infection par un certain type de leucocytes plus ou moins présents dans le sang, mais cette « séropositivité » était normale puisque du fait de leur hémophilie, ces enfants recevaient régulièrement des transfusions de sang, ce qui malmène quelque peu le système immunitaire. Mais comme on était en pleine hystérie du sida, on a fait prendre à ces enfants le trop fameux « médicament » antiviral connu sous le nom d’AZT. Or ce produit à une fonction simple : il bloque la réplication cellulaire. mais, bien sur, il n’est pas sélectif ; il bloque n’importe quelle réplication cellulaire.

        Comme il n’y avait aucune contamination virale pour la simple raison que le virus n’existe pas, c’est la réplication cellulaire de leur organisme qui a été bloquée. Et plus leur état s’aggravait et plus on augmentait les doses. Résultat, les enfants ont commencé à mourir les uns après les autres ! Mais comme il ne fallait surtout pas remettre en cause l’industrie pharmaceutique, on a prétendu que le médicament n’était pas assez efficace, (il ne l’était que trop bien, mais pas dans le sens voulu), et comme par « miracle » on a trouvé LE remède qui, si on ne guérissait pas, au moins donnait une espérance de vie supérieure aux « malades » : les trithérapies.

        Et je suis bien placé pour savoir de quoi je parle, car une jeune fille de mes amies est morte suite à cette prise d’AZT. Elle était en très bonne santé mais elle s’est fait opérée de l’appendicite, ce qui ne nécessite absolument pas de transfusion sanguine, en passant, et au sortir de l’hôpital alors qu’elle était encore un peu faible, elle a fait un examen de séropositivité qui s’est avéré positif.

        Outre que l’on sait qu’il y a de nombreuses divergences quant à la validité de ces tests selon les pays, son médecin au lieu de faire faire un contre examen, l’a mise immédiatement sous AZT et plus son état s’aggravait plus les doses augmentaient. Sa sœur m’a raconté son calvaire. Elle est morte, le corps complètement desséché, comme si ces cellules ne se renouvelaient pas. C’est curieux, car c’est très exactement ce que fait ce soi-disant médicament !

        Si scandale il y a, c’est bien celui-là. On sait depuis longtemps combien les compagnies multinationales pharmaceutiques se préoccupent fort peu de la santé des populations mais surtout du rendement de leurs médicaments. Combien de scandales avons-nous entendu parlé, comme le célèbre « médiator » il n’y a pas si longtemps.

        Donc toute cette salade sur le VIH mystérieux virus invisible qui provoquerait le sid ,n’est qu’une invention qui rapporte énormément d’argent aux big pharma. On comprend bien qu’il ne saurait être question de « tuer la poule aux œufs d’or ».

        L’origine du sida remonte aux homosexuels américains qui lors de soirées « hard » pour pouvoir avoir des orgasmes multiples prenaient une drogue connue sous le nom populaire de « popper » qui est une sorte de produit qui est respiré et qui a pour propriété d’agir un peu comme le viagra aujourd’hui, mais dont l’effet secondaire est de détruire le système immunitaire. Et ces hommes ont commencé à mourir d’une maladie mystérieuse due à l’effondrement de leur système immunitaire. Du reste, en soi, le sida ne tue pas, mais en provoquant l’effondrement du système immunitaire, la moindre bactérie peut être mortelle.

        Bien sur, les multinationales du big pharma ont très vite saisi le filon et en mettant nombre de médecins, de politiciens et de médias dans la poche elles ont orchestré cette soi-disant épidémie.

        Encore une fois, les cause peuvent être multiples : stress intense joint à une mauvaise nutrition drogue, etc.

        En tout cas, il y a là un scandale tellement énorme que s’il était dévoilé des gouvernements entiers tomberaient. Et encore une fois, je ne tombe dans des théories fumeuses du complot, ce sont de spécialistes en virologie et imagerie électronique, indépendants, qui le disent. Et on remarque que tous ceux qui disent le contraire ont des conflits d’intérêts avec les compagnies pharma. Donc, ce nouveau médicament est encore une autre arnaque pour exploiter le filon déjà bien exploité. Et au mieux, le gouvernement se fait avoir et tromper, au pire, il est complice.


        • Vincent Verschoore Vincent Verschoore 25 novembre 2015 20:48

          @Depositaire C’est pas mal résumé, même si à titre personnel j’ai tendance à être moins catégorique - il y a la question de l’existence physique du vih, et de son effet s’il existe. Car il y a quand même une forme de transmission de quelque chose, ténue car faut lourdement insister pour que « ça passe ». Mais à part cela je partage votre avis que nous sommes là face à une erreur médicale monumentale, et pas perdue pour tout le monde.


        • Shanan Khairi Shanan Khairi 28 novembre 2015 17:17

          @Depositaire
          Rarement lu un tel ramassis d’âneries. Le HIV a été parfaitement identifié et il n’y a plus de débat scientifique sur la question.

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