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Accueil du site > Actualités > Santé > Un documentaire de France5 : Un monde sans fou

Un documentaire de France5 : Un monde sans fou

Réalisé par Philippe Borrel (Pistés par nos gènes), le documentaire décortique habilement l’instrumentalisation politique des troubles mentaux. Questionne le glissement sémantique de la psychiatrie à la « santé mentale ». Note le recours systématique aux médicaments et l’absence de prise en compte de l’environnement du patient. S’alarme du repérage anticipé des déviances et de la volonté d’identifier des personnes « pas encore malades mais qui risquent de le devenir ». Constate que le dernier lieu où certains trouvent des soins, c’est en prison. Et décrypte le discours des pouvoirs publics qui promeuvent le risque zéro, et veulent imposer des soins avec moins de moyens et plus de contraintes sécuritaires. A travers des témoignages de soignants, patients, magistrats, bénévoles et élus, le documentaire montre comment, trente ans après la fin des asiles, « la maladie mentale repose de plus en plus sur l’associatif et les familles ». Et s’achève sur cette citation du psychiatre François Tosquelles : « Sans reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît. »

Dans nos rues et dans nos prisons, les malades mentaux se retrouvent de plus en plus exclus et représentent aujourd’hui un tiers des populations SDF et carcérale de notre pays. Et, faute d’avoir trouvé une prise en charge adéquate dans les services d’une psychiatrie publique en crise profonde de moyens et de valeurs, ces malades psychotiques chroniques se retrouvent de plus en plus exclus de la société.

Philippe Borrel, auteur du livre « un monde sans fou » pose là un grave problème de société. Un nouveau monde se construit en ce début de siècle.

En 2010, le parlement Français doit voter une réforme de la psychiatrie et fixer les objectifs d’une nouvelle politique de "santé mentale". Ce projet de loi ne concernera pas les seuls malades psychiques, ou leurs familles, mais l’ensemble des Français. 

Il s’agira en effet d’appliquer désormais des programmes de prévention dans les écoles, dans les entreprises, dans les maisons de retraite, ou dans les quartiers défavorisés... Avec pour ambition de détecter au plus tôt - pour les prévenir - les maladies psychiques, mais aussi tous les troubles du comportement : stress, dépression, addictions, comportements suicidaires, qui affecteraient aujourd’hui un Français sur quatre. 

Ce projet inquiète certains professionnels de la psychiatrie, qui déplorent de voir une réponse uniquement sécuritaire faite aujourd’hui face à la crise profonde de valeurs et de moyens, de la psychiatrie publique en France. 

Défenseurs d’une vision humaniste des soins née il y a cinquante ans dans notre pays, des psychiatres, des soignants, des travailleurs sociaux, des familles et des patients, s’alarment aujourd’hui de voir émerger une véritable logique d’exclusion et de normalisation des souffrances psychiques, avec une prise en charge à plusieurs vitesses, au profit d’impératifs gestionnaires et d’une conception protocolisée des individus

Si les malades ne sont plus des "sujets" qu’il faut écouter mais des "usagers" qu’il faut "traiter" ou "gérer" ou "responsabiliser", c’est-à-dire non plus des hommes et des femmes avec des sentiments, avec une histoire personnelle, avec des relations sociales, avec un psychisme, mais simplement un "profil symptomatique" ou un "cerveau" ; si l’objectif de la société n’est plus de soigner ou d’aider, mais de gérer au moindre coût un problème embarrassant ; alors la porte est ouverte au tri entre ceux qui sont curables et ceux qui ne le sont pas, entre ceux qui ont les moyens de se soigner et ceux qui ne les ont pas, et donc à l’exclusion, dans un climat de mise sous tension généralisée de la société. 

Un collectif de psychiatres a lancé un appel il y a un an contre « la nuit sécuritaire ». Près de 30 000 citoyens (soignants, patients, familles, etc.) l’ont signé.

EXTRAIT  : « En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables. Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas « de dérapage ».


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8 réactions à cet article    


  • voxagora voxagora 15 mai 2010 11:15

    Je crois que c’est là-dessus qu’il faut insister,
    ce projet de loi concerne, et sera appliquable, à tout un chacun.
    Merci à vous de nous le rappeler.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 15 mai 2010 11:26

      Bonjour Tichote,

      la délinquance n’est pas une maladie mentale, c’est une maladie sociale née des gènes animaux que nous avons en chacun d’entre nous, et reparu dès que nous nous sommes regroupés pour protéger et échanger nos biens. Mais les premières barrières et les premiers murs naissent de la disparition de la confiance mutuelle sensée être générée par le simple regroupement. Cette affection doit être entièrement proportionnelle à l’environnement local, notamment dû au béton et à la chimie alimentaire.

      A ce propos, vu que nous sommes faits de ce nous mangeons, et conditionnés dès l’enfance aux vaccins, il ne serait pas inutile de déterminer si la médecine, qui s’applique à rechercher attentivement les remèdes à la maladie, ne recherche pas les causes avec la même attention. en effet, elle a les moyens de programmer elle même les affections futures de chaque humain. 

      La société n’aurait pas besoin de garde fou si elle n’en produisait pas tant.


      • Marc Viot Marc Viot 15 mai 2010 11:55

        >Un monde sans Fou


        Eine monde sans moi ? - Ach so ! 

        • Odal GOLD Odal GOLD 15 mai 2010 11:59


          En attendant la programmation génétique totale pour une société dite parfaite, directement dans les couveuses artificielle :

          Il y a cent vingt millions d’années la guêpe … devint une fourmi.

          Les premières fourmis sont apparues il y a 120 millions d’années.  Elles seraient issues d’une guêpe primitive, telle la guêpe-fourmi Sphecomyrma découverte fossilisée dans de l’ambre datant du Crétacé, puis elles se seraient rapidement différenciées en plusieurs lignées...


          • ZEN ZEN 15 mai 2010 19:25

            Un rappel douloureux mais nécessaire
            Un société se juge par la manière dont elle traite ses« fous »...et par l’état de ses prisons
            La psychiatrie en France est en souffrance...


            • astus astus 15 mai 2010 19:39

              Merci pour cet article pertinent et courageux qui n’attirera pas les foules d’Agoravox promptes à vilipender les traitements humanistes des troubles psychiques, dont la psychanalyse, sans rien connaître de ces questions, ni réaliser que cela revient à encourager une représentation ultra libérale et technocratique de la société avec des sujets transformés en usagers et consommateurs de médicaments (prétendument dangereux pour autrui, ce qu’ils ne sont qu’exceptionnellement), afin d’ accréditer des mesures sécuritaires inadaptées au lieu de recourir aux liens inter humains. Mais puisque beaucoup se satisfont de mettre les enfants sous ritaline ou prozac, pour qu’ils deviennent plus rapidement de futurs drogués, au lieu de penser à mettre des mots sur les maux, et de se poser des questions sur notre monde actuel et la façon dont les gens vivent, pourquoi devrait t-on s’inquiéter ? Encourageons encore et encore l’usage du DSM IV pour faire le bonheur des laboratoires pharmaceutiques comme aux EU ...et cultivons notre jardin.


              • ddacoudre ddacoudre 15 mai 2010 20:52

                bonjour tichote

                l’ère sécuritaire qui c’est ouverte avec le commerce de l’insécurité sur fond de délinquance, a instrumentalisé des événements certes dramatiques, mais de nature exceptionnel, comme le sériel skiller ou n’y a aucune raison sur ce type de drame de prendre des mesures de sécurité, car elle ne seront d’aucune utilité, et encore moins sa détection en amont.

                nous avons une impossibilité de taille qui est génétique, nos sens perçoivent tous les événements de notre environnement, plus rapidement que ce que nous pouvons les restituer, c’est de l’ordre des millisecondes donc imperceptible à notre conscience.
                 la seule chose que nous visualisons sont le produit de l’activité du non conscient et du conscient nos actes et émotions.
                 ressortir de cela des critères d’alertes pour déterminer qand certains des événement que nous avons angrammé sont de nature a construire un comportement mental dangereux, relève de la lecture dans le marc de café, car de plus un même événement n’aura pas le même résultat sur une autre sujet car il s’ajoutera à d’autre qui sont de le produit de la singularité de ce sujet.

                seul les psychiatres y parviennent dansdes cas bien ciblé répertorié dans le MS VI.
                ce lancer dans cette recherche et pur délire
                la société confond maladie mentale, avec les actes de déliquances, les refoulements et frustations organisites qui débouchent sur des comportements considérés comme ascociaux et ne relévent pas de la maladie mentale, et toutes les situations de la être dans la construction de son soi ou dessituation inadapté que nous sommes amené à exécuter qui ne sont pas en adéquation avec ce que l’on est ou que l’on aspire.

                nous sommes entré dans une société de la peur. nos ancêtre face a cettte peur de mourrir ont construit des mondes merveilleux au delà de la mort pour faire supporter cette souffrance terrestre.

                nous nous sommes entraint de repartir a la recherche de l’être parfait comme l’a fait hitler.
                et la populatiopn ne s’en rend pas plus compte que pouvait le faire celle de l’europe d’antan.
                sa craint et sa sens mauvais.

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