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Accueil du site > Actualités > Santé > Un premier « village Alzheimer » en France

Un premier « village Alzheimer » en France

Un village entièrement dédié aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer pourrait voir le jour en France. Inspiré par une expérience néerlandaise, le projet, piloté par le Conseil général des Landes, a été soumis il y a trois semaines pour accord au ministère de la Santé...

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Le village Alzheimer d’Hogeweyk

 

Le lieu d’implantation de ce futur village n’est pas encore choisi : ce pourrait être à proximité de la côte, mais plus probablement dans les environs de Dax ou de Mont-de-Marsan. Cela reste toutefois un détail pour les élus du Conseil général des Landes qui ont validé durant l’automne le principe de cette structure dédiée, totalement innovante en France. À l’image de son initiateur, le président socialiste Henri Emmanuelli, et du directeur de la Solidarité Henri Lacoste qui en assure le pilotage, l’ensemble des élus du CG40 est déterminé à mener à bien ce projet inédit sur le territoire national. Objectif : innover pour faire face à l’accroissement du nombre des malades d’Alzheimer en offrant aux plus lourdement atteints une structure de vie adaptée aux contraintes de cette terrible maladie neurodégénérative.

Le lundi 2 février, le dossier a été transmis à la ministre Marisol Touraine dont l’accord préalable est nécessaire pour que cette expérience pilote en France puisse voir le jour dès 2017 en bénéficiant du plein soutien des pouvoirs publics : d’une part, dans la participation de l’État au coût de construction du village ; d’autre part, dans la prise en charge par la Sécurité sociale des coûts de fonctionnement à caractère médical lorsque le village sera opérationnel. L’enjeu est, on l’imagine facilement, très important, non seulement pour la société française, confrontée à une augmentation constante du nombre des malades d’Alzheimer, mais également pour les familles des malades les plus durement touchées. Cette démarche pourrait, en effet, ouvrir la voie à la construction de structures identiques dans d’autres départements si l’expérience landaise se révèle concluante.

À titre indicatif, il faut savoir que l’on dénombre environ 7 000 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer dans le département des Landes (plus de 17 % des plus de 75 ans). La moitié d’entre elles souffrent d’une pathologie avancée qui nécessite leur prise en charge dans des EHPAD (Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) dont près des 2/3 sont malheureusement peu ou pas adaptés à la prise en charge de ce type de résidents. Pour mémoire, rappelons qu’en France, ce sont près de 900 000 personnes qui sont atteintes d’Alzheimer ou d’une maladie neurodégénérative apparentée. Or, du fait de l’augmentation constante de l’espérance de vie, des dizaines de milliers de cas supplémentaires sont diagnostiqués chaque année. À tel point que l’on devrait atteindre en 2020 un effectif de 1,2 millions de personnes atteintes de maladie neurodégénérative dans notre pays si l’on se réfère aux projections des chercheurs de l’Inserm.

Henri Emmanuelli et les élus du CG40 se sont inspirés pour leur projet d’une structure pionnière déjà opérationnelle aux Pays-Bas : le village de Hogeweyk sur la commune de Weesp, à une vingtaine de kilomètres au sud-est d’Amsterdam. À la différence du projet landais, il s’agit là d’un « village intergénérationnel » qui, dans le but de créer une mixité de classes d’âge, regroupe – depuis 2009 – dans un même lieu d’habitat 153 personnes atteintes d’Alzheimer et des jeunes gens bénéficiant de conditions d’hébergement avantageuses. Les maisonnettes de brique rouge s’égrènent au long des ruelles ornées d’arbustes et de fleurs, ici centrées sur un thème urbain, là conçues dans une approche plus rurale en forme d’écho au passé des personnes. Et l’on ne se contente pas d’habiter à Hogeweyk : les résidents disposent sur place d’une supérette, d’un restaurant, d’un café, d’un théâtre, d’une bibliothèque et d’un salon de coiffure répartis en divers lieux d’une voirie arborée.

 

Une vie normale, ou presque...

On l’a compris, en créant cette structure originale, le but était de briser l’ambiance hospitalière faite de longs couloirs et de blouses blanches pour recréer les conditions d’un habitat le plus proche possible de la vie antérieure de ces malades atteints de démence sénile (au sens médical du terme). Et s’ils sont, pour d’évidentes raisons de sécurité, placés sous surveillance électronique de 22 heures à 7 heures, les pensionnaires d’Hogeweyk n’ont pas pour autant de contraintes horaires : ils s’organisent comme bon leur semble. Ils y sont aidés, sans même s’en rendre compte, par un personnel omniprésent mais sans habillement distinctif. Du caissier de la supérette jusqu’aux femmes de ménage, en passant par le serveur du restaurant et le barman, tous les emplois du village sont tenus par des professionnels de la médecine et de l’aide à la personne, assistés par des bénévoles au service des résidents. Autre différence avec une structure traditionnelle : les familles sont admises à n’importe quelle heure de la journée dans le village.

Les résultats parlent d’eux-mêmes : contrairement à ce que l’on constate en d’autres lieux, il y a très peu d’agressivité chez les résidents du village néerlandais ; non seulement ils sont plus détendus, mais semblent heureux de vivre là ; avec pour corollaire un recours à la pharmacopée nettement plus réduit qu’ailleurs. Dès lors, on comprend mieux qu’au contraire des structures classiques, les responsables d’Hogeweyk doivent gérer une très longue liste d’attente.

Un projet de même nature est envisagé en Suisse alémanique, aux portes de Wiedlisbach, dans les environs de Berne. Le village devrait ouvrir en 2019. Mais à la différence de son homologue néerlandais centré sur le présent, celui-ci devrait recréer l’ambiance des années 50 pour être en phase avec la représentation des futurs pensionnaires, tous atteint de démence et le plus souvent plongés dans leurs souvenirs d’antan. Un choix délibéré de cadre de vie artificiel où le personnel serait, comme à Hogeweyk, vêtu en fonction de ses tâches apparentes de commerçant, de jardinier ou de coiffeur. La communauté des gérontologues suisses s’en trouve divisée. Mais il est aisé de constater que les opposants se trouvent principalement dans les rangs des responsables de structures traditionnelles. Les scientifiques plus indépendants et les membres de l'association Alzheimer Suisse sont quant à eux résolument favorables à ce projet. Ce que confirme la directrice de l’association, Birgitta Martensson : « Il faut différents types de programmes de soins, parce que la maladie comporte plusieurs stades. Un village consacré à la démence est une bonne solution pour les patients en phase avancée. ».

Retour dans les Landes : comme à Hogeweyk et à Wiedlisbach, le village, entièrement sécurisé, devrait être ouvert à environ 150 pensionnaires atteints d’une forme avancée de maladie neurodégénérative de type Alzheimer. Outre les résidences personnalisées en plusieurs identités pour répondre aux différents types d’attentes, le village comportera une épicerie, un café-restaurant, une salle de musique, un gymnase, un salon de coiffure et l’atelier d’un factotum en charge de venir en aide à tous les petits soucis matériels des résidents. L’ensemble devrait être mis en place en partenariat avec la faculté de Médecine de Bordeaux. Il faudra, pour réaliser ce projet, provisionner un investissement de 23 millions d’euros, puis prévoir une enveloppe de fonctionnement de 10 millions d’euros par an. C’est tout l’objet du dossier qui a été déposé au ministère de la Santé. Si le projet est accepté, le coût de fonctionnement devrait être pris en charge : 1) par la Sécurité sociale ; 2) par le département des Landes au titre de l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) ; 3) par les résidents auxquels serait demandé un prix de journée d’environ 60 euros par jour, le cas échéant directement prélevé sur leur pension de retraite.

Nul doute que le village landais, s’il voit le jour comme on peut l’espérer, sera observé avec intérêt par tous ceux qui, de près ou de loin, professionnels ou parents, sont concernés par les solutions mises en œuvre dans la prise en charge des patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Rien n’est plus éprouvant que le regard éteint d’une personne que l’inexorable régression condamne à une vie morne dans un établissement le plus souvent inadapté. A contrario, rien n’est plus émouvant que le sourire d’une personne en harmonie avec son environnement, fût-il limité à quelques ruelles et placettes où elle se sent chez elle. C’est là toute l’ambition de ce projet.


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104 réactions à cet article    


  • Tillia Tillia 23 février 2015 08:48

    « Une mutation génétique frappe mystérieusement les habitants d’un même village du nord de la Colombie. Les malchanceux qui sont touchés développent la maladie d’Alzheimer. Un phénomène étudié de près par les scientifiques qui y voient une clé potentielle pour soigner cette maladie neurodégénérative. »


    la génétique est une loterie.

    Je ne suis pas certain que mettre des Alzheimer ensemble soit une bonne chose, pour leur sécurité peut-être, pour les famille sûrement, mais quid du relationnel dans cet environnement artificiel ? Il leur faut évoluer dans un monde réel et non factice. 

    • Fergus Fergus 23 février 2015 09:12

      Bonjour, Tillia.

      Merci pour ces liens. Et tant mieux si ces constats peuvent faire avancer la recherche dans le traitement des maladies neurodégénératives.

      « la génétique est une loterie »

      Houla ! voilà une affirmation que vous devriez débattre avec ma belle-fille, chercheuse à l’Institut Pasteur, et qui ne partage évidemment pas ce point de vue. Non qu’il n’y ait pas des effets du hasard dans la recherche, mais ils ne constituent que la face émergée d’un énorme travail effectué selon des protocoles rigoureux.

      Pour ce qui est de « mettre des Alzheimer ensemble », je comprends votre point de vue, mais je crois que vous faites erreur pour au moins deux raisons majeures, comme le montre d’ailleurs l’expérience accumulée depuis près de 6 ans à Hogeweyk où, je vous le rappelle, existe une liste d’attente considérable que ne connaissent pas les structures traditionnelles :

      1) Il n’y a pas que des personnes atteintes d’Alzheimer ; entre les professionnels et les bénévoles qui participent à la vie du village, il y a sur place 2 personnes parfaitement saines pour 1 résident malade.

      2) Ces villages ne sont pas ouverts à des personnes atteintes d’une forme bénigne de maladie dégénérative (notamment en phase initiale), mais à des personnes en phase très avancée qui souffrent de manière évidente d’un grave état de démence sénile.


    • gaijin gaijin 23 février 2015 11:25

      @Fergus

      il n’y a pas que la génétique
      il y a l’exposition aux toxiques, dans le cas de l’alzheimer on met en cause notamment l’aluminium
      pour ceux que le sujet intéresse :
      https://www.youtube.com/watch?v=EUmd0yLukMo


    • lermontov lermontov 23 février 2015 14:14

      @ Tillia

      Es-tu cette chèvre qui écrit sur une autre page :

      "... il est clair qu’en voulant sauver tout le monde, on scie la branche sur laquelle on est assis, car la sélection naturelle ne peut plus faire son boulot. "


    • Fergus Fergus 23 février 2015 14:15

      @ gaijin.

      Merci pour ce lien. Le fait est que l’aluminium est mis en cause comme facteur aggravant du risque d’Alzheimer. Sans doute y a-t-il là quelque chose à faire au niveau de la prévention. Et les pouvoirs publics auraient intérêt à s’en préoccuper dès maintenant de manière déterminée pour limiter la forte augmentation attendue du nombre des cas dans l’avenir.


    • bakerstreet bakerstreet 23 février 2015 15:47

      A vue de mon expérience, sans nier la part dégénérative, la dépression a un gros impact sur cette maladie. 

      Quand vous ne comptez plus pour personne, et que votre univers se rétrécit, tout le monde ne trouve pas une âme compatissante, comme ce Monsieur Banier, qui prenait si gentiment madame Betancourt en photo, et la promenait.

    • lermontov lermontov 23 février 2015 16:31

      @ bakerstreet

      L’une de mes grand-mères a été touchée. D’origine étrangère, elle voulait retourner dans son pays ; toujours à vouloir se sauver (et elle se sauvait, donc la veiller constamment, etc ; je pourrais raconter le rapport au quotidien mais bref.).
      Elle a perdu la langue adoptive, le français. Je me demande s’il n’y a pas un mécanisme de défense individuelle, retourner à un avant meilleur. Inconscient, bien sûr. Une fuite devant un réel qu’on ne maîtrise plus, comme si on était débordé et que l’on se repliait vers un connu apaisant.

      Avec ce monde virant dingo à tombeau ouvert, il y a bien des certitudes qui sont déracinées.

      C’est ce qui est arrivé à des peuples premiers avec l’imposition coercitive du christianisme. Pour l’individu, la vie n’a plus de sens, il vire dingo ou s’enfonce dans une sorte de dépression, il se met à l’alcoolisme, etc ; ça peut aller jusqu’à la démence. Il y a comme un ressort cassé en lui.


    • Fergus Fergus 23 février 2015 17:23

      Bonjour, Bakerstreet.

      Je ne suis pas compétent, et moins encore habilité, à dire si la dépression favorise l’émergence de la maladie ou le contraire. Néanmoins, un cas qui me touche de près dans ma famille m’incite à penser que c’est bien le terreau neuro-dégénératif qui engendre de la dépression, mais aussi de l’agressivité, notamment chez les malades en situation de déni.

      Pour ce qui est de l’aide à la personne apportée par Banier à Betancourt, impossible malheureusement de provisionner les sommes nécessaires à rémunérer des prestations d’une telle qualité.


    • Tillia Tillia 23 février 2015 17:25

      @lermontov
      Oui et ? ... Alzheimer rend sénile, mais ce n’est pas mortel, ça l’est à la longue quand ma personne atteinte « oublie » ou refuse de s’alimenter. Un malade atteint par cette dégénérescence peut vivre des années avec cette maladie et mourir de mort naturelle.


      Mon grand-père a eu cette maladie on suppose les premiers symptômes vers 75 ans, il est mort d’un arrêt cardiaque à 92 ans... Ce que vous citez était pour un autre topic où il était question d’être 10 milliards sur Terre, mon grand-père n’a jamais été tuyauté, il était en bonne santé, nous nous serions opposés à tout acharnement thérapeutique. 

      Vous préféreriez qu’on fasse venir le docteur piquouze pour ce type de malades ? 
       

    • Fergus Fergus 23 février 2015 17:29

      @ Lermontov.

      « Je me demande s’il n’y a pas un mécanisme de défense individuelle, retourner à un avant meilleur. Inconscient, bien sûr. Une fuite devant un réel qu’on ne maîtrise plus, comme si on était débordé et que l’on se repliait vers un connu apaisant. »

      On peut toujours se poser ce genre de question. Toutefois le spectacle de personnes âgées parfaitement bien dans leur peau qui se mettent à régresser montre bien qu’il n’y a pas de corrélation. L’une de mes grand-mères a terminé sa vie dans un état de sénilité qui l’avait progressivement ramenée à sa petite enfance, toute mémorisation des évènements ultérieurs ayant disparu. Son enfance avait pourtant été très dure.


    • bakerstreet bakerstreet 23 février 2015 17:51

      @Fergus et lermontov


      La mélancolie fait plonger une personne jeune dans la confusion et dans des troubles régressifs. 
      Alors, bien sûr, il n’y a pas de raison pour que les vieux n’en soient pas atteints. 
      Pour la cicatrisation et la résilience, à cet age, c’est une autre paire de manche que quand on a 20 ou 40 ans
      J’ai malheureusement vu, comme d’autres, ma mère sombrer.
       La mort de mon père, passe, celle de sa soeur aussi, mais quand sa chienne est morte après une longue agonie, ça a été le raz de marée qui l’a précipité vers des iles où elle n’est jamais revenue. 

      J’ai surtout fréquenté les maisons de retraite pendant mes études d’infirmier, puis en psychiatrie j’ai vu aussi des choses bouleversantes. 
      Au début des années 80 il suffisait à un médecin de famille de faire un certificat médical pour adresser une personne en psy, ou beaucoup de services relevaient alors de la gériatrie. 
      Une bonne alternative pour les bourgeois d’adresser leurs vieux sans payer la pension dans une maison de retraite. 

      Je me souviens d’une vieille adorable, avec juste quelques troubles cognitifs, mais se repérant bien, dans l’espace et le temps, totalement sombrer en deux mois au contact de personnes vraiment démentes....Pas de visites, l’oubli dans un caveau qui signifiait pour elle la mort....

      Plus plaisant, un séjour en maison de retraite sur une ile bretonne, où les vieux se connaissaient et continuaient à entretenir des rapports d’amitié, mais aussi de haine...
      ..Il y avait ceux du bourg, et ceux de Locmaria. Essentiellement des marins...
      Je m’étais pris d’amitié pour Louisa, l’aïeule, qui était la mémoire de l’ile et m’expliquait les clivages quand je venais lui servir sa choulad ( café plus pain) au gouter :
      « Il y en a du bourg qui ont été au bout du monde, mais qui n’ont jamais été à Locmaria... »

      D’autres vieilles, jalouses de mes rapports avec Louisa, m’avait mis en garde :
      " Ah celle ci vous raconte des histoires sur ’l’ile. mais savez vous qu’elle n’est pas d’ci. 

      Louisa était du continent, comme on dit, de Lorient exactement, juste en face de l’ile de groix...
      Elle y était arrivé à l’age de 16 ans, pour se marier. Elle en avait maintenant 90

      Les iles, On en construit, elles nous protègent parfois. Mais celle de la vieillesse est parfois terrible



    • bakerstreet bakerstreet 23 février 2015 18:08

      @Fergus

      L’agressivité est en effet une conséquence
      . Quand le monde perd son sens, il devient forcément menaçant, et ouvert à toutes les interprétations ; c’est en ce sens que les délirants peuvent être aussi dangereux. 

      Quand les sens renvoient des signaux trompeurs, ou quand nous n’avons plus la capacité de les interpréter, alors forcément l’agressivité monte. C’est un mécanisme de défense. 
      Mais bien sûr, il y a plusieurs raisons en amont qui peuvent expliquer une entrée dans la démence.
      La raison organique, neuro dégénérative, en est une. 

       Le chevauchement de deux causes n’étant pas exclu. 
      Si l’on cherche une image révélatrice au scanner, peut être va t’on trouver une explication.
       Reste qu’il faudrait savoir si les personnes qui n’ont pas de troubles de la sénescence ont une image parfaite ?
      C’est un peu comme pour le mal de dos ; Certains ne devraient pas pouvoir bouger de leur fauteuil, au vue de la radio, mais pourtant ils sautent comme des cabris. 
      inversement vous voyez des gens qui ont une image banale ou presque qui n’explique pas leur douleur. 

      En tout cas c’est vrai, les cas se multlplient ?
       Endogène, exogène ?

      C’est vrai que notre société en dépit de son optimisme affiché, n’est pas très valorisante pour les vieux, hormis ceux qui cherchent à tout prix à imiter les jeunes, assez pathétiquement parfois. 

      A l’inverse dans le temps, sans idéaliser, il est vrai que les valeurs bourgeoises, de réussite et de bonheur, tournaient autour de la pondérance, du respect, et ne clivaient pas les vieux, dépositaires encore de pratiques qu’ils pouvaient transmettre. 
      Je dis ça en pensant en grand père de mon épouse qui lui est tombé en gâtisme quand il lui a fallu se séparer de ses chevaux qu’il aimait et avec lesquels il excellait. 


    • Fergus Fergus 23 février 2015 18:22

      @ Bakerstreet.

      Un grand merci pour toutes ces précisions et témoignages. En réalité, il n’y a pas deux cas identiques.

      Pour ce qui est des personnes atteintes d’une forme pas encore trop évoluée de la maladie qui se trouvent confrontées à des cas de « démence » avérés et les effets dont constants, le fait est que la conséquence psychologique peut être terrible car ces personnes peuvent assez rapidement sombrer par abandon de toute forme de lutte.


    • alinea alinea 23 février 2015 23:10

      @lermontov
      Quand je fais mon mauvais esprit, je dis que les vieux déments ou les « Alzheimer » fuient, mais pour de bon, leur vie de merde, les échecs, la soumission ( beaucoup de femmes Alzheimer, non ?), les contraintes acceptées, de gré ou de force, bref la totale, le contraire d’une vie créative, ou d’un processus d’individuation !
      Ils fuient aussi la suite, la vieillesse et ses catas !
      Tous les exemples que je connais vont dans ce sens.
      Lisez donc le bouquin de Rezvani sur sa chère Lula !! Étouffée la Lula par l’amour ( plutôt par sa possession par l’anima), de son grand homme !!


    • gaijin gaijin 23 février 2015 09:00

      on pourrait aussi commencer par les soigner cad supprimer toutes les médocs inutiles qu’ils se tappent et qui d’effets secondaires en effets croisés inmétrisables les réduisent a l’état de légumes baveurs ......


      • Fergus Fergus 23 février 2015 09:18

        Bonjour, Gaijin.

        C’est un reproche qui est souvent fait aux équipes en charge de ces malades. Malheureusement, je n’ai pas de compétences pour m’exprimer dans ce domaine. Il semble toutefois que la nature de l’accueil des malades Alzheimer dans des établissements inadaptés ne soit pas de nature à arranger la situation.

        Je note en revanche qu’il est établi de manière indubitable que les malades d’Hogeweyk consomment nettement moins de médicaments que leurs homologues dans les structures traditionnelles. Il s’agit là évidemment d’un constat qui intéresse fortement, tout à la fois le personnel soignant et les familles, mais aussi les autorités de santé.


      • gaijin gaijin 23 février 2015 11:16

        @Fergus
        oui bien sur l’un n’exclu pas l’autre
        ne pas placer les gens dans des situations anxiogènes évite d’avoir a bourrer d’ anxiolitiques ( je simplifie )


      • bakerstreet bakerstreet 23 février 2015 19:24
        Voir aussi combien le contact avec les enfants fait du bien aux personnes agées. 
        Les animaux aussi font des miracles. 
        Des choses que l’on sait tous, mais curieusement absentes du soin


      • Fergus Fergus 23 février 2015 21:47

        @ Bakerstreet.

        Exact. A Morlaix, il y a une maison de retraite qui jouxte une école maternelle, et plusieurs fois par an, des rencontres sont organisées entre les pensionnaires et les bambins, pour un plaisir partagé.


      • gruni gruni 23 février 2015 09:02

        Bonjour Fergus


        Une belle est intéressante initiative qui espérons-le en entraînera d’autres. Reste le coût de l’opération qui pourrait limiter l’expérience. Mais vraiment cette maladie est un fléau qui là encore, espérons-le, sera un jour guérissable. 
        Merci pour l’info, je n’avais jamais entendu parler de ce genre de village médicalisé.

        • Fergus Fergus 23 février 2015 09:24

          Bonjour, Gruni.

          Merci pour ton commentaire. Je croise moi aussi les doigts pour que l’on trouve un jour un remède à ce fléau croissant que vont être les maladies neuro-dégénératives dans les décennies à venir, eu égard au vieillissement de la population.

          « Reste le coût de l’opération qui pourrait limiter l’expérience. »

          Les responsables néerlandais affirment qu’en dépit des apparences, un village de ce type ne coûte pas plus cher à la collectivité que la prise en charge des personnes atteintes de démence sénile dans les structures habituelles. Et les études faites en Suisse et dans les Landes semblent corroborer cette affirmation des responsables de la Santé aux Pays-Bas.


        • Alex Alex 23 février 2015 14:07

          @Fergus

          Vous parlez de « fléau croissant » : cette croissance est-elle due à l’allongement de l’espérance de vie, à une détection plus précoce, à une classification (Alzheimer au lieu du simple « sénilité ») ou bien à des facteurs nouveaux ?


        • lermontov lermontov 23 février 2015 14:13

          @ Alex

          Bonne question.


        • lermontov lermontov 23 février 2015 14:25

          @ Alex

          « les conditions d’un habitat le plus proche possible de la vie antérieure de ces malades atteints de démence sénile
          (au sens médical du terme). » Dans le texte.

          Nous vivons une époque de dingue avec d’un côté l’effroi de la mort, l’acharnement thérapeutique. Et de l’autre l’envie de suicide assisté parce qu’on ne supporte pas la vie. Le point commun est l’effroi de la douleur et la pusillanimité.

          ’Naître - se reproduire - mourir’, voilà tout simplement ce qu’est la vie. Ce n’est que par l’artificialité que l’homme échappe à toute la rigueur de ce mode. Par la fabrication d’un environnement sécure, la culture, etc. Mais la réalité, peut-être, c’est que tout simplement nous ne sommes pas biologiquement faits pour vivre vieux.

          Ceci sans préjuger de rien et en attendant sans doute le transhumanisme auquel on ne coupera pas.


        • Fergus Fergus 23 février 2015 14:29

          Bonjour, Alex.

          Je ne suis pas spécialiste de la question, mais il semble clairement établi que la forte augmentation du nombre des malades est due principalement à l’augmentation de l’espérance de vie : ce type de maladie dégénérative survenant après 65 ans dans la grande majorité des cas, le nombre des personnes atteintes augmente mécaniquement dans des proportions importantes.

          Pour ce qui est du diagnostic, il semble parfois difficile de déterminer l’origine exacte de la « démence » qui touche un malade, entre Alzheimer et les autres maladies neuro-dégénératives, leurs symptômes étant très souvent de nature identique ou voisine. Mais une chose est sûre : la plupart des cas de « sénilité » que l’on constatait naguère chez les personnes âgées, et qui étaient ainsi qualifiés, sont aujourd’hui classés dans la même catégorie de « démence » sénile. 


        • Fergus Fergus 23 février 2015 14:54

          Bonjour, Lermontov.

          « la réalité, peut-être, c’est que tout simplement nous ne sommes pas biologiquement faits pour vivre vieux »

          Je suis assez d’accord avec ce constat. Mais précisément, entre faire durer les personnes gravement atteintes dans un environnement où elles ne sont plus que l’ombre de ce qu’elles ont été, et leur permettre d’écouler, même en étant très diminués, leurs vieux jours dans un environnement agréable, ne doit-on pas privilégier cette approche, autant que possible ?


        • soi même 23 février 2015 15:06

          @lermontov, l’on vie tous simplement les prémisses en grandeur nature de la mécanisation comptable de la vie, et pour que cela soit viable, il est clair que tous ceux qui correspond pas aux modèles de la société de demain ,vont être écartés, cela ne seront pas appelez Goulag où hôpitaux psychiatrique , cela prendra le doux mon de maison pour vivre ensemble, et gare aux réfractaires , ils auront droit à une camisole chimique !


        • bakerstreet bakerstreet 23 février 2015 15:52

          @Fergus


          Quand à la prise en charge, c’est une bonne affaire. Les maisons de retraite facturent à une tôt prohibitif leurs prestations à leurs usagers. 

          j’ai lu d’ailleurs que l’investissement des fonds de pension était massif dans ce secteur, étant donné les retombées qui sont encore plus fortes que pour les péages d’autoroutes.

          Au vu de ce que je connais de ce secteur, et pour y avoir travaillé, il faudra me pousser de force dans ce genre de structure, où la régression est évidente et organisée.

        • alinea alinea 23 février 2015 23:12

          @Alex
          À des facteurs nouveaux ( voir mon com ci-dessus !)
          Et qu’on arrête de prendre le corps pour un corps indépendant d’un esprit, d’une psyché...


        • fred.foyn Le p’tit Charles 23 février 2015 10:28

          L’idée est bonne..sauf que les caisses sont vides et la ministre en charge du dossier est une enfumeuse de première... !


          • Fergus Fergus 23 février 2015 13:55

            Bonjour, Le p’tit Charles.

            Que les caisses soient vides, ce n’est pas vrai pour tout le monde, si l’on en juge par les cadeaux faits au patronat sans contrepartie pour les salariés ou pour l’embauche. Or, le problème posé par Alzheimer est tel qu’il va bien falloir trouver des solutions et des moyens !


          • Armelle 23 février 2015 14:25

            @Fergus

            Parce que vous en êtes encore au stade de penser que l’argent donné au patronat pourrait créer des embauches ?
            Il me semble plus judicieux de penser qu’il faudrait donner cet argent aux consommateurs, qui participeraient à augmenter le carnet de commande des entreprises qui, du coup, embaucheraient pour satisfaire ces commandes. Non ? Vous ne croyez pas ?
            L’argent n’a jamais crée d’emploi, jamais, ou si, de l’emploi fictif... comme le fait l’état

          • Fergus Fergus 23 février 2015 14:49

            @ Armelle.

            « Parce que vous en êtes encore au stade de penser que l’argent donné au patronat pourrait créer des embauches ? »

            Précisément, je n’y ai jamais cru un seul instant. Raison de plus pour souligner qu’il y a des manières plus urgentes de dépenser l’argent public.


          • troletbuse troletbuse 23 février 2015 15:09

            @Fergus
            il va bien falloir trouver des solutions et des moyens

            Mais c’est tout trouvé et même d’une simplicité enfantine. Pour celui qui a un patrimoine, on lui piquera, . Et puis on sollicitera la famille jusqu’à épuisement. Voila pour les moyens Et quand l’état aura tout piqué, ce sera l’euthanasie, ca c’est pour la solution.
            . Voila à quoi pensent nos politicards. C’est dur mais réaliste. Eux ils s’en foutent. En volant les français ils ont amassé un énorme patrimoine, sauf.......... sauf sur leur déclaration de patrimoine, bien entendu smiley


          • bakerstreet bakerstreet 23 février 2015 16:04

            @troletbuse
            Mais c’est tout trouvé et même d’une simplicité enfantine. Pour celui qui a un patrimoine, on lui piquera, . Et puis on sollicitera la famille jusqu’à épuisement. Voila pour les moyens Et quand l’état aura tout piqué, ce sera l’euthanasie,


            L’euthanasie n’est pas encore à l’heure, et du reste ce ne serait pas une solution pour les investisseurs.
            Bon moi, je me demande si je ne préférerais pas partir dans un beau feu d’artifice que de végéter minable, sans même pouvoir faire un petit tour en moto. 

            Pour le reste, la spoliation des biens, mais voilà que ça fait longtemps que ça se fait. Il n’y a que les indigents qui ont droit à l’aide sociale. 
            Pour les autres, c’est la famille qui raque, et sinon on se rabat sur les biens. Vous aurez droit c’est vrai à l’allocation logement si vous n’avez pas trop de revenus, mais si vous louez votre bien, l’alloc sera récupéré aussi sur la succession. 

            L’aberration, c’est vraiment de faire payer les familles indistinctement de leurs revenues. Ainsi, les enfants de bourgeois empocheront la succession après avoir eu toute leur vie les avantages de la naissance ( études, éducation)

            Les autres, qui auront parfois été élevés à la dure, et même soufferts de sévices ( ça se voit) n’auront non seulement aucun héritage, mais se verront obligés de subvenir à l’entretien de parents âges, malgré des salaires misérables. 

            La solution, ça serait de faire fonctionner les maisons de retraite avec un impôt pris sur toutes les successions, du moins les plus importantes. Pour rétablir un minimum d’équité au lieu de l’aggraver. 

            je sais, je rêve. 
            Peut être suis-je déjà un peu sénile.
             



          • fred.foyn Le p’tit Charles 23 février 2015 17:14

            @Fergus...Vous devriez arrêter de penser comme la gauche...ça ne vous mènera nulle part...(la droite non plus d’ailleurs...)


          • Fergus Fergus 23 février 2015 17:34

            @ Troletbuse.

            Vous avez une vision bien négative qui est assez largement battue en brèche par certains faits qui vont à l’inverse de ce que vous avancez : par exemple les campagnes de vaccination contre la grippe et la gratuité du vaccin pour les personnes âgées. Or, la grippe est, on le sait, l’un des principaux facteurs de la mortalité des personnes âgées. Si les politiques avaient d’aussi noirs desseins, ils feraient le gros dos en attendant de compter les victimes !


          • troletbuse troletbuse 23 février 2015 17:46

            @bakerstreet
            Je sais bien que l’on doit payer les maisons de retraite et que l’on vend le patrimoine si besoin est. Mais les politicards vicieux pourraient créer un organisme qui gère tout cela. Au passage, ils se servent at laissent le reste pour soigner la personne. Pour les maisons de retraite, on voit donne le prix, par exemple 1800€ par mois. Vous payez et basta. Je ne suis pas d’accord avec un impôt dont la totalité ne sera pas reversée aux organismes qui vous soignent.


          • troletbuse troletbuse 23 février 2015 18:07

            @Fergus
            Non Fergus, la grippe est un facteur de mortalité pour les personnes âgées en mauvaise santé. Mais vouloir vacciner tout le monde est une manne pour les labos qui ont corrompu les députés, les sénateurs, l’assemblée européenne. Ecoutez les et vous aurez 20 vaccins par an car le vaccin tout naturellement ne marche que 1 an. Vous rappelez-vous de l’arnaque du H1N1 ? Malheureusement, avec les veaux, comme disait de Gaulle, ca marche à tous les coups.


          • Fergus Fergus 23 février 2015 18:26

            @ Troletbuse.

            « vouloir vacciner tout le monde »

            Qui parle de cela ? Seuls les vaccins des personnes âgées sont gratuits. Quant à se faire vacciner plus jeune, je ne connais personne dans mon entourage qui se fait vacciner, pas même ceux qui ont entre 65 et 70 ans.

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