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Accueil du site > Actualités > Santé > Urgence : stress et société

Urgence : stress et société

On a un pays dont les valeurs profondément humanistes ne s’accordent plus avec la pratique. Cette distorsion est là l’origine d’une atteinte sans précédent du moral de nos concitoyens. On commence juste à en percevoir les effets dramatiques à travers les suicides liés à l’excès de stress au travail. Il y a donc urgence à en prendre conscience et à réagir !

De plus en plus souvent, on voit des salariés se donner la mort en raison d’un niveau de stress trop important.

Il y a urgence à réagir !

Le stress, tel un venin, diffuse dans notre société et détruit ses fonctions vitales.

Il altère la santé de nos concitoyens, favorisant l’émergence de certaines maladies et aggravant l’évolution d’autres car, ne nous y trompons pas, les cas de suicide qui nous interpellent tous ne sont que la partie visible du désastre.

Il contribue à la destruction de familles, il conduit à l’échec un nombre considérable de jeunes parfaitement intelligents.

Le mal-être, dans notre société, paralyse l’envie d’agir et de consommer, il effondre le moral des ménages.

De manière peut-être plus sournoise encore, il empêche nombre d’entre nous d’accéder à l’optimisme et nous plonge dans un pessimisme ambiant qui ne se nourrit plus que des malheurs inhérents aux dysfonctionnements de notre société.

Le Canada, depuis de nombreuses années, agit avec intelligence pour diminuer le niveau de stress de sa population. Il a mis en place une véritable stratégie qui passe par un ensemble de mesures concrètes visant aussi bien à diminuer le nombre de sources de stress qu’à aider tout un chacun à redonner du sens à son travail et à sa vie.

Faisons de même en France. Car on peut agir !

En raison de ses valeurs et de son sol fertile à l’humanisme, notre pays peut contribuer à bâtir un projet de société alliant performance économique et bien-être.

Tous ceux qui ont à motiver des équipes savent la puissance des leviers humains auxquels il est possible de faire appel.

Le management, beaucoup trop défaillant dans notre culture, est essentiel ; que ce soit à l’échelle du pays ou de l’entreprise, il doit devenir une priorité.

Déjà, des dirigeants d’entreprise s’allient pour tenter de faire face à l’urgence et d’apporter des réponses. Ce que sont capables de réussir certaines entreprises, pourquoi d’autres ne le pourraient-elles pas, pourquoi l’Etat ne le pourrait-il pas ?

L’engagement est aussi un moteur considérable car, là encore, il s’appuie sur ce que l’homme a de plus profond en lui, le sens du bien commun, et constitue un merveilleux outil de motivation. Trop peu ont perçu l’intérêt de ce levier et le mettent en pratique.

Il y a urgence à agir !

On a un pays dont les valeurs profondément humanistes doivent s’accorder avec la réalité et la pratique. De cette parfaite adéquation, jaillira le bien-être de nos concitoyens et permettra à un nombre croissant d’entre eux de retrouver le véritable sens du mot bonheur.


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10 réactions à cet article    


  • Sami 25 février 2008 11:58

    J’ai lu dernièrement dans un article au sujet d’une nième étude sur les ondes électromagnétiques que le portable pouvait influencer le sommeil (voir LeVif).

    Dans un autre article anglais au sujet de la même étude, il écrivait que : "Mobile phone use is associated with specific changes in the areas of the brain responsible for activating and coordinating the stress system," [...] (voir Saga)

    Traduction littérale : "L’utilisation du téléphone mobile est associée avec un changement spécifique dans la zone du cerveau responsable pour l’activation et la coordination du stress."

    Est-ce que cette omniprésence des ondes électromagnétiques n’est pas entrain de nous nuire ?

    Voir :


    • faxtronic faxtronic 25 février 2008 13:02

      Il est urgent, mais de faire quoi :

      Certes les gens sont stressés, mais le monde est extremement agressifs et competitifs de nos jours.

      J’aurais aimé que vous nous dites la source de ce stress et comment concilier cette source pour eviter le stress.

       

      Article interessant, mais a developper.

       


      • spock spock 25 février 2008 15:35

        il y a urgence, il faut légaliser le cannabis.


        • Lisa SION 2 Lisa SION 25 février 2008 23:53

          Bonjour ;

          .....la puissance des leviers humains auxquels il est possible de faire appel....avez vous écrit. J’ai peur d’avoir mal compris.

          Faire appel à la " puissance des leviers humains " au sein de la compétition commerciale dans une société soumise à la politique du " flux tendu " , est génératrice de ce stress qui tue sur la route, dans l’entreprise, et même chez soi si les conditions se dégradent.

          Nos sociétés ont été délibérément engagées sur un rythme de plus en plus rapide, sur un élastique de plus en plus tendu, et il devient urgent de ralentir, quitte à décroître, si l’on ne veut pas qu’il lache . Mais, ralentir individuellement, c’est ouvrir la porte à de plus jeunes ambitieux qui vous doublent sans clignottant, et vous condamnent à vous faire éjecter du plateau. Pour survivre dans cette foire d’empoigne, le moyen le plus légal est de se doper. L’Etat vous y encourage, la médecine vous y encourage, la pub vous y encourage, et l’on se retrouve premiers consommateurs de produits pharmaceutiques dont les bénéfices sont inversement proportionnels au trou de la sécu. Il est surtout urgent de retrouver des méthodes douces et humaines pour revenir à un rythme raisonnable et guérir nos maux modernes.

          Une seule bonne nouvelle suffirait à dégonfler cette baudruche en surpression : Une simple baisse des prix, par exemple... 


          • Olivier 26 février 2008 01:16

            Bonjour,
            J’aime bien votre approche sociétale et transversale de ce fléau. En général, le stress n’est abordé que sous l’angle médical et encore le plus souvent sous l’aspect psychologique. Je partage les propos de faxtronic, ce serait passionnant que vous développiez votre vision dans un autre article.
            Merci.
            Olivier


            • Jean Krakowiecki Jean Krakowiecki 26 février 2008 09:40

               

               Bonjour, je suis consultant en gestion du stress depuis plus de 15 ans, et j’ai eu l’occasion de lire « Stress, nouvelles voies », et cerner l’approche ainsi que le travail de Philippe Rodet dans ce domaine.
               
              Cette approche est actuellement la meilleure qui soit.
              Philippe Rodet met l’être humain à la place qui lui revient. Il s’attache à informer le monde économique de l’importance du bien-être au travail et de son incidence sur l’augmentation de la performance.
              Il cherche à attirer l’attention sur l’importance d’une approche globale qui ne s’arrête pas au monde de l’entreprise.
               
              Evidemment, sa tâche n’est pas aisée, mais les chiffres d’études nombreuses dans ce domaine lui donnent raison et arrivent petit à petit à convaincre du bien fondé de sa démarche.
               
              Comme lui, je suis convaincu de l’urgence d’agir au niveau de la société : nous avons tous quelque chose à y gagner, ainsi que nos enfants !
               
              @ faxtronic et Olivier, je vous invite à consulter cette page de son site, où la notion de bien être est plus développée.

              • logic 26 février 2008 10:33

                Analyse trés juste de l’état de notre société qui se prétend pourtant moderne et évoluée . Il y a urgence certes mais cela ne se fera pas d’un coup de baduette magique car il s’agit d’un problème de civilisation que ’l’on a changé depuis 2générations en remplaçant petit à petit les points de repères des valeurs universelles ielle que le respect d’autrui l’abnégation l’humilité par l’individualisme la cupidité et l’orgueil

                 En effet quels sont nos critères actuels pour juger de la valeur des individus ? La grosseur du portefeuille du véhicule de la maison ou bien de la capacité à se responsabilser dans sa vie professionnelle sociale et familiale ?Toute la difficulté étant d’avoir un juste équilibre entre ces trois rondamentaux pour un épanouissement sain de la personne et de la Société ou elle vit

                 Or depuis depuis 40ans dans quel esprit éduque-t-on nos enfants ? la jouissance à tout prix les loisirs le pognon le trou duc.. Par contre ne serait-ce qu’il y a 50ans si on nous disait de travailler à l’école c’était pour avancer dans la Société et faire ainsi progresser cette Socièté Tandis qu’aujourd’hui : travaille bien à lécole pour gagner un max et cramer la chandelle par les 2 bouts sans retenues

                 Je suis d’avis qu’il faut distincter les suicides et autres maladies modernes en deux catégories : Ceux qui ont été habitués à se responsabiliser et qui ne supportent pas consciemment ou inconsciemment de se retrouver inconsidéré ou tenu pour quantité négligeable (souvent par des fâts) alors que eux ont apporté leur pierre à lédifice Et puis il y a ceux qui onr été mal construits et qui s’apperçoivent que croquer l’instant présent sans autre but n’est pas une fin en soi et qu’au lieu de les épanouir ça les démoli

                 Il s’agit donc bien d’une déshumanisation se traduisant par la bestialité et la robotisation Mais n’est ce pas voulu et orchestré pour nous asservir un peu plus chaque jour à une caste supérieure qui pour adorer leur veau d’or nous lessive le cerveau

                 L’urgence c’est de comprendre que c’est bien le cerveau qui commande les organes et non l’inverse


                • Jean-Louis RENAULT Jean-Louis 26 février 2008 11:38

                  Bonjour,

                  Ces dernières années ont entrainées de profonds bouleversements dans les organisations professionnelles (Privées et publiques)

                  - L’accélération du temps : Il faut sur une période donnée produire mieux, plus et plus vite. Les outils modernes et notamment les nouvelles technologies contribuent à cette "accélération du temps" Rappelons nous que les NTIC n’ont guère plus de 15 ans : Qui disposait d’un téléphone portable, d’une adresse email, d’un PC chez lui, de l’accès permanent à Internet il y a 15 ans ? Ces outils modernes, nul n’en doute servent l’Homme, mais dans quel mesure l’Homme ne les sert -il pas lui-même ? Ces outils aussi efficaces soient-ils contribuent à l’intensification du stress.

                  - L’Hyperexigence : Nous sommes entrés de plein pied dans une période ou les process prennent de plus en plus d’importance, bridant parfois la créativité nécéssaire à l’épanouissement : le sens de l’action professionnelle au quotidien. De ce fait tous les acteurs sociaux et sociétaux accroissent leurs niveaux d’exigences : L’actionnariat est plus exigeant, rentabilté et volatilité oblige, Les Patrons, petits, moyens, gros augmentent aussi leurs niveaux d’exigence : Concurence, part de marchés, survie parfois. Les managers augmentent leurs niveaux d’exigences : les objectifs, les attentes personnelles, la vision qu’ils ont de leur métier, Les salariés n’échappent pas à la régles, envers leurs managers, leurs collègues et souvent envers eux même accroissent ces niveaux d’exigences. Ajoutons les clients, les fournisseurs... Cette hyperexigence contribue au développement du stress.

                  - Le management intuitif : Un manager est souvent nommé grace à une bonne maitrise de ses compétences métiers (Commerciales, techniques, administratives, logistiques etc..) On oublie parfois de lui dire que dans ses nouvelles fonctions, ce qu’il aura à gérer ne relèvera pas seulement de la technicité et de ses compétences métiers, mais qu’il devra gérer de l’Humain, avec tout ce que cela implique : émotions, souffrances, attentes insatisfaites, problèmes de communication interpersonnels...Quels seront alors ses référents comportementaux dans son management : Ancien boss, Techniques et congnitifs, éducation, valeurs personnelles... ? Il aura rarement conscience de l’impact négatif que peuvent avoir ses comportements et paroles au quotidien sur les collaborateurs(trices) qu’il manage. Trop d’affectif, il devient prisonnier de la relation, Trop de directif, il génère du stress chez lui et chez les autres. Absence d’émotion.... Peut-on vivre sans émotion ? Dieu merci non (Tiens je suis atteint par le virus élyséen, je me mets à parler de Dieu, moi aussi) Donc, je dirais plutôt, heureusement, non !

                  L’ultime paradoxe : Un quasi gel des salaires depuis quelques années avec des augmentations des principaux postes de charges d’un foyer (Logement, Energie, Alimentation) l’équation est simple : Plus de travail avec moins de moyens en étant plus rapide mais avec de moins en moins de sens (Pourquoi je me lève chaque matin est ainsi une question que se posent nombre de nos concitoyens.) Voilà encore l’un des éléments génrateur de stress.

                  Et s’il suffisait d’aller vers l’autre, de se préocccuper plus de ce qu’il attend que de ce que nous attendons et en échange de formuler ses propres attentes. Serait-ce de l’utopie d’imaginer une société dans laquelle les individus apprendraient réellement ce que veut dire communiquer. J’ai dit.


                  • Popitof 26 février 2008 12:55

                    Le stress est un véritable fléau et votre approche est effectivement intéressante. La distorsion dont vous parlez m’interpelle car c’est une distorsion encore plus grande qui existe au Japon et on sait à quel point les conséquences sont dramatique dans ce pays : le taux de mortalité par suicide s’envole et la confiance en l’avenir de la jeunesse totalement effondrée. Il serait intéressant que dans un texte à venir, vous développiez cet aspect.


                    • Dolores 27 février 2008 19:47

                      Il fut un temps, pas si lointain, où l’on pouvait être fier du travail que l’on avait accompli.

                      Aujourd’hui, personne ne peut être satisfait de son travail : il y a toujours quelqu’un pour dire que l’on aurait pu mieux faire, que la production est insuffisante, que c’est nul.

                      Autrefois on encourageait, aujourd’hui on dénigre pour stresser et, de cette façon, obtenir toujours plus,jusqu’à l’extrême limite pour certains.

                      On joue sur la fierté des gens pour les faire douter d’eux-même et de leurs capacités à accomplir leur tache. Ca marche effectivement très bien au Japon où ne pas "perdre la face" est extrêment important.

                      C’est une entreprise de déstabilisation constante pour "tirer le maximum" d’un individu qui sera toujours tenté de vouloir prouver qu’il est meilleur qu’on ne le prétend.

                      A quoi devons-nous cet abaissement perpétuel de la personne au travail ?

                      A des rapaces qui en tire profit en ne le laissant pas respirer et en le pressurant jusqu’à l’extrême limite.

                      Les temps modernes sont enchanteurs !

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