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Votre bébé reprendra bien un peu de bisphénol A ?

Et un scandale de plus, un ! Il concerne une population que les honnêtes gens imaginent à l’abri parce que représentant l’avenir de notre monde en même temps que ses habitants les plus fragiles : les bébés...

Pourtant, l’accusé porte bien un nom de coupable : le bisphénol A !

Bisphénol A, vous me direz, comment faire confiance à une substance qui se présente sous un patronyme pareil ?

La genèse de cette histoire remonte à l’année 1891 lorsque le Bisphénol A a été créé par le chimiste russe Alexandre Dianin, ex nihilo, comme œstrogène synthétique. Il a connu un parcours sans relief particulier jusque dans les années 50 où l’industrie a réalisé qu’il pouvait être utilisé pour la production de polycarbonates et de résines époxy, ceci permettant la confection de contenants alimentaires de toutes sortes.

En conjonction avec l’explosion des besoins en « plastique », il a été propulsé dans les tous premiers rangs de ces nouveaux matériaux à tout faire avec près de 3 milliards de tonnes produites l’an dernier pour les seuls Etats-Unis.

Il faut dire que ce bisphénol A n’est pas sectaire, il œuvre aussi bien dans l’alimentaire qui nous occupe aujourd’hui que dans les CD/DVD ou les lunettes !

Seulement, lorsqu’on y pense 3 minutes, un composé issu de phénol et d’acétone est-il compatible avec la santé humaine lorsqu’il s’agit de stocker des aliments ?

Nous arrivons au cœur du scandale qui menace de secouer les Etats-Unis puisque depuis plus d’une décennie le gouvernement fédéral et l’industrie chimique ont régulièrement assuré le bon peuple que le bisphénol A ne présentait aucun risque, notamment pour les bébés, sachant que la presque totalité des conteneurs (Biberons, bouteilles, petits pots, etc.) qui leur sont destinés en est composée...

Attention !

La liberté de la presse n’étant pas qu’un concept théorique chez l’Oncle Sam, le Journal Sentinel de Milwaukee s’est emparé de la question et a mené une véritable enquête pour découvrir que les experts officiels en charge de l’évaluation de la dangerosité du bisphénol A étaient « largement influencés par l’industrie chimique ».

Mais, le Journal Sentinel ne s’est pas arrêté là, grâce aux reporters Meg Kissinger, Cary Spivak et Susanne Rust, il a passé en revue 258 études scientifiques disponibles sur le sujet et a découvert que du bisphénol A avait été détecté dans les urines de 93 % des Américains récemment testés.

Plus grave, une immense majorité de ces études désignait le bisphénol A comme dangereux car provoquant : cancer du sein et des testicules, diabète, hyperactivité, obésité ainsi que divers problèmes de fécondité chez les animaux de laboratoire.

Le Journal Sentinel a été plus loin dans ses critiques des institutions de santé publique américaines en les accusant d’avoir systématiquement rejeté les études qui soulignaient les dangers du bisphénol A, rejet motivé par une méthodologie inadéquate pendant que celles qui étaient financées par l’industrie chimique trouvaient curieusement grâce à leurs yeux, bien que suivant la même méthodologie, comprenne qui pourra.

Certains exemples sont à peine croyables, les autorités avaient accepté une étude coréenne concluant à l’innocuité du bisphénol A, bien que traduite par l’industrie chimique et transmise par elle ; encore plus fort, aucune difficulté n’a été faite pour tenir compte de 2 études financées par General Electric (Ancien producteur de bisphénol A jusqu’à très récemment), bien qu’aucun comité scientifique n’ait pu les relire, ce qui est pourtant la règle d’or dans le milieu.

Toujours plus fort, des études contre le bisphénol A ont été rejetées sous prétexte que les doses concernées étaient trop faibles, mais celles positives aux mêmes doses ont été acceptées...

Pour mesurer l’impact de cette affaire, David Rosner, professeur d’histoire et de santé public à l’université Columbia, a tout simplement estimé « qu’elle minait l’autorité du gouvernement ».

Lorsque l’on sait que le bisphénol A est la matière première de la presque totalité des conteneurs destinés aux bébés et qu’il est aussi présent comme revêtement intérieur des canettes en aluminium pour sodas, on peut comprendre que de nombreux scientifiques aient trouvé pertinent de lier les effets constatés sur les animaux de laboratoire à l’augmentation des cas de garçons nés avec des anomalies génitales, à l’âge des premières règles qui ne cesse de s’abaisser ainsi qu’aux problèmes croissants d’infertilité chez les adultes.

Sans parler des cancers, de l’hyperactivité et de l’obésité déjà mentionnés.

Une scientifique est convaincue de tout cela, elle s’appelle Patricia Hunt de la Case Western Reserve University, son histoire vaut le détour.

En 1998, elle travaillait sur le lien entre l’âge de la mère et la trisomie 21 (Down syndrome) et a constaté un jour que l’ensemble de ses souris de laboratoire présentait des anomalies chromosomiques, même celles qui n’avaient pas été traitées !?

Les investigations menées par son équipe finirent par aboutir et la cause des mutations fut identifiée... les souris avaient léché leur cage qui était en polycarbonate, autrement dit en bisphénol A !

Des alertes ont été lancées par les scientifiques depuis plusieurs décennies, sans résultat jusqu’à présent, le gouvernement américain étant plus sensible aux milliards du bisphénol A qu’à la santé des citoyens américains.

Et au Canada ?

La désinformation est mondiale car voilà ce que l’on peut trouver sur le site Plastics.ca (les fautes d’orthographe du texte original ont été conservées) :

« Plus de quatre décennies de recherche approfondie sur la sécurité du bisphénol A démontre que les produits de consommation fait avec cette substance sont sécuritaires pour leur utilisation prévue et ne constituent pas un danger pour la santé des consommateurs.


Certains tests en laboratoire ont révélé que des petites quantités de bisphénol A pourraient migrer à partir d’un produit d’emballage, mais à des taux très inférieurs aux seuils de sécurité établis par les organismes gouvernementaux.

Après avoir réalisé une étude basée sur un faible échantillon (14 souris), un chercheur de l’université du Missouri a suggéré que l’exposition à de petites quantités de bisphénol A pouvait avoir des effets néfastes sur les souris, mais aucun autre chercheur n’a pu valider ces résultats en répétant l’expérience. Dans les derniers mois, quatre études provenant de trois laboratoires différents, utilisant un échantillonnage de plus de 600 souris ou rats, n’ont pu démontrer quelque effet néfaste sur les animaux de laboratoire en étant exposé à des doses inférieures, égales ou supérieures à celles de l’étude de l’université du Missouri. Deux de ces études ont répété rigoureusement la méthodologie utilisée dans l’étude de l’université du Missouri.


Au Canada, la direction générale de la protection de la santé de Santé Canada a conclu que l’exposition des consommateurs au bisphénol A contenu dans les matières d’emballage ne présentait aucun risque pour la santé, et ce d’après ses évaluations des données présentement disponibles. »

A propos, votre bébé, il en pense quoi du bisphénol A ?

Documents joints à cet article

Votre bébé reprendra bien un peu de bisphénol A ?
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Santé

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Les réactions les plus appréciées

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    Par jako (xxx.xxx.xxx.164) 18 janvier 2008 10:33

    Bonjour Thirqual je ne suis pas spécialiste mais tout est chimie sur ce point vous avez raison sans aucun doutes mais je pense que le principal dans l’article est le fait (si c’est avéré) qu’il y a désinformation sur un produit "dangereux" .

  • vote :
    Par thirqual (xxx.xxx.xxx.64) 18 janvier 2008 10:28

    Votre article serait excellent s’il ne comportait cette phrase "Seulement, lorsqu’on y pense 3 minutes, un composé issu de phénol et d’acétone est-il compatible avec la santé humaine lorsqu’il s’agit de stocker des aliments ?" qui est problématique. En chimie orga, la formule chimique des composés de départ n’a que très peu d’influence sur la nocivité du composé final (à moins qu’on y mette des métaux, mais là on risque de partir un peu loin). Le nylon est produit avec des diamines, produits assez peu sympathiques. Gras + base (genre des cendres) ? ben on fait du savon ! A partir du glycérol du savon, en prenant de l’engrais, ou du salpètre, ou la partie azotée de cendres, on peut produire de la nitroglycérine. À partir de bois, d’eau et d’air, on peut synthétiser du phénol et de de l’acétone, et à partir d’acétone et de phénol, on peut produire du carbone, de l’eau et de l’oxygène.

    Encore une fois, le gros bon sens nous trahit.

     

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    Par thirqual (xxx.xxx.xxx.64) 18 janvier 2008 11:50

    Relire le début de mon commentaire " cet article serait excellent patati patata".

    Au vu de ce qu’il a écrit, le produit est plus que douteux, et il est indispensable de le faire savoir. Cependant, l’auteur dit, pour arrêter de prendre des pincettes, une connerie. C’est pas de sa faute, il a pas forcément fait de chimie. Une telle erreur lui coûte de la crédibilité, il est donc d’autant plus important de la pointer du doigt, et de donner des contre-exemples, que l’on soutient sa démarche, parce que cela peut servir de levier aux critiques qui n’apprécieraient pas le reste de l’article.

    Le ton "condescendant", désolé si ça peut être perçu ainsi, mais tu me fais un faux procès sur le reste.

    Et pour le "gros bon sens", j’insiste, c’est un traître. L’utiliser, surtout en sciences, c’est se préparer à tomber de haut.

     

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    Par geo63 (xxx.xxx.xxx.204) 18 janvier 2008 11:38

    Le danger présenté dans cet article me paraît véritablement à prendre en considération. Pour une information scientifique on peut se reporter par exemple à la base de données www.ncbi.nlm.nih.gov/Pubmed, taper ensuite bisphenol A dans la case "for". Il y a 4456 références répertoriées (les plus récentes datent de 2008). Les articles ne sont pas accessibles, mais les résumés sont déjà très informatifs. L’une des toutes premières pub (n°9) émane d’un labo du CNRS à Lyon spécialiste des dosages de traces organiques, elle indique que dans les traces les plus couramment rencontrées dans les eaux étudiées, il y a du bisphenol A. Je dis cela parce que j’en ai marre du mépris affiché vis-à-vis des chercheurs et encore je pèse mes mots.

    chercheur retraité

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