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Vous n’êtes pas allergique à la poussière, vous êtes allergique aux acariens

Les maladies allergiques, en particulier respiratoires (rhinite, asthme) sont très fréquemment dues à une allergie aux acariens. Elles se manifestent plus facilement en fin d’été et début d’automne, mais les acariens peuvent sévir toute l’année sous les climats tempérés. 30 % de la population de ces contrées sont sensibilisés aux allergènes d’acariens.

Docteur Isabelle Bossé, médecin allergologue et présidente de l’ARCAA (Association de Recherche Clinique en Allergologie et Asthmologie) et du SYFAL (Syndicat Français des Allergologues) (http://www.arcaa.info/)

Qui sont les acariens ? il en existe 50 000 espèces, dont les acariens dits domestiques qui contaminent la poussière de maison. Ce sont des acariens dits « pyroglyphides » qui nous concernent le plus dans nos régions humides et tempérées. En effet, ils requièrent pour se développer des conditions de température (de moins 15 à plus 40 °), d’humidité (60 à 80 % d’humidité relative) et une nourriture faite de squames cutanées, de moisissures, de résidus alimentaires.., toutes conditions réunies sous nos latitudes.

Ce qui est encore parfois appelé « poussière de maison » contient en fait des acariens (surtout leurs déjections), des squames humaines et animales, des débris végétaux, alimentaires etc..parler d’allergie à la poussière de maison est une mauvaise terminologie, on doit parler d’allergie aux acariens.

Les plus impliqués dans les maladies allergiques de par leur fréquence sont : dermatophagoïdes pteronyssinus, euroglyphus maynei , dermatophagoïdes farinae, dermatophagoïdes microceras.

Ce sont des arthropodes (araignées) d’une taille de 250 µm, vivant sur des supports tels les tapis, moquettes, canapés, matelas. Leur développement est optimal entre 26 et 32 °, ce qui explique leur présence en quantités variables, en fonction de la saison, du chauffage etc..

L’humidité est un facteur capital dans leur survie, ils ne possèdent pas d’organe assurant leur apport en eau, ils la captent donc dans leur milieu environnant. Par ailleurs, ils ont besoin de moisissures comme substrat nutritif, qui se développent beaucoup plus facilement en milieu humide.

Les particules allergènes des acariens sont identifiées depuis une vingtaine d’années, on en dénombre plus de 20. La majorité sont des enzymes digestives que l’on retrouve dans les déjections, petites pelotes de 20 µm, à peu près la même taille qu’un grain de pollen. Leur petite taille leur permet de pénétrer l’arbre respiratoire et de provoquer les symptômes allergiques.

Les symptômes sont la rhinite (éternuements, nez qui coule, nez bouché) et/ ou l’asthme (oppression du thorax, sensation d’étouffement, toux, respiration sifflante). Les acariens peuvent également être responsables de symptômes moins « habituels » : infections respiratoires hautes et basses à répétition chez l’enfant, dermatite allergique.

Le diagnostic est posé sur l’interrogatoire minutieux du patient, sur son environnement, et grâce à des tests cutanés, indolores pratiqués chez un allergologue. Il pourra s’aider si nécessaire de tests biologiques par prise de sang.

Le traitement de la rhinite et/ou de l’asthme aux acariens est identique à celui des autres allergies respiratoires : traitement médicamenteux (anti histaminiques, gouttes nasales, oculaires, sprays pour l’asthme bronchodilatateurs et corticoïdes), et dans les cas qui le justifient, par désensibilisation ou Immunothérapie Spécifique ou Allergénique. Celle-ci consiste à « rééquilibrer » le système immunitaire, qui chez le patient allergique fonctionne de manière exagérée. Il faut pour cela en moyenne 3 ans. L’ITS peut être administrée sous forme de petites injections sous-cutanées, ou de gouttes sublinguales. Des comprimés sont en cours de développement.

Il est bien évident que pour donner toutes ses chances aux traitements de soulager, voire de guérir l’allergie, le patient doit entreprendre de minimiser les sources d’allergènes dans son environnement. Pour cela il faut éviter les tapis, moquettes, coussins, rideaux, bref limiter les « nids à poussière ». Les matelas seront de préférence en mousse type Bultex, et changés tous les 10 ans. L’aération doit être quotidienne de 20 minutes, le chauffage limité à 18° dans les chambres, l’hygrométrie contrôlée, la présence d’animaux domestiques évitée dans les chambres.

Toutes ces mesures s’accompagnent d’un entretien régulier, aspiration (aspirateur muni d’un filtre HEPA 12 ou 14), nettoyage des surfaces avec un chiffon humide, lavage des textiles à 60 ° si possible toutes les semaines (y compris les peluches), renouvellement régulier des oreillers…

Il ne faut pas négliger tout ce qui conduit à assainir l’air intérieur : pas de tabagisme, pas d’utilisations de bougies parfumées, encens, produits désodorisants etc.., il existe également des purificateurs d’air, mais on veillera à ce qu’il soit conforme et n’émette pas de produits irritants.

Cette rhinite allergique chronique, qui peut paraître banale, est en fait dès que les symptômes s’installent durablement une gêne quotidienne qui impacte sur la vie des patients : fatigue, troubles de la concentration, irritabilité, sont également les effets de cette pathologie.

 

Par ailleurs le risque d’évolution vers l’asthme concerne 1 personne souffrant de rhinite sur 3, il est donc indispensable de prendre cette pathologie en charge dès que les symptômes deviennent persistants et sévères.
 

Docteur Isabelle Bossé, cet article a été publié sur le site "allergènes contrôlés", site sur lequel vous pourrez trouver d'autre informations importantes sur les allergies.

 


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13 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 25 octobre 2013 13:31

    J’ai chopé mes premières allergies aux acariens à l’âge de 28 ans en partant vivre en Hollande, pays de la moquette et du tapis persan réunis. Crises d’éternuements à répétition, nez qui coule toute la journée, yeux qui pleurent, le calvaire. En rentrant en France, ça s’est un peu estompé mais pas totalement J’ai alors consulté à l’hôpital Rothschild qui m’a pour la 1ère fois révélé la nature de mon problème. Forte allergie aux acariens...

    J’ai fait une désensibilisation, qui n’a pas été convaincante. A la maison, j’ai en revanche supprimé tapis et moquette, je change les draps et taies chaque semaine et je passe l’aspirateur sur la literie régulièrement. Résultat, arrêt immédiat des crises. Cependant, si je dois séjourner dans un autre appartement moquetté et y dormir plus d’une nuit, inévitablement la crise revient. Tout cela pour dire qu’il faut comprendre que plus ces petites bêtes sont présentes, plus le risque de crise augmente. Si on prend soin de limiter la prolifération des petites bêtes, à défaut de pouvoir les éradiquer totalement, on peut s’en sortir plutôt facilement. 

    • Scual 25 octobre 2013 13:44

      Une solution au problème d’humidité dans les maisons est la vmi. Pas la vmc, mais bien la vmi.

      Elle est largement plus efficace que la vmc pour contrer la condensation qui est LA cause principale de l’apparition de moisissure qui est elle même LA cause principale d’une infestation par les acariens.

      Attention à ne pas attendre avant d’agir. Il est TRÈS difficile de se débarrasser des acariens. Dès que vous sentez un peu la moisissure quelque part chez vous ou que vous éternuez systématiquement au même moment de la journée, quand vous faites une certaine tache, ou que vous êtes à un endroit précis c’est déjà trop tard et il faut agir sans tarder. L’infestation est en plus très souvent sur des objets avec lesquels nous sommes énormément en contact, comme le lit, le canapé les vêtements etc...

      La situation peut dégénérer assez rapidement. Par exemple vous pensez que vous avez des petits problèmes d’humidité gérables que vous laissez trainer et que vous croyez gérer simplement en faisant plus souvent le ménage, et au moment où arrive la saison humide vers fin septembre, les problèmes augmentent à une vitesse exponentielle.

      N’hésitez pas à en parler à votre propriétaire si vous êtes locataire. Un taux d’humidité trop élevé fait partie des éléments rendant le logement insalubre et il a pour obligation légale de faire les travaux nécessaire. Ne vous laissez pas avoir par des arguments du genre oui mais vous laissez des tas de vètements ou vous n’ouvrez pas assez les fenêtres. Si la moisissure apparait, même si c’est derrière un meuble ou dans un tas de vêtement, c’est que le taux d’humidité de votre logement est au delà de la limite le rendant salubre.


      • doctorix doctorix 25 octobre 2013 17:52

        Le Dr Gernez proposait, plutôt que d’avoir à lutter contre les allergies, de les empêcher de survenir.

        Il semble qu’elles surviennent quand le nourrisson n’ pas rencontré dans les deux premiers mois de sa vie les poussières ou les organismes qui feront plus tard partie de son environnement. Pendant ces deux premiers moi, l’organisme reconnait son environnement et l’acceptera toute sa vie sans allergie, selon lui.
        Ensuite, il identifiera les éléments comme étrangers, et provoquera un rejet allergique à leur égard.
        Aussi, il proposait de faire un cocktail de tous ces éléments en recueillant des poussières dans l’aspirateur de la maison, plusieurs fois au cours de l’année avant la naissance, ainsi qu’autant de pollens qu’il est possible, et de lancer quelques pincées de ce mélange au dessus du berceau du nouveau-né.
        Il regrettait que l’hyper-hygiènisme qui préside aux naissances en milieu hospitalier très aseptisé empêche le mécanisme naturel d’identification de survenir, et imputait la progression des allergies à cet hyper-hygiènisme.
        Ca m’a paru interessant.
        Je ne dirai pas « l’hygiène, c’est comme l’environnement, ça commence à bien faire », mais quand même, on peut y réfléchir.

        • Yohan Yohan 25 octobre 2013 21:53

          N’importe quoi, vous êtes sûr qu’il est médecin celui là ? et vous ?


        • berry 25 octobre 2013 22:09

          pourquoi pas, plein de mammifères naissent bien dans un terrier, ça les empêche pas d’être en bonne santé.


        • doctorix doctorix 25 octobre 2013 22:51

          Gernez est sans doute l’un des plus grands médecins français, et peut-être du monde. C’est lui le découvreur des cellules souches, par exemple. Et sa méthode de prévention du cancer , si elle était appliquée, sauverait des millions de personnes.

          Parcontre, dans Yoann, il y a âne : ça ne peut pas être une coïncidence.
          Gernez aurait mérité au moins 6 prix Nobel de médecine.
          Mais ne cherchez pas à le comprendre : tout ça vous dépasse.
          Contentez-vous de cracher votre venin.

        • Yohan Yohan 26 octobre 2013 00:51

          C’est cela oui. Un mec suggère de jeter la poussière d’aspirateur au dessus du berceau du bébé pour le protéger des acariens. Manque plus qu’il propose de faire même avec du plutonium. mais bon si t’es vraiment médecin, j’imagine que t’as sûrement mieux à faire que de glander sur Agoravox 


          • wtm 26 octobre 2013 01:26

            Vous connaissez le mec qui un jour a suggéré que la Terre était O et non _________ ?
            Vous connaissez le mec qui un jour a suggéré qu’un jour on pourrait voler ?
            Vous connaissez le mec qui un jour a suggéré qu’on pourrait arrêter l’esclavage ?
            Vous connaissez le mec qui un jour a suggéré que etc, etc, etc ?
            A propos de poussière et de microscopie, vous connaissez Loïc Le Ribault ?


          • philippe913 26 octobre 2013 09:56

            ceci étant dit, les familles qui possèdent des animaux (donc plus de poussières et de saloperies qui entrent dans la maison) voient leur enfants moins sujets aux allergies que les autres.

            donc...


          • Yohan Yohan 26 octobre 2013 10:07

            Je pourrais facilement démonter ton argument « suggérer » mais j’ai pas le temps


          • doctorix doctorix 26 octobre 2013 10:28

            Merci wtm:c’est le problème des culs de plombs de l’intellect. Ces gens s’imaginent qu’il n’y a plus rien à écouvrir.

            Déjà, au miieu du 19èsiècle, ces paléolitiques du ciboulot estimaient que la science avait tout découvert. et que ce n’était plus la peine de chercher.
            C’est grace à ces rétrogrades que l’énergie du vide est en panne, et qu’on a perdu 20 ans dans la recherche sur la fusion froide.
            Par contre, ils soutiendront mordicus qu’il faut dépenser 17 milliards dans le projet Iter dont tout le monde sait aujourd’hui qu’il ne débouchera sur rien.
            Pour en revenir aux acariens, il est plus que probable qu’un contact précoce avec ces petites bêtes évitera à l’organisme de les considérer comme des ennemis pour la vie, et permettra de vivre en bonne intelligence avec elles.
            La science de Pasteur a vu des ennemis partout, alors que nous avons besoin de presque tous les micro-organismes qui nous entourent.
            On remarquera que la politique fait la même chose, avec la création de terroristes à partir de rien pour assurer la domination mondiale.
            J’avais tenté de publier un article sur ces 100.000 milliards d’amis que nous abritons, chacun d’entre nous,et qui commennçait ainsi :

            Ou sont-ils, direz-vous ?

            Sur vous, à l’intérieur de vous, partout dans votre corps : et ces amis sont des bactéries, sans lesquelles vous ne vivriez pas une heure.

            Bien sûr, l’article a été rejeté par tous les yoann d’agoravox, parce que chacun le sait, les bactéries sont nos ennemies, qu’il faut combattre a coup d’antibiotiques, d’antiseptiques, etc..

            C’est le même principe en cancérologie, où l’arme suprême est la chimiothérapie, la radiothérapie : tout ce qui tue, quand la solution d’avenir probable est la rééducation et la guérison de ces cellules malades.

            C’est en fait toute une philosophie moderne qui s’oppose à une conception archaïque de la médecine.

            @Philippe913

            Vous avez parfaitement raison. Je notais d’ailleurs dans mon article :

            C’est ainsi qu’aux Etats-Unis, les enfants hyper-protégés dès la naissance contre le moindre microbe sont devenus la population la plus fragile de la planète, et que les enfants de leurs bidonvilles sont bien plus résistants qu’eux à la maladie.

            On note aussi au passage que les USA ont le record de mortalité infantile des pays développés (6 pour mille de mémoire, contre trois chez nous) et on peut faire un parallèle avec leur record du monde de doses de vaccins par tête de pipe. 

            Mais ceci est un autre sujet tabou sur agora.


          • doctorix doctorix 26 octobre 2013 11:40

            Je voudrais ajouter à l’intention de Yoann que ces petits acariens ne sont pas belliqueux, ni animés de mauvaises intention à son égard. C’est son propre organisme qui les prend pour son ennemi personnel.

            Il n’y est bien sûr pour rien.
            Et il n’a d’autre solution que de les fuir ou de les détruire.
            Ces soixante premiers jours de vie au cours desquels l’organisme va apprendre à reconnaitre les éléments de son environnement futur sont capitaux : c’est l’occasion de lui présenter ses amis. Après, il fera preuve d’ostracisme.
            D’où le coup de l’aspirateur, le meilleur moyen de rassembler en une micro-prise un maximum de futurs amis : on ne peut pas être favorable aux vaccins et ne pas comprendre cela (j’y suis pour ma part formellement opposé, parce que la porte d’entrée sous-cutanée n’a rien de naturel, et qu’on en profite pour introduire des toxiques dans l’organisme, tous plus dangereux les uns que les autres).
            Attention, il ne s’agit pas de s’opposer à une hygiène normale : Semmelweiss a bien montré que les mains sales des accoucheurs étaient la cause des fièvres puerpérales ; mais il s’agit là de plaies ouvertes, comme en chirurgie. Par contre, le bébé est « étanche ».Il est prêt à ces rencontres normales et salutaires.
            La modernité a mis un terme à ces contacts féconds en bénéfices. Et c’est ce qui fait que Yoann a si mauvais caractère.    

          • PierreGoett PierreGoett 29 décembre 2013 09:33

            Cette vision du phénomène allergique est préhistorique et se trompe de focale.

            Ce n’est pas l’allergène qui est « le problème », mais le sujet lui-même.
            Dans le lignée de « le microbe n’est rien, le terrain est tout », c’est la bonne santé immunitaire
            du sujet qui le prémunit efficacement de toutes les petites particules qui peuvent entrer dans l’appareil respiratoire.
            A tout vouloir nettoyer, assainir, stériliser, on se trompe grossièrement de cible,
            et on construit un environnement appauvri.
            Le clé réside dans une bonne santé immunitaire, donc nutritionnelle et psycho-affective,
            mais ça, bien sur, ne se « traite » pas par 3 conseils et 2 gélules...

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