Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > « 1336 », ou le renouveau des « Fralib »

« 1336 », ou le renouveau des « Fralib »

Après 40 mois de lutte et de nombreuses actions pour protéger leur emploi et leur outil de travail, les anciens salariés de Fralib, filiale du groupe néerlandais Unilever, ont réussi leur pari : monter une Société coopérative ouvrière. Depuis le 25 septembre 2015, ils distribuent leur propre production de thés et d’infusions...

JPEG - 71.6 ko
La gamme des thés et infusions « 1336 » (photo Boris Horvat / AFP)

Le 28 septembre 2010, le ciel tombait sur la tête des ouvrières et des ouvriers de Fralib, entreprise productrice des marques de thé et d’infusions Lipton et L’Éléphant : le géant néerlandais de l’agro-alimentaire Unilever, venait d’annoncer la fermeture définitive du site de Gémenos (Bouches-du-Rhône). Objectif : délocaliser l’activité en Belgique et en Pologne afin de réduire le nombre de sites industriels en vue d’optimiser les profits et de mieux rémunérer les actionnaires du groupe.

Conséquence de cette décision : la suppression de 182 emplois sur le site provençal, dont une cinquantaine de postes tenus par des salariés déjà délocalisés d’une usine normande du groupe en 1998 ! Inacceptable dans un contexte de chômage important de la part d’une entreprise parfaitement rentable, et a fortiori d’un groupe aux juteux profits planétaires. Une décision d’autant moins acceptable que la marque L’Éléphant – née à Marseille en 1892 – était destinée au seul marché français ! Comble de l’indécence, le groupe Unilever allait réaliser cette année-là un chiffre d’affaires de plus de 44 milliards d’euros et dégager un bénéfice de près de 5 milliards d’euros !

La destruction de 182 emplois allait-elle être entérinée sans grande opposition par un personnel fataliste, appelé à accepter sans sourciller la prime de licenciement accordée par l’entreprise ? C’était compter sans la volonté de survie de l’unité de production par les salariés de Gémenos. Très vite, ces ouvrières et ces ouvriers courageux sont devenus « les Fralib » : des héros symboliques d’une lutte contre les pratiques déshumanisées d’un patronat cynique, soucieux des seuls intérêts de ses dirigeants et actionnaires, dans une totale indifférence au sort des familles menacées de précarité.

Entre l’occupation de l’usine dès le 2 septembre 2011 – avec surveillance constante des machines pour prévenir toute tentative de déménagement – et les actions externes, notamment auprès des autorités et sur les sites de la grande distribution, les Fralib n’ont jamais cédé au découragement, malgré la puissance du groupe néerlandais et les inévitables moments de doute induits par cette lutte disproportionnée du pot de terre contre le pot de fer. Dans le même temps, les patrons du groupe Unilever ont dû faire face à une détermination sans faille au plan administratif : par trois fois, les Plans de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) présentés par la Direction ont été rejetés par la Justice française.

À aucun moment, les salariés de Fralib, regroupés sous la bannière d’une intersyndicale CGT-CGC, n’ont cru pouvoir amener Unilever à renoncer totalement à son projet de délocalisation. L’objectif des Fralib n’était pas là : de manière plus pragmatique, il consistait à obtenir des dirigeants du groupe la cession de la marque L’Éléphant dans le cadre d’un projet de reprise de l’activité à Gémenos.

Malgré la pugnacité des négociateurs, il n’a pas été possible de garder la marque. Dès lors, fallait-il jeter l’éponge et abandonner tout projet de pérennisation d’une production locale de thés et infusions ? C’eût été compter sans la remarquable opiniâtreté des salariés de Fralib. Certes, la majorité d’entre eux a choisi de partir au fil des différentes étapes du conflit après avoir reçu les indemnisations de licenciement proposées par Unilever. Mais les autres ont résisté en optant pour un pari a priori très risqué : reprendre à leur compte l’activité de production dans le cadre d’une Société coopérative de production en mutualisant les sommes perçues du groupe néerlandais.

 

3 ans et 124 jours de lutte 

Le lundi 26 mai 2014 au matin, Unilever signait l’accord de fin du conflit. Au terme d’un âpre combat social de 1336 jours, la multinationale cédait quasiment sur tous les points : 1) outre les indemnités légales de préjudice, elle octroyait 100 000 euros à chacun des 76 salariés encore en lutte ; 2) elle acceptait de vendre les machines – d’une valeur d’environ 7 millions – pour 1 euro symbolique ; 3) elle s’engageait à remettre en état l’outil de production ; 4) elle versait une provision de 1,5 million d’euros en vue d’alimenter le fonds de roulement de la SCOP.

Au total, Unilever a lâché 19,3 millions d’euros en versements divers ou en cession de valeurs comptables industrielles. Une goutte d’eau dans l’océan des profits du groupe. Mais une somme sans laquelle la Société coopérative de production n’aurait pu se développer. Encore fallait-il finaliser le projet et s’assurer de la mutualisation des indemnités afin de constituer le capital de l’entreprise. Tout cela a demandé du temps, des efforts, de la volonté et de l’imagination. Mais il était écrit que la détermination l’emporterait sur les obstacles...

C’est ainsi que le mardi 26 mai 2015, un an jour pour jour après la capitulation d’Unilever, les 57 fondateurs de SCOP-TI (Société coopérative ouvrière provençale de thés et infusions) présentaient aux médias les deux marques de l’entreprise : « 1336 », en hommage à la longue lutte des ex-Fralib, et « Scop-TI », l’une destinée aux différentes enseignes de la grande distribution, l’autre aux magasins bio (Biocoop, Naturalia, La Vie Claire) et lieux de vente alternatifs. Après les actionnaires, place aux « sociétaires ouvriers » !  

Place également à une réforme spectaculaire de la grille des salaires. Réunis en Assemblée Générale, les 57 sociétaires ont acté la mise en place d’une grille hiérarchique simplifiée de trois catégories de personnel (cadres, agent de maîtrises, opérateurs), mais surtout un écart des rémunérations allant de 1 à 1,3 alors qu’il dépassait les 1 à 200 au sein du groupe Unilever !

C’est dans ce cadre administratif inédit pour le personnel de la toute neuve SCOP-TI que la production a été mise en route en revenant à une aromatisation naturelle des infusions abandonnée naguère par Fralib. Autre point important : SCOP-TI s’est engagée à privilégier les fournisseurs régionaux de matière première en les rémunérant au-dessus des prix du marché dans le cadre d’une relation commerciale équitable.

Le vendredi 25 septembre 2015, les premiers sachets issus de l’usine SCOP-TI de Gémenos étaient proposés à la dégustation et mis en vente dans l’hypermarché d’Aubagne. Progressivement, ils ont été mis en rayon dans les différentes enseignes de la distribution locale, puis dans les régions voisines. À terme, c’est l’ensemble du marché français de la grande distribution et des franchises bio qui est visé par les sociétaires de l’entreprise. Et l’on se prend à souhaiter que nos compatriotes amateurs de thés et d’infusions deviennent des inconditionnels des produits référencés SCOP-TI. Pas seulement par solidarité citoyenne, mais également par reconnaissance de la qualité des thés et infusions de la marque. À cet égard, aucun doute : les consommateurs plébiscitent la marque sur le web. Il est même probable que la plupart d’entre eux ont adopté la devise apposée par les sociétaires de SCOP-TI sur les paquets d’infusions : 1336 : « Éveille les consciences, réveille les papilles » !

Au-delà de l’aspect gustatif, le mot de la fin revient à Gérard Cazorla, président de la SCOP-TI. Lors d’une interview au micro de France-Info, il a déclaré ceci : « On a éliminé ce qui est nuisible dans nos sociétés, la rémunération des actionnaires […] On n’a pas besoin de rémunérer des gens qui décident de notre mort du jour au lendemain. » Puisse cette forte parole être méditée partout sur le territoire de notre pays !

JPEG - 48.6 ko
Gérard Cazorla, président de la Scop (photo France-Info)

JPEG - 59.9 ko
Des sociétaires de SCOP-TI (photo Ulule.com)


Moyenne des avis sur cet article :  4.81/5   (21 votes)




Réagissez à l'article

133 réactions à cet article    


  • sarcastelle 11 février 08:27

    La SCOP est la plus morale des formes de société ! On ne peut que l’encourager. 


    • Fergus Fergus 11 février 09:12

      Bonjour, sarcastelle

      Entièrement d’accord avec vous.

      Toutefois, il y a une limite à l’exercice : chacun des sociétaires ouvriers doit être en mesure d’apporter sa participation financière, ce qui exclut a priori nombre de travailleurs.

      Mais a priori seulement car rien n’empêche une Scop d’embaucher des ouvriers comme salariés. Dès lors, il se crée au sein de l’entreprise deux catégories de personnel à salaire égal, mais à droits différents.

      Il importe donc d’ouvrir aux nouveaux arrivants la possibilité d’intégrer le capital le moment venu s’ils le souhaitent. C’est en général ce qui se passe dans les Scop.


    • Trelawney Trelawney 11 février 09:20

      @Fergus
      Pour cela il existe un système efficace et en partie exonéré d’impôt : « la participation aux bénéfices ». Et c’est d’autant plus facile à mettre en place que c’est une SCOP.

      La rémunération des bénéfices se faisant en deux façons : en numéraire lorsque la salarié est détenteurs d’actions (dividendes) et en action lorsque le salarié n’a pas d’action. Dans le second cas les bénéfices servent à l’augmentation de capital et assurent la stabilité de l’entreprise


    • Fergus Fergus 11 février 09:34

      @ Trelawney

      Mieux qu’un commentaire de ma part, voici ce que nous dit Alternatives Economiques :

      « Contrairement aux sociétés traditionnelles qui répartissent comme elles l’entendent les bénéfices, les Scop sont soumises à un régime spécifique. Au minimum 16 % (et en pratique 45 %) des bénéfices sont transformés en « réserves impartageables », propriété de l’entreprise et non des associés. Ces réserves sont affectées aux investissements et au développement, mais sont aussi là pour les conjonctures difficiles. Au maximum 33 % (et en pratique 10 %) des bénéfices sont versés sous forme de dividendes aux associés. Ces dividendes sont facultatifs et relèvent du droit commun. Le reste, au minimum 25 % (et en pratique 45 %), est transformé en « part travail » ou en participation versée à tous les salariés (associés ou non). Facultative dans les entreprises de moins de 50 salariés, Scop y compris, la participation est présente dans la très large majorité des Scop. »


    • fred.foyn Le p’tit Charles 11 février 08:40

      Que c’est bon d’être Français et non Européen pour ne pas céder aux lubies de Bruxelles... !


      • Fergus Fergus 11 février 09:21

        Bonjour, Le p’tit Charles

        Il y aura certainement près de 3000 SCOP en France en fin d’année 2016. Mais il en existe également dans d’autres pays.

        L’Union Européenne n’a rien à voir dans la création et la vie des SCOP dans la mesure ou ces sociétés, gérées dans le cadre d’un modèle participatif par le personnel, ne sont pas moins des entreprises de droit commun, le plus souvent des SA ou SARL, parfois des SAS.


      • fred.foyn Le p’tit Charles 11 février 09:47

        @Fergus...Plus de 80% des lois viennent de Bruxelles il me semble..et les sociétés qui ferment un peu partout en zone Euro (comme en France) sont sous les dictats de Bruxelles ce qui permet aux SCOOP d’exister, car si elles ne fermaient pas, vos scoop n’existeraient pas il me semble..mais grâce à l’incompétence de Bruxelles elles existent il me semble.. ?


      • fred.foyn Le p’tit Charles 11 février 09:50

        @Le p’tit Charles... J’ai oublié de dire que malgré les scoop, le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter..bizarre non..ou enfumage de certain.. ?


      • Fergus Fergus 11 février 10:00

        @ Le p’tit Charles

        Vous avez, me semble-t-il, une vision faussée du monde des entreprises : L’UE n’interdit ou n’impose aucune des formes de société qui existent en France.

        Et l’UE n’impose pas non plus des règles fiscales communes. Faut-il plus d’UE sur le plan fiscal pour mettre un coup d’arrêt aux pratiques de dumping existant ici et là ? A chacun de se faire son opinion.


      • fred.foyn Le p’tit Charles 11 février 11:10

        @Fergus...On croit rêver..mais venant de vous ce n’est pas une grosse surprise.. !


      • Fergus Fergus 11 février 11:16

        @ Le p’tit Charles

         ????


      • Doume65 11 février 12:11

        @Le p’tit Charles
        « vos scoop n’existeraient pas il me semble »
        Le scoop, il est dans cette phrase ! smiley


      • fred.foyn Le p’tit Charles 11 février 12:57

        @Fergus...Toute la politique de la France (économique et sociale) est faîte en fonction de son appartenance à l’UE (comme tous les autres pays de l’UE), et doit respecter les normes de Bruxelles..Sinon expliquez moi ce que nous faisons dans l’UE et pourquoi Bruxelles nous retoque tout le temps.. ?


      • tonimarus45 11 février 18:17

        @Fergus— Egranigne t’on ’CETTE EUOPE’ et malgre l’evidence des propos de petit charles et de bien d’autres vous voila qui montez au creneau, l’europe pas responsable ???Prend t’elle des mesures pour s’opposer a ces delocalisations «  »scelerates" ????(( scelerates en ce qu’elles faisaient des benefices importants et pour les autres raisons que vous avez invoquees))


      • Fergus Fergus 11 février 19:00

        Bonsoir, tonimarus45

        « Prend t’elle des mesures pour s’opposer a ces délocalisations « scélérates » ???? »

        Non, hélas ! Et je le regrette tout autant que vous. Mais dans quel cadre agir ? Comment empêcher des entreprises d’aller voir ailleurs si l’herbe est meilleure, autrement dit si les profits ne sont pas plus importants ? Deux solutions à cette question : soit la sortie de l’UE et la fermeture des frontières ; soit un pas en avant vers une harmonisation des droits sociaux et fiscaux dans l’Union qui réduira à néant les tentations de dumping.

        Considérant que la première solution serait une catastrophe dans le contexte économique mondialisé qui, dans l’avenir, n’offrira de chances d’exister qu’aux blocs de taille suffisamment importante pour résister à la concurrence, c’est vers la deuxième option que va mon choix. Du moins en principe, car pour déboucher sur l’UE de mes attentes, il faudrait à l’évidence évacuer la clique libérale dominante au Conseil européen dans les instances de son bras armé, la Commission.

        Qui plus est, impossible de progresser efficacement à 28. D’où la probabilité de mise en place dans un avenir plus ou moins proche d’une entité européenne plus étroite au sein de l’UE, autour du noyau historique des 6 membres fondateurs...


      • tonimarus45 11 février 19:54

        @Fergus—’’’Non, hélas ! Et je le regrette tout autant que vous. Mais dans quel cadre agir ?’’’dites vous mais c’est aux institutions europpeennes a savoir dans quel cadre il faut agir ;mais malheuresement ce n’est pas a cette europe liberale et meme ultra liberale qui le fera,,,Alors essayez de reflechir et vous verrez la solution, compte tenu que CETTE EUROPE ne voudras jamais se reformer


      • Ar zen 12 février 15:11

        @Fergus

        Ni fiscales, ni salariales, ni sociales ! L’U.E a été pensée de cette façon, par des armées de juristes, de haut niveau, aux cours de nombreuses années, traité après traité. Personne aujourd’hui n’est plus en mesure de changer le TUE et le TFUE, qui ont regroupé en deux entités tous les traités précédents. L’article 48 du TUE requiert l’unanimité des 28 membres pour changer la moindre virgule de ces traités. En ce qui concerne les règles fiscales, le Luxembourg, les Pays Bas ou encore l’Irlande, ne voudront jamais rejoindre l’avis de la France. En ce qui concerne les règles sociales et salariales, les pays de l’Est profitent à fond du fossé qui les sépare dans ce domaine d’autres pays, comme la France (SMIC roumain 175€ mensuel). Ces pays ne seront jamais d’accords pour se mettre au niveau de la France, par exemple. Les multinationales, en localisant leurs unités de production dans les pays à bas coût de salaire et aux prélèvement sociaux minimes, tout en implantant leur siège social dans les pays les mieux disant du point de vue fiscal, retirent les marrons du feu. Ils augmentent leur marge et réduisent les dépenses pour le plus grand bonheur des actionnaires. Alors plus d’Europe, c’est à dire plus d’Union européenne, cela se passerait comment, à la demande de qui, puisque c’est le dumping fiscal, salarial et social qui a été mûrement réfléchi par le législateur européen, que c’est ce modèle qui a prévalu pour augmenter encore plus les bénéfices. Qu’imaginer un seul instant que cela n’a pas été voulu c’est insulter des juristes grandement qualifiés. Le stratagème a été mûrement réfléchi. Les pays sont dans la nasse, pris au piège, hormis ceux dont les structures industrielles et économiques correspondaient preque exactement au modèle aujourd’hui construit.

        Les Scop oui, de belles structures, à développer tant que l’on peut.


      • Fergus Fergus 12 février 16:13

        Bonjour, Ar zen

        Concernant l’Europe, je suis nettement moins pessimiste que vous : l’UE évoluera parce qu’elle y sera contrainte, sauf à risquer de disparaitre, ce que redoutent TOUS les membres de l’Union.

        Dès lors, l’unanimité des traités volera en éclats par la force des choses. Certes, ce ne sera pas pour bâtir une Europe sociale, mais pour assouplir des règles paralysantes qui ne cessent de faire monter l’hostilité des peuples. On devrait donc aller, tôt ou tard, vers une convergence nécessaire, et le plus tôt sera le mieux pour faire face aux enjeux environnementaux et démographiques. Je mise sur 10 à 20 ans pour voir les débuts d’une réforme, mais si la sagesse l’emporte, le processus pourrait aller plus vite.

        A cet égard, je vous invite à voir comment a évolué le secret bancaire en Suisse. Certes, il reste encore beaucoup à faire pour aller, dans ce pays et quelques autres au sein même de l’Europe, vers une réelle transparence. Mais des progrès tangibles et spectaculaires ont été accomplis alors que, alors sur la base des rapports entre états, c’était considéré comme impossible il y a de cela moins de 20 ans.

        Nous sommes d’accord sur au moins un point : les SCOP !


      • Ar zen 12 février 19:45

        @Fergus

        J’y pense, je ne vous ai pas remercié pour votre article. Alors c’est le moment de le faire. Des réussites comme celle objet de votre article, il faut espérer ardemment qu’elle aille loin et que l’expérience se renouvelle.

        En ce qui concerne l’U.E, ce qui me chagrine le plus, c’est qu’elle s’est montée sur une propagande éhontée. Nous trouvons sur internet de nombreuses vidéos de personnalités très diverses qui indiquent, dans les années 90 voire 2000, que l’Union européenne sera le plein emploi, la croissance, une marché ouvert, la paix. Nous avons le recul suffisant pour nous rendre compte que cette propagande était une sacrée fumisterie. Il ne s’est rien produit de tout cela. Au contraire, la France s’est désindustrialisée à la vitesse grand V, les délocalisations ont été bon train. Depuis le traité de Lisbonne les choses s’accélèrent encore.

        Alors, très objectivement, et j’ai cherché vraiment cherché, je me suis posé la question de savoir qu’elle était l’intérêt de la France à être associée, avec les même règles écononomiques, avec 27 autres pays ? Parce que la France, en dehors de l’UE, peut toujours passer des traités internationaux, bi-latéraux, multi-latéraux et construire des coopérations internationales avec qui elle le souhaite. Alors pourquoi l’UE ? Le grand mensonge c’est de dire que c’est pour faire contrepoids aux grandes puissances que sont les USA, la Russie, la Chine. Mais c’est encore un sacré mensonge. Pourquoi ? Parce que les entreprises de l’UE, les multinationales de l’UE, les grands groupes de l’UE, ne s’associent pas entre eux pour contrecarrer les mutinationales des autres grandes puissances. Je ne vais pas donner ici les exemples mais ils sont nombreux. Je cite Renault. Ce groupe s’est associé avec le Japonais Nissan pour faire être plus fort tandis que le groupe Daimler s’est associé avec un autre Japonais Mitsubishi pour être aussi plus fort. Cela n’a aucun sens. Aucune règle européenne n’envisage que des groupes de l’U.E doivent s’associer entre eux. Ils sont totalement libres de faire ce qu’ils veulent, comme ils le veulent.

        Il n’y a d’ailleurs pas d’exemple de réussite de groupes industriels de l’UE qui se seraient associés pour faire concurrence à un groupe US ou Russe ou Chinois. Mais à force de le répéter le pauvre peuple a fini pour y croire. Mais si on l’interroge il est incapable de dire pourquoi il faut s’associer avec les même règles économiques avec 27 autres pays et énoncer les bénéfices, réciproques, de cette affaire. C’est une très belle manipulation.

        Par conséquent Fergus, trouvez moi une ou deux raisons, tangibles, qui font que l’Union européenne est une bonne idée. Moi, j’en connais strictement aucune. Tout ce que je vois c’est la désolation et la destruction organisée de l’industrie française, de l’industrice textile, de l’industrie automobile. Alstom, joyau français, vient d’être racheté par un groupe Américain. Le groupe Lafarge a été vendu à un groupe Suisse. Nous parlons ici de deux groupes du CAC 40 et ceci en 2015 ! C’est totalement dingue de penser que nous essayons de faire le poids alors que nous partons totalement à la dérive. L’U.E n’a pas servi du tout la France et, bien au contraire, la conduit vers la ruine. 2ème à l’IDH en 1995, notre pays a regressé à la 22ème place ! Pourquoi faudrait-il qu’une commission européenne, des commissaires européens soient plus compétents que des élus et des ministres français ? Pourquoi les règles qui conduisaient la France étaient-elles plus mauvaises que celles que nous impose l’UE ? C’est une grande curiosité et nous voyons les résultats !

        Par ailleurs, lorsque l’on sait qu’il n’y a, sciemment, aucune harmonisation fiscale, salariale ou sociale, c’est « open bar » pour les multinationales. Effectivement, de leur point de vue, l’UE c’est une véritable réussite. Regardez un peu comment fonctionne une multinationale comme Unilever.

        Je vous demande, avec la plus grande sincérité de me dire en quoi l’UE est une chance pour la France. Dîtes le moi parce que je ne comprends pas votre position.


      • Fergus Fergus 12 février 19:56

        @ Ar zen

        « en quoi l’UE est une chance pour la France. »

        L’UE est une chance pour tous les pays d’Europe eu égard à leur grande proximité culturelle.

        Le problème est que l’économie libérale, appuyée sur la prédominance des intérêts commerciaux, a pris le pas sur cette proximité culturelle et sur les progrès sociaux qui auraient dû être les principaux moteurs de l’Union Européenne telle qu’elle a jadis été rêvée par Hugo et telle que je la souhaite encore pour les années à venir.

        Je suis fier d’être français, et je veux pouvoir un jour être aussi fier d’être européen, eu égard à la grande proximité que je ressens avec nos voisins.

        Mais ce n’est pas gagné... smiley


      • Trelawney Trelawney 11 février 09:09

        1336 c’est pas mal trouvé comme marque. C’est facile à retenir, ca parle des bouche du Rhône et c’est symbolique. Reste plus qu’à relayer cela dans les médias pour en faire un succès commercial

        Bienvenu à toutes ces personnes qui vont gouter aux joies de l’entreprise, car dans une entreprises qui n’est pas affiliée à un groupe financier et même quand c’est la crise, il y a plus de joie que de souffrance


        • Fergus Fergus 11 février 09:29

          Bonjour, Trelawney

          « 1336 », c’est le nombre de jours de lutte, mais cela commence effectivement par 13, numéro du département où est implantée l’usine de SCOP-TI.

          « Reste plus qu’à relayer cela dans les médias pour en faire un succès commercial »

          D’où l’intérêt de cet article (à un niveau modeste), au delà de la narration d’une lutte sociale particulièrement emblématique et qui force le respect.

          « Bienvenue à toutes ces personnes qui vont gouter aux joies de l’entreprise »

          Certes, gérer une entreprise est une responsabilité pas évidente, eu égard à la complexité des procédures administratives et fiscales. Pour autant, il se crée environ 250 Scop par an, et le nombre des entreprises de ce type ne cesse d’augmenter. Cela semble être un bon indicateur de la viabilité de cette formule entrepreneuriale.

           


        • amiaplacidus amiaplacidus 11 février 11:24

          @Fergus

          Pouvez-vous aller plus loin et donner les références pour acheter ces infusions ?
          Je bois plus d’un litre et demi par jour d’infusions diverses alors, je suis très intéressé.


        • Fergus Fergus 11 février 11:38

          Bonjour, amiaplacidus

          On ne sont pas encore référencées partout dans la grande distribution (à ma connaissance, elles sont absentes des hypermarchés Leclerc), mais on peut les trouver sur le site web de maxicoffe.


        • Trelawney Trelawney 11 février 12:41

          @amiaplacidus
          http://www.maxicoffee.com/

          Si votre magasin n’en vend pas


        • alinea alinea 12 février 14:47

          @Trelawney
          Bouches du Rhône, et Front Populaire !!


        • Fergus Fergus 12 février 15:55

          Bonjour, alinea

          Bien vu !


        • Michel DROUET Michel DROUET 11 février 09:59

          Bonjour Fergus et merci pour cet article

          On ne peut qu’être admiratifs devant le combat mené et en même temps toujours se rappeler que l’avidité de quelques actionnaires est souvent à l’origine de licenciements de milliers de salariés et de leur déclassement social.


          • Fergus Fergus 11 février 10:02

            Bonjour, Michel DROUET

            Merci à vous pour ce commentaire. « L’avidité » des actionnaires est en effet devenu la plaie majeure du monde du travail, avec toutes les difficultés sociales, voire les drames, que cela peut engendrer.


          • Doume65 11 février 12:14

            « le pari a priori très risqué : reprendre à leur compte l’activité de production dans le cadre d’une Société coopérative de production en mutualisant les sommes perçues du groupe néerlandais. »

            Plus que risqué ! Comment une entreprise pourrait fonctionner sans au moins un dirigeant payé 200 fois ses employés et sans actionnaires à rétribuer ?

            Ces doux rêveurs devraient s’informer sur Le Monde pour savoir que c’est im-po-ssi-ble !


            • Fergus Fergus 11 février 12:42

              Bonjour, Doume65

              Eh oui, c’est ce que le patronat et ses relais dans la politique et les médias voudraient faire croire au peuple.

              C’est pourquoi les expériences comme celle de SCOP-TI doivent être médiatisées et suivies sur les réseaux sociaux et les sites d’information alternatifs. C’est l’objectif de cet article.


            • Musardin Musardin 11 février 12:23

              C’est marrant aucune réaction des deux fachos de service Rocla et Spartacus...

              En tant que voisin, amateur de thé et militant j’ai suivi leur combat et participé à plusieurs manifs et meetings avec eux.

              Ils ont été admirables de courage et d’intelligence.


              • foufouille foufouille 11 février 12:29

                @Musardin
                crassus range son duvet dans les toilettes de son aéroport. rocla est occupé à faire cuire les os de son dixième de poulet datant de dimanche.


              • Fergus Fergus 11 février 12:44

                Bonjour, Musardin

                Merci pour ce témoignage de participation au soutien des ex-Fralib dans leur lutte.

                « Ils ont été admirables de courage et d’intelligence » Absolument !


              • tonimarus45 11 février 18:23

                @Musardin— me contentant d’appeler ces deux «  »tartufes«  » des ’dechets d’humanite’ je n’avais pas ose aller jusqu’a « facho » ??mais vous avez raison « fachos » et de la pire espece.En lisant leurs posts indignes si il en est, je me demande qu’elle aurait ete leur attitude si ils avaient vecus a une periode particulierement sombre de notre histoire ????


              • tonimarus45 11 février 18:31

                @Musardin- ça y est ce que vous appelez les« fachos » sont arrives avec surprise avec « rocla »« faux cul de chez faux cul » (et certains s’y laissent prendre) et « spartacus » pareil a d’habitude


              • BOBW BOBW 12 février 09:43

                @foufouille : Tiens ,Rocla se farcit des « poulets » dans les manifs ??? smiley


              • Gillesdd Gillesdd 11 février 12:37
                Les chiffres 2015 ne sont pas encore connus, mais fin 2014 il y avait
                2222 scops et 408 scics pour respectivenment 47500 et 3300 salariés.
                La plus importante est ACOME 1435 salariés et 405M€ de CA consolidé (58% à l’export).
                Le libéralisme n’est pas la seule solution.
                Le plus dur est de convaincre une majorité de personnes de se prendre en main.


                • Fergus Fergus 11 février 12:48

                  Bonjour, Gillesdd

                  Merci pour ces informations. J’ai lu quelque part que le nombre des SCOP aurait dépassé les 2600 fin 2015, mais je n’ai pas mémorisé le site.

                  A suivre, avec beaucoup d’intérêt car la structure d’entreprise dominante qui privilégie de manière écœurante l’actionnariat au salariat n’est plus supportable.


                • foufouille foufouille 11 février 13:00

                  ça a pas l’air trop cher pour des thés en sachets. espérons qu’ils vendront en direct sur internet.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès