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Accueil du site > Actualités > Société > 1953 versus 2013 : paradoxe des conditions de vie

1953 versus 2013 : paradoxe des conditions de vie

Printemps 1953.

M. Meynadier, son épouse et ses deux filles - respectivement 12 et 8 ans - habitent dans un immeuble vétuste de trois étages dans le 13e arrondissement de Paris, non loin de la place d’Italie. M. Meynadier ne se plaint pas car cet immeuble est plutôt moins lépreux que ceux du voisinage. La cage d’escalier n’en est pas moins décatie et mal éclairée. Lorsque l’hiver s’est installé, la vétusté des huisseries laisse en outre passer des courants d’air glacés contre lesquels le poêle à charbon Godin peine à lutter.

M. Meynadier s’estime pourtant chanceux car il est locataire d’un trois pièces. Il dispose même, au sous-sol, d’une vaste cave où il peut stocker le charbon et le bois. Presque du luxe, comparé à de nombreux voisins et collègues, même si les deux chambres sont exiguës. Mais au moins ses deux filles ont la leur, de même que son épouse et lui. Petite également, la cuisine est équipée d’une vieille cuisinière Rosières mixte (charbon et bois), d’un garde-manger grillagé, d’un placard et d’une vieille glacière pour conserver l’été les aliments fragiles au contact d’un pain de glace ; dans un angle de la pièce, un évier en grès à bac unique. Attenante à la cuisine, une minuscule buanderie où sont rangés la lessiveuse et le vase de nuit ; ce dernier est toutefois réservé aux urgences et aux périodes de grand froid, priorité étant donnée aux WC collectifs à la turque de mi étage caractérisés par leur forte odeur de Crésyl. Les repas sont pris dans la salle à manger, équipée de meubles achetés en salle des ventes. On y mange en écoutant, sur le poste TSF Grammont, les aventures de La Famille Duraton et celles de Carmen et La Hurlette, les sympathiques héros de Sur le banc.

Le samedi matin est consacré à la grande toilette. On utilise pour cela la lessiveuse remplie d’une eau préalablement chauffée sur la cuisinière ; un paravent permet à chacun de disposer d’un minimum d’intimité. Une fois par mois, le quatuor Meynadier se rend aux bains-douches de la Butte-aux-Cailles, en regrettant de ne pouvoir y aller plus souvent en raison de la forte demande. Le samedi après-midi, la lessiveuse reprend du service pour remplir sa fonction naturelle : nettoyer le linge sale de la famille.

Le lendemain, vient le temps du marché. On s’y rend en famille. Tandis que les adultes font provision de légumes et de fruits tout droit venus des exploitations maraîchères de Seine-et-Oise, les filles s’amusent du numéro des bateleurs : un jour, un montreur d’ours ; un autre jour, un cracheur de feu ou un briseur de chaînes ; une autre fois, un dresseur de singes ou de chiens. Après le déjeuner du dimanche, les Meynadier se promènent. Le plus souvent, ils se rendent au Jardin des Plantes ou au Parc Montsouris, parfois au jardin du Luxembourg lorsqu’un orchestre d’harmonie est annoncé. Une ou deux fois par an, les Meynadier se rendent au bois de Vincennes  ; ils y louent une barque pour faire le tour du lac Daumesnil. Depuis 1951, les Meynadier vont deux ou trois fois par an au cinéma. L’année précédente, ils sont allés voir Manon des sources et Jeux interdits ; tous les quatre avaient les yeux humides en quittant Georges Poujouly et Brigitte Fossey.

De temps à autre, les Meynadier reçoivent. Cela se fait toujours le dimanche midi. Les invités, venus déguster le rôti de porc ou le civet de lapin sont des collègues de M. Meynadier, leur épouse et leurs enfants, de même qu’un cousin célibataire de Mme Meynadier, venu comme elle de sa Bretagne natale. Un passionné de football qui se désole des déboires du Racing Club de Paris et plus encore de la santé éclatante du grand rival : le Stade de Reims, bien placé pour décrocher le titre. Un passionné de vélo également qui, l’année précédente, a réussi à entraîner M. Meynadier au Vel’d’Hiv pour suivre les Six-Jours et assister à la victoire du duo belge Bruneel-Van Steenbergen.

M. Meynadier est coupeur chez un artisan maroquinier de la rue du Temple. Mme Meynadier fait, quant à elle, des ménages dans plusieurs appartements bourgeois du 5e arrondissement. Pour se déplacer, M. Meynadier préfère le métro et ce bon vieux matériel Sprague, en service depuis des décennies. M. Meynadier voyage toujours en 2e classe, dans un wagon vert bouteille, ses moyens ne lui permettant pas d’accéder au wagon rouge de la 1ère classe. Aux rames brinquebalantes et bruyantes du métro, Mme Meynadier préfère le bus, avec une prédilection, durant les beaux jours, pour les Renault TN4 ou TN6 à plateforme où un receveur muni d’un valideur ventral accueille les voyageurs.

Le temps des vacances venu, la famille se rend parfois en Bretagne, afin que les filles puissent voir leurs grands-parents maternels, épiciers dans une petite ville des Côtes-du-Nord, mais leur destination préférée est, en Auvergne, la ferme tenue par les grands-parents paternels et par le frère aîné de M. Meynadier. Faute de voiture, les voyages se font en train. C’est avec un grand plaisir que l’on voit défiler les paysages, les cheveux décoiffés par le vent qui s’engouffre par la fenêtre entr’ouverte. Un plaisir parfois gâché provisoirement lorsqu’une escarbille vient irriter l’œil ou lorsqu’un tunnel rabat la fumée émise par la locomotive à vapeur. Une fois en Auvergne, tout le monde s’entasse dans le vieux Dodge de récupération pour se rendre à la ferme. Là, selon ses moyens, chacun donne un coup de main aux travaux des champs, à la garde des vaches ou à la nourriture des cochons et des volailles. En cette année 1953, M. Meynadier est très excité car ses parents l’ont prévenu qu’ils viennent de remplacer la solide paire de bœufs Aubrac par un tracteur Massey-Harris acheté d’occasion. Vive le progrès ! M. Meynadier se voit déjà conduire la moissonneuse-lieuse au volant du tracteur. Vivement les vacances d’été…

 

Printemps 2013.

M. Perret, son épouse et ses deux fils – respectivement 11 et 9 ans - habitent dans un HLM de Vitry-sur-Seine. M. Perret ne se plaint pas car cet immeuble est plutôt moins souillé par les tags et les graphes que ceux des cités voisines. La cage d’escalier n’en est pas moins peu engageante et l’ascenseur donne des signes de fatigue. Lorsque l’hiver s’est installé, la vétusté des huisseries laisse en outre passer des courants d’air froids contre lesquels les radiateurs peinent à lutter, en dépit des travaux d’étanchéité effectués trois ans plus tôt par l’Office Public de l’Habitat.

M. Perret s’estime pourtant chanceux car il est locataire d’un quatre pièces. Il dispose même, au sous-sol, d’une cave où il peut ranger son petit mobilier usagé et toutes ces choses superflues que l’on accumule « au cas où ». Il dispose également devant l’immeuble d’une place de stationnement réservée où il peut garer sa Logan. Son appartement n’a rien de luxueux : il ressemble à peu de choses près à celui de ses collègues, pour la plupart logés en HLM. Mais au moins chacun de ses deux fils a sa chambre, de même que son épouse et lui. Fonctionnelle, la cuisine est équipée d’une cuisinière à gaz Indesit quatre feux, d’un grand placard, d’un réfrigérateur-congélateur Candy et d’un lave-vaisselle, également de marque Indesit, acheté en solde chez Promo Cash ; dans un angle de la pièce, un évier en inox à double bac est surmonté d’un chauffe-eau ELM-Leblanc. Attenante à la cuisine, une minuscule buanderie sert de séchoir à linge. La salle d’eau est équipée d’une douche. Les WC sont indépendants.

Le samedi est principalement consacré aux courses. Le matin, tandis que les garçons jouent sur leur Wii Nintendo ou envoient des SMS à leurs copains sur leur téléphone portable, M. et Mme Perret se rendent en voiture à l’Hypermarché Carrefour. Environ une fois par mois, ils vont également chez Picard pour renouveler le stock de plats surgelés, et chez Tang pour acheter des produits exotiques. Les Perret ne fréquentent quasiment plus le marché bi hebdomadaire, pas plus que les petits commerçants, le boulanger excepté, ainsi que le bureau de tabac lorsqu’il faut reconduire les grilles de Loto dans l’espoir de décrocher un jour le lot qui changera la vie.

Le dimanche est jour de loisirs. Après s’être usé les yeux sur leurs jeux vidéo, les garçons se rendent au stade ; tous les deux sont licenciés à l’ES Vitry section football, et c’est une excellente chose aux yeux de leurs parents car cela leur évite de traîner dans la cité en compagnie de Kevin et Idriss. De loin en loin, M. Perret et sa femme vont les voir jouer quand les rencontres ont lieu à domicile, particulièrement lorsque la météo est clémente. Le reste du temps, ils profitent de leur liberté pour sortir dans Paris, aller participer à un karaoké à Chinagora, ou se payer une toile aux Trois Robespierre.

De temps à autre, les Perret reçoivent. Cela se fait en général le samedi soir, le dimanche étant consacré aux repas en famille, soit à la maison, soit chez les parents de Mme Perret, à Malakoff. Les invités sont des collègues de M. ou Mme Perret, leur épouse et leurs enfants. On parle beaucoup de politique, en dénonçant les dérives libérales du Parti Socialiste et la tentation Front National manifestée par un nombre croissant de voisins, allergiques à la prolifération des commerces halal et des femmes porteuses de niqab, malgré les lois en vigueur. M. et Mme Perret sont résolument Front de Gauche et croisent les doigts pour que leurs compatriotes sortent enfin de leur léthargie politique. On parle également de football, et notamment du PSG, en condamnant les flots de fric du Qatar, cet état qui soutient sans vergogne les djihadistes du Sahel. Quant au cyclisme, gangréné par le dopage et les magouilles, il est l’objet de critiques virulentes, mais au contraire des Perret, la plupart de leurs amis continuent de regarder le Tour de France à la télévision.

Après avoir connu trois années de chômage et un début de dépression, M. Perret a retrouvé un job : il est électricien chez un artisan d’Ivry depuis deux ans. Mme Perret est hôtesse d’accueil dans une compagnie d’assurances installée à proximité de la Gare de Lyon. Pour se déplacer sans être trop gêné par les embouteillages, M. Perret utilise un scooter Yamaha, acheté d’occasion sur eBay. Mme Perret doit, quant à elle, combiner deux modes de transport pour se rendre à son travail : la ligne C du RER, puis la ligne 14 du métro ; elle possède un passe Navigo. Comparé à de nombreux collègues contraints matin et soir à de longs déplacements domicile-travail, les Perret ont conscience qu’ils sont privilégiés en termes de temps de transport.

Le temps des vacances venu, les Perret se rendent tantôt dans un gîte rural sommaire appartenant à des cousins paysans du Briançonnais, tantôt dans un centre Pierre-et-Vacances de Charente, grâce aux points cumulés par Mme Perret auprès du Comité d’entreprise de son employeur. En général, les garçons bénéficient de surcroît d’un séjour sportif en grande partie pris en charge par la municipalité. Cette année, ce sera un stage multisport. Les garçons sont impatients d’y être car l’école, c’est décidément « trop relou »…

 

Le paradoxe

1953. La famille Meynadier vit dans des conditions spartiates dans un habitat ancien dégradé. Mais c’est le lot commun des familles appartenant aux classes populaires. Certes, quelques immeubles de type HLM ont commencé à émerger ici et là, mais ils sont encore très rares. À toutes fins utiles, les Meynadier ont quand même déposé une demande à la mairie de Paris, mais l’employé ne leur a pas caché qu’il leur faudrait s’armer de beaucoup de patience avant de réaliser leur rêve.

En attendant, les Meynadier gardent un bon moral. Ils savent que, tôt ou tard, ils auront leur logement dans l’un de ces HLM où l’on dit que chaque appartement est équipé d’une baignoire-sabot, d’un WC privé, et même du chauffage central ! Et, qui sait ? peut-être disposeront-ils un jour d’un poste de télévision comme celui de M. Sabatier, le patron du café-charbon qui fait des recettes en or les jours de retransmission des évènements sportifs.

Les Meynadier sont d’autant plus confiants dans l’avenir que les filles sont sérieuses à l’école. Si elles continuent dans cette voie, elles décrocheront leur BEPC, voire leur baccalauréat. Tout leur sera alors possible, y compris entrer dans l’administration. M. et Mme Meynadier se prennent même à rêver de l’École normale d’instituteurs pour l’une des deux filles. Pas de doute pour eux : l’ascenseur social est en marche dans une société en progrès.

2013. La famille Perret vit dans des conditions correctes dans un habitat plutôt bien entretenu pour un quartier populaire de banlieue. Malgré leurs revenus modestes, les Perret disposent, dans leur appartement, d’un mobilier confortable et d’un équipement de bonne qualité tant en matière d’électro-ménager que de loisirs. 

Malgré cela, les Perret ont le moral en berne. Autour d’eux, les conditions de la vie en société se dégradent, à leur grand dam. Et les voitures brûlées au Nouvel an, ou les incidents entre communautés, ne sont évidemment pas de nature à embellir les perspectives d’avenir. Tel un fruit talé sur ce gâteau amer, le chômage ne cesse en outre d’augmenter ; quant aux salaires, ils stagnent quand ils ne baissent pas, du fait des mesures de flexibilité qui tendent à se répandre. Comble d’ironie, les médias ne cessent d’afficher le luxe dans lequel vivent les stars et les héritiers. 

Les Perret sont malgré tout assez confiants pour les études de leurs deux fils. Certes, les garçons affichent un désamour de l’école, mais c’est plus pour faire chorus avec leurs copains qu’en raison d’un véritable rejet. Confiants pour les études, les Perret le sont nettement moins pour la suite. Qu’adviendra-t-il de leurs gamins ? Quel que soit leur diplôme, feront-ils partie de cette génération que l’on dit vouée à un inexorable déclassement social ?

« Le vrai peut quelquefois n’être pas vraisemblable », écrivait Nicolas Boileau dans L’art poétique. Puisse le contraire se vérifier dans cet avenir auquel seront confrontés nos enfants !

 


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223 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 4 février 2013 10:17

    Votre article est intéressant 


    A mon sens en 1953 les espoirs et les perspectives d’améliorations étaient présentes en terme de confort et d’évolution des conditions de vie.

    En 2013 , nous sommes dans la situation inverse où nous avons atteint le maximum du confort , nos perspectives sont plus vers une dégradation des conditions de vie liés aux phénomènes humains et environnentaux 

    Philippe 

    • Fergus Fergus 4 février 2013 10:22

      Bonjour, Devphil.

      C’est précisément ce paradoxe que j’ai voulu montrer, non sous la forme d’un austère article sociologique, mais en mettant en scène deux familles appartenant aux classes populaires à 60 ans d’intervalle. En 1953, l’espoir dans l’avenir dominait très largement. En 2013, ce sont les incertitudes, voire l’inquiétude, malgré de formidables avancées en termes de confort domestique.


    • jmdest62 jmdest62 4 février 2013 15:51

      salut Fergus

      "...Le samedi matin est consacré à la grande toilette. On utilise pour cela la lessiveuse remplie d’une eau préalablement chauffée sur la cuisinière ;..."

      j’ai vécu cela à la fin des années 50 (souvenirs ! souvenirs ! ) effectivement , beaucoup se contentaient de l’essentiel et travaillaient à améliorer le confort de leur famille et l’avenir de leurs enfants.
      Vous auriez pu ajouter que Meynadier mettait depuis plusieurs mois de l’argent de côté pour réunir le pécule nécessaire à l’achat d’une télé d’occasion .....à cette époque là , dépenser l’argent que l’on avait pas était impensable ....maintenant avec le petit <bonhomme vert > c’est ce qu’on veut quand on veut !!! et jack-pot tous les jours !

      On est en train de redescendre petit à petit les étages de la <pyramide de Maslow>
      du Besoin d’accomplissement de soi on en est revenu aux Besoins de sécurité pour le plus grand nombre et aux Besoins physiologiques pour de plus en plus de gens.....

      est_ce que l’on arrive à la fin d’un cycle ? j’espère

      cordialement

      @+


    • Fergus Fergus 4 février 2013 17:27

      Bonjour, Jmdest62.

      Les Meynadier que j’ai connus n’en étaient pas encore à économiser pour la télévision. Chez nous, l’« étrange lucarne » n’est entrée qu’aux alentours de 1962. Notre vieil immeuble avait été démoli et nous avions été relogés 4 ans plus tôt dans ce HLM tant convoité. En 1958, il n’y avait qu’une locataire, infirmière à Cochin et veuve, qui possédait un poste dans l’immeuble. Nous nous retrouvions chez elle à 10 ou 12 gamins, entassés sur le parquet devant le poste pour regarder les épisodes de Cochise.

      Vous avez raison , nous redescendons la pyramide de Maslow, et c’est une calamité. C’est pourquoi, comme vous, je croise les doigts pour que nous vivions la fin d’un cycle.


    • Fergus Fergus 4 février 2013 17:29

      @ Jmdest62.

      A l’instant, il me revient en mémoire que la série de Cochise s’appelait « la flèche brisée ».

      Bonne fin d’après-midi.


    • jmdest62 jmdest62 4 février 2013 18:55

      @ fergus

      et « Rintintin »

      @+


    • Fergus Fergus 4 février 2013 19:49

      @ Jmdest62.

      J’avais complètement oublié Rintintin. Merci pour cette madeleine !

      Bonne soirée.


    • La mouche du coche La mouche du coche 4 février 2013 23:00

      @ l’auteur,

      Votre article s’inscrit en majesté dans un cercle très petit d’articles sur Agoravox : ceux qu’on lit jusqu’au bout.

      Franchement, bravo. Il est merveilleux en nous racontant pour une fois réellement quelque chose. smiley


    • Shawford Taubrouk 4 février 2013 23:04

      N’est ce pas Flying Zone smiley


    • Fergus Fergus 4 février 2013 23:18

      Merci, la Mouche.

      Votre commentaire me va droit au coeur. Je suis ravi que mon texte puisse trouver des lecteurs intéressés.

      Bonne nuit.


    • davideduardo davideduardo 5 février 2013 00:39

      j ai le meme sentiment en voyant croitre les sudaméricains ou les africains.


      Ils ont l espoir d un futur meilleur qui leur apporte une certaine joie de vivre.
      Nous avons vécu le modele qu ils veulent atteindre, alors que ce modele nous nous en éloignons chaque jour pour aller vers un futur incertain , mais surement moins confortable.



      En résumé, on pourrait dire que nous avons besoin de croitre pour etre heureux ?

      matériellement cela risque d etre difficile.....

    • Asp Explorer Asp Explorer 5 février 2013 08:07

      « Nous avons atteint le maximum de confort »

      ...quand on appartient aux 10% de français gagnant plus de 2200 € par mois...


    • Fergus Fergus 5 février 2013 09:03

      Bonjour, Davideduarto.

      Ce que vous décrivez se vérifie partout hors du monde occidental du Nord. Et si la solution pour l’avenir se trouvait dans une croissance mesurée, alliée à un retour aux fondamentaux des besoins de l’homme, à un rejet de cette écume dispendieuse initiée et encouragée par le marketing consumériste ?


    • Fergus Fergus 5 février 2013 09:10

      Bonjour, Asp Explorer.

      Tout est relatif, et cette notion de confort dépend fortement de la part des revenus affectée au logement. Entre les quartiers centraux des grandes métroples, et a fortiori Paris, d’une part, et les petites villes de province, d’autre part, les conditions de vie diffèrent considérablement. Même avec des revenus modestes, une famille peut vivre dans un relatif confort dans une agglomération de 15 000 habitants alors que, pour assurer l’essentiel, elle devrait rogner sur des postes importants de son budget dans une grande ville.


    • davideduardo davideduardo 5 février 2013 16:53

      asp explorer


      apparemment vous avez un ordinateur, vous avez surement aussi un portable, l eau courante, une television, chaine hifi, frigo, l electricité, des chiottes décentes, le sol et les murs de votre logement sont en dur (non en brique d adobe) et meme peut etre une voiture...

      alors vous voyez , meme en gagnant moins de 2200 euros par mois vous faites plusieurs milliards d envieux.

    • davideduardo davideduardo 5 février 2013 17:00

      revenir aux fondamentaux ?


      j entend bien, mais le probleme c est que la plupart des gens ne veulent pas des fondamentaux, au contraire il veulent toujours plus.
      comment croitre sans toujours plus de confort matériel ?
      Ne plus vouloir de croissance matérielle mais une croissance spirituelle ou intellectuelle

      c est l homme dans son essence qui devrait changer

      vaste projet....

    • davideduardo davideduardo 5 février 2013 17:03

      revenir aux fondamentaux ?


      j entend bien, mais le probleme c est que la plupart des gens ne veulent pas des fondamentaux, au contraire il veulent toujours plus.
      comment croitre sans toujours plus de confort matériel ?
      Ne plus vouloir de croissance matérielle mais une croissance spirituelle ou intellectuelle

      c est l homme dans son essence qui devrait changer

      vaste projet...

    • Fergus Fergus 5 février 2013 19:40

      Bonsoir, Davideduardo.

      Vaste projet, en effet.


    • LE CHAT LE CHAT 4 février 2013 10:36

      Salut Fergus ,
      j’ai lu avec plaisir ton article , il est vrai que les années cinquante voyaient les conditions s’améliorer après de longues années de pénurie , alors que celles que l’on vit actuellement les voient plutôt diminuer en raison de la crise et de l’effondrement du pouvoir d’achat ;
      à noter que le montant du loyer ne représentait que 15% des revenus contre 40% actuellement , la spéculation immobilière et le blocage des salaires pendant 3 ans dus au passage aux 35h sont une des raisons du malaise actuel .


      • Fergus Fergus 4 février 2013 10:52

        Salut, Le Chat.

        Au delà des difficultés nées de l’accroisssement du chômage et de la précarisation des emplois, tu as mis le doigt sur le problème majeur de notre époque : le coût de l’immobiler qui a entraîné des hausses sans précédent du montant des loyers, hausse dont les effets sont effectivement aggravés par la contraction des salaires.

        Le dernier rapport de la Fondation Abbé-Pierre traduit cette dégradation. Une situation inacceptable dans la 5e puissance économique mondiale où, malgré les richesses produites, le parc locatif social est dramatiquement insuffisant.

        Bonne journée.


      • escoe 4 février 2013 11:09

        > le blocage des salaires pendant 3 ans dus au passage aux 35h sont une des

        > raisons du malaise actuel .

        Quand le salarié français lit ça il rit pour ne pas avoir à en pleurer. Car la réalité est que les salaires réels sont en baisse depuis 1978.

      • Fergus Fergus 4 février 2013 11:13

        Bonjour, Escoe.

        Votre affirmation est contredite par les études qui mettent en évidence le temps de travail nécessaire pour acquérir des biens d’équipement domestiques ou une voiture.


      • Traroth Traroth 4 février 2013 16:42

        @Fergus : on ne vit pas que de biens d’équipement. D’ailleurs, vous le dites vous-même quand vous parlez de loyer. On pourrait ajouter la nourriture, l’essence, l’électricité, etc.


      • Croa Croa 5 février 2013 20:05

        «  Votre affirmation est contredite par les études qui mettent en évidence le temps de travail nécessaire pour acquérir des biens d’équipement domestiques ou une voiture. »

        C’est oublier que le standard de vie a changé !

        - Cette voiture plus facile à acquérir a créé un nouveau poste budgétaire et il est notable de voir que si la première famille modeste vivait en ville la seconde est en banlieue ! Pareil avec l’électricité qui en 1953 servait seulement ou presque à l’éclairage alors qu’aujourd’hui l’éclairage compte peu dans la consommation d’électricité.
        - à part ça il y a la nourriture qui coûte aussi moins cher sauf si on veut du comme autrefois, auquel cas c’est finalement plus cher que jamais et, en plus, introuvable si on n’habite pas une très grande ville !
        - Et l’exception à tout ça : Le logement ! Autrefois 1/5 du revenu des ménages modestes, maintenant carrément la moitié du revenu de cette catégorie de gens !


      • Jean-François Dedieu Jean-François Dedieu 9 mars 2013 06:08

        @ escoefergus. Tout dépend de ce qu’on compare et de ce qui est comparable. depuis 20 ans 10 points de productivité sont passés du salariat au patronat. Warren Buffett n’a-t-il pas exprimé que la lutte des classes existait et que les riches l’avaient gagnée ?
        Quant aux chiffres qui peuvent être triturés dans des sens diamétralement opposés, l’un d’eux précise qu’une voiture basique a vu son prix multiplié par 10,5 entre 1960 et 2010, la baguette de pain 12 fois... sauf qu’une voiture ça ne s’achète pas tous les matins.
        Moyennant quoi, d’après certains, il faut s’en contenter voire se résigner vu que le salaire minimum a été multiplié par 35 entre temps, ce qui ne pourrait que conforter ceux qui pensent que Buffett est un doux rêveur ! 


      • Fergus Fergus 4 février 2013 11:31

        Bonjour ; Lyacon.

        Merci pour ces souvenirs. J’ai moi aussi mangé du foie, mais également de la cervelle, lorsque j’étais gamin. Quant à la soupe, elle faisait quasiment partie dun quotidien, et pas seulement en hiver.

        Pour ce qui est des tickets de rationnement, sauf erreur de ma part, ils ont disparu en 1952.


      • jmdest62 jmdest62 4 février 2013 15:56

        salut lyacon

        « ...le dimanche du poulet.. » 
        c’est vrai ! je me rappelle , le dimanche on se payait un repas de « Bourge » et on se régalait

        @+


      • Croa Croa 5 février 2013 20:13

        C’était peut-être vrai en Alsace et nous te croyons.

        Toutefois dans les petites villes et village du Sud-Ouest c’était exactement le contraire  !

        Les enfants jouaient dans la rue, parfois sur la route (il y avait beaucoup moins de voitures qu’aujourd’hui) jusqu’à tard le soir en été. Impensable aujourd’hui !


      • COVADONGA722 COVADONGA722 4 février 2013 11:07

        yep Fergus désolant pas vrai d’etre de la premiere génération à savoir que la vie le monde et la société sera plus dure à nos enfants qu’elle ne fut pour nous .Nos parent savaient que le monde s’ameliorait nous savont que les temps sombres arrivent !!!!
        yep , de nos défaites .....
        Asinus : ne varietur


        • Fergus Fergus 4 février 2013 11:35

          Salut, Asinus.

          Eh oui, ce constat désole nombre des gens de notre génération. Naguère, il appartenait aux jeunes d’aider les personnes âgées à s’en sortir. Désormais c’est le contraire, et cette réalité a quelque chose de choquant.

          Gardons quand même espoir pour les jeunes. En une ou deux décennies, les choses peuvent évoluer très vite...

          Bonne journée.


        • il y a quand meme une grosse différence entre 1953 et 2013 : la pyramide des ages. 


          Elle explique le poids des prélévements sociaux et donc du chomage (les charges sociales rendent le travail peu qualifié non rentable).

        • Traroth Traroth 4 février 2013 16:56

          @Eleusis Bastiat : ce que vous dites concernant la pyramide des âges est vrai uniquement si on rapporte les les prestations sociales au nombre d’actifs qui cotisent. Mais si on les rapporte au PIB, on ne peut s’empêcher de remarquer que la plus grosse part du fric disparait sans jamais avoir été soumis aux dites cotisations.


        • Croa Croa 5 février 2013 20:21

          Eulesis se trompe complètement : Autrefois le prix était le prix et il n’y avait pas de mise en concurrences comme aujourd’hui. L’économie était locale et il y avait beaucoup d’artisans.

          Le problème c’est le libéralisme, pas les cotisations sociales !


        • Fergus Fergus 5 février 2013 23:13

          Bonsoir, Croa.

          D’accord avec vous sur ce point.


        • Tall 4 février 2013 11:28

          Notons aussi que Mr Meynadier est mort à 68 ans d’une crise cardiaque tandis que Mr Perret va encore passer ses vacances en Normandie à 82 ans.

          Rien que de ce point de vue là, à choisir, je préfère toujours l’avenir.

          • Fergus Fergus 4 février 2013 11:42

            Salut, Tall.

            Tu as raison de souligner cet aspect. A 65 ans, les gens étaient nguère des petits vieux usés alors que nombre d’octogénaires de nos jours sont en excellente santé, ce qui était rarissime dans les années 50.

            Cette différence de la forme physique, mais aussi de l’allure des personnes, est très bien symbolisée par la notion catholique d’« âge canonique » que devait avoir atteint une femme pour devenir bonne de curé sans que le prêtre soit l’objet de tentations liées au sexe. Cet âge canonique était de... 40 ans. Aujourd ’hui, la plupart des femmes sont encore très séduisante à cet âge !

            Bonne journée.


          • In Bruges In Bruges 4 février 2013 12:01

            Ouais,mais du coup Meynadier meurt bêtement noyé avec sa femme dans un superbe ferry des Croisières Costa qu’à voulu faire un coucou d’un peu près aux habitants de l’Ile de Grigio, en Italie.
            La vie n’est pas simple.


          • Fergus Fergus 4 février 2013 12:39

            Bonjour, In Bruges.

            Quelle que soit l’époque de référence, il y a toujours des victimes d’aléas.


          • Tall 4 février 2013 13:23

            Salut Fergus

            C’est bien simple : les dernières doyennes de l’humanité ont toutes dépassé les 110 ans..

          • Fergus Fergus 4 février 2013 13:40

            @ Tall.

            Même chez nous, avec la multiplication des centenaires à l’horizon 2050, Jeanne Calment pourrait un jour voir son record tomber. Mais le plus impressionnant est la forme tant physique qu’intellectuelle qui caractérise certains de ces centenaires. A cet égard, Robert Marchand a accompli un bel exploit récemment en parcourant à 101 ans une distance de 100 km à vélo, à 23 kmh de moyenne.

            Bonne journée.

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