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Accueil du site > Actualités > Société > 1960- 2010, 50 ans de banlieues, atro-cités ou mix-cité ?

1960- 2010, 50 ans de banlieues, atro-cités ou mix-cité ?

 
Les banlieues. Vaste sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis quelques années. Médiatisation à l’extrême, stigmatisation des habitants, rejet par beaucoup, abandon par les gouvernements successifs, illettrisme, drogue, criminalité, etc…. Comment en est-on arrivé là ? 
 
J’écris ce billet car je suis un peu fatigué de lire des commentaires et des articles qui parlent de la banlieue mais dont les auteurs n’ont jamais expérimenté cet environnement.
 
En 1960, après une année passée dans l’Ariège entre montage et ciel bleu, je me suis retrouvé avec ma mère dans une banlieue entre béton et bitume. Choc. Cinq H.L.Ms enchevêtrés, une école publique en plein centre, un bac à sable, tobogan, tourniquet. Pas de fleurs, pas d’arbres, façades blanches, béton, bitume, gazon ( ?) brûlé.
J’en ai pleuré. Du haut de mes 6 ans, j’étais assis sur le bord du bac à sable et en regardant le « magnifique » immeuble devant moi, j’ai éclaté en sanglots. Qu’est-ce que je foutais là ?
 
J’ai donc découvert les Habitations Latines Mélangées. (Clin d’œil à Astérix le Gaulois). On nous disait à l’époque que c’était bien car ça permettait de loger tout le monde. Pensez donc, le baby boom et les rapatriés d’Algérie, Maroc, Tunisie, fallait bien les loger quelque part. Quoi de mieux que les cages à lapins, issues de quelques cerveaux d’architectes torturés, dont les biens pensants des quartiers chics se gaussaient. « Le Corbusier, quelles lignes, quelles formes, et oui mon ami, c’est géniââââl….. »
Question génial, y’a pas photos. Cloisons en papier mâché, escalier de béton, caves lugubres, rampe d’accès en ferraille rouge vif, porte palière non sécurisée, super. L’environnement idéal pour une jeunesse épanouie.
 
Quand le voisin honorait sa femme ou sa maîtresse, j’étais aux premières loges. Quand il l’a giflait aussi. Le seul truc drôle, était le duel quelques années plus tard, entre mon voisin féru de Mireille Mathieu, et moi des Stones. C’était à qui ferait le plus de bruit, et je collais mes enceintes contre le mur juste pour lui rabattre son tourne disque. Ah mais, c’est qui le boss…. On n’avait pas, lui et moi, les mêmes valeurs…
 
Blague à part. J’habitais donc en face de l’école publique. Pratique. Pas besoin de courir. J’entrais dans une école aux murs froids, et quand je sortais je voyais d’autres murs tout aussi engageants. Bon. L’école s’est déroulé avec son cortège de rires, de pleurs, mais aussi avec les prémices de l’illettrisme. Un jour, avec les copains, on s’amusait à jouer à celui qui trouverait le plus de couleur différente, et un de la bande, a lancé, fier de lui « Tricolore ». Lui faisant remarquer que Tricolore n’est pas une couleur, il est resté hébété pendant quelques minutes avant de se rendre compte qu’il avait tort. Fils d’ouvrier, inculte, bon dernier à l’école, un laissé pour compte, mais devenu un caïd dangereux quelques années plus tard.
 
A l’âge de 11 ans, entré au lycée. Ce dernier, coincé au milieu d’une ZUP de 10 immeubles, était comme le reste. Insipide et sans saveur. Profs débordés et agressés, classe de transition (transition sur rien ou sur une voie de garage), loubards, bref ! Ambiance. Quotidiennement, les bandes de loulou, assis sur leurs bleus trafiquées nous attendaient à la sortie. Pas pour nous faire la bise bien entendu. Les plus vieux tabassaient de temps en temps quelques profs qui avaient osés lever la voix sur l’angélique petit frère. On est en 1965. Et oui, mais pas un mot dans la presse. A part trois lignes dans les faits divers.
 
Quand j’ai eu mes 15 ans, j’ai eu le malheur de ne pas appartenir à la bande de loulous avec qui j’avais grandis. Il faut dire que l’univers des mobs (aussi appelées chiottes ou meules), les bitures, les baluches du samedi soir et les bastons ne m’intéressait guère. Donc, j’ai commencé malgré moi un chassé croisé entre les loulous, et mes sorties nocturnes, car bien sûr, c’est l’époque où j’ai découvert Led Zep et les autres, donc sorties.
Mais voilà. Comment sortir et entrer dans cette zone de non droit sans se faire butter. Intéressante question. Je rivalisais d’ingéniosité, contant sur la fiabilité de ma mobylette, mais qui un jour est tombé en radeau. Là, les choses se sont corsées, et bien sûr, je suis tombé sur la bande et j’ai pris une doudoune. Après ce douloureux incident, le chassé croisé à repris de plus belle. Impossible de passer une journée tranquille sans avoir le souci de rester indemne et en bonne santé. J’y ai quand même réussi et avoir une paix relative.
Quoique, entre la voisine qui un jour a fait irruption chez nous, en pleurs, car elle venait de trouver sa chatte pendue dans la cave, et l’alcoolo du 3ème qui tabassait sa femme tous les deux jours, bof, environnement très insécurisé. Impossible d’avoir la paix. On est 1971.
 
Les bals populaires de l’époque. Autre volet intéressant. Les bandes de loubards excellaient à semer l’embrouille. Comme j’avais quelques potes musiciens, je suis allé deux ou trois fois les voir, dans les fameux « bals pops… » Hu…. Fallait être bien accroché. Le quidam moyen, qui pensait danser tranquille avec sa femme, était abordé par un loulou de façon simple. Pendant qu’il dansait, le loulou lui tapait sur l’épaule. L’autre se retournait et voici le dialogue :
« Tu danses avec ma femme toi ? »
« Heu… ben non , c’est la mienne »
« Ah ouais, et ben c’est plus la tienne Dugland »
Et paf, c’était parti, un pain et bagarre générale. J’ai même aidé un soir mes potes à remballer le « matos », car les cannettes et la baston allaient bon train. On a sauvé les guitares et les amplis in extremis.
 
Woui, woui, woui. Les banlieues. On est toujours en 1971. A cette époque, les drogues n’ont pas encore fait leur apparition dans les cités, mais ça commençait. Et puis, petit à petit, les ouvriers sont partis et ont été remplacés par les immigrés. 
 
Les immigrés ont hérités des H.L.Ms. Béton et bitume. Quand on arrive d’Afrique du Nord, ça fait un choc. Et puis, la violence était toujours là. Mais ça n’intéressait personne. On parquait les immigrés dans les cités, ils venaient bosser en France, donc quelle importance…
Je suis cynique, mais c’est exactement ce qui s’est passé. Mais voilà, les gouvernements successifs ont fermés les yeux sur ces cités de l’horreur, jusqu’à aujourd’hui ou ça pète de plus en plus. Les médias s’emparent de l’affaire depuis quelques temps et « Oh mon dieu, que se passe-t-il dans nos banlieues, wouah, wouah quelle horreur ». Que font les gouvernements ? Rien. Que font les médias ? Rien et pire que cela, elles jettent de l’huile sur le feu inutilement.
 
La solution ?
1) Démolir progressivement les HLMS
2) Reclassement des familles dans des zones pavillonnaires et ou de petits immeubles décents
3) Cours d’alphabétisation gratuit et obligatoire pour tous les immigrés.
4) Justice intègre
 
Ce n’est pas demain la veille ? J’espère que non. Je suis sorti de cette banlieue à l’âge de 22 ans, donc en 1976.
J’y ai passé 17 ans de ma vie. Je n’en veux à personne, juste à un système débile qui à permis la création de pareil ghettos. J’ai écris cette histoire pour montrer que la vie dans les cités en 1965 était violente, et qu’aujourd’hui , si la violence est montée d’un cran à cause des drogues principalement et du laxisme ambiant, les banlieues resteront un problème qui ne se règlera pas tout seul, à moins de raser les immeubles sordides, de mettre un peu d’esthétique dans l’environnement, et de prendre soin des gens. Un peu d’humanité et tout à coup magie, les choses s’arrangent. Incroyable mais vrai.
 

Documents joints à cet article

1960- 2010, 50 ans de banlieues, atro-cités ou mix-cité ?

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62 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 27 juillet 2010 12:57

    interressant
    comment se comportaient les flics a l’epoque ?


    • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 13:12

      Merci Foufouille. Les flics, devine..... On les voyaient jamais. Mais alors, jamais. A moins qu’ils aient été tellement discret..... Absence totale.


      • foufouille foufouille 27 juillet 2010 13:23

        j’ai connu une cite HLM en 90 ou ils etaient 2 ........... avec des mobylettes grises (pour faire jeunes)
        sauf que avec les protege jambes et le parevent, ca devait faire du 30
        bien sur les jeunes avait des 103 qui faisait du 80 minimum !
         smiley


      • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 14:38

        Exact, j’ai vu ca plus tard près du lycée. Deux policiers en mobs grises qui ne dépassaient pas les 30 à l’heure, alors que les bleus trafiquées bombaient à plus de 70. (avec quelquefois de l’éther dans le moteur pour la vitesse)


      • King Al Batar King Al Batar 27 juillet 2010 14:14

        Bonjour Clojea,
        Voici un temoignage interessant, sur les cités que je n’ai pas connus. Né en 1979, à Stains dnas le 93 (ou plutot à l’hopital d’Aulnay, mais resident à Stains), je n’ai pas connu les cotés d’avant l’immigration. je les ai quitté en 2000, soit 21 ans après.

        Quand je suis né, il y avait encore, mais très vaguement quelquechose de politique dans la voyouterie, le concept du Punk anarchiste, il y avait même des Skins communistes, qui se frittaient avec les skins fachistes. Ca c’était les années 80, même si l’idéologie était surtout anarchiste, il y avait encore une culture coco présente. Je vous parle de cela prce que j’ai un grande soueur qui était jeune à cette époque.

        La chute de l’URSS et la fin du communisme, et la notion de lutte de classe, donc de classe prolétarienne a fait que dans ma jeunesse, on avait plus la moindre culture sauf celle de niquer la mère des autres. Que ce soit les bourges des pavtars, les flics, ou ceux de la cité d’à côté....

        Aujourd’hui on s’alarme sur tout et rien, mais moi à 14 ans j’ai assisté à une fusillade à balle réelle devant mon lycée. C’était pas du grenaille ou du gommecogne. Et je pense que chaque gosse de ma génération a déjà assité à une fusillade. Je pense même qu’à l’époque un jeune sur trois possédait une arme à feu. 1998 l’année de mes 18 ans, ca a été un mix entre les Champions du Monde, et l’apologie de la violence.
        Achat de fusil à pompes en grosse quantité, parce qu’après ce ne sera plus en vente libre, la majorité, la puissance d’un groupe fort de 10 personnes inséparables, et une cité qui contient plus de 400 jeunes prêts à exploser à tout instant. Aujourd’hui sur les 10 on est 2 a avoir vécu une vie normal (moi et un autre), les deux seuls blancs, les deux seuls que la justice a épargné. Et trois sont décédés. Bref un super cadre de vie !

        Je suis d’accord avec vos solutions. Il faudrait comme à l’époque de Roosevelt lancé des programmes de grands travaux pour relancer un peu l’économie. Il faudrait prendre les chomeurs de cités, et leur permettre de participer à la construction de village pavillionaires en périphérie urbaine, ceux qui auront ainsi participé à ce programme, en étant bien sur payés, auront ensuite, via la banque la possibilité d’acheter à credit une des maisons construites à un prix réduits puisqu’il l’a fabriquée.
        Il faudrait dépénaliser le shit pour eviter une surpopulation carcérale, et des mecs qui foutent leur vie en l’air pour quelques billets qui les dépanne. Depenaliser ne veut pas dire légaliser. Que les business restent chez nous, mais ne soient plus répréhensibles.
        PLus de justice, j’y crois pas. Il faudrait que les avocats soient remboursé par la sécu, ou qu’ils soient fonctionnaires, pour que la jusice soit égalitaires. Autrement le riche sera toujours mieux défendu que le pauvre, et les inégalites tendent toujours vers l’injustice.

        POur l’alphabétisation, encore une fois je suis d’accord avec vous. J’ai eu bac +5 parce que ma mère sait lire. Celui dont les parents ne savent pas lire, perdra beaucoup de temps en primaire. Et cela se répercutera sur le reste de sa scolarité.


        • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 14:47

          @ Bonjour King Al Batar : Merci pour le post. Je me disais aussi qu’avec votre surnom, vous aviez du connaître les cités. Bingo. Globalement d’accord avec vous, bien vu l’idée des grands travaux, chomeurs des cités participant à la construction de villages pavillonnaires et la possibilité d’acheter ensuite une des maisons à crédit à taux et prix réduit. Excellente suggestion. La cité ou j’ai grandis est dans une ville de province, mais j’ai cottoyé aussi les banlieues parisiennes car j’ai eu quelques potes qui y habitaient, notamment Bondy. C’est vrai que personne ne s’est vraiment attelé à résoudre le problème des banlieues, et il est plus que temps.


        • Annie 27 juillet 2010 14:27

          Super article très bien écrit , qui remet les pendules à l’heure et fait toucher du doigt la réalité de la vie dans ces banlieues, surtout du point de vue d’une fille, dans un milieu très macho dont il ne doit pas être facile de s’extraire.


          • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 14:50

            Merci Annie. Vous parlez « surtout du point de vue d’une fille... » Si c’est de moi qu’il s’agit, désolé mais je suis un mec. Mais bon, c’est vrai que mon pseudo peut prêter à confusion. Pour le reste, c’est vrai que c’est un milieu très macho, mais ou la détresse est perceptible à chaque instant, et mec ou nana, c’est la même galère.


          • Annie 27 juillet 2010 15:28

            Aïe, désolée pour la confusion des genres. Bernée par votre nom ou une perception très aïgue de votre environnement (non que cela soit la prérogative des femmes), cela n’enlève rien à la qualité de votre article, au contraire.


          • galien 27 juillet 2010 15:42

            L’enjeux concernant la place des femmes est en effet très important, il conditionne beaucoup d’attitudes identitaires qui se drapent du voile de la religion.
            Qu’attend on du société qui ne ’partagent pas ses femmes’ ou plutôt qui ne laissent pas aux femmes leurs liberté de choix, rien de bon de toute évidence.
            Quand à la perception de vie dans les ’cités’, quand tout est pété, évidement, c’est moins agréable à vivre.


          • King Al Batar King Al Batar 27 juillet 2010 16:07

            Mr Galien, j’ai l’impression que vous n’avez pas du y foutre souvent les pieds en boite.

            POur vous resituer, les femmes sont celles qui se barrent les premières, et il y en a très peu qui portent le voile (même pas integral) comparativement aux petites tatass (terme que je qualifierai d’amical)
            En effet, la vie pour les filles de banlieu est moins dure que pour celles des garcons. D’abord parce que les filles en banlieu sont toujours plus studieuse à l’école (jusqu’au bac en général), ensuite et comme c’est logique elles ont plus de facilité à trouver un boulot. POur deux raisons : 1 ) elles sont généralement le BAC ou au minimum le BEP 2) Vu que les domaines qui embauche le plus les jeunes non diplomés sont la vente et la restauration, c’est toujours plus agréable d’avoir une petite beurette, avec son regard tenebreux, qu’un jeune mec avec le cane rasé....
            Et enfin, le dernier point et pas des moindres, malgrès tous les efforts de féminisation de la société, pour ce qui est des divertissements, des sorties, et de l’amusement, malgrè tout ca reste encore l’homme qui paye le plus souvent. Donc elles sont quand même d’avantage de distraction que les mecs puisqu’elle peuvent toujours se faire inviter par un mec qui a plus de pognon que ses voisins pour aller s’éclater sur Paris, pendant que son grand frère lui doit attendre d’avoir accumulé un peu de pognon, avant de tenter d’aller draguer des nenettes....

            Donc pour conclure, on pourra dire que les jeunes femmes de banleus s’amuse plus que leur frères, ont plus de facilité et baisent plus. Rien a voir avec les gamines voilés qui n’existent que dans votre imaginaire. Il en existe bien sur, mais pas autant que vous ne pouvez l’imaginer.

            Dites vous qu’une grande partie de ceux que vous considérez comme de la racaille picollent. Même s’ils ne respectent pas les regle de leur religion, ils respectent leur religion, et n’irait pas demander à leur femme de porter le voile pour ensuite aller se pochtronner, voler et dealer.
            En général les musulmans pieux respectent autant que possible les loies et les concitoyens.


          • King Al Batar King Al Batar 27 juillet 2010 16:25

            PArdon excusez mon erruer sur la première phrases,
            Je vouslais dire en Banlieue et pas en boite, dsl.....


          • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 16:29

            Pas de souçis, annie. Merci pour le post.


          • galien 27 juillet 2010 16:32

            Primo King, pour facilité l’échange, je vous prierais d’arrêter de sous entendre que je ne sais pas, que je ne connais pas parce que je ne me revendique pas miraculé de la ’cité’.
            Je ne passe pas ma vie entre Londres, Washington et Shanghai, je vis depuis mon enfance entre Paris et sa Banlieue et j’ai des yeux que je garde la plupart du temps ouverts.
            Il est évident que la femme maghrébine s’en sort relativement beaucoup mieux que les hommes, l’écart de gain en terme d’émancipation étant beaucoup plus grand dans le contexte de la société française plutôt peu misogyne.
            Il reste qu’il existe une contre réaction, qui s’appuie sur la tradition musulmane, de la part des maghrébins mâles, pour ne pas perdre la maîtrise de leurs génitrices.
            Vous dites justement que, dès qu’elles en ont les moyens, ces femmes se sauvent, je ferais un parallèle avec l’ouvrier qui français qui a suivit le même chemin quelques temps plus tôt.


          • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 16:39

            @ Galien : « Quand tout est pêté, c’est moins facile à vivre... »
            C’est vrai, sauf que déjà en 1970, quand il y avait des portes à réparer ou les caves à nettoyer, bizarrement les travaux ne se faisaient qu’au bout de quelques mois, et cela avait tendance à se dégrader de plus en plus. C’est sur aussi que les loulous, quelquefois s’en donnait à coeur joie, mais pas plus qu’ailleurs. Sauf que les délais de réparation, encore une fois, n’étaient pas les mêmes, qu’avec un quartier chic.


          • galien 27 juillet 2010 16:49

            Sans peut être la savoir, vous touchez du doigt un point important, sans en être forcément d’un intérêt philosophique majeur. Ce truc tout simple, c’est que quand tu es môme, la seule chose qui peut fortement dissuader de ’casser’ (les mômes sont pas bien malins en général, j’en ai été) c’est quand les parents casquent, d’une manière ou d’une autre.
            Le truc c’est que dans la classe moyenne, c’est toujours le cas, c’est tacite.
            Enfin, pour par exemple les mères seules qui ont tout naturellement du mal à tenir leurs petits mâles, il existait un truc rétrograde, suranné, les pupilles de la nation et quoi qu’on en dise cela marchait.


          • foufouille foufouille 27 juillet 2010 16:50

            « Quand à la perception de vie dans les ’cités’, quand tout est pété, évidement, c’est moins agréable à vivre. »
            le bailleur est le meme partout
            tondre les pelouses par le CAT, ca va

            par contre faut une petition pour changer les vielles portes de boite aux lettres
            la porte d’entree vetuste qui claque quand le gars rentre de ses 3x8, faut pas rever
            et dans un quartier tres calme d’une petite ville de 6000h


          • galien 27 juillet 2010 16:54

            Pour avoir un peu vu de mes yeux quelques pays du nord de l’Europe au nord de l’Afrique, pas besoin d’être extra lucide pour constater qu’il n’existe pas le même notion de bien public, ceci expliquant peut être cela.


          • King Al Batar King Al Batar 27 juillet 2010 17:15

            « Il reste qu’il existe une contre réaction, qui s’appuie sur la tradition musulmane, de la part des maghrébins mâles, pour ne pas perdre la maîtrise de leurs génitrices. »

            Donc en somme quand les petites berettes font tourner leur fesse aux francais c’est bien, mais dès qu’elle décide qu’elle peuvent être heureuse dans le monde d’hommes qu’est celui de la cité, qu’elle se masque les cheveux, et qu’elle reste avec un musulman là celle là on ne l’aime pas.

            Pour finir, et sachez que ce n’est pas méchant parce que je n’ai rien contre vous, vous n’avez même pas été insultant, il y a une différence entre la banlieu et la cité. Et effectivemn je ne pense pas que vous vivez entre Londres et Hong Kong. Mais il y a des personnes, et je peux les comprendre, qui vivent en banlieu et qui ne mettent pas les pieds dans la cité pour autant.....
            Après vivre le problème pour en parler c’est à la fois utile parce que je le connais, et nefaste parce que je ne peux pas être totalement objectif. Mais je vous assure que les femmes voilés (j’ai pas dit burkinées) c’est à dire les femmes qui respectent leur croyances, et les mecs qui pratiquent mais sans exces y a plein, et ils ne sont pas du tout méchant ni à craindre.

            En fait on voudrait par le biais de raccourci journalistique malsain, nous faire croire que le musulman qui brule les voiture, est le même barbu qui va à la mosqué, voile sa femme et ensuite vend du shit. Mais ce ne sont pas du tout les mêmes. L’un a des principes liè à sa croyance, l’autre à des vices lié à la vie occidentale.... Ce sont deux typologies de personnes qui vivent au ^même endroit, se cotoient mais ne s’apprecient pas forcément.

            Comme partout, quand le pauvre qui a des principes ne sait plus quoi faire il demande à Dieu des solutions.....


          • galien 27 juillet 2010 17:30

            King, excusez moi mais je suis d’accord avec vous votre dernière phrase
            « Comme partout, quand le pauvre qui a des principes ne sait plus quoi faire il demande à Dieu des solutions..... »
            elle est dans le mille.
            Sur ce point précis même si cela peut apparaitre à court terme positif, à long ou moyen terme c’est plutôt des affrontement, sous bannière religieuse, qui s’annoncent.

            Sinon quand vous dites « Donc en somme quand les petites berettes font tourner leur fesse aux francais c’est bien... », vous parlez d’une pratique, la tournante qui m’est assez étrangère.
            Ce n’est pas parce que les femmes disposent librement de leur c.u.L qu’elles doivent avoir droit à leur tournante hebdomadaire, je suis assez effrayé par vos propos.

            Quand l’apport culturel oriental se résume à importer les névroses attrayant au sexes de ces sociétés non merci, ce phénomène est pourtant criant.


          • King Al Batar King Al Batar 27 juillet 2010 17:46

            excusez le terme faire tourner, il pourrait être remplacer par offrent leur cul.

            MOi je pense qu’un cul ca s’offre.... Après c’est peut être un peu macho, mais c’est mignon.


          • sisyphe sisyphe 27 juillet 2010 16:16

            Merci pour ce témoignage édifiant, qui montre que les « problèmes des banlieues » ne sont pas nés de l’immigration , mais de l’incapacité des sociétés industrielles d’assurer . les conséquences de leurs politiques d’emplois, et la prise en charge des citoyens les plus défavorisés. 

            Important à l’heure où le pouvoir, les médias, et une frange de la population se plaisent à stigmatiser les effets de ces politiques, et d’en désigner les boucs émissaires, au lieu d’en pointer les causes..


            • galien 27 juillet 2010 16:38

              « Merci pour ce témoignage édifiant, qui montre que les »problèmes des banlieues" ne sont pas nés de l’immigration , mais de l’incapacité des sociétés industrielles d’assurer . les conséquences de leurs politiques d’emplois, et la prise en charge des citoyens les plus défavorisés. "
              Et si l’on vous rétorque que les politiques immigrationistes furent les première attaques contre le corps social constitué pour mettre en concurrence (libre et non faussée bien sur !!) le travailleur français syndiqué et le miséreux mondialisé.
              Vous répondez quoi ?
              Faut il que je vous mette en lien les déclarations du patronat dans les années 60/70 ?
              Tous, nous sommes victimes des grandes stratégies de la bourgeoisie apatride, pourquoi en êtes vous un ardent défenseur ?


            • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 16:46

              Merci Sisyphe pour ce post. Nous ne sommes pas toujours d’accord, vous et moi sur certains sujets, mais je suis ravi de voir que vous comprenez la situation et c’est vrai, les véritables causes ne sont pas mises en évidence. Du coup rien ne bouge. A réformer d’urgence.


            • ZenZoe ZenZoe 27 juillet 2010 16:34

              Votre témoignage est très intéressant. Tant de gens parlent des banlieues et proposent des solutions pour les rendre plus vivables sans y avoir mis le pied.
              J’ai vécu toute mon adolescence dans la cité HLM d’une petite ville de province. Je trouvais mon environnement joli, avec des fleurs partout, des arbres, des jeux pour les gamins. Personne n’abîmait rien. L’ambiance était bien différente. Les gens allaient au boulot, les mômes étaient tous à l’école. Le soir, en été, les gens fumaient et discutaient sur des bancs au bas des immeubles. Les jeunes se draguaient dans les caves ou réparaient leurs mobylettes. Le samedi, les hommes descendaient laver leur voiture et toute la famille allait ensuite faire les courses au Mammouth du coin. Des concierges gardaient les locaux propres, faisaient de menus travaux et surveillaient les lieux pendant les vacances. Il y avait bien quelques disputes quelquefois, les murs étaient minces et les voisins bruyants quelquefois, mais sans plus. Pas de problème de sécurité après 10 h du soir en tout cas.
              Maintenant, cette cité est devenu comme un ghetto. Plus de fleurs, les jeux pour enfants ont été cassés, les arbres arrachés, les murs sont taggés et les sacs d’ordures éparpillés partout. Personne dehors le soir.
              Je me demande souvent ce qui a fait tout basculer.
              Personnellement, je pense que la raison principale est le chômage de masse, qui a perturbé tous les équilibres sociaux, qui a créé des divisions fortes entre les chanceux et les autres. La privation d’emploi a fini par aigrir beaucoup de gens et détruit leur confiance en l’avenir.
              Bref, à mon avis, sans lutte efficace contre ce cancer, aucune politique ne marchera vraiment. Si tout le monde a un travail et s’en trouve relativement bien, le reste devrait suivre.


              • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 16:51

                @ ZenZoé : Merci pour le post. D’après ce que je lis, la vie dans votre cité HLM était sympathique. Incroyable, ça à donc existé. Vous écrivez qu’après, tout a basculé. Très certainement à cause des drogues, car c’est devenu un fléau majeur et l’illétrisme continue à progresser. C’était en quelle année que ça a basculé ? 


              • galien 27 juillet 2010 16:59

                Pas besoin de vivre dans un cité pour comprendre que tout a basculé. Au tournant du siècle probablement.
                Quand j’étais gamin dans les années 80/90, il n’y avait aucun problèmes dans la petite cité limitrophe du quartier pavillonnaire où j’habitais. J’y allais souvent pour jouer avec les potes et jamais à l’école ou en dehors ne se posaient les questions d’aujourd’hui. C’est effrayant comme la chute est brutale.


              • ZenZoe ZenZoe 27 juillet 2010 17:45

                CLOJEA : quand cela a-t-il basculé ?
                Difficile à dire. Je suis partie en 1976, revenue en 1991.
                Quelque part entre les 2 donc smiley


              • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 18:07

                @ ZenZoé : Merci. Donc après 1976. On a assisté, après les années 70, à une flambée de la consommation des drogues. Qui dit conso, dit deal, et donc criminalité qui augmente. Ce n’est pas la cause unique mais ça à largement contribué.


              • galien 27 juillet 2010 17:11

                Alors pourquoi jouer les émerveillés devant la culture banlieue si rien de bon n’en sort ?
                Avec les banlieues, l’oligarchie joue le nivellement culturel par le bas, comme elle a jouer le nivellement par le bas des conditions de travail avec l’immigration.
                Après, nivellement par le bas de la citoyenneté, dans une atmosphère mafieuse.
                Une ébauche de guerre civile avec d’administration OTANesque sera le dernier acte.

                Ils ont tout compris, alors continuez à pleurer braves gens.


              • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 17:30

                @ soulmanfred : tout à fait vrai, le milieu banlieue n’aide pas à l’épanouissement. C’est à ce niveau que les parents jouent un rôle hyper important. Ma mère m’a aidé énormément car elle m’a montré qu’il existait autre chose que les murs de béton et la culture de la mob.
                Merci pour le post


              • LE CHAT LE CHAT 27 juillet 2010 17:13

                merci pour cet article vachement bien écrit , du vécu !
                je suis aussi d’accord pour dire que la violence existait bien avant les problèmes d’immigration , j’ai bien connu la ZUP du beau marais à Calais dans les années soixante dix , c’était un coin à pas trainer à la tombée de la nuit ...
                J’ai habité aussi Grande Synthe au début des années 90 , avec population à 50 % issue de l’immigration , j’ai compris vite comment c’est l’enfer de vivre dans ces tours !

                ces clapiers sont inhumains !


                • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 17:34

                  Oui Le Chat, la violence n’est pas le fruit de l’immigration. Mais ça arrange bien certain de le dire. J’ai donc aussi écris cette histoire pour bien montrer qu’il n’en est rien. La violence est le fruit d’une démission des parents, d’un environnement pourri comme les banlieues, des lycées ou on apprend rien ou si peu, à part la baston, le tout recouvert d’une chappe de plomb. Merci pour le post


                • Reinette Reinette 27 juillet 2010 17:22


                  Quand les femmes sont agressées et violées par les cailleras de leur quartier, c’est la faute à Sarkozy ?


                  Injures, agressions sexistes, viols jusque dans les cours d’école... derrière le cliché rassurant de la beurette ou de la petite Black « qui en veut » se cachent des jeunes filles meurtries, prises dans la nasse de la violence masculine et souvent familiale.



                  novembre 2005, Schérazade, une jeune femme de 20 ans, a été brûlée vive à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) par son ancien ami. Celui-ci, qui a expliqué avoir agi « par dépit amoureux », l’a aspergée d’essence dans une rue non loin de chez elle.

                  Toujours en novembre 2005, une jeune femme avait échappé de très près à l’immolation lors d’incidents qui se sont produits à Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis), tandis que deux autres avaient été sorties de force de leur voiture lors d’attaques très violentes.

                  Lisa, 17 ans, a été agressée dans son escalier par un garçon dont elle avait refusé les avances. « Je descendais de chez moi pour aller dîner avec des copines, raconte-t-elle. Il m’attendait dans l’escalier, m’a tapée et renversée par terre parce que je n’avais pas voulu sortir avec lui quelques jours plus tôt. Mes parents ont appelé la police mais le temps qu’elle arrive, le garçon avait filé. »

                  « Il faut sans cesse être sur ses gardes, se maîtriser », confirme Jenny, 18 ans, la sœur aînée de Lisa. Combien de fois, en rentrant de cours, s’est-elle mordu les lèvres pour ne pas répondre aux provocations des « gars de la cité », aux allusions douteuses, aux insultes gratuites ? Combien de fois a-t-elle ravalé son orgueil ?

                  « Même si tu es fatiguée, à bout, il ne faut pas répondre, surtout s’ils ont bu et fumé, car ils peuvent s’énerver, te frapper ou même aller plus loin », raconte cette jolie fille au franc-parler. L’année dernière, une adolescente a été violée dans l’immeuble voisin. Et ce qui est arrivé à Sohane, brûlée vive en 2002 par un garçon de 18 ans à Vitry-sur-Seine, à quelques kilomètres de là, « pourrait se produire ici aussi », affirme Jenny.

                  Pas question, non plus, de sortir trop maquillée ou vêtue d’un haut décolleté. « À moins de le cacher sous une grosse veste », s’amuse Jenny, à qui il ne viendrait pas à l’idée de troquer son jean pour une jupe dans la cité.

                  Avec tout de même quelques regrets de ne pouvoir s’habiller de façon plus féminine, simplement au gré de ses envies.

                  « Nous ne sommes pas libres dans la cité », lâche Claudia, bientôt 17 ans, qui n’est pas du genre à tourner autour du pot. « Quand tu es une fille, tu es fichée pour un rien : pour un vêtement trop sexy, pour avoir fumé une cigarette ou parce que tu te promènes avec quelqu’un d’inconnu dans le quartier. Il faut faire attention à tout, tout le temps. C’est oppressant mais on n’a pas le choix parce que ce qui peut arriver de pire, c’est une sale réputation. »

                  Ces garçons des cités quelle éducation ont-ils reçu de leurs parents ?
                  racisme, sexisme et brutalité ?

                  c’est la faute à Sarko ?

                  http://romy.tetue.net/sohane-morte-brulee-vive


                  • LE CHAT LE CHAT 27 juillet 2010 17:33

                    pendant les années où j’ai habité Grande Synthe , un barbu du quartier a battu sa fille à mort parce qu’elle avait osé sortir avec un gaulois !


                  • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 17:40

                    @ Reinette : Comme je l’explique dans mon billet, la violence dans les banlieues n’a pas surgit depuis peu. Elle existe depuis le début. Les fameuses classes de transition des lycées des ZUP de l’époque étaient des voies de garage en cul de sac. Pas d’instruction, démission des profs. Aucun avenir dans ce genre de classes. Au bout d’un an ou deux, dès leur seize ans, les élèves sortaient de ces classes avec rien. Pour eux, quoi d’autre que la rue et la violence. A moins d’avoir vu autre chose grâce à leurs parents, ce qui n’était souvent pas le cas, ils sombraient dans la délinquance.


                  • birdy 28 juillet 2010 00:53

                    Ben oui Clojea quoi d’étonnant à ce que de gros cancres deviennent de grosses brutes ?


                  • galien 27 juillet 2010 17:49

                    « Pour eux, quoi d’autre que la rue et la violence »
                    Vous faites du déterminisme social ou je me trompe ?


                    • Reinette Reinette 27 juillet 2010 18:43

                      (...) ah ! les banlieues que la Presse te vend ? (...) ah d’accord ce que je pense de ces banlieues ?

                      _ et bien je vais te dire, ça va pas te faire plaisir, je pense que dans ces banlieues, y’a beaucoup de gens qui ne servent à rien... qui sont des gens qui mettent le bordel... qui brûlent des caisses et qui abîment leur cadre de vie ... et qui viennent ensuite pour me dire, nous dire à nous tous qu’on ne s’occupe pas d’eux. Tu ne peux pas provoquer la bagare et gueuler parce qu’il y en a (...)
                      Les mecs qui dégradent leur banlieue sont déjà les gens qui y habitent...
                      (la suite)
                      http://www.dailymotion.com/video/x73j4d_maurice-skyrock-les-banlieues_webcam?start=7#from=embed


                      • Clojea CLOJEA 27 juillet 2010 19:30

                        @ Reinette : Facile de juger quand on n’a pas habité ces endroits. C’est sur qu’il y a des tarés en banlieue, mais comme partout. C’est sur aussi qu’il y a des gens biens en banlieue. Quand aux gens qui ne servent à rien en Banlieue, je ne suis pas sur qu’il y en ait autant que dans la classe politique. smiley

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