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Accueil du site > Actualités > Société > Abolition de la peine de mort : le combat n’est pas terminé

Abolition de la peine de mort : le combat n’est pas terminé

L’Abolition, téléfilm en deux parties (2X90 minutes) réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe d’après les livres de Robert Badinter L’exécution et l’Abolition, diffusé les mardis 27 janvier et 3 février sur France 2 avec Charles Berling dans le rôle de Robert Badinter.
(A voir aussi sur Agoravox TV, le témoignage de Robert Badinter)

Quand François Mitterrand accède au pouvoir le 10 mai 1981, il nomme Robert Badinter au poste de Garde des sceaux. Ce choix politique est l’un des plus symboliques de ce premier septennat socialiste. Certes, il va presque de soi : l’avocat soutiendra Mitterrand lors des campagnes présidentielles de 1974 et de 1981, mais surtout, placer Badinter à la justice c’est l’assurance que la peine capitale sera bientôt condamnée à mort.

Pour Mitterrand, sa suppression était une promesse qu’il fallait tenir immédiatement, ceci dans un contexte défavorable (63% des français étaient pour son maintien). Pour Badinter, il s’agissait de la conclusion d’une décennie de combats âpres dans lequel il se jeta à corps perdu.

L’Abolition, le superbe téléfilm dans lequel Charles
Berling incarne le rôle de Badinter, retrace ces dix ans de combat. Un combat qui a souvent été remis en question ces dernières années en France et qui, dans le monde, est loin d’être terminé.

Epoustouflant. C’est le mot qui convient pour décrire la prestation de Charles Berling dans le rôle de Robert Badinter. Après avoir incarné Jean Moulin, le voilà dans la peau de l’avocat qui a eu la peau de la peine capitale et deviendra incontestablement le plus grand Garde des sceaux que la France aura connu ces 25 dernières années.

A propos de son engagement (qu’il soit professionnel ou idéologique) Charles Berling précise ne pas croire « qu’on puisse être acteur, avoir à ce point le droit à la parole, sans avoir du même coup la responsabilité de ce que l’on raconte […] Jean Moulin n’était pas un « préfet engagé », mais un préfet qui est allé au bout de ses idées. Robert Badinter n’est pas un « avocat engagé », c’est un bon avocat. J’essaie d’être un bon acteur ».

De son interprétation magistrale dans le téléfilm présenté ce soir, mardi 27 janvier, et le 3 février, Robert Badinter dit de Charles Berling : « Peu importe, au fond, il s’agit d’une restitution, d’une réinterprétation, d’une œuvre à part entière. Mais j’ai trouvé cependant qu’il y avait dans la scène du procès à laquelle j’ai assisté une tension, un réalisme et une vérité absolument troublants. C’est là où réside le miracle de l’art dramatique, et le très grand talent de Berling : il était devenu moi mais ce moi n’était pas moi ».

L’avocat est-il lui-même quand il plaide ? Oui, et c’est certainement ce qui le différencie de l’acteur qui joue. Différence infime. Mais frontière infranchissable. Car elle appelle une autre différence, de taille : la vie d’un homme est en jeu.


En voyant la prestation de Berling on peut imaginer Badinter. Pas se mettre à place. Car c’est parce qu’il assiste à la condamnation à mort d’un homme, sans doute innocent, Roger Bontems, que son parti est pris : « Jusque-là, j’avais été un partisan de l’abolition. Dorénévant, j’étais un adversaire irréductible de la peine de mort. J’étais passé de la conviction intellectuelle à la passion militante » écrit-il dans l’Abolition (Fayard, 2000).

L’Abolition couvre une période d’une décennie. Le récit commence en septembre 1971 et se termine en septembre 1981. C’est le laps de temps qui s’est écoulé entre le meurtre d’une infirmière et d’un gardien à la centrale de Clairvaux et le discours que prononce Robert Badinter, premier Garde des sceaux du premier gouvernement socialiste dirigé par Pierre Mauroy.

En 71 Roger Bontems et Claude Buffet, qui purgent tous deux une lourde peine à la centrale de Clairvaux, prennent en otage une infirmière et un gardien. Ils seront assassinés tous les deux. Buffet est accusé du meurtre. Bontems est reconnu complice. Pourtant, les deux hommes seront « coupés en deux ». Sous les yeux de Badinter. C’est pour l’avocat une prise de conscience. Il ne supportera plus cette barbarie.

Dès lors, pour cet avocat spécialisé dans les affaires, une parenthèse d’une décennie s’ouvre : en défendant des criminels passibles de la peine capitale c’est cette dernière qu’il veut supprimer. Le combat sera rude. L’affaire Bontems et Buffet occupe toute la première partie du téléfilm avec des fréquents flash-back sur la jeunesse de Badinter qui fit ses premirèes armes chez Maître fut Henri Torrès, grande figure du barreau de l’avant et de l’après-guerre. Il est placidement, mais solidement, campé par Depardieu.

Le fait d’arme de Torrès fut d’obtenir l’acquittement de Sholem Schwartzbard un anarchiste russe accusé dans les années 20 d’avoir assassiné Simon Petlioura « qu’il jugeait responsable des pogroms contre les Juifs d’Ukraine, ayant fait, selon lui, environ 100 000 morts, dont ses parents »( wikipedia).

Dans la première partie du téléfilm, les conseils prodigués par Torrès au jeune Badinter reviennent à la mémoire de ce dernier : "Il y a deux sortes d’avocats : ceux qui plaident avec leurs tripes et ceux qui plaident avec leurs nerfs. Toi, tu fais partie de la seconde catégorie. »

Dans la deuxième partie du téléfim (diffusée le mardi 3 février) Badinter-Berling défend avec ses nerfs des criminels qui marqueront la chronique judiciaire des années 70 (Patrick Henry, notamment), celles des septennats de Pompidou (qui n’accordera aucune grâce) et de Giscard d’Estaing qui commence à fléchir, même si son Garde des sceaux, Alain Peyrefitte, est plutôt défavorable à l’abolition.

Mais la force de ce genre de reconstitution historique c’est de démontrer que l’histoire, loin d’avoir une fin, à un sens. Et que le sens de l’histoire, en ces années, c’est l’abolition de la peine de mort.
Celle-ci est quasiment signée quand le candidat François Mitterrand déclare à la télévision, en pleine campagne des présidentielles, le 16 mars 1981 : « Dans ma conscience profonde, qui rejoint celle des églises, l’église catholique, les églises réformées, la religion juive, la totalité des grandes associations humanitaires, internationales et nationales, dans ma conscience, dans le for de ma conscience, je suis contre la peine de mort. Et je n’ai pas besoin de lire les sondages, qui disent le contraire, une opinion majoritaire est pour la peine de mort. Eh bien moi, je suis candidat à la présidence de la République et je demande une majorité de suffrages aux Français et je ne la demande pas dans le secret de ma pensée. Je dis ce que je pense, ce à quoi j’adhère, ce à quoi je crois, ce à quoi se rattachent mes adhésions spirituelles, ma croyance, mon souci de la civilisation, je ne suis pas favorable à la peine de mort. »

« Après l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République, dont la position abolitionniste avait toujours été clairement exprimée, un projet de loi portant abolition de la peine de mort est déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale le 29 août 1981. Son exposé des motifs est bref ; il retient le principe d’une abolition définitive et générale de la peine capitale » peut-on lire sur le site du Sénat. La loi proposant l’abolition est votée le 9 octobre 1981.

C’est sur l’image d’un Robert Badinter plaidant à la tribune de l’Assemblée que se termine le passionnant téléfilm de Jean-Daniel Verhaeghe.

L’ancien Garde des sceaux se souvient aujourd’hui que lors de la suppression de la peine capitale devant les représentants du peuple, « le débat a été vif. Il y eut des orateurs éloquents parmi les abolitionnistes : Raymond Forni (PS), Guy Ducoloné (PC), Philippe Seguin (RPR), parmi d’autres. L’abolition a été votée par la totalité des députés de gauche, par un tiers des députés de l’UDF et un quart du RPR, dont Jacques Chirac. La vraie surprise et la vraie victoire parlementaire, à mes yeux, ont été le vote de la loi par le Sénat, très hostile au gouvernement de la gauche, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale. »
Depuis son abolition, entre 1984 à 1995, près d’une trentaine de propositions de loi visant à rétablir la peine de mort ont été déposées au Parlement. Aujourd’hui, seulement 50% des français sont toujours partisans de son retour. Mais, précise, Robert Badinter dans une interview donnée à la Documentation française, « depuis 1985, il est impossible de rétablir la peine de mort en France. En effet, la France a ratifié, en 1985, un traité international de 1983, le 6ème Protocole à la Convention européenne des droits de l’Homme. Cette convention interdit aux Etats qui l’ont ratifiée, de recourir à la peine de mort. Les traités internationaux ayant une valeur supérieure à la loi, le Parlement français ne pourrait rétablir la peine de mort que si le Président de la République française dénonçait cette convention. Pareille dénonciation mettrait la France au ban moral des droits de l’Homme en Europe. Un tel acte, de la part du Président de la République française, apparaît impossible au regard de l’affirmation constante de la France, la patrie des droits de l’Homme. »

« Aujourd’hui, précise encore Robert Badinter sur le site de La Documentation française, la peine de mort est bannie de toute l’Europe. La quasi totalité des Etats européens, y compris à l’Est, ont ratifié le 6ème Protocole à la CEDH. En ce qui concerne le reste du monde, la cause de l’abolition a grandement progressé depuis 20 ans. En 1981, la France était le 36ème Etat à abolir la peine de mort. Aujourd’hui, 108 Etats sont abolitionnistes, sur 189 que comptent les Nations Unies. L’abolition est devenue majoritaire dans le monde. Aujourd’hui, 90 % des exécutions dans le monde sont le fait de 4 Etats : la Chine, les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran. L’alliance entre totalitarisme, fanatisme et peine de mort est historique. La première question, dans la marche à l’abolition universelle, est celle de la situation aux Etats-Unis, seule grande démocratie à recourir à la peine de mort. En dépit de l’attachement de l’opinion publique américaine à la peine de mort, des signes encourageants se manifestent : moratoires des exécutions dans certains Etats, diminution du nombre des exécutions et des condamnations à mort depuis le début de l’année, ralliement de grands médias à l’abolition. »

Le combat pour l’abolition de la peine de mort dans le monde est loin d’être terminé...



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59 réactions à cet article    


  • morice morice 27 janvier 2009 11:45

     merci de nous rappeler ce qui nous a fait devenir (enfin !) véritablement civilisés. A regarder ce soir impérativement donc !


    • non666 non666 27 janvier 2009 15:12

      Je ne suis pas sur que la civilisation se mesure a la suppression de la peine de mort.

      Echapper a ça pour finir dans des prisons surchargées, à vie, en jouet sexuels pour sodomites sidaiques, si c’est un progrès, il reste a demontrer.
      Certains individus sont des nuisibles, des bouches inutiles pour la société dont ils sont les predateurs.

      Les incarcerer a vie n’a de sens, ni pour les victimes, ni pour eux, ni pour la société qui se met des couts recurrents sur le dos. Un decoupage en bonne et due forme serait beaucoup plus approprié.

      Mon dieu quel "reac" je suis !
      Un defenseur pour garder Fourniret en vie ad vitam eternam, a nos frais ?
      Un humaniste pour justifier la survie d’emile Louis ?
      Lachez vous les "droits de l’hommiste"....


    • Bois-Guisbert 27 janvier 2009 16:59

      Je ne suis pas sur que la civilisation se mesure a la suppression de la peine de mort.

      Et vous avez bien raison. Quand une société n’a plus aucune valeur dont la transgression entraîne la mort du transgresseur, c’est qu’elle est, non pas civilisée, mais avachie et déclinante.


    • sisyphe sisyphe 28 janvier 2009 11:10

      C’est ben vrai, ça !
      Vive l’Arabie saoudite et l’Iran !!
       smiley smiley smiley


    • sisyphe sisyphe 28 janvier 2009 11:14

      ... et la Chine qui, loin d’être "avachie et déclinante", a les c... de faire payer les balles à la famille !
      Et les Etats-Unis, le pays au monde qui compte le plus de prisonniers par têtes d’habitants, le plus de morts par balles, le plus de délits !

      Allez, avec Bois bidule, tous bien redressés, la tête haute, vers l’échafaud  !

      Sacré Bois bidule, tu es une telle caricature que c’en est un vrai plaisir !
       smiley


    • Bois-Guisbert 1er février 2009 11:55

      Il faut être complètement à la masse, comme ce pauvre sisyphe, pour croire que la peine de mort est le facteur universel sur lequel se fonde le brevet de civilisation. 

      Et quand un type comme Fourniret se marre dans sa cellule en regardant Tom et Jerry, pendant que les parents de ses victimes pleurent à journées faites, et jusqu’à la fin de leurs jours, il n’y a qu’un dégénéré de son calibre comme lui pour trouver cela très bien.


    • sisyphe sisyphe 1er février 2009 13:26
      							
      					 				 			
      	 		 		 			 				
      					 						 							 							 							 							
      															
      							
      								 							 						
      							 					 				 			
      	 		 		 		 		
      				 				
      			 				 					 						 							
      							 						
      							 							 							 							 					 				 			
      	 		 		 		 		
      				 				 			 				 					 						 							> Abolition de la peine de mort : le combat n’est pas terminé
      							 							par Bois-Guisbert 							 														 (IP:xxx.x17.49.116) le 1er février 2009 à 11H55 							 							
      							
      															
      							
      								Il faut être complètement à la masse, comme ce pauvre sisyphe, pour croire que la peine de mort est le facteur universel sur lequel se fonde le brevet de civilisation.

      C’est pourtant EXACTEMENT ce que tu viens de déclarer un peu plus haut : je cite  :

      "
      							par Bois-Guisbert 							 														 (IP:xxx.x17.195.140) le 27 janvier 2009 à 16H59 							 							
      							
      															
      							
      								Je ne suis pas sur que la civilisation se mesure a la suppression de la peine de mort.

      Et vous avez bien raison. Quand une société n’a plus aucune valeur dont la transgression entraîne la mort du transgresseur, c’est qu’elle est, non pas civilisée, mais avachie et déclinante.


      Trop fort, Bois bidule : il se décrit lui-même comme "complètement à la masse" !!

       smiley smiley smiley
      							

    • sisyphe sisyphe 1er février 2009 13:47

      Mine de rien, j’aimerais bien savoir qui est le troll qui, SYSTEMATIQUEMENT, sur quelque sujet que j’intervienne, met moins de 5 minutes, pour venir me moinsser !
       smiley
      Je l’imagine, guettant mes interventions, pour se précipiter appuyer avec rage sur la touche moins !
       smiley smiley
      Y en a qui ont de pauvres vies, quand même !!
       smiley


    • sisyphe sisyphe 1er février 2009 13:52

      Bingo !!
      Moins de 4 minutes, cette fois-ci !
      Tu cherches à entrer au livre des records, mon chou ? 
       smiley smiley smiley 


    • Bois-Guisbert 1er février 2009 14:32

       C’est pourtant EXACTEMENT ce que tu viens de déclarer un peu plus haut : je cite :

      Mais non, mon gros loulou. Une société peut être à la fois civilisée, avachie et déclinante !

      Quand tu seras en mesure de mettre bout à bout deux idées et de les comprendre, on s’en apercevra et tu recevras une rafale de compliments.


    • sisyphe sisyphe 2 février 2009 07:18

      							par Bois-Guisbert 							 														 (IP:xxx.x17.49.116) le 1er février 2009 à 14H32 							 							
      							

      															
      							
      								

      Mais non, mon gros loulou. Une société peut être à la fois civilisée, avachie et déclinante !

      Bon. 
      Alors, je reprends ta citation mot pour mot :

      Quand une société n’a plus aucune valeur dont la transgression entraîne la mort du transgresseur,
      c’est qu’elle est, non pas civilisée, mais avachie et déclinante
       smiley smiley



      Quand tu seras en mesure de mettre bout à bout deux idées et de les comprendre, on s’en apercevra et tu recevras une rafale de compliments.

      Quant tu seras capable d’être cohérent, ne serait-ce que d’une intervention à la suivante, ma biche, tu finiras peut-être de passer pour le rigolo que tu es !

       smiley
      							

    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 27 janvier 2009 12:17

      Badinter c’est toujours plus soucié des coupables que des victimes et de leur famille.
      Il ne s’est jamais préoccupé de savoir ce qu’elles pouvaient ressentir, mais juste du fait de "sauver" un coupable.

      S’il n’avait pas eu son combat contre la peine de mort, personne ne l’aurait garder dans les mémoires.

      Philippe Bertrand peut lui dire un grand merci, l’homme qui l’a tué et qui a fait subir de la torture morale à ses parents, peut aller vendre du cannabis gràce à lui.




      • L'enfoiré L’enfoiré 27 janvier 2009 12:25

         Précurseurs nos programmes belges ? Nous l’avons déjà vu ces deux épisodes. Très bien fait. Charles Berling joue très bien le jeu.


        • Dubrovac 27 janvier 2009 13:35

          L’abolition de la peine de mort ? Une grande avancée pour les criminels qui peuvent continuer à vivre en toute sécurité sous la protection de l’état et aux frais du contribuable. Une chance que n’aurons jamais leurs victimes. L’abolition de la peine de mort c’est un petit pas pour les droits-de-l’hommiste et un grand pas pour les criminels.


          • armand armand 27 janvier 2009 14:01

            Ma seule objection contre la peine de mort (mais elle est incontournable) c’est le risque d’erreur judiciaire.
            C’est pour cela que les abolitionistes qui tout naturellement mettent en cause la perpet’ ou les peines de sûreté m’exaspèrent.
            Comme les crapules qui tentent d’assassiner leur prof et osent ensuite se pourvoir en appel pour mégoter quelques années de moins sous prétexte de non -préméditation.
            Comme m’énerve un esprit eunuchoïde qui prévaut dans notre pays, et qui renvoie dos-à-dos les malfaiteurs et ceux qui seraient tenté de se défendre contre eux, au besoin par les armes.

            La peine prononcée n’est pas simplement un stage de rééducation, c’est aussi un châtiment.


          • Dubrovac 27 janvier 2009 14:30

            Je suis d’accord avec vous. Le gros inconvénient de la peine de mort c’est en effet le risque d’erreur judiciaire. Mais convenons-nous qu’un monstre comme Dutroux mérite la peine de mort.


          • Traroth Traroth 27 janvier 2009 15:11

            Ma première objection à la peine de mort, c’est que c’est de la barbarie. On condamne des criminels pour leur propre barbarie, en quoi sommes-nous meilleurs qu’eux si nous sommes des barbares à notre tour ?


          • sisyphe sisyphe 28 janvier 2009 11:20

            Les éternelles rengaines des pauvres nostalgiques de la loi du talion et du retour à la barbarie qui, on le sait statistiquement, ne fait qu’aggraver les choses (voir les Etats-Unis, comme parfait exemple) : et les victimes, gnagnagna... et la prison, c’est pas de la rééducation, gnagnagna... 

            Décidément, la civilisation a vraiment du mal à passer pour les esprits rétrogrades... 

            Ben oui, mais faudra vous y faire, les gars : la peine de mort est définitivement supprimée en France, et dans la très grande majorité des pays du monde ; faudra trouver autre chose pour défouler vos pulsions morbides..
             smiley


          • Tonton Tall 27 janvier 2009 13:56

            J’ai vu ce film.... fallacieux, manichéen, hypocrite à souhait et plein de "bons" sentiments ragnagna ne tenant aucun compte de la réalité vécue par les victimes et leur entourage

            Car notre société héritière d’une culture judéo-chrétienne idéalisant narcissiquement et infantilement la nature humaine, ne tient aucun compte de l’effet psy réellement thérapique de la notion de "vengeance" reconnue et exécutée par la communauté.

            Car oui, la justice facilite le deuil des proches des victimes... mais ne comptez pas sur les psys "bien-pensants" pour vous le dire

            Tous ceux qui ont vécu ce genre de chose comprennent, les autres non....
            Il n’y aucune barbarie à liquider un Marc Dutroux par exemple. Cet homme est un ennemi déclaré de l’humanité.


            • Tonton Tall 27 janvier 2009 14:04

              Qu’on abolisse d’abord les guerres avant d’absoudre les criminels.
              Car il y a une inversion des priorités morales là.
              Les guerres sont des assassinats communautaires souvent commis pour des raisons injustifiables.

              En fait, l’abolition de la peine de mort, c’est comme si la communauté tentait d’exorciser sa violence collective au détriment des particuliers.... car ça n’arrive qu’aux autres, bien sûr...


            • William7 28 janvier 2009 11:34

              Sincèrement ras-le-bol de ces réacs qui arrêtent pas de jouer les "victimes" de ce qu’ils appellent la bien-pensance. Leur novlangue est nauséabonde.

              Ils ont une série de vocables débités comme des chiens de pavlov et qu’ils pensent originaux et subversifs, alors qu’ils sont uniquement le reflet de leur idéologie droitière (oui oui !) et psychologisante. 



            • William7 28 janvier 2009 11:34

              Sincèrement ras-le-bol de ces réacs qui arrêtent pas de jouer les "victimes" de ce qu’ils appellent la bien-pensance. Leur novlangue est nauséabonde.

              Ils ont une série de vocables débités comme des chiens de pavlov et qu’ils pensent originaux et subversifs, alors qu’ils sont uniquement le reflet de leur idéologie droitière (oui oui !) et psychologisante. 



            • William7 28 janvier 2009 11:52

              C’est justement le contraire de ce que pensait Nietzsche (cf. discours sur le judéo-christianisme)

              « Il ne nous reste aujourd’hui plus aucune espèce d’indulgence pour l’idée du « libre arbitre »  ; nous savons trop bien ce que c’est : le tour de passe-passe théologique le plus suspect qu’il y ait, pour rendre l’humanité « responsable » à la façon des théologiens ; ce qui veut dire : pour rendre l’humanité dépendante des théologiens... Je ne fais que donner ici la psychologie de cette tendance à vouloir rendre responsable. Partout où l’on cherche à établir les responsabilités, c’est généralement l’instinct de punir et de juger qui est à l’œuvre. On a dépouillé le devenir de son innocence, lorsque l’on a ramené à une volonté, à des intentions, à des actes de responsabilité, le fait d’être de telle ou telle manière : la doctrine de la volonté a été principalement inventée à des fins de châtiment, c’est-à-dire avec l’intention de trouver coupable. Toute l’ancienne psychologie, la psychologie de la volonté, n’existe que par le fait que ses inventeurs, les prêtres, chefs des communautés anciennes, voulurent se créer le droit d’infliger une peine, ou plutôt qu’ils voulurent donner ce droit à Dieu... Les hommes ont été considérés comme « libres », pour pouvoir être jugés et punis, pour pouvoir être coupables : par conséquent toute action devait être regardée comme voulue, l’origine de toute action comme se trouvant dans la conscience. »


            • Markoff 29 janvier 2009 10:11

              Je suis entièrement d’accord avec vous. La société a voulu se donner bonne conscience
              à peu de frais... C’est une grande hypocrisie collective alors que par notre passivité, active ou passive,
              nous contribuons à tuer des milliers d’innocents, par nos ventes d’armes en particulier et le maintien
              du système militariste en général.

              La société actuelle ne méritait pas ( et ne mérite toujours pas ) ce label de pseudo bonne moralité. 


            • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 2009 10:26

              Tonton,

               L’un n’empêche pas l’autre. Même combat.


            • Tonton Tall 1er février 2009 19:07

              Prenons 2 exemples : Marc Dutroux et ce gamin de la crêche...
              Leur laisser droit à la vie par simple dogmatisme ?
              Non, désolé, il y a des limites ...


            • La Taverne des Poètes 27 janvier 2009 14:15

              Ah ! comme on vibrait les premières années du règne de Mitterrand ! Après, hélas, c’est lui qui vibrait...


              • La Taverne des Poètes 27 janvier 2009 14:44

                Après quelque temps, l’envie se serait fait sentir de créer un club de soutien, "Reviens, Giscard !", mais ce n’était plus possible : Giscard était grillé. Il faut dire que les gauchos - Mitterrand en tête- l’avaient relégué aux oubliettes de l’Histoire avec une pancarte : "ringard". Comme s’il n’avait jamais rien fait de bon. Il y a eu comme un défoulement collectif contre cet homme...


              • Traroth Traroth 27 janvier 2009 15:13

                C’est surtout au niveau de la corruption que Giscard était un précurseur... Diamants, avions renifleurs... Il était vraiment en avance sur son temps !


              • Cogno2 27 janvier 2009 15:04

                Les même qu’on retrouve sur d’autrs articles à défendre l’indéfendable continuent ici. A savoir la peine de mort, ou le droit de tuer à coup de bombes, les mêmes criminels en puissance donc.

                Rien que le nombre d’erreur judiciaire rends l’abolition nécéssaire et salutaire.


                • Cogno2 27 janvier 2009 15:08

                  Posez vous la question : d’ou vous viens voter haine envers vos semblables ?

                  Je n’ose imaginer un monde peuplé de gens comme vous, agressifs, vénérant la violence... en fait, il n’existerai déjà plus.


                • armand armand 27 janvier 2009 15:22

                  Pour une fois qu’on est d’accord - le nombre d’erreurs judiciaires rend l’abolition nécessaire.

                  Mais je n’éprouverais aucune hésitation à appuyer sur la détente devant l’assassin de la crèche en Belgique, ou Durtroux ou Fourniret.


                • l'homme pressé l’homme pressé 27 janvier 2009 16:55

                  @Armand
                  Considérons que de votre part il ne s’agit que d’une simple formule, une façon d’exprimer votre vertueuse indignation.
                  Car sinon, comment expliqueriez-vous votre contradiction à approuver l’abolition de la peine de mort tout en étant prêt à l’infliger à vos semblables : " l’assassin de la crèche en Belgique, ou Durtroux ou Fourniret".

                  Sans compter que s’agissant de l’assassin de la crèche, l’affaire est toute récente et n’a donc pas évidemment été jugée. Qui plus est, il semble l’assassin (qui n’est encore que présumé) soit mentalement déséquilibré, ce qui pourrait le rendre irresponsable de son acte. On est loin du compte, vous voyez...


                • armand armand 27 janvier 2009 17:20

                  On vient de découvrir que ce triste individu, selon toute probabilité, a assassiné une vieille dame d’une façon particulièrement barbare. Fou ou pas, je regrette au cours de l’interpellation qu’on l’ait pas abattu. Même si, j’en conviens, l’étude d’un tel cerveau malade peut sans doute nous apprendre quelque chose.
                  De même, je trouve que la règle de la proportionalité a quelque chose de choquant - pourquoi arrêter un commerçant qui, agressé à coup de hache par une bande de malfrats, a fait feu ? Fallait-il qu’il leur dise - attendez, les gars, je vais me trouver une hache pour qu’on soit à armes égales ?

                  Et comme je l’ai dit plus haut, je trouve déplaisant cette nouvelle mode des voyous qui ergotent sur les peines prononcées au lieu de manifester des regrets. Je pense, bien sûr, à Mme Montet-Toutain, dont la vie a été quasiment détruite par la tentative d’assassinat sur sa personne. Or l’agresseur, dont la peine a été ramenée à dix ans (en fait, combien à l’arrivée, 4, 5 ?) pourra donc sortir et reprendre du service. Tandis que sa victime est marquée à vie. Là aussi, je serais un proche de la victime que je me ferais un devoir de l’attendre, l’agresseur, au moment de sa sortie.

                  Mais, bien entendu, dans notre société nous nous en remettons aux autorités pour nous défendre. Faut-il encore qu’elles remplissent ce rôle.


                • Tonton Tall 27 janvier 2009 17:50

                  En Belgique, la justice est bien trop laxiste. C’est déjà mieux en France et chez les Anglo-saxons.
                  Marc Dutroux sortira un jour, par exemple... y a pas de perpète totale ici


                • William7 28 janvier 2009 11:37

                  Je me souviens de cette émission avec Gino russo qui expliquait aux gosses d’une école maternelle pourquoi il était en désaccord avec la peine de mort pour Marc Dutroux !!


                • Tonton Tall 1er février 2009 19:09

                  Education catho probablement ...


                • Cogno2 27 janvier 2009 15:10

                  Qu’on abolisse d’abord les guerres avant d’absoudre les criminels.

                  N’importe quoi mon pauvre.
                  La guerre est affaire de politique, elle n’a rien à voir la dedans.

                  Ensuite, je ne vois pas en quoi le fait de ne pas tuer au nom de l’état constitue une absolution. Vous êtes ridicule à basculer comme ça à l’extrême pour tenter de prouver votre point de vue.

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