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Accueil du site > Actualités > Société > Affaire Seznec, le rendez-vous manqué de la Justice avec l’histoire

Affaire Seznec, le rendez-vous manqué de la Justice avec l’histoire

Quatre-vingt-trois ans après les faits, Guillaume Seznec ne sera pas réhabilité. Ainsi en a décidé la Cour de cassation réunie en Cour de révision jeudi 14 décembre en rejetant la treizième demande de réhabilitation déposée, cette fois par la Chancellerie elle-même. Contre la réquisition de l’avocat-général qui avait fait part de sa conviction de l’innocence du condamné et dénoncé la machination policière.

Rarement histoire criminelle aura fait couler autant d’encre. Rarement aussi l’institution judiciaire aura semblé aussi figée et aura autant mérité les adjectifs qui la qualifient communément : aveugle, raide...

Si la Justice est censée, par ses décisions, faire cesser les troubles à l’ordre public, la Cour de révision en l’espèce ajoute du trouble au trouble.

L’une des grandes avancées pour le justiciable fut la naissance de la justice administrative qui mettait fin à une conviction selon laquelle "l’Etat ne peut mal faire". Or aujourd’hui, on a confusément le sentiment d’un retour à ce principe dans le domaine sensible du pénal.

La décision de la Cour de révision ramène l’institution judiciaire dans ce qu’elle peut avoir de pire, le refus de l’amendement, de la reconnaissance de l’erreur passée. "L’erreur est humaine, persévérer est diabolique", dit l’adage romain. Siècle après siècle, les hommes semblent condamnés à ne pas tirer les leçons du passé. Et ce n’est pas un hasard si dans le public se trouvaient le petit-fils d’Alfred Dreyfus et l’une des victimes de l’affaire d’Outreau, M. Marécaud, tous deux solidaires du petit-fils de Guillaume Seznec.

Autre élément de malaise, la démonstration que le doute ne profite pas toujours à l’accusé. La Cour de cassation s’en est tenue au droit en se refusant de remettre en cause la culpabilité de Guillaume Seznec quand bien même des éléments tendent à prouver que l’enquête de police menée à l’époque a été orientée pour fabriquer la culpabilité de Guillaume Seznec.

En reconnaissant Guillaume Seznec coupable, la Cour déclare, après un vote à bulletins secrets, qu’elle n’a aucun doute sur sa culpabilité. C’est avec une émotion légitime, la voix chevrotante, que le défenseur de la famille Seznec a, à sa façon, résumé la décision par ces mots : "Mieux vaut innocenter la Justice, plutôt qu’innocenter des innocents."

On comprend et on partage la déception de Denis Seznec, le petit-fils de Guillaume qui a voué sa vie à la réhabilitation de son grand-père. Sa persévérance, son combat n’auront pas été totalement vains. L’opinion publique a elle, dans sa grande majorité, classé Guillaume Seznec parmi les victimes d’erreur judiciaire.


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27 réactions à cet article    


  • jacques (---.---.97.132) 15 décembre 2006 13:42

    La justice suscite une fois de plus un grand doute dans cette affaire et elle n’en sort pas grandie , tant s’en faut . Toute ma sympathie va vers Denis SEZNEC et ses proches . Un directeur d’Ecole à la retraite .


    • Algunet 15 décembre 2006 13:46

      La question n’est pas de savoir si Guillaume Seznec est coupable ou pas, il a été jugé en son temps, mais de savoir si des éléments nouveaux pouvaient justifier une réouverture de ce dossier et donc le réhabiliter éventuellement pour cela. L’élément nouveau n’existe pas, l’erreur n’est visiblement pas prouvée. Quant aux gesticulations (hystériques ?) du petit fils on peut se poser la question d’en connaître les profondes motivations.


      • Philippe VIGNEAU (---.---.82.131) 15 décembre 2006 14:09

        entierement d’accord.

        la justice a quand meme argumente son choix pendant une heure et demie

        on ne peut pas lui reprocher d’avoir fait son boulot cette fois.


      • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 15 décembre 2006 14:14

        Vendre des livres. Il en a déjà sortit un, et il y en a un deuxième à venir.

        Pour une affaire, où il n’a pas apporté de nouvelle preuve, il trouve quand même beaucoup à écrire.


      • (---.---.239.141) 16 décembre 2006 23:14

        Vous êtes drôle vous !! Vous trouvez que 1h30 c’est beaucoup de travail de la part de la justice, mais savez vous que le procès de Maurice Agnelet en cours à Nice dure plusieurs semaines. D’autre part pour l’affaire Seznec il y a eu plusieurs reunions preparatoire à ce verdict. Donc sans savoir, abstenez vous svp !


      • (---.---.101.8) 15 décembre 2006 14:58

        Bien ... il est très parti pris cet article ! J’ai un peu suivi cette affaire, par le biais de qqs articles & émissions consacrées au sujet ; mis à part l’émotion suscitée par le combat du petit fils, il faut tout de même rester nuancé !

        Quand je lis à propos de la justice qu’elle est « aveugle, raide... », je m’attends à une argumentation. Et pour poursuivre, lire : « Si la Justice est censée, par ses décisions, faire cesser les troubles à l’ordre public, la Cour de révision en l’espèce ajoute du trouble au trouble. » ... ne me convainc pas vraiment, le role de la justice étant d’appliquer des textes de lois, pas de maintenir l’ordre public oO. La justice peut se tromper, manquer de moyen ou d’éléments, mais l’on ne peut lui attribuer des qualificatifs de « laxiste », « raide » ou quelqu’autre jugement de valeur ...

        Dans le cas présent, je ne m’avancerai pas sur le verdict, mais quand les 40 + hauts magistrats de france rendent un avis de 40 pages, je ne le metterai pas en doute dans la seconde, sous prétexte que l’opinion *plaidait* pour la réhabilitation.


        • Henry Moreigne Henry Moreigne 15 décembre 2006 15:28

          Tout le paradoxe réside justement dans le fait qu’une décision de justice peut être bien assise sur le plan du droit sans pour autant être ressentie comme légitime. Un paradoxe alimenté par le sentiment que selon la qualité de l’accusé ou du condamné, la sévérité ou le respect au iota près de la régle sera differend. Comme le dit M° Vergès (dont je ne suis pourtant pas fan) malheur aux pauvres. En l’espèce, le malheur de Seznec n’at-il pas été de n’avoir été qu’un pauvre paysan breton ?


        • (---.---.101.8) 15 décembre 2006 16:01

          Tout à fait d’accord :
          - d’une part la loi peut ne pas être adaptée à la société
          - d’autre part les justice pêche parfois, s’incluant dans l’organisation de notre société : les riches sont souvent avantagés (je ne développe pas plus cette thématique rapidement énoncée, cela mériterait un débat à part entière)

          Pour en revenir à l’affaire : seznec est peut être innocent, mais cela n’est pas la question posée au juge ; ils devaient déterminer si oui ou non des éléments nouveaux justifiaient la tenue d’un nouveau procès.


        • woodin (---.---.48.229) 16 décembre 2006 16:56

          Seznec, était il un pauvre paysan breton ? Certainement pas, lisez l’arrêt de la Cour de Cassation et vous verrez qu’outre ses biens à Morlaix, il possédait une propriété à Saint Pierre Quilbignon près de Brest, qu’il avait acheté fort cher un manoir avec des pièces d’or (des dollars américains)qu’il possédait pour une contrevaleur de 65000F de l’époque, alors même que quinze jous avant les faits il venait d’emprunter à sa bonne (belle mentalité !) la totalité des économies d’une vie soit 5000 F. Mes ancètres qui vivaient dans un créche à Plovan, avec le cochon de l’autre côté de la pièce étaient des pauvres paysans Bretons.


        • wilecoyote (---.---.22.186) 16 décembre 2006 07:10

          je vous conseille la lecture du livre de guy Penaud, l’énigme seznec, livre qui reprend point par point les éléments de l’instruction et nous reprendrons ensuite cette conversation sur la « justice aveugle qui s’enferme dans ses convictions »...

          l’interessant dans cette affaire c’est comment tout le monde à un avis sur la question et sur cette satané justice mais que dans le même temps personne n’a pris le temps de se renseigner sur le fond de l’affaire.

          c’est toujours pareil, moins on en connait, plus on l’a ramène, et très fort en plus !

          bonjour chez vous

          @+


          • clairette (---.---.111.192) 16 décembre 2006 13:46

            @ Coyote : pourquoi dites vous que les gens qui la ramènent sont ceux qui n’y connaissent rien ! Il y a quelques années je me suis passionnée pour l’affaire Seznec, j’ai lu (presque) tout ce qui avait été écrit sur cette affaire ! sans parti pris aucun, pas de policiers dans ma famille, pas de « politiques » et même que je ne suis pas bretonne : c’est pour vous dire le manque de parti pris qui motivait mes lectures ; juste un souci de mieux comprendre ! Mon opinion est que Seznec était innocent ! (pour le crime ; au sujet des magouilles, ça il connaissait ! mais il n’était pas le seul, voir l’époque !) Je n’essaie pas de faire du prosélytisme ! mais permettez-moi de garder mes convictions, pourquoi les mettre « plus bas que terre » ! vous avez vos idées, respectez celles des autres, et les miennes en l’occurence.

            Cordialement.


          • liane007 (---.---.212.129) 16 décembre 2006 07:49

            Quelque chose m’échappe ! Il s’agit d’une affaire criminelle. Donc jugée par des jurés civils n’appartenant pas à la magistrature ! La révision acceptée n’aurait-elle pas amené un nouveau procés avec de nouveaux jurés ? Pourquoi donc s’y opposer aussi farouchement ? Ou faut-il croire que les jurés ne sont considérés que comme des guignols manipulés par les magistrats tout puissants ?


            • Penaud (---.---.65.19) 16 décembre 2006 11:47

              La Chambre criminelle de la Cour de cassation statuant comme Cour de révision a rejeté, le 14 décembre 2006, la demande de révision de la condamnation en 1924 de Guillaume Seznec, demande déposée par le Garde des Sceaux en 2001. Il s’agit d’une victoire de la Justice et une victoire de la vérité. La Cour de révision après avoir longuement examiné cette célèbre affaire a définitivement dit, en motivant sa décision, la vérité malgré les pressions de toutes sortes dont elle faisait l’objet depuis plusieurs années, que ce soit celles d’une partie de l’opinion publique, de la presse et de certains milieux politiques. On ne peut que se féliciter de cette décision importante. En effet, les derniers ouvrages publiés ont largement démontré qu’aucun fait nouveau ne pouvait être versé au dossier au bénéfice du condamné. Quand j’ai commencé à travailler sur cette affaire, je n’avais aucun a priori. C’est en étudiant les faits dans leurs détails que je me suis rendu compte que la thèse de l’innocence de Guillaume Seznec ne tenait pas. La décision de la Cour de cassarion met définitivement mettre un terme à cette célèbre affaire judiciaire. A vrai dire le clan Seznec, et plus particulièrement Denis Le Her-Seznec, s’est laissé aveuglé par les drames qu’a vécus cette famille. Il ne peut pas voir la vérité en face. D’une certaine manière, je le plains et je comprends son désarroi. Denis Seznec a émis dans un premier temps le vœu de saisir la Cour européenne de Justice qui s’appelle en fait la Cour de Justice des Communautés européennes. La saisine était vouée à l’échec. Les avocats ont alors signalé, dans une tentative désespérée de sauver ce dossier, qu’ils allaient saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

              Guy Penaud

              auteur de « L’Enigme Seznec » (Editions de La Lauze, à Périgueux)

              Tél. : 05 53 08 11 17 Mail : penaud.guy@wanadoo.fr


              • clairette (---.---.111.192) 16 décembre 2006 13:57

                @ M. Penaud, tout d’abord, j’apprécie l’honnêteté de votre article sur ce forum, qui dédaigne tout anonymat et exprime votre sincérité.

                Toutefois, il n’y a pas eu qu’un seul livre (le vôtre) sur cette affaire !

                Je me souviens en avoir lu plusieurs, comme je l’ai dit plus haut c’était il y a quelques années et je ne pourrai pas vous en donner une liste exhaustive !

                Je peux me tromper, mais je pense que Guillaume Seznec était innocent !


              • woodin (---.---.48.229) 16 décembre 2006 17:18

                Cher Monsieur,

                Votre réaction sensible à la douleur d’un homme qui échoue est compréhensible. Toutefois je pense que l’ancien directeur d’école que vous êtes tirerait grand profit à la lecture de l’arrêt de la cour de cassation. http://www.courdecassation.fr


                • Algunet 16 décembre 2006 20:26

                  Voilà un bon complément d’information qui montre que tout n’est pas si évident et que la dizaine d’éléments nouveaux dans les faits n’en sont pas. Également cela démontre que la réaction obsessionnelle du petit fils ne correspond pas (?) à un désir de réhabilitation mais à un autre objectif que je ne cerne toujours pas...


                • ZEN zen 16 décembre 2006 17:52

                  Pour information

                  Une bonne feuille aujourd’hui dans le Monde(16/12), de Yves Baudelot et JM Bredin, avocats, faisant le point judiciaire sur cette affaire ...


                  • jacko (---.---.183.8) 16 décembre 2006 18:00

                    l’avocat général a quand même proposé la révision mais il n’a pas été suivi... Le fait que , l’inspecteur Bonny, ait été nommé le meilleur « flic de france » dans les années 30 dans le cadre de l’affaire Seznec, l’affaire Stavisky, et la mort du conseiller « Prince » et ait été ensuite été viré de la Police pour magouilles et prévarication n’est évidemment pas une preuve juridique et un fait nouveau et c’est bien dommage.

                    Ayant exercé de 1941 à 1944 ses talents « policiers » dans la bande gestapiste de la rue lauriston et fusillé, avec son chef Henri LAFONT, en 1945 au fort de Montrouge pour collaboration avec l’allemagne ne prouve évidemment pas qu’il ait pu « trafiquer » les preuves à charge dans l’enquête sesznec (ex : la machine à écrire).

                    Ceci bien sûr est tout a fait subjectif et les « vieilleries de l’histoire » n’intéressent plus personne sauf quand sa famille à été touchée.


                    • Tanisse 19 avril 2010 16:53

                      Le problème est que l’e jeune inspecteur stagiaire Bonny n’a eu aucune importance dans l’enquête Seznec. Deux groupes de policiers ont travaillé sur l’affaire, un à Paris, l’autre à Rennes. Sous la direction de deux commissaires et d’un juge d’instruction. Le nom de Bonny n’apparait que 4 fois sur 507 documents du dossier. 43 policiers viendront témoigner au procès de leurs enquêtes respectives ; On est à mille lieues de je ne sait quelle enquête « menée par UN policier » , le plus sinistre soit-il... (15 ans après les faits) Au contraire ce fut un dossier très fouillé,méticuleux dans la mesure où le corps n’avait pas été retrouvé il fallait réunir le maximum de preuves, ce qui fut fait. On peut même être impressionné par la volonté de vérifier minutieusement tous les dires de Seznec, aussi farfelus et mensongers soient-ils !


                    • ChefAlain (---.---.129.110) 17 décembre 2006 03:08

                      Question : Si Maryse LEBRANCHU, ancienne ministre de la Justice, n’avait pas été bretonne, parlerait-on encore de cette affaire qui en est à son 14e jugement ? Pendant ce temps-là, attendent en prison ...


                      • la grafino (---.---.214.150) 17 décembre 2006 23:09

                        Doit-on acquitter Maurice AGNELET puisqu’il n’y a ni cadavre ni aveu ? Quelle sera l’intime conviction des jurés ? En parlera-t-on encore dans 80 ans ? Morlaisienne, je pense qu’aujourd’hui seuls des historiens peuvent encore parler de ce dossier. Denis LE HER SEZNEC, fonctionnaire aux horaires aménagés pour pouvoir abuser de l’usage de l’institution judiciaire au bénéfice de sa seule conviction personnelle (même si elle est respectable !) avec des magistrats déjà submergés d’affaires actuelles. En cas de réhabilitation, Mr LE HER SEZNEC compte-t-il demander des dommages-intérêts à l’Etat Français ? Ou, dans le fond, est-il content de pouvoir continuer l’écriture du feuilleton ? écrit, bien sur uniquement à décharge, avec une sélection délicate de ce qui l’arrange ? En tout cas, l’exhumation par les historiens des dossiers judiciaires de la famille LE HER SEZNEC n’est certainement pas glorieuse pour les intéressés, et j’espère que Denis LE HER SEZNEC n’a pas de descendance !

                        AUJOURD’HUI, LAISSONS LES HISTORIENS TRAVAILLER !!!


                        • hetset hetset 18 décembre 2006 17:48

                          moi j’en ai mare de voir partout dans les jounaux la télé la radio....comment ils présentent l’affaire et comme c’est triste et tout ça ! Seznec est coupable il a été condamné ! et si sa mémoire n’a pas été blanchi c’est qu’il ya une raison ! alos stop à tout les journalistes qui présentent l’affaire comme une erreur judicière


                          • boronali boronali 19 décembre 2006 13:18

                            L’arrêt de la Cour de Cassation sur la révision de l’affaire Seznec est un rendez-vous réussi avec le Droit, malheureusement pas avec l’opinion publique.

                            L’auteur de cet article regrette que la Cour de Cassation s’en soit tenu au droit. Force est de constater qu’en l’espèce, la Cour a parfaitement rempli son rôle puisqu’elle est tenue de juger EN DROIT et non EN FAIT comme les juridictions qui lui sont inférieures.

                            A la lecture de l’arrêt de rejet de la demande de révision, il est clair que la Cour de Cassation a reçu tous les arguments tentant de démontrer l’existence d’éléments nouveaux pouvant engendrer un doute quant à la culpabilité de Guillaume Seznec et donc motiver la tenue d’un nouveau procès d’Assises pour juger de la validité factuelle de la participation ou non de Seznec à la disparition de Pierre Quéméneur.

                            Avec justesse et argumentation, la Cour de Cassation a démontré que l’ensemble des allégations de la défense n’était pas constitutif d’éléments nouveaux. Simplement parce que la quasi totalité de ces éléments sont fondés sur des convictions, des suppositions, des constructions intellectuelles qu’aucun élément matériel ou déclaratoire ne viennent valider (Cf. la machination policière contre Seznec) !

                            La Cour de Cassation a parfaitement rempli son rôle dépassant même sa mission et par là reconnaissant le caractère extraordinaire de la demande en permettant au petit-fils de Seznec et à ses avocats de siéger lors de la réunion de la Chambre Criminelle statuant sur cette affaire en dérogation de l’article 623 du Code de Procédure Pénale. Le petit-fils de Seznec a même eu le privilège accordée par la Chambre Criminelle de s’exprimer en dernier pour clore les débats.

                            La présence d’une des victimes de l’Affaire d’Outreau dans la salle était plus que symptomatique. En effet, ces gens ont été condamnés à tort par une Justice qui s’est laissée orienté par l’opinion publique et le battage médiatique autour de ce sordide canular. A l’inverse, la Cour de Cassation dans l’affaire Seznec ne s’est pas laissé dicter son jugement par une opinion publique massivement convaincue par l’innocence de Seznec, sans qu’aucun élément probant ne vienne étayer cette croyance autre que des téléfilms et des articles à sensation.

                            La Cour de Cassation a donc tranché : au regard du droit, de la procédure et de la Justice, Guillaume Seznec est coupable de meurtre et de faux en écriture.

                            Qu’il soit en fait innocent, ni sa famille, ni ses soutiens, ni ses défenseurs n’ont pu en appporter la preuve matérielle et déjouer ainsi l’accusation, qui elle, détenait de nombreux éléments probants à charge ...


                            • (---.---.114.230) 21 décembre 2006 15:41

                              Outreau, affaire Diels, Ranucci, Agnelet, Dominicy, maintenant Seznec..et toutes celles ignorées du public. La justice usurpe son nom, elle n’est même plus malade, elle est morte..et c’est son spectre, son simulacre qui hante les prétoires et palais de justice.


                              • Scheidermann (---.---.141.2) 22 décembre 2006 08:38

                                Si l’on souhaitait comprendre comment la télé s’y entend parfois pour graver dans le marbre les évidences qu’elle choisit, comment elle parvient à éliminer des justes causes les détails dissonants, il fallait regarder les reportages consacrés par les 20 heures au rejet, par la Cour de cassation, de la demande en révision présentée dans « l’affaire Seznec ». Ce ne fut qu’émotion, colère, et communion nationale dans la détestation de la vilenie judiciaire. Depuis qu’il hante les plateaux de télévision, pour faire progresser la réhabilitation de son grand-père, Denis Seznec est devenu un vivant reproche à l’égard de l’Erreur Judiciaire Majuscule. Pour quiconque ne s’est pas penché en détail sur le dossier, il est parvenu à imposer l’évidence que son grand-père, Guillaume Seznec, a été condamné à tort, en 1924, aux travaux forcés à perpétuité. Et c’est à travers ses seuls yeux que la télévision se braque désormais sur l’événement. A l’unisson, avec une vigueur dont ils font rarement preuve dans la défense d’une cause, les 20 heures font donc de ce rejet leur premier titre désolé, « alors que tout le monde était optimiste », soupire PPDA. L’équipe de France 2 est arrivée à la Cour de cassation dans la voiture de Denis Seznec. Le recevant ensuite sur son plateau, Pujadas l’interroge sur sa vocation, sa vie, son espoir brisé. Pour faire bonne mesure, France 2 interviewe les icônes des erreurs judiciaires, présents à l’audience : Patrick Dils (de l’affaire Dils), Alain Marecaux (de l’affaire d’Outreau) et, complétant la trilogie des erreurs judiciaires (incontestables, elles), Yves Duteil (au nom du capitaine Dreyfus). A la fin de son reportage, la journaliste de TF1 montre en gros plan le livre de Denis Seznec, consacré à La Cause (ouvrage que l’on voit aussi sur France 2). Sur une chaîne comme sur l’autre, pas un mot sur les motivations, les arguments, les raisons, de l’arrêt de la Cour de cassation. Une fois de plus, qu’on se le dise, la Justice est-incapable-de-reconnaître-ses erreurs. C’est dommage. Eussent-ils jeté un oeil sur l’arrêt de rejet, PPDA et Pujadas y auraient découvert à la fois des raisons de douter et, en filigrane, un début d’explication de l’unanimisme médiatique, depuis quelques années, autour du combat de Denis Seznec. Mais la figure du petit-fils, de sa vie consacrée à l’oeuvre, est tellement émouvante, tellement plus vendeuse qu’un aride arrêt ! Et puis, l’innocence du grand-père comme l’autisme de la Justice sont des postulats, qu’il n’est plus besoin de démontrer. Ce que la télévision n’a pas montré, c’est donc la plongée méticuleuse des magistrats de la Cour de cassation dans le dossier, et le soin mis à examiner les « faits nouveaux » avancés par la famille. Ce que le public ne saura jamais, par exemple, c’est que l’un de ces principaux « faits nouveaux » qui eussent dû conduire à la révision était le témoignage, recueilli en 1993, soixante-dix ans après les faits, d’une octogénaire dont il devait s’avérer qu’elle était atteinte depuis 1991 de la maladie d’Alzheimer. Mais, surtout, ce que les reportages télévisés n’ont pas montré, c’est encore une fois, comme dans nombre de ces interminables affaires, la gangrène du Complot, qui dans l’ombre dope, nourrit, et pourrit la conviction, certainement sincère, des partisans de la révision. Ainsi, le scénario sous-jacent à l’hypothèse de l’innocence de Seznec suppose-t-il, sans la moindre preuve, l’existence d’un vaste complot policier, visant à dissimuler un non moins vaste trafic de voitures américaines de la Première Guerre mondiale, en direction de la Russie. Tout cela ne suffit évidemment pas à établir la culpabilité de Seznec. Mais fragilise pour le moins la position des partisans de la révision. Cette image de la sainte colère de Denis Seznec sur les marches du Palais de justice ne peut pas ne pas rappeler, voici quelques semaines, celle des familles de l’équipage du chalutier Bugaled Breizh, déchirant à la porte d’un autre tribunal leurs papiers français, après que la Justice eut estimé que seule une erreur de navigation était à l’origine du naufrage. De la même manière, la télé était depuis le début à leurs côtés. Tout au long du feuilleton Bugaled Breizh, ce fut, de la part de Jean-Pierre Pernaut, par exemple, un festival de moues sceptiques devant chaque rebondissement n’allant pas dans le sens du harponnage par le fameux « sous-marin néerlandais », ou de tout autre scénario fantastique. Les médias accusent la Justice de tenir la culpabilité de Seznec pour un postulat. Mais postulat contre postulat, ils font eux-mêmes postulat de son innocence. Pourquoi cette étrange incapacité des JT, dans certaines affaires, à envisager, même quelques secondes, l’hypothèse de la vérité triste et banale ? Tout se passe comme s’ils s’assignaient pour première tâche de répondre à la demande, jamais éteinte, de croyances, de défiances, et de mythologies. L’Etat camoufle d’inavouables secrets, et la Justice est complice : ce délire de persécution des familles, qu’excuse évidemment la douleur, est imperturbablement sponsorisé par les grands médias audiovisuels. Seznec est forcément innocent, comme aux yeux de Pernaut le Bugaled Breizh ne peut avoir été coulé que par un sous-marin, protégé par les mafias bien connues de l’état-major de l’Otan. Voilà comment le média le plus puissant de France répète que la vérité est ailleurs, et entretient dans les profondeurs du pays la fièvre permanente du complot.


                                • abbv 25 septembre 2008 03:04

                                  Les choses avancent..

                                  Un ouvrage "La mystérieuse affaire Seznec : enfin révélée" a été publié sur internet en 2008. Il est écrit par un américain Albert Baker et un finistérien Bertrand Vilain. Après la consultation de documents notamment dans les archives de Cadillac, les 2 auteurs démontrent qu’un vaste trafic de ces véhicules n’était pas possible. La théorie du complot même si elle séduit est donc une pure invention.
                                  De plus, un trou de plusieurs heures dans l’emploi du temps de Seznec sur le chemin du retour le 26 mai 1923 laisse supposer bien des choses...

                                  Albert Baker & Bertrand Vilain
                                  "La mystérieuse affaire Seznec : enfin révélée"
                                  www.albert-baker.com


                                • de Surmont 16 mai 2010 09:40

                                  Depuis quelques années fleurissent des bouquets maladorants de fausses réalités historiques dont se vantent à longueur de forums leurs auteurs........
                                  Ce sont des hypothèses qu’ils osent asséner au public comme des vérités historiques.
                                  Cela contribue à embrouiller le citoyen lambda qui a déjà du mal à y voir clair.
                                  Pour ceux qui ont envie de lire un travail louable, ne pas hésiter :
                                  http://seznek.monespace.be/wordpress

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