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Accueil du site > Actualités > Société > Affaire Weill : le cauchemar de l’impunité pour les familles

Affaire Weill : le cauchemar de l’impunité pour les familles

Condamné à 12 ans de prison pour viol et agression sexuelle à Nîmes en juin dernier, Patrice Weill a décidé de faire appel. Le 31 août, conformément à la loi, il pourrait être remis en liberté.

Les familles des victimes s’inquiètent pour la sécurité de leurs enfants et pointent le risque d’une éventuelle fuite de l’accusé en première instance. Quant à la défense, elle garde espoir de réduire la peine d’un homme « à la personnalité complexe […] qui n’a jamais nié les faits ». Retour sur l’Affaire Weill, une affaire qui de Marseille à Nîmes sème colère, inquiétude et espoir.

L’onde de choc s’est propagée depuis Nîmes, dans notre département voisin du Gard, pour enfin atteindre Marseille. Si le sujet ne fait plus la Une de la page « faits d’hiver » des journaux locaux, News Of Marseille s’est penché sur cette affaire de mœurs.

Fin juin, Patrice Weill, 56 ans, homme pourtant respectable qui fascinait par son ascension professionnelle, est accusé d’avoir violé sa belle fille âgée de 11 ans jusqu’à ses 14 ans et d’agression sexuelle sur l’une des amie de la fillette, elle aussi mineur. Les jurés des Assises de Nîmes le condamne en première instance à 12 ans de prison. Un verdict sévère pour la défense « qui nous a contraint à faire appel. Les peines à deux chiffres sont habituellement réservées aux meurtriers |…] De plus il n’a jamais nié les faits et présente même des regrets », rappelle Me Bourgeon.

Incarcéré après le verdict du premier procès, Patrice Weill a fait une demande de remise en liberté à la chambre d’instruction d’Appel qui doit statuer ce 31 août. Une démarche tout à fait légale « la loi stipule que l’accusé qui fait appel doit préparer la défense de son nouveau procès dans les mêmes conditions que le premier », rapporte à Marseille la famille de sa belle-fille qui s’est constituée partie civile.

Problème : si Patrice Weill est resté en liberté pendant l’instruction, après que le père de l’une des victimes ait porté plainte en 2008, « c’est grâce à un certificat médical, attestant de sa non dangerosité, qu’il a lui-même fourni mais qui a été reconnu caduc durant le procès », explique Agnès Hermier, la tante.

Expliquer sans excuser

La défense garde tout de même « bon espoir » de leur requête : « Patrice Weill n’est pas un pédophile mais souffre d’une altération du discernement ! » Cette distinction est l’une des stratégies de défense de ses avocats. « Les pédophiles pensent mordicus faire un bien à la victime […] Il savait qu’il faisait du mal à sa belle-fille », explique Me Bourgeon. Difficile pour la famille : « lorsque l’on abuse d’une enfant de 11 ans à raison de 3 à 4 fois par semaine vous appelez cela comment ? »

Durant le procès, certains éléments ont été mis en avant pour expliquer et juger les actes commis sans pour autant les excuser. Sa personnalité dominatrice et en quête de reconnaissance, ses pratiques échangistes et les abus sexuels de son enfance, ne semblent pas étrangers « à cette perte de contrôle », rajoute son avocate. Des pratiques échangistes, « pratiquées avec ses trois épouses dont la première aurait été même forcée », entend bon de rappeler Agnès Hermier.

La défense met aussi en avant le rôle de la femme de Patrice Weill et mère de l’une des fillette qui aurait été probablement au courant. Mais impliquée ou non, « nous sommes pour l’heure en train de juger les délits de Patrice Weill, pas ceux de sa mère », rétorque Eric Plumier, le père de l’une des victime.

Impunité : le cauchemar des familles

La potentielle remise en liberté de Patrice Weill inquiète les familles pour deux raisons essentielles. « L’interdiction d’approcher n’est valable qu’à Nîmes où il n’y a plus personne aujourd’hui ! Rien ne l’empêche d’approcher ma fille », explique le père. Mais ce qu’il redoute le plus, c’est une fuite à l’étranger : « il ne supporte pas la prison, c’est ce qu’il y a de pire pour lui, si il est remis en liberté il pourrait très bien partir ». Une forme d’impunité qui nuirait à la reconstruction des victimes…

Pour voir le reportage sur l'affaire Weill.

Coralie Mollaret - New of Marseille


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3 réactions à cet article    


  • non667 30 août 2011 15:10

    l’arsenal juridique à la disposition de la justice fait la part trop belle aux « hors la loi » (exemple : suppression de la peine de mort ! )
    rien d’étonnant quand on sait qu’elles sont faites par les tous pourris !  smiley smiley smiley
    l


    • LeLionDeJudas LeLionDeJudas 31 août 2011 11:33

      La peine de mort n’a rien de dissuasif, elle n’est là que pour assouvir le désir de vengeance des victimes. Désir Ô combien compréhensible, je serais le premier à prendre un révolver pour faire ma propre justice si l’on touchait à un proche, mais qui n’a pas sa place dans une justice de société qui doit garde la tête froide et montrer l’exemple.

      Il n’y a rien de plus stupide qu’une justice qui assène au condamné la punition qu’elle est sensé empêcher ou elle se mettrait elle-même hors-la-loi en commettant un assassinat.


    • non667 31 août 2011 21:45

      à lion
       La peine de mort n’a rien de dissuasif,
       ? il y en a au moins 1 qui est dissuadé c’est le guillotiné  ! smiley  smiley  smiley
      quand aux autres  ?
      mais j’ai cité le cas extrême sans en faire une histoire
      le laxisme des lois sévit dans bien d’autres domaine bien plus scandaleux par exemple la loi d’autoamnistie des élus pour le financement occulte des partis !

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