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Accueil du site > Actualités > Société > Aide sociale et réciprocité

Aide sociale et réciprocité

Le chapitre III La protection sociale de mon essai Un projet social-libéral pour la France a fait l’objet de nombreuses contestations. Le simple fait d’exiger une réciprocité à l’aide sociale accordée jusqu’à présent sans contrepartie provoque même parfois des réactions scandalisées. Ces réactions me paraissent très exagérées : je ne vois pas en quoi il est scandaleux d’exiger de ceux qui bénéficient de la solidarité nationale une participation à la vie collective, alors que tout le monde est obligé de la financer. La solidarité serait-elle à sens unique ?

Ce texte a pour objectif de préciser mon projet, qui a été mis en place sous une forme différente dans les départements de l’Isère et du Haut-Rhin.

Les mots utilisés dans les discours politiques sont choisis avec le plus grand soin, mais dans un objectif qui n’est pas toujours clair : les discours ne font pas appel à la raison parce que dans les réunions électorales, les débats entre candidats à la radio et à la télévision ou dans les journaux, il ne s’agit pas de convaincre, mais de persuader. Parmi les mots et expressions qui figurent fréquemment dans tous ces discours, il y a évidemment démocratie, responsabilité, liberté, égalité, dignité, citoyenneté, solidarité, identité etc. Le mot fraternité est par contre peu usité, et remplacé par solidarité. Que signifie cette substitution ?

Les trois valeurs fondamentales de la démocratie

L’analyse consiste tout d’abord à examiner l’usage des mots liberté, égalité et fraternité dont tout le monde sait qu’ils figurent dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’article premier fixe les droits fondamentaux de l’être humain  : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »

Liberté

On distingue plusieurs formes de liberté individuelle. Parmi la liste donnée par Wikipedia, on trouve :

  • La liberté civile : elle s'inscrit dans le cadre d'un homme citoyen étant libre de ses actes, tant que ceux-ci ne nuisent pas à autrui et ne sont contraires à aucune loi […].
  • La liberté de culte ainsi que la liberté de conscience : la liberté de culte permet à chaque individu de pratiquer la religion de son choix, la liberté de conscience permet de ne pas avoir de croyance religieuse […].
  • La liberté d'opinion consiste en la liberté de pensée associée à la liberté d'expression : elle permet à chacun de penser et d'exprimer ses pensées sans censure préalable […].
  • La liberté contractuelle : les individus doivent être libres de définir eux-mêmes les termes des contrats qu'ils passent entre eux […]. »
  • [...]

La liberté n'est pas qu'individuelle, il en existe aussi à un niveau global, plus collectif, sous le nom de libertés collectives :

Ces libertés n’ont pas été acquises sans difficulté, en particulier les libertés collectives. La liberté syndicale a été reconnue par la loi du 21 mars 1884, la liberté de la presse par la loi du 29 juillet 1881. Elles ont été modifiées depuis par de nouvelles lois (loi Pleven sur la liberté d’expression de 1972) ou des amendements (Gayssot, 1990).

Ces définitions incluent leurs propres limites puisque toute liberté est limitée par le respect de la loi et l’absence de nuisance imposée à autrui. La loi peut déroger à ces principes si l’intérêt général qui en est l’objectif le justifie, sous le contrôle du Conseil Constitutionnel. J’ai déjà critiqué la notion d’intérêt général défini par la « volonté du peuple » qui n’est que celle de la majorité politique. 

Égalité

La seconde valeur fondamentale de la démocratie est l’égalité « en dignité et en droits ». L’article 7 de la Déclaration précise que tous les citoyens « sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. […] ».

Les concepts précédents de liberté et d’égalité sont qualifiés de « formels », parce que l’exercice des droits qu’ils garantissent à tous est théorique, et dépend des situations matérielles de chacun. Au-delà de l’égalité en droits et en dignité garantie par la Déclaration des droits de l’homme, est donc apparu le concept d’égalité matérielle appelée aussi réelle, qui consiste à répartir les richesses de façon équitable pour permettre à tout le monde l’exercice des libertés individuelles. Le rôle de la loi n’est plus alors limité à l’égale protection des citoyens. L’égalité réelle a maintenant remplacé implicitement l’égalité en droits.

L’égalité réelle est l’égalité des résultats et non l’égalité des chances, et ces deux notions d’égalité sont incompatibles comme le montre tout jeu de hasard, où les chances de gagner sont les mêmes pour tous les joueurs, mais où il y a des gagnants et des perdants. Elle est assurée par des droits-créances, qui sont des créances possédées par des citoyens sur la collectivité suivant des critères fixés par la loi. Ces droits-créances sont réciproquement des dettes de la collectivité envers les bénéficiaires et caractérisent une inégalité en droits.

Fraternité

La fraternité est la troisième valeur fondamentale de la démocratie. Elle n'apparaît pas explici­tement dans les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, à part dans la devise de la République.

Elle existe de façon naturelle au sein d’une famille et est caractérisée par le partage des tâches domestiques. Elle s’étend aussi à la communauté de travail : on aide un voisin à moissonner son champ, en sachant qu’il viendra à son tour aider aux vendanges. « Chaque homme étant également faible sentira un égal besoin de ses semblables ; et connaissant qu’il ne peut obtenir leur appui qu’à la condition de leur prêter son concours, il découvrira sans peine que pour lui l’intérêt particulier se confond avec l’intérêt général » (Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome I, p. 64, Garnier Flammarion, Paris, 1981). Il s'agit ici d’un échange de bons procédés non contractuel.

La fraternité n’est pas un sentiment naturel en dehors du cercle familial et communautaire. Elle s’étend maintenant à la famille élargie, à des communautés professionnelles, religieuses, à un compagnonnage professionnel, scolaire ou militaire (voir le blog d'Yves Michaud). L’action en commun la renforce, parce qu’elle incite à la participation, à la collaboration, et qu’à plusieurs, les hommes peuvent faire face à des situations qu’il leur serait impossible de surmonter individuellement, mais il n’y a plus nécessairement de relation directe entre les individus.

Elle consiste aussi à assister une personne en difficulté ou en danger. L’explication de cette assistance est l’empathie, la participation à la souffrance d’un être humain. Cette empathie n’exige aucune réciprocité, et la fraternité trouve ici sa récompense simplement dans la satisfaction du devoir accompli, et dans l’idée que la personne aidée aurait agi de la même manière si on avait été à sa place.

La fraternité s’adresse enfin à l’humanité tout entière depuis la mondialisation de l’information : augmentation considérable des déplacements individuels, professionnels ou touristiques, couverture mondiale de tous les événements importants de la planète, exhibition des drames humains se produisant à des milliers de kilomètres, etc. On se sent beaucoup plus concerné par un drame dans un pays que l’on a visité que dans un pays que l’on ne connaît pas, par les effets d’un ouragan vus à la télévision que ceux dont on a simplement entendu parler ….

Il serait illusoire de croire que la fraternité est comprise de la même façon par tous. L’empathie que l’on ressent devant une situation de détresse est ressentie de façon individuelle et dépend de l’éducation que l’on a reçue, de la culture de la communauté dont on fait partie. Dans certains pays, la fraternité s'arrête à la famille.

Il y a aussi un facteur historique : les ONG occidentales sont souvent nées du sentiment de culpabilité que la colonisation a fait naître dans les peuples colonisateurs. Inversement, c’est une revendication à l’égalité et à la liberté que la colonisation a provoquée dans les populations colonisées, et une exigence de réparation après la décolonisation.

Enfin, lorsque la fraternité est une privation en faveur d’un étranger, elle demande un effort bien plus facile à faire lorsque l’on dispose d’un bien-être matériel assuré. Cela explique que la quasi-totalité de l’aide humanitaire vienne des pays riches. Le facteur culturel joue ici encore un rôle, les pays de culture protestante participant en proportion plus importante de leur richesse au financement des ONG que les pays de culture catholique. L’explication est dans le rapport des gens à l’argent conditionné par la religion et la culture (voir Gerard Verna, « Le comportement des ONG engagées dans l’humanitaire : selon leur culture d’origine et les pressions politiques subies, Anthropologie et sociétés, 312 (2007) :25-44). 

De la fraternité à la solidarité

La fraternité est un sentiment individuel. Pour qu’elle soit réglementée, sa transposition dans le champ politique est nécessaire : il s’agit alors de la solidarité (Yves Michaud).

Par suite de cette transposition, la solidarité est souvent confondue avec la fraternité. Il ne s’agit pas toutefois de la même notion : la fraternité est un sentiment que chacun est libre de ressentir ou non, la solidarité est un partage réciproque et équitable des richesses et des tâches organisé par l’État. L’objectif de la solidarité est l’égalité réelle, et elle est imposée par la loi.

L’acceptabilité des inégalités dans une population pose problème, parce qu’elle est à l’origine individuelle : on supporte beaucoup mieux les inégalités qui sont en notre faveur ! C’est l’État, plus exactement le pouvoir politique en place, qui fixe le niveau d’acceptabilité. Ce niveau est donc instable, n’est pas le même partout, et varie suivant les normes de la majorité politique. La différence des niveaux fixés par les gouvernements est visible dans la fiscalité qu’ils mettent en place. Les inégalités sont plus mal supportées en France que dans les pays anglo-saxons, bien qu’elles soient plus limitées.

La transposition de la fraternité à la solidarité transforme le don, fondé sur la compassion et la générosité des individus, c’est-à-dire sur la fraternité, en « impôt de solidarité » dû par tous les contribuables (nous y incluons les prélèvements sociaux). L’État entretient la confusion entre la première, volontaire, et la seconde, obligatoire, en appelant cette dernière « justice sociale » et en faisant appel aux mêmes sentiments que la fraternité pour justifier les prélèvements obligatoires qui ne sont plus destinés au fonctionnement de l’État, mais à atteindre l’égalité réelle.

La fraternité est donc une valeur morale qui consiste en un devoir individuel, celui d’aider son prochain avec l’espoir d’une réciprocité ou la satisfaction du devoir accompli. La solidarité est le droit-créance à la redistribution des richesses sans exigence de contrepartie.

Impôt de solidarité et réciprocité

L’impôt qui finance un bien collectif (les écoles, les routes …) ou une fonction régalienne de l’État (la police, l’armée …) correspond à un service que seul l’État peut rendre, et qu’il rend à tous : il n’y a pas de privation arbitraire de richesses puisque chacun profite de ce bien collectif ou du service rendu. Par contre, le produit de l’impôt de solidarité est redistribué entre les citoyens suivant des critères fixés par l’État : il y a donc diminution de la richesse de l’un au profit de l’autre.

Le droit de propriété cité dans la Déclaration de 1789 et dans le préambule de la Constitution française actuelle est défini par l’article 544 du code civil : « la propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements ». L’impôt de solidarité ne respecte pas ce droit constitutionnel puisqu’il s’agit d’un prélèvement sans contrepartie. La justification de cette restriction est apportée par le Conseil constitutionnel, qui juge la validité de la loi de finance en regard de l’intérêt général défini par l’égalité réelle.

La mesure que nous proposons ici consiste à imposer une réciprocité à la perception d’aides sociales caractéristiques de l’égalité réelle.

Les bénévoles qui aident les familles en difficulté n’attendent rien d’autre qu’une réciprocité future, un remerciement et de la reconnaissance, qui ne viennent pas toujours d’ailleurs, mais la satisfaction du devoir accompli leur est déjà suffisante. L’argent et le temps qu’ils consacrent à ces activités sont décidés par eux-mêmes, ce qui leur permet de réagir à des demandes d’aide abusives ou de cesser leur activité pour une raison personnelle. 

L’aide de l’État est de nature différente : les contribuables n’ont le choix ni du destinataire, ni du montant de l’impôt, ni de cesser leur participation. Cette obligation, privative de liberté et contraire au droit de propriété, ne peut être acceptée que sous condition d'une contrepartie venant des bénéficiaires. C’est la collectivité qui est en droit d’attendre une réciprocité à l’aide sociale et à la redistribution, qu’il faut bien sûr placer à la hauteur des possibilités de chacun. Pour être acceptée de tous, la solidarité ne doit pas être à sens unique. Nous proposons donc de cesser d’accorder des aides sociales sans contrepartie, et de mettre en place une exigence de réciprocité. C’est ce qu’ont fait, d'une façon différente de la proposition qui suit, certains Conseil généraux comme celui de de l’Isère, et qui ont été condamnés par le tribunal administratif.

Travaux d’intérêt général

Il faut savoir, avant de condamner cette proposition, que beaucoup d’aides sociales sont déjà actuellement récupérables à la succession, ou même financées par leurs enfants et petits-enfants. Ce qui est proposé, c’est de systématiser cette forme de réciprocité et de la gérer de façon que les familles puissent rembourser d’une façon ou d’une autre les aides perçues. C’est aussi de libérer les enfants et petits-enfants de cette obligation alimentaire souvent très mal acceptée, et qui revient à les considérer comme responsables de leurs parents sous le prétexte d’une solidarité « intergénérationnelle » qui ne figure dans aucun texte constitutionnel et à laquelle personne n’est obligé d’adhérer.

Pourquoi ne pas demander l’aide de bénéficiaires du RSA, au lieu celle de l’armée, en cas de catastrophes naturelles par exemple ? Pourquoi ne pas demander à des parents d’élèves dispensés du paiement de la cantine de leurs enfants de participer à l’organisation d’activités extra-scolaires ou d’exercer les fonctions de pompier volontaire ? À des étudiants bénéficiaires de bourses d’études ou de l’aide personnalisée au logement de donner des cours de soutien aux élèves en difficulté, ou de les rembourser peu à peu lorsqu’ils auront trouvé du travail ? Inversement, certaines aides ne doivent pas être concernées par la réciprocité, en particulier celles qui sont destinées aux mineurs.

La mise en place administrative de l’aide sociale solidaire nécessite la création d’un compte social pour chaque famille qui en bénéficie. Ce compte social doit comptabiliser en débit toutes les aides perçues, et en crédit les travaux d’intérêt général effectués, les remboursements, … La solidarité devient un prêt. Le solde est calculé à la succession, et s’il est débiteur, il est pris en charge par l’impôt. En centralisant toutes ces informations, on facilite l’application de la réciprocité, on réduit les aides inutiles et non dues, on diminue les frais de gestion, et la société récupère une partie des aides accordées.

Conséquences

On peut espérer des conséquences positives de la mise en œuvre de ce principe de réciprocité sur les comportements individuels.

  • Il responsabilise le bénéficiaire d’une aide sociale qui, sachant qu’il devra la rembourser d’une façon ou d’une autre, sera incité à ne la demander qu’en cas de besoin.
  • Il rassure le contribuable qui sait que sa contribution à l’aide sociale rend service et qu’elle sera en fin de compte restituée à la société : il y a une contrepartie à l’impôt de solidarité.
  • Il évite la désocialisation de ceux qui sont en grande difficulté, en leur imposant une participation, à la hauteur de leurs moyens, à la vie de la collectivité en échange d’un hébergement, de soins médicaux, etc.
  • Il préserve l’aide humanitaire aux personnes en grande détresse sans en rendre responsables leurs enfants.
  • Il donne à chacun une possibilité de réussite sociale indépendante de sa situation personnelle initiale.
  • La diminution attendue de l’aide sociale signifie la baisse de l’impôt de solidarité.

Solidarité réciproque

La solidarité réciproque n’abandonne pas les personnes en difficulté à leur sort et empêche leur marginalisation en leur imposant une participation à la vie collective. Elle est logique dans la mesure où l’obligation de participer à la solidarité ne concerne pas seulement ceux qui la financent, mais aussi ceux qui en bénéficient. Prenant la forme d'un prêt, elle respecte autant que possible la liberté individuelle et le droit de propriété, et laisse chacun libre de participer ou non à des actions humanitaires et sociales faisant appel à la fraternité.

 


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23 réactions à cet article    


  • Bartneski Bartneski 18 avril 14:10

    Il est temps de changer d’Ere :



    • Paul Leleu 19 avril 13:30

      @Bartneski


      l’aide sociale n’est pas une générosité... c’est la restitution (lamentable) d’une toute petite partie du brugandage capitaliste contre le peuple... on ne remercie pas un voleur qui rend une petite part de son larcin. 



    • foufouille foufouille 18 avril 14:14

      deuxième crotte libérale du jour et très gratinée de la part d’un planqué.
      "Pourquoi ne pas demander à des parents d’élèves dispensés du paiement de la cantine de leurs enfants de participer à l’organisation d’activités extra-scolaires ou d’exercer les fonctions de pompier volontaire ? À des étudiants bénéficiaires de bourses d’études ou de l’aide personnalisée au logement de donner des cours de soutien aux élèves en difficulté, ou de les rembourser peu à peu lorsqu’ils auront trouvé du travail ? Inversement, certaines aides ne doivent pas être concernées par la réciprocité, en particulier celles qui sont destinées aux mineurs."
      bonne idée pour supprimer des emplois en les remplaçants par des bénévoles non formés.
      et comment il va faire pour les soins médicaux ?
      arbeit macht freï ?
      à moins le médecin soit un dieu vivant capable de tout avec ses pouvoirs magiques en faisant piiuu ........


      • Spartacus Spartacus 18 avril 17:17
        Simplement parce que les aides ne pas contractuelles.

        Pourquoi ne pas demander l’aide de bénéficiaires du RSA, au lieu celle de l’armée, en cas de catastrophes naturelles par exemple ?
        Parce qu’ils ne sont ni qualifiés, ni formés et ont d’autres problèmes à régler.

         Pourquoi ne pas demander à des parents d’élèves dispensés du paiement de la cantine de leurs enfants de participer à l’organisation d’activités extra-scolaires ou d’exercer les fonctions de pompier volontaire ?
        Parce qu’ils ne sont pas pédagogues ou disponibles ou intellectuellement responsables et ont d’autre priorités de court terme et qu’il faut mieux faire un choix de gens motivés que de gens obligés.

         À des étudiants bénéficiaires de bourses d’études ou de l’aide personnalisée au logement de donner des cours de soutien aux élèves en difficulté, ou de les rembourser peu à peu lorsqu’ils auront trouvé du travail ?
        Parce que ce n’est pas contractuel.

        En fait les aides macro-économiques répondent à des critères, elles n’ont pas à se justifier ni se rembourser. Parfois elles ne sont mêmes pas pertinentes.
        Déja qu’une grande partie des concernés refuse les aides pour peur de fichage, de stigmatisation ou fierté, il ne faudrait pas un refus pour peur d’engagement à rembourser.

        Seules les aides micro-économiques individuelles et uniques (ad personnae), pourraient répondre à ces demandes de remboursement. Mais dans tous les cas la licité et l’éthique impliquerait la contractualité de celles ci.

        • wald 19 avril 11:37

          Un excellent post de Spartacus. C’est rarissime, mais à saluer les 36 du mois quand ça se produit. 

          et qu’il faut mieux faire un choix de gens motivés que de gens obligés

          Pour la bonne raison qu’il n’y a pas de société développée sans productivité du travail élevée. Avec tout ce que ça implique socialement et économiquement.
          Evidemment, on divergerait vite avec Spartacus sur le fait que les très bons arguments (motivation, effort de formation, ardeur au travail) qu’il emploie contre ce type d’emploi de fait forcé sont utilisés par les défenseurs du salaire minimum. Mais, ne chipotons pas. smiley

        • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 19 avril 12:06
          Les militaires de carrière et les bénévoles ne sont ni plus compétents, ni mieux formés à ramasser le goudron sur les plages.

          Les parents d’élèves qui accompagnent les élèves en sorties scolaires sont des bénévoles, pas des pédagogues. Ils ont aussi d’autres priorités, en particulier ils sont pour la plupart « obligés » de travailler. 

          Beaucoup d’étudiants donnent déjà des cours particuliers ou dans des écoles privées, travaillent pendant les vacances, financent leurs études par un prêt d’honneur.

          Un refus par peur du fichage, de stigmatisation ou fierté ? A voir l’augmentation du nombre de bénéficiaires on n’en a pas l’impression. Un refus par peur d’engagement ? Quand on achète un logement, on ne refuse pas le prêt.

        • foufouille foufouille 19 avril 12:13

          @Thierry FOUCART
          ces bénévoles sont encadrés et volontaires. rien à voir avec ton STO.
          un étudiant donnent des cours si il est compétent avec un diplôme.
          toujours pas de STO.


        • wald 19 avril 13:11

          @Thierry FOUCART

          Les militaires de carrière et les bénévoles ne sont ni plus compétents, ni mieux formés à ramasser le goudron sur les plages.

          Je ne vois pas déjà en quoi un militaire est représentatif de la population. Nettement plus forts physiquement et endurants que la moyenne, plus jeunes, plus masculins que le reste de la population, qui ont été sélectionnés via des tests physiques et psychotechniques, alors que beaucoup de chômeurs sont âgés et en moins bonne santé (même par rapport à leur âge). On parle aussi de gens formés au terrassement, à l’utilisation d’engins et aux travaux du génie. Les militaires se connaissent, travaillent sous l’ordre d’officiers qu’ils connaissent, ils sont entrainés à fonctionner collectivement. Excusez mois, mais votre comparaison me parait trop reposer sur des clichés « troufion qui fout rien dans sa caserne, se branle sur des BD pornos et a 80 de QI ». 

          Beaucoup d’étudiants donnent déjà des cours particuliers ou dans des écoles privées, travaillent pendant les vacances, financent leurs études par un prêt d’honneur.

          Oui, je me rappelle mes années au McDonald’s. Payé, au milieu d’autres étudiants payés, ça coûtait à notre employeur, donc avec un travail qu’on cherchait à rentabiliser et organiser. Plus bénéfique pour tout le monde, les employeurs, les employés et la société que des gars payés à 2 euros de l’heure dont on se fout de la productivité. Trouver un moyen de faire travailler des chômeurs n’est pas la question, c’est qu’il faut leur trouver un emploi normal, qu’on peut payer normalement, ou sinon ils ne travaillent pas. Si c’est faute de formation, on les envoie en formation, y compris contre leur volonté s’ils veulent ne pas travailler, mais s’ils ne sont pas employables au niveau du SMIC (handicapés, psychologiquement trop démotivés, « cas sociaux »), ils sont inemployables et la collectivité doit payer pour leur survie. 

          Les parents d’élèves qui accompagnent les élèves en sorties scolaires sont des bénévoles, pas des pédagogues. Ils ont aussi d’autres priorités, en particulier ils sont pour la plupart « obligés » de travailler.

          L’encadrement scolaire est un métier. On a vu dans plus d’une ville avec la réforme des rythmes scolaires des cas sociaux sous-payés utilisés par les mairies pour remplir les nouveaux créneaux horaires. Certes, j’ai entendu de savoureuses anecdotes de la part d’enseignants, mais c’est quand même cher payé.


        • julius 1ER 19 avril 13:23

          @foufouille


          l’auteur est un nostalgique du bon vieux temps .... le STO quelle belle époque !!!!

        • Blé 18 avril 18:16

          Quand on demandera aux rentiers, aux puissants, au MEDEF, au CAC40, aux assurances et transnationales le même effort que l’on demande aux travailleurs, vous serez peut-être crédible.

          La seule fraternité que ces gens là connaissent c’est leurs intérêts bien compris. Assez de prendre les gens pour des imbéciles. Lisez donc les auteurs Pinson-Charlot, ils vous parleront de la violence des riches en vers les classes sociales qui ne ne sont pas de leur clan, violence dont vous faîtes complètement abstraction.


          • wald 19 avril 11:47
            Contrairement à ce que vous racontez, il y a des obligations légales de chercher du travail contre aides sociales, les seuls exemptés sont les minimas liés au handicap et le minimum vieillesse. Et dans la pratique, je n’ai jamais vu de personne employable seulement inscrite à Pole Emploi qu’on laissait libre dans la nature si elle avait une vraie employabilité (c a d pas un type dont on peut tirer tous les 3 mois 3 heures de standard téléphonique, 2 de saisie et 2 de surveillance faute d’autres qualifications). 

            • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 19 avril 12:14

              @wald
              Vous avez en partie raison, mais d’autres aides sociales existent sans recherche de travail : APL, prime à la cuve, CMU, aide à la complémentaire santé, exonérations diverses, etc. Cherchez donc une femme de ménage dans le sud de la France qui veuille être déclarée !


            • foufouille foufouille 19 avril 12:14

              @wald
              le RSA et l’inscription à paulnemploi n’est pas toujours obligatoire.


            • foufouille foufouille 19 avril 12:15

              @Thierry FOUCART
              c’est certainement pour 4€ de l’heure ou juste une heure à 10km ............


            • wald 19 avril 13:24

              @foufouille

              Tout à fait d’accord, mais le gens que j’ai pu connaitre dans ce cas là n’étaient pas employables, ou très difficilement. J’ai deux amis proches qui étaient un moment à Pole Emploi, un en catégorie C (plus de 78 h/mois) et l’autre travaillait régulièrement l’été dans le tourisme. Les deux étaient employables, avaient un bon niveau d’études, des compétences dans des secteurs où il y a de la demande (enseignement, tourisme). P Emploi ne les a jamais lâchés dans la nature, c’est certes pas grâce à lui qu’ils travaillent en CDI aujourd’hui, mais ils n’a jamais été question qu’ils fassent ce qu’ils veulent (ça n’a jamais été leur intention de toute manière).

            • foufouille foufouille 19 avril 15:58

              @wald
              oui, en effet, ce sont des gens malades, invalides, en attente d’une autre solution ou de femmes seules avec des enfants. dans ces cas, tu est suivi par une assistante sociale.
              donc STO impossible.


            • julius 1ER 20 avril 08:52
               Cherchez donc une femme de ménage dans le sud de la France qui veuille être déclarée !

              @Thierry FOUCART

              et ce commentaire que vous faîtes ... ne vous interpelle même pas ???
              si vous avez une retraite misérable et que vous déclarez un revenu médiocre à côté vous allez risquer de voir votre retraite rabotée justement à cause d’un revenu ponctuel et aléatoire !!!

              faut -il vous mettre les points sur les i pour que vous compreniez ..... les riches peuvent cumuler les salaires et les revenus mais les pauvres non sans risquer de mettre en péril leur revenu principal qui est une retraite ou un boulot mineur !!!

            • julius 1ER 19 avril 13:19
               Ces réactions me paraissent très exagérées : je ne vois pas en quoi il est scandaleux d’exiger de ceux qui bénéficient de la solidarité nationale une participation à la vie collective, alors que tout le monde est obligé de la financer. La solidarité serait-elle à sens unique ?

              @l’auteur,

              est-ce ce que dans votre contrepartie (contrepèterie ) vous demandez aux banques privées de nous rembourser ce que nous citoyens /contribuables avons dû débourser pour les renflouer après la Crise de 2007/8 ????

              et dans le même ordre des choses aux CAC 40 de payer leurs impôts dans ce pays !!!

              on voit que vous êtes épris de justice, le RMIste ira nettoyer les plages à ces frais, payera les péages (à nos rentiers Eiffage et Vinci ) pour aller travailler bénévolement .....

              et ainsi après avoir traversé la France et le coût du transport qui va avec ..... il ira pointer à l’ Armée du Salut pour survivre et finir la fin du mois .... pendant que nos Députés vont blablater tous frais payés sur l’insécurité et la fainéantise des assistés !!!

              sacré auteur, à défaut d’être un vrai bouffon, j’espère que le Capital vous rémunère à la page pour casser du pauvre à longueurs de forum !!!!


                • ZenZoe ZenZoe 19 avril 14:41

                  @ L’auteur
                  Vous êtes sacrément bardé de diplômes dites-donc ! Et toutes ces études que vous avez faites aux frais des contribuables, les avez-vous remboursées au moins ?
                  En fait, vous qui avez passé toute votre vie en université, bien à l’abri des aléas, ayez au moins la décence de vous taire et de ne pas commenter sur des vies qui vous échappent totalement. Moi je ne suis pas agrégée ni docteur, mais j’ai compris deux choses depuis longtemps :
                  1) Soit il y a du travail et on emploie les gens avec un vrai contrat et un vrai salaire, soit il n’y en a pas et on les laisse tranquilles au lieu de vouloir à tout prix leur mettre un balai dans les mains, histoire de bien les rabaisser encore plus n’est-ce pas ?
                  2) Ne voyez-vous pas qu’on glisse très doucement vers le retour d’une forme d’esclavage ? Emplois de service, stages, bénévolat « obligatoire », tout est fait pour payer les gens le moins possible, vous êtes aveugle ou quoi ?


                  • Thierry FOUCART Thierry FOUCART 19 avril 16:28
                    @ZenZoe
                    Oui, je les ai remboursées par une quantité de travail que vous n’imaginez visiblement pas. J’ai travaillé tous les jours pendant mes études, y compris les dimanches et pendant les vacances. Et après ma retraite de l’université, j’ai continué à travailler jusqu’ à 70 ans, comme certains chefs d’entreprise que je connais bien ! Et ma vie a été pleine d’aléas pas toujours heureux !

                    La forme d’esclavage vers laquelle on glisse, c’est celle de l’URSS, du goulag pour les intellectuels et du génocide pour les koulaks. Et la misère pour les autres.

                    Des vies qui m’échappent totalement ? Qu’en savez-vous ? Tenir un balai n’a rien d’humiliant, pas plus que d’être facteur, aide-soignante, ou universitaire.

                    Quand quelqu’un gagne bien sa vie, on devrait se demander comment il fait plutôt que d’en être jaloux et d’exiger qu’il partage en prétendant qu’il exploite les autres. Il faut relire la Cigale et la Fourmi.

                  • foufouille foufouille 20 avril 10:16

                    @Thierry FOUCART
                    comme tu es à la retraite, tu ferais mieux de te taire car tu seras la cible suivante de ton STO.


                  • julius 1ER 20 avril 08:42

                    La forme d’esclavage vers laquelle on glisse, c’est celle de l’URSS, du goulag pour les intellectuels et du génocide pour les koulaks. Et la misère pour les autres


                    @l’auteur,

                    que de clichés... il n’y avait pas de misère en ex-URSS contrairement à ce que vous dîtes, beaucoup de gens n’étaient pas très riches, ils avaient de l’argent mais ce sont les magasins qui ne suivaient pas en articles et objets en tous genres la faute à un système de distribution défaillant mais surtout à cause d’une politique d’armement démentielle qui engloutissait les 2/3 du PIB .....

                    mais cela était complètement voulu par l’ouest qui avait décidé de tuer le système communiste de cette manière en maintenant une course à l’armement et au surarmement sur un rythme effréné .....
                    c’est d’ailleurs ce qu’est en train de faire Trump en ce moment relancer cette course afin d’épuiser économiquement les adversaires.... 

                    les américains eux la finance en faisant marcher la planche à billets, ils émettent des milliards de dollars et tant que leur monnaie sert de monnaie de référence, tout cela peut continuer en fait ce sont les autres qui paient !!!!

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