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Air France autorise les expulsions à bord de ses avions : un moindre mal pour les clandestins

Les actionnaires d’Air France ont rejeté la motion présentée par les élus du comité central d’entreprise, les invitant à interdire les expulsions de sans-papiers à bord des avions du groupe. Paradoxalement, cette délibération est un moindre mal pour les clandestins.

La police aux frontières pourra continuer à reconduire les sans-papiers par les vols d’Air France-KLM. Ainsi en ont décidé les actionnaires du groupe, en dépit de la motion déposée par les élus du comité central d’entreprise.

De fait, l’assemblée générale a excipé de son incompétence, estimant qu’il s’agissait plus d’une décision de gestion, ressortissant à la direction. Le factice argument commercial, mis en avant par les syndicats, n’aura donc pas convaincu.

Cette décision a certainement dû être accueillie avec soulagement par... les associations de défense de sans-papiers. En effet, empêcher la Paf d’emprunter les vols réguliers pour des expulsions, aurait pu avoir pour effet de remettre au goût du jour les charters.

Or, ces derniers présentent au moins deux inconvénients selon l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (ANAFE) : « un risque de dérapage accru en l’absence de témoins » et « la recherche abusive d’étrangers à refouler », en vue de rentabiliser les voyages. Il faut savoir qu’un « vol groupé » coûte plus de 150 000 euros, selon la direction de la police.

En outre les reconduites individuelles à la frontière offrent aux sans-papiers un moyen dilatoire détourné : le « refus d’embarquer ». Ceux qui s’en rendent coupables sont certes inculpés et risquent en sus de l’expulsion, une interdiction de séjour. Sauf que, le juge judiciaire, traditionnellement plus clément que le juge administratif, peut accorder un ajournement de la mesure. Salif Kamaté, le Malien qui était à l’origine de l’annulation d’un vol d’Air France le 26 mai dernier, en a bénéficié. Le tribunal de grande instance de Bobigny lui a accordé jusqu’au 14 mars 2008 pour régulariser sa situation.

Ainsi, le blanc-seing accordé par l’assemblée générale d’Air France-KLM est un moindre mal pour les clandestins.

Pour l’anecdote, un actionnaire a suggéré que « ces énergumènes (les sans-papiers) soient mis en soute et voyagent avec les chiens ».


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8 réactions à cet article    


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 17 juillet 2007 14:31

    De quel droit une société privée pourrait-elle s’arroger le droit de refuser l’exécution d’une sentence décidé par un état de droit.

    En gros, vous dites qu’une société, si son conseil d’administration le décide, pourrait reverser des produits cancérigènes dans une nappe phréatique qui sert à la population d’une grande ville.

    C’est la même chose, dans les deux cas on parle d’une société qui de son propre chef, refuserait d’appliquer une loi démocratiquement voté.

    On n’est pas encore dans une république bananière, où les sociétés n’ont qu’à donner un pot de vin, pour ne pas avoir à appliquer les lois.


    • Gazi BORAT 18 juillet 2007 07:49

      @ Chris Wilkinson

      « ..de quel droit.. »

      .. en invoquant la sécurité du vol, par exemple..

      Un individu désespéré qui parviendrait à se libérer de ses liens et prêt à tout dans son désespoir..

      L’Administration Pénitentiaire n’utilise pas les transports en commun lors de ses transferts de prisonniers..

      gAZi bORAt


    • nipalm nipalm 18 juillet 2007 13:18

      « une loi démocratiquement voté » ?!?

      Je n’ai pas le souvenir que ne serai-ce qu’une seul loi ne soit jamais passer par les urnes.


    • Greg 19 juillet 2007 03:27

      «  »une loi démocratiquement voté" ?! ?

      Je n’ai pas le souvenir que ne serai-ce qu’une seul loi ne soit jamais passer par les urnes."

      Je voudrais réagir à ce message qui montre manifestement une incompréhension dans le fonctionnement de notre système démocratique.

      En effet, la démocratie telle qu’elle est appliquée dans toutes les démocraties actuelles ne consiste pas à faire voter directement les lois par le peuple (comme c’était le cas à Athènes), mais à élire des représentants qui se chargent d’examiner les lois.

      Je pense acquis qu’en France nous puissions dire que ces représentants sont élus au cours d’élections libres et transparentes. C’est dans ce cadre que nous pouvons dire que la loi a été démocratiquement votée.

      On peut ne pas être d’accord avec ce concept mais cela engendre une remise en cause bien plus profonde de nos institutions, et je ne vois pas bien comment nous pourrions aboutir à un système aussi performant. Si vous avez des idées, je suis preneur.

      Personnellement et pour faire un lien avec l’article, je pense que notre système politique est perfectible, néanmoins comme disait Kennedy, c’est le moins pire qu’on ait trouvé.

      De plus, si notre système n’est pas démocratique je me demande pourquoi tant de désespérés essaie de venir en France.

      Cordialement,

      Grégory


    • Gilles Gilles 17 juillet 2007 21:25

      Les associations qui défendent les explusés ne sont pas aussi cyniques que vous le laissez croire. Il ne faut pas oublier qu’il y a déjà eu plusieurs morts de personnes reconduites à bord d’avion, où une application trop longue de la technique du coussin pour masquer leurs cris leur a été fatale : Semira Adamu en 98 sur un vol Sabena, Aamir Mohamed Ageeb en 99 sur vol Lufthansa, Marcus Omofuma au départ de Vienne, Khaled Abuzarifeh en 99 sur Swissair, Ricardo Barrientos en 2002 sur Air France, Getu Hagos en 2003 sur Air France... Je ne parlerai pas après ces morts vérifiables de « moindre mal » ! Quant à dire qu’Air France doit appliquer la loi, c’est aller un peu fort. Il s’agit d’un marché public que rien n’oblige Air france à reconduire lors de sa prochaine échéance annuelle : un simple recommandé permet de le dénoncer.


      • nipalm nipalm 18 juillet 2007 13:21

        Et gégène à porté de main au cas ou ?


      • Aline 18 juillet 2007 12:54

        Pour remplir les quotas d’expulsions fixés par l’actuel gouvernement, de véritables rafles sont organisées contre les sans-papiers. Leurs existences bascules à l’occasion de contrôles qui les mènent directement en centre de rétention administrative, cette prison qui ne dit pas son nom ! Après l’emprisonnement (possible jusqu’à 32 jours !)vient l’expulsion par bateau ou par avion qui les remporte vers des pays qu’ils ont fuis où règnent des dictatures, la guerre ou la misère. Parfois, ils, elles n’avaient immigré-E-s que pour rejoindre des membres de leurs familles déjà installés en France. Dans le cadre de leur travail, les salariés des aéroports, des ports croisent ces hommes et femmes, menottés et entravés comme des bêtes, parfois accompagnés de leurs enfants, que le gouvernement expulse de force et sans aucune humanité. Ces hommes et femmes sont restés ou devenus des sans-papiers du fait des politiques migratoires poursuivies par nos gouvernants. Ces sans-papiers portent pourtant des noms et des histoires : comme la famille RABA -les parents et 3 jeunes enfants 7, 5 et 3 ans- expulsée après 3 semaines d’emprisonnement, le 6.12.2006 vers le Kosovo par avion militaire spécial avec escorte de 10 policiers = 2 pour chaque membre de la famille ! (Escorte policière indispensable pour les enfants ???) Les expulsions par avion militaire existent déjà et ont un coût très élevé : pour la famille RABA 200 000 €/jour = n’oublions pas que se sont nos impôts qui payent les expulsions ! Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur les atteintes aux libertés qui se produisent chaque jour ! Les sans-papiers, les étrangers ne sont ni des criminels, ni des délinquants en puissance ! Ces humiliations publiques pour des personnes (attachées, baillonnées, ligotées) qui ne se sont rendues coupables d’aucune violence et d’aucun délit quelque qu’ils soient doivent cesser ! Les personnels des compagnies aériennes et maritimes ne doivent être rendus complices de ces atteintes aux droits fondamentaux de l’Homme ! NON, NON, NON le blanc-seing accordé par les actionnaires de AIR-FRANCE/KLM n’est pas un moindre mal pour les expulsés ! AIR-FRANCE/KLM n’ont pas à « collaborer » aux expulsions : pendant l’occupation c’est aussi au nom du peuple français que le gouvernement de Vichy a expulsé des milliers de ses concitoyens sans se préoccuper ni de leur destination finale ni de leur devenir. Citoyen-NE-s, travailleur-SE-s nous nous devons de refuser à participer/collaborer aux expulsions ! PAS EN MON NOM, PAS AU NOM DES FRANCAIS ! PAS AU NOM DE LA RUPTURE TRANQUILLE ! NON AUX EXPULSIONS, REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS !

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