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Accueil du site > Actualités > Société > Allumer le feu !

Allumer le feu !

J’habite dans le 93. Pas dans un « quartier » comme on dit maintenant. Quand j’étais jeune, on disait les cités. Non dans un joli pavillon. Mais je vois au loin ces barres inesthétiques qui ne donnent qu’une envie, ne pas s’en approcher. On pense que rentrer, ne serait-ce que sur le parking d’une cité, c’est à coup sûr se faire voler ou brûler la voiture. Un vrai coupe-gorge quoi ! Allez je vous emmène y faire un petit tour...

Beaucoup de cités ont été construites quand faisant appel à la main d’œuvre étrangère, il a fallu loger les familles. C’était l’époque de la reconstruction de la France, des usines de construction automobile qui embauchaient à tout va.

Les Nord-Africains (eh oui on a appelé ainsi les Algériens, Tunisiens et Marocains avant qu’ils ne deviennent vite des bougnoules et maintenant des rebeus) sont d’abord venus seuls afin de gagner plus d’argent qu’au bled.

Puis les familles les ont rejoints et des tours se sont montées à tour de bras dans les banlieues et périphéries des grandes villes. Sans souci d’élégance, d’espace. L’important était de loger tout ce petit monde. C’est comme cela que certaines cités sont nées, comme les 4000 à la Courneuve.

Pour éduquer les enfants, des écoles, des collèges ont aussi vu le jour. Ce sont devenu les ZUP/ZEP et autres appellations barbares que nous a inventées l’Education nationale.

Il y a 40 ans ces familles souhaitaient tellement être intégrées. Les filles voulaient être habillées à l’occidentale et lorgnaient sur les minijupes nouvellement inventées.

Le temps a passé.

Les logements ont vieilli. Mal. Pas souvent de ravalements dans ces coins-là. Pas souvent de jardinier pour entretenir le maigre gazon.

Les OS de chez Renault aussi sont devenus vieux. Leurs enfants ont grandi.

Leurs petits-enfants sont nés en France. Ces petits-enfants, ce sont ceux qui nous font peur avec leur capuche sur la tête et leur air arrogant. Ils n’ont connu que des études suivies de très loin, dispensées par des professeurs souvent débutants. Ils n’ont pas de métier et savent qu’ils n’ont pas d’avenir. Ils ont tagué depuis longtemps tous les murs disponibles dans les couloirs des immeubles.

Ils vivent toujours dans la cité. Où aller d’ailleurs ? avec quel argent ? Ceux qui en ont, on se dit qu’ils dealent. Cela doit être assez vrai. Les autres n’en ont pas et crèvent d’ennui et de désespoir.

Les filles mettent le voile. Pour certaines, on ne voit ni le visage, ni les mains. Ce que leurs mères ont rejeté, les filles l’adoptent.

L’ancien ministre de L’Intérieur, Nicolas Sarkozy et l’actuelle, Michèle Alliot-Marie, font l’embauche chaque année de plusieurs milliers de gardiens de la paix et ce depuis des années.

Par contre rien n’est prévu pour renforcer le soutien scolaire et l’Education nationale (le Mammouth !) doit dégraisser encore !

Je ne parlerai même pas de l’absence de puéricultrices dans les crèches, de personnel soignant dans les hôpitaux, d’animateurs sportifs pour les activités extra scolaires..... non je n’en parlerai pas.

Qu’est-ce que les gouvernements font depuis 40 ans pour réhabiliter ces banlieues ? Rien.

Y-a-t-il un seul gouvernement, de gauche comme de droite, qui ait pris la dimension du problème pour le résoudre (logement - scolarité - emploi) ?

On met des rustines, on achète Fadela Amara avec un sous secrétariat d’Etat. Il est où le fameux plan Marshall en faveur des banlieues ? Clichy-sous-Bois n’est toujours desservie par aucun moyen de transport ferroviaire. Même pas l’ombre d’une ébauche de projet.

L’Etat renforce la présence policière. Et prie pour que cela saute quand il ne sera plus au pouvoir. La patate chaude.

Quand vous rencontrez un de ces jeunes, dites-vous qu’il est révolté et sans illusion.

S’il met le feu, il est responsable mais pas forcément coupable, comme disait Laurent Fabius.

Inutile de lui dire « si t’es pas content tu n’as qu’à retourner dans ton pays ». Car il est dans son pays. Il doit avoir ses chances comme tous les gamins nés ici. Il ne les a pas. Il ne les aura jamais.

Il le sait. Alors il met le feu. Pour montrer qu’il existe.


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118 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 29 février 2008 09:48

    Vos élus ne servent à rien dans le 93 ?????

    Ce département est en train de changer à vitesse grand V mais c’est difficile de changer 40 ans de communisme béton en 8 mois

    Et vos amis socialistes,ou sont passé leurs idées de transformation de la société ?????

     


    • Narkoléon 29 février 2008 11:34

      @l’auteur

      On dirait un article d’il y a 10 ans, periode Jospin.

      On est tous d’accord pour dire que la banlieu c’est moche et que c’est dur. Mais à quoi sert cet ennième constat... Vous dites dans votre profil que vous refusez d’être un mouton. Mais dans le cas présent, vous suivez un troupeau qui est passé il ya des années.

      Ce qu’n cherche ce sont des solutions. Pas du balbla, même s’il ets très joliment écrit et qu’il me met la larme à l’oeil...


    • La Taverne des Poètes 29 février 2008 10:07

      Votre constat rejoint le mien que je résume dans ma formule "Il n’y a pas de plan Marshall, il y a seulement un plan shériff".

       


      • La Taverne des Poètes 29 février 2008 10:18

        Mais si la République protectrice et secourable doit être partout, la République ne doit pas tolérer pour autant les actes de vandalisme. Les sanctions devant bien entendues être adaptées selon les personnes et les niveaux de responsabilité mentale des auteurs de ces méfaits.

        Personnellement, je n’ai pas trouvé choquant que le gouvernement ait remis de l’ordre à Villers-le-Bel. On a critiqué la présence des journalistes mais je trouve que cette présence est rassurante d’un point de vue démocratique. Là où il y a des caméras, les dérapages policiers sont rares et cela ôte toute suspicion qu’auraient pu exploiter les opposants d’extrême-gauche en affirmant qu’il y aurait eu de graves bavures. Quand une poignée d’individus se met à tirer sur les policiers et les pompiers, des mesures exceptionnelles doivent être prises. Un bémol évidemment sur l’exploitation électoraliste de cette intervention et le rôle ambiguë que risquerait de jouer la presse en assistant le Pouvoir dans son rôle répressif.


      • Mescalina Mescalina 29 février 2008 13:46

        Et bien... tout à fait d’accord avec la TAVERNE !

        J’ajouterai que votre texte FANFAN, plutôt bien écrit, n’apporte RIEN, vous critiquez l’action de Fadela Amara avant de voir le plan en pratique et les résultats. elle vient de là, croit en son plan, a intégré le gouvernement DANS CE SEUL BUT, pas à des fin politiciennes, ca vous trouerait le %*¨£ de lui laisser le bénéfice du doute ????

        NOOOOOOOOOOOON, c’est votre discours défaitiste anarcho à deux balles qui me dégoute, votre irresponsablité, la quasi justification de ces comportements de sauvages innacceptables.

        Tu as un toit ? Le minimum pour bouffer ? Une école avec des profs qui sont la pour toi et pour lesquels tu n’as pas à payer (il n’y a PAS de problème de "jeune prof", juste un problème de RESPECT pour qu’ils fassent leur travail normalement) ?????? Tu ne veux pas rester dans cette situation ??? Marre de te morfondre ???

        TOUS LES MOYENS REPUBLICAINS SONT LA POUR LES SORTIR DE LA. Une volonté collective, positive, faire comme tout le monde : aller à l’école, bosser et aller à la fac, réussir, ça ne tient qu’à eux. Le milieu n’est peut être "pas joli", le béton ne fait pas réver, il tient AVANT TOUT à eux d’en faire quelquechose, et le reste suivra.

        Ras le cul de cette mentalité de loser.


      • Jason Jason 29 février 2008 17:40

        Petite correction sémantique, Le Poëte : Il y a bien un plan Marshall, mais US Marshall/superflic, comme dans les westerns que vous évoquez. Les US Marshalls ayant juridiction de tous les états des USA. Donc, le terme Marshall suffit. Un petit séjour au cinéma ?


      • Gilles Gilles 1er mars 2008 09:11

        La Taverne

        "Personnellement, je n’ai pas trouvé choquant que le gouvernement ait remis de l’ordre à Villers-le-Bel"

        Ah bon, l’ordre est revenu là bas ? Je n’ai vu qu’une émeute, un tapage médiatique une intervention musclée de 1100 flics...et basta jusqu’à la prochaine

        Mais dîtes moi, qu’est ce qui a changé depuis ? A part le fait que 7 a 8 petits cons ait été arrêté, sans que l’on sache vraiment leur niveau de responsabilité... ;rien, non ?


      • cza93 cza93 7 mars 2008 16:31

        Merci Fanfan pour ce texte clair, concis, qui dit l’essentiel ... ensuite libre à chacun de réfléchir ou non au message que vous tentez de faire passer ...


      • Rosemarie Fanfan1204 7 mars 2008 18:38

        CZA93, merci pour votre post !


      • illumen 29 février 2008 10:08

        "dispensées par des professeurs souvent débutant."

        Il y a dés débutants dans tous les corps de métiers cher monsieur et pas plus dans les quartiers défavorisés.

        Il ne faut pas croire que qulequ’un qui a 3 ans d’ancienneté sera moins bon qu’un enseignant de 60 ans.

        Quand on est jeune on a souvent plus d’énergie et on est encore plein d’idéal. Ce qui n’est pas le cas apres 35 ans de boulot.

         


        • nephilim 29 février 2008 10:56

          @illumen vous dites vraiment n’importe quoi ^^ enseigner ne se fait pas en un jour^^


        • 5A3N5D 29 février 2008 11:35

          "Il ne faut pas croire que qulequ’un qui a 3 ans d’ancienneté sera moins bon qu’un enseignant de 60 ans."

          C’est un fin connaisseur qui vient de parler. Pour porter des parpaings, pour savoir faire du pain, poser une canalisation, c’est vrai que, au bout de trois ans, on a de l’expérience.

          Les enfants ne sont ni des parpaings, ni du pain, ni des canalisations. Dommage pour les enseignants : ce serait tellement plus simple. On pourrait même laisser les parents s’occuper de leurs gosses : pas besoin d’avoir de l’ancienneté ! De l’expérience, peut-être si on en croit le niveau d’éducation de certains.


        • MagicBuster 29 février 2008 10:14

          @illumen

          Je crains de devoir vous contredire. Il y a des métiers ou l’expérience compte.

          C’est mal connaitre les enfants de croire le contraire.

          De plus , la jeunesse et la fougue sont en fait un réel problème dans la police car les jeunes policiers ont tendances à se prendre pour des cowboys lorsqu’ils ne sont pas encadrés ; ce qui est le cas dans les quartier.

          Bonne journée.


          • alberto alberto 29 février 2008 10:24

            Salut, Fanfan :

            Etant également originaire du neuf-trois (Pantin) , je me retrouve parfaitement dans la description que tu fais de ton environnement !

            Et je souscris à ta perception du sentiment d’abandon que peuvent ressentir ces enfants d’émmigrés...

            Ce qu’il faut retenir de cette histoire, c’est que ces gens d’Afrique du Nord ne sont pas venus travailler en France par hasard : il y avait des fillières de recrutement ! (Et il y en a encore, ailleurs.)

            Une aubaine pour les entreprises du batiment, de la métallurgie, de la construction automobile : des salariés dociles, acceptant des salaires inférieurs aux autres, dont on peut se débarasser facilement le cas échéant...

            Aujourd’hui les bonnes affaires étant terminées, c’est la société civile, toi, moi, qui devont ramer pour ramasser les pots cassés.

            C’est vrais aussi que les politiciens, ne se sont pas précipités pour traiter le problème...

            Mais ce que je crains aussi, c’est cette propension que l’on a à toujours reproduire les mêmes conneries !

            Bien à toi.

             


            • Rosemarie Fanfan1204 29 février 2008 11:46

              Merci de ton petit mot sympa Alberto.


            • Jason Jason 29 février 2008 17:49

              Oui, Alberto, et j’ajouterai : profits privés, pertes publiques. Mais, qui est responsable de quoi dans cette gabegie ? Personne. C’est le ventre mou de nos démocraties alliées à l’économiede marché. Cela a le grand mérite d’occuper nos hommes politiques et de les mettre sur ledevant de la scène, et depuis des décennies. Et on va en parler encore pendant longtemps, et réprimer encore plus. Le mal est fait, et nos systèmes brinquebalants sont peu équipés pour traiter ces maux-là.


            • TALL 29 février 2008 10:40

              Excellent rappel, Fanfan. Style simple et direct. Juste comme il faut.

              PS : pour le capot de la bagnole, t’as une couleur préférée ? smiley


              • Rosemarie Fanfan1204 29 février 2008 11:47

                Merci Tall. Non aucune smiley


              • Mescalina Mescalina 29 février 2008 15:11

                MERCI FANFAN, je viens de lire votre article sur les 5 bonnes raisons de ne pas arreter de fumer, il m’a bien fait rire !


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 29 février 2008 10:50

                ça n’a rien à voir, enfin si, d’une certaine manière, il y a quarante ans, on voyait des jeunes femmes en mini jupe à Téhéran et aussi à Kaboul, c’était une autre époque, mais la question c’est, pourquoi tout cet élan n’a pas été transformé et pourquoi tout à lentement déraillé ? Quel est ce gène maudit qui gangraine l’homme, semant la gangrène à tous vents ?


                • Michel 29 février 2008 11:07

                  Je suis tout à fait d’accord avec vos constatations. Aussi dures soient-elles, personne, d’un peu hônnete,ne peut nier cet immense gâchis.

                  Toutefois, vous omettez de poser LA vraie question.

                  Pourquoi en sommes-nous arrivé là ?

                  La réponse est d’une simplicité :

                  Aucun gouvernement n’a eu le courage de demander aux Français quelle type d’immigration voulions-nous ?

                  Une immigration de travail ? de peuplement ? issue de quels pays ? de quels continents ?

                  40 ans de non-dits, donnent 40 ans d’incompréhension, de malentendus, etc...etc...

                  Et maintenant pour rattraper tout ceci...bon courage.

                  Michel


                  • Rosemarie Fanfan1204 29 février 2008 11:50

                    Michel, existe-t-il un pays où le gouvernement demande (par référemdum ?) à la population s’il veut une immigration et laquelle. L’immigration se fait par besoin. De main d’oeuvre des pays "riches". Par nécessité des déhérités des pays pauvres. Ce sont des flux aussi vieux que le monde. Quand un peuple n’a rien à bouffer, ou bien est opprimé, il va voir ailleurs.....


                  • brieli67 29 février 2008 22:01

                    on sait d’où ça vient.......ACCORDS DE GRENELLE...... de mai 68

                    C’est pour noyer le poisson qu’on nous ressert des lambadas et des sambas du même Hôtel.

                    Patrons syndicats et le RPR gouvernement n’onrt rien compris à l’atmosphère du printemps.

                    Les patrons ont descendu les frocs ils ont tout lâché pour faire tourner au max leurs vvieilles machines

                    Les syndicats ont refusé des heures sup transitoires et une augmentation régulière du Smic avec formation et specialisation par les entreprises

                    le gouvernement aux abois a vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué et a définitivement jetté la populace dans la consommation.

                    Or par essence même Mai 68 était anti-consommation de masse.....

                    Les symboles de ce Grenelle ...... les Foyers SONACOTRA ..... au début rempli par l’exode rural

                    et le produit phare ..... la R5 ...... avec ses tôles pourries provenant de Fiat qui a tout lourdé pour redémarrer avec une nouivelle gamme de véhicules.

                    Pour la traite des blancs ......

                    Suede ... cherchait en Italie

                    Allemagne en Yougoslavie Grèce puis en Turquie

                    France en Espagne au Portugal et dans ses campagnes. et ses département d’outre-mer puis au Maghreb aux blessures de la colonisation encore béantes et non cicatricées.

                     

                    A qui a profité le crime ?

                     

                     

                     


                  • Grasyop 29 février 2008 13:11

                    Seb59, puisque vous pensez que les conditions dans lesquelles ces jeunes vivent n’expliquent pas leurs comportements, alors, s’il vous plaît, donnez-nous la ou les vraie(s) explication(s) ?

                    Pourquoi ces jeunes se comportent-ils différemment, font-ils plus de conneries, sont-ils plus violents, ont-ils peut-être moins de volonté ou de goût à étudier que les autres jeunes français ? Il doit bien y avoir une explication. Pourquoi y a-t-il une corrélation entre le fait de grandir en banlieue et le fait d’adopter de tels comportements ?

                    Si ça ne vient pas de leurs conditions de vie (parents inclus), ça vient d’où ? C’est du pur hasard (pas crédible) ? C’est une maladie génétique (pas crédible non plus et attention racisme) ? Ça vient d’où ? Expliquez-nous !


                  • Rosemarie Fanfan1204 29 février 2008 13:29

                    Grazyop, d’accord avec vous. Mais je ne discute pas avec seb59, je n’ai même pas lu son post.


                  • Grasyop 29 février 2008 13:30

                    Et concernant les parents, on peut poser la même question : s’ils ne parlent pas ou mal français, s’ils n’ont pas les capacités de bien élever leurs enfants, est-ce que ça peut venir d’autre chose que de leur propre cheminement dans la vie, lui-même déterminé par les conditions dans lesquelles ils ont vécu ?


                  • Mescalina Mescalina 29 février 2008 13:54

                    @ FANFAN, belle leçon d’intolérance et de fermeture d’esprit que vous nous offrez la.

                    Appel à "tous ceux qui ne pensent pas comme la tulipe" : ne prenez pas la peine de lire ses articles et de contre argumenter, l’auteur préfère voir ses petits copains forniquer entre eux. La consanguinité les fera disparaitre sans avoir à s’embêter à apporter une quelconque contradiction.


                  • Grasyop 29 février 2008 17:45

                    difference culturelle transmise pas les parents : religion, histoire
                    culture de l’enfant roi (le male surtout)
                    notion differente de la famille, du voisinage, d’autrui

                    Autrement dit, les enfants de banlieues ne sont pas élevés dans les mêmes conditions que les enfants de familles plus aisées. Un enfant qui naît est-il coupable de la culture dans laquelle il va être élevé ? Si un enfant est élevé dans une famille analphabète, qui ne parle pas français, qui véhicule l’idée que la femme est soumise à l’homme, ou qui n’a simplement pas les moyens matériels de surveiller l’évolution de ses enfants, n’est-ce pas alors le rôle de la société de corriger ou au moins d’atténuer ces manques d’éducation ? Par l’éducation à l’école, mais aussi par des bibliothèques pour l’ouverture à des cultures différentes, et par des activités permettant la vie en société.

                    irresponsabilité des parents
                    Parfois oui, mais les parents ont aussi leur propre histoire et leurs propres problèmes ; ils font ce qu’ils peuvent.

                    hebergement en grand ensemble, une belle erreur (mais j’ai un doute vu qu’en maison c’est le meme comportement)
                    On parle bien là de conditions de vie...

                    habitude culturelle à en faire le moins possible, profiter des aides et de la communauté pas de respect du pays d’accueil qui n’est pas aimé.
                    Oui, il leur manque un sentiment de solidarité avec leur pays (qu’on ne peut pas appeler un « pays d’accueil » lorsqu’ils sont nés ici et n’ont vécu qu’ici). Mais les abandonner à leur sort ne peut que renforcer la coupure. C’est un cercle vicieux. Seul le fait qu’on s’occupe d’eux peut faire naître ce sentiment de solidarité avec leur société. À défaut, ils trouveront une autre forme de solidarité, le communautarisme ethnique (religieux surtout). Le sentiment de solidarité résiste très mal au sentiment d’abandon, au désespoir, à la perte du goût de vivre. Voila pourquoi, comme le dit l’article, il faut (ré)animer ces "ghettos". Évidemment, ça coûte de l’argent !

                    laissez aller de l’enseignement scolaire par les profs (notamment civisme, respect, severité)
                    Les profs sont certainement les mêmes (aussi stricts ou laxistes) en banlieue et ailleurs donc ce n’est pas une cause de la différence. Sauf à considérer qu’on met plus de profs débutants en banlieue et de profs confirmés ailleurs, mais c’est précisément un argument que vous rejetiez !

                    irrespect des lois et de l’autorité : vehiculé par les hommes politiques, l’administration et les peoples qui pardonnent tout
                    Pareil : les hommes politiques, la télé, l’administration sont plus ou moins les mêmes en banlieue et ailleurs, donc ça n’explique pas pourquoi les jeunes "tournent" plus mal en banlieue qu’ailleurs.

                    Rappelons enfin que prendre prétexte de quelques jeunes voyous qui brûlent une bibliothèque pour ne pas en construire, c’est appliquer une punition collective à tous les habitants du lieu. Qu’ont fait tous les habitants calmes (jeunes ou pas) pour mériter ça ?


                  • Grasyop 29 février 2008 17:48

                    Désolé pour l’apparence du texte ci-dessus : le système d’AgoraVox me présente un joli aperçu, puis ratatine tout à l’enregistrement...


                  • COLRE COLRE 29 février 2008 18:21

                    parce qu’il faut aller à la ligne dans la fenêtre (si copié collé de word, ça marche pas)


                  • Rosemarie Fanfan1204 29 février 2008 11:52

                    Coucou calmos ! Had et toi venez à la maison boire un verre et on referra le monde !


                  • Tristan Valmour 29 février 2008 11:55

                     

                    Madame, 

                     

                    Vous évoquez là un problème complexe que l’on ne peut imputer exclusivement à la responsabilité des gouvernements successifs. Les responsabilités sont nombreuses.

                     

                     

                    1. Des phénomènes liés à la nature de l’Homme

                     

                    Il y a d’abord une responsabilité de certains caïds qui cherchent à confisquer un territoire qu’ils souhaitent ensuite administrer en dehors de tout cadre républicain et légal. Les monarques du haut Moyen-Age et leur clientèle ont agi de la sorte en s’appropriant par la force les terres des paysans ou des collectivités de paysans. On retrouve ce schéma dans tous les pays, ce n’est pas une spécificité occidentale. Quand une puissance publique n’est pas respectable et/ou respectée, des puissances individuelles émergent.

                     

                    Il y a ensuite un problème de densité démographique. L’être humain est un animal qui, comme tous les animaux, a besoin d’un espace vital, de circuler. La promiscuité est source de tensions. Non seulement, ces gens sont parqués, manquent d’espace vital, mais encore nombre d’entre eux n’ont jamais quitté leur cité. Un professeur marseillais m’a affirmé que plus de 50% de ses élèves ne sont jamais allés à la mer.

                     

                    Il y a enfin des problèmes liés à la nature de la jeunesse, qu’elle soit de bonne famille ou non. Tout jeune adopte un comportement auto-destructeur et aime explorer les interdits, reculer les limites. Quand une famille ne transmet pas des valeurs sociales, par nature coercitives ; quand elle n’assume pas son rôle, alors on ne peut attendre de ses enfants qu’ils adoptent d’eux-mêmes lesdites règles.

                     

                    2. Des phénomènes de civilisation

                     

                    Notre civilisation est celle de l’individu et de la consommation.

                     

                    La télévision, dont on connaît le rôle éminent comme reflet et promotrice d’une culture, loue l’individu autant qu’elle le stigmatise, que ce soit par la publicité, les jeux, les fictions ou les documentaires. Cela fait peser sur l’individu une pression qu’il n’est pas capable d’assumer. Le père qui ne peut acheter les derniers « power rangers » à ses enfants, la mère qui n’est pas aussi belle que les top models, les parents qui ne ressemblent pas aux héros des séries, tout cela affecte l’estime de soi. Or, l’estime de soi est un moteur d’action et de réussite. Quand on ne s’estime pas, quand la société ne nous estime pas, on laisse les choses se passer, on ne lutte plus. Les populations dans les cités sont particulièrement concernées par ce problème.

                     

                    Notre société est celle du chacun pour soi, une jungle moderne où règne la loi du plus fort. L’altruisme recule, les solidarités fonctionnent par procuration (on donne à une association quand on ne s’occupe même pas des membres de sa famille), la concurrence entre individus provoque des maux incalculables en raison d’une pression déraisonnable. On vit dans un lieu, on travaille dans un autre et au total, on ne connaît personne puisque notre temps social est divisé en trop d’éléments. On va même travailler pour payer une nounou qui garde nos propres enfants ! L’autre nous indiffère au mieux, nous ennuie au pire. On préfère donc la matière à la chair, c’est le dégoût des autres.

                     

                    L’individu mène une vie déstructurée, incompatible avec sa nature. Il est devenu un outil de consommation et de production et existe peu pour lui même ; autrement dit, on n’existe aux yeux des autres – donc à ses propres yeux - que par notre travail et notre consommation : « regarde ce que je fais, admire ce que j’ai ». Aujourd’hui, c’est le travail qui intègre, et celui qui ne travaille pas ou travaille trop peu est rejeté par la société. Soit il faut donner du travail à tout le monde et mieux partager la richesse créée, soit il faut changer de référence ultime. Rappelons que dans les civilisations antiques, c’est la citoyenneté qui intégrait ; entre le Moyen-Age classique et la Révolution Industrielle, c’était la foi. 

                     

                    La société de consommation a conduit à une extension de la privatisation, de la propriété, au delà de ce qui est humainement acceptable. Qui dit propriété dit rejet de ceux qui n’y ont pas accès. Il n’y a plus de pommier dans les villes, il faut acheter les pommes au marchand. Il y a peu de points d’eau dans les centres urbains, il faut acheter des bouteilles minérales. Les cabines téléphoniques se font rares, il faut un portable. En plus, on n’ose même plus entrer chez le commerçant – qui se fait aussi plus rare – pour lui emprunter son téléphone, alors que cela se pratiquait couramment en des temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Les messages subliminaux d’interdits, de rejets sont donc partout présents, et touchent davantage ceux qui sont privés de propriété. Le défendu a gagné sur le permis, et cela se traduit dans les faits par les trop nombreuses lois qui encadrent nos biens et nos comportements. La propriété et l’exclusion de la propriété animent donc les tensions sociales.

                     

                    Ces réflexions ne sont pas exhaustives mais trahissent bien le mal dont souffrent nos sociétés : Moi je / c’est à moi / c’est interdit / je suis nul / je me fiche de l’autre…

                     

                    Tant qu’on ne sera pas sorti de la société de la production, de la consommation, de l’individualisme, bref, tant que notre civilisation se fourvoie, les cités qui concentrent ces maux présents ailleurs de façon plus diffuse, demeureront des zones de tensions intenses, et aucune solution, aucun plan Marshall ne viendra les secourir. Il ne restera plus qu’à les criminaliser davantage.


                    • haddock 29 février 2008 12:02

                      Salut Fanfan ,

                       

                      OK OK OK ,

                       

                      Il n’ y a pas de fatalité , tu le sais très bien .

                       

                      La vérité il y a plein de problèmes , mais il y en a toujours qui s’ en sortent . Tenir les murs dans les couloirs des HLM ne fait pas des muriers .

                       

                      C ’est jamais gagné d’ avance , mais putain de merde , quand t’ es jeune t’ en veux , ça existe pas l’ instinct , le désir de se réaliser  ? 

                       

                       

                      OK , c ’est dur quand on s’ appelle Mohamed , Idriss ou Abdoulaye , OK , mais ici on travaille pas à la machette comme dans certains pays , on PEUT s’en sortir , faut une obstination sans faille , une motivation terrible , sûr que c ’est pas facile .

                       

                      Vas-y hier soir à envoyé spécial un reportage sur la pauvreté en Mongolie .

                       

                      Les mecs le soir descendent dans les bouches d’ égout pour dormir dans les déjections , parcequ’il y fait moins froid , gagnent moins d’un Euro par jour à ramasser des ordures .Ils bouffent des détritus .

                       

                      J’ aimerais que tout le monde soit heureux mais faudrait que chacun se prenne en main .

                       

                       

                       

                       

                       

                       


                      • Rosemarie Fanfan1204 29 février 2008 12:47

                        Had,

                        bien entendu qu’il y a des jeunes des quartiers qui s’en sortent, tout comme il y a des jeunes issus de famille riches qui n’arriveront à rien.

                        Ce que je veux dire c’est que structurellement ces jeunes ne sont pas mis en position d’avoir leurs chances. Ces gamins grandissent plus ou moins entassés dans un F3, l’école, c’est la ZUP avec son lot de jeunes profs plein d’envie mais peu d’expérience, confrontés à la violence de la cité, aux caids, régulièrement contrôlés par les gardiens de la paix, peu arrivent au BAC, et leur horizon c’est la sté de consommation à laquelle ils auront un accès limité. J’imagine qu’en Mongolie, la misère est plus généralisée ?

                        Ont-ils vraiment les mêmes chances que les autres gamins ? Non. Et le pire, leur dire "retournes dans ton pays" alors qu ’ils y sont ! ce sont des mômes.

                        Je dis que quand on les croise oui ils font peur, mais ce sont les gamins de notre pays et c’est la France qui les a "fabriqués"....


                      • TALL 29 février 2008 12:54

                        Exact, le blème de la 2e génération ( enfants d’immigrés ) n’a jamais été analysé de manière correcte. C’est tout différent de la 1ère génération qui se montre beaucoup + souple car elle débarque volontairement. Bref, elle vient un peu en "demandeuse" et sait à quoi s’en tenir. La 2e, c’est tout différent, elle se sent chez elle car elle naît ici, mais n’est pas traitée comme telle. Alors ça coince, et la haine s’installe.


                      • TALL 29 février 2008 13:01

                        Ceci dit, poser le diagnostic est facile. La solution, c’est + complexe. Une véritable planification de l’intégration devrait être étudiée. Rien n’existe en ce sens. L’école est le berceau idéal pour ça. C’est pour ça qu’il faut aussi foutre les religions hors de l’école, clair et net, car elles aggravent les communautarismes au détriment de la république.

                        Votez Tall ! Mon programme : baise et gnöle remboursées par la sécu.


                      • Rosemarie Fanfan1204 29 février 2008 13:08

                        Tall, d’accord la solution n’est pas simple.

                        Je pense (attention aux scuds) qu’il faut cassser les ghettos, les "barres hlm", redessiner la ville en somme, humaniser la banlieue et surtout ces quartiers. Que ce soit un endroit de vie "normale". Avec des batiments à taille humaine, l’intégrat on des commerces, des artisans, des écoles qui soient pas en placo.

                        I l n’ a pas de programme logement depuis des années, des dizaines d’années, je crois que le pb a commencé là, peut-être est-ce là qu’il trouvera sa solution. On va me dire cela coute chèr. Oui.


                      • TALL 29 février 2008 14:08

                        Oui, ça va dans le bon sens, "mélanger" en quelque sorte. A Bruxelles ou 1 hab sur 3 est d’origine non belge, on voit bien toutes les facettes du phénomène. Y a certains quartiers ghettos où les flics préfèraient venir en tank. Puis y a en a d’autres où ça se métisse pas mal du tout. J’ai vu l’automne dernier une braderie "métissée" : tu y trouvais tout ce qu’on trouve dans une braderie classique avec saucisses et choucroute, mais aussi des pittas et surtout du mambo comme musique de danse, et une foule très bigarrée. On se serait cru au Brésil.


                      • Castor 29 février 2008 14:31

                        Salut Fanfan,

                        Trop compliqué pour moi et puis, franchement, j’ai pas envie de me fâcher avec toi.

                        Pour résumer, ton article est exactement à l’image de ce que j’imagine de toi  : d’une grande gentillesse et doucement idéaliste...

                        ça change pas le monde d’enfoncer les portes ouvertes mais d’un autre côté, c’est pas parce qu’on n’entrevoit pas de solution qu’il faut éviter de parler du problème alors bon, pourquoi pas...

                        En tout cas, bises.


                      • snoopy86 29 février 2008 14:34

                        @ Tall et Fanfan

                        On est même souvent à la troisième génération, et c’est clair que nous sommes face à un monstrueux problème d’intégration et de ghettoisation. Le pire c’est que le flux d’immigration, qui est davantage aujourd’hui une immigration d’assistanat, ne se tarit pas et ne fait qu’accroitre les problèmes.

                        Dire qu’on n’a rien essayé est un peu hâtif. La politique de la ville, qui coûte des milliards en pure perte ( voir le rapport de la cour des comptes) c’est le tonneau des danaïdes.

                        J’avoue que je ne vois guère de solution, si ce n’est d’aider ceux qui veulent vraiment s’en sortir et sont prêts à faire quelques efforts pour celà.

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