L'été est le moment privilégié pour la tenue d'évènements de tous genres. Mon voyage à travers les lieux alternatifs à donc pris quelques couleurs et après le festival Nowhere, 7 jours de vélo-train et d'arrêts chez l'habitant, je me suis rendu à l'AlterVillage d'Attac. Malgré des apparences plus sérieuses que le premier, de fortes similitudes autour d'un esprit de communauté en ont fait une expérience toute aussi singulière.
Attac est une organisation reconnue comme actrice de la société civile en France et est présente dans 38 pays. Au total, plusieurs dizaines de milliers d’adhérents militent, définissent et échangent autour des principes altermondialistes. Attac est également reconnue pour être un repère d'intello qui mettent leur connaissances d'universitaires au service du décorticage de la société capitaliste et de ceux qui souhaitent comprendre. Principalement axée sur les problématiques économiques, l'organisation a, entre autres, enfantée des Collectifs pour un Audit Citoyens de la Dette (CAC). Parce qu'ils maîtrisent les formes de communication liées à l'enseignement, c'est essentiellement sous forme de livres qu'ils diffusent leurs idées. Peu à l'aise avec les médias de masse dont les formats et interlocuteurs rendent difficiles l'exposition d'idées complexes, la tenue de conférences d'éducation populaire est une alternative qui touche un public varié. Plus récemment, Attac TV apparue en 2010 produit et diffuse des vidéos, reportages, conférences et courts métrages éducatifs. Enfin, l'Université d'Été est la rencontre nationale privilégiée par les adhérents et sympathisants. Pour proposer un cadre plus détendu, expérimenter une autre manière de vivre tout en continuant les réflexions, l'AlterVillage est née il y a cinq années.
Pour concrétiser la dimension collective, nous avons construit une extension de toit et une douche solaire qui seront désormais utilisés par les prochaines usagers du Centre d'Ailleurs qui nous a accueilli. Ce rassemblement d'activistes fut aussi l'occasion d'organiser une action militante autour de la dette publique. Toute la semaine, un groupe de coordinateurs a d'abord définit le cadre puis chaque atelier s'en est saisi pour la préparer.
Dans l'esprit d'agir local et de penser global, la performance artistico-activiste a eu lieu dans la petite ville d'Issoire, plus proche localité offrant le terrain nécessaire à sa réussite. Cameramen et photographes ont immortalisé ce moment pour finalement produire un support pédagogique à la réalisation d'actions militantes, toujours en cours de fabrication.
Une multiplication plutôt qu'une augmentation
Pour sa cinquième édition, l'AlterVillage a rencontré un succès comparable aux précédentes. La médiatisation reste volontairement faible. En effet, une croissance de la population aurait plusieurs effet indésirables : le bon déroulement s'appuie beaucoup sur la petite taille qui laisse la possibilité à chacun de s'exprimer équitablement, les lieux d'accueil alternatifs ont une capacité limitée et l'équipe de préparation est déjà très sollicitée. En résumé, un AlterVillage doit être à taille humaine.
Le concept repris par Attac est bien connu des milieux alternatifs. Qu'il s'agisse d'altermondialisme comme pendant certains Forum Sociaux ou plus informellement à la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes ou qu'il s'agisse de thématiques plus légères comme au Nowhere, inscrire une logique communautaire devient un élément de cohérence de plus en plus plébiscité. Alors plutôt que d'encourager à rejoindre les initiatives existantes, les organisateurs pencheraient plutôt pour inciter ceux qui s'en sont nourris à créer les leurs à leur tour.
Là aussi, comme au Nowhere, la question restée en suspend est celle du caractère éphémère de l'expérience. Presque une frustration, retourner à la routine métro, boulot, dodo n'est pas toujours facile. C'est bien d'expériences dont il est question à travers ces événements alternatifs et c'est donc à chacun d'en tirer ses propres conclusions. Enfin, je serai malhonnête si je n'avouais pas qu'avoir gravité autour de ce type de dynamiques de groupes, toutes modestes qu'elles étaient, a extrèmement facilité le lâcher prise indispensable à mon nouveau choix de vie.
(1) Assemblé générale de fin de journée
(2) Les banques remerciées par l'équipe des clowns
Article originellement publié sur Le Grand Ecart.

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
une semaine est pas suffisant pour voir apparaitre un chef autoproclame
17/08 11:21 - foufouille@AUTEUR/Mathieu Lamour Vous dites : "Peu à l’aise avec les médias de masse dont les (...)
17/08 07:19 - Leo Le Sage
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains
Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante
Odyssées : un projet et une distribution internationales Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération