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AlterVillage 2012 : Discuter, vivre l’alternative ou les deux ?

L'été est le moment privilégié pour la tenue d'évènements de tous genres. Mon voyage à travers les lieux alternatifs à donc pris quelques couleurs et après le festival Nowhere, 7 jours de vélo-train et d'arrêts chez l'habitant, je me suis rendu à l'AlterVillage d'Attac. Malgré des apparences plus sérieuses que le premier, de fortes similitudes autour d'un esprit de communauté en ont fait une expérience toute aussi singulière.

Attac est une organisation reconnue comme actrice de la société civile en France et est présente dans 38 pays. Au total, plusieurs dizaines de milliers d’adhérents militent, définissent et échangent autour des principes altermondialistes. Attac est également reconnue pour être un repère d'intello qui mettent leur connaissances d'universitaires au service du décorticage de la société capitaliste et de ceux qui souhaitent comprendre. Principalement axée sur les problématiques économiques, l'organisation a, entre autres, enfantée des Collectifs pour un Audit Citoyens de la Dette (CAC). Parce qu'ils maîtrisent les formes de communication liées à l'enseignement, c'est essentiellement sous forme de livres qu'ils diffusent leurs idées. Peu à l'aise avec les médias de masse dont les formats et interlocuteurs rendent difficiles l'exposition d'idées complexes, la tenue de conférences d'éducation populaire est une alternative qui touche un public varié. Plus récemment, Attac TV apparue en 2010 produit et diffuse des vidéos, reportages, conférences et courts métrages éducatifs. Enfin, l'Université d'Été est la rencontre nationale privilégiée par les adhérents et sympathisants. Pour proposer un cadre plus détendu, expérimenter une autre manière de vivre tout en continuant les réflexions, l'AlterVillage est née il y a cinq années.

Expérimenter une vie collective communautaire
 
Pendant toute une semaine un lieu, choisi pour son engagement citoyen, accueille une petite centaine de personnes de tous les ages. Parmi les AlterVillageois, tous acteurs de cet événement, la plus jeune avait 15 mois et la plus âgée 83.
 
Comme le village ne dure qu'une semaine, certains aspects du quotidien sont préalablement gérés de manière classique. En effet, un minimum de préparation est nécessaire en amont. L'équipe organisatrice noue des contacts avec des producteurs locaux pour favoriser un approvisionnement local et biologique. C'est aussi elle qui planifie les ateliers proposés par les participants.
 
Une fois sur place, une dynamique d'autogestion se met en place. Les tâches de la vie quotidienne sont prises en charge sur la base du volontariat par les altervillageois. Chaque jour, une assemblé générale se tient avant le repas pour fignoler le fonctionnement, discuter et proposer des solutions aux problèmes rencontrés. Les assemblées se veulent participatives et on y retrouve plusieurs principes sociocratiques.
 
Les ateliers se déroulent aussi de manière ouverte. Ici, pas question de conférences magistrales, l'inclusion et la participation de tous est un prérequis. Les impressions des participants sur ce mode de gestion de société ont été collectées à l'issue de la rencontre, l'apport personnel est fort, à vous de juger. Le dernier soir, après minuit, la parole était ouverte et écoutée, un riche et rare retour d'expérience. Enfin, la semaine a été 100% autofinancé à prix libre, un jour avant sa clôture.
 
Des réalisations multiples

Pour concrétiser la dimension collective, nous avons construit une extension de toit et une douche solaire qui seront désormais utilisés par les prochaines usagers du Centre d'Ailleurs qui nous a accueilli. Ce rassemblement d'activistes fut aussi l'occasion d'organiser une action militante autour de la dette publique. Toute la semaine, un groupe de coordinateurs a d'abord définit le cadre puis chaque atelier s'en est saisi pour la préparer.

Dans l'esprit d'agir local et de penser global, la performance artistico-activiste a eu lieu dans la petite ville d'Issoire, plus proche localité offrant le terrain nécessaire à sa réussite. Cameramen et photographes ont immortalisé ce moment pour finalement produire un support pédagogique à la réalisation d'actions militantes, toujours en cours de fabrication.

Une multiplication plutôt qu'une augmentation

Pour sa cinquième édition, l'AlterVillage a rencontré un succès comparable aux précédentes. La médiatisation reste volontairement faible. En effet, une croissance de la population aurait plusieurs effet indésirables : le bon déroulement s'appuie beaucoup sur la petite taille qui laisse la possibilité à chacun de s'exprimer équitablement, les lieux d'accueil alternatifs ont une capacité limitée et l'équipe de préparation est déjà très sollicitée. En résumé, un AlterVillage doit être à taille humaine.

Le concept repris par Attac est bien connu des milieux alternatifs. Qu'il s'agisse d'altermondialisme comme pendant certains Forum Sociaux ou plus informellement à la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes ou qu'il s'agisse de thématiques plus légères comme au Nowhere, inscrire une logique communautaire devient un élément de cohérence de plus en plus plébiscité. Alors plutôt que d'encourager à rejoindre les initiatives existantes, les organisateurs pencheraient plutôt pour inciter ceux qui s'en sont nourris à créer les leurs à leur tour.

Là aussi, comme au Nowhere, la question restée en suspend est celle du caractère éphémère de l'expérience. Presque une frustration, retourner à la routine métro, boulot, dodo n'est pas toujours facile. C'est bien d'expériences dont il est question à travers ces événements alternatifs et c'est donc à chacun d'en tirer ses propres conclusions. Enfin, je serai malhonnête si je n'avouais pas qu'avoir gravité autour de ce type de dynamiques de groupes, toutes modestes qu'elles étaient, a extrèmement facilité le lâcher prise indispensable à mon nouveau choix de vie.

(1) Assemblé générale de fin de journée

(2) Les banques remerciées par l'équipe des clowns

Article originellement publié sur Le Grand Ecart.


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2 réactions à cet article    


  • Leo Le Sage 17 août 2012 07:19

    @AUTEUR/Mathieu Lamour
    Vous dites : "Peu à l’aise avec les médias de masse dont les formats et interlocuteurs rendent difficiles l’exposition d’idées complexes, la tenue de conférences d’éducation populaire est une alternative qui touche un public varié"
    Ce qui est idiot...
    Il faut toujours tenter de travailler avec les médias de masse. Ce sont eux qui permettent de se faire connaître assez rapidement.
    A moins d’être expert en buzzing-internet, ce support reste incontournable.

    Vous dites : « plus informellement à la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes ou »
    Le lien n’est pas présent...

    ...
    Finalement j’ai une question. Je peux ?
    En quittant la vie normale, qu’avez vous vu de significatif et surtout d’utile dans votre nouvelle vie ?
    Quels inconvénients avez vous pu constater, car il y en a bien sûr... ?
    Quels seraient les freins pour la réussite de cette « autarcie » ?

     
    Cordialement

    Leo Le Sage
    (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


    • foufouille foufouille 17 août 2012 11:21

      une semaine est pas suffisant pour voir apparaitre un chef autoproclame

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