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Accueil du site > Actualités > Société > Annulation du mariage d’une musulmane non vierge par le TGI de Lille (...)

Annulation du mariage d’une musulmane non vierge par le TGI de Lille : le triomphe judiciaire des « idées » de Michel Fourniret !

 L’invraisemblable décision moyenâgeuse du Tribunal de grande instance de Lille d’annuler un mariage sous prétexte que la mariée n’était pas vierge, non seulement constitue une tentative scandaleuse d’application subreptice de la charia en France, mais glorifie une pseudo-valeur ayant servi dernièrement de prétexte à un criminel en série. Examinons les faits :

En juillet 2006, un ingénieur, récemment converti à l’islam (selon France Inter), âgé d’une trentaine d’années, épouse une étudiante ayant, par tradition familiale, la même religion. La fiancée lui avait dit avant le mariage qu’elle n’avait jamais eu de rapports, néanmoins, aucun saignement ne s’étant produit au moment de la nuit de noces, vers quatre heures du matin, le jeune marié rejoint ses invités et fait un scandale. L’épouse est reconduite dans sa famille par le père du marié.

L’époux décide de se séparer de sa femme, en utilisant la procédure juridique de nullité relative, sa femme ayant en effet reconnu avoir déjà eu des rapports sexuels dans le passé. Elle avait caché la vérité, convaincue que son fiancé ne l’aurait jamais épousée s’il avait connu la réalité.

Le jugement s’est donc basé sur l’article 180 du Code civil qui stipule :

"S’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage."
Lexinter

Selon le jugement publié dans la revue juridique Le Recueil Dalloz, le tribunal a annulé l’union estimant que l’époux l’avait conclue "sous l’empire d’une erreur objective". Or "une telle erreur était déterminante".

Selon Me Xavier Labbé, avocat du plaignant, "la question de la religion n’est pas essentielle". "Il faut ramener la question au mensonge. La solution aurait été la même pour quelqu’un ayant (...) caché quatre pages de casier judiciaire, le fait d’avoir été plusieurs fois marié ou de s’être prostitué". "L’exemple traditionnel qu’on donne aux étudiants, c’est celui d’une femme qui a épousé un homme sans savoir qu’il était ancien bagnard. C’est le fameux arrêt Berthon qui date de 1868.

Le texte à peu près complet du jugement peut être trouvé ici :

http://www.maitre-eolas.fr/tgi-lille-1er-avril-2008

Que penser de cette affaire qui semble nous venir du fond des âges ?

Tout d’abord, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement avec l’affaire Michel Fourniret, dont la condamnation à la prison à perpétuité incompressible a été prononcée la veille de la révélation de l’affaire de Lille. Quel rapport entre les deux affaires, me demanderez-vous ? Il est très simple : c’est le mobile allégué par Michel Fourniret comme "justification" à ses meurtres en série. En effet, "il aurait été traumatisé de découvrir que sa première femme, épousée dans les années 60, n’était pas vierge", d’où une rancœur qui, selon ses dires, est à l’origine de son parcours criminel.

En considérant la virginité comme faisant partie des "qualités essentielles de la personne", le juge établit (au nom de la République et du peuple français, qui se retrouvent éclaboussés par la honte d’un tel jugement !) une sacralisation de la virginité, qui consacre judiciairement les minables considérations sur la virginité ayant servi de mobile à Fourniret pour ses crimes en série. On ose à peine imaginer la jubilation que celui-ci a dû ressentir en apprenant à la radio cette affaire de Lille, et ce d’autant que, si l’on en croit certains commentaires radiophoniques, le magistrat ayant pondu ce jugement de Lille serait une femme. Sans doute celle-ci voulait-elle tenter de valider l’aphorisme grec qui stipule que "sur dix misogynes, neuf sont des femmes !"

Ce jugement du TGI de Lille constitue donc une véritable insulte pour la mémoire des victimes de Fourniret, assassinées au nom de la sacralisation de la virginité, mais aussi pour toutes les femmes qui, dans le monde, sont assassinées au cours de "crimes d’honneur" en raison de leur non-virginité réelle ou supposée, et de toutes les jeunes filles qui, en Iran et dans d’autres pays musulmans, se font pendre ou décapiter par la "justice" de leur pays pour ce motif.

Attaquons-nous maintenant aux inénarrables sophismes de l’avocat du mari, Me Labbée. Lorsque celui-ci prétend, avec une mauvaise foi confondante, que, dans ce jugement, la question de la religion n’est pas essentielle, il se moque du monde. Imaginons que cette affaire ait concerné un couple dont les deux époux auraient été sans religion, ou même simplement catholiques, il est hautement vraisemblable que le mari aurait été débouté, ou que l’affaire n’aurait même pas abouti jusqu’au jugement ! Il faut dire que, dans ce cas, le mari n’aurait jamais eu l’idée de se plaindre à ses convives sous peine de se couvrir de ridicule, voire de se faire tabasser par sa belle-famille !

En rendant ce jugement, le TGI de Lille pratique insidieusement une politique d’immixtion de traditions religieuses dans un verdict qui, en France, aurait dû être laïc. Le TGI de Lille s’inspire ainsi, volontairement ou non, de la politique multiculturaliste, dite des "accommodements raisonnables", qui sévit au Canada. A noter que cette politique canadienne "politiquement correcte", en raison des litiges absurdes qui en résultent, a fait l’objet d’une salutaire révolte citoyenne, en particulier dans la commune québécoise d’Hérouxville. Cette révolte a atteint un tel point que le gouvernement canadien a tenté, sans grand succès, de calmer le jeu en commandant un rapport, le fameux rapport Bouchard-Taylor, consultable ici.

 

De la page 48 à la page 60 de ce rapport, on peut trouver l’ensemble des litiges et décisions judiciaires considérés comme "accommodements raisonnables" au Canada. Page 49 paragraphe 4 : "l’argument culturel et religieux comme facteur atténuant", on trouve la décision judiciaire suivante : "En janvier 1994, la juge en chef de la Cour municipale de Montréal rendait sa décision dans la cause d’un homme accusé d’avoir agressé sa belle-fille mineure : la juge Verreault considérait comme facteur atténuant le fait que l’agresseur aurait eu le souci de sodomiser sa victime afin de préserver sa virginité" (sic !). L’annonce de ce jugement a déclenché une vive polémique...

On voit donc que la sacralisation de la virginité, entérinée par le TGI de Lille qui la qualifie de "qualité essentielle", est une décision en fait fondée sur un multiculturalisme religieux et un relativisme culturel profondément anti-républicain et anti-laïc, aboutissant à une monstruosité judiciaire du même ordre que celle de ce verdict canadien !

Par ailleurs, selon la jurisprudence relatée ici :

http://boymottard.wordpress.com/

les "qualités essentielles" doivent être "objectivement" constatées, c’est-à-dire apparaître comme telles aux yeux de l’opinion publique. Or, il y a longtemps que la virginité ne fait plus figure de qualité essentielle dans le pays de Rabelais, et suscite plutôt l’ironie amusée ! Quelques exemples pour s’en convaincre :

- Le poème Du pucelage écrit par François de Maucroix (1619-1708) que l’on peut lire ici :

http://www.webzine-entre-nous.com/index.php?action=article&numero=127

- Une citation de Voltaire, le plus grand et le plus respecté des philosophes français : "C’est une superstition de l’esprit humain d’avoir imaginé que la virginité pourrait être une vertu" (dans : Le Sottisier, Voltaire, éd. Garnier 1883, p. 279).

- Les refrains de chansons archi-populaires connues de tous, ironisant sur la virginité, et qui manquent rarement d’être entonnées en fin de banquet de mariage ou en salle de garde, à lire ici :

http://www.abbe-priape.com/chansons/camaret.htm

et ici :

http://bmarcore.club.fr/paillardes/P156.htm

A noter que "l’erreur sur les qualités essentielles du conjoint", à la base de ce jugement, fait irrésistiblement penser à la fameuse "tromperie sur les qualités substantielles d’un produit", chef d’accusation qui avait été retenu dans la fameuse affaire dite "du sang contaminé". On voit que, dans le jugement, la mariée est pratiquement ravalée au rang de marchandise inutilisable, à l’instar d’une pochette de sang contaminé, ou alors atteinte d’un "vice caché" comme la voiture d’occasion vendue par un garagiste margoulin.

Revenons aux élucubrations de l’avocat du mari.

Lorsqu’il affirme avec aplomb que c’est le mensonge qui est à l’origine de l’annulation du mariage, alors, si on le suit dans son raisonnement, c’est l’ensemble des mariages qui devraient être annulés : en effet, le mensonge est une partie intégrante et indispensable de la séduction, et de ses corollaires facultatifs, l’amour ou le mariage : un homme qui préfère les blondes se marie avec une brune teinte en blonde, qui ne lui avait pas révélé la chose ? Erreur sur une qualité essentielle de sa femme ! Annulons donc ! Une femme se parfume ? Tromperie sur son odeur corporelle, qualité essentielle, pourtant ! Une femme se maquille en vue de masquer son teint blafard ? Encore erreur et tromperie ! Ne parlons pas de la chirurgie esthétique, dont les effets ne seront certes pas hérités par la future progéniture de l’épouse artificiellement embellie... Un jeune homme, dans un but de séduction, fait semblant d’être plein aux as en achetant une belle décapotable, ce qui met son compte en banque à sec pour dix ans ? Tromperie sur les qualités substantielles du futur mari ! Annulons, annulons ! Combien d’hommes célibataires font de la musculation, qui, dès le mariage signé, arrêteront cette activité fastidieuse et se vautreront sur le canapé avec une bière devant la retransmission du football : mensonge et tromperie sur les qualités essentielles !

Lorsque cet avocat ose assimiler une perte de virginité avec quatre pages de casier judiciaire, cela revient à nier à toute femme le droit, qu’on pensait acquis de nos jours, de disposer de son corps et de prendre du plaisir comme bon lui semble, droit qui fait figure de délit dans la bouche de cet avocat.

C’est ainsi que le TGI de Lille, probablement inspiré par un très politiquement correct "droit à la différence" aboutit dans son jugement à une différence des droits et établit deux catégories juridiques de Françaises : celles qui peuvent faire l’amour avant le mariage comme bon leur semble, sans avoir à s’en justifier à qui que ce soit, pas même à leur futur mari, et celles qui ne le peuvent pas, en raison de leur appartenance religieuse, sous peine d’annulation de leur mariage civil (mariage pourtant donc normalement laïc et donc se désintéressant de toutes considérations religieuses). Ainsi le multiculturalisme, et l’anti-laïcité qui va avec, aboutissent à un bien peu républicain apartheid juridique.

Pour en finir une bonne fois pour toutes avec cette prétendue "qualité essentielle", il n’est pas inutile de faire un détour par des considérations médicales. La virginité consiste en fin de compte, pour une femme, à avoir son hymen intact. L’hymen est une petite membrane qui ferme partiellement l’orifice vaginal à 1 cm de celui-ci. Cette membrane est partiellement ouverte, ce qui permet l’écoulement des règles. Elle n’a aucune utilité physiologique : il s’agit d’un reliquat embryonnaire d’une membrane qui sépare au cours de l’organogenèse les deux parties du vagin, d’origine embryologique différente. Il en existe de nombreuses variétés anatomiques allant de l’imperforation hyménéale (aboutissant à la puberté à un hématométrocolpos nécessitant une incision) à la quasi-absence d’hymen. Compte tenu de cette variabilité anatomique et des ruptures de l’hymen liées au sport ou à l’usage de tampons périodiques, une grande proportion de jeunes filles n’ont de toutes façons aucun saignement lors du premier rapport, et donc pourraient passer pour non-vierges. Cette absence d’un vestige embryonnaire complètement inutile ne saurait donc être considérée comme une cause valable d’annulation de mariage, sauf à annuler également le mariage de celles qui auraient oublié de signaler à leur mari qu’elles avaient été opérées d’une appendicite dans l’enfance !

A noter que l’ordre des médecins proscrit à juste titre aux médecins la rédaction de certificats de virginité, sauf dans le cadre de certificats descriptifs pour viol.

Les interventions de reconstruction de l’hymen, dont la demande risque d’exploser suite à ce jugement, sont fortement critiquées par Emile Daraï, secrétaire général du Collège des gynécologues dans une interview au Figaro.

 

De nombreuses réactions indignées des partis politiques et de certains membres du gouvernement ont été publiées. Néanmoins, force est de constater que certaines d’entre elles ne manquent pas d’hypocrisie, dans un contexte actuel d’attaques de tous les côtés contre la laïcité de l’Etat et la loi de 1905.

On est certes heureux d’entendre que le PS a dénoncé un jugement "atterrant" qui "bafoue le droit des femmes à disposer de leur corps et à vivre librement, comme les hommes, leur sexualité". Admirable déclaration de principe, néanmoins contredite par les agissements antérieurs d’éminents membres de ce même parti ! Tiens, n’est-ce pas à Lille, justement, que Martine Aubry a décidé, en toute illégalité, d’un apartheid dans les piscines municipales, en créant des horaires spéciaux pour les femmes musulmanes afin que celles-ci n’y soient point vues par les hommes, officialisant ainsi une sacralisation de la pudibonderie fort semblable à la sacralisation de la virginité ? Aurait-elle donné des idées à la présidente du TGI voisin ?

Et à Rennes, n’est-ce pas un socialiste, Edmond Hervé, qui a financé à grands frais un prétendu "centre culturel musulman" qui est en grande partie constitué d’une salle de prières, autrement dit d’une mosquée, dans laquelle des imams ne manqueront pas d’inculquer à leurs ouailles, dans leurs sermons, des idées préhistoriques sur le caractère sacré de la virginité ?

Pour l’instant, on n’a pas vu (et on ne risque malheureusement guère de voir) le PS vouloir exclure de ses rangs ces deux anti-laïcs notoires...

Côté UMP et gouvernement, on pourrait se féliciter des réactions du secrétaire d’Etat à la solidarité, Valérie Liétard, selon laquelle "une telle décision est une atteinte à l’intégrité des femmes et une violation aux droits fondamentaux de tout individu". On ne peut qu’approuver Fadela Amara lorsqu’elle déclare "C’est un véritable scandale, une vraie fatwa contre l’émancipation des femmes. J’ai cru que l’on parlait d’un verdict rendu à Kandahar", et qu’elle ajoute : "c’est la porte ouverte à n’importe quoi, une vraie régression, un camouflet pour la liberté des femmes et même pour notre pays".

Mais cette vraie régression a un grand chef d’orchestre, j’ai nommé leur supérieur hiérarchique et inspirateur politique, chanoine de Latran et président de la République, Nicolas Sarkozy ! N’est-ce pas lui qui a prononcé des discours d’une virulence anti-laïque sans précédent, à Latran et surtout à Riyad, devant un parterre de potentats de cette théocratie si cruelle pour la liberté et les droits des femmes ? Lui qui constitutionnellement a pourtant pour première fonction de faire respecter la Constitution, dont les premiers mots stipulent que la France est une République laïque ? S’est-il trouvé un seul député UMP pour demander la réunion du Parlement en Haute-Cour pour sanctionner ce manquement grave du président aux fonctions pour lesquelles il a été élu par le peuple ?

Comment un petit tribunal de Lille ne serait-il pas influencé par ce vent mauvais de cléricalisme émanant du sommet de l’Etat ?

Enfin, un carton rouge, très rouge, pour l’émission On refait le monde sur RTL, dans laquelle certains des journalistes, invités à débattre sur ce sujet, ont osé prononcer sans vergogne les mots d’islamophobie et de racisme anti-musulman en parlant des réactions indignées suscitées par cette décision du TGI ! Je ne citerai pas de noms, ils se reconnaîtront...

Terminons sur une note légère avec la fin du poème de François de Maucroix (1619-1708) :

- A quel jeu, Belle Janeton,
As-tu perdu ton pucelage ?

- Au doux jeu du vit et du con.

- Mon Dieu ! Le plaisant assemblage !


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225 réactions à cet article    


  • Rousquille Rousquille 2 juin 2008 10:28

    Vous n’y connaissez rien, la coccinelle. Lisez donc l’excellent article qu’une avocate du tribunal de Lille a publié sur AgoraTox....


    • Parpaillot Parpaillot 2 juin 2008 11:38

      @ Rousquille :

      Ne confondez pas ! L’avatar de Docdory n’est pas une coccinelle mais un doryphore, foi d’entomologiste.

      En effet, les coccinelles mangent les pucerons sur les plantes, alors que les doryphores percent les feuilles de pommes de terre, à défaut de pouvoir percer les hymens comme ce pauvre mari humilié ...

      Ayons une pensée pour lui ...

      Cordialement !


    • Sahtellil Sahtellil 2 juin 2008 12:13

      @Parpaillot

      Permettez que je m’incline devant ce succulent humour vieille France qui ne se dément pas (et auquel contribue certainement votre avatar)

      C’est un plaisir toujours renouvelé de vous lire. Vivement un article de votre cru.

      BMD


    • Sahtellil Sahtellil 2 juin 2008 16:59

      @Napakatbra

      Puisque la tendance est de zapper les liens et que celui que vous proposez est hautement pertinent, à l’égal d’ailleurs de l’article de la juge Lilloise, je me permets d’en produire le texte intégral pour le bénéfice de tous :

      La virginité (politico-médiatique) n’est pas de ce monde. Tollé général contre un jugement qui fait scandale. Politiques et médias s’emballent, mais au fait, de quoi s’agit-il ? Un mariage a été annulé pour cause de non virginité. Seules les vierges auraient-elles le droit de se marier ? Scandale absolu ! Mais finalement... Personne n’a lu le jugement. Ça ne serait pas ça le scandale, en fait ?

      C’est Maître Eolas, avocat de son état, qui nous informe sur la réalité des faits... sur son blog (à lire absolument). Le tollé politico-médiatique qu’a provoqué le jugement de Lille ne tient pas une seconde à la lecture du jugement. L’homme souhaitait absolument épouser une femme vierge, pour des raisons qui lui sont propres et totalement protégées par la Constitution Française. Critique qui veut, mais ce n’est pas le sujet. La femme le savait et lui a menti en connaissance de cause. L’époux découvre lors sa nuit de noce que sa femme est déflorée, contrairement à ses attentes. Ni une, ni deux, ils se séparent et l’époux demande l’annulation du mariage.

      Les raisons (oubliées) du jugement

      Devant le juge, la femme "demande au tribunal de lui donner acte de son acquiescement à la demande de nullité formée par [son époux]". En clair, elle consent à l’annulation du mariage. Ensuite, le juge estime, conformément à l’alinéa 2 de l’article 180 du Code Civil, que le mariage repose sur la confiance en l’autre. Et, nous dit Maître Eolas, "si cette confiance a été trahie avant même le mariage, la loi considère que le consentement au mariage peut en être atteint". La question que s’est posée le juge est donc : le mensonge sur la virginité, dans ce cas (car la justice juge au cas par cas), a-t-il rompu la relation de confiance ? Dans la mesure où l’époux avait clairement annoncé la couleur et qu’il en faisait un critère décisif, le juge a donc répondu : oui.

      Ce que dit le jugement : Madame a menti à Monsieur sur un point qu’elle savait très important pour lui. Elle savait que si elle ne lui avait menti, il aurait refusé le mariage. La relation de confiance a donc été rompue dès le début de la relation. Ce que ne dit pas le jugement et espérons qu’aucun jugement ne le dira jamais : Le mariage a été annulé car Madame n’était pas vierge.

      Emballement médiatique proche de l’hystérie

      Le monde judiciaire avait accueilli le jugement sans autre commentaire. Alors pourquoi cet emballement proche de l’hystérie ? Maître Dupont-Thieffry, avocat de la jeune femme, avoue à l’équipe d’Arrêt sur Images être "interpellé par ce phénomène médiatique : je savais que les médias se nourrissent entre eux, mais le cas d’école est assez fascinant. En moins de 24 heures, tous les médias me sont tombés dessus, et la polémique a démarré aussitôt". Et les commentaires sur la religion musulmane d’affluer, oubliant que la religion chrétienne, un des fondements de la France pour Maître Sarkozy, n’est pas en reste. Que symbolise, par exemple, le voile blanc qu’on soulève au moment de la proclamation du mariage, sinon l’hymen qu’on évente ?

      Ça prêterait à sourire tout de même. Le monde judiciaire est satisfait, toutes les parties du procès sont satisfaites, et le jugement est cohérent et pertinent, encore aurait-il fallu le lire ! Mais les médias et les politiques sont scandalisés, de la gauche à la droite en passant par "Ni putes ni soumises" à qui reviendrait la palme de la mauvaise foi, si un perturbateur avait la mauvaise idée d’en décerner une. Plus fort encore, en y regardant de plus près, il s’avère que personne ne critique pour les mêmes raisons... Bon, pour une fois que la France télévisuelle est unanime, ne bronchons pas trop fort. C’est si beau de les voir d’accord !


    • Qual 2 juin 2008 18:02

      Cher Sahtellil, vous m’otez, pour ainsi dire, tant le lien du touchpad, que les mots du clavier et je doute de pouvoir rajouter quelque chose à un billet de Maître Eolas. Une remarque toutefois :

      Mais les médias et les politiques sont scandalisés, de la gauche à la droite en passant par "Ni putes ni soumises" à qui reviendrait la palme de la mauvaise foi, si un perturbateur avait la mauvaise idée d’en décerner une.

      N’oublions pas ces c... de "journalistes citoyens" qui publient article sur article pour brâmer contre une application simple des règles de droit, qui devient à leurs yeux une "injustice moyen ageuse "sous prétexte qu’on l’applique à des Musulmans et, qui pis est, ne lisent même pas les liens qu’ils postent ! On peut commenter comme on veut la volonté du mari d’épouser une femme vierge (je ne comprend pas pourquoi une femme voudrait se marier avec ce genre de gars, même si je ne le connais pas et que peut-être...) mais, reste que c’est bien elle qui a menti, sur un point qu’elle savait très important etc... etc...

      Typhon, Qual...


      • Zalka Zalka 2 juin 2008 10:36

        Fourniret avait exigé que les jurés de son procès soient, comme lui, des personnes arrivées vierges à leur mariage. Pas vraiment une preuve de probité étant donné son propre parcours... Toutefois, il semble que nous ayons un premier candidat juré pour le procès en appel !

        Quant aux politiques, peut être commencent-ils à comprendre le coût du laisser faire. Mais j’en doute.


        • docdory docdory 2 juin 2008 11:45

           @ Zalka 

           

          Merci de cette excellente information qui prouve que le rapprochement que je fais entre le jugement de Lille et les idées de Fourniret n’est pas si incongru que ça , quoi qu’en pense Philippe Renève !


        • Zalka Zalka 2 juin 2008 11:51

          A vrai dire, j’en avais déjà parlé plusieurs fois dans un des articles sur le sujet. Je pense que vous avez très bien choisi l’angle d’attaque.

          Bien sûr il faut grandement relativisé. Malgré tout le mal que je pense du mari, je ne le crois pas pédophile. Simplement, il est bon de rappeller qu’à l’origine des pires perversité, il y a des obsessions malsaines. (dans perversité, contrairement à certains, je ne pense pas à l’homosexualité, mais aux désirs accomplis sans consentement de l’autre : pédophilie ou viols)


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 juin 2008 17:24

           @ Docdory : Ici, nous sommes en désaccord. La liberté passe par le respect de l’individu. Faire du mariage un contrat comme les autres, plutôt qu’un pilier de l’ordre social comme depuis Justinien, est une mesure progressiste. Sans le dire, le juge rend son jugement en donnant la primauté è l’intention des parties. C’est ça qui est important.  

          En ce cas précis, ni vous ni moi ne sommes d’accord avec ce que pensent les parties, mais c’est LEUR affaire. Je ne m’opposerais pas à ce que le musulmans mettent dans leur contrat de mariage une obligation de virginité. Comme j’accepte que les homosexuels consentants se marient si ça leur chante. 

          Si on ne veux pas vivre avec des gens qui veulent ce genre de clauses, il vaudrait mieux qu’on n’accepte pas en France les gens qui veulent ce genre de clause, ce avec quoi je serais bien d’accord. Mais Il ne faut pas brimer la liberté de tous pour défendre certains contre leur propres idiosyncrasies. L’adulte sain d’esprit doit être libre, sous seule réserve des droits des tiers. 

          On sombre ici dans l’incohérence par peur de déroger à la rectitude politique. C’est une pusillanimité qui contrevient au progrès social

           

          Pierre JC Allard

           

           


        • JL JL 2 juin 2008 17:37

          @ PJCA : ""Faire du mariage un contrat comme les autres, plutôt qu’un pilier de l’ordre social comme depuis Justinien, est une mesure progressiste. ""

          Vous posez là un problème de fond. Effectivement, il n’y a pas d’autre alternative raisonnable : ou bien le mariage demeure une institution réservée à un couple hétérosexuel dans la pespective de fonder une famille, ou bien il est ouvert à tous, à l’instar des autres contrats, et c’est la fin du mariage civil.

          Ce jugement anticipe-t-il sur un débat qui n’aura pas lieu ?


        • Sahtellil Sahtellil 2 juin 2008 17:37

          Voilà exactement le genre de discours pragmatique et dépassionné qu’il s’agit de tenir en ces temps de confusion...

          Je souscris entièrement.

          BMD

           


        • 5A3N5D 2 juin 2008 11:22

          Oui, et ce qui est encore plus navrant, c’est que l’auteur a demandé, dans le commentaire d’un autre article, que la juge soit révoquée.

          On, en arrive à une justice "populaire" qui est plus qu’inquiétante, car gouvernée par les passions et non la raison.


        • Nobody knows me Nobody knows me 2 juin 2008 11:49

          On, en arrive à une justice "populaire" qui est plus qu’inquiétante, car gouvernée par les passions et non la raison.

          S’il demande la lapidation du juge, il va quand même falloir lui dire que c’est une pratique "moyen-âgeuse"...

           smiley

          La charia, encore le mensonge sur la vraie conclusion du tribunal (mensonge et non chasteté de la mariée), tout y est. Comme je le disais dans les fils précédents sur ce sujet et où mr docdory avait fait sa promotion pour son futur article. Effectivement, les interventions de mr docdory ne manquent pas de jugeotte, malgré que je sois pas toujours d’accord avec lui. Mais parfois, je trouve que ça déraille légèrement "à la Piffard". smiley

          Je suis effaré que les medias puissent mentir sans vergogne à ce point. Partout, le même titre "Mariage annulé : la mariée n’était pas vierge". Du pur Pernaud. Ce n’est pas le jugement qui a été donné. Le mari traité d’imbécile intégriste (alors que dans toutes les religions monothéistes, on trouve les mêmes...), la mariée qui aurait peut-être voulu continuer sa vie peinarde (peut-être s’estimait-elle alors libérée, peut-être qu’elle est dégoutée car elle aimait cet homme et que c’est pour ça qu’elle lui avait menti). Ca on ne le saura jamais car les medias s’en foutent ils ont fait leur sale boulot de propagande, tout comme vous le faîtes aujourd’hui.

          Bonne journée à presque tous.


        • docdory docdory 2 juin 2008 11:53

           @ Philippe Renève 

          Zalka vous donne un élément de réponse ci dessus , qui montre que ce rapprochement est plus pertinent que ce que vous pensez .

          Le poème en fin d’article est là pour prouver que la France à , de longue date , une tradition libertine et gauloise , et que la sacralisation de la virginité établie par le TGI de Lille est en opposition totale avec cette tradition . Vous n’en avez pas assez de cette bigoterie ambiante de plus en plus insupportable ?


        • Gazi BORAT 2 juin 2008 13:06

          @ Philippe Renève

          On se trouve ici dans la même logique que lors de la controverse sur les infidélités de Clinton.

          Ce qui était en cause, selon le procureur Starr, n’était pas l’adultère commis par Bill Clinton, mais le mensonge qu’induisait celui-ci.. ce qui est différent !

          Quelles que soient les affaires, je trouve toujours indigestes les articles commentant les décisions de justice ou les faits divers crapuleux...

          gAZi bORAt


        • Zalka Zalka 2 juin 2008 13:15

          "Si on suit ce raisonnement selon lequel il ne faut pas risquer des déviations en « sacralisant » (selon vous…) la virginité , il faudrait donc interdire la nudité des enfants sur les plages contre la pédophilie, et mettre des culottes aux chèvres pour lutter contre la zoophilie … Qui donc est bigot, dans l’histoire ? "

          Ce serait plutôt le contraire...

          quant au fait de dire que c’est le mensonge de la femme, on en déduit donc que c’est de sa faute. continuons le raisonement : il n’y a pas de femmes violées, mais uniquement des salopes allumeuses !


        • claude claude 2 juin 2008 14:03

          bonjour gazi, philippe, le doc, et les autres...

          le billet du doc est un coup de gueule, et même si ses arguments ne sont pas toujours très logiques, le doc souligne le dérapage qu tribunal lillois concernant la virginité des filles.

          en plus en tant que médecin, il confirme ce que nous les filles, savons sur la solidité de notre hymen qui se déchire sans rapport sexuel etque même s’il est intact, ne saigne pas forcément, tant les habitudes de vie ont changé depuis ces dernières décénies.

          dans les 2 cas : le mariage et les crimes de fourniret, c’est la sacralisation de la virginité des jeunes filles qui a commendé ce qui a suivi.

          on peut discuter d’autres arguments que son athéïsme lui fait mettre dans le même panier,

          comme les horaires réservés à la piscine (en dehors de la religion de ces dames, cela leur donne accès aux mêmes plaisirs que l’ensemble des femmes. cette mesure peut être considérée comme un cadeau fait à leur pudeur). en tant que femme et féministe cette mesure ne me gène guère. car d’autres femmes non musulmannes peuvent ainsi aller en piscine, sans craindre le regard des autres, c’est à dire des hommes. nombres de femmes sont complexées par leur surpoids et ne veulent pas se déshabiller, bien qu’elles aiment l’eau.

          pour la mise à disposition d’endroit de prière, la laïcité permet à chacun d’exercer le culte de son choix dans les meilleures condition possibles, et les musulman ont le même droit à prier dans des lieux agréables que les chrétiens ou les bouddhistes. de plus, leur permettre de sortir des caves assure une meilleure vision de ce qui peut être enseigné par les imams.

          ceci pour dire, qu’il y en a à prendre et à laisser et que le doc se laisse emporter par son "laïcisme" (?) militant...

          j’ai plussé le doc pour sa première partie... smiley

          bonne journée à tous

           


        • Nobody knows me Nobody knows me 2 juin 2008 14:50

          Le souci récurrent avec le doc, c’est qu’il pratique allègrement un amalgame plutôt dégoulinant. Et dans le cas de cet article, le mensonge.

          Une personne laïque pour moi, dénoncera TOUS les mariages annulés pour des raisons de religion (et encore franchement on fait tout un pataquès mais le couple était d’accord pour une annulation il me semble) et ne traitera que de ce genre de situations. Que viennent foutre les histoires de piscines et compagnie ?

          S’il est farouchement contre les pratiques de l’Islam, qu’il fasse un article avec un titre en conséquence et qu’il le dise, mais qu’il ne se couvre pas sous une pseudo analyse politico-psycho-spirituelle.


        • docdory docdory 2 juin 2008 15:54

           @ Gazi Borat 

          Comme vous dites : ce qui était en cause " SELON LE PROCUREUR STARR " , c’était le mensonge . Croyez vous réellement que c’’était ce qui était réellement en cause ? Pour le bigot américain moyen , c’était bien l’adultère qui est en cause et non le mensonge . Hélas , dans le procès de Lille , même si apparemment ce qui est en cause c’est le mensonge , il est évident que pour les bigots , c’est la perte de la virginité avant le mariage !


        • docdory docdory 2 juin 2008 16:00

           @ Claude 

           

          Merci de ton soutien . Pour ce qui est de la piscine de Lille , des statistiques avaient montré que l’immense majorité des utilisatrices des horaires spéciaux étaient de confession musulmane . L’argument des femmes obèses ne tient pas face au raz-de -marée de bigoterie et de pudibonderie qui est responsable de la décision de Martine Aubry , dont je persiste à affirmer qu’elle contrevient à la laïcité de la République


        • Nobody knows me Nobody knows me 2 juin 2008 16:02

          il est évident que pour les bigots , c’est la perte de la virginité avant le mariage !

          Grand bien leur fasse. Mais les bigots ne sont pas la loi (certains les votent cela dit). Il me font plutôt rire personnellement.


        • claude claude 2 juin 2008 21:11

          @ doc

           

          j’aime bien cette définition de la laïcité :

          atheisme.free.fr/Contributions/Definition_laicite.htm

          • "La laïcité n’est pas antireligieuse, elle est neutre. Anticlérical ne veut pas dire antireligieux, mais opposé au projet de domination temporelle des religieux. Pour la même raison, la laïcité n’est pas non plus antiathéisme. Les athées comme les croyants ont un droit égal à l’existence dans une société laïque. La laïcité transcende les options spirituelles en définissant les conditions de leur libre affirmation et de leur coexistence pacifique. A ce titre, elle est un facteur essentiel et indispensable de la paix civile."

          si quelques heures d’ouvertures des piscines sont réservées aux femmes de tradition musulmanes, cela n’est pas gênant : cela leur permet d’avoir des instants de liberté avec leurs enfants. pourquoi n’aurait-elles pas le droit au respect de leur pudeur ?

          de même pour les femmes ou les jeunes filles qui se sentent mal dans leur peau, sans pour cela être obèse : le dismorphisme est un trouble assez courant chez les femmes.

          il faut juste trouver un compromis pour que personne ne se sente lésé ou gêné par ces espaces particuliers. on réserve bien des heures de piscine pour les écoles ou les clubs de natation.

          la laïcité l’emporte sur le fanatisme religieux, en permettant justement à chacun d’exprimer sa spiritualité et en facilitant les relations entre les commununautés. il ne faut pas s’arrêter à des détails qui risquent de masquer l’essentiel, et ici on parle de la virginité, c’est à dire de la "vertu" des filles avant le mariage.

          ce jugement est la porte ouverte aux rétrogrades, non seulement de confession musulmanne, mais aussi aux cathos (...) ou même aux athées sacralisant la virginité féminine.

          ne faisons pas l’amalgamme, ce qui est à combattre c’est la perception archaïque que certaines personnes, communautés, familles ont des femmes en les obligeant à la virginité sous peine de déshonneur, en les excisant, en les infibulant ou en pratiquant l’avortement lorsuqe le foetus est de sexe féminin.

          le jugement de lille, au delà de toute religion, est scandaleux par sa négation de la liberté de la femme a pouvoir disposer librement de son corps et de sa sexualité.


        • ka 2 juin 2008 11:01

          "L’invraisemblable décision moyen-âgeuse du Tribunal de grande instance de Lille d’annuler un mariage sous prétexte que la mariée n’était pas vierge"

          Non Docdory le mariage a été annulé parce que la femme a menti sur une "qualité" jugée importante par son époux, il ne l’aurait pas épousé s’il avait su qu’elle n’était pas vierge.

          Cependant je suis d’accord avec vous sur un point qui ne concerne pas le jugement mais plutôt cette obsession de la virginité. Dans l’Islam comme dans le Christiannisme d’ailleurs il est recommandé à la femme et à l’homme de rester vierge jusqu’au mariage, mais le problème c’est qu’il n’y a rien qui puisse réellement prouver que quelqu’un est vierge, l’état de l’hymen n’est pas un moyen sûr de prouver la virginité de la femme et surtout ne pas saigner lors du premier rapport sexuel ne signifie pas que l’on n’est pas vierge, chaque individu est différent et attendre de la mariée qu’elle saigne le jour de son mariage est complètement absurde, annuler un mariage parce que l’un des deux époux n’est pas vierge n’est je pense pas recevable mais là il s’agissait d’un mensonge commis lors de la contraction du mariage. Bien sûr cet argument ne trompe personne mais juridiquement il est valable. Aucun texte musulman ne dit qu’une femme non-vierge ne peut contracter un mariage et aucun texte ne dit non plus que la femme ou l’homme doivent prouver leur virginité à un quelconque moment. Cependant il est je pense préférable d’être honnête avec la personne que l’on veut épouser, cela dit cette femme était peut-être très amoureuse de ce monsieur et pensait peut-être qu’il resterait avec elle même si elle n’était pas vierge, c’est vraiment dommage d’en arriver là parce que finalement cette femme avait peut-être des qualités qui auraient rendu son ex-époux heureux malgré le fait qu’elle n’était pas vierge. Cette histoire a fait beaucoup de bruit pour rien ! 


          • Pascal J. 2 juin 2008 12:04

            Je vois bien là, KA, votre embarras sur le fait que le fondement du mensonge soit basé sur la virginité de l’épouse, et que l’on en arrive finalement à statuer d’une certaine manière sur sa moralité.

            Reste à savoir maintenant, lequel de ces deux points (virginité ou sincérité) est le plus important pour l’époux. Etait-il lui aussi en mesure de prouver qu’il s’appliquait ces deux principes à lui-même avant de les imposer à son épouse, pour que ces deux "qualités essentielles" lui soit reconnues devant un tribunal ?

            En supposant que le mari ait eu des relations sexuelles avant son mariage avec d’autre femmes (ce qui est fort probable), vous comprendrez qu’il ne peut exiger moralement devant un tribunal que sa future épouse soit vierge comme étant gage de sa moralité si cette qualité essentielle n’est pas respecter par lui-même. c’est une question d’égalité entre l’homme et la femme, principe énoncé dans nos lois.

            Donc, la virginité ou non de l’épouse ne peut dans ce cas devenir une "qualité essentielle" et n’a donc pas à rentrer en ligne de compte dans un tel jugement.


          • docdory docdory 2 juin 2008 12:08

             @ Ka 

            Il me semble que le juge aurait eu la possibilité de débouter le mari de sa demande et de le condamner aux dépens pour procédure abusive . S’il l’avait voulu , il aurait certainement trouvé l’argument juridique qui convient .

            Si je reconnais que le jugement libère cette femme d’un homme inqualifiable qui aurait manifestement fait son malheur pendant toute la durée du mariage , il n’en reste pas moins que ce jugement sacralisant la virginité est rendu au nom du peuple français , alors qu’aucune loi française , et c’est heureux , ne stipule qu’une femme doit être vierge le soir de ses noces !

            En l’occurrence , ce jugement sacrifie donc l’intérêt général et l’esprit des lois pour un cas particulier , et c’est choquant . Quant au mensonge de la femme , comme je l’explique dans mon article , le mensonge est une composante essentielle des relations amoureuses !


          • ka 2 juin 2008 13:14

             Je ne peux pas dire laquelle de ces deux qualités est la plus importante pour l’ex-époux, ne le connaissant pas personnellement. Mais c’est vrai que si cet homme attache autant d’importance à ces deux qualités au point d’être pour lui des motifs pour annuler un mariage si elles ne sont pas respectées, par honnêteté et par respect vis-à-vis des personnes dont il exige ces qualités, il doit aussi faire preuve de ces qualités. Or c’est difficile à établir parce que cet homme a peut-être quelques secrets qu’il n’aimerait pas divulguer même à sa propre femme et c’est normal, on a pas forcément envie de tout raconter sur notre passé surtout quand il n’est pas glorieux et puis qui peut vraiment juger de la sincérité de quelqu’un ? Mais c’est vrai que la sincérité évite bien des désagréments. Quant à la virginité, on ne peut pas savoir non plus de façon sûre que cet homme était bien vierge le jour de son mariage, à moins de retrouver une de ses anciennes conquêtes qui pourrait assurer qu’il ne l’est pas mais bon c’est complètement ridicule et bien sûr ça ne prouverait rien puisque la dite conquête peut très bien elle aussi mentir.


          • Pascal J. 2 juin 2008 14:03

            Je suis en grande partie d’accord avec vous, cependant là où je ne vous suis pas c’est lorsque que vous écrivez :

            "Or c’est difficile à établir parce que cet homme a peut-être quelques secrets qu’il n’aimerait pas divulguer même à sa propre femme et c’est normal, on a pas forcément envie de tout raconter sur notre passé surtout quand il n’est pas glorieux et puis qui peut vraiment juger de la sincérité de quelqu’un ?"

            De quel droit s’est-il permit alors de s’immiscer dans la vie antérieure de son épouse avant même peut-être qu’il ne la connaisse ? J’estime que la femme à aussi droit à ses secrets intimes notamment sur sa sexualité. L’erreur que cette jeune fille a peut-être commise, c’est de n’avoir pas gardée son "jardin secret" jusqu’au bout vis à vis de son conjoint, au risque effectivement que le doute s’intalle entre eux et que le mariage ne se fasse pas.


          • armand armand 2 juin 2008 14:50

            docdory :

            Vous oubliez un élément MAJEUR :

            la demande émanait des DEUX époux...


          • armand armand 2 juin 2008 14:55

            Cette tempête dans une tasse de thé aura démontré au moins une chose : que le délire des laïcards ou des islamophobes vaut bien celui des intégristes.

            A une nuance près, qu’ils n’en appellent pas (encore) au meurtre des contrevenants.

            Encore que, cette façon de brocarde le juge en affichant son téléphone n’augure rien de bon.

            Première victime, le sens de la mesure, et, souvent, la simple logique.


          • ka 2 juin 2008 14:58

            "J’estime que la femme à aussi droit à ses secrets intimes notamment sur sa sexualité. L’erreur que cette jeune fille a peut-être commise, c’est de n’avoir pas gardée son "jardin secret" jusqu’au bout vis à vis de son conjoint, au risque effectivement que le doute s’intalle entre eux et que le mariage ne se fasse pas."

            Effectivement la femme a aussi droit à ses secrets intimes et notamment sur sa sexualité. Personnellement je crois que ça aurait causé moins de tort à cette femme de dire la vérité à son futur époux avant qu’ils ne se marient, elle aurait compris à ce moment là que la virginité est plus importante pour cet homme que l’amour qu’elle peut éprouver pour lui et que l’amour qu’il peut éprouver pour elle. Il l’aurait probablement quitté mais je pense que cette rupture aurait été moins lourde en conséquence que ce jugement qui la condamne à porter une étiquette aux yeux de ses proches et de son entourage, c’est malheureux ! J’espère que l’homme n’avait pas l’intention d’humilier sa femme en la traînant devant la justice mais si c’est le cas c’est vraiment dégueulasse !


          • docdory docdory 2 juin 2008 15:08

             @ Léon 

            Tout a fait d’accord avec vous . Pourquoi pas , pendant qu’on y est , demander par contrat une garantie décennale sur les qualités substantielles de son futur conjoint ?


          • Pascal J. 2 juin 2008 15:10

            Nous nous rejoignons entièrement.

            Pour ce qui est de la volonté de vouloir humilier son épouse, à mon avis, ce type ne s’en serait pas pris autrement ! Pourquoi n’aurait-il pas alors user d’une simple procédure de divorce par consentement mutuel, plutôt que d’étaler cette affaire devant un tribunal ?

             


          • Castor 2 juin 2008 15:23

            @ Docdory et Pascal,

            Finalement, je vois que ça vous fait plaisir de continuer de déverser vos conneries sans vouloir une seule seconde tenir compte des éléments en cause.

            Votre attitude est scandaleuse car sous couvert du respect d’une femme dont vous ignorez tout, vous vous permettez de dire n’importe quoi, et si possible d’alimenter les rumeurs les plus malsaines.

            Pascal,

            J’ai passé quelques longs moments samedi à vous expliquer tout ça et vous continuez à faire comme si vous n’aviez rien compris. C’est tout bonnement affligeant.

            Quant à l’auteur, il ne vaut pas mieux. Vous ne connaissez rien à cette affaire et ne voulez rien lire de ce qui serait contraire à vos affirmations et à vos thèses ridicules.

            Allez-y, continuez avec vos remarques ridicules, faites le buzz et surfez sur l’océan de conneries débitées sur ce sujet qui n’en est pas un.

            Pour ma part, je boycotte votre article et sais dorénavant qui vous êtes.


          • Pascal J. 2 juin 2008 15:43

            @Castor

            Admettez au moins que certaines personnes partage pas votre point de vue, ça serait déjà pas mal !

            Que vous comparez ce contrat de mariage comme l’acte de vente d’un véhicule d’occasion donc la climatisation est déffectueuse (c’est l’exemple que vous avez donner samedi) chacun appréciera...

            Pour ma part, je ne réduit pas l’union entre deux personnes à simple acte de commerce ou à d’autres genres de conneries.

            Comme je vous l’ai dit avant hier, j’espère que vous n’êtes pas marié, auquel cas si vous ne réduisé votre épouse à simple bagnole comme vous le faite, votre épouse ne doit pas s’emuser tous les jours !

            A bon entendeur !

             


          • Castor 2 juin 2008 16:57

            Pascal,

            vous retirez de cette discussion de samedi exactement la même chose que ce que vous retirez de cette affaire  : ce qui vous arrange pour votre thèse.

            la réalité est bien plus simple que cela et je vous invite à aller lire l’article de Me Leduc-Novi sur le sujet. Et quand je dis lire, ce n’est certainement pas avec un oeil caché pour n’en retenir qu’une partie.

            Enfin, je crois vous avoir démontré samedi que j’étais prêt à passer du temps à vous expliquer pourquoi vous vous fourvoyiez. Ce n’est pas pour m’entendre dire aujourd’hui que je n’admets pas la contradiction.

            Vous avez tort quand vous avancez des arguments juridiques comme ceux que vous avancez, ce n’est quand même pas compliqué de le comprendre, si ?

            Le divorce sanctionne un défaut d’exécution pendant le cours du mariage, la nullité du contrat de mariage sanctionne un défaut du consentement au moment du contrat !

            En droit, vous ne pouvez simplement pas dire n’importe quoi ni utiliser un fondement erroné pour une demande précise, sinon, vous êtes débouté, c’est clair ?

            Maintenant, rentrez-vous dans la tête que le mariage est un contrat comme un autre et qu’il n’y a aucune raison pour lui appliquer des règles différentes ou encore à ne pas lui appliquer les mêmes règles qu’aux autres contrats.

            Je note enfin que cette affaire ne choque les bonnes âmes que parce qu’il est question de religion musulmane et de virginité et qu’il y a là l’occasion de stigmatiser des pratiques qui nous heurtent.

            Comme le disait quelqu’un très justement dans cette discussion (mais en tirant la mauvaise conclusion), cette demande de virginité ne regarde que les époux et Dieu, pas les juges ou la famille.

            Et bien oui, c’est parfaitement exact. Et quel respect avez vous pour cet homme dont la conviction religieuse est peut-être qu’il aura honte de se présenter devant son créateur après cette "erreur" ?

            C’est peut-être ridicule pour vous, mais pour lui ???

            Pourquoi accepteriez-vous qu’une rombière bon teint obtienne l’annulation de son divorce parce qu’elle pensait épouser un homme du beau monde alors qu’en réalité il était de "basse extraction" et pas cet homme pour qui la question était tout aussi essentielle ? Parce que vous avez une éducation morale ou religieuse différente ?

            Vous ne pouvez pas mettre de côté que pour cet homme, cette question de la virginité était déterminante de son consentement et que son épouse, non seulement le savait, mais encore l’a volontairement induit en erreur.

            J’ajoute encore que la justice se doit d’appliquer la règle de droit de cette manière, c’est à dire en ne portant pas de jugement de valeur sur les sentiments religieux tout en reconnaissant qu’ils peuvent avoir une place prépondérante dans le consentement d’un contractant.

            Etre un état laïque n’induit pas la négation du religieux chez l’homme.


          • Castor 2 juin 2008 17:33

            J’ajoute à l’intention de Léon et de Docdory, lequel n’a visiblement pas l’intention d’abandonner son soliloque pour répondre aux vraies questions, que la laïcité n’a jamais eu pour conséquence l’abandon de la religion par les individus.

            J’admire les gens comme vous qui, drapés dans leur droite humanité, naviguent en plein contradiction et donnent des leçons aux autres. Si je vous résume, la culture et la religion musulmane sont à jeter aux oubliettes en raison de notre laïcité ?

            C’est vous le juge de ce qui doit ou peut se faire ? C’est vous la haute autorité en la matière qui décidez de l’opportunité de rejeter des arguments aussi personnels que ceux-là ?

            Je voudrais savoir une chose, messieurs, qui se montre discriminant dans cette affaire ?

            Celui qui, en accord avec sa religion souhaite se marier selon ses préceptes (que son épouse ne nie d’ailleurs pas puisqu’elle acceptait de se marier sous ces conditions) ?

            Ou celui qui se déclare capable de dire à cet homme que ses croyances ne seront pas prises en compte par notre état laïque ?


          • Nobody knows me Nobody knows me 2 juin 2008 17:53

            elle lui interdit d’empiéter sur la sphère publique

            En quoi les conditions d’un mariage sont-elles publiques donc ?


          • Tarouilan Tarouilan 2 juin 2008 17:57

            De vieux souvenirs de droit civil, m’avaient pourtant fait pressentir, que ce genre de jugement était peu probable : De nombreux adages régissent aussi l’institution du mariage. Loysel a ainsi écrit " en mariage trompe qui peut " ! Cet auteur a énoncé la tradition du droit canonique et de l’ancien droit, selon laquelle seules la violence ou l’erreur peuvent permettre d’annuler un mariage, le dol, c’est à dire des manoeuvres mensongères, étant insuffisant. Il avait bien compris que le droit de la famille est une matière qui, au-delà de son aspect technique, est fortement empreinte de considérations intimes et personnelles, de sorte qu’il est parfois difficile de distinguer le mensonge de la séduction …

            Il est évident que si, nous intégrons dans le système de droit français une interprétation de la loi, qui a la précision de la météo à 15 jours......le droit du mariage va se désintégrer, la prise en compte de traditions religieuses étrangères au terroir culturel français, va aboutir à cela..........

            Les textes qui régissent le droit du mariage, doivent être revu de fond en comble pour ne plus laisser prise à aucune forme d’interprétation à connotation religieuse, de quelque obédience que ce soit...

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