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Accueil du site > Actualités > Société > Apprendre vraiment à l’école primaire, c’est encore (...)

Apprendre vraiment à l’école primaire, c’est encore possible

Françoise Candelier est une institutrice pas comme les autres. Elle est en première ligne de tous les combats pour que l’école offre une instruction de qualité à tous dès le début de l’école primaire.

 

Après une expérience de classe SLECC, pour le plus grand bonheur des parents qui l’ont exprimé dans une vidéo tournée à Roncq, Françoise Candelier a pris la décision difficile de créer une école destinée en priorité aux enfants qui rencontrent des difficultés.

L’école du Blanc-Mesnil a ainsi vu le jour à Wasquehal, avec le soutien de la Fondation pour l’Ecole. Une trentaine d’enfant, du CP au CM2 vont pouvoir dès cette année se réconcilier avec l’école.

Le projet, pour ces enfants en difficulté ? Une méthode de lecture alphabétique. L’enseignement des 4 opérations en même temps, dès le CP : une approche que les nouveaux programmes du primaire n’ont pas osé remettre à l’honneur sous le prétexte que ce serait trop difficile. La leçon de chose qui permet de réveiller la capacité d’émerveillement de l’enfant tout en gravant dans son esprit des connaissances indispensables. Et des programmes consistants et progressifs. Enfin, une initiation musicale de qualité, grâce au Cours Candelier, école de musique créée en 2004.

Les uns diraient que tout cela est bien trop difficile pour des enfants en difficultés. Les parents, et les enfants, n’ont pas l’air du même avis. Lisez les témoignages figurant sur le très beau site web de l’école. L’un d’eux suffit ici, mais ils sont tous du même calibre :

Contrairement à ses frères et sœurs, mon fils Henry n’aimait ni aller à l’école, ni travailler. Il rentrait de l’école énervé et désobéissant. Pensant qu’il avait besoin d’un cadre très serré pour avancer, nous avons osé l’école du Blanc Mesnil, étant enthousiasmés par la pédagogie SLECC, le charisme de madame Candelier et les petits effectifs de cette école. Eh bien le résultat est là : il n’a fallu que 4 jours pour qu’Henry aime l’école, en parle avec fierté, nous fasse le compte scrupuleux de ses bons points tous les soirs et arbore des cahiers, pas encore très soignés, mais où on sent une réelle persévérance, guidée bien sûr, pour y arriver. Il revient le soir de l’école très fatigué, mais calme, souriant et docile comme jamais ! Heureux où il est, "tenu et nourri" à l’école, c’est devenu un enfant très épanoui.

A l’école du Blanc Mesnil, il ne suffit pas à l’équipe enseignante de rendre les enfants heureux d’apprendre, il leur faut aussi trouver les moyens de financer une école qui se veut ouverte à tous, sans condition de ressources. Créer une école demande beaucoup de sacrifices et si vous ne connaissez pas Wasquehal, venez au concert vocal et instrumental organisé au profit de l’école, le 15 novembre 2009.


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11 réactions à cet article    


  • Surya Surya 29 octobre 2009 17:16

    Bonjour,

    Pourriez vous en dire plus sur la méthode qu’utilise l’institutrice pour enseigner, dès le CP, les quatre opérations en même temps ? Est-ce par la manipulation concrète d’objets, et des regroupements dans des ensembles, qui en effet permettent aux élèves, même très jeunes, de comprendre le concept, j’ajoute, j’enlève, je partage, je fais des ensembles avec quatre bonbons dans chaque ensemble etc... ou leur apprend-elle déjà, et dès le CP, à « poser » les quatre opérations dans un cahier, (je pense en particulier à la soustraction et surtout à la division), et les résoudre, avec les retenues etc... alors si c’est le cas, comment procède-t-elle  ? C’est expérimental, et si c’est possible, ce n’est pas seulement nouveau, mais carrément révolutionnaire.


    • Frédéric 29 octobre 2009 17:39

      Faux ! La Fondation pour l’école aide des écoles hors contrat quelles que soient leurs orientations.

      Concernant cette école, elle n’est pas catholique. Françoise Candelier est issue de l’éducation nationale, qu’elle vient de quitter car elle voulait plus de liberté pour appliquer un programme ambitieux avec une continuité du CP au CM2. C’est une expérience intéressante, qu’il faut prendre comme telle.

      Méthodes non traditionnelles. Méthodes efficaces surtout, et c’est bien là l’essentiel pour les enfants.


    • Candelier 29 octobre 2009 18:35

      Nous avons expérimenté ce travail en CP pendant 3 ans au sein d’une école publique. Cela s’est très bien passé. A partir de la manipulation de buchettes, boutons etc l’élève, comme vous l’écrivez, pratique l’addition, la soustraction ,la multiplication et la division ( valeur d’une part puis nombre de parts). sans difficulté si cela est vu avec de petits nombres et progressivement. chaque règle se comprenant par rapport à sa réciproque. Si nous voulons éviter que les élèves de CM n’hésitent à choisir la bonne oprération pour résoudre un problème, il faut vraiment enseigner les 4 opérations en même temps et tôt dans la scolarité. A trop tarder, on emp^che l’aquisition d’une souplesse de raisonnement.
      Pour ce qui est du calcul posé, il faut attendre, à mon sens ’ d’avoir avancé dans la numération décimale et de connaître les premières tables. ...courant CP on peut y parvenir et la division par 2 et 4 et 5 posée vers la fin du CP, mais avant tout, travailler la compréhension du sens des opératios avec de petits problèmes simples.
      J’ajoute que les élèves y prennent un réel plaisir. !!
      Ce travail est donc au programme de l’école que nous venons de créer.


      • elisabeth 29 octobre 2009 19:32

        J’attire votre attention quil est anti-démocratique et honteux, lamentable que d’obliger, d’imposer et de ne pas donner le choix dès la meternelle, dès l’école primaire à l’anglais alors qu’ils ne savent ni lire ni éc rire dans leur propore langue, c’est une catastrophe, nous disons donc  : nonaux langues étrangères en maternelle, au berceau et non à l’école primaire, c’est anormal alors qu’il y a une langue qui pourrait réveiller l’intérêt des jeunes plus que langlais, c’est la langue équitable Esperanto déjà bien enracinée dans plus de 120 pays, ils apprendront le français beaucoup plus facilement , les enseignants devraient se mobiliser contre l’imposition du gouvernement français les français tous anglais, nojus disons non au bilinguisme français anglais de la france, non au bilinguisme français anglais des français ;


        • DIMEZELL 29 octobre 2009 20:00

          Comme il est indiqué dans cet article, il est possible , bien évidemment, ’d’enseigner les 4 opérations ’ dès le CP, je crois d’ailleurs que la division posée était au programme de ce niveau il y a quelques dizaines d’années.
          Deux questions cependant : 
          - que signifie cet apprentissage des 4 opérations à cet âge quand on connait la difficulté du sens de la division par exemple ( voir à ce sujet les explications assez approfondies de Rémi Brissiaud - rel. quotition ou partition- livre de l’enseignant chez Retz Nathan. ) ?
          On n’a pas besoin de petits perroquets à l’habilité ’ très restreinte.
          - Quel étrange choix de citer d’abord les 4 opérations quand on sait ce qui importe dans l’enseignement des mathématiques à savoir les situations problèmes. Veut -on enseigner comme sous la troisième république ? 

          Quant à l’enseignement de la lecture à partir du b a ba, il est parfois utile de se référer à cette pratique dans des cas très spécifiques de pathologies qui nécessitent de ne pas poser problème à un fonctionnement cérébral déficient mais c’est assez exceptionnel. Pour le commun des mortels, apprendre c’est aussi et surtout donner du sens. Il m’est arrivé de devoir travailler avec des élèves qui avaient appris à ’lire’ de la façon citée dans cet article, ils avaient une lecture orale assez structurée sauf dans certains cas où le sens les piégeaient, la plupart du temps, ils déchiffraient mais ne lisaient pas car le sens du texte leur échappait de manière dramatique et je ne parle pas de l’anticipation, aucune capacité d’inférence. Une illusion de l’acte de lire qui était difficile à changer pour permettre d’accéder à une vraie compréhension.

          L’Education nationale a besoin d’être considérablement rénovée, certes, il y a un travail important à penser et à réaliser mais malheureusement, les dernièrs programmes du primaire ont pour modèle les années cinquante ( au mieux ! ). Je ne connais toujours pas les ’ penseurs ’ de ces programmes qui semblent bien proches des méthodes à l’anciennes présentées sommairement dans cet article. La répétition, le rabachâge et le prêchi- prêcha , le point commun du ’socle’ !
          Quand va - t -on cesser de raconter des balivernes aux parents des élèves et de dénigrer les enseignants qui connaissent leur métier ?


          • Frédéric 30 octobre 2009 15:37

            Votre réponse m’inquiète car cette idée que la répétition, le b a ba, et la grammaire ne servirait que des perroquets montre un grand mépris pour ma génération (j’ai 43 ans) et celles qui m’ont précédé. Ainsi, seuls les jeunes d’aujourd’hui ne seraient pas des perroquets, grâce à des maîtres éclairés !

            Le monde réel n’est pas celui que vous décrivez. Le nombre d’enfants en échec, par manque d’un enseignement structurant, est considérable. Dire que le b a ba doit être réservé à des enfants déficients intellectuellement, alors que c’est la seule méthode qui convient à tous les enfants - sans exception - me laisse pantois, car manifeste une profonde méconnaissance des recherches les plus actuelles sur le sujet.

            Les enseignants connaissent leur métier, tel qu’on leur a enseigné, dans ces merveilleux lieux de théories fantasques que sont certains IUFM. Les enseignants sont de vrais héros car on les a privés des bonnes méthodes, en leur faisant croire toute une série d’inepties sur l’enfant et ses apprentissages.

            J’ai appris en b a ba, et je comprends très bien ce que je lis, beaucoup mieux que cette ribambelle d’enfants dont je m’occupe et qui sont encore à essayer de deviner les mots et le sens de textes simples en CM2. Le b a ba ne se suffit pas à lui-même. Il est associé à une étude fine de la grammaire, à des exercices d’écriture, à des analyses détaillées de textes. Nul besoin de faire des exercices d’anticipation, d’inférence. On croirait entendre l’Association Française pour la Lecture, en vous lisant (oui, car moi quand je lis, j’entends, je ne repère pas visuellement quelques mots).

            Bon, tout cela demanderait plus d’explications. Je ferai d’autres articles sur le sujet.


          • Surya Surya 29 octobre 2009 21:13

            Merci d’avoir répondu aux interrogations concernant votre méthode. Je suis en train de parcourir votre site avec grand intérêt, et j’aurais d’autres questions à vous poser, certaines un peu critiques, peut être est ce dû à mon incompréhension et mon manque de connaissance de votre école :

            - Je voudrais faire remarquer que vous précisez sur le site que vous abordez les 4 opérations dès la Grande Section de maternelle, sur cet article il est dit dès le CP.

            - pourquoi avoir voulu cette structure en « aire ouverte » (pas de cloisons entre les classes) puisqu’à mon sens, l’aire ouverte est valable quand l’enseignement lui aussi est complètement décloisonné, ou quand l’élève peut passer librement d’un groupe à l’autre, ce qui ne semble pas être le cas dans votre école, qui est nettement structurée en groupe-classe ? Pourquoi avoir gardé ce schéma traditionnel de l’éducation nationale et ne pas avoir opté pour des groupes de niveau, des décloisonnements complets ?

            - Je pense que vous ne devriez pas attendre le CM pour l’initiation à l’anglais, l’expérience a montré que c’est possible de façon ludique dès la maternelle. Dès le CE on peut également enseigner aux élèves des notions fondamentales simples, et là, l’éducation nationale est en train de s’y mettre.

            - Je trouve l’organisation de votre « espace maternelle » assez traditionnelle, assez « scolaire » et classique. Cela me rappelle l’époque où j’étais moi même en maternelle, avec les petits qui faisaient face au tableau. Je crois qu’un des bons côtés de la maternelle d’aujourd’hui est d’avoir réellement intégré les « préceptes » de Maria Montessori. Mais en disant cela, je ne fais que me baser sur une photo présente sur votre site, ce qui signifie que je ne peux parler de façon objective, ne connaissant pas le déroulement d’une journée dans votre classe de maternelle.

            - Les « leçons de choses » terme repris de l’enseignement traditionnel, n’évoquent dans votre programme d’enseignement que des leçons d’histoire et de géographie. Qu’en est-il des sciences ? Je pense par exemple à La Main à la Pâte qui a fait et continue de faire un énorme travail pour promouvoir les sciences en classe, et leurs expérimentations et manipulations sont vraiment bien faites.

            - Bravo pour votre volonté de remettre une dictée chaque jour. Les élèves n’en font quasiment plus, parfois seulement une par semaine, dans les écoles publiques ! Bravo aussi pour le fait de remettre l’analyse grammaticale dans l’enseignement, la grammaire, c’est très formateur et ça peut être passionnant, contrairement à ce qu’on croit !  smiley

            Pour partager mon expérience personnelle des problèmes, je crois qu’avec des CP ou CE, il ne faut pas hésiter à les matérialiser, les rendre concrets, avec des manipulations comme vous le faites, et aussi avec un dessin, c’est ce que j’ai fait en m’occupant individuellement d’une fillette qui, du fait d’énormes difficultés, avait accumulé un retard scolaire quasiment irattrapable (elle a fini par échouer au CM2 pour ne pas la faire redoubler chaque année, mais la pauvre était complètement perdue avec son niveau de CE1 à peine), et ça a bien marché. Au début, pour lui expliquer le problème (exemple = j’ai cinq amies, et je veux leur distribuer vingt bonbons, combien de bonbons aura chaque amie / J’ai quatre amies et je veux leur distribuer vingt bonbons, combien etc etc), c’est moi qui dessinais les bonbons, puis les ensembles etc, et plus tard, la première partie du travail que je lui demandais de faire consistait à lui faire faire le dessin elle même. Je voyais tout de suite en regardant son dessin si déjà elle avait compris l’énoncé ou non. Si oui, on passait à la consigne, et rédiger la réponse à la question.

            - Vous parlez de l’enseignement des grands auteurs classiques et c’est vraiment bien. Mais pour les petits, je pense que vous avez prévu autre chose car cela ne semble-t-il pas prématuré ? Je souhaiterais savoir la place qu’occupe la littérature de jeunesse, notamment les albums illustrés (parfois magnifiquement !) dans votre enseignement ?


            • Surya Surya 29 octobre 2009 21:51

              Rectificatif : votre espace à aire ouverte ne fonctionne pas en groupe-classe, mais en groupe de cycles de l’éducation nationale. Cycle 1, Cycle 2, et Cycle 3. Désolée pour cette erreur, mais je souhaiterais malgré tout savoir ce qui justifie votre choix de l’aire ouverte pour l’organisation matérielle de l’espace, si aucun regroupements, clubs, ateliers, ou circulation libre des élèves (aller à la BCD, placée au centre de l’espace, quand on a terminé son travail, par exemple), ne sont pratiqués ?


            • soi 30 octobre 2009 06:18

              Personellement, j’ai relevé :« petits effectifs » ! Là est la clé !


              • soi 30 octobre 2009 06:18

                Personnellement.... :)


                • Victoire 5 novembre 2009 17:44

                  Bonjour,
                  Je tenais juste à remercier l’auteur de cet article - c’est toujours sympa de lire quelque chose de positif sur l’école de ses enfants - mais aussi à signaler que tous les élèves du Blanc Mesnil n’avaient pas besoin d’être « réconciliés » avec l’instruction. En revanche, mon aînée (CE2), qui a toujours adoré l’école, parle de l’ancienne en disant « l’école où on ne faisait pas beaucoup de choses ». Depuis cette rentrée, elle a appris à travailler par écrit, à mémoriser durablement pour autant que je puisse en juger, elle a pris goût à l’effort suivi, elle est bien plus autonome, sa curiosité naturelle est aiguisée, son esprit nourri substantiellement. Et elle aime cela ! Cerise sur le gâteau, pour moi cette fois, c’est un délice de réviser les bases de la grammaire, de la conjugaison, du calcul, de l’histoire, des sciences etc., tout ce patrimoine que je souhaiterais partagé par le plus grand nombre d’enfants.

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