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Accueil du site > Actualités > Société > Apprenons que le changement est la norme

Apprenons que le changement est la norme

I had a dream : et si nous arrivions à concilier compréhension que la permanence est illusion et respect des individualités...

En caricaturant – mais est-ce vraiment une caricature ? –, dans les pays occidentaux, nous avons tendance à :

- Considérer que le changement n’est qu’un moment transitoire et douloureux. Nous sommes convaincus que la norme, c’est la continuité, la stabilité. Nous allons donc tout faire pour maintenir le plus longtemps possible ce qui existe, même si pour cela, il nous faut ériger des lignes Maginot pour endiguer ce changement que nous sentons vouloir naître. Nous sommes persuadés que l’individu est une réalité et que le monde tourne autour de nous.

- Chercher à prévoir le futur, puis ensuite construire un plan pour nous en rapprocher. Du coup, au cours de l’action, nous allons être moins attentifs à ce qui survient et qui n’est pas prévu. Centré sur notre propre plan d’action, nous ignorons ce qui n’entre pas dedans ; ce qui ne nous rapproche pas de notre objectif pensé a priori vient nous distraire. Le réel doit se conformer à ce que nous avions prévu.

En Asie, à l’inverse, – toujours en caricaturant – on a tendance à :

- Considérer que le changement est l’état normal, que la continuité est une illusion, que la vie est faite d’une succession sans fin de morts et de renaissances. On va chercher à dépasser les apparences et à voir le mouvement sous-jacent. La stabilité sera vécue comme un état fragile et comme le fruit de changements cachés. A l’extrême, l’individu n’a pas tant d’importance que cela, puisqu’il n’est lui-même que de passage, une des éléments du changement permanent.

- Se centrer sur les opportunités immédiates procurées par la situation actuelle. Finalement, il n’est pas très utile de passer du temps à prévoir là où l’on va aller ; le but du chemin sera simplement le résultat des actions entreprises. Centré sur l’observation fine des courants immédiats, on n’attache que peu d’importance sur l’endroit où l’on sera dans le futur.

Rêvons un instant : et si on arrivait à hybrider les deux approches ?

Apprenons en Occident que le changement est l’état normal (notre corps lui-même est constamment en train de se renouveler et notre sentiment d’exister repose sur cette transformation continue) et qu’il est illusoire de prévoir précisément là où l’on va aller (nous ne connaîtrons jamais suffisamment précisément la situation actuelle et toutes les interactions à venir pour prévoir au-delà du court terme).

 

Mais symétriquement soyons les promoteurs du respect de l’individu (un individu n’est pas qu’une composante « interchangeable » et fluctuante de la société globale, il est une richesse intrinsèque et irremplaçable) et de la définition d’un projet comme cible permettant de choisir parmi les opportunités immédiates (toutes les opportunités ne se valent pas et, s’il est illusoire de prévoir précisément, il est possible de « se penser au futur »).

Ce « rêve éveillé » s’applique aussi bien au management des entreprises qu’à celui de la société en général…

 

 

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12 réactions à cet article    


  • souklaye souklaye 3 juin 2009 10:57

    Les peut-être existent pour l’ordre dans la précarité du virtuel.

    Une démocratie individuelle à l’extrême produit des dictatures participatives commercialisables.

    La conscience est une utopie et la fin une profession de foi, lorsque l’on vit d’avatar et d’extime.

    On nous laisse le choix de la confusion et de la responsabilité de son concitoyen contre un peu des règles à respecter et des portes ouvertes à transgresser.

    Le fan club travestit le mot, le groupe étouffe le sens, le camp tranche les réflexions, l’anonyme construit les idées ou l’inverse.

    La suite ici :

    http://souklaye.wordpress.com/2009/05/23/bloc-note-penser-au-conditionnel-et-parler-a-l’imperatif/


    • amipb amipb 3 juin 2009 13:26

      Ne vous inquiétez pas, vous n’êtes pas seul. J’ai eu le même genre d’expérience d’écriture automatique après avoir mélangé de la Red Bull à de la mayonnaise.


    • Hermes Hermes 3 juin 2009 13:35

      « notre sentiment d’exister repose sur cette transformation continue » ???

      Si seulement c’était le cas , le sentiment de mort et de renaissance permanente qui en découlerait nous affranchirait de la peur de la mort et de tous les comportements compensatoires dont l’accumulation produit souffrance et destruction. Dans ce monde idéal, nous nous percevrions tous égaux dans notre éphémère condition.
      Bien au contraire, il est facile de constater que la tendance de l’être humain est de se figer autour d’une identité psychologique, dont seule une démarche volontaire permet de s’émanciper, et rarement de façon définitive... c’est un non-combat permanent.

      Attention aux philosophies énonciatrices et simplificatrices basées sur des postulats non vérifiables (mais séduisants) : elles peuvent justifier toutes les malhonnêtetés, toutes les manipulations au bénéfice de quelques uns.


      • Robert Branche Robert Branche 3 juin 2009 18:21

        le fait que la vie et le « sentiment d’exister » qui en découle repose sur une transformation continue n’implique pas que nous en soyons conscients. Et effectivement cette prise de conscience repose elle sur un effort personnel pour s’abstraire de l’illusion de la permanence...


      • Bill Grodé 3 juin 2009 18:01

        « I have a dream ! », please ....


        • Robert Branche Robert Branche 3 juin 2009 18:21

          je sais... le passé n’était pas une erreur...


        • Annie 3 juin 2009 18:08

          En Angleterre, ce qu’on appelle la gestion du changement est en fait la gestion des licenciements.


          • Robert Branche Robert Branche 3 juin 2009 18:23

            la gestion des licenciements n’est pas la gestion du changement, mais un expédient face à une non-prise en compte du changement (plus les entreprises se croient invulnérable et éternelle, plus les réveils sont douloureux, et ce surtout pour les salariés de ces entreprises)


          • Sébastien Sébastien 3 juin 2009 18:52

            - Se centrer sur les opportunités immédiates procurées par la situation actuelle. Finalement, il n’est pas très utile de passer du temps à prévoir là où l’on va aller ; le but du chemin sera simplement le résultat des actions entreprises.

            Vous avez raison, il faut « hybrider » les 2 approches parce que l’attente du changement entraine parfois une passivite et un fatalisme qui ne poussent pas a l’action. Lors d’un voyage en Inde, j’ai ete frappe par le fatalisme des gens qui vivent dans des conditions miserables mais, comme ce n’est qu’un passage, ils ne cherchent pas a changer les choses d’eux memes. Ca ira certainement mieux dans ma prochaine vie si je me comporte bien dans ma vie actuelle.

            Rapporte au monde de l’entreprise, il est utile voire obligatoire de passer du temps a prevoir ou l’on va aller. Et dans une boite bien geree, le plan est sans cesse re-evalue en fonction des opportunites immediates. Donc les bons gestionnaires ont deja fusionne ces 2 visions.


            • Robert Branche Robert Branche 3 juin 2009 19:04

              au sujet de la prévision en entreprise, voir ma série d’articles sur mon blog à http://robertbranche.blogspot.com/search/label/Pr%C3%A9vision


              • soi 3 juin 2009 20:10

                Les grandes fortunes du monde ne semblent pas partager le goût de l’impermanence et semblent tout faire pour trouver stabilité, me semble-t-il.


                • geko 4 juin 2009 09:30

                  « Nous sommes persuadés que l’individu est une réalité et que le monde tourne autour de nous. »

                  Moi qui pensait que cette croyance ne persistait pas au-delà de l’âge de 7-9 ans !

                  Puisque c’est une caricature je vous citerais en contre exemple la réussite de l’agriculture biologique en Italie qui transcende les classes sociales et ce sans management mais simplement par un engagement politique des producteurs et consommateurs.

                  Pourquoi parler de symétrie ? l’Etat de changement ne serait-il pas la conséquence de l’interaction entre les individus, leur environnement et la recherche d’une certaine permanence à l’échelle d’une vie ?

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