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Accueil du site > Actualités > Société > Après la carte d’identité, la carte génétique ?

Après la carte d’identité, la carte génétique ?

Lorsque, au tournant des années 1900, Alphonse Bertillon, directeur du Service de l’identité judiciaire de la préfecture de police de Paris, découvrit que les empreintes digitales étaient uniques et distinctives d’un individu à un autre, on se félicita de ce qu’une preuve scientifique puisse venir remplacer la seule preuve valable jusqu’alors pour résoudre les affaires criminelles, l’aveu du coupable ! Que l’on obtenait d’ailleurs par des méthodes sans doute incomparablement plus brutales que dans les brigades du Tigre. Le premier criminel à "bénéficier", si l’on peut dire, de ce traitement vu un nommé Henri Léon Scheffer qui fut identifié par ses empreintes en 1902.

La suite vous la connaissez. Nous disposons tous d’une carte d’identité qui comporte nos empreintes digitales individuelles, lesquels sont depuis 1984 stockées dans un fichier entièrement automatisé, le FAED, Fichier automatisé des empreintes digitales.

Depuis la technique a progressé considérablement et vous savez que l’outil d’identification numéro 1 des forces de police est désormais l’empreinte génétique, celle de notre ADN individuel. Un élément infiniment plus facile à retrouver sur les lieux d’un crime car détectable à la fois dans le sang, la sueur, le sperme, la salive, un cheveux, voire des fragments de peau récents ou plus anciens. Bref l’outil d’identification idéal dont on peut se demander pourquoi il n’a pas d’ores et déjà remplacé les empreintes digitales. On pourrait imaginer une carte génétique individuelle qui le comporterait et bien sûr le fichier des cartes génétiques national qui irait avec. Seulement voilà, les idées ont évolué depuis l’époque de Bertillon et nous nous préoccupons aujourd’hui tout autant de la protection des libertés individuelles que de la chasse aux malfaiteurs.

Ce n’est que quand l’actualité amène à la surface certains crimes odieux pour lesquels la police a la possibilité de pouvoir identifier l’ADN du coupable que l’on s’aperçoit que... le fichier automatisé qui les rassemble n’existe pas ! La chance en l’occurrence - je parle de l’assassinat du petit Valentin à Bourg-en-Bresse - fut du côté de la police qui finit par le découvrir, mais qu’aurait dit l’opinion publique, si malgré son empreinte ADN on n’avait pu identifier le coupable ?

Qu’en pensent ces messieurs de la Commission informatique et liberté, Cnil, ou encore nos hommes politiques ?


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8 réactions à cet article    


  • quen_tin 8 août 2008 12:26

    Le risque étant que cet instrument puissant soit détourné à des fins politiques ou autres...
    Les faits divers et leur médiatisation excessive ne doivent pas détourner notre attention des véritables enjeux, ni faire basculer nos esprits vers le "tout sécuritaire" quit à accepter nimporte quoi.


    • Emile Red Emile Red 8 août 2008 12:37

      Faut-il encore comprendre la raison pour laquelle il y a une empreinte digitale sur une CI.
      Elle est, à la base, destinée à prouver que la CI correspond bien à la personne qui la détient et à nul autre usage.


      • Talion Talion 8 août 2008 17:29

        Le problème avec cet outil est qu’il est paradoxalement plus facilement contournable par un criminel :

        En effet, falsifier une empreinte digitale dans le but de détourner l’attention de la police vers un bouc émissaire est techniquement délicat à réaliser (créer une empreinte factice n’est pas à la portée du premier couillon venu !)

        Par contre falsifier les preuves génétiques est simplissime !
        Il vous suffira de semer sur le lieu du crime des fluides / cheveux / morceaux de peaux appartenant au pigeon que vous voullez voir condamner à votre place (voire même à un parfait inconnu histoire de brouiller les pistes) et le tour est joué !

        A noter également qu’il n’est pas non plus impossible pour le criminel de ne laisser aucune empreinte génétique sur le lieu d’un crime : S’il ne laisse pas de sang ou d’objet sur lequel recueillir son ADN, l’enqueteur ne pourra rien faire car l’ADN ne se prélève pas à partir de l’air ambiant.

        Bref, un outil certes puissant, mais qui est TRES facilement contournable et pourrait aussi aboutir à la condamnation d’autentiques innoncents (les boucs émissaires cités précédement) qui n’auraient ensuite plus aucun moyen de prouver leur bonne fois.


        • Cascabel Cascabel 11 août 2008 01:22

          Ne laisser aucune trace de soi est quand même compliqué.




        • clostra 8 août 2008 19:50

          et dans quelques décennies ont pourrait se faire verbaliser parcequ’on mange trop gras à la terrasse d’un café alors qu’on est génétiquement prédisposé aux maladies cardiovasculaires.

          Remarque, il y a des gros qui se planquent au fond des restaurants mais ce n’est pas à cause de ça.

          ça me rappelle un truc avec les ordinateurs sur le coffre de la moto, sur l’autoroute entre St Etienne et Grenoble, par 40°, avec des racailles d’Evry ramollies plein le Toyota. Coup de sifflet, juste à la hauteur du centre commercial de St Etienne, tour du véhicule. Rapport de conclusion : "Vous avez vu votre plaque ?"

          (oui, c’est un pb sur ces Toyota : un retour inattendu efface très rapidement le numéro sur la plaque)

          Rapport de prescription : "Vous avez au centre commercial un magasin qui fait des plaques"

          (seulement il aurait fallu faire demi tour. ça nous a chauffés. On s’est dit qu’ils avaient des actions et patali et patala)

          Circulez !

          Une cinquantaine de Km plus loin : on s’arrête sur  la bande d’arrêt d’urgence : le calorstat ne voulait plus descendre. Moto, ordinateur sur le coffre. Rapport de conclusion : "vous avez vu votre plaque ?" on leur a dit que oui. et le miracle s’est produit, ils nous ont dit ce que nous devions faire pour règler ce problème de calorstat. Ils devaient être pressés de reprendre de l’air dans la figure...

          On a pensé à eux pendant toutes les vacances, bercées par "tu as vu ta plaque ?"

          une plaque avec une puce et un code barre, ce serait bien. Même une webcam avant arrière etc

          et les RFID (puce sous cutannées) : indolores, tirées à distance...

          On n’a encore rien vu !


          • clostra 9 août 2008 00:41

            Petite précision à propos de la plaque : nous l’avons changée dès notre arrivée sur notre lieu de vacances...

            Avec une petite précision sur ce qu’est le phénomène humain. Là bien sûr il ne s’agissait pas de sécurité mais de possibilité d’être facilement identifié (et la remarque était préventive). C’était la première fois que je voyais des ordinateurs sur les motos, il y a quelques années de celà.


          • foufouille foufouille 9 août 2008 07:02

            article idiot
            pour les empreintes on met des gants
            pour l’adn on se rase entierement. un collant un masque. un vrai meurtrier netoierait aussi le cadavre

            ID genetique = nouvelle etoile jaune
            interdiction d’acces a certaines fonctions, etc........


            • Cug Cug 9 août 2008 09:27

              En effet, si la génétique peut permettre d’identifier une personne elle n’empêchera pas l’erreur judiciaire !

              De plus avec un omnitimonier qui pense que le crime est une tare génétique, c’est peu rassurant !

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