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Accueil du site > Actualités > Société > Asnières : la boîte de Pandore du passé est ouverte !

Asnières : la boîte de Pandore du passé est ouverte !

Depuis le 16 mars 2008, et en conséquence du vote des citoyens de cette commune des Hauts-de-Seine, la municipalité est donc dirigée par l’équipe du « grand rassemblement pour Asnières », rassemblant le PS, des divers droite et le MoDem. Et depuis que la nouvelle équipe a pris les rênes de l’hôtel de ville, si la démocratie locale est restaurée dans les séances du conseil municipal et sur les panneaux d’affichage libre de la commune, la vie politique y est fort agitée encore. Certains disent que la boîte de Pandore y a été ouverte et qu’elle laisse apparaître d’étranges surprises. Examinons quelques-unes de ces « surprises ».

L’ancien maire UMP abandonné en direct en public par un de ses amis UMP

Le moins que l’on puisse dire est que Manuel Aeschlimann, ex-maire UMP de la ville, va de difficulté en déboires ces derniers temps, comme si le mauvais sort s’acharnait sur lui avec une rare persévérance.

Lui qui annonçait que la nouvelle majorité allait exploser rapidement et se déchirer s’avère avoir vu une paille inexistante chez ses vainqueurs tandis que la poutre qu’il avait dans l’œil concernant sa propre équipe apparaît en gros plan dans cette vidéo :

Cette vidéo est extraite de l’enregistrement de la séance publique filmée et retransmise sur internet par la nouvelle majorité - mesure démocratique que l’ancien maire se refusait à mettre en œuvre - du conseil municipal du 7 avril 2008.

On y voit le conseiller général UMP Cyrille Dechenoix, réputé proche de Patrick Devedjian, président du Conseil général, prendre la parole et dénoncer ce qu’il appelle « les mensonges », selon lui, de son ancien maire, Manuel Aeschlimann, devant une assistance nombreuse et médusée sur le coup.

Le conseiller général UMP décrit en termes vifs et assassins pour son ancien « ami » l’historique et le contenu du rapport définitif de la Chambre régionale des comptes Île-de-France sur la gestion d’Asnières 1999- 2006. Et saisit l’occasion de laisser cette gestion - étrillée sévèrement dans ledit rapport - à son principal auteur : Manuel Aeschlimann, préparant ainsi, au compte, on l’aura compris, de l’UMP son propre possible avenir d’élu de ce parti à Asnières.

En résumé, celui qui se pensait un visionnaire stratège politique se voit une nouvelle fois frappé par l’erreur d’analyse et de pronostic : ce n’est pas la majorité municipale qui explose ou implose, ce sont les restes de son équipe !

La chose est d’autant plus grave pour lui que nul ne saurait avoir méconnu le message envoyé par le conseiller général UMP : les survivants de cette équipe, les dix colistiers encore avec Manuel Aeschlimann ont bien entendu, non seulement les faits énoncés, mais auront compris que l’UMP joue à l’évidence une autre carte que celle de leur chef de file, dont la déclaration de Cyrille Dechenoix vaut exécution politique publique.

Il est donc à craindre prochainement d’autres défections autour de l’ancien maire, au nom de la raison qui parfois, chez les politiques, se confond avec les décisions du parti.

Le Sarkoland politique est vraiment plus impitoyable que la célèbre Dallas de la télévision !

Quand l’affaire des fichiers ethniques explose au grand jour

Si la sérié télévisée Dallas montrait des mœurs économiques et des relations familiales parfois tumultueuses au Texas, Asnières a aussi de son côté dans son passé des pratiques assez significatives.

Il en est ainsi de ces « curieux » fichiers ethniques - rassemblant des données privées confidentielles d’habitants d’Asnières originaires d’Afrique du Nord - qui ont été remis à la justice en 2005 et qui, soudainement, connaissent une publicité nationale, mettant visiblement mal à l’aise l’ancien maire d’Asnières comme le montre ce reportage de France 3 du 3 avril 2008 :



Résumons les faits car il se pourrait que, bientôt, la France entière apprenne, ébahie, qu’en Sarkoland, il existe des fichiers ethniques, qui, à l’évidence, ne doivent pas leur existence au miracle du hasard, mais à une volonté existante et des moyens très matériels, comme tout fichier de cette nature, nécessitant l’accès à des informations très spécifiques et une technique assez sophistiquée.

Dans cette vidéo qui devrait passionner les responsables nationaux, les institutions et associations en charge de la lutte contre les discriminations ethniques, on voit des fichiers visiblement illégaux concernant des habitants d’Asnières natifs d’Afrique du Nord, fichiers non administratifs, donc interdits d’existence de par la loi.

De l’autre, on note que des habitants d’Asnières ont reçu des courriers postaux NOMINATIFS de la part du candidat Manuel Aeschlimann lors d’un scrutin, au nom d’un Comité anonyme et non déclaré en préfecture « Asnières-Afrique du Nord ».

La justice enquête donc avec soin sur l’origine et l’établissement de ces fichiers ethniques interdits et illégaux, entre autres dossiers "problématiques" :

Dans le reportage de France 3, chacun pourra apprécier la défense de Manuel Aeschlimann, déjà interrogé par la justice - voir lien ci-dessus -, sur ces fichiers bien particuliers.

Selon lui, des fichiers spécifiques (lesquels exactement ?) auraient été créés pour répondre aux objectifs de la formation du « Conseil des communautés étrangères ET religieuses (sic !!! Cela se passait ainsi à Asnières).

Lequel Conseil était sous la responsabilité de la maire-adjointe en charge de cet organisme, à savoir son épouse, Marie-Dominique Aeschlimann. Si on suit la logique de la défense de l’ancien maire, de possibles « fichiers ethniques » auraient pu voir le jour, certes, mais cela ne serait pas directement de son fait, mais à cause du projet « communautariste » voulu et porté par son épouse !!!

Chacun appréciera cette tactique de défense assez originale... et surtout d’une clarté absolue !

Le spectre d’obscures affaires jamais clarifiées

Il reste encore nombre de faits anciens à éclaircir à Asnières : comme par exemple et en vrac le financement de la manifestation en faveur du régime dictatorial iranien le 21 janvier 2005, ou le stockage des 10 000 exemplaires du brûlot islamiste A l’ombre du Coran dans la mosquée d’Asnières que venait de visiter Nicolas Sarkozy, ou encore la célèbre histoire, relatée dans plusieurs livres de journalistes, du DVD sur une émission de la télévision d’Etat iranienne traitant des liens amicaux entre le régime de Téhéran et la majorité municipale dirigée par Manuel Aeschlimann en 2005.

Bref, il existe beaucoup d’affaires-fantômes qui hantent le passé de la ville. Un peu trop peut-être... pour les citoyens et aussi pour certains hauts responsables politiques.

Ce qui explique peut-être que la chasse aux "esprits passés" s’ouvre, notamment avec des informations judiciaires diverses.

Un slogan pour l’UMP et l’Elysée : « du passé asniérois, faisons table rase »

Il est toutefois possible de penser, de manière citoyenne libre, que l’UMP aujourd’hui, comme l’Elysée, souhaiteraient vivement ne plus se voir mêlés, de près ou de loin, avec les « affaires du passé » qui jaillissent à Asnières depuis le 16 mars 2008.

Le spectre du « passé asniérois » n’est pas du goût de tout le monde en haut lieu et il est compréhensible, humainement et politiquement parlant, que l’on veuille « enterrer » le spectre avec son ou ses géniteurs.

La boucle est ainsi bouclée avec le début de cet article qui relatait le soudain abandon par l’UMP Cyrille Dechenoix de son « ami » Manuel Aeschlimann, afin de mieux se positionner comme champion asniérois de l’UMP.

Car cela explique peut-être ceci et vice versa.

La question de fond que l’on peut se poser avec sérénité maintenant : est-ce un choix judicieux et fructueux pour l’UMP que de choisir pour « chevalier blanc » un élu qui, depuis 2001, a voté, cautionné et défendu TOUT le bilan politique et gestionnaire de Manuel Aeschlimann ?

Car, si les bonnes lessives font effectivement disparaître les tâches et salissures les plus tenaces et inscrustées lors du lavage en machine, en matière politique, et surtout à Asnières, ville aux citoyens très éveillés et dotés d’une excellente mémoire via internet, il n’est pas garanti qu’un élu du passé lié à Manuel Aeschlimann puisse avoir un futur dans la commune, fut-il adoubé par l’UMP pour la circonstance...


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11 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 11 avril 2008 10:55

    Je ne vois toujours rien venir de concrets à par vos articles sur Asnières

    Si c’est vrai,alors,la nouvelle municipalité se devra de la faire savoir avec force

    Sinon,c’était que du bidon

    Je connais Asnières ,sont coté chic,son coté pavillon et son coté communautariste et il est vrai qu’il faudrait 10 à 15 ans pour tout changer car le communisme des années 60 (le bétonnage ) dans ces banlieues à fait beaucoup de mal

     


    • Zalka Zalka 11 avril 2008 12:59

      Parce que bien entendu, c’est le bétonnage communiste des années 60 qui a provoqué l’existence de fichier ethnique à Asnières.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 11 avril 2008 13:17

      Zalka,

      Lerma semble avoir quelques lacunes historiques sur la ville qu’il prétend connaître : Asnières.

      La mairie de cette commune de la République n’a jamais été aux mains du PCF, ni dans les années 1960, ni avant, ni après. A l’époque où Lerma croit avoir aperçu un maire PCF, il s’agit en réalité d’un maire UDR !

      Le bétonnage, il date du passage de Manuel Aeschlimann- UMP- en mairie : la ville de 76000 à plus de 85000 habitants et se surdensifie : http://asnierois.org/fw/html/modules.php?name=News&file=article&sid=897

      Les conséquences de cette politique de surdensification y sont très bien décrites par des gens compétents.

      Manque d’écoles, de crèches, de stades, d’espaces verts, circulation bloquée, transports publics surchargés, risques d’accidents et retards multipliés.

      Lerma a encore perdu une occasion de se taire....

      Bien cordialement,

       

       


    • Rage Rage 11 avril 2008 12:20

      Bonjour,

      C’est pire que Dallas... C’est à se demander comment ils font, à l’UMP, pour avoir toujours autant de sordides histoires dans les placards.

      Le top, c’est quand même le lachage en direct : quand ça gagne, c’est le grand copain. Quand ça perd, pas de pitié pour les loosers.

      A l’UMP, la politique n’est pas de tout repos : il faut être un mercenaire sans foi ni loi.

      Enorme.


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 11 avril 2008 13:26

        Rage,

        Disons plutôt avec ironie que l’UMP d’Asnières a une foi très changeante envers ses chefs présumés et que la loi comme son respect parfois ne sont pas ses points forts.

        Ceci dit, une belle trahison en direct comme celle-là devrait passer à la postérité, être un exemple méritant, une référence spelndide, la preuve d’une créativité sublime !

        C’est rare de voir à la fois une telle vérité dans les mots et une telle duplicité dans le fond réel, puisque tout élu de Manuel Aeschlimann ne pouvait pas ignorer, sauf à être aveugle, sourd et incompétent, ce qui se passait depuis 7 ans sous leurs yeux.

        Il est vrai que les défaites électorales cinglantes, mais aussi le souhait de jouer Brutus d’avenir contre César du passé, explique ici une posture morale que le zèle soudain ne peut que rendre quelque peu suspecte.

        Le résulat est hilarant à la fin : L’UMP dont la première lettre signifie UNION est divisée à Asnières en clans fratricides qui se détestent.

        Avec humour, quand même, ça ne vous rappelle pas un peu la série Dallas ?

        Bien cordialement,


      • Philippe Vassé Philippe Vassé 11 avril 2008 14:14

        SEB59,

        Vous avez probablement entendu, un jour, à l’école, au lycée ou avec des amis, parler des fichiers des Juifs français et étrangers constitués en 1940 par décision d’un Commissariat à la Question Juive ?

        Ou du même fichier regroupant toutes les informations sur un groupe donné, particulier, isolé ainsi des autres citoyens du pays, en Allemagne en 1935, en Tchécoslovaquie et Autriche en 1938, en Pologne en octobre 1939 ?

        Si oui, vous devriez savoir à quoi ils ont servi comme but final....

        Et bien, en France, établir des fichiers PRIVES sur la base des origines nationales et/ou ethniques est interdit, entre autres parce qu’établir des fichiers ethniques ou natioaux PRIVES pour des besoins PRIVES peut conduire aux pires dérives pour la sécurité, l’intimité et le respect des droits civiques des citoyens concernés.

        Vous avez compris la relation de cause à effet ? Ce n’est pas l’origine et sa connaissance par un citoyen lambda sur ses voisins ou collègues de travail dont il est question, c’est de la mise en fiches de citoyens, comme dans les années 1930- 1944 dans plusieurs pays d’Europe pas vraiment à ce moment démocratiques et libres, SELON DES CRITERES ETHNIQUES pour des BESOINS NON NCORE CLAIREMENT IDENTIFIES dans le cas d’Asnières.

        C’est plus clair, expliqué ainsi avec des références historiques solides ?

        Bien cordialement,


      • patroc 11 avril 2008 14:24

         Très bon article !... Que d’histoires à Asnières !... Pouvoir, fric et magouilles en tout genre, c’est du Dallas comme vous l’écrivez très bien !... Espérons que la nouvelle majorité montrera un autre exemple...


        • Philippe Vassé Philippe Vassé 11 avril 2008 14:30

          Patroc,

          Oui, le système Aeschlimann a maniefsté d’étranges et inquiétantes dérives.

          Celle des photos truquées par exemple comme cema se pratiquait sous Staline, Mao et Enver Hodja envers les "traîtres" et "ennemis du peuple" soudainement démasqués/

          Pour découvrir celles du système Aeschlimann qui fait disparapitre une élue passée à l’opposition fin 2006, suivez ce lien et regardez attentivement car ce n’est pas fait en 1936 à Moscou :

          http://www.asnierois.info/?148-mairie-aeschlimann-et-trucage-de-photos

          Volià ce qu’était entre autres le système Aeschlimann !

          Bien cordialement,


        • Bof 11 avril 2008 16:38

          Pour les Historiens, les vrais : il s’agit du même Asnières que celui tant apprécié du " 22" à Asnières ??? au fait, il était déjà du 22 alors ! On devrait plutôt penser au redressement de la France en montrant l’exemple,.


          • fredR31 11 avril 2008 19:03

            L’auteur écrit :

            "

            Et bien, en France, établir des fichiers PRIVES sur la base des origines nationales et/ou ethniques est interdit, entre autres parce qu’établir des fichiers ethniques ou natioaux PRIVES pour des besoins PRIVES peut conduire aux pires dérives pour la sécurité, l’intimité et le respect des droits civiques des citoyens concernés."

            Ha bon, mais c’est comme la peur du loup ces conneries, ca ne se raisonne pas !

            Si mes souvenir sont bons ce sont des fichiers PUBLICS établis sur des bases ethniques ou religieuses qui, parcequ’ils ne sont pas interdits, ont permis aux utilisateurs de ces fichiers PUBLICS de commettre les pires dérives (les ultradérives puisque le préfixe "ultra" est à la mode), en France, Allemagne, URSS, etc.

            Les pôvres fichiers PRIVES, que l’on craint pire que la mort, sont extrèmement loin m^me de pouvoir ratrapper les horreurs des fichiers PUBLICS, pourtant défendus cors et âme par tout amoureux de la liberté !

            Article sans interêt écrit par un auteur qui n’utilise pas trop ce qu’in a entre les oreilles (et qui n’est pas PUBLIC d’ailleurs)


            • Philippe Vassé Philippe Vassé 12 avril 2008 01:40

              FREDF31,

              Que de longues contorsions pour, à la fin, ne rien dire ni sur les fichiers ethniques, ni sur leur sens profond.

              Vous aviez bien compris que les fichiers ILLEGAUX dont parle l’article, s’ils obéisent aux mêmes logiques de fichages discriminatoires et anti-républicaines, communautaristes et anti-citoyennes, n’avaient bien sûr pas de buts génocidaires, mais politiques.

              Je présume que vous aviez compris qu’une dérive pour un but donné peut aussi masquer d’autres dérives possibles, et qu’un fichier ethnique constitué illégalement afin de servir, par exemple, des intérêts privsé peut servir potentiellement à d’autres objectifs que celui de ses primitifs utilisateurs, d’où justement leur interdiction formelle, totale, absolue, par les lois de la République.

              Comme vous semblez une personne cultivée en Histoire internationale, vous savez bien que les fichiers ethniques dont il a été question dans de nombreux pays dans les années 1930-1944, par exemple, ont au début aussi reçu des buts purement "politiques".

              Ce n’est que plus tard que leur véritable destination génocidaire est apparue. Mais, cela, vous ne pouvez l’ignorer, puisque vous faites état de vos capacités culturelles et intellectuelles, certes d’une manière un peu "relativiste", qui est votre droit le plus strict.

              Je comprends tout à fait que la défense des principes républicains et laïques puisse vous paraître "sans intérêt". Heureusement, tel n’est pas le cas de l’immense majorité des citoyens, qui ont eux aussi un cerveau entre leurs oreilles et s’en servent sans parti-pris, mais avec le souci évident des libertés citoyennes, donc loin de la défense d’un maire battu et aujourd’hui en naufrage politique total, abandonné par les siens et son parti politique qui ne tient pas à être "mouillé" par ses actes passés.

              Bien cordialement,

               

               

               

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