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Accueil du site > Actualités > Société > Au-delà de la délinquance...

Au-delà de la délinquance...

Les problèmes actuels de délinquance dans les quartiers dits « difficiles » font partie des sujets phares des médias, de la sociologie, et des débats politiques. Il est nécessaire de prendre conscience qu’ils sont la face visible d’un mal-être apparaissant aussi sous d’autres formes, le stigmate d’une souffrance ingérable d’une partie de la population française.

En effet, aux causes généralement évoquées à propos de la délinquance - la vie quotidienne dans les quartiers, la stigmatisation, le chômage - s’ajoute fréquemment une souffrance identitaire plus enfouie, liée à des problématiques interculturelles.

Une forte proportion des habitants des "quartiers difficiles" est d’origine étrangère et les "deuxième", "troisième", voire "quatrième" générations, issues de l’immigration maghrébine et africaine principalement, font aujourd’hui les frais des souffrances endurées par leurs parents ou grands-parents qui ont vécu l’exil, le travail à l’usine et la précarité, parfois licenciement et chômage ; avant cela souvent la misère, la guerre. Les traumatismes se transmettent de façon silencieuse aux descendants et engendrent des difficultés psychiques profondes, qui plus est quand les souffrances ne sont pas exprimées, ce qui est bien souvent le cas dans des familles où la distance entre parents et enfants est creusée par le décalage culturel, éducatif.

Il nous faut revenir sur les processus à l’origine de cette problématique identitaire. Toute personne migrante ou descendant de migrants se retrouve à un moment donné face à ces questionnements : Qu’est-ce que je maintiens de ma "culture d’origine" ? Qu’est-ce que je maintiens de la culture du pays où je vis ? Quatre formes de réponses étant possibles* :

- L’intégration : je maintiens certains éléments de ma culture d’origine et certains éléments de la culture du pays où je vis.

- L’assimilation : je privilégie le maintien de la culture du pays où je vis.

- La ségrégation : je privilégie le maintien de ma culture d’origine.

- La marginalisation : je rejette ma culture d’origine et la culture du pays où je vis pour me créer une culture tierce.

Toute migration n’est pas synonyme de perte de repère, quand la situation est bien gérée elle est bien sûr source d’enrichissement. Les travaux en psychologie sociale montrent globalement que la stratégie d’intégration est la meilleure pour l’équilibre psychologique. En effet, pour éviter un clivage des deux parts de son identité, l’enfant de migrant doit inventer des "stratégies de métissages"**.

Cependant, quand on entend parler "d’intégration" en France, c’est en fait plutôt à l’assimilation que l’on fait référence. Depuis les années 80 (notamment l’affaire "des foulards de Créteil"), l’Etat français s’est efforcé de définir les bases doctrinales d’un "modèle français d’intégration" autour des grands principes de laïcité et d’égalité. Si, dans le discours, les individus d’origine étrangère sont autorisés à conserver des éléments du pays d’origine, peu d’espace est accordé pour cela, notamment à l’école qui propose un modèle normatif d’apprentissage et fait référence à "nos ancêtres les Gaulois".

L’intégration ou l’assimilation vont être facilitées quand l’enfant de migrant se trouve dans un milieu respectueux de ses origines, de sa famille. Si aux questionnements identitaires, la société répond par la discrimination, le racisme, et qu’en plus le sentiment d’être différent est renforcé par le fait de vivre dans des quartiers "au ban" de la société, perte de repères et problématique identitaire douloureuse vont émerger.

Une partie des jeunes, se sentant rejetée par la France, et ne se retrouvant pas non plus dans les valeurs et le mode de vie plus traditionnel des cultures d’origine, va opter pour une marginalisation. La création d’une culture de la banlieue, avec des rapports interindividuels durs, une certaine légitimation de la violence leur permet aussi d’avoir un cadre pour laisser éclater une agressivité qui trouve ses racines dans une souffrance psychique profonde. Ainsi, une minorité, il faut le préciser, va s’inscrire dans le rejet de la société, de ses normes et de ses lois et va l’exprimer par des actes de délinquance. Au-delà de ces problématiques rencontrées par une minorité de jeunes, bruyantes et médiatisées, il est nécessaire de prendre conscience d’une souffrance autre et d’une fragilité qui peut exister chez les migrants ou leurs descendants.

Il y a là une question de santé publique, comme on peut le voir concernant les mariages forcés où un nombre très important de jeunes filles se retrouvent dans un désarroi les menant à la fugue, à la consommation de drogues, jusqu’au suicide parfois. D’après le rapport 2003 du Haut Conseil à l’intégration*** : "plus de 70 000 adolescentes seraient concernées par des mariages forcés en France", c’est-à-dire effectivement mariées (il faut préciser que cela peut être de façon coutumière ou religieuse et non civile) ou menacées de l’être.

Il faut se préserver de deux écueils qui font que l’on évite de s’attarder sur ce problème : prétendre que ce sont des choses normales dans les pays dont les personnes concernées sont originaires, ce qui aboutit à un déni du désarroi des jeunes femmes et du risque important sur le plan psychique et même vital qu’il y a pour elles ; stigmatiser les personnes qui commettent ces violences, en effet le contexte migratoire et social cristallise pathologiquement certains comportements touchant à la famille. Le mariage entre personnes issues d’une même communauté symbolise la préservation des normes et valeurs, le non-respect de ce principe la rupture. C’est en général le père qui est menacé par cette inscription car c’est toute la question de sa descendance et de la perpétuation de la culture d’origine qui est menacée, qui plus est dans un contexte où sa position autoritaire traditionnelle est souvent remise en question par sa situation sociale (chômage, travail dévalorisé, mauvaise maîtrise de la langue française). Il y a là de tels enjeux que le père de famille peut décompenser sous forme de névrose traumatique ou de dépression grave.

Dans de nombreux cas, les jeunes issus de l’immigration font par eux-mêmes le choix d’un conjoint de la même origine qu’eux. Cependant, un mariage forcé avec une personne de la même origine, voire même résidant au pays d’origine, va venir arrêter les possibilités d’invention de stratégies de métissage souvent recherchées, et va engendrer une angoisse de voir le lien à la culture française se rompre totalement. Souvent, les jeunes filles n’ont d’autre choix que rompre même provisoirement avec leur famille pour éviter des violences voire un aller simple "au pays", ce qui entraîne un placement à l’Aide Sociale à l’Enfance. On voit bien dans les cas de mariages forcés que si l’adolescente est coupée de sa famille, le processus créatif de construction d’une identité métissée ne sera pas plus possible que si le mariage avait été conclu. Elle ne se retrouvera en lien qu’avec la culture française. On peut à ce propos remarquer que des travaux en psychologie montrent que les comportements déviants sont nettement moins courants parmi les jeunes issus de l’immigration qui ont gardé une relation dense avec leur famille et qui ont une perception positive des valeurs de leur culture d’origine. Si le mariage forcé est conclu, on voit fréquemment apparaître conflits et violences conjugales, et l’issue est souvent le divorce avec tout ce que cela engendre de marginalisation pour la femme.

Le problème des mariages forcés apparaît donc comme une illustration d’un dysfonctionnement grave dans l’intégration des personnes d’origine étrangère. Nous pourrions également évoquer le repli religieux, qui bien souvent dépasse la pratique parentale pour prendre une dimension identitaire manifeste.

*Berry, J. W. (1989). « Acculturation et adaptation psychologique ». In J. Retschiski, M. Bossel-Lagos & P. R. Dassen (Eds), La Recherche interculturelle, Tome 1, Paris : L’Harmattan, 135-145.

**Moro, M.R. (2002). Enfants d’ici venus d’ailleurs. Naître et grandir en France, Paris : Syros/La Découverte

***Haut Conseil à l’intégration (2003). Le Contrat et l’intégration. Rapport 2003. La documentation française.


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27 réactions à cet article    


  • sery 31 mars 2008 17:37

    C’est l’experince de "psychologue clinicienne" qui vous amene a assimiler delinquance et integration d’immigres ou alors ce sont les plaintes de votre clientele huppee presente ou a venir ?


    • masuyer masuyer 31 mars 2008 22:30

      A l’auteure,

      j’aimerais beaucoup avoir l’analyse de la psychologue sur les réactions qui précèdent.

      Il est agréable de lire quelquechose de construit, de réfléchi, bref une vraie analyse. Mais peut-être que les premières réactions le confirme par leur incapacité à répondre par autre chose qu’une attaque sur la personne.

      Avec le petit réflexe populiste d’anti-intectuallisme promaire qui va avec.

      Cordialement.

       


      • Marc Bruxman 31 mars 2008 23:55

        Je confirme que beaucoup de commentaires postés ici sont lamentables... Malheureusement une partie de la population française qui souffre s’imagine que ses souffrances sont dues aux étrangers. Ils ne s’imaginent pas que ces étrangers sont encore beaucoup plus dans la merde qu’eux. Ils ne se doutent pas que certaines politiques qui partaient d’un bon sentiment ont eu des conséquences catastrophiques pour les populations étrangéres.

        Prenons un exemple tout con le logement social. Si l’on avait osé faire une affectation des batiments par nationalité d’origine tout le monde aurait hurlé. Pourtant dans le XIIIème ardt cela s’est fait naturellement quand les populations d’origine asiatiques ont pris d’assaut des logements privés dont personne ne voulait. Ils ont su se recréer une communauté, une sorte de pays dans le pays qui s’est structuré. La délinquance n’a pas envahi le quartier. Pareil pour la "ville malienne" de montreuil. On entend rarement parler de gros problèmes dans cette ville. Pourtant il s’agit d’un des coins les plus pauvres d’ile de france. La encore c’est la communauté qui a permis de maintenir une certaine paix sociale dans un endroit qui aurait sinon explosé depuis longtemps.

        La ou on ne l’a pas fait au contraire, ce sont des dizaines de nationalités différentes qui se sont entassés dans les mêms batiments avec des cultures qui n’avaient rien à voir. Il était très difficile d’avoir une culture de masse. Alors le temps qu’une culture s’invente entre tous ces gens tout lien social a été rompu. On a récolté ce que l’on a semé. Une gabegie invraissemblable dont les populations ne sont pas vraiment responsable.

        Je sais que ce que je dis n’est pas à la mode en France mais je suis persuadé que regrouper les gens par pays dans les différentes cités aurait pu largement aider à maintenir une structure sociale le temps que l’acclimatation à la France finisse par se faire.

         


      • yayapsy yayapsy 4 avril 2008 18:29

        merci Masuyer :)

        c’est à la mode en ce moment mais j’essaie de ne pas abuser de l’analyse psychologique gratuite ;) je dois dire cependant que je suis assez frappée par l’égocentrisme et le manque de respect de l’opinion d’autrui, sur un site censé être fréquenté par des personnes ouvertes à ce qui se passe dans le monde et à la réflexion !

         

         

         

         

         

         

         


      • Marc Bruxman 31 mars 2008 23:44

        Vous parlez ici d’un sujet très intéressant et souvent mal compris. Car les français dans leur grande majorité confondent intégration et assimilation.

        On entend ainsi souvent les choses suivantes qui m’horripilent au plus haut point :

        • Ah ces étrangers ils parlent toujours pas français (la ou un français surprend deux étrangers de la même origine parlez leur langue entre eux). Question : Vous êtes expat à Rotterdam et croisez un français dans la rue vous lui parlez en Néerlandais ? La réponse est non ! Vous serez content de parler français.
        • Ah ces étrangers ! Ils ont des meurs bizarres ! Et vous sort des trucs genre le "mouton dans la baignoire" ou les "chinois qui mangent des chiens" et j’en passe. Sauf qu’on fait aussi des trucs choquants en France pour les étrangers : On bouffe du cheval (y’a plein de pays qui trouvent ca dégeu), des escargots (alors ca c’est super dégeu dans pleins d’endroits), on bouffe même des fromages qui puent etc, etc... Pourtant vous serez justement bien content de garder quelques habitudes chères à votre coeur dans votre nouveau pays.

        Pour raisonner la dessus, pensez que l’immigré cela pourrait être vous. Avez vous déja vécu à l’étranger ?

        Même si vous êtes expatriés définitif dans un pays d’europe vous allez finalement devenir biculturel c’est à dire moitié français motié votre nouveau pays. Vos amis trouveront peut être que le calendos que vous avez importé est un truc qui pue (ou au choix ils trouveront ca super bon) mais généralement il y a suffisamment de respect et de compréhension entre pays européens pour que cela se passe bien. En quelques générations le tour est joué.

        Maintenant passez au level au dessus. Imaginez vous en train d’émigrer en Chine. Si vous y allez ne serait ce que deux semaines en immersion (pour interagir avec des locaux pas voir les temples en bus climatisés) vous allez comprendre rapidement que même si leur culture est super attachante vous ne serez jamais chinois. Pire ! Vous aurez beau faire tous les efforts du monde, votre comportement passera parfois pour celui d’un grossier personnage. Bien sur vous essayerez de minimiser mais vous ne comprendrez pas tout. En quelques années vous parlerez un petit négre ressemblant à du chinois. Les gens feront des efforts pour vous comprendre. Vous resterez analphabéte car lire le chinois c’est fort baléze et le pinyin n’est pas la réponse à tout. Bref vous serez à peu près exactement comme ce que nous reprochons à nos étrangers. Sauf que vous partez avec un avantage ! Vous serez la bas tellement plus riche que le reste de la population que vous vivrez comme un nabab. Et c’est malheureux à dire mais rien que pour cela vous serez respecté. Entre guillements votre vie est "facile". Peut être mangerez vous du chien, peut être ne souhaiterez vous pas gouter certains plats un peu comme ici certains ne mangent pas de porc parce qu’ils n’en ont pas envie. Pour autant est ce que vous n’aimerez pas votre nouveau pays ? Non. Il est même fort probable que si vous rentrez en France, la simple évocation de certains plats, certaines odeurs, certaines fêtes vous évoqueront de très bon souvenir. Peut être même qu’entendre cette langue que vous en avez chié pour apprendre parlée dans le métro vous fera sourire.

        Alors pour comprendre l’immigration, commencez déja par vous mettre dans la peau d’un immigré ! Imaginez ce que serez votre vie si vous quittiez tout pour un pays exotique.

        Et imaginez maintenant qu’au lieu d’être favorisé vous deviez vivre dans un quartier sordide de Beijing. Que gagner votre vie soit très difficile. Que les gens autour de vous ne vous comprennent pas. Que vous n’ayez pas droit à un respect particulier du à votre rang de notable mais à la simple indifférence de gens qui comme vous en chient mais ne comprennent absolument rien à vos manières qui leur apparaissent grossiéres. Vous, vous avez fait ce choix. Vous l’assumerez certainement sans comettre de conneries à moins d’être acculé au désespoir. Mais vos enfants ? Pourrez vous leur enseigner la vie en société dans leur nouveau pays ? Comment vont ils vivre leur différence si rien n’est la pour les y aider ? Probablement qu’ils deviendront des délinquants. Car ils se retrouveront incapable de s’intégrer dans la société à leur tour et en apparence sans possibilité de pouvoir le faire. Enfin si la seule possibilité qui restera sera le mariage mixte !

        Alors tous les français qui parlent d’intégration en croyant que s’intégrer s’est s’assimiler me font rire. Peut être que l’intégration nécéssite justement le support fort d’une communauté de gens de la même origine. Surement qu’elle nécéssite de la tolérance et de l’intelligence à la fois de la part des français

        Et même si il est bon d’envoyer des flics pour faire reigner l’ordre, il serait bon que l’on comprenne que cela ne suffira pas. Le mal a maintenant été fait. Il faut au contraire aider ces communautés à se restructurer sur la base de ce qui les unit afin qu’une structure sociale soit re-crée au sein de nos banlieues. Il faut les aider à s’entre aider ! Et il faut laisser alors le temps aux gens de se parler et de découvrir que l’immigration maghrébine et affricaine a aussi de bonnes choses à nous apporter. Avec un peu de chance dans deux siécles on se dira : "Qu’est ce qu’ils étaient cons !" un peu comme aujourd’hui on se marre quand on nous explique que catholiques et protestants se foutaient sur la geule pour une histoire de sainte vierge.

        Ce que je décris nous avons su le faire à Paris pour l’immigration asiatique ou le 13ème arrondissement est un modéle. Les communautés se sont prise en main et pose globalement peu de problèmes même si une certaine économie souterraine s’y est développée. On doit le faire pour l’immigration affricaine.

         


        • masuyer masuyer 31 mars 2008 23:55

          Marc,

          l’un des plaidoyers les plus intelligents que j’ai eu l’occasion de lire ici. Il ferait un superbe article.

          Je n’ai jamais réussi à l’exprimer aussi limpidement.

          Du fond du coeur, merci.

          Cordialement


        • fouadraiden fouadraiden 1er avril 2008 01:03

           

          MARc,

           

           se mettre à la place des autres n’a jamais rien résolu.

           

           c’est comme si tu disais pour comprendre le problème noir aux Blancs de se penser dans la peau d’un noir.la fiction à des limites.

           ces trucs ça marche pas d’autant que les motifs d’intolérance qu’invoquent les "dominats" pour justifier leur privilèges sont évidemment faux.

           

           un riche imagine la misère des pauvres, un blanc la difficluté d’etre noir dans un monde de blanc,etc.

           

           il ne suffit pas de se représenter les choses pour les les changer.

           

           qui parle encore du plan banlieue. ????????? personne , et vs savez pkoi ?.

           

           parce que ce problème n’est tt simplement pas celui des Français.enfin jusqu’au prochain homicide impliquant la police et des enfants d’immigrés bien sûr.


        • ben ben 1er avril 2008 08:43

          Très bon argumentaire, et je suis d’accord avec vous dans les grandes lignes. Par contre je pense que quand on parle d’immigration il ne faut pas prendre l’exemple d’une seule personne mais raisonner en tant que groupe d’individus, plus ou moins nombreux.

          L’immigration en France n’est donc pas forcément transposable ailleurs étant donné que le francais n’est pas, à ma connaissance, un immigrant massif dans un pays quelconque.

          Ce dont le francais "moyen" a peur, c’est de l’immigration massive des pays africains et de la différence démographique entre cette population et la population "blanche" qui, à terme, pourrait menacer la culture du pays d’origine, c’est à dire la Farnce.

          Un autre point qui exacèrbe les haines, c’est la sensation que la plupart de ces immigrés ne participent pas à l’effort national en travaillant, mais sont plutot là pour profiter du système social avantageux. Les statistiques dites raciales étant interdites en France, il est difficile de pouvoir dénoncer ce dernier point pour changer les mentalités.

          Ce qui est étonnant c’est que ceux qui pensent que les immigrés ne sont pas là pour travailler sont les mêmes qui, se retrouvant au chomage, disent qu’ils se sont fait voler leur travail par les immigrés !

           


        • ZEN ZEN 1er avril 2008 12:15

          Comme Masuyer...

          On ne peut mieux dire.


        • yayapsy yayapsy 4 avril 2008 18:32

          oui, très belle démonstration !!

          bonne idée d’en faire un article afin de faire profiter le plus grand nombre de cette petite expérience imaginative !

           

           


        • yayapsy yayapsy 4 avril 2008 18:40

          la question de l’immigration et de l’intégration des migrants à un pays est très complexe ; il y a effectivement la dimension du vécu des "autochtones" qui est à prendre en compte...

          dans cet article j’ai voulu présenter le point de vue psychologique car il est bien souvent occulté dans les débats.

          même s’il est question de communautés, de nations, de populations des quartiers, etc. n’oublions jamais que ce sont des sommes d’individus, pour lesquelles les souffrances ne sont pas des expériences momentanées mais ayant un impact ultérieur multidimensionnel (questions de santé publique avec les maladies des travailleurs migrants, délinquance des enfants, relations internationales éventuellement aussi...)


        • farzteo 1er avril 2008 08:08

          Au lieu de vous occuper des jeunes qui font des "conneries" comme on en a tous fait à une époque, occupez-vous des vrais délinquants de ce pays, ceux qui roulent à 70 en ville ou à 130 sur nationnale, car ceux là mettent bien plus en danger la vie des autres, et merritent encore moins de respect qu’un jeune qui met le feu à un bus en banlieu. Le premier délinquant c’est le parent, celui qui montre ou ne montre pas l’exemple.


          • frédéric lyon 1er avril 2008 09:25

            La question qui demeure toujours sans réponse : Pourquoi certaines communautés étrangères ne posent aucun problème d’intégration, tandis que d’autres échouent dans cette entreprise.

            Les communauté asiatiques ne font pas parler d’elle, ne connaissent pas de problème de chômage et semblent heureuses de vivre à Chinatown, où elle réussissent l’exploit d’attirer les autochtones qui fournissent 80% de la clientèle de leurs restaurants.

            On pourra sonner les cloches à Notre-Dame le jour où les français se rendront en masse en Seine-Saint-Denis pour aller diner dans des restaurants arabes.

            Pourquoi nier l’évidence ? les raisons de l’échec de l’intégration de certaines communautés immigrées n’ont rien à voir avec la qualité de l’accueil que nous leur avons réservé, car nous les avons toutes accueillies avec la même indifférence.

             


            • foufouille foufouille 1er avril 2008 10:40

              au depart, les asiatiques ne viennent pas des colonies francaises mais de pays qu’il ont fuit. en plus ils mangent n’importe quoi. en thailande, il y a des vendeurs d’insecte grilles. beurk


            • foufouille foufouille 1er avril 2008 17:00

              la gueurre d’algerie est elle de l’indifference ?


            • Rosemarie Fanfan1204 1er avril 2008 18:22

              Bodidharma, aviez vous vu ce reportage télé montrant 2 familles. Une noire et une blanche. Chaque famille s’est maquillé de l’autre couleur. Ainsi la famille noire est devenue blanche et la blanche est devenue noire. Puis en caméra cachée, les membres de la famille se sont trouvées dans différentes situations (recherche de travail, de logement, aller au restaurant, en discothèque). C’était hallucinant. En plus, pour la recherche de travail et de logement, le blanc maquillé en noir s’était à la fin démaquillé et la discrimation dont il avait fait l’objet en tant que noir disparaissait, il trouvait logement et travail.

              Ce genre de reportage devrait être diffusé dans les écoles.

              Cordialement.


            • foufouille foufouille 1er avril 2008 20:32

              non, non. il ne faut surtout pas oublier les footbaolleur et les dictateurs millliardaires. les informaticiens indiens payes des cerises........

              immigration choisit


            • Ajax Ajax 2 avril 2008 10:21

              Je vois qu’une fois de plus c’est ma faute... Je n’ai pas su accueillir les populations immigrées qui se sont installées en France. Je me suis montré froid, sinon franchement hostile. Et maintenant que la situation vire de fait à une intégration à l’anglaise, moi qui vis à Argenteuil (95), je suis bien attrapé…

              Je comprends parfaitement votre argumentaire, j’y souscris même. Rien à dire là. Mais cette explication ne vaut pas excuse. Elle n’est même pas une solution à l’intégration (par la communautarisation) que vous semblez appeler de vos vœux. Elle culpabilise d’un côté et exonère de l’autre sans apporter de solution concrète, claire.
               
              Et, en attendant, moi qui ne suis pas sociologue et qui ne vis pas de ce genre d’exposés, je ne me reconnais plus dans ma ville, ni dans mon immeuble. La communauté de destin ? Je ne la vois plus. Et je ne suis pas sûr de la désirer encore… « Nation, plébiscite de tous les instants » ? Bof…
              J’ajouterai enfin, au risque de déborder du sujet de cet article, que le Contrat Social qui nous lie me semble rompu pour d’autres raisons encore : l’occupation hostile du hall de mon immeuble, les dégradations que les résidents font subir au quartier, la crainte pour mon emploi, la disparité croissante des revenus et mes difficiles fins de mois, la perte de repères etc. font que le premier de mes droits politiques, ma sécurité prise au sens large, n’est plus assuré. Je me sens grugé.
               
               
              PS : je trouve mes impôts top élevés et je n’ai pas envie de payer mon ticket de bus non plus (au moins de ce point de vue je suis resté bien français).
               

              • idyllique 2 avril 2008 12:02

                Lorsque que l’on contemple les siècles passés depuis l’antiquité... La France a de tout temps accueilli de gré ou à contre coeur (invasions) des étrangers qui se sont complètement assimilés (ou ont quitté le pays !) souvent dès la première génération...

                Lorsque l’on émigre, s’adapter, intégrer une société et s’assimiler sont des devoirs impératifs sinon, on sera confronté au risque d’être rejeté avec tout la cohorte des maux (du mal-être à la délinquance) .

                Pour les Italiens, les Polonais, les Portugais, pieds-noirs, Arméniens, Asie ... personnes ne leur a déroulé le tapis rouge à leur arrivée... et ces migrations n’étaient pas non plus illégales (aujourd’hui la France doit faire face à des flux migratoires clandestins de l’ordre de 100 à 300 000 étrangers par an sans papier). Force est de constater qu’au fil des décennies tous se sont assimilés grâce aux efforts des étrangers et à une politique d’accueil généreuse.

                Le problème avec les nouvelles générations d’immigrés (depuis la fin des années 80) est qu’elles sont massives alors que notre pays n’a plus besoin de main d’oeuvre depuis la fin des années 90.... que le regroupement ethnique qui découle de ces arrivées massives ne favorisent pas l’intégration et aussi que ces populations ne sont pas venus pour devenir Français, ou par amour pour ce pays mais pour fuir la misère économique de leurs pays d’origine ! De plus, nombre de ces populations tiennent à conserver des moeurs, cultures et pratiques religieuses contraires aux valeurs laïques de la Républiques.

                En outre, on assiste à un amalgames entre les travailleurs légaux étrangers et les clandestins dû à des groupes associatifs qui manipulent avec tapages médiatiques ces populations clandestines notamment par des politiques, des intellectuels et associations de gauche qui cherchent à les détourner les lois pour des intérêts de pouvoir discutables et en tout cas dommageable pour la cohésion nationale ! (La France ne peut pas recevoir les centaines de millions d’Africains qui souhaitent venir). Par conséquent, nous devons tous être solidaires de la politique au retour au pays d’origine de tout clandestin.

                L’islamophobie provoquée par les guerres des islamistes, les attentats dans les pays occidentaux, a donné naissance à de nombreux préjugés renforcés par des islamistes à la Française (CFCM, la bataille de l’émancipation des femmes à nouveau au goût du jour pour lutter contre l’enfermement du voile islamique, bataille pour la mixité des piscines, des repas dans les cantines scolaires...)

                Malgré tout, le constat est évident : l’intégration et l’assimilation sont rééls pour la majorité des étrangers devenus Français ! Les Rachida Dati, Rama Yadé, sont les arbres qui cachent la forêt des anonymes qui réussissent et enrichissent la France . Il faut le reconnaître et valoriser médiatiquement ces parcours exemplaires.


                • Blé 2 avril 2008 15:03

                  C’est vrai que le problème de l’immigration, ce n’est pas le problème de la majorité des français. Selon les époques et les besoins, ceux qui nous dirigent ont l’art et la manière de trouver des boucs émissaires.

                  Avant d’être des ghettos, je considère les cités dites "difficiles" comme des quartiers populaires avec de vrais gens qui aimeraient avoir un meilleur pouvoir d’achat, un peu plus de sécurité pour le présent et pour l’avenir de leurs enfants.

                  Je suis une fille d’immigré qui a eu énormément de difficultés scolaires pour la simple et bonne raison que j’allais à l’école parce que c’était obligatoire mais je ne voyais pas l’intérêt d’apprendre à lire et à écrire puisqu ’à la maison les filles n’avaient pas le droit de lire. Mes parents n’étaient pas des imbéciles, ils faisaient comme ils avaient appris.

                  C’est vrai qu’à cette époque l’autorité masculine n’était pas remise en cause, l’égalité homme/femme ne posait pas encore de problème pour ces messieurs qui trouvaient dans leur statut de chef de famille une satisfaction pour leur égo. Un homme à la maison, qui s’occupe des enfants et de la maison mais qui ne ramène pas de salaire est à égalité avec des millions de femmes. Pourquoi cette situation déclancherait-elle une déprime chez un homme ? Le genre masculin découvrirait-il la dépendance financière dans laquelle les femmes ont été tenues avec l’ordre d’être heureuses !


                  • Ajax Ajax 3 avril 2008 09:01

                    Il est drôle de voir à quel point ceux-là même qui refusent de voir infliger des ancêtres Gaulois (une pure convention pourtant) à des populations immigrées, semblant dire finalement que l’on est tributaire de ses origines dans la détermination de sa nationalité , sont les mêmes qui sont le plus attachés au "droit du sol"...
                    De la même façon, en parfaits tenants d’un déterminisme social absolu, les mêmes proposeront, par exemple, de raser des barres d’immeubles criminogènes ou d’offrir une éducation et des aides particulières aux populations dites défavorisées, mais s’opposeront farouchement à toute forme de censure (sans jamais prouver qu’une tour d’immeuble mal fichue est plus dangereuse pour ses habitants que les films américains ultraviolents qu’ils y regardent).
                    Ces bonne âmes affirmeront encore que le relativisme culturel doit être à la base de nos rapports avec le reste du monde, mais s’insurgeront contre une absence de démocratie dans tel ou tel pays, le non respect des droits de l’homme, l’excision, la prépondérance du religieux dans la vie politique etc.
                    Gentilles contradictions..


                    • Ajax Ajax 3 avril 2008 09:02

                      Il est drôle de voir à quel point ceux-là même qui refusent de voir infliger des ancêtres Gaulois (une pure convention pourtant) à des populations immigrées, semblant dire finalement que l’on est tributaire de ses origines dans la détermination de sa nationalité , sont les mêmes qui sont le plus attachés au "droit du sol"...
                      De la même façon, en parfaits tenants d’un déterminisme social absolu, les mêmes proposeront, par exemple, de raser des barres d’immeubles criminogènes ou d’offrir une éducation et des aides particulières aux populations dites défavorisées, mais s’opposeront farouchement à toute forme de censure (sans jamais prouver qu’une tour d’immeuble mal fichue est plus dangereuse pour ses habitants que les films américains ultraviolents qu’ils y regardent).
                      Ces bonne âmes affirmeront encore que le relativisme culturel doit être à la base de nos rapports avec le reste du monde, mais s’insurgeront contre une absence de démocratie dans tel ou tel pays, le non respect des droits de l’homme, l’excision, la prépondérance du religieux dans la vie politique etc.
                      Gentilles contradictions..


                      • yayapsy yayapsy 4 avril 2008 18:39

                        la question de l’immigration et de l’intégration des migrants à un pays est très complexe ; il y a effectivement la dimension du vécu des "autochtones" qui est à prendre en compte...

                        dans cet article j’ai voulu présenter le point de vue psychologique car il est bien souvent occulté dans les débats.

                        même s’il est question de communautés, de nations, de populations des quartiers, etc. n’oublions jamais que ce sont des sommes d’individus, pour lesquelles les souffrances ne sont pas des expériences momentanées mais ayant un impact ultérieur multidimensionnel (questions de santé publique avec les maladies des travailleurs migrants, délinquance des enfants, relations internationales éventuellement aussi...)

                         

                         

                         

                         


                        • yayapsy yayapsy 4 avril 2008 18:51

                          concernant les communautés asiatiques qui "ne posent pas de problèmes" :

                          tout d’abord il faut considérer que ces pays n’ont pas la même histoire que d’autres avec la France :

                          la France a fait appel elle-même !! aux algériens, marocains, turcs, portugais...après la seconde guerre mondiale ; il y a la passé de la colonisation et de la guerre d’Algérie... tout cela fait que les rapports avec le pays ne sont pas les mêmes au sein des familles...

                          ensuite peut-être que leurs "agirs" sont moins bruyants chez les asiatiques, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de problèmes, de souffrances.

                          en outre pour moi ce sont pas du tout des modèles car leurs lois internes sont dures et qu’il y a de l’exploitation des migrants arrivants par ceux déjà installés.

                          concernant les italiens et portugais souvent comparés aux maghrébins : le décalage culturel est moindre, il n’y a pas la question sensible de la religion.

                          tout dépend encore une fois de quel point de vue on se place : individuel, groupal, national ; psychologique, sociologique, économique, sécuritaire...

                           

                           


                          • Ajax Ajax 5 avril 2008 23:03

                            Mademoiselle... voyons... Vous n’êtes pas sérieuse...


                          • frédéric lyon 6 avril 2008 12:30

                            Encore un sacré oilibius celui-là !!

                            Mais c’est un peu normal qu’Agoravox les attire comme des mouches. Toute liberté a son coût. La liberté d’expression offerte par un site comme Agoravox est extraordinaire, grâce soit rendu à internet et le prix à payer est de devoir se farcir des illuminés qui sont heureux de trouver ici une tribune et des militants d’organisations inavouables, illégales et même classées au Nations-Unis et à la Communauté européenne comme terroristes et qui trouvent ici une diffusion auprès du public que des publications classiques ne leur offriraient sûrement pas.

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