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Accueil du site > Actualités > Société > Autoentrepreneurs

Autoentrepreneurs

J'ai entendu dire que Hollande avait déclaré ce statut provisoire ; comme je veux parler du fond, vous excuserez mon ignorance, je ne sais pas si cette « chose » est votée ou en voie de l'être, et je m'interroge sur le silence de cette information.

Un autoentrepreneur est un individu qui veut travailler seul, autonome et n'envisage pas, du moins tant qu'il reste dans ce statut, de s'agrandir et d'embaucher.

Vouloir rendre ce statut provisoire, c'est en faire un tremplin vers l'artisanat ou l'entreprise, c'est-à-dire un statut parfaitement intégré au monde libéral ; en effet, un artisan, vues les charges qui le submergent, se trouve obligatoirement assujetti aux emprunts, à l'investissement, donc à la recherche effrénée de contrats, contraint d'embaucher si son affaire marche, s'agrandir encore, tomber dans le commercial et la publicité, embaucher encore, se couvrir d'autres emprunts qu'ils doit honorer en trouvant d'autres contrats, et ainsi de suite. Certains y trouvent leur content, « s'éclatent » à cette course sans finalité et se font une vie de fous où il ne reste plus guère de temps pour vivre. En parallèle, l'emploi étant ce qu'il est, les ouvriers, commerciaux, employés sont des « valeurs d'ajustement » qui, grâce à l'ANI peuvent se voir congédier du jour au lendemain, pour causes économiques, et de toutes façons n'auront – à moins de gratifications faites aux commerciaux, selon le bon vouloir du patron- aucune possibilité d'évolution ni la moindre liberté dans leur travail.

La vertu du toujours plus et du toujours plus grand, chère à notre dictature y trouve, évidemment son accomplissement.

Seulement on a bien compris que cela ne concerne que quelques-uns et que le modèle de réussite qu'ils nous offrent ne plaît pas à tout le monde ; c'est le monde des inégalités, de la toute-puissance des patrons, de l'exploitation portée à son comble et de l'esclavage, dans le sens du choix impossible de son existence, de la vente de sa force de travail pour juste subsister. Le monde de la concurrence. Certes, je conviens que la réalité n'est pas la même pour un entrepreneur qui emploie dix salariés et qui n'a pas le droit de virer pour un oui pour un non l'un d'entre eux qui lui déplairait. Quoique l'ANI y remédiera !

La plupart de ceux qui écrivent ici ou là, se posent en scrutateurs avisés de l'économie ou de la politique, avec des a priori propres à leur appartenance politique ; ils se font journalistes, analystes, dénonciateurs ou humoristes. Peu s'abaissent à dire les choses du quotidien, parler de la vie des gens, sauf s'ils sont stigmatisés, répertoriés, exclus, minoritaires. Il s'agit de se placer toujours à côté ou au-dessus mais très rarement de l'intérieur. Bien sûr, c'est plus difficile, chacun n'étant pas dans les mêmes rangs, n'ayant pas les mêmes revenus, n'habitant pas les mêmes régions, etc ; c'est pourquoi, et entre parenthèse, je me méfie des sondages, des expertises, des analyses et des généralités.

On a dénoncé à juste titre, que ce statut n'était pas porteur d'un avenir radieux et épanoui au centre d'un système qui fait croire à chacun que le podium est pour lui. J'ai même lu qu'il s'agissait là d'un statut pour ensuquer les esclaves de la modernité. C'est sur ce point que je voudrais m'inscrire en faux.

Il y a deux points importants : la société dont on rêve, et la réalité des gens.

Il semble que la gauche plus ou moins gauche, plus ou moins progressiste rêve d'un monde où tous auraient leur place : un salaire - le SMIC - décent, une sécurité de l'emploi, un petit temps pour les loisirs et, on n'en parle guère mais on peut l'imaginer, un temps pour la culture. On se bat donc pour ce monde où les employeurs se débrouilleraient pour embaucher, donner un salaire et des horaires décents ; quand je dis « on se bat », je ne vois guère autre chose qu'un langage approximatif et souvent loin au dessus des réalités. Nulle part je vois poindre ne serait-ce que la remise en question d'un gigantisme- plus ou moins géant selon les échelles !-, mais simplement un partage des richesses, une exploitation moins arrogante, un temps de travail restreint pour aller vers ce partage, retraite à soixante ans et tout ce que j'approuve par ailleurs.

On rêve d'un monde où tout le monde aurait sa place au soleil, si l'on est de gauche, sinon, que chacun se débrouille si on est de droite : si j'y suis parvenu, chacun peut le faire ( à peu de chose près, c'est une citation de Sarkozy ! Il oublie de dire que sans doute, n'importe qui peut le faire mais que s'il n'y a qu'une place, un seul la prend !).

Les nantis des classes moyennes au grand cœur affectent de vouloir ou désirent que tous puissent avoir les privilèges qu'eux mêmes ont. À force de sortir de mon trou et de lire, j'ai conclu que la qualificatif de « bisounours » s'adressait à ces gens-là.

Seulement voilà ; il y a tout un tas d'individus qui, sans avoir fait de grandes études, sans avoir acquis l'ombre d'une qualification officielle, sans appartenir à l'élite, sans vouloir péter plus haut que leur cul, sans avoir pu trouver un emploi quelque part ou l'ayant trouvé n'y ayant pas contenté leur exigences d'existence, ont envie d'être autonomes, gérer leur agenda, leur budget, sans l'oppression des contraintes, mais qui, quand même ont bien envie de vivre et de subvenir à leurs besoins. D'être utiles.

Ils sont polyvalents ; bricoleurs, adroits, expérimentés d'un passé non professionnel ni même confortés d'un diplôme, n'ayant pour la plupart aucun autre diplôme et si oui, ne trouvant pas de boulots dans leur branche, ils trouvent dans ce statut le moyen de survivre, diront ceux qui pensent qu'il n'y a point de salut à moins de deux mille euros par mois, de vivre pour ceux qui comprennent que l'on peut travailler, faire tout chez soi, cultiver son jardin, être autonomes et n'avoir d'autre ambition qu'avoir son coin à l'abri des intempéries et du temps pour faire ce que bon nous semble. Certains se spécialisent dans l'entretien de jardin, débroussaillage, élagage, plantations, clôture, tout ce que l'on fait à l'extérieur ; d'autres rentrent dans la maison pour réparer, améliorer, construire, assurer l' étanchéité, du toit à la cave, de tout ce qui peut laisser filtrer l'eau dans une maison, bref, faire tout ce qu'un bricoleur sait faire mais n'a plus le temps de faire, au point de n'être plus bricoleur !

Mais tout, me semble-t-il, est permis : je peux écrire les lettres administratives, rédiger des rapports, corriger des fautes... je suis autoentrepreneur.

Je peux monter vos chevaux, les éduquer les rééduquer, les débourrer, entretenir leurs prairies faire des clôtures, je suis autoentrepreneur.

Je peux même être maréchal-ferrant.

Je peux guider des touristes à vélo, ou à cheval, à travers monts et plaines que je connais ; il me faut L'A T E ou un BE, mais je suis autoentrepreneur.

Plus on est spécialisé, plus le statut sera facilement un tremplin ; moins on est spécialisé, plus ce statut devenu tremplin laissera des gens sur le carreau. Est-ce bien là la volonté de la gauche ?

Ah, oui ! On va me parler des dérives et des arnaques. Il y en a, mais, à y regarder de plus près, cela ne semble pas grand chose.

La première est le travail au noir ; les petits dépannages que l'on ne déclare pas, pour rester en dessous du plafond que la loi donne comme limite à ne pas franchir pour ne pas avoir à payer l'URSSAF. Certes. Et les jaloux de crier aux privilèges ! Je ne sais pas si on peut en faire le compte, je n'en ai pas idée mais j'imagine que l'on pourrait envisager des cotisations progressives et non pas un passage abrupt entre celui qui est exonéré et celui qui, le lendemain, devrait payer un max ! À partir d'un certain seuil, l'heure facturée ne rapporte plus grand chose si elle est ponctionnée ; alors, on augmente le tarif horaire, alors on ne rend plus les mêmes services aux mêmes gens. Or, les autoentrepreneurs sont là où on a besoin d'eux : pas de travaux grandioses, des bricoles utiles voire indispensables pour des gens qui n'ont pas de gros moyens. Le bobo du coin peut bricoler le dimanche mais en cas de pépin il se fout de ce que cela lui coûte ; l'artisan spécialiste, certifié, reconnu, fait l'affaire. La petite veuve d'à côté, qui n'est pas tout à faite indigente mais qui n'a pas trop les moyens de se faire arnaquer par le plombier de secours qui vient changer un joint, est bien contente de tomber sur un gars honnête qui se fait payer une heure s'il a passé une heure ! Et qui n'a pas ses frais de secrétaire, de pub, de commercial, d'entrepôt, de local d'accueil de véhicules de fonction, d'emprunt et d'intérêt d'emprunt plus ses douze employés ! Sans compter qu'aucun artisan ne se déplace pour un petit boulot ! Faire une gamate de ciment pour colmater une fuite, personne ne vient ; parole de veuve !

Le statut d'autoentrepreneur ne versant rien ou peu au pot commun ne pourrait être un statut pour tous ; on est bien d'accord. En attendant, non seulement il met des gens hors de l'assistance, du chômage ou de la mouise, mais il est d'une utilité irremplaçable dans la société. Le fait est que je n'en connais point de malhonnête car, quand l'on n'est pas brimés par des oppressions aussi diverses que variées telles que l'on en trouve dans les professions libérales ou dans le salariat, on n'est beaucoup moins enclin à l'arnaque. Se faire une clientèle est encore se faire une réputation et quand on choisit ce statut, on ne brigue pas la réussite financière !

Il faut bien voir que c'est le système, par son fonctionnement et sa mise en compétition, qui incitent les uns ou les autres à la malhonnêteté : l'occasion fait toujours le larron et l'habit très souvent le moine. Par ailleurs les autoentrepreneurs bouchent les trous , on l'a vu, ils prennent pas, ou guère, le travail des artisans. Ils font ce que personne, depuis plus de tente ans que le monde a viré, ne fait : les petites choses.

Les petites choses dont personne ne parle jamais tant elles sont insignifiantes ; les petites choses des petites gens dont on se fout. Nous n'avons eu de cesse depuis trente ans de nous faire croire que l'on pouvait donner un statut de titulaire à tout le monde ; un plein temps plein tarif ! Une carrière pour un peu, une sécurité sur le mode classe moyenne, sur le mode fonctionnaire. Mais qu'on me comprenne bien, je ne cautionne aucunement l'exploitation abusive, indigne, et à la carte. Cela va de soi ! Un producteur de richesse pour un quelconque patron doit pouvoir partager cette richesse avec ledit patron. S'enrichir sur le dos d'un autre m'est odieux et, contrairement à ce qui est fait, cela doit être anéanti. Mais la liberté d'un travail autonome ne doit pas être entravé. Peut-être cela est-il possible : si la gauche laisse tomber ses préjugés et ses cases préfabriquées, et si la droite s'avise de ne pas trop spolier les travailleurs, ce qui, on l'espère, lui retombera dessus un de ces jours.

L'uniformisation est une plaie qui entrave la liberté et qui devient injuste ; la liberté prônée par les libéraux n'est qu'une jungle où le plus immoral gagne. Entre les deux, un lieu où l'on peut vivre ; qui que l'on soit.

Je ne saurais dire à quel point j'ai été contente de voir fleurir, ça et là, des boutiques de retoucheuses, de couturières, d'écrivains publics, des filles qui proposaient leurs bras et leur débroussailleuse pour nettoyer votre jardin, des hommes, taiseux, lents, peu avides, répondre à votre appel pour un dépannage urgent.

Et pour vous dévoiler le pourquoi de cet article, pas plus tard que la semaine dernière, par un hasard bienvenu, je me suis avisée que la lucarne de mes combles perdues avait perdu sa vitre. Mystère. Néanmoins, informée de la météo et ne sachant comment réparer, par une suite de coups de chance, je suis tombée sur un autoentrepreneur voisin, qui, entre ses déplacements, la réparation et la pose, a dû passer une heure. Vingt euros ; au black ! Qu'on me dénonce. En tout cas, après une dizaine de coups de téléphone à des artisans, absents, évasifs ou qui m'ont carrément jetée, j'ai pu dormir tranquille, mon isolation à l'abri de la pluie !

Nous reste à savoir si l'on veut d'un monde pensé d'en haut, stratifié en cinq dix ou quinze niveaux organisés, planifiés, contrôlés où chacun trouverait sa case, ou si l'on préfère laisser du mou, quelques plages de libertés , d'initiatives, de débrouilles, de variétés, de fantaisies même, un monde où la place de chacun serait celle qu'il s'est trouvé lui-même !

Bon, je ne glorifie pas plus que ça, malgré les apparences ce statut plein de défauts que je veux bien entendre, mais ce n'est pas parce que c'est Sarkozy qui l'a instauré qu'il faut nous en priver !


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90 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 22 mai 2013 12:16

    " Ah, oui ! On va me parler des dérives et des arnaques. Il y en a, mais, à y regarder de plus près, cela ne semble pas grand chose."

    si tu y crois ........

     La première est le travail au noir

    qui existera toujours tant que certains auront pas les moyens et que d’autres ne voudront pas payer

    autoentrepreneur est bien si tu as un boulot a cote


    • alinea Alinea 22 mai 2013 13:10

      C’est peut-être mieux si tu as un boulot à côté ; mais j’en connais qui en vivent, mieux qu’au chômage, mieux qu’employés ! Mieux, en qualité, peut-être pas en « rentrées » !


    • Croa Croa 22 mai 2013 23:20

      « Mais le pire, dans ce statut juridique reste l’imposition à 23% » Oui et c’est même pire souvent car les déclarations sont très basiques : Sur le chiffre ! S’il y a des pertes ça compte pas et les frais de déplacement non plus. Certains Auto-entrepreneurs reversent en réalité la moitié de ce qu’ils gagnent ! smiley

      Tant que c’est accessoire ça va mais ceux qui veulent vraiment entreprendre doivent s’orienter vers un autre statut. Par ailleurs les craintes des artisans sont vraiment incompréhensibles : La véritable concurrence déloyale c’est le travail au noir et personne ne s’étonnera qu’il y en ait toujours autant ! 


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 23 mai 2013 08:18

      @ Foufouille


       Autoentrepreneur ? Si vous voulez... moi je parle de travail autonome. J’en parle depuis 30 ans, J’ai écrit beaucoup là dessus et je pense que ce n’est pas une transition : c’est la voie de l’avenir. Et, comme vous le dites, surtout si avec un boulot a côté... Ce qui devientt normal, si on pense partage du travail et revenu garanti... On y viendra 


      Pierre JC Allard

    • vieux grincheux 23 mai 2013 10:43

      Le travail au noir,c ’est ancré dans la « culture » de ce pays.


      mais pour les petits boulots, y’ a le CESU, déclaré par l’ employeur occasionnel (taille de haie, plomberie, etc...) qui permet de toucher le chômage, ce que ne permet pas autoentrepreneur..

      Maintenant la meilleure structure serait la SCOP ou la SCIC, où est élu un gérant qui a droit aux indemnités assedic lui aussi. 

      Plusieurs artisans peuvent se regrouper dans une Scop, afin de faire prendre les chantiers d’ une maison par exemple par la Scop. Maçon, électricien, plombier,charpentier, etc...et tous auront droit aux indemnités chômage tout en restant COMPLETEMENT AUTONOMES, c ’est l’ AUTOGESTION et ça mARCHE...

      Le Cesu aussi permet l’ Autonomie, puisque le « patron » est celui, celle qui est dépanné mais qui doit faire une Declaration d’ Embauche préalable à l’ Urssaf......

      bref « auto-entrepreneur » c ’est un statut fragile et qui ne répond que dans un sens d’ ENRICHISSEMENT PERSONNEL aux BESOINS COMMUNS.....

      La SCOP c ’est une autre façon de voir la vie, dont les Lois existent, mais dont on entend TRES MAL la publicité , y compris par le Ministre de l’ economie Solidaire.

      La france serait-elle un pays d’ égoïstes qui ont oublié que le Progres a toujours été un résultat de la SOLIDARITé.... ?

      Je vous laisse méditer .....

      VG Passeur cognitif à but non lucratif

    • alinea Alinea 23 mai 2013 11:17

      vieux grincheux :
      « Il y a deux points importants : la société dont on rêve, et la réalité des gens ».
      Oui les scop c’est le mieux ; mais il y a une mentalité aujourd’hui qui fait que les gens se méfient de toute alliance,devenue aliénation ; aussi ce besoin de « réussir » ( ça c’est la flatterie du système) ; je connais des vieux soixante huitards qui voulaient créer des scop et qui n’ont trouvé personne ! Il y en a beaucoup aussi, qui commence leur job par l’achat d’un gros 4x4 neuf ( grâce à l’exonération de la TVA, les aides et les emprunts) et qui se retrouvent le bec dans l’eau avec tous leurs emprunts.
      Il faut changer les mentalités, et c’est plus difficile et plus long !


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 23 mai 2013 11:40

      dès que l’ argent circule il y a enrichissement , à part le troc je vois pas

       de solution . 

      En fait le problème qui se passe c ’est que les choses sont complètement
       faussées comme le dit Spartacus avec d’ autres mots . 

      Lorsqu’ un artisan établit une facture à son client et que le client règle 
      ce qu’ il doit , il paye un peu l’ artisan et entre la part de l’ artisan et le
       restant de la facture il y a une myriade de petites sommes qui vont on 
      sait pas vraiment où . 



    • alinea Alinea 23 mai 2013 11:42

      JC Allard : j’ai lu votre article ; je n’y ai pas encore réfléchi mais vous livre ma première impression ; vous parlez de travailleurs indépendants dans les services et donnez comme exemple la santé, l’éducation ; or pour moi, ce sont des services publics qui devraient être organisés avec l’argent public en quantité suffisante pour en assurer le bon fonctionnement : formation, conditions de travail,etc.
      Je relirai un peu plus tard ; merci


    • luluberlu luluberlu 22 mai 2013 12:31

      L’autoentreprise c’est la possibilité d’autonomie. Qui veut l’autonomie des petits, des sans grades, qui pourrait accepter qu’un minable se sente bien dans son choix ? pas nos speudos socialos au pouvoir, à ce qu’il semble....merci de votre article.


      • alinea Alinea 22 mai 2013 13:05

        absolument luluberlu : qu’on puisse avoir envie d’être autonome et qu’on n’ait pas l’ambition de créer une entreprise qui ira en bourse, voilà quelque chose de bien trop subversif pour l’encourager ! ;


      • rocla (haddock) rocla (haddock) 22 mai 2013 12:39

        Bien vu cet article Alinéa . 


        Il y a la France de la théorie et de la pratique .

        Le discours en haut d’ une tribune annonçant comment demain il fera beau
        si c’ est nous qui dirige .

        Les bouquins de capitalisme , de communisme , les variables de Slawosazsky ,
        le théorème des Pitresencore .

        Et tout derrière au fond , dans son village perdu dans l’ Yonne une petite
        vieille que sa sonnette elle marche plus . 

        Elle a téléphoné à un électricien qui pour ne lui dire non , lui a assuré
         qu’ il viendrait mardi la semaine prochaine matin 9 heures .

        Ca fait un mois qu’ elle attend . 

        Finalement elle en a parlé à la boulangerie et une dame présente lui a dit 
        qu’ elle lui enverra Raymond , son voisin .

        Raymond est venu l’ après-midi même et a remis le fil de la sonnette à 
         l’ endroit prévu .

        La petite dame lui a demandé ce qu’ elle devait , Raymond lui a décroché
         un grand sourire en disant , ben , un petit café .

        Ils sont en train de calculer , à l ’ URSSAF à combien se monte cet avantage 
        en nature , quel est le préjudice réel envers les entreprises d’ électricité , 
        comment calculer la péréquation entre ce salaire dissimulé , le montant des jours 
        fériés correspondants si c’ était une vraie boite , alors qu’ à l’ Hôtel des Impôts
        on se perd en conjectures .

        • alinea Alinea 22 mai 2013 13:07

          Heureusement que tous ces réseaux d’entraide existent ! ça fait de l’air, ça fait du bien et la gratuité rend l’homme de meilleure humeur ! Ah tout compter, tout calculer, ...


        • foufouille foufouille 22 mai 2013 13:41

          « 

          Ils sont en train de calculer , à l ’ URSSAF à combien se monte cet avantage 
          en nature , »

          tu exageres ou tu avait un compteur de monnaie sur ta caisse


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 22 mai 2013 13:53

          Le rire est le propre de l’ homme , mais pas du Foufouille .


        • cevennevive cevennevive 22 mai 2013 13:58

          Oui capitaine ! Merci de cette petite anecdote.


          J’aurais pu raconter la même : ayant un crochet de volet détaché du mur, je ne pouvais plus ouvrir mes volets par grand vent. Le maçon du village m’avait promis de passer, ’un jour qu’il aurait un moment...« . Comme ce jour n’est jamais arrivé, j’avais renoncé à ouvrir ce volet.

          Puis un voisin à qui j’en parlais est venu me poser ce fameux crochet, ne demandant pour tout salaire qu’un »petit café« .

          Cet échange de services est très courant chez nous.

          Vous avez raison, ils trouveront bien, là-haut, un biais pour l’empêcher... Ils nous ont déjà supprimé les graines de semence »normales", ils arriveront bien à nous interdire de cultiver notre jardin, de faire confitures et conserves, de cueillir des champignons et des baies, etc.

          Ils taxeront l’amitié, l’entraide et le service rendu.

          Allez, bonne journée.

        • alinea Alinea 22 mai 2013 14:04

          cevennevive : je ne crois pas que nous soyons revenus sur cette loi insane qui condamne qui tend la main à un immigré clandestin !
          Pourront-ils faire disparaître la belle humanité des humbles ?


        • foufouille foufouille 22 mai 2013 14:11

          "Vous avez raison, ils trouveront bien, là-haut, un biais pour l’empêcher... Ils nous ont déjà supprimé les graines de semence »normales",

          comme pour les compteurs sur les puits, ce sont des idees qui resteront vaines
          sinon faudrait mettre une puce sur chaque graine
          il y a toujours un moyen de contourner le bureaucrate


        • alinea Alinea 22 mai 2013 14:21

          Il serait tellement plus confortable et joyeux de pouvoir vivre sans avoir tout ça à contourner, foufouille ; et croyez bien que nous serons de moins en moins nombreux à pouvoir le faire, parce que nous sommes nés dans un monde différent et que nous n’avons pas été « moulés » ainsi. Plus le moulage réussit, plus les petits soldats seront obéissants !


        • Fergus Fergus 22 mai 2013 17:44

          Bonjour à tous.

          Je crois avoir déjà raconté ces anecdotes, mais je la répète ici car elle sont significatives des comportements que l’on trouve parfois en province et jamais à Paris.

          1) Un jour, en arrivant de Paris dans ma maison finistérienne vers 19 heures, nous avions prévu, faute d’avoir pu faire des courses, d’aller manger au restaurant, mon épouse et moi. Problème : au moment de partir, impossible de refermer la porte. Nous avons appelé, non pas un auto-entrepreneur, mais un artisan de Morlaix (à 7 km de là). Il venait de terminer sa journée. Il est venu aussitôt et nous a dépanné en moins de 5 minutes. La chose lui étant apparu comme un service naturel, il a refusé tout paiement malgré notre insistance.

          2) Une autre fois, nous avions acheté un buffet de brocante à Nantes et voulions le faire transporter jusqu’à notre maison de Morlaix. Nous avons contacté un déménageur spécialisé dans les groupements entre le Finistère et la Loire-Atlantique. Pas de problème. 2 semaines plus tard, notre meuble était livré. Quant à la facture, nous ne l’avons jamais reçue, malgré deux rappels. Le transporteur a fini par nous dire que c’était cadeau, les chargements pris en compte cette fois-là ayant largement couvert ses frais !

          Tout cela pour dire qu’il est aberrant comme on l’entend trop souvent de tirer de manière systématique sur les artisans et les petits entrepreneurs. Certains sont de vrais abrutis, c’est indéniable, mais d’autres se conduisent parfaitement bien, quand ils ne font pas des cadeaux (comme ces deux là) sans que rien ne les y oblige.


        • Fergus Fergus 22 mai 2013 17:46

          Désolé pour les fautes : lire « ... mais je les répète ici car elles sont significatives... »


        • foufouille foufouille 22 mai 2013 17:47

          « Il serait tellement plus confortable et joyeux de pouvoir vivre sans avoir tout ça à contourner, »

          tout a fait. mais cela fait longtemps que c’est comme cela
          ils ont meme essaye de prendre en compte le potager dans le RMI ...................


        • alinea Alinea 22 mai 2013 18:09

          J’ai fait attention Fergus à dire pourquoi les artisans étaient pressurés et débordés ; les artisans dont vous parlez, c’était dans le système où l’artisanat était un peu comme aujourd’hui les autoentrepreneurs, sauf qu’ils avaient une spécialité. Il y en a de moins en moins ! Et tout dépend des « branches ». Ici, dans le sud, il ne faut pas compter sur un maçon pour un petit boulot ! Ils ne disent jamais « non », mais disparaissent ! Les menuisiers de plus en plus aussi, et le plombier génial que j’ai trouvé sur une annonce, fonctionnait à l’ancienne, par conviction politique ! La plupart voit plus grand qu’eux, et se retrouvent coincés. Après tout dépend du bonhomme, bien sûr, mais le système impose que ce qui n’est pas rentable ne peut être fait !


        • Fergus Fergus 22 mai 2013 20:06

          Bonsoir, Alinea.

          C’est toute la différence avec la Bretagne. Dans cette région, on trouve encore, en 2013, des artisans qui interviennent pour des petits travaux parfaitement exécutés et souvent payés des semaines après lorsqu’ils se décident enfin à envoyer la facture. Le dernier en date à avoir chez moi, à Dinan, est jardinier. Après avoir enlevé cent m² de gravier, préparé le sol et ensemecé pour de la pelouse, il vient de m’adresser la facture, un mois après être intervenu avec deux collaborateurs.

          Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de margoulins en Bretagne, mais moins que dans d’autres régions, et notamment à Paris où j’ai connu des expériences désastreuses.

           


        • alinea Alinea 22 mai 2013 14:06

          Si vous- ou quelqu’un- avez des infos plus complètes sur cette décision, ou proposition....


        • foufouille foufouille 22 mai 2013 14:13

          le camp de travail, au pain sec et a l’eau ...........
           smiley smiley


        • alinea Alinea 22 mai 2013 18:02

          Merci Démosthène ; et dans vos conséquences, vous oubliez les vaches-à-lait : les clients ! J’espère que quelqu’un aura le bon sens de dire que c’est une mauvaise idée !!!


        • cevennevive cevennevive 22 mai 2013 14:14

          Bonjour Alinea,


          Comme toujours, vous parlez juste et vrai.

          Merci pour cet article, merci au nom des autoentrepreneurs qui, dans leur ensemble, ne gagnent pas grand chose, et qui pourtant sont indispensables dans les bourgades et les villages où les entreprises sont rares et chères.

          Voyez plutôt : pour une réparation d’électricité, d’électronique, de chauffage ou de plomberie un peu compliquée, il faut appeler une entreprise d’Alès. Rien que le déplacement coûte déjà plus de 100 euros H.T. Ajoutez à cela les heures passées (voyage et réparations bien entendu, ce qui fait bien 2 ou 3 heures), les pièces changées (et quelquefois, il leur faut revenir !) et vous aurez une facture de 350 ou 400 euros (parole de villageoise) pour remplacer un simple automatisme jour/nuit ou une résistance.

          Gardons les autoentrepreneurs. Les abus existent sans doute dans cette forme d’entreprise, mais ne viennent-ils pas, justement, des grosses entreprises qui les exploitent. Parce qu’il est moins cher de payer des heures à un autoentrepreneur que d’embaucher un employé supplémentaire.

          Comme toujours et partout, les systèmes peuvent être dévoyés, détournés et décriés. Et les modestes autoentrepreneurs en font les frais dans ce cas précis.

          Cordialement.


          • Amada 22 mai 2013 14:18

            Bonjour,

            Merci pour ce regard rafraîchissant, simple et de bon sens.

            L’argument qui dit que l’auto-entrepreneur « vole » le travail des autres ne semble pas tenir.
            Il est en tout cas une branche, ou rien ne peux être fait au black, qui est soumis à une concurrence internationale impitoyable, et où la norme est l’auto-entreprenariat.
            Je veux parler des rédacteurs Web qui rédigent des textes à contraintes multiples (nombre de mots, ton, mots clefs à insérer, titrage, etc) à la main pour aider les entreprises à bien se positionner sur le Web.
            Ils sont concurrencés par des logiciels à générer du texte à la chaîne (en inversant les mots dans tous les sens par exemple) , et des petites mains francophones (mais c’est pareil pour toutes les langues) payées 1 euro le communiqué (Madagascar, Maurice...)...
            Question de ....compétitivité !
            Des patrons français tentent de résister à cette concurrence en continuant à leur passer des commandes... Qualité oblige ! Mais pour combien de temps ? Le jour où l’auto-entrepreneur disparaît, machines, copiés-collés et petites mains étrangères auront gagné la partie et l’ex auto-entrepreneur n’aura plus qu’à s’exiler. D’ailleurs, on va désormais enseigner en anglais dans notre pays.
            Ce n’est plus seulement « adieu veaux, vaches et cochons », mais aussi adieu « mots, tournures et intelligence de la langue »....

            Cordialement
            Amada


            • alinea Alinea 22 mai 2013 21:50

              J’ignorais tout de cette profession, merci pour cette info. En tout cas si on réussit à éliminer tous les « petits » de notre société, je ne donne pas cher de sa survie ! Déjà que c’est plus que mal parti !


            • nicolas_d nicolas_d 23 mai 2013 11:11

              Amada, c’est, malheureusement, pour eux, l’un des principaux objectif : la « novlangue »
              Histoire que si il nous reste une once de jugement, nous ne puissions pas l’exprimer.


            • Yohan Yohan 22 mai 2013 14:36

              Et pourtant, avec sa boite à outils, Hollande est le plus illustre auto-entrepreneur de France smiley


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 22 mai 2013 17:57

                Les plus délicieux lapins que j’ ai mangé dans ma vie c ’était à l’ époque

                ou on tenait une boulangerie , il venait de temps en temps un monsieur âgé 
                en vélo et de 15 km , il était pas client mais il faisait le tour des boulangeries
                pour chercher le vieux pain . 

                Il avait presque l’ air d’ un clochard tellement il était mal habillé . 
                alors en lui donnant un grand sac de vieux pain il demandait ce qu’ il devait ,
                 je lui ai dit c ’est cadeau , vous donnerez le bonjour aux lapins smiley 

                Au bout de quelques fois il nous a porté un lapin . 

                 comme ça pendant quelques années on mangeait du lapin , et quand 
                il me restait beaucoup de pain je lui emmenais le tout en voiture . 

                Il menait une vie rudimentaire dans une cabane , toujours le sourire .

                La vie , la vraie , pas celle d’ Auchan-marketing .



                • foufouille foufouille 22 mai 2013 20:57

                  ben maintenant, le pain dur est souvent vendu 50c/kg
                  30c dans un hyper L......


                • spartacus spartacus 22 mai 2013 18:41

                  Article très intéressant

                  L’auto entrepreneur est un pur produit libéral.
                  Il ne coûte rien a l’état, et même rapporte.
                  Il répond a un réel besoin de la société puisque 700000 personne ont pris ce statut. 

                  C’est pas de la part des artisans qu’il faut trouver les détracteurs, ils ne sont que l’excuse d’un autre groupe de pression pour essayer de leur nuire.

                  Sa simplicité et sa réussite déstabilise le groupe de pression des obligés de l’état, qui vivent de la complexité et ne tire pas profit de l’auto entrepreneur qui court circuite leurs services, les rendant inutiles.

                  J’ai eu le plaisir de discuter avec Novelli quelques minutes à la période de mise en place. Il a eu un mal terrible avec les hauts fonctionnaires de Bercy a mettre en place, et savait que ces derniers feraient tout pour détruire ce statut. La seule chose qui les bloque aujourd’hui, c’est le nombre d’auto entrepreneurs.

                  • alinea Alinea 22 mai 2013 18:53

                    Vous voyez spartacus, quand le libéralisme arrête une seconde de favoriser les gros avec l’argent public pour écraser les petits, et qu’il fait une place - qui toujours a existé- aux petits, on peut essayer d’y trouver un peu d’air ! Dans ce cas, il faut en profiter. Quant aux artisans, c’est vrai que je n’en ai jamais vu un seul débiner un autoentrepreneur ; il ne nagent pas dans les mêmes eaux !


                  • spartacus spartacus 23 mai 2013 09:30

                    @Alinéa,

                    C’est le socialisme, le communisme et le Keysianisme qui utilise l’argent public.

                    Le libéralisme au contraire n’utilise pas d’argent public. Il est contre.
                    Le libéralisme condamne l’utilisation de l’argent public, car il considère qu’il dérégule le marché libre et crée des distorsions inégalitaires.
                    Les gros, les trusts sont généralement des entités qui ont été favorisés par les distorsions et l’interventionnisme de l’état.


                  • diogene 23 mai 2013 11:00

                    Haaaa ! dites-moi, cher gladiateur, comment vous pouvez soutenir que «  »«  »

                    Le libéralisme au contraire n’utilise pas d’argent public. Il est contre.
                    Le libéralisme condamne l’utilisation de l’argent public, car il considère qu’il dérégule le marché libre et crée des distorsions inégalitaires.«  »« 
                    Mais je vous offre un proverbe qui, je l’espère, vous éclairera un peu.
                     »«  » Ce que tu es crie si fort que je n’entend pas ce que tu dis«  »
                    En effet, le « discours » ou la « doxa » néo libérale se base sur le rejet de l’intervention publique, mais si fort qu’ils le proclament, ce ne sont que des mots. Toujours les néo-cons se sont tournés vers l’Etat lorsque que soufflait la tempête, et lors de la dernière de ces tempêtes, la crise du système financier mondial, c’est bien les Etats qui ont injecté les milliers de milliards de leur sauvetage. . Vous savez sûrement ce que peut être leur réalité, mutualisation des pertes mais individualisation des profits... voilà ce qu’est ce libéralisme qui «  »« au contraire n’utilise pas d’argent public »«  », .


                  • alinea Alinea 23 mai 2013 11:25

                    spartacus : il est où ce libéralisme (celui que vous décrivez) aujourd’hui, sur la planète ?


                  • spartacus spartacus 23 mai 2013 12:10

                    Le libéralisme n’est pas une « idéologie » mais une éthique.


                    Les pays sont communistes, socialistes ou démocrates, on ne dit pas qu’un pays est libéral, mais qu’il suit une politique libérale.

                    En général on retrouve des « politiques libérales » partout ou il y a des réussites économiques et des taux de chômage faible..

                    On trouve des partis libéraux qui ont transformé leurs pays en réussite économique, comme Suisse, Hong Kong, Singapour, Canada, Australie, Nouvelle Zélande, Islande.

                    En France aucun parti politique n’est « libéral », tous se réclament de l’interventionnisme étatique. Tous indiquent que l’état est la solution, alors que c’est le problème. 
                    L’état n’intervient qu’en fonction de l’intérêt des groupes de pression. JAMAIS AUTREMENT.

                  • oj 22 mai 2013 18:53

                    un auto-entrepreneur ne peut remplacer une petite entreprise vu le matériel souvent specialisé et couteux qui est nécessaire dans la plupart des activités.

                    il a s’agit surtout d’artisans qui sont repasser auto-entrepreneur plutot que d’auto-entrepreneur qui ont jouer les artisans.

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