Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > Avec la France pour toit...

Avec la France pour toit...

L’action récente menée par les Enfants de Don Quichotte a provoqué une brutale mise en lumière du problème du logement en France, largement ignoré par les candidats à la présidentielle jusque-là. Mais au-delà de l’effet médiatique et des mesures annoncées par le gouvernement, une question fondamentale reste irrésolue : faut-il que l’Etat prenne en charge le logement des citoyens, au même titre que le travail, l’éducation, la santé, la sécurité... ?

L’Etat-providence
L’état-providence ne date pas d’hier, ni des dernières promesses électorales. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la France a inclus dans sa constitution des notions de protection sociale étendues.
Rappelons-en quelques-unes :
- droit d’asile et protection des réfugiés politiques
- droit d’obtenir un emploi
- protection sociale de la santé
- droit à la retraite et au chômage
- protection contre les calamités nationales
Un seul de ces articles exige une contrepartie de la part des citoyens vis-à-vis de l’Etat. Le droit d’obtenir un emploi est lié au devoir de chacun de travailler.
L’Etat, par ailleurs, s’engage à garantir la sécurité matérielle, le repos et les loisirs de chacun. Il entend également nationaliser toute entreprise de service public ou monopole de fait.
Dans la société issue de la guerre, la communauté internationale veut établir une société juste et émet de grands textes, comme la Déclaration universelle des Droits de l’homme, adoptée par les Nations unies en 1948.
Afin de lutter contre l’exclusion sociale et la pauvreté, l’Union reconnaît et respecte le droit à une aide sociale et à une aide au logement destinées à assurer une existence digne à tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes.
Quarante ans plus tard, l’Europe confirme encore le droit à une aide sociale et à une aide au logement pour tous ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes (Charte des droits fondamentaux).

Tous ces droits inscrits dans nos textes sont loin d’être respectés intégralement.
Ils posent malgré tout un principe fondamental : les citoyens attendent que l’Etat trouve une solution à chacun de leurs problèmes.
Cette attitude est assez récente dans l’histoire. Jusqu’à la Révolution française, les constitutions reposaient sur le droit coutumier. La première constitution française (1791) pose les bases des droits fondamentaux. Elle proclame même que le but de la société est le bonheur commun. Mais le texte insiste davantage sur les libertés que sur les droits des citoyens, ce qui dénote un état d’esprit bien différent du nôtre. Les textes législatifs fondamentaux du XIXe siècle s’éloignent de ces principes généraux et se limitent à définir la façon dont les Etats sont organisés, précisent les modalités des élections, entérinent la séparation des pouvoirs.

Une société malade de sa consommation
Les deux guerres mondiales, la crise de 1929, l’arrivée au pouvoir des Soviets, le Front populaire et bien d’autres événements ont conduit à la société sociale-démocrate dans laquelle nous vivons. Jamais, peut-être, la société n’a été aussi égalitaire qu’à notre époque. La différence de revenus entre riches et pauvres est la plus faible jamais constatée dans les pays occidentaux, hormis quelques très rares exceptions de la jet-set internationale. Il suffit de se pencher sur l’économie du XIXe siècle pour constater cette réduction des différences. Et au contraire, le peuple a l’impression grandissante que les écarts se creusent. La société de consommation est passée par là. Un salaire normal ne suffit plus pour se procurer tout ce que la société offre.

Avant guerre, il était tout à fait inimaginable qu’un ouvrier puisse un jour s’offrir une voiture, par exemple. Lorsque l’épargne et la distribution de modèles plus abordables ont permis aux moins riches d’acquérir leur véhicule, cet investissement était consenti pour quinze ou vingt ans au moins. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des gens aux revenus modestes s’offrir de grosses cylindrées, renouvelées tous les trois ou quatre ans.
En créant sans cesse de nouveaux besoins, on a jeté les classes populaires dans une course effrénée à la dépense et au crédit à la consommation. Il suffit d’examiner les statistiques de consommation des ménages pour constater qu’une part importante des revenus passe dans des dépenses de confort qui ne seraient jamais venues à l’esprit des populations avant 1950. Malgré tout, plus de la moitié (56%) des foyers possèdent leur logement, le nombre de logements insalubres a été divisé par six en vingt ans, ne représentant que 2,5% du parc immobilier, le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a été divisé par deux en trente ans. Mais le sentiment de précarité est de plus en plus répandu.

Les raisons de ce malaise sont multiples. D’une part, le chômage n’a pas cessé d’augmenter durant la même période, passant de 2 à 10% de la population. D’autre part, la redistribution sociale se concentre sur les retraités, de plus en plus nombreux, au détriment des autres groupes sociaux. On compte aujourd’hui 1,5 actif par retraité, contre trois actifs pour un il y a trente ans. Enfin, la crise du logement est réelle. Le coût d’acquisition d’un logement ancien a été multiplié par cinq en vingt ans !
Si on examine l’évolution des revenus depuis cinquante ans en France, on constate qu’ils ont totalement cessé de progresser. La croissance moyenne, de 1950 à 1975, était de 4,4% par an. Elle s’établit à 0,5% pour la période allant de 1975 à aujourd’hui. Ayant perdu tout espoir d’améliorer leur existence au cours de leur carrière, tenaillés par la crainte de perdre leur emploi, inquiets, voire méfiants, quant au paiement de leurs retraites futures, les Français sont tétanisés et manifestent leur mécontentement par leur vote ou leur abstention.

La réponse des politiques 
Le mirage politique entretient des illusions tenaces. La "rupture tranquille" de l’un, le "désir d’avenir" de l’autre tentent de contourner cet obstacle intangible. Les candidats à la présidentielle promettent une France plus juste, ou plus riche, mais ne proposent aucune solution réelle. La proposition de Ségolène Royal concernant le logement ? 120 000 mises en chantier, soit une amélioration de 25% à peine par rapport aux plans mis en place par le gouvernement Villepin et, plus spécifiquement, par Jean-Louis Borloo dans son plan de cohésion sociale. Et il est vrai que le nombre de constructions de logements n’a pas augmenté depuis 1980. Plus préoccupant encore, la ville de Paris, pourtant passée à gauche depuis cinq ans, n’a augmenté que de 500 logements sociaux par an son programme de création de nouveaux logements, passant de 3500 à 4000. Comment expliquer ce chiffre si faible, alors que le budget de la ville est de près de six milliards d’euros par an, dont 210 millions consacrés au logement social ?
Dans le même temps, la Mairie dépensait 254 millions d’euros pour sa voirie, notamment pour son tramway. Si cet investissement avait été consacré au logement, c’est au moins 1700 logements de 50 mètres carrés qui auraient pu être achetés ou construits (à 3000 euros le m² !). On estime à 59 000 le déficit en logements sociaux à Paris uniquement, pour atteindre 20% du parc immobilier, ainsi que la loi "Solidarité et Renouvellement urbain" en fait l’obligation. C’est la ténacité des Verts qui a permis de passer de 135 à 210 millions d’euros de budget pour 2007.

La fondation de l’abbé Pierre évalue à 500 000 le nombre de logements manquants en France. Ségolène Royal blâme la droite, cependant, la réalité objective est que ni droite ni gauche n’ont réellement entrepris de plan de large envergure pour réduire les inégalités au cours des vingt-cinq dernières années. Toutes les mesures sociales successives tiennent du replâtrage ou du gadget expérimental. Un réel plan de réhabilitation de l’habitat engendrerait certainement une chute du marché immobilier. D’autre part, il faut se méfier du type d’habitation construit pour éviter de se retrouver avec de nouvelles cités à problèmes ou avec un urbanisme délirant.

Nous faisons porter la responsabilité de nos problèmes et de notre stagnation tantôt à l’Europe, tantôt à la monnaie unique. Mais quel rapport y a-t-il entre la construction de logements sociaux et la politique européenne ? Faudrait-il que Bruxelles s’empare de ce problème pour enfin voir émerger une politique du logement rationnelle ? N’a-t-elle pas réussi à équilibrer la politique agricole commune durant la même période ?

Des aides pour survivre ou de l’aide pour vivre ?
Notre société est malade de sa croissance. Les "mal-logés" réclament des logements, les chômeurs veulent du travail, les pauvres veulent plus d’argent, les riches veulent moins d’impôts... Chacun considère l’Etat comme une sorte d’assurance sur la vie. Aux collectivités de prendre en charge notre existence, de la maternité jusqu’à la maison de retraite, dans tous les domaines possibles. Treize millions de pensionnés, six millions d’allocataires d’aide au logement, trois millions d’allocataires de minima sociaux (insertion, veuvage, invalidité, parent isolé, allocation solidarité spécifique, équivalent retraite) dont plus d’un million de RMistes, 4,4 millions de chômeurs dont 2,2 millions de chômeurs indemnisés, autant de personnes qui vivent dans la précarité, suspendus au paiement de ces aides par l’Etat. Ensemble, ils représentent aujourd’hui plus du tiers de la population. Par ailleurs, l’Etat distribue également entre 8 et 9 milliards de subventions et d’aides aux entreprises chaque année. Combien de temps peut-on encore tenir à ce rythme ? Ne faut-il pas revoir fondamentalement l’organisation de notre société ?

Le modèle communiste (type soviétique) a fait long feu. L’ultralibéralisme développé dans un certain nombre de pays engendre des inégalités insoutenables. Notre système social-démocrate est totalement à bout de souffle et à bout de ressources. Comment inventer de nouvelles solutions dans un monde interdépendant ?

De nombreuses expériences de financement des micro-entreprises dans le tiers-monde ont prouvé qu’il était possible de sortir des communautés entières de leur misère en les aidant à devenir autonomes. C’est l’inverse de ce que nous pratiquons dans nos pays depuis cinquante ans. Une solution radicale consisterait à remettre le modèle à plat, en supprimant toutes les aides et en les remplaçant par un réel système financier d’aide à la création d’activité. Les allocations d’aide pourraient devenir des prêts remboursables, ou des investissements, sans que cela remette en cause le principe de la solidarité. Quelques économistes cherchent des solutions dans ce sens. On est bien loin de mesures aussi radicales mais, au moins, prenons le temps de réfléchir au type de société que nous construisons, et sur la façon dont il pourra perdurer dans un environnement vieillissant.


Moyenne des avis sur cet article :  4.07/5   (69 votes)




Réagissez à l'article

29 réactions à cet article    


  • parkway (---.---.18.161) 17 janvier 2007 14:59

    « a provoqué une brutale mise en lumière du problème du logement en France » « Jamais, peut-être, la société n’a été aussi égalitaire qu’à notre époque » « Et au contraire, le peuple a l’impression »

    euhhh ?

    vous êtes resté longtemps dans votre parti ?

    cela expliqueraît ceci, que vous occultez complètement nos chers financiers, des victimes eux-aussi probablement...


    • Stef (---.---.31.81) 17 janvier 2007 16:21

      « Plus préoccupant encore, la ville de Paris, pourtant passée à gauche depuis cinq ans, n’a augmenté que de 500 logements sociaux par an son programme de création de nouveaux logements, passant de 3500 à 4000. »

      Heu...

      A Paris, il y a un petit problème de terrains. C’est pas Bussy Saint Georges.

      Paris « pourtant passée à gauche » ? Pourquoi ce soulignement ?

      A la gauche seule incomberait le logement social ?

      La droite ne serait pas responsable ?


      • parkway (---.---.18.161) 17 janvier 2007 16:47

        oui, euhhhh !

        je suis bien d’accord avec toi, stef !


      • werbrowsky (---.---.245.72) 18 janvier 2007 17:42

        Concernant les terrains disponibles à Paris, il faut peut-être élargir la problématique à la proche banlieue (la petite couronne). Il y a de nombreux terrains constructibles, ou des friches industrielles. Dans Paris, on ne compte plus le nombre d’immeubles inoccupés que la Mairie pourrait préempter. Je vous renvoie au DAL ou à la fondation Abbé Pierre.

        Merci pour votre compréhension.


      • Joe (---.---.50.88) 20 janvier 2007 19:15

        Il ne faut pas le voir comme une critique, ni de la gauche, ni de la droite. C’est un fait que le logement social est plus mis en avant par la gauche que par la droite.


      • Albert (---.---.102.40) 18 janvier 2007 10:44

        Bonjour, vous avez sans doute raison

        Toutefois on peut craindre(comparaison n’est pas raison) que vos exemples ne soient pas transférables « tous azimuts » ,et applicables tels quels.

        Sans allégeance, ni d’ ailleurs d’animosité particulière ,qu’il me soit permis de préciser que ,le devoir de travailler accompagnant le droit au travail doit, me semble-t-il, être assorti d’un salaire suffisant pour vivre, se déplacer, en fait effectuer les actes élémentaires de la vie courante

        Cela signifie naturellement que l’entreprise dispose de poste de travail. Est ce le cas actuellement ?

        Logements fournis par l’État, vous avez raison de le souligner , que cela ne conduise en fait à la construction hâtive ,dans un urbanisme de pacotille ,d’ensemble pas cher,aucoùt de fonctionnement prohibitif

        Une suggestion toute marginale

        Examiner, à la loupe actualisée , les tentatives effectués dans ce domaine depuis 1945 ; pour permettre un logement digne, dans les meilleures conditions possibles (urbanisme et construction ,technique étudiée, etc)de toutes les personnes qui en sont dépourvus évaluer les possibilités de leur adaptation actualisée

        Définir une politique du logement ( locatif ou personnel, ce qui fige dans ce dernier cas la mobilité )

        Je cite sans avoir le souci d’exhaustivité:Bail emphytéotique pour les terrains(99 ans, ce qui réjouit les urbanistes) Castors -expérience Royer à Tours .Il y en a certainement d’autres Enfin recenser toutes les aides et contributions actuellement en place : 1 % des entreprises etc

        Ai-je tort ?


        • werbrowsky (---.---.245.72) 18 janvier 2007 17:47

          Non, vous n’avez pas tort. Ce que je reproche aux pouvoirs publics en place, c’est de n’appliquer que des pansements successifs, depuis cinquante ans. Une loi parmi d’autres, promulguée par Rocard : 1/3 logement pour 2/3 bureaux lorsqu’on construit du neuf. Conclusion : des milliers de mètres carrés vides et la vente de tout le centre de Paris aux spéculateurs.

          Une petite anecdote amusante : hier soir, sur i-Télé, Benhamias, élu vert à la ville de Paris (sauf erreur de ma part) faisait l’éloge de... Jean-Louis Borloo ! Un gouvernement d’union en vue pour l’UDF, les Verts et le reste du parti socialiste (une fois qu’il aura fini d’imploser) ?


        • Séverine 18 janvier 2007 13:43

          Idée utopique mais je vous la propose :

          sachant que les associations paient jusqu’à 2000€ par mois pour loger une famille de trois personnes dans un hôtel miteux, est-ce utopique de penser que ces associations pourraient se porter garantes auprès des propriétaires privés ou publics ?


          • werbrowsky (---.---.245.72) 18 janvier 2007 17:53

            Non, ce n’est pas utopique, à condition que les propriétaires et les agences immobilières arrêtent de flinguer les locataires ! Autre suggestion : créer une association qui achète des logements insalubres pour les réhabiliter. Par exemple, serait-il possible de transformer d’anciens immeubles industriels en logements sociaux ? Le 1% patronal de la ville de Paris doit représenter à peu près 15% de la masse nationale. Pourquoi ne pas rassembler une partie de cette somme pour créer des logements populaires en nombre ?


          • Albert (---.---.102.40) 21 janvier 2007 08:39

            Bonjour,sans allégeance particulière,puis je citer l’éxistencede« Habitat et humanisme »

            L’action ,les procédures de cette associationsont elles généralisables ?Oui ,sinon il faudrait expliquer , pourquoi ?


          • Lambert (---.---.150.51) 20 janvier 2007 08:00

            Depuis la récente intégration de la Roumanie et de a Bulgarie, un premier « Bidonville » de constructions en contre-plaqué s’est installé dans le 9-3 pour la première fois depuis les années 50.

            Alors même que nous sommes en train de créer un nouveau droit en France : Le droit au logement, comment faire à ce que la France ne devienne pas l’Eldorado de l’Europe pour les « laissés pour compte » du Monde entier ?

            La Gauche semble appliquer la Politique de l’Autruche et ne souhaite pas communiquer sur ce sujet. Il est clair que c’est un sujet d’autant plus délicat que les « droits » Français : Logement, Social, Santé, Travail attirent et attireront de plus en plus de déshérités, surtout si nous ne fixons pas clairement et ouvertement ses règles.

            Mais la Gauche n’a pas le courage de dire à ses électeurs que nous ne pouvons pas accueuillir et secourir toute la misère du Monde sans sacrifier notre Modèle de Société et les Français.


            • werbrowsky werbrowsky 20 janvier 2007 10:55

              De fait, la construction européenne telle que nous la vivons depuis quelques années crée d’importantes distortions économiques. Le coût de la main d’oeuvre horaire « chargé » va de 2,37€ en Lettonie à 30,7€ au Danemark ! Une harmonisation des niveaux de vie doit obligatoirement intervenir rapidement si nous voulons éviter une explosion de l’Union.

              A titre d’exemple, l’Espagne et la Grèce, qui étaient parmi les coûts les moins chers lors de leur entrée dans l’Union, ont progressivement rapproché leur coûts salariaux de la moyenne européenne. 14,80€ pour l’Espagne et 13,40€ pour la Grèce, quand la moyenne européenne est de 16,57€. Toutefois, il faut encore comparer ce chiffre à celui de la moyenne des pays de la zone euro (13 pays), qui s’élève à 21,48€. La France fait partie des cinq pays où le coût de la main d’oeuvre est le plus important. Comment rendre du pouvoir d’achat aux salariés sinon en allégeant le coût du travail et en redistribuant une partie de ces charges ?


            • finael (---.---.69.118) 20 janvier 2007 14:49

              J’avoue ne pas être d’accord avec cette analyse.

              1) D’abord avec la notion « d’état providence », terme récent. C’est oublier que dans toutes les sociétés, l’entraide et la coopération seules ont permis la survie et éventuellement le développement de la communauté.

              Chacun aidait l’autre à construire sa maison, ou sa grange. J’ai pu assister, vers la fin des années 50 à la mise en commun des efforts de chacun pour les moissons par exemple, ou pour remettre en état la boulangerie du village.

              La notion actuelle n’intervient qu’à partir du moment où les communautés plus petites ont disparu ... mais celà relève d’un autre débat social sur le pourquoi et le comment de cette disparition.

              2) Ensuite l’écart entre riches et pauvres. C’est bien beau d« excepter » la jet-set comme vous dites, mais c’est cette frange (les 5% les plus riches" QUI POSSEDE 60% DE LA RICHESSE MONDIALE -( sources : Observatoire des Inégalités et rapport de l’ONU sur les Inégalités). En France 50% de la population possède 91% de la richesse et la deuxième moitié se partage les 9% qui restent - même source. Il ne s’agit donc pas seulement d’un sentiment, mais bien d’une réalité !

              Vous donnez la voiture comme exemple de « consommation inutile » mais a] Je ne connais personne possédant une « grosse cylindrée » renouvelée tous les 3 - 4 ans qui ait des revenus modestes. b] J’habite (enfin je loge car je suis officiellement SDF) à 25km de mon lieu de travail, soit une bonne 1/2 journée de marche (et ma voiture a 14 ans). Ce sont des conditions de ce type qui créent ces "nouveaux besoins.

              J’ai voyagé dans les « pays de l’Est » au début des années 70 (sous l’ère Brejnev) et j’aurais beaucoup à dire sur la réalité de ce régime, issu de la tyrannie stalinienne et qui n’avait que peu d’aspects « communistes », mais ce peu là était déjà remarquable.


              • decurion (---.---.240.52) 20 janvier 2007 18:26

                Aprés mai 68, les rues des villes ont été dépavées. Les quartiers « populaires » ont été assainis, et les « banlieues » ont été multipliés.

                Rien jamais ne se fait sans raison, et rien n’est anodin.Comment peut on espérer qu’une solution pourrait venir « d’en haut », alors que les problèmes que l’on prétend résoudre, sont le fait de décisions politiques ?

                L’état providence, est un leurre. Lorsque l’état intervient, c’est parce qu’en amont, il a été trop vite, trop tôt. Ce ne sont jamais que des pansements, qui auront tot fait de disparaitre, dès que l’attention des gens concernés, sera détournée par d’autres problèmes.

                Lorsque l’on a compris, que ce qui est un problème pour la majorité du troupeau, est une solution pour ceux qui s’en prétendent les guides, on ne sait pas s’il y a une solution, mais on sait d’ou elle ne viendra pas.


                • Ol (---.---.96.59) 20 janvier 2007 19:53

                  Ce pseudo-droit au logement est un pas de plus vers l’etatisation de la societe francaise. A une epoque ou tous les pays du mondes liberent l’initiative privee et desengagent l’etat de l’economie, la France persiste a trouver des solutions marxisantes a ses problemes de societe.

                  Quel politicien a decrit comment ce nouveau droit va etre finance ? Plus de fonctionnaires vont etre necessaires pour gerer ces nouveaux programmes sociaux, verifier qui merite vraiment d’avoir un logement subventionne ou gratuit. Avec un programme qui ouvre la porte a toutes les corruptions, il faudra des controleurs pour surveiller les fonctionaires, des analystes pour decider comment compenser les spollies. Bref un systeme d’une extraordinaire complexite, avec toutes les chances d’etre inique, et qui essentiellement recompense l’absence de responsabilite et d’esprit d’entreprise. Pas vraiment de quoi faire avancer la France.

                  La seule chose certaine, c’est que les contribuables vont encore etre taxes. La proportion d’assistes dans la societe francaise va encore augmenter. Le plus triste, c’est que les francais votent avec leurs pieds : ceux qui sont dynamiques, creatifs, entrepreneuriaux vont habiter a Londres ou New York ou Beijing.

                  La solution est beaucoup plus simple : deregulation. Tant de logement sont vacants parce que leur proprietaires hesitent a louer leur bien : ils savent que si leur locataire arrete de payer, il est pratiquement impossible de le deloger. Le fait que les proprietaires, ces capitalistes, acceptent de garder un investissement improductif en dit long sur leur defiance du systeme.

                  Le logement est cher parce que le marche est falsifie. L’environnement regulatoire est tellement complexe et redhibitoire qu’il est difficile pour un investisseur de faire un profit sur un logement locatif. Le manque de logement sur le marche se traduit inevitablement par un hausse des prix des loyers. Laissez les investisseurs construire des logements, donnez leur un moyen de gagner in profit, et vous verrez les projets immobilliers sortir de terre : Plus de logement sur le marche se traduira par une baisse des loyers. C’est mathematique.


                  • Jean Paul (---.---.180.10) 23 janvier 2007 15:47

                    Ce n’est pas d’un déficit de construction de logements dont nous souffrons : il ne s’est jamais aurtant construit de logements. C’est plus un problème d’inadéquation en matière de taille de logement et d’inadéquation en matière de prix d’achat et de montant des loyers. Les prix du neuf ont artificiellement grimpé à cause de ces lois de défiscalisation Besson, Méhaignerie et consors.... Pour bien défiscaliser, il fallait que les prix soient élevés. Pari gagné !!!! Ceux qui ont les moyens, achètent, défiscalisent... 9 ans après ils revendent en faisant la culbute et recommencent. Et les locataires dans tout ça ? Ils payent jusqu’à 40% de leur salaire, sans compter les cautions et frais d’agences... Et si ils ne peuvent pas, ils vont occuper des tentes Decathlon sur les quais.....


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 23 janvier 2007 15:53

                    Il faut bien pourtant pousser les murs pour loger l’Afrique ...


                  • dixneuf (---.---.248.7) 20 janvier 2007 21:31

                    Lorsqu’il y a 60 ans (j’ai presque son âge) l’abbé Pierre s’est mis en colère, il y avait 45 millions d’habitants. Depuis, on a construit à tour de bras. Et maintenant : Construire 500.000 logement, disons de 60m2 = 30.000.000m2 habitables + les murs + les emplacements voitures + les équipements collectifs (crèches-écoles-hopitaux-voirie-transports en commun etc.) A construire comment = en hauteurs, en étalant ? Et où, sur des terrains agricoles bien sûr ! Et quand ils seront construits tous ces logements, la population continuant d’augmenter (grâce ou à cause de l’immigration, l’actuelle et celle due au droit opposable et autres raisons) il faudra bétonner,toujours bétonner, c’est sans fin. Tous les problèmes sont liés, et tous ont un rapport avec la démographie : logement, pollutions, circulation , chômage, retraites... Une expérience sur les rats à montré qu’à partir d’une certaine densité de population ils devenaient fous. A lire les faits divers, on peut se demander si on n’approche pas du seuil ! 19


                    • (---.---.138.245) 20 janvier 2007 21:56

                      la solution ; la construction en hauteur de logements locatifs ou autres et non l’étalement de banlieues résidentielles. Une remise en cause du modéle d’habitat individuelle de plus en plus éloigné des lieus de travail et de plus en plus chére à entretenir. D’ailleurs un enjeux sous jacent de ces élections ne serait t’il contenu dans le conflit de la moyenne bourgeoisie propriétaire des lotissements semi-ruraux et des « jeunes racailles » des banlieues péri-urbaine


                      • moebius (---.---.138.245) 20 janvier 2007 22:02

                        Un symptome : Nos deux candidats « finalistes » auraient plutot tentance à prendre faits et causes pour les petits propriétaires et à assommer de morale petite bourgeoise les « racailles »


                        • Ar Brezonneg (---.---.27.43) 20 janvier 2007 22:25

                          Cet après midi à Quimper, il y avait une quinzaine de jeunes qui parlaient le francais avec difficulté (Roumains ? Bulgares ?) . (D’ailleurs les Bigoudens les envoyaient promener quasi-systématiquement...)

                          Ils interpellaient tous les passants de la rue et leur présentait une pétition à signer pour un droit au logement pour les sans-papiers.

                          J’ai discuté avec l un d entre eux qui ma dit qu’« en France c’était bien car on avait de l’argent facilement » ; et maintenant ils allaient pouvoir avoir aussi une maison et que ce n etait pas comme chez eux.

                          Mis en confiance cette personne m a affirmé « qu’il avait téléphoné à ses cousins et que le reste de la famille avait pris la route pour venir les rejoindre comme cela ils auraient aussi du logement »...


                          • La Taverne des Poètes 20 janvier 2007 23:22

                            Ah oui à Quimper ? A quel endroit précisément ? Avaient-ils une autorisation de la mairie ?

                            Bizarre pour un Quimpérois de confondre cournouaillais et bigoudens...


                          • Ar Brezonneg (---.---.232.117) 21 janvier 2007 09:41

                            C’était le long du Steir là où il y a quelque banc publics et une autre équipe opérait à côté du bronze Jean Moulin ... Ayant observé pendant plus d’une heure en faisant mine de lire un journal, étant assis sur un des bancs, j’ai bien entendu les réponses des gens.

                            Et je sais encore faire la différence entre l’accent du Guilvinec et celui de Douarnenez..... Les réponses les plus dures étaient faites avec l’accent Bigouden. ET pour moi c’était dans l’ordre des choses...

                            Et manifestement les réponses n’étaient pas du tout amènes !!!!

                            Il est curieux aussi d’avoir observer le même genre de séance de signatures à Lorient et à Vannes cette semaine !...


                          • La Taverne des Poètes 21 janvier 2007 10:37

                            Je ne doute plus de votre témoignage. Mais à présent je m’inquiète d’apprendre qu’il y à Quimper des gens comme vous qui font mine de lire leur journal pour étudier les conversations.


                          • debase (---.---.215.199) 21 janvier 2007 11:03

                            @Taverne

                            Vous allez pouvoir commencer à comprendre ce que c’est que « l’immigration de peuplement » et mettre enfin à l’épreuve vos belles idées humanistes. Attention à l’atterrissage !

                            Je vous invite à venir passer quelques jours à Rouen, et d’y prendre le métro régulièrement afin de voir ce qui attend la bonne ville de Quimper (au juste, combien de voitures brûlées le 31/12 ?)

                            Déferlante FN en vue sur les côtes de Bretagne...


                          • Ar Brezonneg (---.---.232.117) 21 janvier 2007 11:34

                            @ « monsieur de la Taverne »

                            Si je me rends à Quimper c’est pour aller dans une ville que j’aime beaucoup et y rencontrer des gens du pays ! Pas pour être importuné... M’installer sur un banc pour lire le journal... Liberté fondamentale, ca doit être encore possible !... Surtout chez soi ! Ayant pas mal voyagé (marin....) je sais qui sont ces gens, je sais aussi ce qu’il y a derrière, et cela par expériences multiples. Je crains que des gens comme vous seront désarmés devant ces gens là. Et je peux déjà vous dire que vous ne ferez absolument pas le poids devant eux ! : Vous ne serez pas assimilé mais vous serez digéré purement et simplement, SCALpé en quelque sorte...

                            En plus « monsieur de la Taverne », quand je vais à Quimper je me rends aussi A Saint Corentin, cathédrale magnifique !... Et une des dernières fois, il y avait des gamins qui venaient de PenHars qui ont lancé des pétards dans la cathédrale... C’était en été. Je me demande bien d’ailleurs ce qui se serait passé si la réciproque avait eu lieu dans la mosquée de penhars ! Vous saviez qu’il y en a une depuis 6 ans ??? Vous avez remarqué les paraboles qu’il y a à Penhars ??? Et le soir vous aveez vu les gens du Tabligh faire de la retape en faisant du porte à porte ? Faut aller un peu sur le terrain... C’est très intéressant !

                            Ce qu’il y a de terrible dans ce genre d’histoire c’est qu’il y a des gens qui ferment les yeux croyant ainsi ignorer les problèmes...

                            Quand vous êtes importuné chez vous vous laissez faire je suppose ?


                          • La Taverne des Poètes 21 janvier 2007 11:57

                            « des gens comme vous » dites-vous, et vous ne me connaissez pas pourtant. Par exemple vous écrivez « Faut aller un peu sur le terrain » : cela tombe bien j’y suis. J’habite la ZUP de Kermoysan depuis 15 ans. Et dans ma jeunesse j’ai passé plusieurs année dans la ZUP de Brest (Kerargaouayat Saint-Pierre) qui est bien pire que celle de Quimper. Si bien que j’en sais davantage que vous sur ces choses sur lesquelles vous me mettez en garde.

                            Vos propos vous révèlent. Je n’y répondrai pas sur le fond car on voit trop d’où ils viennent...S’il y a de réels problèmes d’insécurité et d’immigration, ce n’est pas avec vos procédés que je souhaite les évoquer et aider à les résoudre.

                            Quant aux gamins qui ont jeté des pétards dans la cathédrale, voilà qui devrait bien faire rigoler Brassens sous son lopin de sable à Sète. smiley


                          • La Taverne des Poètes 21 janvier 2007 12:35

                            C’est d’ailleurs parce que je suis ces problèmes depuis toujours que je n’ai jamais partagé la « naïveté » de Jospin.

                            à Debase : La ville de Quimper a lancé tout un programme de destruction de plusieurs tours et la construction de pavillons délocalisés de la ZUP. Une tour a déjà été supprimée en 2005. Le programme de rénovation devrait être terminé en 2010. Pendant que certains attisent les mauvaises passions et les divisions ou se contentent de s’indigner et de brailler, des élus travaillent. A noter que c’est une politique UMP (plus gaullienne que sarkozyste d’après ce qu’il me semble)car la municipalité de « gauche caviar » d’avant ne s’intéressait pas du tout aux problèmes de la ZUP.


                          • Ar Brezonneg (---.---.232.117) 21 janvier 2007 12:45

                            @ m de la taverne

                            « propos d ou ils viennent »... Pas de chance, vous vous trompez...

                            J ai eu l occasion d avoir affaire à la « police religieuse » parceque sous ma chemise d uniforme, ma medaille aparaissait.. Ils avaient voulu me l arracher... Alors ce que je vois faire à Kemper je sais ce que c est !

                            Une autre fois, j ai eu l occasion de voir une bastonnade... Alors le jour où vous serez débordés à Kemper vous comprendrez trop tard que vous avez construits des nids à « coucous » ! Vous savez ce qu’est qu’un « coucou » ? Alors ceux qui facilitent la venue et l installation de ces gens là m’insupportent. Ca me fait penser aux collabos qui ont vendu mon oncle à la gestapo...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès