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Accueil du site > Actualités > Société > Avis de vents forts néolibéraux

Avis de vents forts néolibéraux

C’est quelque chose que j’avais malheureusement pressentie dès début janvier 2009, en imaginant que le néolibéralisme finirait par sortir vainqueur des débats idéologiques postérieurs à la crise qu’il avait pourtant provoqué. Après quelques mois de remise en question, l’interprétation de la crise l’avait largement épargné et il faut bien constater que, depuis, le phénomène s’accentue.

 
Les défaites de l’Etat, du collectif et de l’humanisme
 
Bien sûr, dans nos sociétés complexes, les choses ne se passent pas de manière uniforme et radicale. Les évolutions sont plus subtiles, mais il semble que les choses accélèrent, malgré les débats sur un relèvement du salaire minimum aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne (où il était faible) et l’allègement de l’austérité en Europe. D’abord, on peut voir dans le virage libéral des « socialistes » en France il y a près de 2 ans un symptôme de cette évolution. Pire, ils ne cessent d’accélérer, jusqu’à ne laisser qu’un espace bien étroit aux « républicains ». A Athènes, la gauche « radicale » a fini par accepter les potions amères qu’elle dénonçait avant son élection. Tous les grands pays d’Europe sont à droite, même si à Rome et Paris, c’est une droite économique qui se dit pourtant de gauche.
 
Et malheureusement, il faut bien reconnaître que les circonstances ne s’arrangent pas pour le moment. En effet, logiquement étant donnés les échecs des majorités sortantes, les électeurs ont choisi l’alternance en Argentine et au Vénézuela, deux pays souvent évoqués en exemple par les alternatifs, même si, dans mon cas, j’avais bien souligné les errements (plus ou moins importants) de ces deux pays. Avec le retournement de Syriza, il faut bien reconnaître que le front politique alternatif est en capilotade aujourd’hui. Pire, comme au tournant du siècle et avant la crise de 1929, notre époque s’abandonne à une nouvelle bulle et un délire sur les nouvelles technologies sans le moindre recul. Et la baisse des taux, du pétrole et de l’euro apporte une petite bouffée d’oxygène asphyxiant toute remise en cause.
 
Des batailles perdues et de celles que nous gagnerons
 
Il faut bien reconnaître qu’aujourd’hui, en partie du fait du grand virage libéral des « socialistes » en France, les idées alternatives, de reprise en mains de la monnaie, de protectionnisme et de refus de déconstruction du service public semblent manquer de soldats dans un paysage médiatique qui a lui-aussi largement viré à droite, au point que le service public se permet des reportages qui semblent venir directement du Medef. Si le FN ne parvient pas à convertir ses très bons résultats de premier tour au second, on peut penser que cela vient en partie des vents contraires à son programme économique, notamment sur la question de l’euro, ce qui le pousse déjà à ajuster son discours pour ne pas prendre trop à rebrousse-poil l’électorat de droite sur lequel il lorgne de plus en plus et où cette question le pénalise.
 
Cela ne signifie en aucun cas qu’il faille mettre ses idées dans sa poche. Je continue à être convaincu que le retour à une monnaie nationale, directement pilotée par le gouvernement, des frontières économiques plus marquées et un refus de la déconstruction du service public sont des batailles fondamentales qu’il faut continuer à défendre, parce que, tôt ou tard, l’inanité du discours dominant aboutira forcément à sa défaite. Mais dans l’intervalle, il convient de réfléchir aux raisons pour lesquelles nous perdons la bataille des idées alors que les faits démontrent souvent la justesse de nos idées. Nous avons une part de responsabilité dans notre façon de présenter les choses. Mais on peut aussi penser qu’il y a un problème d’incarnation politique de nos idées alternatives, qui freine leur succès démocratique.
 

Le tripartisme dans lequel la France se conforte de plus en plus est malheureusement une triple impasse, entre deux partis qui nous gouvernent depuis des décennies avec les résultats que l’on sait et un premier opposant assez repoussant pour ne pas gagner mais pas assez pour ne pas vampiriser et faire un relatif vide dans le débat public, freinant l’émergence d’autres alternatives. 


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20 réactions à cet article    


  • howahkan howahkan Hotah 17 décembre 2015 10:23

    Le seul combat originel se passe avant tout en chacun, moi qui veut contre les faits de la vie...que nous refusons donc !! c’est là que cela commence,ensuite cela envahit tout ce que l’humain touche et regarde sauf rares moments d’exceptions...

    il est plus facile de tuer son voisin, tous les humains, que de se regarder soi même passivement et d’en voir tout le mal profond qui est là , et de rester avec cela, de ne rien faire vaincu par sa propre démence...

    dommage car la direction c’est par là...

    tout combat n’ amène que d’autres combats....

    3000 ans ce semblent pas suffisant pour saisir cela...forcement cela est une illusion, il n’y a pas de 3000 ans en fait mais le même jours qui recommence sans arrêt....avec des morts cérébraux qui remplacent des morts physiques....etc


    • JL JL 17 décembre 2015 11:55

      Le néolibéralisme et plus généralement le libéralisme c’est l’idéologie qui chérit les causes de ce dont on pleurera plus tard les conséquences.


      • V_Parlier V_Parlier 17 décembre 2015 22:09

        @JL
        C’est comme l’UE. On dit que ça ne marche pas bien parce-qu’il n’y en a pas assez. Mais bon, le front républicain c’est ça, c’était annoncé sans problèmes. Le reste en face, on peut supposer mais au moins on n’a pas encore vu.


      • summicron2 17 décembre 2015 14:30

        L’ignorance économique est une vraie calamité chez nous, notre pays étant parfois vu, et faussement, comme « une URSS qui aurait réussi ».


        TOUS les pays qui réussissent sont des pays dans lesquels les dirigeants politiques appliquent le Libéralisme, doctrine née au 18 è siècle, le siècle des Lumières.

        C’est pourquoi, quand je lis des absurdités comme celles-ci :

        Je continue à être convaincu que le retour à une monnaie nationale, directement pilotée par le gouvernement, des frontières économiques plus marquées et un refus de la déconstruction du service public sont des batailles fondamentales qu’il faut continuer à défendre.

        je réagis comme prof d’université en économie, ayant 40 années d’enseignement et de recherche au compteur :
        • 1/ Une monnaie « pilotée par un gouvernement », donc entre les mains des politiciens, est le moyen le plus sûr d’avoir de l’inflation, dérapant en hyperinflation. On a vu ce que donnait l’hyperinflation en Allemagne en 1923-25 : l’oeuf du serpent. La spoliation des épargnants, qui n’avaient pas changé leurs RM en dollars, a accouché d’un monstre : Adolf Hitler et d’un mot d’ordre : l’anti-sémitisme par dénonciation des banques et de la finance internationale.
        • 2/ Le protectionnisme d’un pays pousse au protectionnisme des autres. On a vu ce que le protectionnisme a donné en Allemagne à partir de 1933 : le monstre précité a déclenché une guerre mondiale pour piller les pays où se trouvaient les matières premières dont il avait besoin, matières premières qu’il ne pouvait plus acquérir par l’échange marchand.
        • 3/ Un service public peut exister avec des entreprises privées qui se font concurrence : cela s’appelle une délégation de service public (DSP). Dans certains cas, bien précis, un service public doit rester un service public : la sécurité, intérieure et extérieure, des citoyens par exemple.



        • placide21 17 décembre 2015 14:42

          @summicron2
          La sommité nous balance des c......es ?


        • V_Parlier V_Parlier 17 décembre 2015 22:20

          @summicron2
          Cet argument contre le protectionnisme (fut-il raisonnable et non un blocus, bien sûr) me laisse songeur : "On a vu ce que le protectionnisme a donné en Allemagne à partir de 1933 : le monstre précité a déclenché une guerre mondiale pour piller les pays où se trouvaient les matières premières dont il avait besoin, matières premières qu’il ne pouvait plus acquérir par l’échange marchand« .

          Ouaoh ! Donc ça veut dire qu’il aurait fallu continuer à commercer avec l’Allemagne à ce moment là et à contribuer à sa puissance, afin qu’elle ne nous attaque pas. C’est bien ça ? Au moins avec de telles sorties ça n’invite pas au libre échange, c’est l’avantage de votre contribution !

          Enfin, quand vous faites allusion à la spoliation des épargnants, il n’y a aucune parade absolue à cela, quel que soit le maître aux commandes de la monnaie. D’ailleurs, si c’est un tiers plutôt que l’Etat il y a plutôt le risque que du jour au lendemain vous n’ayez plus rien, le jour où la banque et/ou l’état sont ruinés. C’est pire que de perdre 10% du fait d’une inflation qui vous évitera de vous trouver à la rue suite à un plan de licenciement pour »manque de productivité"...


        • baldis30 17 décembre 2015 22:35

          @summicron2

          on a redressé la France entre 1945 et 1975 sans avoir besoin d’économistes.... mais avec des gens qui savaient ce qu’était le béton, l’électricité, la mécanique, et ce à quoi, cela servait :

          à l’homme ... pas à aligner des chiffres sous la forme d’additions des contraintes, de soustractions des revenus, de multiplications des contraintes et de division des français !

           A trouver que l’éducation coute cher , les économistes ont préféré l’ignorance pour reprendre sous une autre forme un aphorisme de Lincoln.

          Supprimez le philo, parce que cela ne sert à rien ... on n’a pas besoin de réfléchir puisque une ou deux personnes parait-il réfléchissent..... et les profs de philo coûtent cher.... comme les profs de maths ou de physique ... et là on voit le résultat ..... vingt ans après :

          en matière de risque on appelle cela le risque différé..... on laisse la rouille se développer sur le bateau parce que l’entretien coûte cher et qu’un vague calcul fait avec un tableur mal maitrisé a montré que l’on pouvait gagner bien plus d’argent en supprimant la sécurité ....

           Et pour en revenir à l’homme et aux dégâts de l’économie je ne citerai que quelques cas : avez-vous cherché les causes des désastres du Paris-Luxembourg, ou de l’accident d’Assier, et des trois ruptures de barrage qui ont lâché près de 100.000 m3 d’eau dans une ville et de quelques autres ....

          Et surtout ... au grand jamais ne venez pas me parler de hasard, d’impondérables d’imprévisibles parce que publications en mains je vous montrerai l’inanité des calculs économiques ....


        • izarn 17 décembre 2015 23:20

          @summicron2
          C’est absurde. Vous prof ? smiley
          -Le fachisme a été financé par le Capital « libéral » : Chaque entreprise devait payer sa cote pour financer le parti Nazi. Ce n’est pas le peuple ruiné qui a financé Hitler. Dénoncer la finance était pour Hitler comme pour Hollande : De la foutaise pour gogo.
          -Le RM ne pouvait pas etre converti en dollar, il était inconvertible en or depuis 1914 ! Aprés la guerre, la banque centrale n’avait plus d’or. L’or qui restait servait à payer la France et la GB.
          C’est parceque l’Allemagne n’avait plus d’or et que son mark papier faisait peu confiance, qu’elle ne pouvait importer des matières premières...Remarquez que l’euro et le dollar, ne sont eux aussi pas convertibles, sauf en pétrole. Si on ne paye plus le pétrole en dollar, le dollar papier est bon pour se transformer en dollar papier cul. RM meme combat.
          La concurrence entre services « publics » c’est de l’arnaque : Un service public n’est pas la pour se faire du pognon contre les citoyens. Qui paie des impots !
          Ou voyez en ce moment que le système fonctionne correctement ?
          Ou ?
          BDI :
          http://investmenttools.com/futures/bdi_baltic_dry_index.htm


        • basilic 18 décembre 2015 05:53

          @summicron2


          « TOUS les pays qui réussissent sont des pays dans lesquels les dirigeants politiques appliquent le Libéralisme, doctrine née au 18 è siècle, le siècle des Lumières. »
          --------------

          Les pays, les états, sont des éléments d’un monde interconnecté, où la pérennité même du système global est loin d’être garantie. Dans un monde ainsi (dés)organisé des « pays qui réussissent » n’existent pas. Il s’agit d’un non sens.


        • basilic 18 décembre 2015 06:03
          « je réagis comme prof d’université en économie, ayant 40 années d’enseignement et de recherche au compteur »

          Il faut bien 40 années d’expériences pour parvenir à caser autant de conneries en si peu de lignes. Ce n’est pas donné à tout le monde.




        • COVADONGA722 COVADONGA722 18 décembre 2015 06:50

          @summicron2
          « je réagis comme prof d’université en économie, ayant 40 années d’enseignement et de recherche au compteur »


          bonjour monsieur si le modeste titulaire du certif ayant bossé 40 ans derrière des machines outils peu se permettre une question ?
          donc après avoir fait de longues études sponsorisées par la collectivité nationale
               après avoir fait des recherches sponsorisées par la collectivité nationale 
               après avoir enseigné sous un statut plus que protecteur sponsorisé par 
               la collectivité nationale 
               vous allez d’ailleurs bénéficier a ce titre d’une retraite sponsorisée par la
               collectivité nationale 
               vous venez benoîtement nous expliquer que ce système est nul comparé
               au laisser faire du marché ou je gage qu’une aussi prolifique carrière aurait   connue quelques déboires !

          bref après vous être gobergés vous crachez dans la soupe ! je ne sais rien des notions d’économie de régulation et dérégulation ect 
          mais j’ai modestement quelques notions de ce que sont la probité morale ,l’honnêteté
          intellectuelle et la reconnaissance voir la fidélité a des principes .
          il m’apparaît que le « professeur d’économie en université » que vous vous déclarez
          en manque singulièrement . 
           
                
                 
               

        • summicron2 18 décembre 2015 17:54

          @V_Parlier

          « Donc ça veut dire qu’il aurait fallu continuer à commercer avec l’Allemagne à ce moment là et à contribuer à sa puissance, afin qu’elle ne nous attaque pas. C’est bien ça ? Au moins avec de telles sorties ça n’invite pas au libre échange, c’est l’avantage de votre contribution ! »

          Mais, on ne pouvait pas « continuer à commercer avec l’Allemagne » puisque celle-ci avait choisi le protectionnisme ! 

        • V_Parlier V_Parlier 18 décembre 2015 18:50

          @summicron2
          Elle avait choisi le protectionnisme pour aller chercher ensuite gratuitement les ressources chez ses voisins ? J’en ai déjà entendu des « démonstrations historiques » des méfaits du protectionnisme mais celle-là est une des plus originales. Comme s’il avait fallu d’abord passer par le protectionnisme pour ensuite aller piller (ou se servir gratuitement chez) ses voisins... alors que tous les mondialistes néolibéraux et libre-échangistes ne se gênent pas pour le faire !


        • summicron2 18 décembre 2015 21:16

          @V_Parlier


          L’Allemagne de 1933 était obligée de choisir le protectionnisme parce que sa politique de relance par l’armement, financée par la planche à billets, ne pouvait être efficace qu’en économie fermée.

          Guerre et protectionnisme vont de pair. Montesquieu avait déjà intuité ça dans l’Esprit des Lois.

        • Frédéric BOYER Frédéric BOYER 18 décembre 2015 23:28

          @summicron2
          Ce n’est pas l’inflation galopante qui a amené Hitler au pouvoir, mais la déflation des années 30, déflation provoquée par la politique ultra-libérale menée par les dirigeants de l’époque (Hoover, Laval, etc...). Vous devriez vous intéresser à l’histoire économique, pas seulement à la théologie.


        • tashrin 17 décembre 2015 16:45

          "TOUS les pays qui réussissent sont des pays dans lesquels les dirigeants politiques appliquent le Libéralisme, doctrine née au 18 è siècle, le siècle des Lumières."

          TINA on vous dit ! There is no alternative !

          oui c’est sûr qu’on peut parler de réussite...
          Concentration des richesses entre des mains de moins en moins nombreuses, assujettissement des etats-nations aux multinationales, corruption generalisée, individualisme poussé à l’extreme, remplacement des ideologies collectives par le marketing et l’abrutissement de masse, appauvrissement intellectuel, communication et court termisme ont remplacé débats de fond et vision d’avenir, guerres à vocation economique, chomage massif, dictat économique permanent, competition de tous contre tous partout tout le temps, disparition du lien social, rupture du contrat social,

          La reussite c’est quoi ? On parle de PIB uniquement ou on tient compte d’autres facteurs ?


          • JDCONSEIL 17 décembre 2015 19:05

            Encore merci pour cet article qui se démarque de la politique actuelle de nos élites qui font essentiellement du marketing en cherchant quels propos leurs feront gagner des voix plutôt que de défendre leurs idées. Juste de la cuisine électorale. On ne sait plus pour quelles idées, on vote ! Et que dire des médias qui ne prennent strictement aucune distance par rapport à ces revirements de circonstances... 

            Continuez cher Laurent ! La lumière est au bout du chemin. 


            • Rmanal 18 décembre 2015 11:40

              Comme quoi le débat n’est plus droite gauche, mais libéral non libéral


              • JDCONSEIL 18 décembre 2015 12:59

                Une seule solution : mettre fin au scrutin majoritaire trop binaire pour représenter toutes les déclinaisons de tendance entre droite extrême et gauche radicale. Ce qui ouvrirait la porte à des débats d’idées et aussi à un centre modéré dont nous avons tant besoin ! 


                • Rmanal 18 décembre 2015 14:49

                  @JDCONSEIL
                  Vous avez bien raison. De plus en plus nombreux sont ceux qui appellent à une 6è République, afin de modifier notre vieillissante 5è organisation qui est un mix entre la royauté et la démocratie.
                  Et cela apprendrait à nos politiques le mot « compromis ».

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