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Accueil du site > Actualités > Société > AZF, une justice relax, à défaut d’être cool...

AZF, une justice relax, à défaut d’être cool...

Comme l’a souligné un représentant d’association de victimes, le jugement de la justice toulousaine est la porte ouverte à tous les abus de la part des gros industriels... Si les causes d’un désastre sont multiples et complexes, et qu’on ne peut pas définir les liens entre les responsabilités des uns et des autres, il n’y a pas de responsable. Au-delà de la solidarité naturelle qui nous unit aux victimes de ce drame, nous devons avoir clairement à l’esprit les conséquences que ce raisonnement pourrait avoir dans toutes nos régions où les risques majeurs sont nombreux.

Dans une société où les processus sont de plus en plus complexes et les interactions de plus en plus nombreuses et mondialisées, cela peut mener tout droit à l’irresponsabilité généralisée. Le pouvoir des grandes entreprises, et des multinationales, est exorbitant par rapport à celui de citoyens toujours dépourvus du droit à l’action collective (qui était , rappelons-le, dans le programme de Ségolène Royal). La dissymétrie dans l’accès aux moyens et à l’information est énorme. Et que dire face à un état qui refuse toujours la mise en application d’un référendum d’initiative populaire pourtant inclus dans la réforme de la constitution déjà adoptée (qui peut conduire à l’irresponsabilité économique : on verra où en sera la poste dans quelques années !)..

Nous vivons dans une société où la complexité développe l’expertise. Qui peut dire qu’un expert est un expert, si ce n’est un autre expert ? De quoi/qui vivent/dépendent les experts d’un domaine ?

Par ailleurs, nous constatons régulièrement :

- d’une part que l’unanimité entre les experts est loin d’être systématique face une situation donnée,

- et d’autre part qu’il est très difficile pour le citoyen de faire valoir son droit à l’information honnête et transparente de la part des experts. C’est vrai pour le nucléaire (cf Tchernobyl, La centrale du Tricastin plus récemment), la santé (le sang contaminé, l’amiante…), les pollutions variées (le Rhône et le pyralène), les sites industriels (AZF…), mais aussi dans le domaine social par exemple (affaire d’Outreau où un expert psychiatre, estimant être payé comme une femme de ménage, avait produit un rapport du même niveau (ce rappel n’a rien de désobligeant pour les femmes de ménage bien entendu !).

Le jugement de Toulouse est un mauvais coup de plus porté à la démocratie. Un coup majeur, comme les risques qu’il peut impacter. Les suites de l’appel du parquet devront donc être surveillées avec une attention particulière.


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7 réactions à cet article    


  • GRESILLAUD 25 novembre 2009 15:09

    Le jugement est celui d’une juridiction pénale et ne peut donc accuser sans preuve.
    Contrairement à ce que cette relaxe générale au bénéficie du doute peut laisser croire, le doute était bien plus gros que ce que les médias et certains avocats d’association de victimes ont voulu faire croire en coeur avec le parquet auprès des victimes.
    L’accès à l’information est effectivement extrêmement important. Mais beaucoup de lois en France le permet.
    1/ D’abord les données publiques accessibles à tous sont nombreuses et beaucoup de gens ne le savent pas et souvent des responsables administratifs font croire le contraire ! Il faut exiger les données publiques et toutes les données et le plus vite possible avant que des prétextes divers les effacent définitivement.
    2/ Ensuite les parties civiles ont accès à tout le dossier judiciaire. Certains avocats leur ont fait croire qu’elles ne pouvaient pas l’obtenir et qu’il fallait qu’elles les suivent aveuglément. Ceci était un abus grave et scandaleux de leur part. Ces avocats ont menti. Ce dossier AZF très riches en information est finalement très peu connu de la part de ceux qui lancent partout leur opinion sur l’affaire. Dans ce dossier, on y découvre énormément de choses jamais médiatisées, jamais étudiées par les experts judiciaires, tues au procès et pourtant extrêmement important pour la compréhension des événements etc...
    3/ La justice doit être aidée par tous les citoyens. Et si l’aide de ces citoyens, en tant que témoins, en tant que contributeurs d’information nouvelle, est méprisé anormalement par les acteurs judiciaires, il faut aussi le dénoncer et insister pour obtenir des explications de ces acteurs.
    Dans ce dossier AZF, le nombre de témoins présentant des faits vécus incompatibles avec la thèse officielle est énorme. Le juge Thierry Perriquet a eu au moins l’honnêteté de faire un travail d’instruction à charge et à décharge de 2003 à 2005. Les experts judiciaires ont nié volontairement ces témoins qui étaient loin d’être des amis du personnel d’AZF. Beaucoup étaient proches de l’usine, à l’Hôpital Marchant, à la SEMVAT, à Sanofi, à la SNPE, à Tolochimie, dans les magasins et entreprises avoisinants etc... leurs dépositions sont extrêment nombreuses et précises et contredisent la thèse du « bang sismique » qui n’a aucun fondement scientifique. Le juge Lemonnyer a eu, début Avril 2009, une attitude scandaleuse lors du procès vis à vis de de ces témoins très rarement cités à la barre. Il a fermé toute ouverture sur des compléments d’enquête en insultant ces témoins et en affirmant des croyances techniques personnels erronées pour dénigrer ces témoins. Il a refusé la diffusion sonore dans la salle des 7 enregistrements matériels des deux explosions pourtant sous scellés. Il a sauvé du témoignage mensonger un pilote d’un Puma de l’Armée de l’Air extrêmement troublé lorsqu’on lui a fait visionner la vidéo de France 3 contredisant ses dires sur l’origine du bruit d’un hélicoptère. Bien d’autres exemples de cette justice qui se veut aveugle et limitative existent.
    Ceux qui suivent l’affaire en faisant cette démarche d’accéder aux données techniques comprennent très bien pourquoi, le juge Lemonnyer a évité tout de même l’erreur judiciaire ce 19 Nov 2009.
    Mais ils doivent maintenant aussi exiger de tous les pouvoirs publics de fournir à tous les acteurs judiciaires l’ensemble des données qui concernent cette catastrophe.
    Un procureur général de la Cour d’Appel de peut balayer d’une main une information technique indubitable sous le simple prétexte qu’elle ne cadre pas avec les croyances du parquet étrangement acquises dès le 24 Sept 2001. S’il le fait, il commet une faute qui peut lui être reprochée plus tard.
    Les dirigeants des grands groupes industriels et les plus hauts responsables politiques connaissent très bien cette tactique qui est de donner au public un os facile à ronger, une thèse facilement médiatisable, des individus faciles à lyncher sans preuve... et détourner les gens de tout raisonnement exigeant, solide, rigoureux réclamant des arguments, du temps et une vision des choses claires.
    Pour AZF, quelques salariés et leur directeur d’usine ont été donné en pâture sur la base d’aucun élément matériel solide. Un sac de DCCNa quasiment vide découvert après 10 jours
    la catastrophe, bien en vue, jamais répertorié... et le tour était joué pour mentir aux Toulousains. Au bout de 8 mois, on mettait en examen 13 personnes sur la base d’une thèse argumentée avec une expérience truquée de la part de l’expert F Barat. Il sera dénoncé par d’autres experts et les personnes auront le non lieu excepté le directeur de l’usine.
    Pendant ce temps, les vidéos de la surveillance du voisin SEMVAT ne sont pas expertisées, les données sismiques officielles des réseaux nationaux ne sont même pas traitées scientifiquement, la vidéo de la gendarmerie de 13H45 n’est pas exploitée, les corps des victimes ne sont même pas photographiés sur leur lieu de découverte (certaines avaient apparemment fui de leur lieu de travail avant l’explosion d’AZF), le SRPJ n’a même pas chercher un nombre plus important d’enregistrements sonores et de vidéos, elle a gentiment demandé que EDF veuille bien lui donner ses enregistrements électriques dont beaucoup manquent à l’appel etc... etc...
    Les certitudes de la justice reposent sur un travail complétement orienté et notamment parce que le libellé de l’instruction de fin Septembre 2001 était déjà orienté sur l’unique piste accidentelle : « homocide involontaire par manquement aux règles de sécurité ». Elles sont au final très faibles et aboutissent naturellement à des relaxes. L’Etat et Total le savaient et entre temps c’est bien le verrouillage de toutes les autres pistes de recherche qui a été savamment entretenu. A la fois par l’omerta globale sur les informations précises et aussi par la caricaturisation de quelques thèses simplistes qui étaient facilement démontable.
    La justice est donc instrumentalisée... mais c’est aussi parce qu’elle le veut bien.
    Le carriérisme, l’influence des réseaux, la corrution même peuvent être derrière tout cela... aucun changement du système ne permettra une réelle avancée. Seule la transparence maximum, le débat, l’ouverture au public, la fourniture des données publiques, l’information juridique de la population, la liberté réelle des média, la compétence technique des journalistes peuvent garantir cette non instrumentalisation. Cela s’appelle Res Publica (La Chose Publique) et DEMOCRATIE.
    Internet est le seul espace pour cette affaire qui a pu ouvrir les portes et fournir des données. Il est de plus en plus présent maintenant mais seul, cet outil ne pourra pas grand chose.
    On ne sait encore rien des vraies origines de l’explosion... et pourtant le dossier judiciaire n’est pas vide. Il suffit d’ouvrir l’information pour que de réelles avancées aboutissent.


    • Croa Croa 25 novembre 2009 22:33

      Le commentaire de GRESILLAUD est complètement foireux ! Les gens qui connaissent le nitrate d’ammonium ne doutent absolument pas de l’accident.

      Ce produit est instable, certes mais extrêmement difficile à initier volontairement. Toutefois s’il est souillé un incendie peut provoquer un drame. Mélangé avec un combustible dans les bonnes proportions on peut même en faire des bombes fiables si l’on dispose de détonateurs puissants. Certains mineurs utilisent d’ailleurs souvent cette solution, encore plus sûre d’emploi que la dynamite.

      Bref, vouloir faire détoner volontairement le gros tas de matières explosibles brutes présentes dans l’entrepôt d’AZF à coup sûr était impossible. C’est donc forcément un accident ! Que l’initiation se soit faite en deux temps est une possibilité.

      Cet accident est dû à la négligence car le nitrate propre ne détone jamais même bombardé !

      En plus, un attentat ici, mais pourquoi faire ???


    • Firenza 25 novembre 2009 20:13

      Pour avoir quelques éléments de réponses plausibles sur cette affaire, voir le dossier complet sur GEOPOLINTEL dont particulièrement le dernier article :

      http://www.geopolintel.fr/article175.html

      http://www.geopolintel.fr/rubrique12.html


      • herbe herbe 25 novembre 2009 20:28

        Donc si j’ai bien compris d’après vos liens, la justice a bien fait finalement d’accorder le bénéfice du doute à l’accusé, même si tout compte fait on reste au milieu du gué parce que la thèse attentat ne peut ( manque de preuve où volonté délibérée ?) être envisagée

        ça donnerait un toute autre conclusion à cet article ...


      • Juju Dredd 25 novembre 2009 23:33

        Le jugement rendu va tout a fait dans le bon sens.
        Les enquêteurs avait pour instruction de prouver que c’était le fait d’une négligence de Total.

        Total n’est pas responsable de l’explosion elle-même mais est coupable d’avoir accepté de faire disparaître des preuves à la demande de l’état.

        On nous mène en bateau et la vérité ne sera peut-être connue qu’après 2051.


        • GRESILLAUD 26 novembre 2009 14:05

          La thèse des experts judiciaires est non seulement sans fondement car complètement en dehors des conditions réelles pouvant amener de manière chimique à une telle explosion (le tir 24 est truffé de conditions incompatible avec le cas du 21 Septembre 2001 comme par exemple l’hydrométrie de 10% du NA ou la superposition alternée de couches de Na et de DCCna inconcevable par déversement...) et ce tir, comme de nombreuses étapes des démonstrations de l’expert de la DGA Didier Bergues, n’a aucune valeur scientifique n’ayant subi aucun « contradictoire » mais en revanche il a ouvert la voie, si cette thèse officielle était fondée à la possibilité de créer de nouveaux types d’explosif peu encombrant à bas prix et avec retardeur programmable, bref justement un motif supplémentaire d’une autre cause qu’accidentelle. Mais avant même de cibler une thèse avec explosif, il faut déjà regarder le dossier (ce que vous n’avez pas du faire) et connaître tout l’environnement proche de ce hangar 221 pour s’apercevoir que la justice et même Total ont caché plein de chose :
          1/ La présence d’une ancienne conduite d’eau brute tout le long sous le tas d’ammonitrate
          2/ La présence d’une énorme trace au sol évasée à l’Ouest des lèvres du cratère partant vers le nord-ouest et filmée par la gendarmerie 3h après l’explosion mais dont la vidéo n’a jamais été étudiée. La société Cassin TP a reçu les ordres du colonel des pompiers Donin dès 15H pour créer un chemin artificiel effaçant cette énorme trace qui n’existait pas avant
          3/ D’autres points chauds ont eu lieu à côté au bât 224 qui a vu un incendie de palettes lui non plus pas étudié sur son origine exacte
          4/ La présence de perturbations électriques et électromagnétiques quelques secondes avant l’explosion sur la bâtiment RCU, justement dans l’axe de cette trace au sol
          5/ Et je ne parle pas de cette première explosion dont le bruit n’a été nié par personne mais qui trouve une justification par les experts complètement obsolète aujourd’hui (thèse unique au monde du bang sismique désavouée aussi par l’Académie des Sciences).
          etc... etc...
          Avant de soutenir bêtement la thèse des experts judiciaires et les mensonges honteux de quelques rares responsables du CNRS et du CEA Militaire, je vous invite à regarder le dossier et tout le dossier (les rapports des experts et des sachants de la défense mais aussi les témoignages, les données inexploitées et par la justice et par Total...)
          Je ne crois pas à la thèse de l’attentat direct et aussi pour les mêmes raisons que vous (faible importance de cette usine, de Toulouse et même de l’usine voisine SNPE).
          Et cette thèse de l’attentat ne répond absolument pas au problème de l’origine de la magnitude de 3.4 qui ne peut être associée au cratère d’AZF pour des raisons sismologiques bien précises et tout à fait démontrables depuis les tests sismiques de 2004, mais aussi pour des raisons dépendant des événements qui ont eu lieu en-dehors du site d’AZF et pas qu’en surface.
          Je n’exclue cependant pas la possibilité d’un sabotage d’un projet technologique qui devait avoir lieu en partie au-dessus du pôle chimique à l’heure de la catastrophe et qui aurait au des conséquences inattendues. Mais l’accident technologique aussi peut-être abordé. Cadre militaire ou pas, une grande partie des terrains militaires du pôle chimique ayant été vendus dans les années 80 à AZF et donc sous le contrôle de Total en 2001. Total qui a repris en main les casseroles militaires d’Elf en 2000 pourrait aussi être impliquée dans un projet au bord de cette usine. La présence avérée d’aéronefs inconnus en vol dans ce secteur au moment de l’explosion appuient aussi cette hypothèse du projet technologique attendu. Les alertes anti-terroristes de début septembre 2001 à la SNPE sont le meilleur prétexte à la présence appuyée d’une surveillance de tout le site bien pratique en cas d’activités discrètes sur et sous d’anciens terrains militaires. Le 11 septembre ne pouvait de plus qu’augmenter cette présence de contrôle même si étrangement l’usine AZF n’a pas été prévenue officiellement du plan vigipirate de la Préfecture comme les autres entités du pôle chimique.
          Bref... avant de salir l’honneur de ces employés du nord de l’usine AZF, fusibles bien pratiques que le juge Le Monnyer a eu la présence d’esprit de ne pas faire sauter au dernier moment, prenez connaissance de tout le dossier, du terrain et de tout ce qui manque encore à l’appel aujourd’hui.
          Les recherches sont loin d’être terminées maintenant et le Procureur de la Cour d’Appel n’est pas le Procureur de la République Bréard aux ordres du gouvernement socialiste de M. Jospin et de la présidence de M. Chirac.


          • autrement 27 novembre 2009 11:00

            Bonjour
            Je vous remercie du temps que vous avez pris à me lire et à me répondre.
            Mon propos ne portait pas sur le fond « technique » du dossier AZF (accident, attentat...) mais sur les limites du raisonnement juridique lié à la responsabilité, un jugement qui pourrait conduire (c’est le cas ici) à ne pas trouver de responsables si les liens juridiques précis (faits générateurs,, lien de causalité etc...) ne peuvent être établis.
            Un problème de fond apparait, un problème de nature sociétal plutôt, si on extrapole ce à quoi cela pourrait conduire, parce que nous allons connaitre de + en + d’accident (ou d’évènements pour rester plus neutre) d’origine industrielle complexe, et on risque de conclure régulièrment que personne n’est responsable, d’où situation d’irresponsabilité de fait, très pratique pour , notamment, de grands groupes industriels...
            Le combat du pot de terre contre le pot de fer n’est pas terminé, malgré l’existence de lois censées protéger ( de - en - hélas !) les faibles contre les forts !

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