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Accueil du site > Actualités > Société > Baccalauréat 2010 : et après ?

Baccalauréat 2010 : et après ?

Alors que les résultats du Baccalauréat tombent, il y a fort à parier que le cru 2010 se rapprochera encore de la fameuse barre des "80 % de réussite". Mais, depuis la publication d’ouvrages critiques sur l’Education Nationale (notamment ceux de Jean-Paul Brighelli), on sait très bien que les chiffres sont quelque peu frelatés, et ne reflètent nullement la réalité du niveau. Pire, ils peinent à voiler une réalité éducative à 40 vitesses, dans laquelle la valeur du diplôme dépend largement de la situation sociale et géographique du candidat. Un tel déterminisme empêche-t-il la révélation du talent lorsqu’il existe, y compris dans un milieu défavorisé ? Sans doute les conditions de l’égalité des chances, qui n’est pas l’égalitarisme, sont-elles loin d’être réunies. La dérive pédagogiste, aboutissant au nivellement par le bas à force de "valorisation" abusive de l’élève, y est pour beaucoup. Toutefois, elle ne saurait être la seule incriminée. Transmettre, qui est la fonction essentielle de l’école, c’est aussi faire passer certaines informations permettant de s’orienter avant et après l’examen. Or, nombre d’individus qui évoluent dans les classes moyennes (y compris des professeurs, justement) ne mesurent pas le fossé qui les sépare à cet égard des classes populaires. Pas seulement en termes de culture, mais également de "codes"...
 
Par "codes", il faut entendre certaines habitudes, certaines références, certains réflexes qui sont autant de signes de reconnaissance entre membres d’un même groupe : ne pas les posséder trahit en revanche le fait d’arriver quelque part en intrus (en raison de l’origine sociale, par exemple).On parle bien ici de "codes", pas de "savoirs". En d’autres termes, ce dont il est question cette fois, ce n’est pas du fait de posséder le niveau requis pour intégrer telle formation, mais d’autre chose, qui confine à l’arbitraire, et qui peut être un facteur d’exclusion. Je suppose que, lorsqu’on ne l’a pas expérimenté soi-même, on ne mesure pas à quel point ce genre de facteur peut freiner la progression sur un parcours, voire l’empêcher...
 
On est d’autant plus exigeant avec soi-même quand on sait où on va : c’est-à-dire quand on se représente clairement l’objectif à atteindre, à moyen et à long terme. Le petit garçon qui grandit dans le 8e arrondissement, qui a une soeur à Henri IV et un frère à Polytechnique, optimise ses chances de faire le meilleur parcours, et mettra probablement tout en oeuvre pour y arriver ; alors que le fils d’ouvrier qui évolue dans une ville moyenne de province, qui n’a jamais entendu parler des grandes écoles et ne sait même pas distinguer les filières entre L et S (personne dans son entourage pour l’éclairer), se verra très tôt bloqué sur le chemin de la réussite... En effet, il ne possède pas le "décodeur" ; surtout si ses seuls référents, dans sa famille ou dans son quartier, sont dans la précarité, au chômage... ou vivent de petits trafics...
 
Si j’écris "5. exf6 dxc3 6. bx3 xf6", j’emploie un code : intelligible pour les joueurs d’échecs (il sert à retranscrire le déplacement des pièces sur l’échiquier), mais incompréhensible pour le non initié, celui à qui on ne l’a jamais expliqué. Eh bien, écrire "L, S, HEC, X, Essec" relève de la même manière d’un code sans doute évident pour ceux qui connaissent un peu le monde de l’éducation, mais des plus obscurs pour ceux qui en ont toujours été exclus.La fracture sociale, qui se double d’une véritable fracture culturelle, n’est pas seulement affaire de savoirs et de capacités. L’élève auquel on n’a jamais expliqué à quoi correspondaient les différents sigles, sur quelles cases de l’échiquier éducatif les diverses filières débouchaient exactement, pourquoi telle option pouvait se révéler plus avantageuse, etc, se trouve dans la même situation qu’un individu qu’on inviterait à jouer aux échecs sans lui avoir expliqué au préalable les règles du jeu. Il se retrouve perdu, tenu à l’écart du centre de l’échiquier ; et pas forcément parce qu’il n’aurait pas pu devenir un bon joueur, mais parce qu’on n’a pas estimé nécessaire de lui faire partager le code initial. C’est cela, se retrouver outsider, pendant que les insiders, inconsciemment peut-être tant ils y sont habitués, s’échangent les clefs qui ouvrent certaines portes... ou pas. Il ne s’agit pas, évidemment, de dénoncer le fait que des fils des classes moyennes aient pu intégrer les grandes écoles, notamment Polytechnique... mais le fait que, peut-être parce qu’ils n’ont pas bénéficié de certaines informations, des fils des classes populaires qui en auraient eu la capacité aient été écartés de tels parcours. La division entre les initiés et les exclus viendrait alors, tout autant que l’argent, contredire l’élitisme républicain, qui doit se fonder sur le seul mérite...
 
Identifier un "bon" lycée sur une carte scolaire, se repérer dans le labyrinthe des "options" afin de la contourner (en toute hypocrisie), distinguer les filières : voilà autant de subtilités des plus obscures, et pourtant déterminantes, qui échappent à ceux qui ne sont pas dans le système. D’où un cercle vicieux : ce sont autant d’individus qui, plus tard, ne pourront pas transmettre de tels codes à leurs enfants. Et ces derniers pourront probablement compter sur une certaine suffisance du corps enseignant pour ne pas les leur communiquer : "Les intitulés des filières et ces histoires d’options, inutile de leur expliquer, ils doivent bien savoir ce que c’est...", ou encore "Inutile de leur parler des grandes écoles, de toute façon ce n’est pas pour eux...", etc. Quant aux pseudos "conseillers d’orientations", n’en parlons même pas, s’ils servaient à quelque chose... A cet égard, oui, il y a une capacité de quelques privilégiés d’"investir", un peu comme à la bourse, sur les meilleures valeurs, et d’en récolter au final les bénéfices... Simon Renucci, député de la Corse-du-Sud, a bien relevé le problème dans une question écrite au gouvernement, voilà quelques années :
 
"La réalité éducative favorise pour l’heure les élèves issus de familles averties, autrement dit celles qui sont capables de s’orienter parmi les différents parcours proposés..."
 
Certains professeurs entretiennent-ils une telle ségrégation ? Si c’est le cas, alors ils se livrent pour leur part à une sorte de "délit d’initié"... et s’apparentent à... des ennemis de classe. Les rares fils d’ouvriers qui ont pris "l’ascenseur social", pour le dire autrement, n’y sont pas forcément parvenus grâce à l’école... mais malgré elle. Et tout est dans la nuance.
 
Certes, les professeurs ne font pas partie des plus privilégiés, loin de là (et on peut certainement parler de "déclassement" à leur endroit). Il n’en conservent pas moins, par rapport aux fils d’ouvriers et de précaires, une position sociale dominante. Bien sûr, ils n’ont pas les moyens, comme les très hauts revenus, de dîner régulièrement au Fouquet’s, et vont plus souvent faire leurs courses au supermarché du coin... mais il n’est pas rare que ce soit la mère de l’élève exclu des meilleurs parcours qui tienne la caisse...
 
Soyons honnêtes : s’il faut saluer les "profs-résistants" qui, depuis des années, dénoncent une école à la dérive, beaucoup d’autres, en réalité, ont relayé avec complaisance les consignes les plus imbéciles pour "valoriser" l’élève "au centre du système"... Depuis 30 ans, ce sont bien eux les complices actifs du trucage des chiffres des examens, qui conduit en réalité à la dévalorisation du Baccalauréat : le jour des corrections, en effet, ce n’est pas l’inspecteur qui surnote, mais bien le correcteur devant sa copie. Et "obéir aux ordres", à cet égard, ne justifie nullement la perpétuation d’une mascarade privant le grand public d’informations fiables sur la réalité du niveau. Si les professeurs avaient vraiment voulu lutter contre la faillite du système, ils auraient très bien pu refuser d’appliquer des barèmes juste destinés à soigner les statistiques. Ca s’appelle "désobéir", tout simplement, pour ne pas céder à un Munich pédagogique. Comme l’écrit La Boétie dans son Traité de la servitude volontaire, le tyran tient son pouvoir du consentement du tyrannisé... et les recteurs et les inspecteurs successifs ont bien tenu le leur du consentement des enseignants eux-mêmes...
 
Si on filait la métaphore du monde de la finance, on pourrait dire que les "80% de réussite" représentent une sorte de "société-écran" servant à dissimuler les "malversations" (c’est-à-dire toutes les dérives, y compris en termes d’incidents violents, qui minent l’Education Nationale). Aussi le linguiste Alain Bentolila écrit-il avec justesse :
 
"[...] On trafiqua progressivement les examens [...] Et bien sûr, année après année, on diminua les exigences du bac pour en arriver aujourd’hui à cette parodie d’examen auxquels seuls les candidats semblent encore croire : ils déchanteront vite en s’apercevant du peu d’impact que ce diplôme a sur leur destin social." (Le Figaro du 1er juillet 2010)
 
Les collaborateurs de cet artifice, eux, peuvent en revanche conseiller leurs enfants (en allant jusqu’à les mettre dans le privé pendant qu’ils manifestent avec le SNES, quelquefois) à partir d’un réel échange d’informations professionnelles. Le François Bégaudeau d’Entre les murs est en quelque sorte emblématique. Voilà un fils de classe moyenne qui en possède les codes, et qui sait en jouer pour se bâtir un réseau parisien et "faire carrière" (oui, il y a quelque chose d’assez "entrée dans le monde au XIXe siècle", là-dedans). Il publie, crée une revue, récolte une palme d’or (!)... tout en cautionnant les thèses d’un Philippe Meirieu et la baisse du niveau. A ses élèves, il lance d’ailleurs "peu importe de savoir que Vienne est en Autriche" (réplique représentative de son refus d’instruire). C’est le démagogue par excellence. Et justement, cela signifie qu’il juge inutile de communiquer à une partie de la population (la plus modeste) certains savoirs et certaines informations. Il est en revanche heureux de les posséder pour son propre compte et de pouvoir les mobiliser. Comble du cynisme chez cet initié : il fait la montée des marches à Cannes avec ses élèves... en sachant pertinemment que ces derniers ne possèderont jamais les codes dont il se sert lui-même. Crime parfait, il parvient surtout à quitter son collège et à ne plus se retrouver devant ses "apprenants", après avoir passé son temps à les flatter... Il tire bien profit d’informations privilégiées qu’il se garde bien de transmettre à des individus étrangers à son milieu.
 
Alors oui, par définition, c’est là le "délit d’initié" auquel se livrent... de faux maîtres pour de vrais esclaves.
 
Daniel Arnaud
Auteur de Dernières nouvelles du front, choses vues dans un système éducatif à la dérive, Paris, L’Harmattan, 2008.
 
Retrouvez cet article dans sa version originale sur http://generation69.blogs.nouvelobs.com/

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14 réactions à cet article    


  • pallas 6 juillet 2010 11:14

    Apres le Bac,

    Et bien, devenir sans emplois, être SDF est une profession qui attire la jeunesse, sa n’est pas chose facile.

    Une profession qui cartonne, rester dehors toute la journée faisant une démarche commerciale pour obtenir 10 ou 20 centimes d’euro.

    Certains lyriques font de la musique, réclamant aussi quelques centimes d’euros.

    La profession de SDF a une branche philosophique, de grands orateurs dans le métro, racontant leurs vies.

    SDF un métier qui attire la jeunesse, les Bacheliers sont attiré par cette noble profession.

    Ceux qui ont fait des études d’arts, de Design, sont particulièrement attacher à bosser dans des petites librairies, qui de mieu pour conseiller un client sur la couverture d’un magasine ?.

    Les plus performant de la jeunesse, qui ont fait des études de Commerce, ont la chance de pouvoir sur le terrain de montrer tout leurs savoirs faire, Caissier(e) à Carrefour, ou à des postes dans les Mac Donalds, vendant des hamburgers.

    La Jeunesse en France n’est assurément pas abandonnée, elle est aimé, choyer.

    La France transmet de tendre valeurs a ces jeunes qui ne sont pas abandonnées.


    • mac 6 juillet 2010 11:47

       Le système semble parfois prendre l’eau de tous les côtés.

      Malgré les profs résistants, beaucoup d’autres enseignants semblent faire preuve d’une grande résignation.

      Je plains certains professeurs de lettres obligés de lire de façon détaillée des copies de brevet qui sont parfois incompréhensibles même en ne tenant compte que de la phonétique.

      Lorsque j’ai fait part de mon étonnement de voir présenter le petit chaperon rouge ou barbe Bleue au Bac de français, certains m’ont répondu que cela ne les choquait pas et que ces textes pouvaient être interprétés au seconde degré.

      Le problème c’est que si interprétation il y a, les candidats se contentent généralement de répéter celle de leur professeur.



      Il me semble, tout de même qu’il y a 20 ou 30 ans il eût été assez risible de voir présenter les contes de Perrault au Bac de français.


      • Pie 3,14 6 juillet 2010 16:09

        Vous faites un contresens à propos des 80%.

        L’objectif énoncé il y a une vingtaine d’années était d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau bac.
        Il n’est pas atteint puisque seulement environ 65% des classes d’âge y parviennent. Pire, le chiffre stagne depuis 10 ans.
        Quant au pourcentage de réussite, il est un peu supérieur à 80% ce qui est la moindre des choses compte tenu de l’écrèmage des élèves faibles en aval.
        Contrairement aux idées reçues, le système français est très sélectif, très anxiogène et ne laisse pas beaucoup de chances à ceux qui ratent une marche.


        • mac 6 juillet 2010 17:22

           @ Pie 3,14

          Non, rien ne prouve que le système français soit très sélectif. On peut plutôt le considérer comme une nébuleuse avec quelques filières sélectives généralement occupées par les classes les plus favorisées et un tas de filières post-bac qui sont de véritables voies de garage. De ce point de vue là, le système ne laisse pas beaucoup de chances à ceux qui ratent la marche et surtout leur lieu de naissance.
          En tout cas, on ne peut pas dire que le niveau des bacheliers augmente. Il fut un temps où avoir son bac signifiait avoir un minimum de culture et un niveau de langage évolué, on voit bien qu’aujourd’hui qu’il n’en est rien.


          • srobyl srobyl 6 juillet 2010 17:43

            un mot, un seul me vient à l’esprit : BRAVO !!! Et merci Dniel Arnaud pour cet article qui dénonce l’une des tares de notre système éducatif, verrouillé, et qui ne permet pas l’« initiation » aux codes que vous évoquez pour les jeunes issus des classes défavorisées. Des clubs, des clans, des cercles ...cercles vicieux, de sinon de l’échec scolaire, au moins du blocage à certains niveaux, faute de clés adéquates ; 
            Que dire par exemple de l’« égalité » des chances entre les candidats aux concours issus de Normale Sup et ceux qui viennent des facs de provinces ? Les premiers ont de super profs, dont certains d’ailleurs pondent les sujets...Comment n’auraient-ils pas « orienté » leur programme en fonction de leurs choix personnels ? 


            • Marc Bruxman 6 juillet 2010 19:39

              La destruction du niveau de l’éducation est un drame : 

              • On allonge la durée des études et donc le coût à la fois pour la société et pour les familles. Pour info, Le budget 2010 du ministère de l’Éducation nationale est de 60,8 milliards d’euros. Ce qui donne une information sur le coût de ce système. Si cet allongement de la durée des études profitait à l’élève et à la société, personne n’y trouverait rien à redire. Or, le niveau est en baisse. Ce qui veut dire que l’on paie plus cher, pour moins biens. 
              • Comment expliquer à un étudiant qui a fait Bac + 3 qu’il va finir aux caisses du supermarché ou à faire le ménage ? Une élimination du système au niveau du BEPC des éléments non adaptés diminue les coûts et évite les aigreurs. 
              Pour ce qui est de l’égalité du système, difficile de la rétablir tant il est vrai que la réussite dépend autant des qualités personnelles que du bon choix d’orientation. Mais une premiére chose à faire serait de ne plus créer de « diplomes pour faire plaisir ». Je reçois pleins de CV de certains BTS bidons (ne me faites pas dire ce que je ne veux pas dire, il existe de très bon BTS, mais il existe aussi certains qui forment des gens inemployables), voir de Masters bidons. On a pris deux ans de la vie de ces élèves, ils ont coutés à la société, et ils vont se retrouver inemployable. Mieux vaut qu’ils arrétent les études plutot que de se retrouver la dedans. 

              Enfin, il est urgent de remettre les Sciences au coeur du système, même si cela choquera certains. Qu’il s’agisse de l’ingénierie ou de la technique ou l’intérêt des sciences est évident ou de gestion, de finance, de comptabilité, les outils mathématiques employés sont de plus en plus poussés. Il est criminel de ne plus offrir aux élèves la possibilité de maitrisers ces outils avant le bac. 

              Le niveau d’un bachelier en trigonométrie s’est effondré, cela gêne l’apprentissage de nombreuses sciences, et de la technologie (électronique, mécanique, traitement du signal). Pourquoi a t’on accepté de transiger la dessus ? Mais sans aller aussi loin pourquoi donne t’on le brevet à des gens qui n’ont pas compris la règle de trois et la proportionalité ? Ne faut il pas associer des fondamentaux à un diplôme et refuser de le donner si ils ne sont pas atteints ? 

              Le bac se veut un examun de culture générale. Doit on donner cet examun à un élève qui n’a aucune idée même sommaire du fonctionnement des technologie qui l’entourre ? Car si en 1900 on pouvait surement faire avec quelques connaissances de base, aujourd’hui tous les métiers sont technicisés. Le producteur de spectacle moderne utilisera des installations vidéo, des lumières parfois complexes, des techniques de rigging (accrochage) évoluées. 

              Aux USA, les industriels commencent à se plaindre du manque de formation des élèves. Sans un niveau de Maths minimum de seconde (acquis pas donné dans une pochette surprise), impossible de travailler dans la plupart des jobs industriels restant. La plupart des chomeurs ne passent pas le test donné à l’embauche. 

              Il est criminel de ne pas donner aux élèves la formation à laquelle ils ont droit et de maintenir ceux ci à la garderie pour leur donner un diplome qui fait plaisir. 



              • LE CHAT LE CHAT 6 juillet 2010 23:19

                oui , on manque de techniciens en France !
                mon fils vient d’avoir le bac sti electrotechnique avec mention , ça va lui ouvrir de nombreuses portes pour l’avenir , je ne me fais pas de soucis pour lui !

                mais pour certaines filières , les débouchés sont inexistants , et l’éducation nationale est fautive de proposer des voies de garages ! smiley


              • Marc Bruxman 7 juillet 2010 19:03

                Effectivement je me souviens qu’il y avait un centre qui formait de bons CAP de tourneurs / fraiseurs dans ma ville. Officiellement ceux qui y allaient étaient « des nuls » (verbatim de certains crétins de profs dans le texte). Officieusement, zéro chomage, embauche avant l’obtention du diplôme (privilége réservé aux ingénieurs de certaines spécialités), bref la fête. Et pour ce qui est du salaire si on prend en compte qu’ils commençaient à travailler très jeunes, ils n’étaient pas si dégeulasse que cela. Même meilleurs que ce qu’auront beaucoup de diplomés universitaires plus tard. 


                Cessons de mépriser les métiers techniques et manuels. Et donnons une culture générale scientitique et technique aux autres. Le chomage baissera de lui même ! 



              • Mordax 6 juillet 2010 23:26

                Absolument d’accord sur un grand nombre de points, le plus important étant celui de la tricherie sur les notes pour faire écran de fumée et obtenir la paix scolaire. En mentant aux élèves, évidemment.
                Les premiers à entrer dans cette mascarade sont les chefs d’établissement, qui rehaussent artificiellement les notes. Ils sont suivis par les « commissions d’harmonisation », qui décident que sur telle zone, tel jury, tel établissement, il faut remonter tant de notes pour entrer dans la moyenne. Quelques professeurs marchent dans le coup pour ne plus subir la pression : être le seul à avoir des moyennes basses, ça fait mouton noir, il faut se justifier, notamment en 3ème où le brevet se « joue » (quel grand mot ! ) sur contrôle continu. Et les chefs d’établissments rendent des comptes pour leur carrière « au mérite ».

                Coupables aussi les parents, prêts parfois à négocier un demi point (comme leurs rejetons) plutôt que de les mettre au boulot, mais les premiers à se plaindre parfois qu’il y a trop de travail, trop de lectures.
                Coupables aussi les « projets », la dispersion perpétuelle, au lieu d’être en classe, les uns transmettant, les autres apprenant. Mais un projet permet de faire de la com’ dans la revue de l’établissement, et auprès du rectorat. Evidemment, les établissementss traditionnellement renommés n’ont d’autre projet que le programme, encore le programme, toujoiurs le programme, pendant que les autres font mumuse à faire de la photo, du cirque ou des ateliers hip -hop

                Résultat : à parchemin théoriquement égal , les élèves n’ont pas le même niveau. Les meilleurs bacheliers ont de la marge devant eux , les autres ont un titre qu’ils n’auraient jamais eu , n’ayant pas passé le cap de la 3ème, ne serait-ce que 15 ans plus tôt.
                 Un peu comme une course où l’on qualifie tous ceux qui courent le 100 mètres en 30 seconde. Tout le monde est qualifié, les uns poussivement, et c’est leur terminus, les autres sont près pur la finale où il faudra faire 10 secondes.
                C’est également là que jouent les codes, car certains se seront habitués à cette idée et n’auront pas vu une finalité dans le bac, se seront ménagé de la marge, auront pris toutes les options possibles, et auront été informé sur leur devenir après le bac. Là précisément où commence le jeu de quilles...


                • Erwan 7 juillet 2010 12:39

                  En tout cas mon bac je l’ai pas volé, 14 ans d’études du primaire à la terminale, être en classe 8 h00 par jour entouré de camarades pas toujours intéressants (pour rester poli), les cours de récréation glaciales l’hiver, les critiques de certains profs pas toujours justifiées, les devoirs saqués (royalement 11 en français une fois alors que je m’étais inspiré d’un corrigé).
                  Il est de bon ton de dire « le bac c’est rien » en répétant ce qui se dit comme des perroquets, ce qui a le don de m’exaspérer, certains disent ça alors qu’ils ne l’ont même pas. C’est rien quand on l’a au rabais après avoir rien fichu. Pas quand on on a travaillé tous les soirs jusqu’à 11h voir bien plus après s’être levé à 6h45 et qu’on a une mention. C’est rien les intégrales les suites numériques les vecteurs dans l’espace, la physique-chimie de très haut niveau, le niveau baisse moi je trouve qu’il monte plutôt pour certains bac élitistes, 40 vitesses oui c’est sur. C’est insultant pour ce travail scolaire de dire que c’est rien. Quel encouragement pour les collégiens ou lycéens qui entendent ce discours ! C’est quand même la base des études supérieures. Si c’est rien pourquoi on le passe ?
                  C’est pas parce qu’on le « donne » a tout le monde que c’est rien.
                  Je crois qu’on confond le fait que maintenant c’est insuffisant pour avoir un emploi dans une société toujours plus exigeante et concurrentielle avec le niveau du diplôme. Alors qu’autrefois même sans le bac on pouvait entrer dans une entreprise, gravir les échelons finir directeur et là on ne disait pas c’est rien. La vérité c’est qu’on en demande toujours plus pour parvenir au même niveau de revenu et on voudrait nous faire croire le contraire.
                  Vous reprenez les théories de Bourdieu sur les codes sociaux, théories intéressantes mais limitées, qui ne tiennent pas compte de l’inné et de l’acquis.
                  On est dans une société du paraitre et du fric obsédée par les grandes écoles, les cadres de grandes entreprise, ce qui s’inscrit dans une sorte de mégalomanie médiatique moderne dans laquelle il faut être star de télé réalité ou diplômé d’une grande école, cadre à 25 ans, milliardaire fondateur d’une entreprise internet à 30. On peut aussi réussir plus modestement à la fac et devenir médecin ou comptable, ce qui est déjà le haut de la société, non tout le monde n’a pas les capacités de faire polytechnique ou d’autres grandes écoles même si ce serait peut être souhaitable, "le chemin de la réussite" quel délire !. Polytechnique sinon rien.
                   


                  • Sinbuck Sinbuck 7 juillet 2010 18:36

                    C’est bien Erwan tu as une bonne défense...

                    On sent que tu as fait des efforts pour y arriver... au bac.

                     Il y a les élèves volontaires et d’autres qui ne font pratiquement rien, le nivellement par le bas imposé par les hautes sphères de l’éducation nationale est néanmoins une catastrophe.

                    Je trouve, en effet, que les élèves connaissent »plus de chose" mon="mon" mais="mais" cette="cette" connaissance="connaissance" est="est" anarchique="anarchique" orientation="orientation" pour="pour" par="par" -="-" but="but" les="les" en="en" tous="tous" genres="genres" dichotomie="dichotomie" passe="passe" point="point" de="de" vue="vue" et="et" surtout="surtout" dessein="dessein" vers="vers" le="le" capitaliste="capitaliste" occidental="occidental" la="la">

                     Dans le système, plus tard, tu trouveras d’autres argumentations pour essayer de jalonner l’état des lieux de notre société.


                  • Sinbuck Sinbuck 7 juillet 2010 18:40

                    En effet Marc, tu as raison... l’efficience scolaire n’est plus suffisante. Et pour cause !

                    C’est vrai qu’il manque un lien fort avec le milieu professionnel et ses activités. Mais le problème va au delà d’une simple adaptation technique des programmes à l’air du temps contemporain.

                    C’est vrai également que la règle de trois, en math, est un problème, certains élèves de terminale S (je suis prof de physique) ne savent pas forcement appliquer cette règle élémentaire ni même trouver l’équation d’une droite en comprenant que le coefficient directeur est un rapport de proportionnalité.

                    Mordax, je réitère : belle photographie...

                     Et oui, c’est ainsi ! Et pourquoi cela ?

                    Parce que certains intellectuels sur-alimentés par la pensée positiviste, des universitaires en sciences humaines et n’ayant jamais eu d’élèves en classe de lycée devant les yeux, pensent que la transmission du savoir dépend des « techniques codifiées et assimilées » par un mental non corrélés avec la « vrai vie ».


                    • Marc Bruxman 7 juillet 2010 19:14

                      « C’est vrai qu’il manque un lien fort avec le milieu professionnel et ses activités. Mais le problème va au delà d’une simple adaptation technique des programmes à l’air du temps contemporain. »

                      Le pire c’est que souvent les élèves aiment bien. J’ai souvenir d’avoir fait quelques initiations à la programmation à des plus jeunes volontaires et ils étaient clairement intéressés de voir comment les choses marchent. Peut être faudrait il d’ailleurs proposer à des pré-retraités du privé volontaires de venir donner quelques cours. 

                      « C’est vrai également que la règle de trois, en math, est un problème, certains élèves de terminale S (je suis prof de physique) ne savent pas forcement appliquer cette règle élémentaire ni même trouver l’équation d’une droite en comprenant que le coefficient directeur est un rapport de proportionnalité. »

                      Et le pire est qu’on va leur donner le bac. Ils ne sont pas complétement débiles je pense et beaucoup feront les efforts nécéssaires si ils savaient que ne pas savoir cela était éliminatoire. 

                      Et puis puisque vous êtes prof de Sciences je rajouterai qu’on ne fait plus assez de démonstrations. Je me souviens avoir recherché des années plus tard pourqoui j’appliquais bétement DELTA = b2-4ac et la suite lorsque je voulais trouver les racines d’un polynome du second dégré. J’ai appliqué des années cette formule sans savoir pourquoi. Je me suis posé la question un jour en prépa ;) La démonstration était je pense à la portée de l’élève que j’étais en première. Mais on ne me l’a pas donné. 

                      De même en Physique, je me souviens avoir eu un choc en arrivant dans le supérieur et en découvrant une nouvelle matière qui s’appelle aussi « Physique » mais qui ne ressemblait pas du tout à ce que j’avais fait avant. Et je crois que si l’on nous y avait préparé cela aurait non seulement facilité le boulot pour plus tard mais évité bien de mauvaises orientations. 

                      « Mordax, je réitère : belle photographie... »

                      Un bémol pour Mordax, la pédagogie par projets ca m’a beaucoup appris un école d’ingénieur. Et je pense que ca aurait pu me servir plus tôt. Mais c’était des projets en rapport avec le programme et avec des exigences pédagogiques fortes (note, ...). 


                      Parce que certains intellectuels sur-alimentés par la pensée positiviste, des universitaires en sciences humaines et n’ayant jamais eu d’élèves en classe de lycée devant les yeux, pensent que la transmission du savoir dépend des « techniques codifiées et assimilées » par un mental non corrélés avec la « vrai vie ».

                    • Axel de Saint Mauxe Nico 11 juillet 2010 12:47

                      Article claivoyant.

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