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Banlieues, Amiens et ... autres

Quand on arrive en ville ! Banlieues … sévir ou comprendre ? Révolte ou révolution ?

1978, Daniel Balavoine chantait : 
« Quand on arrive en ville
Tout l’monde change de trottoir
On n’a pas l’air virils
Mais on fait peur à voir »
 
2012, on ne regarde plus « Starmania » confortablement installé dans un fauteuil d’orchestre, on est au cœur du spectacle…
A qui la faute ? A la « racaille », bien sûr !
Mais s’est-on déjà demandé pourquoi « ils » agissent ainsi ?
 
« Nous tout c’qu’on veut c’est être heureux
Etre heureux avant être vieux
On n’a pas le temps d’attendre d’avoir trente ans
Nous tout c’qu’on veut c’être heureux
On prend tout c’qu’on veut mais en attendant »
 
C’est quoi être heureux ? Si l’on en croit la pub, c’est avoir une belle bagnole, le lecteur MP3 dernier modèle, le PC dernier look. Les réclames agressent les pauvres jusqu’au sein de leurs ghettos. Eux ils survivent avec une indemnité mensuelle du CPAS qui s’élève à 600 €, ou une allocation de chômage de 800 €. Je parle bien entendu de la Belgique, la situation étant comparable à celle de la France, mais j’ignore les chiffres exacts de nos voisins. Une personne isolée, sans voiture, doit pour se loger, se vêtir, se chauffer et se nourrir disposer de 1.000 € par mois. Pour moi, il s’agit là du seuil de la pauvreté.
 
Si on leur donne quelques miettes du gâteau, ce n’est même pas par charité, c’est pour qu’ils puissent les dépenser en achetant des produits souvent inutiles, vus sur le dernier « folder », mais dont l’acquisition permet à l’économie de fonctionner. Les décideurs croyaient également que ces aumônes allaient calmer le quart monde, satisfait de son sort.
 
On a fait croire aux pauvres qu’en réussissant dans le sport, ils allaient sortir de leurs cités comme Zidane ou Kompany. On leur avait donné une raison d’espérer. On leur racontait un compte de féée. Maintenant ils se rendent compte qu’ils ont été leurrés. On leur claque à la tête les revenus de Clijsters, Henin, Beeckam, Amstrong … On affiche le hit-parade indécent des grosses fortunes, Albert Frère, Solvay… Les abus de biens sociaux, les détournements de fonds de ceux qu’ils croyaient avoir élu pour les défendre les interpellent. Ils se disent que le fric existe, mais qu’il n’est pas pour eux. Il est réservé à la dynastie politicienne, qui remplacé la dynastie aristocratique. « On a pris la Bastille, mais cela n’a rien arrangé » (Jacques Brel).
 
« On agit sans mobile
Ca vous paraît bizarre
C’est p’t être qu’on est débile
C’est p’t être par désespoir
Du moins c’est ce que disent les journaux du soir
Quand on arrive en ville »
 
On s’insurge contre la violence. Mais où se trouve la violence ?
La vie dans les cités, c’est aussi la violence au quotidien :
La violence d’être en échec scolaire avant même d’avoir commencé ses études ;
La violence de se voir refuser tout emploi, alors qu’on a tous les diplômes nécessaires, mais pas les bonnes origines, ni les bonnes relations ;
La violence de devoir enchaîner missions d’intérim sur petits boulots, violence d’un travail d’esclave payé de miettes ;
La violence de devoir habiter des logements dégradés, inadaptés ;
La violence des brimades policières quotidiennes ;
La violence de couvre-feux et d’un état d’urgence digne de la guerre ;
La violence d’une société hypocrite qui ne laisse le choix qu’entre la résignation et la frustration.
Ce ne sont pas les jeunes qui sont violents, mais c’est la Société. Les médias, les hommes politiques disent qu’il faut leur redonner des repères. Comme Saint Exupéry disait qu’ « Il faut donner un sens à la vie des hommes ». Mais lequel ? Celui de la loi du fric, de la compétition et de l’exclusion, de la loi du plus fort ?
La révolte, c’est ce qui reste à ceux qui n’ont rien. C’est la dignité de celles et de ceux qui ne veulent pas d’une existence sans avenir.



par Vertenoeil Christian lundi 20 août 2012 - 7 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par ottomatic (---.---.---.148) 20 août 2012 16:23

    Bonjour !


    Le problème des banlieues c’est qu’a force de laisser la situation pourrir on en arrive à un point inextricable... et, à mon avis sans solution.
    L’angélisme qui transpire de la fin de votre article est à mon avis très dangereux : oui, la situation actuelle n’est pas la faute des pauvres qui y habitent... seulement une partie de ces gens ont parfaitement été formaté par la logique de ce monde : tout pour moi et à tout prix. Certes, la culture y est un peu différente de celle de sarkozy, on y préfère la BMW et la pute au couple rolex/bruni, mais la logique est la même : la fin justifie les moyens surtout si c’est pour moi. On trouve donc dans le rap toutes cette idéologie revendiquant violence, trafique de drogue et autre marché lucratifs. Et il va falloir s’en occuper de tout ces psychopates en liberté.
  • Par rienafoutiste (---.---.---.194) 21 août 2012 09:50
    Ronald Thatcher

    tout cela participe d’un plan : le remplacement de population !
    toutes ces racailles agissent par téléguidage des imams fous de dieu venus d’extrème-orient motiver nos neuneus de banlieue avec des discours de haine et d’insurection religieuse. Dans leur valise ils apportent les pétrodollars et la charia, le traffic de drogue convient aussi parfaitement à ces cinglés, pas de scrupule pour ceux qui veulent la guerre sainte...
    Ce n’est donc pas un problème de fric, c’est un problème civilisationnel, avec d’un côté les autoctones lobotomisés par le complexe médiaticopolitique (tout va trèèès bien !), et de l’autre une guerrilla qui aimerait balkaniser des quartiers entiers pour y faire appliquer la charia et contrôler leur traffic.
    Votre article est d’une naïveté criminelle, vous avez « les yeux grands fermés » comme dit Michèle Tribalat.

  • Par ROBERT GIL (---.---.---.101) 20 août 2012 19:22

    Les personnes extérieures aux quartiers mettent tous leurs habitants dans le même sac, alors que si une grande partie de ces populations a les mêmes aspirations qu’un citoyen lambda, ils partagent aussi la même dépolitisation et la même résignation. Et les caïds eux, n’ont pas du tout envie qu’ils s’y intéressent et aient l’idée de remettre le système en cause. Ces délinquants sont à mille lieux d’une pseudo révolution qui remettrait en cause les fondements de leur société.......
    Voir ci-dessous :
    http://2ccr.unblog.fr/2012/02/14/la-banlieue-et-nous/

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