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Big Brother est dans la foule

Sur le blog de Lionel Tardy (député UMP et un des principaux critiques de la loi Hadopi) un billet présente une photo de l’investiture de Barack Obama (du 20 janvier 2009). Sur cette photo à ultra haute définition, on peut distinguer en zoom maximal le visage de milliers de participants dans la foule. C’est tout à fait étonnant, allez jeter un œil ! Comme le dit le député « Une seule photo et la possibilité de "ficher" un million de personnes ! »

Un tel document peut faire penser à la surveillance de Big Brother. Dans l’œuvre de Georges Orwell « 1984 », le Parti unique a imposé des «  telescreen » (ou télécran dans la version française), sortes d’écran-caméra, dans tous les espaces de vie, publics comme privés, et qui ont la capacité de capturer les moindres faits et gestes de la population d’Océania (Big Brother is watching you). Pourtant, est-ce que ce parallèle est juste ?

Internet nous éloigne de Big Brother

Il se trouve que je viens de relire 1984. Même s’il est facile d’associer internet et toutes ses composantes de détection et de conservations des données (la détection des IP, les réseaux sociaux, la maîtrise des mots clés de recherche, … tous les éléments présentés par la CNIL) à une forme de flicage (comme vient de l’écrire Metro) il est clair à la lecture de « 1984 » qu’en réalité internet éloigne de la dictature Orwellienne plutôt qu’il ne nous en rapproche.

Voici trois éléments parmi d’autres :

- D’abord, l’Etat d’Océania maîtrise davantage ses citoyens par la destruction méthodique de tout passé historique, que par une observation constante via les télécrans. Dans le roman de science fiction, l’Histoire n’existe plus, le passé est systématiquement revisité à la lumière des décisions prises par le parti. Si l’on peut échapper aux télécrans comme le fait le héros de l’histoire, on ne peut pas échapper à cette éradication du passé.

A ce titre, Internet présente un visage complètement différent, puisqu’il permet une hyperconservation de toutes les strates d’actualité. Et une accessibilité par tous, à tout moment [b].

- Second élément de la dictature, la destruction des liens relationnels, qu’ils soient familiaux, amicaux, amoureux, … au profit d’une seule et unique relation avec l’incarnation du parti, Big Brother.

Inversement, internet a permis la floraison de multiples outils de socialisation (dont les réseaux sociaux ne sont qu’un des aspects) et d’expression, d’affirmation de son individualité, et du regroupement des individualités. La plupart des regroupements (blogs, groups, forums, …) fonctionnent sur le registre : « je suis unique, vous êtes uniques, formons le réseau des gens uniques ! » Derrière ce paradoxe, il y a une réalité qui fonctionne très bien sur le web.

- Troisième éléments, l’appauvrissement de la langue. Le Newspeak (ou novlangue) est créé pour permettre un encadrement du champ lexical, avec comme finalité de réduire l’expression de la pensée.

Sur ce plan encore, internet est plutôt générateur de nouveaux champs lexicaux. Et même si la richesse lexicale issue du web n’est pas encore reconnue par l’Académie Française, ce n’est qu’une question de renouvellement de génération [c].

Il est d’ailleurs symptomatique que dans les Etats totalitaires (cette fois ci bien réels) internet est toujours strictement encadré (voir par exemple un précédent article sur la censure internet à Cuba).


Vulnérabilité individuelle et force collective

Allons plus loin. Il me semble qu’à partir du moment où tout le monde à accès à tout ce que disent tous les internautes, la valeur des informations personnelles s’effrite. C’est comme si chaque internaute acceptait inconsciemment de se dévoiler sur internet, sachant que si chacun fait de même, la possession par des tiers de ses informations personnelles perdra de sa valeur. Comme s’il y aurait une neutralisation partagée, mutuelle et librement consentie. Comme l’a dit un des gendarmes interrogés par Metro, les gens râlent contre les données compilées dans les fichiers de la police (type Edvige), alors qu’ils en disent beaucoup plus sur internet.

Cette espèce de volonté inconsciente en rappelle une autre, qui est la base du contrat social. Le contrat social est le renoncement à une partie de nos libertés, ou droits naturels, en échange de lois garantissant la perpétuation du corps social. Le fait de vivre en société n’est-il pas celui d’accepter de limiter son espace de liberté, et chacun participant à cet effort, l’ensemble en ressort plus fort.

Internet me semble le terrain d’un nouveau contrat social où la société civile accepterait de se dévoiler, et chacun le faisant, de limiter ainsi l’appropriation par un tiers.

En d’autres termes, le contrat social (qu’il s’agisse de l’ancien ou du nouveau) reviendrait à échanger (volontairement ou non) une augmentation de sa vulnérabilité individuelle contre davantage de cohésion, d’efficacité du groupe, donc de force collective.


Sur-informer est la meilleure manière de se protéger

A ceux qui penseraient que l’abondance d’information sur une personne ou une entrepris est une faiblesse, il faut rappeler les bases de la gestion des informations. Mon métier de veilleur me donne une certaine légitimité pour affirmer qu’il n’est pas de veille plus difficile que celle qui se porte sur une entreprise ou un sujet sur-documenté.

La sur-information est même une des 3 techniques de « manipulation » (sans connotation négative) des informations : la première étant bien sûr de ne rien publier (sous-informer). La seconde de publier des choses fausses (des-informer). La troisième étant de sur-publier pour noyer le lecteur et cacher les choses importantes qui pourraient être publiques (sur-informer).

Des trois techniques, la dernière est la plus efficace pour des raisons simples : La première technique est difficile à mettre en œuvre car il est impossible d’assurer une cloison étanche entre ceux qui savent (un conseil d’administration, des actionnaires, …) et le public. Les fuites sont inévitables. Et ne rien publier est toujours suspect. La seconde est dangereuse, et peut être (selon le niveau de desinformation) illégale. La troisième est facile à mettre en œuvre, légale, et terriblement consommatrice de ressources pour les veilleurs qui doivent extirper l’aiguille de la bote de foin informationnelle. [d]

Pour conclure sur la photo qui a initié cet article. Celui qui a pris la photo, l’a mise en ligne, et chacun y a accès. C’est une métaphore du meilleur moyen de limiter l’émergence d’un Big Brother. Puisque nous pouvons tous être Big Brother, personne ne le sera. Le nouveau « contrat social internet » contient en lui-même sa propre régulation.

Jérôme Bondu
http://www.inter-ligere.net/


Notes et références :
Voir la photo. Voir le billet de Tardy

[a] Cette photo est construite à partir de 220 photos.

[b] Cela peut néanmoins être relativisé : Ceux qui possèdent les outils de stockage, possèdent le contenu. De même ceux par qui on retrouve les informations (je parle des moteurs de recherche) ont les moyens de censurer ou mettre en avant ce qu’ils veulent. D’où l’importance à mes yeux d’un moteur de recherche européen pouvant concurrencer intelligemment l’américain Google. La volonté européenne n’a-t-elle permis de se passer de Boeing pour le transport de passagers en créant Airbus ? C’est l’objet du moteur Quaero, le moteur de recherche européen.

[c] Là encore, on peut nuancer mon propos. S’il y a beaucoup de gains… il y a aussi beaucoup de pertes. Le bilan est certainement positif dans certains domaines (sciences dures, codes liés au web, certaines conventions comportementales). Et certainement négatif dans d’autres (codes comportementaux plus traditionnels, expression des sentiments, …).

[d] Attention, le fait que la surinformation « protège », n’enlève en rien le devoir de vigilance ! Cela ne justifie en rien les accès d’impudeur sur internet, et notamment sur les réseaux sociaux. Poster les photos de sa dernière beuverie n’a aucun sens. J’ai présenté cela dans un livre blanc sur « l’impact des réseaux sociaux ».

L’extrait sur le contrat social est de Wikipedia.

par Jerome Bondu (son site) jeudi 23 avril 2009 - 23 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par chlegoff (xxx.xxx.xxx.80) 23 avril 2009 11:28

    D’abord, l’Etat d’Océania maîtrise davantage ses citoyens par la destruction méthodique de tout passé historique
    Soyons réaliste, le niveau de connaissance générale des jeunes et plus particulièrement de l’histoire est très limité et très orienté.

    la destruction des liens relationnels, qu’ils soient familiaux, amicaux, amoureux, … au profit d’une seule et unique relation avec l’incarnation du parti, Big Brother.
    Le fait est que depuis quelques décennies dans nos sociétés occidentales les liens familiaux se sont disloqués au profit d’individualismes consuméristes. Le modèle sociétal y étant certainement pour quelque-chose. Remplaçons l’expression Big Brothers par les expressions Marketing et Communication et nous pouvons facilement traduire en lavage de cerveaux collectif.

    l’appauvrissement de la langue.
    Je dirais plutôt appauvrissement du langage. L’aptitude à communiquer avec ses semblables sans canaux intermédiaires induits par la technologie est devenue moins spontanée chez les jeunes. La masse d’information à assimiler nuit au temps de réflexion. L’agressions omniprésente de la publicité et tous les stimulus psycho-sensoriels qui l’accompagne Ce sont des pistes, et il en existe certainement beaucoup d’autres, qui indique un appauvrissement du langage représentatif au profit de stratégies sensorielles satisfaisantes pour l’individu.

    internet a permis la floraison de multiples outils de socialisation
    Tant que la neutralité d’Internet est respectée. Je vous renvoie à l’HADOPI ou d’autres mesures de surveillance ou de censure d’Internet dans le monde, pour constater que rien n’est acquit dans ce domaine.

    Quand au reste de votre article, intéressant cependant bien que je ne partage pas votre optimisme, concernant la sur-information elle développera l’esprit de synthèse des générations futures au détriment du temps de réflexion.

    Que vous l’acceptiez ou non, les technologies actuelles et à venir sont particulièrement efficaces dans une société de surveillance généralisée des populations. Les techniques de marketing (analyse des comportements et satisfaction factice des besoins) sont également particulièrement efficaces. Ce qui compte dans la société de consommation et de l’information ce n’est pas la censure mais la façon dont est présenté le message. Le contrat social auquel vous faites allusion, qui redevient très à la mode ces jours-ci au sein de l’UMP et consorts, n’est rien d’autre qu’un argument développé par une minorité qui a compris comment s’approprier le pouvoir par les moyens de puissance et de coercition. (dixit Freud). L’inquiétude de Big-Brother est plutôt d’avoir commis l’erreur de laissé se développer Internet sans contrôler suffisamment l’outil. Je vous rassure l’arme principale de Big Brother reste le capitalisme qui contrôle nos relations sociales et nos émotions.

  • Par Lapa (xxx.xxx.xxx.139) 23 avril 2009 12:14
    Lapa

    je ne suis pas complètement d’accord avec votre vision des choses. Vous idéalisez trop internet comme réponse à toute la problématique de 1984.

    Le constat est juste, pour contrer 1984 il faut retrouver ses liens familiaux et sociaux, avoir l’esprit ouvert à la reflexion et retenir l’histoire passée.

    Ce n’est pas forcément dans Internet, cette virtualisation du lien social (qui, souvent ne se résume qu’à facebook, ou un blog, c’est à dire de l’exhibisionisme social sans intérêt et quelques communautés où l’on ne connaît même pas les trois quart des gens présents...), doublé d’un media parfaitement propice à toutes sortes de manipulations qui permettra cela.

    Il faut reconstruire des liens physiques réels avec ses proches (voisins, familles, amis (et pas ami de facebook...) et s’ouvrir à notre histoire et patrimoine. Il faut s’impliquer physiquement dans ses idées et rester au contact des choses et des gens. Internet ne favorise pas forcément l’empathie et reste quelque chose de foncièrement individuel comme expérience, car utilisé individuellement par une foule d’anonymes. Internet n’empêche nullement l’acculturation et la perte du langage : voir l’utilisation récurrente de la novlangue sur le net, comme dans tout autre media.

    internet reste un très bon outil, ne lui jetons pas la pierre, qui permet de se détacher de la télévision entre autre, mais il faut faire attention à ne pas s’imaginer que ce réseau est exempt des défauts cités plus haut.

  • Par Neozenith (xxx.xxx.xxx.131) 23 avril 2009 15:37

    J’ai envie de compléter vos propos, mais dans le sens inverse.
    Votre métier de veilleur vous permet d’affirmer que la sur-information empêcherait l’émergence d’un big brother, qu’une personne contrôle toutes les autres.

    Mon métier de gestionnaire de bases de données / statisticien me dit parfaitement le contraire. La sur-information, même si elle empêche d’avoir des informations précises sur une personne précise, permet d’établir des statistiques toujours plus nombreuses et plus fines sur des catégories de personnes. Les réseaux sociaux ne noyent pas l’information, au contraire, ils la concrétisent et permettent d’établir comme un portrait robot quantitatif et qualitatif de la population. Et c’est justement connaître ces informations qui permet de cibler des portions pour les rendre maléables.
    Pour illustrer mon propos, c’est exactement ce que font les grandes surfaces avec les cartes de fidélité. La sur-information y est représentative : toutes les offres, publicités, les agencements des rayons, etc sont des conséquences de l’exploitation de données en apparence anodines et inutiles, mais qui combinées permettent de contrôler le comportement de nombreuses personnes : "tiens, une offre sur tel produit que je ne consomme jamais. Bah, c’est l’occasion d’essayer". Et voilà, vous n’avez pas l’impression d’avoir été influencé ou manipulé, et pourtant... Vous n’avez pas été ciblé personnellement (encore que les techniques actuelles tendent vers ce modèle), mais vous avez été victime de ce système.

    Imaginez ce système appliqué à un réseau tel que Facebook...

    Le but final de big brother n’est pas d’avoir une liste exhaustive de chaque personne, mais bien de manipuler la population entière... Et là où "1984" se trompe peut-être, c’est qu’il n’est pas nécessaire d’établir un contrôle individu par individu pour contrôler tout le monde...

    Alors non, Big Brother n’est pas dans la foule, Big Brother contrôle la foule comme un unique individu.

    "Le meilleur des mondes" représente mieux que "1984" ce vers quoi on risque de se rapprocher : Une population divisée en 5 ou 6 classes, chaque individu étant assimilable et assimilé à l’une de ces classes.

  • Par Ungh (xxx.xxx.xxx.9) 23 avril 2009 23:41
    Ungh

     Bien évidement que nous ne sommes pas dans "1984" avec l’internet actuel puisque c’est un réseau encore assez ouvert. Mais ce roman ne parle pas que d’un réseau, c’est aussi une organisation de société.

     Regardons alors la France démocratique et rappelons nous quelques anecdotes qui parsèment le quotidien :

    - Prenons les 58 fichiers existants aujourd’hui(environ 40 en 2006 ).
    - Prenons le fichier base élèves qui fiche pour 35 ans les gosses sans demander quoi que ce soit à qui que ce soit et certainement pas les parents.
    - Les nouvelles pièces d’identité biométriques dans lesquelles 8 empreintes digitales sont demandées, que l’on ne peut refuser qui vont s’imposer d’elles mêmes puisqu’on aura plus le choix et qui sont stockées je ne sais où.
    - Plus de caméras partout, dans les rues et même en projet dans les écoles.
    - Prenons le cas Julien Coupat qui reste en prison principalement sur la base qu’il aurait écrit un livre et par extension examinons les lois d’exception anti-terroriste.
    - Nicolas Princen ainsi que l’appel d’offre de Xavier Darcos afin de "regarder" internet, ce qu’il s’y dit du gouvernement, de l’état, de Nicolas Sarkozy.
    - Prenons les descentes dans les écoles qui passent relativement inaperçues, comme à Vendres ou Marciac. Ou bien de plus discrètes quand on cherche les auteurs d’un blog dans un collège. Si un enfant de trois ans est "comme il faut". Et encore la façon de "s’assurer" que des évaluations scolaires se déroulent bien.
    - La liberté de la presse comme pour pour Rue89, Moapress, les journalistes de France Television,
    - Une police au service du citoyen avec 1% de la population passé en garde à vue en 2008 ( +55% en huit ans ) à tel point que des collectifs se créé pour surveiller la police. La culture du chiffre somme toute. Entraves à la circulation avec des actions contrôle de la population, on ne sait jamais, des fois que Ben Laden trainerait à Lyon.
    - Casse du service publique. Casse de la justice. DGRPP. Négation du référendum de 2005. Abandon de l’état pour les États Unis d’Europe, puis pour les USA. (2015)
    - Nous sommes en guerre contre le terrorisme, un ennemis invisible et insaisissable, inidentifiable et on a des morts. A noter que Ben Laden et Al-Quaida ne sont pas recherchés par l’Europe au 16 juillet 2008.
    - La richesse d’internet linguistique de l’internet ne dépend que des sites que vous visitez. Aller donc la voir du côté de trucs populaires chez les jeunes pour vous en rendre compte. Des Skyblogs, du World of Warcraft, du MSN ( maintenant disponible sur portable oué ! ).
    - La Novlangue est déjà utilisée. Regardez le best of de monsieur Lefebvre ou un portrait de Notre Bien Aimé Guide vieux de 2 ans déjà. La façon de retourner le discours, de dire et de se contredire, de changer la réalité. Quand on qualifie tout et n’importe quoi de terrorisme, quand on falsifie les citations, quand on présume coupable les présumés innocents, ...
    - Pour HADOPI, je le voie comme les prémisses de la mise sous tutelle d’internet. Un prétexte bidon pour tester techniquement le filtrage du net. Rien que l’installation du mouchard payant de l’état pour se faire espionner, le comble du cynisme, est une invitation au servage, pour n’avoir rien à se reprocher. Justifié évidement par une noble cause, la défense des artistes, mais après ? N’oublions pas que qu’Internet est aussi un repère de terroristes (tiens les revoilà eux ), de pédophiles entre autre, mais ça, monsieur Lefebvre le lobbyiste ( en video ici ) ne l’a pas dit.
    - Etcétéra ...

     Nous voyons la toile par la lorgnette de notre confort français. Nous pourrions aussi déchanter nous nous posions la question de cette liberté par rapport à la version chinoise de du réseau. Sur son contrôle institutionnalisé par le parti ( unique évidement ), sur les sites interdit / bloqués et la liberté d’opinion qui y règne. Nous pourrions aussi nous poser la question de la collaboration de certaines sociétés dans la délations de blogueurs n’étant pas vraiment d’accord avec les vues du parti au pouvoir ... et de voir qu’Internet peut alors devenir un formidables outils de contrôle et de repérage de "dissidents", "déviants" face aux naïfs qui pensent être anonymes sous couvert d’un pseudonyme. Internet n’est pas neutre selon que le gouvernement le veuille ou pas. Les premières attaques judiciaires françaises afin d’avoir des IP contre Dailymotion, Youtube et Facebook vont dans ce sens.

     Mais rassurons nous, nous sommes toujours en démocratie, nous avons le droit de vote, nos dirigeants nous aiment. Je verrais plutôt "le meilleur des mondes" comme orientation future.

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