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Accueil du site > Actualités > Société > Bobos : pourquoi tant de haine ?

Bobos : pourquoi tant de haine ?

Peu de figures sociales suscitent autant de sarcasmes et de détestation. Livre après livre, article après article, le bobo est invariablement ridiculisé, accusé de tous les travers et… copieusement injurié. Sur le ton de l’humour ou du premier degré, on lui reproche d’être hypocrite, tiède, faussement généreux... En un mot, le bobo serait un vrai bourgeois et un faux bohème. Rien de bien dramatique si, derrière cette critique en règle, ne se profilait le rejet d’une idéologie très postmoderne.

Né de l’union entre le « bourgeois » et la « bohème », le bobo semble très actuel. Contrairement à l’intellectuels et à l’enseignant, qui auront marqué l'histoire des deux derniers siècles, le bobo maîtrise un savoir utile et opérationnel. A l’inverse des chefs d’entreprise, il fait partie de l’immense masse du salariat. A la différence de l’ouvrier, doublement victime de la désindustrialisation et de la chute du mur, mais aussi moins fréquentable depuis qu’on le soupçonne de voter FN, il incarne la domination du secteur tertiaire sur les économies modernes. Pour toutes ces raisons, on pourrait percevoir le bobo comme un figure sociale de plus. Mais en y regardant de plus près, cet archétype tente surtout de concilier des caractéristiques sociales jusque-là considérés comme antinomiques.

Le rêve de la minorité représentative

Peut-on symboliser une société et faire partie d’une minorité privilégiée ? Sans être une catégorie dument répertoriée par l’INSEE ni un bourgeois tout à fait comme un autre, le bobo fait partie des CSP+ et cette appartenance suffit à le différencier de l’immense majorité de la population active. Plus encore, le bobo exerce un métier valorisant et entretient avec son travail une relation passionnée qui, là encore, le distingue de la masse laborieuse. Or ce double privilège du revenu et du statut ne l’empêche pas de résumer à lui-seul la société de communication, en lieu et place des ouvriers et de la classe moyenne. Pour l'immense majorité, la pilule a logiquement du mal à passer.

Le rêve de l’argent solidaire

Peut-on avoir de l’argent et être de gauche ? A droite, et moyennant quelques réserves traditionnellement liées à la religion catholique, l’argent est considéré comme la juste récompense du travail. A gauche, les plus modestes considèrent que la droite c’est l’argent. Et inversement. Ceux qui disposent d’un bon revenu et votent à gauche ne partagent évidemment pas cet avis. L’argent est vécu comme un moyen et non comme un signe de reconnaissance. Le bobo met ainsi un point d’honneur à entretenir un rapport raisonné (crispé, diront certains) à l'argent et distancé à la réussite. Il aime ainsi rappeler normal de payer des impôts quand on gagne bien sa vie. En est-il réellement convaincu ? A la limite peu importe. C’est une différence suffisamment notable avec la droite pour être soulignée.

Le rêve de la gauche de centre droite

Peut-on être de gauche et envisager de voter à droite ? A la fois privilégié et progressiste, le bobo se sait à la croisée d’intérêts contradictoires mais milite en faveur d’une vision pacifiée des rapports sociaux. Le bobo peut parfois verser dans des discours d’extrême gauche et adhérer à la cause environnementale, il n’en est pas pour autant un adepte du grand soir, ni un militant de la décroissance. Sa conviction : la croissance ne résorbe pas les inégalités. Elle les accroît. Son rêve n’est que la conséquence de ce constat et le refus : concilier une société solidaire et tolérante avec une économie libérale. Rien d’étonnant dans ces conditions que le bobo ait voté Lionel Jospin en 1995 et 2002 mais fortement hésité entre Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Ségolène Royal avant de s’enthousiasmer pour Dominique Strauss Kahn. A gauche, donc. Mais pas systématiquement.

Un rêve de paix dans un monde de brute

Certains diront que le bobo n’existe pas. D’autres aimeront l’idée qu’un bobo sommeille en chacun (quoi que plus ou moins selon le revenu). Et tous auront raison. Avant d’être une remise en cause du bourgeois arrogant, rétrograde ou réactionnaire, le bobo incarne une nouvelle idéologie : celle d’une société pacifiée. Une société se donnant pour objectif de concilier les intérêts contraires. Une société où le vote de classe n’aurait plus lieu d’être et où l’affirmation d’un centre politique regroupant les meilleures volontés reléguerait le clivage droite gauche et ses oppositions traditionnelles au rang d’archaïsmes. Une société où la notion de différence l’emporterait sur celle d’inégalité, où la notion de lutte et de rapport de force céderait la place à celle de la tolérance et de respect.

Utopie pour quelques uns, provocation pour beaucoup d'autres

Que cette vision très postmoderne (il n’y aura plus de révolution, l’histoire est finie) puisse susciter l’adhésion ou le rejet n’a rien de très étonnant. Qu’elle soit adoptée par une classe plutôt jeune, privilégiée et branchée sur le monde, va de soi. Qu’elle suscite largement la critique en ce qu’elle parait ignorer les difficultés sociales et les divergences d’intérêt des groupes sociaux, non plus. Pour beaucoup, le bobo est une imposture. Une pure provocation face à la dureté des réalités sociales. A chacun de se déterminer. Une chose semble ne pas devoir faire de doute : la figure du bobo est bien moins superficielle, beaucoup plus complexe – et somme toute moins innocente – qu’on ne pourrait l’imaginer a priori…

Franck Gintrand

Sur le même sujet : Retour sur les « bourgeois-bohèmes » et leur contradictions – Rue89

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53 réactions à cet article    


  • Blé 22 octobre 2011 07:44

    Qu’est-ce que c’est un « bobo » exactement ?

    L’article serait plus clair si l’ auteur nommait un chat un chat : la France est composée de plusieurs catégories socio-professionnelles, on trouve des « bobos » même dans les associations de culture populaire qui elles sont sensés s’intéresser aux gens « modestes » ayant un revenu modeste.

    Le terme « bobo » concerne peu de monde mais on en parle comme si on en rencontrait à tous les coins de rues et tous les coins de champs, encore une « illusion de la représentation » qui trouble la réalité.


    • bluerage 22 octobre 2011 09:09

      Le bobo c’est l’image même du donneur de leçons, l’hypocrite qui dit « faites comme je dis mais surtout pas comme je fais »

      Le bobo on le voit dans ce reportage : des mères de famille qui ne veulent pas mettre leurs gosses dans les écoles de la Goutte d’or car il y a trop de « primo arrivants » (comprendre jeunes des cités incultes et violents) mais qui le regrettent forts car elle se proclament « vraiment de gauche ». Bref, donneurs de leçons qui ne s’appliquent pas à eux mêmes leurs solutions miracles


      • Lutin Lutin 22 octobre 2011 13:04

        J’ai une voisine qui met ses enfants dans le privé à cause, je la cite, des « ouèches-ouèches qui foutent le bordel dans le public que même les enseignants les plus stricts n’y arrivent pas et sont au bord de la dépression » mais qui ajoute de suite après « j’en ai mal à la gauche, moi qui en fais partie, mais l’avenir de mes enfants ....vous comprenez ..... »

        oui j’ai compris, j’ai compris toute l’hypocrisie des bobos ......


      • Guit'z Guit’z 23 octobre 2011 15:26

        Le bordel à l’école de la république multiculturelle est une réalité, et sur ce coup-là le bobo a plutôt raison, même si sa tartufferie n’en est que plus éclatante...
        Non, là où il devient ignoble, c’est qu’après avoir déserté l’école des beaufs, il continuera à célébrer l’immigrationnisme qui nuit tant à la cause du peuple, c’est-à-dire à la vie des prolos.


      • gaspadyn gaspadyin 22 octobre 2011 10:33

        Le bobo c’est/ s’identifie à/peut être identifié aux PARASITES suivants ( liste non ehaustive)

        lipietz, cohn bendit, jouyet, kouchner, attali, minc, élie cohen, bové, chatel, séguéla,dumas, strau$$, ...

        La différence fondamentale n’est pas la fracture traditionnelle entre G et D, c’est pourquoi des VIP de la tzarkocrature sont aussi des modèles de la boboïtude.

         


        • oncle archibald 22 octobre 2011 10:40

          Le bobo ne se rend même pas compte qu’il ressemble aux « dames patronesses qui tricotent en vert caca d’oie pour reconnaître ses pauvres à soi ». C’est une véritable catastrophe.

          Et d’ou l’auteur a t-il sorti celle là : « Il (le bobo) aime ainsi rappeler normal de payer des impôts quand on gagne bien sa vie. En est-il réellement convaincu ? A la limite peu importe. C’est une différence suffisamment notable avec la droite pour être soulignée. »

          Mais dans les années 60 il y avait la droite au pouvoir et une tranche d’ISR à 60% et je n’ai jamais entendu ceux qui y étaient assujettis raler autrement que pour la forme, exactement comme les « bobos » d’aujourd’hui. Ce que tous oublient de dire c’est que  l’ISR, esrt le seul impôt réellement juste puisque par tranches progressives. Sur les premiers 20 000 euros de son revenu, le bobo comme le cadre moyen, comme le richissime, paie le même taux. Il n’y a donc aucune raison de hurler lorsqu’on vous prend 60% de ce que vous gagnez pour la tranche à 60% dans laquelle beaucoup d’entre nous aimeraient payer une partie de leur écot.

          Alors que la TVA sera très probablement augmentée à peine l’élection de 2012 passée, quel que soit l’élu. Sarkosy, honte à lui, augmente les taxes de toutes sortes alors qu’il faudrait au contraire limiter voire supprimer les taxes (notamment les honteuses CSG et CRDS à taux fixe) et augmenter les prélèvements proportionnels aux revenus.

          Bobos ou pas, gauche ou droite ou centre au pouvoir, c’est la seule façon d’illustrer la « fraternité » de notre devise républicaine. J’en suis désolé pour eux si ça les amène à différer l’achat de leur prochain gros 4x4 ou à renoncer à un WE à Deauville.

          J’ajoute que le seul qui avait clairement proposé ce deal lors de l’élection de 2007 était François BAYROU, qui voulait aussi créer des tranches dans l’ISF.

          • Claire29 Claire29 22 octobre 2011 10:40

            Je suis d’accord avec bluerage,
            ces donneurs de leçon sont en plus d’une arrogance souvent insupportable !
            Ils suscitent peut-être des sarcasmes mais il ne faut tout de même pas exagérer,
            ils ne sont pas plus maltraités dans les médias,les partis politiques où ils sont
            bien représentés surtout à gauche que certains groupes minoritaires désignés à la vindicte populaire avec la complicité des médias !
            Mais là silence !


            • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 11:08

              Le problème des Bobos c’est qu’il ressemble fortement à de grands gosses riches.
              Ils nourissent un reve, celui d’un monde meilleur, que la majeur partie des Francais ont appris à banir. Ils sont agassants pour leur naiveté, et exaspérants par leur inconsequence....
              En fait le réel problème du Bobo, c’est qu’il s’exprime souvent sur des sujets qu’ils ne connait pas, lui le privilégié, avec véhémence, et même si cela part d’un bon sentiment, c’est insultant pour celui qui subit le monde...
              Le bobo, cet eternel petit gosse de riche, jalousé par les pauvres, alors qu’ils réveraient que ceuxci les acceptent comme étant des leur car compatissant, mais pas du même niveau social.
              Cet espèce de complaisance alliée à une logique bourgoise pure, peut être parfois percu comme un crachat au visage de l’ouvrier, alors que l’effet escomté est souvent l’inverse.


              • docdory docdory 22 octobre 2011 11:23

                - Le bobo organise des barbecue halal à la kermesse de l’école, mais finira par déménager si la boucherie charcuterie de son quartier, qui lui sert un excellent pâté de tête maison, et un jambon à l’os qui vaut le voyage ( recommandé par Petitrenaud ), est rachetée par une boucherie charcuterie halal qui ne sert plus que des saucissons de mouton et d’insipides tranches de blanc de dinde en lieu et place de ces bonnes cochonnailles.

                - Le bobo déclare sentencieusement que les musulmans ont « besoin » de lieux de culte ( confondant là le désir avec le besoin ) et que la République laïque doit les financer ( ce que le bobo appelle « laïcité ouverte » ) sous le prétexte fallacieux que les musulmans sont pauvres et ne peuvent se financer eux-mêmes des mosquées. Néanmoins, le bobo tomberait à la renverse si, en face des fenêtres de son loft, venait à être bâtie une mosquée avec minaret et réveil tous les matins à cinq heures par un « allah akbar » tonitruant psalmodié par un mégaphone nasillard ( ce qui réduirait la valeur à la revente de son loft, acheté à prix d’or, à zéro ou presque ! )
                - Le bobo peste régulièrement contre le fait que sa capitale régionale n’a pas d’aéroport, et s’engagera néanmoins dans une association de défense contre le bruit si d’aventure on envisageait d’en construire un à moins de 10 kilomètres de sa maison.
                - le bobo plaide pour la légalisation du mariage homosexuel mais tomberait dans les pommes si son fils lui présentait un jour un futur gendre ou sa fille une future gendresse. Dans cette hypothèse, il cherchera une stratégie pour que ce mariage, légalisé grâce à son vote, soit célébré « dans la plus stricte intimité » ( surtout que personne dans sa famille et parmi ses collègues de travail n’apprenne ça ! ) et il fera opportunément une crise de colique néphrétique ( réelle ou simulée ) qui l’emmènera aux urgences le jour des « noces » ...
                - le bobo s’insurge contre la « stigmatisation » qui , selon lui, résulte des lois contre les signes religieux à l’école et contre le voile intégral, et néanmoins serait atrocement consterné si sa fille revenait du collège affublée d’un voile islamique et claironnant sa conversion à la religion mahométane ! De même serait -il consterné si sa fille lui présentait comme futur gendre un barbu en djellaba ( auquel cas il négocierait avec celui-ci : tu plaques ma fille et je te donne 10 000 euros en liquide ! ).
                - Les idoles du bobo : Cohn Bendit, Cécile Duflot, Tariq Ramadan, Djamel Debbouze, Bertrand Delanoë.
                - Le parti du bobo : les « verts - Europe écologie » ...



                • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 11:40

                  Sans oublier que le bobo est pour la régularisation de tous les sans papiers, car sa femme de ménage « low cost » n’a pas de papier, mais que dès qu’elle en aura, il en changera car elle sera trop cher...


                • docdory docdory 22 octobre 2011 11:52

                  @ King al batar

                  Tout à fait. 
                  On peut également préciser que le bobo, partisan de la régularisation de tous les sans papiers et de l’immigration sans contrôle sera très ennuyé de voir l’appartement inoccupé de son voisin de palier ( décédé sans héritiers ) réquisitionné pour loger une famille nombreuse turque ou malienne ! ...

                • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 12:01

                  Attendez j’en ai une pas mal.
                  Le bobo parle verlan et pense que les rappeurs sont des poetes modernes et incompris, mais ne supporte pas que son fils parle en arabe (cf Florent Pagny !)


                • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 12:03

                  Le bobo est très content d’être remboursé par la sécu dès qu’il a un poblème de santé, mais trouve qu’il paye trop d’impot et effectue des placements financier qui lui permette d’en payer moins...
                  SI vous voulez on peut jouer à ce jeu, je pense qu’on a se marrer ! smiley


                • bluerage 22 octobre 2011 13:12

                  allez je m’y colle :

                  le bobo trouve ça très bien la mondialisation et les fringues chinoises à deux euros pas vraiment aux normes (risques sanitaires fréquents), ça permet aux pauvres de s’habiller pas cher, mais lui n’achètera à ses gosses que des marques « in » comme Zadig et Voltaire, la Fée Maraboutée, le Phare de la Baleine etc fabriquées en France


                • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 13:29

                  Validé et plussoyé !


                • docdory docdory 22 octobre 2011 14:29

                  Le bobo s’émerveille du progrés constitué par la-libre-circulation-des-hommes-et-des-marchandises-permises-par-l’Europe-et-l’euro , mais s’ffusque de voir délocalisée l’entreprise dans laquelle il était cadre !


                • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 16:16

                  Le Bobo arbore fierement le ruban rouge sur le col de son costume, car son jamais avoir donné il est quand même contre le SIDA.
                  Quelle connerie de bobo d’être contre le SIDA. Personnellement, je serais contre le SIDA, le jour ou vous me présenterez des gens qui sont pour !
                  Moi aussi je suis contre la neige en hiver, la pluie en automne et tous ces trucs qui nous pourrissent la vie.
                  Dire que l’on mène un combat, auquel on ne participe pas, mais dont tout le monde s’accorde à dire que c’est une bonne cause, n’est plus un combat, mais de la tartufferie pour se donner bonne conscience.


                • Zanini 22 octobre 2011 12:44

                  Le bobo est une personne qui a réussi économiquement et qui pour éviter de se sentir coupable de cette réussite face a la pauvreté grandissante s’invente des combats sociétales (Anti-racisme, droit des gays, féminisme).Les bobos ont une grande part de responsabilité de l’abandon de la lutte des classes par la gauche traditionnel.


                  • remopix remopix 22 octobre 2011 12:59

                    D’après vous « bobo » est devenu un mot valise dans lequel on y met tout ce qui est exécrable.


                    • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 13:14

                      Dans le même genre mais en complétement opposé, il y a aussi facho comme insulte fourre tout !
                      C’est même l’insulte fourre tout préférée du bobo ! smiley


                    • dom y loulou dom y loulou 22 octobre 2011 13:21

                      le bobo bonobo, lui, en tout cas n’as pas de revenus du tout et tout ce qu’il a et qui lui fut confié par Dieu il le partage volontiers ;)


                      comment fait-il ? il prie quand il a un besoin et ne demande rien à la machine de guerre

                      il est loin du bobo trader en costard

                      mais il arbore volontiers des tenues qui lui permettent de se rêver au-delà de la situation mentale que le système lui colle sur le dos, il déteste les habits d’esclaves et les milliers d’étiquettes qu’il traine derrière lui comme les sobriquets du 1er avril et des poissons collés dans son dos l’enguirlandent et l’encombrent assez pompeusement...

                      mais il y a souvent une erreur d’appréciation quand aux effets réels d’autant d’attention 

                      parce que ça en fait du ramassage d’ordures par jour je vous dis pas ;)

                      le bobo bonobo certains jours se demande s’il aurait pas mieux fait de devenir éboueur et au moins se faire rémunérer pour son travail de rincer son coeur tous les jours des salissures qui lui tombent dessus comme des pluies parfois ou transformateur de flèches empoisonnées pour lesquelles il doit trouver de nouveaux remèdes toutes les semaines, mais c’est une fonction qui n’existe pas dans la machine...

                      c’est gracieusement qu’il transcende

                      votre tentative de voir cet être autrement que par la lorgnette du jugement et de vous concentrer sur ses perspectives est absolument louable ;)

                      c’est le pillage qu’il insupporte et il y retrouve vite une nature plus dentée

                      mais il n’est pas trop rancunier, il sait que le pardon est la clef d’un esprit libre, il redonne donc sa chance à chacun qui témoigne de bonne volonté 

                      toujours 

                      c’est précisément pour cela que le nombre, programmé à la compétition tous azimuts, le voit comme un naïf fini ;)

                      bonne journée


                      • bluebeer bluebeer 22 octobre 2011 13:22

                        Bonjour,

                        Bon article. Le bobo est surtout un concept, comme le prolétaire, l’immigré ou le facho. Il ne se définit pas par une signalétique socio-professionnelle ou idéologique précise, mais plutôt par le rôle qu’on prétend lui faire jouer : le tartuffe moderne, coupé des réalités mais donneur de leçon, arrogant sans le savoir, comme le dit le King.

                        C’est surtout un défouloir commode pour tous ceux qui ne s’estiment pas bobo, c’est à dire réalistes, affrontant les vicissitudes du monde réel.

                        Bref, le bobo, c’est l’autre...

                        Et pourtant...

                        Il y une part de bobo en chacun de nous, chaque fois que nous jouissons d’un privilège que notre conscience nous reproche, chaque fois que nous sommes incapables d’accorder nos actes à nos discours et nos pensées.


                        • Guit'z Guit’z 22 octobre 2011 21:54

                          @ Bluebeer

                          Vous auriez cité d’emblée La Fontaine, La Cigale et la Fourmi, ç’aurait été plus vite fait...

                          Ce que vous dites est frappé au coin du bon sens : en nous la fourmi et la cigale se combattent. D’ailleurs, si Dieu (c’est-à-dire nous de notre point de vue) estime la cigale, c’est bien la fourmi qu’il aime : et il a fichtrement raison... On se préfère tous en costume de bal qu’en bleu de travail.

                          Reste que vous tombez, je crois, dans le positivisme, lorsque vous dites que le prolo, l’immigré, le facho, le bourgeois et tutti quanti ne sont que des concepts. Fétichisme qui vous empêche de poser à bon escient la notion de saut catégoriel - ce point de bascule au delà duquel une réalité en devient une autre.

                          Je ne peux que vous inciter à lire Michel Clouscard, pour vous pénétrer de la notion de bobo dans sa globalité historique et conceptuelle...

                          Vous comprendrez alors que le bobo, ce n’est pas tant la dialectique de la cigale et de la fourmi... que celle du papillon et de la mante religieuse...

                          Bien à vous.

                           smiley


                        • dom y loulou dom y loulou 22 octobre 2011 13:28

                          toutes mes excuses, une grossière rreur de ma part


                          il s’agit bien du bobonobo et non du bobo bonobo ni de bob l’éponge ...

                          car le trader bonobo ne connait pas les joies des arbres ni les efforts pour faire revivre sa rivière après cinquante années de pollutions agravées sur les chênes centenaires

                          le bobonobo aime, lui, plus que tout les fleurs et les nuages ;)

                          • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 13:33

                            Sexuellement on a beaucoup a apprendre des singes bonobos ! Surtout les femmelles ! Toujours disposées à proposer leur faveur aux males qui se disputent pour calmer la tension.
                            Si nous disposions de telles femelles, de nombreux conflits se seraient réglés sans violence !


                          • joelim joelim 22 octobre 2011 14:46

                            Bah y a le Carlton pour ça.


                          • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 16:18

                            Je suis pas sur que les femelles du Carlton soient consentante !


                          • joelim joelim 22 octobre 2011 23:09

                            oui évidemment mais tout le monde ne s’intéresse pas à ce paramètre (on est encore très peu évolués enfin certains sont pires smiley ).


                          • joelim joelim 22 octobre 2011 23:19

                            Je pensais au Carlton de Lille. smiley 


                          • deborah30 24 octobre 2011 07:50

                            King al batar,

                            vous devriez postuler pour la rédac de l’émission « groland ».
                            vraiment


                          • jacques lemiere 22 octobre 2011 13:54

                            Il y a un coté ridicule à démonter un concept arbitraire en acceptant ce concept...Avant de parler des bobos définissez les de façon non ambiguë.Ensuite vous pourrez étudier leur comportement : sauf à penser que votre définition des bobos repose justement sur leur un ensemble de comportements prédéfinis...auquel cas étudier le comportement de’un groupe défini par ses comportements...semble quelque peu circulaire...


                            EN gros on est toujours le bobo de quelqu’un d’autre... 

                            ça marche aussi avec écolo....et la majeure partie des groupes définis par des gens du marketing... : du vent avec une légère odeur de vérité sociologique.

                             ..

                            • foufouille foufouille 22 octobre 2011 13:54

                              article ecrit par un bourgeois


                              • joelim joelim 22 octobre 2011 14:41

                                Le bobo internationaliste c’est : « accueillons toute la misère du monde » 

                                et : « jamais je ne pourrais vivre dans ce quartier  ».

                                Le bobo libéral c’est : « les pauvres nous coûtent trop cher »

                                et : « je suis rempli de bonté car je donne pour le Téléthon  ».

                                • ZenZoe ZenZoe 22 octobre 2011 15:57

                                  joelim : vous tenez vraiment de source sûre que le bobo donne pour le téléthon ? Ne ferait-il pas partie plutôt de ceux qui enjoigent les autres à le faire (en montant sur scène si nécessaire) sans même penser à ouvrir son porte-monnaie ?


                                • joelim joelim 22 octobre 2011 23:11

                                  Vous avez raison, mon exemple est imparfait (et pas du tout vécu). Remplaçons par le lion’s Club. Ah non ça c’est les bourgeois.


                                • ZenZoe ZenZoe 22 octobre 2011 15:53

                                  Pourquoi tant de haine, demandez-vous ?
                                  Mais parce que les bobos gonflent tout le monde ! Faites ci, faites pas comme ça. Ca commence sec dès le matin : fermez le robinet en vous brossant les dents, prenez plutôt une douche, le pain blanc confiture beurk choisissez plutôt un oeuf coque bio et du café équitable, mettez bien votre brik de lait vide dans le recyclage, fermez bien la lumière en partant, ah bon vous n’allez pas bosser en vélo vous pensez pas à la planète alors, et ça continue tout au long de la journée...
                                  Et pourquoi ils gonflent tout le monde ? Mais parce qu’ils SAVENT eux ! Ils ont fait des études, ou côtoient ceux qui en ont fait, et ils SAVENT qu’il n’y a qu’une seule vérité, la leur.
                                  Et s’il n’y avait que ça !
                                  Mais non, non contents de détenir LA vérité, il faut en plus qu’ils évangélisent les autres, pauvres ignares égarés qui ne savent même pas comment bien voter, qui bouffent n’importe quoi, qui enfument les autres avec leur vieille caisse diesel, qui polluent bêtement la nature au lieu de l’admirer, qui encombrent et dénaturent les plages pendant les mois d’été etc. etc.
                                  En plus, non contents de vouloir nous dicter notre comportement, voilà-t-y pas qu’ils voudraient nous dicter comment penser. Avec eux, toute idée, toute suggestion qui va à l’encontre de leurs croyances est une hérésie, une source de consternation, une marque de bêtise ou d’ignorance crasse. Tous les contestataires sont des trolls pour eux.
                                  Les bobos sont des empêcheurs de tourner en rond, les bobos sont des laveurs de cerveaux. Heureusement, personne n’est à 100% bobo, et personne n’est 100% non-bobo.


                                  • dom y loulou dom y loulou 23 octobre 2011 01:48

                                    ce long nez qui pousse vous va bien complotjesaispasquoi


                                    projetez-vous bien et récoltez ce que vous semez, cela convient à tout le monde aujourd’hui.





                                  • King Al Batar King Al Batar 22 octobre 2011 20:30

                                    J’aime beaucoup...


                                  • Guit'z Guit’z 22 octobre 2011 22:00

                                    Moi aussi, j’aime beaucoup !


                                  • Jean 22 octobre 2011 20:47

                                    Le bobo hurle contre le FN, mais secrètement pense pareil ?

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