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Accueil du site > Actualités > Société > Bonne ou mauvaise nouvelle ?

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

La population mondiale est passée à 7 milliards ! Cette nouvelle qui suscite un doute légitime sur l’avenir se fait pourtant silencieuse derrière la crise des dettes financières qui empoigne nos Etats. Pourquoi ce sujet, si préoccupant, est souvent évoqué comme un fait anodin ou amusant ? Est-ce pour ne pas heurter nos sensibilités politiques ou la morale officielle ? A-t-on raison de l’escamoter ainsi du débat public, alors que c’est maintenant, ensemble que nous devons trouver comment survivre avec la perspective d’une croissance démographique qui pourrait être exponentielle ?

Nous sommes 7 milliards, c’est l’heureuse nouvelle que les medias nous annoncent. Heureuse nouvelle car traditionnellement une naissance est une bonne novelle mais est-ce pour autant vrai tout le temps ?

La planète terre étant devenue, en terme social un village planétaire, certains n’hésitent pas, sans ironie, à dire que nous sommes désormais 7 milliards de voisins. Et comme nous le savons, même dans un village, il n’y a pas que de bons voisins, c’est dire que nous ne serons pas 7 milliards de voisins uniquement pour faire la fête et c’est là, toute l’ampleur de la mauvaise nouvelle.

Nous sommes potentiellement 7 milliards de bonnes et de mauvaises intentions et c’est à nos chefs de quartier ou de famille, c’est-à -dire à nos dirigeants de trouver l’alchimie de l’équilibre car, certains parmi nous pensent qu’il s’agit effectivement d’une mauvaise nouvelle, d’autant plus qu’elle ajoute aux difficultés actuelles d’autres contraintes. Dans cette conception, le chiffre 7 du milliard n’est pas celui du bonheur qu’endossent habituellement nos superstitions ou notre subconscient collectif, mais celui des peurs, justifiées par les besoins matériels sans cesse grandissants. De même, ils pensent que le grand nombre que nous représentons ne fait pas la force mais le désordre. Pour cause, sont évoquées les ressources qui seraient limitées et la démographie qui a atteint un seuil critique sur les 5 continents. Alors, comment faire pour que nous soyons de bons voisins, c’est-à-dire provoquer des situations qui minimisent les désordres sociaux ou financiers ? Comment anticiper ou minimiser « la spirale d’incertitude et d’instabilité financière … » pour emprunter à Christine Lagarde ces termes ?

Pour ma part, je pense que le monde à un moment de son évolution, a fait face à la régulation démographique pour faire correspondre ses capacités à gérer, à produire et à repartir les ressources avec son environnement. Des mesures concrètes sont légion et nous pouvons nous en inspirer, même si leur application aujourd’hui relève de la dialectique. J’ajouterai que c’est maintenant qu’il convient d’examiner ces exemples et de voir comment les combiner et les appliquer suivant les milieux et les contextes.

La question de l’état démographique de notre planète doit figurer en bonne place dans les protocoles d’interview de tous les candidats aux élections présidentielles, à partir de 2012. Les explications qu’ils auront à fournir vont déterminer nos choix de politique extérieure et seront plus pertinentes parce que plus vitales que les professions de foi habituelles. 

Il faudrait aussi, que les citoyens ordinaires ou les intellectuels participent sans tabou aux débats publics sur ce sujet. J’estime que nous sommes à la veille d’un point de non retour où la survie pourra dévier vers des pratiques les plus obscures.

Je pense que les anthropologues des deux derniers siècles avant le XXIème sont à revisiter pour nous aider à comprendre ce qui peut nous attendre dans un avenir proche. N’a-t-on pas dit que le passé sert à préparer l’avenir ? … un retour aux siècles obscurs est-il un choix ou un déterminisme ?


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4 réactions à cet article    


  • bnosec bnosec 16 novembre 2011 13:16


    Quand on voit la liste des pays ayant les plus fort taux de fécondité, on a tendance à dire que c’est une mauvaise nouvelle.
    Les 15 pays avec le plus fort taux, dans l’ordre décroissant :
    Niger
    Ouganda
    Mali
    Somalie
    Burundi
    Burkina Faso
    Rep dem du Congo
    Ethiopie
    Zambie
    Angola
    Rep du congo
    Malawi
    Afghanistan
    Bénin
    Mayotte

    Aaaaaah Mayotte !
    Nos chers compatriotes !
    Quel bonheur !

    source :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_taux_de_f%C3%A9condit%C3%A9


    • GERALD NASSIF GERALD NASSIF 16 novembre 2011 16:00

      Bonjour GOUGOY. Merci pour cette excellente contribution. En effet, les anthropologues des XIXè et XXè siècles méritent d’être revisité, ou simplement visités pour ceux qui n’ont pas encore fait cette démarche. Leibniz ne disait-il pas, sauf erreur de ma part, « le présent est gros de son futur », et le présent n’est-il pas déjà passé lorsque nous en prenons conscience ? Aller au delà serait même un plus. Considérer l’Histoire comme une convolution de nombre de processus tels que ceux qui mènent de : l’Antiquité au Moyen Âge, période méconnue - du passage à la Renaissance et de cette dernière aux Lumières - des Lumières au XXè siècle, ce siècle le plus meurtrier - enfin considérer notre Histoire et la reconnaître sans états d’âme mais de façon critique, voilà une démarche propre à nous ouvrir sur les défis du futur et à envisager les solutions de demain. Lorsqu’il définissait l’Esprit des Lumières, Kant ne parlait-il pas de « Passage de la Minorité à la Majorité » ? La Majorité, c’est à dire : penser par soi-même au lieu de réciter de Dogmes appris « par cœur » sous le Joug d’une certaine Scolastique qui ne peut conduire qu’à une logique de « Servitude Volontaire », celle la même étudiée et dénoncée en son temps par La Boétie en son temps. J’approuve votre démarche qui se situe dans cette Majorité et je salue ici votre honnêteté intellectuelle ainsi que votre courage face à un monde où les fantômes (Idoles) de Francis Bacon continuent plus que jamais de fausser l’entendement (au sens de Locke) et le jugement humain emportés par « l’ouragan de la futilité ». L’Homme possède en lui et dans son Histoire les moyens d’affronter les Défis du Futur.


      • René 03 René 03 16 novembre 2011 22:31

        7milliards c’est une très mauvaise nouvelle pour l’humanité qui ne pourra pas se nourrir sur le long terme, c’est une mauvaise nouvelle pour les autres espèces animales que nous détruisons pour nous accaparer leurs territoires, c’est une mauvaise nouvelle pour les océans en cours d’acidification et bientôt vidés de leurs poissons, c’est une mauvaise nouvelle pour les forêts tropicales que nous détruisons, en bref c’est une très mauvaise nouvelle pour l’ensemble de la biodiversité de cette petite planète,



        • sobriquet 17 novembre 2011 00:39

          C’est un fait assez mineur pour au moins deux raisons :

          - le taux d’accroissement de la population mondiale diminue, et dans beaucoup de pays, l’accroissement de la population est causé par la transition démographique. Cela signifie qu’il s’approchera probablement de 0 dans les décennies à venir.

          - Le taux d’augmentation de la consommation de ressources est plus importante dans les pays riches (à démographie stable) que dans les pays moyennement riches, et plus encore que dans les pays pauvre (à démographie galopante). S’il y a un risque concernant les ressources limitées, il concerne davantage l’augmentation du niveau de vie des pays riches que l’augmentation de la population des pays pauvres.

          - Une troisième raison : actuellement, la plupart des situations de pénurie sont causées par une mauvaise distribution des ressources, et non par un manque de ressources.

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