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Accueil du site > Actualités > Société > Boulangerie : la menace coréenne

Boulangerie : la menace coréenne

« Tout fout le camp, ma bonne dame ! » Ainsi pourrait s’exprimer un Parisien, stupéfait de voir surgir la baguette coréenne au cœur de la capitale. Après les bistrots traditionnels menacés par l’invasion de l’enseigne étasunienne Starbucks, voilà les boulangeries artisanales confrontées à la menace asiatique...

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Paris Baguette (photo Metronews)

A priori, pas de différence visible entre Paris Baguette et les autres boulangeries du quartier Saint-Germain-l’Auxerrois (1er arrondissement). Ouverte le 31 juillet, cette nouvelle enseigne, implantée à l’angle de la rue Jean Lantier et de la rue des Lavandières-Sainte-Opportune (entre la rue de Rivoli et le quai de la Mégisserie), constitue pourtant une menace bien réelle pour les boulangers traditionnels, eu égard à ses énormes moyens et à son potentiel marketing redoutable. Les enseignes industrielles comme Paul (300 points de vente), La mie câline (200 points de vente) ou Marie Blachère (60 points de vente) ont peut-être elles-mêmes du souci à se faire face à l’offensive coréenne. L’avenir le dira.

Dans l’immédiat, la curiosité aidant, les clients se pressent nombreux dans la boulangerie de la rue Jean-Lantier. En investisseurs avisés, soucieux de conquérir la clientèle locale, les Coréens ont choisi la carte de la discrétion. D’une part, avec une offre traditionnelle, faite de pains, de viennoiseries et de gâteaux au goût français, sans recours aux exotiques ingrédients de patate douce ou de haricots rouges, très prisés en Asie. D’autre part, en faisant assurer le service par un personnel sobrement vêtu, sans le béret et la marinière imposés dans les boutiques asiatiques du groupe pour donner l’illusion d’un label français. La Tour Eiffel elle-même, qui figure pourtant sur les logos de l’entreprise depuis sa création, est absente de la devanture parisienne qui se contente d’un sobre « PB ».

Les promoteurs de Paris Baguette réussiront-ils leur implantation dans la capitale française ? Difficile à dire. Mais en choisissant de se fondre dans la ville et en mettant en vente des produits d’une bonne qualité et conformes aux attentes de la majorité des Parisiens, ils ont assurément fait les bons choix marketing et industriel.

Ajoutons à cela que les énormes moyens financiers du groupe SPC et de son patron, le milliardaire Hur Young-In, devraient leur permettre de faire face sans difficulté à la concurrence. Issue de la marque Paris Croissant, créée en 1986, Paris Baguette, née en 1988, fêtait son 100e magasin sur la planète dès 1996 et son 1800e en 2008. Aujourd’hui, le nombre des points de vente s’établit à plus de 2000 ! C’est donc une véritable machine de guerre alimentaire qui s’attaque désormais au marché français, et il ne fait aucun doute que les Coréens feront tout pour gagner cette bataille. À la clé, un enjeu de première grandeur en vue des futurs développements : se prévaloir, partout dans le monde, d’être plébiscités par l’exigeante clientèle de Paris.

Face à ce cheval de Troie, les artisans-boulangers traditionnels vont, plus que jamais, devoir lutter pour maintenir la qualité de leurs produits et assurer la pérennité de leur activité dans un univers concurrentiel de plus en plus rude. Or, tous ne peuvent bénéficier de l’image d’un Ganachaud, d’un Khader (le préféré de François Hollande) ou celle, plus ancienne, d’un Poilâne. L’offensive coréenne, ajoutée aux stratégies de conquête des autres groupes ou franchises industriels, pourrait se révéler fatale à quelques-uns, au grand dam des amateurs qui placent le pain de tradition au sommet des composantes incontournables de la gastronomie française. À suivre...

En attendant, et pour sourire un peu, disons que le comble pour les boulangers coréens serait de se faire traiter de « bâtards » par les artisans français victimes d’une offensive difficile à brider !


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156 réactions à cet article    


  • caillou40 caillou40 18 août 2014 08:32

    Quel est le prix du pain dans cette boulangerie.. ?


    • Fergus Fergus 18 août 2014 09:14

      Bonjour, Caillou.

      Je l’ignore. Mais le prix n’est pas forcément significatif, entre la baguette sans saveur vendue ici 85 cts et la baguette traditionnelle, parfaitement équilibrée et savoureuse, vendue là 1,20 euros.

      Ce qui est certain, c’est qu’en règle générale, c’est encore grâce au savoir-faire des artisans véritables que l’on peut déguster les meilleurs pains. D’où l’affluence que l’on peut constater dans leurs boutiques.

      Malheureusement, les goûts évoluent, notamment sous la pression des rythmes de vie et des contraintes de pouvoir d’achat qui incitent de nombreux consommateurs à se simplifier la vie en se tournant vers les centres commerciaux. C’est ainsi qu’un nombre croissant de nos compatriotes se sont peu à peu habitués à des produits sans saveur et d’une texture médiocre, et pas seulement en matière de boulangerie.


    • caillou40 caillou40 18 août 2014 10:54

      Bonjour Fergus...raisonnement simpliste de nos jours ou une majorité de gens vont acheté le moins cher...C’est pour cela que tant de super-hyper marché ouvre en France...LES PRIX... !
      Comme les délocalisations de nos industries et le reste..laboratoires..voitures..avions..etc !
      Toujours les prix les moins chers..la qualité n’entre plus dans ces considérations..sauf pour les rares qui ont les moyens...Même les riches vendent leurs affaires dans des friperies.. !


    • caillou40 caillou40 18 août 2014 10:55

      Le moins ne sert à rien.. !


    • foufouille foufouille 18 août 2014 11:35

      un bon pain est nourrissant, pas la baguette du super qui est infect.


    • Fergus Fergus 18 août 2014 12:00

      @ Caillou.

      Nous sommes d’accord sur les prix. C’est pourquoi j’ai parlé dans mon commentaire ci-dessus de « contraintes de pouvoir d’achat ».


    • Fergus Fergus 18 août 2014 12:02

      Salut, Foufouille.

      Je partage complètement ton avis. Le problème est que de nombreux consommateurs, pour des raisons de prix ou d’emploi du temps, ont pris l’habitude de manger ce pain-là et s’y sont habitués au fil du temps.

      Bonne journée.


    • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 18 août 2014 13:51

      @ Bonjour Fergus, et merci pour cet article.

      Dans les villes, nul doute que ces « bullangeries », seront prisées des citadins stressés qui ne « mangent » plus mais se contentent « d’avaler » à toute vitesse, le sandwich ou le mac, ou le kebbab, etc....

      Par contre, ce qui serait intéressant de savoir c’est la composition exacte de la baguette coréenne : pourcentage de farine, blanche ou autre, pourcentage de lait (peut-être pour la baguette briochée), pourcentage de levain, pourcentage d’eau, également, de sel, etc...

      La texture, le goût, êtes-vous en mesure d’apporter ces quelques indications ?

      Non pas pour s’y précipiter, mais pour faire un comparatif avec les baguettes dites d’artisans.

      Il n’y a apparemment que dans les villages, il en reste plus qu’on ne le croit que les artisans préparent encore leur pain et le vendent, mais à des prix assez élevés. Mais tant pis... Qualité prime.

      Et puis, rien ne vaut le pain BIO, qu’on trouve dans des boulangeries spécialisées ou artisanales et qui ne volent pas leur appellation.

      Dans ma région, il y a une spécialité merveilleuse : la Fougasse ! Aux olives, aux noix, aux lardons, etc...

      Que les Coréens, je n’en doute pas essaieront bien sûr de plagier, un jour. D’avance, je veux bien manger mon « béret », s’ils étaient capables d’égaler cette splendeur locale...

      Un dicton dit : qui ne sait manger et couper son pain, ne sait le gagner.

      Avec la multiplication de ces enseignes venues d’ailleurs, nul doute que les papilles s’en ressentiront. Un offense supplémentaire à notre culture.

      Cordialement.


    • Fergus Fergus 18 août 2014 16:05

      Bonjour, Nicole.

      Merci à vous pour votre commentaire. Et désolé d’avoir différé ma réponse : j’avais quelques courses à faire, y compris à la... boulangerie (non coréenne, celle-là).

      Je pense comme vous que Paris Baguette devrait sans problème conquérir une clientèle, surtout dans ce quartier que je connais bien, où peu de gens vivent mais beaucoup travaillent et viennent pour faire du shopping. D’où, comme vous le soulignez, une forte proportion de sandwiches.

      Sur la composition de la baguette coréenne, je ne sais rien, ce genre de renseignement étant en général tenu secret, y compris par les artisans traditionnels. Mais on peut penser qu’elle n’est sans doute pas très différente de ce que fait « Paul ».

      Sur le « bio », il en va de même que pour les autres aliments : le label, s’il rassure pour la santé du consommateur, n’est pas forcément la garantie d’un meilleur goût. Ce n’est là qu’un avis parmi d’autres, basé sur des expériences personnelles. Cela dit, je ne me prononce pas pour le pain, je n’en ai jamais goûté de « bio ». 

      La fougasse, je connais bien pour en avoir beaucoup mangé dans ma jeunesse, dans ses versions auvergnates et basiques, autrement dit nature ou aux pralines.

      Sur l’offense à la culture, il convient de nuancer, à mon avis, notamment en voyant ce que font les Anglais établis dans nos campagnes. Beaucoup sont de remarquables cuistots, plus fidèles à nos traditions culinaires que les gens du cru ! Certes, les Coréens ne viennent pas d’outre-Manche, mais ils n’ont pas été contaminés par la « Jelly ».

      Cordialement.


    • jako jako 18 août 2014 09:14

      Attendons le Capitaine, bonne journée et merci de l’info


      • Fergus Fergus 18 août 2014 09:26

        Bonjour, Jako.

        Oui, voilà un sujet qui devrait susciter une réaction de sa part s’il voit cet article en ligne. J’avoue être très intéressé par son opinion sur le problème posé par l’industrialisation croissante de la profession.

        Encore que, sur ce point, il soit parfois difficile de faire le tri dans les process de fabrication entre certains artisans labellisés comme tels et certaines chaînes. Idem sur la qualité des produits vendus à la clientèle. L’avis du Capitaine n’en serait que plus intéressant.


      • alinea alinea 18 août 2014 10:26

        Bonjour Fergus,
        Je trouve que tu parles beaucoup de croissant ce matin, dans tes deux comms !!! Les croissants coréens, sont-ils bons ??
        Je boude depuis qu’elles existent toutes les chaînes, qu’elle soient françaises, coréennes ou autres ! C’est la seule chose à faire ; je ne comprends pas cet engouement !! que ce soit les restos, les hôtels, les lunettes, le bricolage, la bouf, les marchés super !!!etc ! C’est pour moi l’effet visible d’un désintérêt total de son quotidien. Je voudrais qu’on m’explique comment on peut vivre avec un quotidien bâclé, un quotidien automatique que l’on n’habite plus, parce que je ne sais pas ce qu’est notre vie hors lui !! Et surtout qu’on ne me parle pas de coût : un pain industriel ne nourrit pas, et ne se garde pas, donc au bout du compte, entre ce que l’on jette et ce que l’on consomme en plus, il revient plus cher.
        Le pain, c’est aussi un symbole chez nous, et je ne parle même pas du pain rompu de la religion ; cela veut dire aussi qu’on se passe du sacré, cette manière de donner sens aux choses simples, et là non plus, je ne comprends pas ! sauf que tout le monde est malade !!
        Il faudrait leur demander l’analyse de leur farine, aux Coréens !! cela en ferait réfléchir plus d’un !!! smiley


      • Fergus Fergus 18 août 2014 12:10

        Bonjour, Alinea.

        Je partage ton avis sur les chaînes. Mais il n’est malheureusement pas toujours possible de toutes les éviter. Exemple : le bricolage. Où trouver désormais, sur la majeure partie du territoire, un quincailler à l’ancienne ?

        Entièrement d’accord avec toi sur le pain de supermarché. Foufouille l’a qualifié plus haut d’« infect » et il n’a pas tort. De surcroit, comme tu le soulignes, il ne se conserve pas alors qu’un pari artisanal, même un peu durci, garde ses qualités nutritives et gustatives.

        Sur la symbolique du pain, également d’accord avec toi. Le pain est au centre de mon alimentation et j’y attache une très grande importance, à la fois culturelle et alimentaire. Il est vrai qu’étant enfant, j’ai souvent pétri avec ma grand-mère les tourtes de seigle que l’on faisait ensuite cuire dans le four banal du hameau !


      • alinea alinea 18 août 2014 21:44

        Il semble que les centrales d’achats soient incontournables, mais, au fond, celle-ci sont plutôt « intelligentes » ; tous les marchands de matériaux, locaux, sont affiliés à des centrales d’achat, mais eux sont des petits ou moyens commerçants !! Rien à voir avec, enfin, les stars de la bricole ( je les connais si peu que leur nom ne me reviennent pas !!!)


      • prolog 18 août 2014 09:33

        Ca ressemble à quoi une baguette de coréen ? C’est bon ?


        • Fergus Fergus 18 août 2014 09:40

          Bonjour, Prolog.

          En fait, une baguette coréenne n’est pas différente d’une baguette française. N’oublions pas que ce sont des artisans de chez nous qui ont exporté le concept du pain à la française en Asie. Et dès le début de son aventure industrielle, Paris Baguette s’est assuré la collaboration de professionnels français. Les clients de la boutique parisienne ne devraient donc pas trouver de différence avec les produits vendus ailleurs, notamment dans les chaînes du type Paul, une entreprise créée par Francis Holder, un boulanger lillois.


        • prolog 19 août 2014 17:20

          ok.
          Quel est le problème du coup ?
          La grosse chaine qui a les moyens de faire de la comm contre les petits artisans ?
          Le fait que le patron soit coréen change quelque chose ?


        • Fergus Fergus 19 août 2014 18:59

          Bonjour, Prolog.

          Non, le fait que le patron soit coréen ne change rien à la nature de cette nouvelle offensive industrielle dans la panification. Disons qu’il s’agit là plutôt d’une curiosité, je dirais même un prêté pour un rendu, eu égard aux implantations françaises en Asie dans le domaine de l’alimentation.

          Compte tenu de la présumée puissance financière de ce groupe, ce n’en est pas moins un nouveau danger pour les artisans.


        • Pepe de Bienvenida (alternatif) 18 août 2014 10:05

          Métastase d’un système.


          • Fergus Fergus 18 août 2014 10:17

            Bonjour, Pepe.

            On peut voir les choses comme cela, en effet. Mais comment faire pour lutter contre dans une société de plus en plus libérale, caractérisée par la quête de profits toujours plus grands ?


          • Pepe de Bienvenida (alternatif) 18 août 2014 10:23

            Bonjour Fergus,
            l’idéal serait une prise de conscience généralisée des enjeux, d’où l’importance de ne pas se contenter de l’information, mais d’éduquer à la réflexion (qui n’empêche pas l’action mais au contraire la justifie). Pour l’instant et sûrement pour longtemps, ça relève de l’utopie et ta question reste ouverte. On se contente trop souvent de désigner l’ennemi et on se passe de s’interroger sur notre complicité, c’est bien le problème des logiques système.


          • Fergus Fergus 18 août 2014 11:35

            @ Pepe.

            Le problème est qu’il est actuellement difficile de faire de la pédagogie dans une société toujours plus individualiste et qui, par paresse ou renoncement intellectuel, refuse de voir les réalités pour ne s’en tenir qu’au message véhiculé par la doxa libérale et le marketing qui l’accompagne. Changer les mentalités relève donc d’un redoutable challenge !


          • Pepe de Bienvenida (alternatif) 18 août 2014 11:57

            On sait que c’est sans espoir, pourtant quelque chose, une certaine idée de la dignité peut-être, nous pousse à continuer. On nous vend du bonheur sans dignité, cette dignité qui est un droit pour soi et un devoir envers les autres ; c’est un marché de dupes.


          • Fergus Fergus 18 août 2014 13:16

            @ Pepe.

            « On sait que c’est sans espoir ». Espérons que non !


          • Pepe de Bienvenida (alternatif) 18 août 2014 14:04

            Le petit reste d’espoir passe malheureusement par des événements catastrophiques, parce que la fable du colibri, soyons réalistes, c’est juste bon pour le Manège enchanté et les bobos dont nous parlions précédemment.


          • Fergus Fergus 18 août 2014 16:07

            @ Pepe.

            Oui, il est à craindre que les changements significatifs ne puissent surgir que d’une phase de catastrophe ou de chaos. Le problème est que l’on ne sait jamais sur quoi peuvent déboucher des évènements de ce genre.


          • asterix asterix 18 août 2014 10:18

            Bonjour Fergus et un grand bon point pour tes articles variés qui apportent chaque fois une touche de fraîcheur parmi tous ceux qui ne parlent que de politique.
            Ici au Laos où les traces de la francisation passée sont visibles, hors les jeunes générations qui se sont mis à l’anglais et, s’ils en ont les moyens, aux produits sans saveur des franchises américaines qui s’installent à tous les endroits passants des centres-villes, la baguette artisanale est une religion. On la mange soit avec du fromage fondu genre Vache Qui Rit fabriqué sous licence au Vietnam ou bourrée, mais alors là bourrée de charcuterie, de carottes rapées, de salade, de tomate et de concombre. Le boulanger vous les vendra à 4 pour un euro si vous les achetez nature, ou à un euro si elles vous sont préparées comme indiqué ci-dessus. La qualité est variable selon l’artisan et le matériel dont il dispose ( il n’est pas encore question de chaînes sinon Swedish Bakery, de l’industriel surgelé sans saveur ) et il y a également à Vientiane un boulanger français, plus cher mais moins que chez vous, qui a la préférence au niveau des expatriés ( pas moi ). Preuve en est que les artisans, quel que soit leur domaine, ont encore les moyens de se faire leur place en Asie, sauf en Thaïlande où tout ce qui est bon ou bien fait ne peut être que national, point ! 
            En fait, mon intervention n’a rien d’innocent. Je veux simplement signaler à tous les jeunes qui ont un métier de type compagnonnage en main ou savoir-faire qu’il y a encore moyen de se faire une place ici.
            Chez vous en revanche, vous en êtes à voir tous les secteurs d’activité envahis par des capitaux étrangers, détail où on mesure le marasme dans lequel l’économie européenne se trouve. Tout pour le fric, presque rien pour les ouvriers et quasi plus une vocation artisanale.
            Si j’ai bien compris, c’était également le sens caché de ton billet
            Bien à toi.


            • Fergus Fergus 18 août 2014 11:16

              Bonjour, Astérix.

              Merci à toi pour ce commentaire et pour ces informations sur le mode de vie des expatriés au Laos.

              Qu’il y ait des opportunités pour ceux, parmi les jeunes Français, qui veulent tenter leur chance dans ce pays est bon à savoir.

              En ce qui concerne la situation en France, le fait est que les investisseurs étrangers ont considérablement changé la physionomie de l’économie du pays, y compris dans des domaines jusque-là réservés à l’artisanat traditionnel. Pour ce qui est de la boulangerie, à noter que les chaînes existantes étaient, jusque-là, quasiment toutes liées à des initiatives franco-françaises. L’arrivée des Coréens pourrait marquer un tournant.


            • rocla+ rocla+ 18 août 2014 10:48

              Bonjour Fergus Jako et les autres . 


              La voilà la mondialisation . 

              On ne peut rien dire non plus car de très nombreux boulangers sont 
              allés faire fortune dans d’ autres pays . 

              De nos jours le temps du tout petit artisan dans les petites rues des villes 
              et villages est révolu . 

              Après la guerre , dans les années 50 60  de 1900  on pouvait , dans la même
              rue voir plusieurs boulangeries , chacun sa façon et chacun ses clients . 

              Maintenant le prix des fonds de commerce , des loyers et toute la smala 
              des  frais en tout genre , oblige le boulanger à être un gestionnaire . 

              Ce qu’ ont très bien compris les héros du marketing moderne .

              Fini le boulanger qui faisait des tartes aux pommes de son verger , 
              ou des crèmes pâtissières avec les oeufs de ses poules .

              Mac Donald’s géant du hamburger  a conçu  une méthode 
              copiée maintenant par beaucoup d’ enseignes franchisées . 

              Le monde évolue , je ne suis pas d’ accord avec ce modèle 
              qui uniformise tout . 

              L’ artisan , le vrai est celui qui a plaisir à faire du pain et autres .

              Ces gens ont plaisir à voir des graphiques sur une page pleine de 
              chiffres . 

              Mais on ne peut rien contre ces choses , d’ autant plus que l’ année
              dernière , au camping de Balaruc les Bains je parlais aux voisins 
              que je faisais des chichis .

              Tout le monde a voulu que j’ en fasse .

              Alors je suis allé acheter les ingrédients , farine sel etc pas de problème 

              Pour trouver de la levure j’ ai dû acheter trois baguettes dans des 
               boulangeries différentes en demandant chaque fois de la levure .

              Dans les trois premières c ’étaient des terminaux de cuisson 
              faisant semblant d’ être des boulangers .

              Ils cuisaient du pain  en pâte surgelée . 

              Alors les Coréens….. smiley

              • Fergus Fergus 18 août 2014 11:25

                Bonjour, Capitaine.

                Eh oui, le constat est implacable.

                Pour ce qui est des Français qui ont tenté leur chance, avec succès, à l’étranger, citons par exemple le cas de Poilâne qui vend du pain au Japon depuis les années 70 !

                Le fait est que de nombreuses boulangeries ne sont que des terminaux de cuissons. Il y a là d’ailleurs un vieux débat dans la profession car, compte tenu du flou existant dans la très sérieuse « Nomenclature des activités », on ne sait plus très bien qui doit être considéré comme un artisan et qui un industriel.

                Il reste toutefois de véritables artisans, et ceux-là sont en général reconnus par la population pour la qualité de leur production. Mais ils tendent à devenir de plus en plus rares, et ça, c’est une catastrophe pour les amoureux du goût.

                Ah ! les chichis. Je garde un excellent souvenir de ceux que je dégustais naguère au pays de mon épouse, du côté du Bassin d’Arcachon.


              • rocla+ rocla+ 18 août 2014 11:45

                Lionel Poîlane  s’ est crashé en hélico en rejoignant son ile 

                à l’ ouest . 

                Da fille Appolonia  , très jeune orpheline continue l’ affaire . 

                Poîlane était non seulement très doué dans son taf , en plus 
                il savait bien raconter les narrations concernant le pain .

                Un artiste .

              • Fergus Fergus 18 août 2014 12:13

                @ Rocla.

                Et je continue assez souvent, lorsque je vais à Paris, à aller acheter des pains au raisin ou des tartes aux pommes dans la boutique de la rue du Cherche-Midi. Le même aspect et la même saveur que dans les années 70. Un pur régal !


              • Pepe de Bienvenida (alternatif) 18 août 2014 13:24

                Tiens tu mets de la levure dans tes chichis ? Dans la recette des churros c’est uniquement farine et eau en quantités égales + sel. Le truc c’est de faire le mélange farine+ sel et de rajouter l’eau bien bouillante. En tout cas c’est comme ça que je l’ai toujours pratiqué et vu faire. La churreria était à 30 mètres de chez moi.


              • alinea alinea 18 août 2014 13:32

                Capitaine : c’est une chose d’exporter son savoir faire et sa culture culinaire, c’en est une autre d’aller dans le pays d’origine faire un copie industrielle du pain ! Que les Coréens viennent ici faire leur cuisine, nous serons heureux d’y goûter et d’y retourner si ça nous plaît, mais de grâce qu’ils ne déboulent pas tous dévoyer notre savoir-faire ( enfin quand je dis « notre », cf mon comm plus bas !! smiley )


              • rocla+ rocla+ 18 août 2014 13:48

                ule chichi de Marseille  est en pâte levée .


                Son vrai nom est «  chichi frégi » qui veut dire en marseillais « chichi chaud  » 

                dans le churros il n’ y a pas de levure . 

                les deux sont des beignets , le chichi est Français , le
                churros espagnol .

              • rocla+ rocla+ 18 août 2014 13:50

                Alinéa , 


                Il y a cinquante ans on avait de très jolies chemises blanches en 
                popeline , un tissu très sympa . 

                maintenant on a des chemises quatre fois moins cher et dix fois 
                moins jolies . 

                L’ évoloutionne est en marche .

              • Nicole Cheverney Nicole CHEVERNEY 18 août 2014 16:47

                Les Coréens devraient se contenter de n’utiliser les « baguettes » que pour le riz !

                Le reste, chacun sa culture !

                D’autant que la cuisine coréenne est excellente, comme sait l’être la gastronomie du sud- asiatique !


              • Fergus Fergus 18 août 2014 17:09

                @ Nicole.

                Je confirme, la gastronomie coréenne est excellente !


              • mmbbb 18 août 2014 19:34

                les chinois copient le modele europeen et americain Ils ont les memes maux obesites maladies cardiovasculaires diabetes etc C’est ca aussi la mondialisation Comme le disait un critique gastronome quand les chinois boufferont ils creveront Desormais bien que nous soyons au pays de Brillat Savarin les gouts s’uniformiseent J’avais regarde un salon de l’agriculture derriere les coulisses Test de jambon a l’aveugle le jambon artisanal fut rejete ( trop gras gout trop prononce ) Paradoxe derriere cette apparente diversite il y existe en effet une tres grand homogeneite La plupart des boulangerie ne font plus leurs patisseries et le flan patissier que j’aime est un gout uniforme comme beaucoup de produit dans nos civilisations Quant a votre remarque elle n’est pas fausse beaucoup de villes francaises sont belles mais leurs centres villes presentent les memes magasins franchises A quoi bon voyager .A Lyon au centre ville : banque Mac Do grande marque Les grands bistrots avec de beau decor disparaissent ( place bellecour ) et les fonds de commerce sont vendus Les temps changent les ambiances aussi .


              • Fergus Fergus 18 août 2014 20:11

                Bonsoir, Mmbbb.

                Comme je l’ai écrit ailleurs sur ce fil, les Asiatiques sont bel et bien les plus grands perdants de la mondialisation car ce n’est pas leur culture qui s’impose, mais les modèles venus des pays occidentaux. Cela ne me réjouit pas, bien au contraire, car c’est une perte pour la diversité de l’humanité.

                Pour ce qui est des goûts, il est incontestable qu’un nombre croissant de Français sont désormais rétifs aux goûts prononcés. On le constate notamment dans les domaines de la charcuterie (comme vous le soulignez) et de la fromagerie. Cela, je peux le constater un peu partout sur le territoire, moi qui suis un inconditionnel des produits très forts en goût, au point qu’il arrive que les commerçants que je fréquente me fassent cadeaux de produits devenus invendables !

                Pour ce qui de la pâtisserie, le constat est également négatif, mais j’y suis moins sensible, étant peu consommateur de gâteaux.

                Sur les centre-villes, celui de Rennes, symbolisé par la rue Le Bastard, entièrement piétonne, est particulièrement emblématique de l’évolution : plus de commerces de bouche, mais essentiellement des boutiques de fringues, des banques et des succursales d’opérateurs téléphoniques.

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