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Accueil du site > Actualités > Société > Brève de machine à café...

Brève de machine à café...

« Elle » prend une pause au milieu de sa matinée de travail et retrouve autour de la machine à café ses collègues. 
« Elle » n’y tient plus : « tu sais, j’attends un enfant ».
C’est vrai que ce jour, pourtant grisé par l’hiver finissant, est un des plus beaux jours de sa vie : elle savoure ces moments uniques où l’on se sait accompagnée du tout petit qui se prépare à entrer dans l’humanité.
Seulement voilà, l’humanité, on en manque quelque peu dans le milieu du travail et le code du travail n’y peut pas grand-chose.
  • - « Elle » était en CDD, ce sera sa dernière mission pour la banque qui l’employait,
  • - « Elle » était en période d’essai et celui-ci sera, comme par hasard, déclaré non concluant alors qu’elle n’avait eu aucune remarque au cours des 3 mois qui ont précédé la rupture du contrat de travail.
Le sexisme au quotidien, comme le racisme au quotidien, c’est quelque chose d’impalpable parce que profondément inscrit dans les automatismes d’un nombre toujours trop important d’entre nous, hommes et femmes au demeurant. 
 
Qui est allé dire qu’elles étaient enceintes à une direction des ressources humaines le nez rivé sur ses lignes budgétaires… les bonnes copines.
 
Le sexisme est profondément ancré dans nos usages au point qu’on ne le voit même plus. Comment expliquer autrement le maintien d’un différentiel de traitement salarial entre hommes et femmes même dans des entreprises qui mettent en œuvre des dispositions préventives.
 
Comment expliquer, si ce n’est par la prégnance des usages, la discrimination salariale à l’encontre des femmes dans une entreprise :
  • Où, il y a 250 femmes et 235 hommes donc presque la parité même s’il y a des types de postes plus masculins et d’autres plus féminins.
  • Où on recrute tout le monde au minima de sa catégorie d’emploi donc où il n’existe aucune discrimination à l’embauche.
  • Où les salariés bénéficient d’une GPEC (gestion des emplois et des compétences) et donc d’un entretien bisannuel de compétences.
  • Où tous les avancements sont présumés se faire « à la compétence » que l’on soit homme ou femme.
  • Où aucun hiérarchique ne peut savoir le nombre de points attribués en fonction du classement des salariés. C’est un logiciel qui calcule et il y a dans la formule des informations qui ne sont détenues que … par la machine : comme la situation indiciaire de l’intéressé (e) par rapport à la moyenne des situations de tous les salariés de sa catégorie…
  • Où, Il y a pratiquement autant de femmes promues en interne que d’hommes … avec un petit plafond de verre quand même : les cadres sup … sup. »
Voilà une entreprise qui, sur bien des points, pourrait être citée comme « exemplaire » et où, nonobstant, se manifeste une discrimination salariale à l’encontre des femmes quoique de moindre envergure que ce qui s’observe au niveau national.
 
Quand les femmes refuseront-elles que leur double journée leur occasionne une moindre valorisation de leur journée professionnelle de travail ? Pour elles, c’est chaque jour « travailler plus pour gagner moins » dans l’indifférence la plus totale y compris la leur, comme si c’était dans « l’ordre des choses ».
 
Il n’est pas suffisant de dénoncer cette profonde injustice, rapport social après rapport social.
 
Il est temps que l’on demande aux cadres de justifier par écrit les écarts de rémunération ne serait-ce que pour obtenir une réponse à cette question : pourquoi la naissance d’un enfant est-il un facteur de promotion pour son père et pourquoi cette même naissance est-elle dévalorisante pour sa mère ?

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6 réactions à cet article    


  • Asp Explorer Asp Explorer 7 mars 2009 11:56

    Ça a sûrement à voir avec la durée du congé parental, non ? J’ai rarement vu un homme s’absenter neuf mois de son poste pour changer les couches de son bébé.


    • mikael57fr 7 mars 2009 13:13

      Et quid du père qui peut aussi s’abesnter pour congé parental (car parental = un des parents). Et qui va mettre au monde nos enfants. Facile qu’on enleve 9 mois de carrière au femme pour ça car ces messieurs drh ont aussi une femme qu’il b... tous les soirs non.


    • non666 non666 7 mars 2009 15:39

      Tiens encore une pleurnicheuse qui vient tenter de nous culpabiliser sur notre destin d’homme.

      Bon, soyons courtois et repondons à la dame.
      Il se trouve que se sont les femmes qui portent les enfants , (meme si la Nature est profondement injuste et n’a pas prevu de mo-temps pour la gestation entre les sexes) et que cela influe pour le deroulement de carriere, en particulier pour les postes a responsabilité ou ceux pour qui la formation au poste est longue et couteuse.
      Pourquoi confier un poste a quelqu’un qui risque de tomber enceinte et qui obligera l’entreprise a un couteux recrutement provisoire ?
      Pour les entreprises ou il n’y a aucun contact avec la realité economique (fonction publique, monopole d’etat) la question ne se pose evidemment pas, le contribuable paie...
      ....mais pour les autres ?

      Or il se trouve que ce ne sont pas les hommes (vilains macho !) qui "discriminent" mais des FONCTIONS.
      Car meme dans des entreprises ou la DRH est une femme, ou le PDG est une femme, on se mefie des jeunes femmes sans enfants entre 30 et 40 ans...

      De plus de nombreuses femmes revendiquent juste une reintegration dans leur entreprise et souhaitent profiter de leurs enfants pendant les premières années. Le discours discriminationniste est le fait d’une minorité de pleureuses

      pour ma part cela devient très , très enervant de me voir toujours montrer du doigt par touites les corporations, toutes les minorités, toutes les clans

      Pour mon malheur, mon lobby a moi est silencieux.

      Je fait parti en effet du très discret et confidentiel lobby des gaulois blancs, heterosexuels et couilloux.
      nous ne sommes, après tout que 40% de la population de ce pays....
      Mais tous les autres n’ont de cessent de nous montrer du doigt pour notre mechanceté, notre egoisme, notre discrimination, notre antisemitisme, anti-feminisme, anti-communisme, homo-phobie, anti-tout-ce-que je ne-suis-pas-et-qu’eux defendent....

      C’est donc la valse permanente des pleurnicheuses de tout acabit, de tout nature.

      Je ne suis pas responsable de ça .
      Cela commence meme a me saouler, gravement.


      • carnac carnac 7 mars 2009 21:54

        Tout d’abord il n’y a aucune pleurnicherie dans mon propos : il se trouve qu’en ce 8 mars je parle de la discrimination salariale homme femme. Si vous aviez regardé le lien qui se trouve dans l’article vous auriez pu constater que la méthodologie que je mets en ligne sur mon site permet de révèler toute discrimination salariale sans exclusive.

        Personnellement lorsque le 8 Mars n’existera plus, je serais fort heureuse : que diriez-vous, cher Monsieur , si la communauté se sentait obligée de fêter un jour par an "les couilleux" comme vous dîtes ? vous n’apprécieriez pas d’être traité comme "une espèce à protéger" ce qui laisse entendre qu’on la menace .

        Le 8 Mars existe parce que, dans bien des pays , le sort réservé aux petites filles est dramatique depuis leur naissance (en chine par exemple) , jusqu’en leur âge adulte (sur le continent africain par exemple) .

        En France où "la femme est l’avenir de l’homme" depuis quelques décennies déjà ... on en est à lutte des sexes matérialisée jusque dans les bureaux et les usines par des discriminations salariales persistantes et c’est l’objet de mon article qui n’a rien de pleurnicheur mais qui est un article de "combat" invitant les discriminés à prendre en main leur situation sur leur lieu de travail en exigeant quelques explications de leur hiérarchie.

        Ne vous y trompez pas l’injustice dont font l’objet les femmes c’est aussi celle qui vous transforme en kleenex au service de dividendes boursiers que vous soyez d’ailleurs salarié ou patron si vous ne faîtes pas partie des 10% de l’humanité actuellement en veine de fortune (en attendant de la perdre) ...

        Il y a des biens supérieurs qui ne sont pas à vendre parmi eux il y a l’avenir de l’espèce qui nécessite un peu plus de hauteur de vue que celle d’un petit fonctionnaire comptable ... et idéologue de votre acabit.


        Oui, il faut pour que votre enfant cher Monsieur entre en "humanité" que son père c’est à dire vous, ou sa mère , par le congé parental soit présent à ses cotés dans les premières années de sa vie ... On a encore rien trouvé de mieux pour faire d’un enfant, un Homme.


      • Neris 8 mars 2009 21:46

        La discrimination salariale est en train de s’estomper pour la grande majorité laborieuse.

        Vu que le Smic prend de l’ampleur et gagne tous les secteurs.

        Quant au temps partiel, là aussi, ça gagne les messieurs à vitesse exponentielle.

        Pour les autres, y’a sûrement encore trop de différence, mais ils finiront bien par faire comme tout le monde : perdre leur boulot et être obligés de repartir ailleurs au Smic !!


      • carnac carnac 9 mars 2009 11:08

        Pas faux ... la discrimination salariale s’estompe par le bas ...

        Tous et toutes aux manifs du 19 MARS par conséquent

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