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Accueil du site > Actualités > Société > Brutalité patronale et résistance ouvrière

Brutalité patronale et résistance ouvrière

« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de lutte de classes.(...) Oppresseurs et opprimés, en opposition constante, ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée ». (1)

« Qu’est ce que c’est que cette histoire d’aller séquestrer les gens ? (...) Je ne laisserai pas faire les choses comme ça » menaçait N. Sarkozy » (2). De leur côté, les organisations patronales s’inquiètent de la multiplication de cette forme de lutte sociale : « La CGPME, le MEDEF et l’UPA sont préoccupés par l’évolution du débat sur les séquestrations de dirigeants ou de collaborateurs d’entreprises »(3).

« Plutôt crever que de satisfaire les salariés » déclarait brutalement Didier Leroy, directeur de Toyota France. (4)

« Ils ne comprennent pas que ça fait cinq semaines qu’on est gentils, qu’on ne dit rien, qu’on se retient. Ils ont eu des moutons, et maintenant ils ont des lions » disait Xavier Mathieu délégué CGT de Continental (5).

« Toutes mes propositions ont pour objectif d’associer les salariés et les actionnaires à la destinée des entreprises(...). Cette coopération permettrait de mettre fin à l’esprit de lutte des classes » pense très sincèrement Serge Dassault (6).

N’en déplaise au chef de l’Etat et aux patrons, la lutte des classes est bel et bien une réalité.


Séquestrations, occupations d’usines, grèves et autres manifestations se succèdent et se développent au rythme des licenciements et des fermetures de sites. Capital contre travail, exploiteur contre exploité, profit contre salaire, violence sociale ouvrière contre violence sociale patronale ! 

Mais la violence patronale est masquée, invisible ; elle est même légale. Licencier les salariés pour motif économique par exemple est une disposition inscrite dans le code du travail : « Constitue un licenciement pour motif économique le licenciement effectué par un employeur pour un ou plusieurs motifs (…) résultant d’une suppression ou transformation d’emploi consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques »(article L 321-1).

La violence salariale, elle, est montrée, visible, médiatisée et de surcroît rendue illégale. « Les salariés de Continental saccagent la sous-préfecture de Compiègne » titrait en gros le journal Le Monde(7). « La colère explose chez les salariés de Continental » annonce de son côté Le Dauphiné Libéré (8). Et toute « entrave à la liberté de travailler » est punie par la loi. Ainsi le17 avril 2009, dix-neuf salariés de l’entreprise Caterpillar ont été traînés devant la justice et condamnés pour ce motif (9). Le 22 avril le premier ministre François Fillon menaçait les salariés de Continental de « poursuites judiciaires ». Combien de salariés ont été et seront traduits devant les tribunaux alors qu’ils ne demandent justement qu’à travailler ? « On pourrait travailler. La fermeture, c’est pour mettre une pression supplémentaire », a déclaré à l’AFP un salarié de Continental (10). Mais pour les patrons, « liberté de travailler » signifie avant tout liberté de licencier !

Le vocabulaire utilisé n’est pas innocent non plus : plan de restructuration, plan social, licenciement, chômage partiel etc. ne sont pas en eux-même des termes violents même s’ils masquent des réalités terribles pour les salariés. Par contre des mots comme séquestrations, occupations et blocages d’usines, piquets de grève etc. évoquent une certaine violence même s’il ne s’agit, le plus souvent, que de moyens symboliques utilisés par les ouvriers pour se défendre justement contre la violence sociale patronale. Elle constitue une réaction à la violence sociale des employeurs. Il serait plus juste de parler de résistance ouvrière contre brutalité patronale. C’est peut-être l’une des raisons qui explique qu’elle est comprise voire soutenue par une majorité de citoyens. Les salariés sont contraints et poussés par le fonctionnement même du capitalisme à se défendre, à se révolter. Ils refusent cette situation aliénante qu’on leur impose. Ils sont conscients de leur existence inhumaine. La bourgeoisie, elle, ne voit dans cette situation que les signes de sa puissance et de sa domination. Cet état lui donne l’illusion d’une existence humaine. Elle se complaît dans sa propre aliénation ! Elle est inconsciente des ravages qu’elle engendre. Cette classe est condamnée par l’histoire. Seule la classe des travailleurs est porteuse d’espoir. 

Aujourd’hui, les salariés sont sur la défensive. Leur lutte contre le capital ne vise pas à arracher de nouveaux droits sociaux, mais, dans la plupart des cas, se battent pour garder leurs emplois ou obtenir de meilleures conditions pour les quitter.

Offensive ou défensive, le combat des salariés contre leurs employeurs reste permanent. Les lois et les mécanismes du système basés sur l’exploitation du travail salarié, les intérêts contradictoires des deux classes qu’il engendre, ne peuvent que produire et reproduire cette guerre de classes. Celle-ci n’est cependant pas toujours menée ouvertement. Souvent, elle est feutrée, voilée, maquillée, mais toujours présente et, somme toute, brutale nonobstant les apparences. Ici, les salariés et les patrons se transforment en « partenaires sociaux ». Ils se rencontrent, discutent, dialoguent, signent des accords, lisent ensemble des communiqués de presse etc. Ils donnent l’impression de s’entendre, que leurs intérêts sont, à quelques nuances près, les mêmes. Ils représentent « les forces vives de la nation » qui travaillent main dans la main au maintien de la paix sociale. Classes et lutte de classes seraient désormais des mots du passé , des vieilleries d’un autre âge. La lutte des classes est ter-mi-née (pour paraphraser Orwell).

Mais la réalité est têtue. Elle s’impose à tout le monde malgré l’intense propagande de l’idéologie dominante pour la dissimuler. La guerre livrée sans pitié aux ouvriers par les patrons continue à faire ravage dans les usines, dans les ateliers, sur les chaînes de montage et partout où le profit impose sa loi : licenciements collectifs, précarité, flexibilité, chômage partiel et heures supplémentaires souvent non payées, cadences infernales, humiliations, harcèlement en tout genre, etc.

A l’extérieur de l’entreprise, l’Etat prend la relève : démantèlement du droit du travail, remise en cause des trente-cinq heures, atteinte au droit de grève, suppression de l’autorisation administrative de licenciement et de l’indexation des salaires sur les prix. En même temps, L’Etat accorde des milliards et des milliards d’euros aux patrons des banques et de de l’automobile, réduit la TVA dans la restauration, supprime la taxe professionnelle et l’impôt forfaitaire annuel, diminue les cotisations sur les bas salaires, en particulier la fameuse « ristourne Juppé » et « Réduction Fillon ». La liste des exonérations et des cadeaux fiscaux octroyés aux employeurs est trop longue pour pouvoir la reproduire ici.

La lutte des classes est donc menée par ceux-là même qui la nient !

Les salariés qui luttent pour sauvegarder leurs emplois, pour l’augmentation des salaires ou pour l’amélioration générale de leur situation, doivent comprendre aussi qu’ils se battent contre les effets et non contre les causes de ces mêmes effets. Ce combat est indispensable s’ils veulent éviter de tomber encore plus bas dans la misère. Mais cela ne suffit pas. Il faut qu’ils s’attaquent également aux racines du mal c’est à dire au capitalisme lui-même.

Mohamed Belaali


(1) K. Marx, F Engels. Manifeste du parti communiste

(2) http://www.lefigaro.fr/politique/2009/04/07/01002-20090407ARTFIG00493-sequestrations-des-patrons-sarkozy-ne-laissera-pas-faire-.php

(3) http://www.medef92nord.fr/main/core.php?pag_id=138275 

(4) http://www.usinenouvelle.com/article/toyota-onnaing-usine-debloquee-apres-14-jours-de-greve.162890

(5) Le Monde Diplomatique, mai 2009 p.15. 

(6)http://www.lefigaro.fr/debats/20061109.FIG000000038_la_gestion_participative_pour_en_finir_avec_la_lutte_des_classes.html

(7) http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/04/21/les-salaries-de-continental-deboutes-sur-tous-les-points_1183615_3234.html

(8) http://www.ledauphine.com/la-colere-explose-chez-les-salaries-de-continental-deboutes-par-le-tribunal-de-sarreguemines-@/index.jspz ?article=122669

(9) http://www.ledauphine.com/justice-dix-neuf-salaries-condamnes-caterpillar-a-eu-gain-de-cause-@/index.jspz?article=121114&chaine=14

(10)http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gvJpKM23DQXorzDAMFCN_ZzvpMJw


Moyenne des avis sur cet article :  4.11/5   (18 votes)




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19 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 30 avril 2009 13:32

    Il faudrait arretter d’utiliser le therme OUVRIER, ce n’est pas fédérateur, beaucoup de gens ne se sentent pas « ouvrier » ou travailleur car ils ne sentent pas qu’en travaillant ils sont dans des usines.( et de plus cela renvoit a d’ancienne lutte de « gauche »/socialiste/ ou communiste, qui aujourd’hui ont laissé un mauvais gout en tout cas on s’en moque et on dénigre, c’est qu’ils ont réussit a mettre dans la tete de tous).

     Cherchons un autre mot.


    • Kalki Kalki 30 avril 2009 13:36

      Pour reformuler, le therme ouvrier ou travailleur a une connotation de gauche

      Alors que plus personne n’est (ou ne se sent de gauche).
      ( Sauf ceux qui le sont encore un peu )

      Ce que je veux dire c’est qu’il y a une aversion, les mots font fuire ou ferment les portes, les gens en majorité se croient de « droite » (et se sont crus de droite les 3 dernières élections).

      C’est la réalité, et il faut faire avec ceci pour partir du bon pied pour avancer ( et changer les choses).


    • Kalki Kalki 30 avril 2009 13:40

      Cela ne veut surtout pas dire qu’il faut utiliser les MOTS de l’idéologie de droite,
      le libéralisme, le marché, le capital merveilleusement répartit par magie à ceux qui le méritent et à la société ( car l’économie fait partie des sociétés ’humaine’ n’est ce pas ?) ...

      Il faut ’inventer’, choisir d’autre mot.

      Ca c’est juste du point de vue de la communication, mais de la communication sans projet de fond, sans réel vision « novatrice » et équitable, ca n’avance à rien.

      Alors oui il y a ceux qui par paresse retombe dans ce qui à était fait de par le passé, c’est à dire ceux qui ne cherchent pas à tirer de leçons pour faire au mieux.


    • Olga Olga 30 avril 2009 13:59

      Cherchons un autre mot.

      Main-d’œuvre jetable ?

    • Marianne Marianne 30 avril 2009 14:29

      Oui Olga, votre proposition me paraît bonne.

      Certains mots sont peut-être galvaudés (quoique ?) mais les faits sont têtus :

      Selon un sondage CSA-L’Humanité (réalisé les 28 et 29 avril)

      - 72% des français soutiennent ou ont de la sympathie pour les manifs du 1er Mai !

      Et ce n’est pas tout :

      - 90% se prononcent (tout à fait favorables ou plutôt favorables) pour des aides publiques aux entreprises seulement si elles s’engagent à maintenir l’emploi.

      - 89% pour développer le logement social.

      - 85% pour diminuer la distribution des dividendes aux actionnaires et augmenter en contrepartie les salaires et l’investissement.

      - 77% pour réglementer la sphère financière internationale : lutte contre les paradis fiscaux, encadrement des mouvements de capitaux.

      - 53% pour revenir sur les 30.000 suppressions d’emplois dans la fonction publique en 2009.

      Finalement les gens sont peut-être de gauche sans le savoir... ?

      Merci pour cet excellent papier.


    • vienzy 30 avril 2009 16:00

      Un des gros problèmes de la France est qu’on n’a pas encore eu de formation de gauche.

      On a eu des formations de droite et des formations autoritaires au service de représentants de classes sociales (utoupie, je le sais, on me l’a tellement dit, mais il est temps de mettre au point une idéologie qui prenne en compte chaque humain (qui ne sesra donc plus appuyée sur des religions, qui sont racistes, haineuses, totalitaires et esclavagistes (lutte des classes, par exemple))


    • Kalki Kalki 1er mai 2009 15:09

      @mariane oui je sais, mais c’est épisodique/systemique : les francais ( ou les autres citoyens du monde, exemple juste les usa) votent pour des cons, avec une politique pourtant claire et affiché (ici une politique de droite liberal /« anarchie de droite »)... Et apres ils s’en mordent les doigts, mais on ne leur a pas mentit, on a meme affiché cette politique, et ils y ont adhérés (meme si c’est à cause de manipulation/propagande), et ils ont votés et sont responsables de l’élection de cons, avec des politique inégalitaire.

      ILS SONT RESPONSABLES, c’est ca la citoyenneté.

      Il peuvent toujours s’en mordrent les doigts par la suites, on ne refait pas le cours des événements, ils ont choisis dans leur république, c’est de leur fautes si ils ne comprennent rien a la politique et se font avoir a chaque fois ( A CHAQUE FOIS, POUR DES SIECLES ET DES SIECLES !)


    • Kalki Kalki 1er mai 2009 16:04

      Des synonyme d’ouvrier : travailleur, manoeuvre, salarié, ouvrier spécialisé, O S, prolétaire, tâcheron, journalier, manouvrier, compagnon, personnel, main-doeuvre, employé.

      Un synonyme d’ouvrier : je propose
      Rouage
      Rouages, d’une machination qu’on appelle société/systeme
      Esclave
      Esclave, des temps modernes pas si modernes que cela.

      Esclave : personne qui est obligé de faire quelque chose, pour un ou des autres, ( une « autre classe » ou tout simplement parceque la société veut optimiser les rouages, les esclaves, en nommant l’économie, ce qui veut dire le profit, le profit mais pas répartie :).
      Dont les fruits du travail ne sont pas réparties équitablement, ( au profit de la « classe dirigeante », et une classe de parasite du systeme, société, les « actionnaires », toutes la finance pour la finance, et l’économie pour l’économie).

      C’est vieux comme le monde.
      Ca ne veut pas dire qu’il faut l’accepter.


    • titi 30 avril 2009 14:15

      « résultant d’une suppression ou transformation d’emploi consécutives notamment à des difficultés économiques ou à des mutations technologiques  »

      Vous avez raison...
      Dans ma famille on était tous rémouleurs !!
      Et sur un prétexte fallacieux de ralentissement économique tous ont été licenciés.

      Réintégrons les rémouleurs, les charrons, les éleveurs de vers à soie, les cochers, etc... dont les emplois ont été honteusement détruits sans aucune raison valable.

      C’est immoral de licencier les gens. Même quand on a plus d’argent dans les caisses pour les payer. Il faut maintenir l’emploi coute que coute, même si pour celà les salariés doivent travailler gratuitement.


      Blague à part...
      Avez vous des enfants ? Si oui vous avez surement fait appel à une nourrice pour les garder lorsqu’ils étaient petits.
      Lorsqu’ils ont eu 3 ans, vous n’avez pas gardé la nourrice : les enfants allaient à l’école donc plus besoin de conserver le nourrice sauf à la payer à rien faire.
      Ca tombe sous le sens.
      Pourquoi en serait il autrement pour une entreprise ?





      • Olga Olga 30 avril 2009 15:16

        Bon, titi, la comparaison avec une nounou c’est un peu tiré par les cheveux... La nounou sait à l’avance que l’enfant qu’elle garde va aller à l’école à partir d’un certain âge. Elle a tout le temps d’en discuter avec les parents et de trouver un autre enfant à garder...

        Pour les Continental par contre, on leur avait gentiment expliqué que leur usine ne fermerait pas s’ils travaillaient plus sans augmentation de salaire ; ce qu’ils ont fait. Et résultat des courses, l’usine ferme du jour au lendemain. 
        Pour continuer dans la comparaison avec une nounou : il sera beaucoup plus facile pour une nounou de trouver un autre enfant à garder, que pour les Continental de trouver une autre usine de pneus prête à les embaucher en ce moment... 
        Remarquez, toutes les personnes qui ont de jeunes enfants et qui vont se retrouver sur le carreau, pourront garder elles-mêmes leurs enfants, tant qu’elles n’auront pas trouvé un nouvel emploi. Du coup ça va mettre aussi des nounous sur le carreau. Et donc les Continental qui envisageraient de se reconvertir en nounou vont se retrouver dans une impasse... 
        Finalement c’est cette dictature du profit qui est une impasse...



      • NOVATEM NOVATEM 1er mai 2009 12:04

        Bonjour,

        Votre remarque permet de rebondir sur la question de la formation professionnelle,...Car il faut aussi s’adapter à l’évolution des technologies et des métiers de manière plus générale.

        Or, la possibilité de reclassement ou d’intégrer un nouvel emploi peut être compromis par une formation professionnelle insuffisante.

        Certes, en ce domaine, l’employeur a légalement une responsabilité importante (pour reprendre les termes du code du travail - article L6321-1 :

        « L’employeur assure l’adaptation des salariés à leur poste de travail. »

        « Il veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l’évolution des emplois, des technologies et des organisations. »
        (...)« 

        Si »Assurer« l’adaptation des salariés à leur poste de travail implique la responsabilité exclusive de l’employeur, l’utilisation du terme »veiller«  par contre laisse la place à une responsabilité partagée qui peut, depuis 2004, trouver sa concrétisation par le DIF (Droit Individuel à la formation), dispositif par lequel, à concurrence d’un certain volume d’heures, le salarié peut faire des propositions de formation.

        Or, pour le moment, et alors que bon nombre de ces salariés disposent aujourd’hui de 100 heures (Ceux qui étaient en CDI à temps plein en 2004), peu en ont profité (mois de 5%).

        Ces heures sont censées être financées par l’employeur à titre principal.

        En réalité, combien ont demandé à profiter de ce dispositif ? Probablement assez peu...

        N’est-ce pas un formidable gâchis ?

        C’est d’autant plus grave qu’il n’est pas possible de cumuler plus de 6 ans (soit 120 heures dans la majorité des cas) ; à défaut d’utilisation en tout ou partie, beaucoup de salariés verront leurs compteurs »gelés" l’année prochaine...

        Les heures en déshérence dépassent probablement le milliard (pour chaque salarié, c’est depuis 2004, 20 heures par an sauf accord de branche plus favorable- faites le calcul).

        Bruno Callens

        Docteur en Droit

        Sur ce dispositif, un forum : http://www.le-dif-en-questions.fr


      • Walden Walden 30 avril 2009 14:27

        « Il serait plus juste de parler de résistance ouvrière contre brutalité patronale » plutôt que de séquestrations et de plan sociaux... en effet, la terminologie n’est pas neutre.

        C’est pourquoi, dans le même ordre d’idées, vouloir absolument parler de luttes des classes renvoie à une grille de lecture marxiste élimée par l’Histoire, avec l’inévitable connotation de projet de dictature du prolétariat qui lui colle à la peau. En ce sens, je rejoins l’intervention précédente.

        Le concept de lutte des classes renvoie à l’idée d’une opposition nécessaire de catégories de populations. Alors qu’en réalité, d’une part il y a des milieux sociaux avec une probalité de reproduction sociale qui n’est pas strictement déterminante, d’autre part, il y a au sein de ces milieux des stratégies de connivence qui peuvent varier au gré des circonstances.

        Vouloir résumer des phénomènes contingents de luttes sociales entre groupes d’oppression et d’opprimés, en termes de « classes » instituées revient implicitement à désigner « l’ennemi de classe », en faisant l’impasse sur ses motivations, qui ne sont pas d’ordre collectif, mais individuel : la course au profit, et celle au confort soumis du travail salarié, qui sont toutes deux des aliénations « symétriques » et interdépendantes.

        Et se désigner un ennemi, qu’en tant que tel il faudrait tuer symboliquement, sinon réellement, cela évite d’avoir à résoudre cette équation insoluble de la dépendance mutuelle intrinsèquement liée à la relation aliénante du salariat, dont le paramètre constant est la production industrielle.

        L’industrialisation pour la production de masse appelle le renfort du capital pour financer les infrasrtructures indispensables. Le capital cherche par là les moyens de sa rentabilité. Celle-ci se construit sur le dos des salariés.

        Puis la production de masse a besoin de débouchés : c’est ainsi qu’on encourage la consommation de masse. Le salarié devient en même temps consommateur. Il est à la fois à un bout de la chaîne et à l’autre, et au milieu, le capital s’enrichit. Ce qui n’est qu’un effet du système. C’est pourquoi, vouloir remettre en cause le système, ce n’est pas seulement s’attaquer au capitalisme, qui n’est qu’un effet d’opportunisme. C’est remettre en question, et le mode de production de masse, autrement dit le modèle industriel, avec le corollaire de l’hyperconsommation, et la relation aliénante au travail, autrement dit le salariat.

        Il faut donc imaginer une société d’individus volontairement sobres, et autonomes smiley


        • Marianne Marianne 30 avril 2009 14:38

          « Et se désigner un ennemi, qu’en tant que tel il faudrait tuer symboliquement, sinon réellement, cela évite d’avoir à résoudre cette équation insoluble... »

          Effectivement, si cette équation est insoluble, il est inutile de chercher à la résoudre...

          Pourtant 1 = 1 est correct.

          Mais 1 patron ou 10 actionnaires = 10.000 salariés, ça ne colle pas !

          Il doit y avoir une solution non ?

          Par exemple :

          1 homme = 1 homme

          1 homme = 1 femme

          1 homme = 1 voix (ça s’appelle la démocratie et à l’entreprise, on en est très loin...)


        • Walden Walden 30 avril 2009 16:24

          « Effectivement, si cette équation est insoluble, il est inutile de chercher à la résoudre... »
          N’est-ce-pas ?

          Dans une perspective de justice sociale, d’équité, il est absolument inutile de prétendre réformer un système de production/consommation dont tous les acteurs profitent à un niveau ou un autre, les capitalistes d’un côté, les salariés-consommateurs de l’autre... avec un nombre croissant d’exclus du système, de laissés pour compte auxquels on donne à peine les moyens de survivre chez nous, ou bien qu’on laisse carrément crever dans les pays sous domination économique (le lumpenproletariat, selon la réthorique marxiste qui a tendance à l’oublier).

          => Si l’on veut inclure tout le monde, il faut commencer par abandonner le système à exclure les autres, et les privilèges qu’il engendre pour les uns.

          Ceci étant, la démocratie dans l’entreprise, bien sûr, c’est possible : ça existe par exemple dans le secteur coopératif, dans lequel il n’y a pas d’actions côtées en bourse, mais des parts sociales, où l’on peut statutairement décider que quel que soit le nombre de parts investies, 1 homme = 1 voix.


        • Daniel Roux Daniel R 30 avril 2009 16:50

          A part sur Agoravox, le Diplo et le Canard Enchaîné, je ne vois pas où la grande majorité des électeurs, les 80% qui n’exploitent personne, pourraient s’informer de leurs intérêts, dans leur intérêt.

          Les télés, les journeaux, les radios sont soit sous le contrôle de Sarkozy (vous savez celui qui est responsable de tout et qui dégomme ou nomme qui il veut), soit sous le contrôle des financiers amis du même Sarkozy.

          Pour qu’une démocratie fonctionne, les citoyens doivent être éduqués et informés. Mais nous savons que l’Union Européenne n’est pas démocratique. Elle s’est construite de façon autoritaire, en dissimulant les buts réels et en manipulant les peuples.

          En Europe et plus particulièrement en France, les gens votent aveuglément pour leurs ennemis de classe faute d’être correctement éduqués et informés. 

          Le système est tellement dévoyé et pourri que 53% des électeurs se sont tirés une balle dans le pied en 2007 avec l’aide des abstentionnistes.


          • Marianne Marianne 30 avril 2009 17:52

            « A part sur Agoravox, le Diplo et le Canard Enchaîné, je ne vois pas où la grande majorité des électeurs, les 80% qui n’exploitent personne, pourraient s’informer de leurs intérêts, dans leur intérêt. »

            Daniel R, je vais vous paraître un peu rabat-joie mais les électeurs peuvent aussi s’informer de leurs intérêts

            ici :

            http://www.cgt.fr/

            http://www.humanite.fr/

            et là :

            http://www.frontdegauche.eu/

            http://www.guengl.eu/showPage.jsp?ID=1&DID=null&ISSUE=0&M=-1&Y=-1&GALLERY=null&SEARCH=0

            entre autres...


            • Daniel Roux Daniel R 30 avril 2009 18:40

              Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.

              Lorsque j’évoque l’information et la formation des citoyens, je pense principalement aux débats contradictoires qui permettent de se forger sa propre opinion et donc de voter en conscience.

              Quoique dans le Canard, il y ait peu de débat contradictoire, mais au moins on sourit devant la vanité du pouvoir, on grince en découvrant les manipulations et les mensonges, on trépigne en découvrant l’absurdité de certaines décisions, et finalement, d’énervement, on froisse le vénérable palmipède.

              Dans le Diplo, la réalité crue et l’avidité brute dévoilée, deviennent vite insupportable pour les âmes sensibles.

              Finalement, il n’y a qu’avec Agoravox que l’on peut à la fois s’informer, s’exprimer et réagir avec nos semblables.

              Quelqu’un sait-il où l’on peut trouver l’audience hebdo d’Agoravox ou la moyenne journalière ?


            • Le péripate Le péripate 1er mai 2009 10:58

              « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de lutte de classes. »


              Le bon vieux matérialisme historique. Les marxistes ont fait beaucoup d’effort pour théoriser les sociétés premières (ou primitives) selon cette axiome. Echec sur toute la ligne. Cette idéologie est à jeter à la poubelle.




              • viking 1er mai 2009 23:11

                Le Péripate 

                Dire que ce pauvre type s’est présenté à nous comme venant de la gauche. Maintenant qu’il s’est fait démasquer, il me fait de plus en plus rire.

                Il ne sait même pas ce que le mot matérialiste veut dire. C’est vous signaler un peu son manque de culture. Il faut donc le débêtir. Le matérialiste ne veut prendre en considération que la réalité matérielle ( objet et expérience vécue ) en disant que tout le reste n’est que rêve et illusion. Cette idéologie, le matérialisme s’oppose donc à l’idéologie spiritualiste qui considère qu’il existe une autre réalité que celle des objets ( matériel ) existants dans le monde.

                Les spiritualistes de leur coté prêchent donc que le monde des idées ( et des croyances ) qui ne peut exister en nous qu’immatériellement, est une réalité suprême. Cette opposition idéologique et très conflictuelle existe depuis que l’homme pense. D’un coté les uns imposent une croyance en un Dieu nécessaire dont la preuve de réalité serait donnée non pas par une perception mais par un raisonnement. Dieu existe en nous du fait que nous y pensons et le concevons. C’est la preuve ontologique. Et de l’autre, les matérialistes répondent que Dieu n’est pas nécessaire en s’appuyant sur leur expérience en disant qu’on peut très bien vivre sans «  Lui. » L’argument qu’ils nous donnent pour étayer leur idéologie et de dire que « je me porte aussi bien que vous sans Dieu parce qu’il n’est après tout qu’une idée que l’on peut très bien oublier » 

                Ce conflit est sans fin car chacun veut avoir raison sur l’autre et le parti le plus violent ici ne sont pas ceux auxquels vous pensez, mon cher Péripate… les plus violents ce sont ces religieux qui perdent tout leur pouvoir devant les athées parce que ceux-là s’appuieront toujours pour affirmer leurs dogmes et raisonnements sur la réalité matérielle des objets autrement dit : la science. Par exemple, l’existence des fossiles et leurs datations pour réfuter la Genèse contenue dans la bible comme explication de la création du monde.

                Néanmoins les matérialistes doivent faire des concessions aux spiritualistes parce qu’ils ne peuvent nier la substance de leurs rêves ou de leurs idées car selon Descartes chaque fois que nous concevons quelques chose en esprit nous ne pouvons pas nier vis à vis de nous même l’existence de cette idée en soi ou de l’avoir conçue. 

                Et les spiritualistes de leurs cotés sont obligés de concéder aux matérialistes les preuves d’existences des objets comme par exemple celles des fossiles des dinosaures qu’ils viennent d’intégrer à leur panthéon comme faisant partie de la création divine bien que leurs livres sacrées la bible comme les évangiles ne les mentionnent même pas.

                Tu vois, Le Péripate, quand tu dis que : « Le bon vieux matérialisme historique. Les marxistes ont fait beaucoup d’effort pour théoriser les sociétés premières (ou primitives) selon cet axiome. Echec sur toute la ligne. Cette idéologie est à jeter à la poubelle » avec une ânerie pareille, tu as l’air d’être un con incommensurable.

                Pour finir, c’est le spiritualisme qui engendre le matérialiste et vice versa le matérialiste le spiritualisme. Ils sont tous deux inséparables comme la montagne et sa vallée. Si t’es capable de concevoir une montagne sans la vallée alors là, mon Péripate, je serais dans l’incapacité de ne pas m’éclater de rire devant ce ridicule car cette négation serait un sophisme suprême qui reviendrait à affirmer que le concept de hauteur existerait sans le concept de bassesse.

                Imbécile donc quand tu dis que l’idéologie matérialiste est à jeter dans la poubelle car à chaque fois que tu affirmes quelque chose, tu as forcément en esprit l’idée de son contraire.

                Djanel vient une fois encore de réduire le Péripate dans l’incapacité de lui répondre…

                Qu’est ce que je me marre sur Agora vox avec des zigotos pareils ! 
                 
                Il n’y a plus de smileys rigoleurs

                Il n’y a plus de pinard dans la cave

                Il n’y a plus de diamant dans la mine.


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Auteur de l'article

Mohamed Belaali


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