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Burka, islamophobie et féminisme

 

Sur un fond d’identité nationale, le débat sur la burka fait sensation. On parle d’intégrité de la femme, de fondamentalisme, de valeurs de la république et même de féminisme. Beaucoup de paroles, qui, prononcées sans avoir tourner sept fois sa langue dans sa bouche, peuvent s’avérer à la limite de l’acceptable, voire même frôler les discours xénophobes de l’extrême-droite. Il va sans dire que nous avons affaire à une problématique complexe, délicate, qui demande à être contemplée avec toute l’objectivité et la rationalité qu’elle mérite, afin de prendre les mesures nécessaires pour résoudre le problème sans porter atteinte aux droits des personnes concernées.
 
La burka dérange, choque. On peut comprendre pourquoi : il s’agit d’une tenue inhabituelle, non conforme aux habitudes vestimentaires de notre société occidentale, mais surtout qui évoque des horreurs morales contraires aux fondements de notre république. La burka serait un symbole de l’oppression de la femme, du fondamentalisme religieux et porterait atteinte à la sécurité civile. Il convient de préciser que la burka est portée par une minorité infime de la communauté musulmane. De plus, le phénomène étant encore si réduit, les raisons de cette pratique sont encore mal connues. Il semble donc peu judicieux de formuler une loi sans connaitre en profondeur toutes les composantes du phénomène. Pourquoi ces femmes, en grande majorité citoyennes françaises, ont-elles pris la décision d’arborer cet habit si peu conventionnel ? Quel est l’impact de cette pratique dans notre société ?
 
Si certaines de ces femmes font l’objet de pressions morales, de menaces et qu’elles portent le voile intégral contre leur gré, elles sont alors des victimes et notre devoir est de les aider et de les protéger. Si elles font l’objet de violences morales et psychologiques, il est de notre devoir d’être à leur écoute, de les prendre en charge dans des structures de soutien, de faire en sorte qu’elles puissent s’émanciper et se réinsérer dans la société. Une loi les empêchant de circuler, les isolant, les stigmatisant ne contribuerait donc en aucune manière à ces fins. Au contraire, cette loi ne ferait qu’empirer leur situation en faisant d’elles des criminelles. Elles ne seraient plus prisonnières de ces prisons de tissu, mais alors de vraies prisons, avec quatre murs, leur foyer, ou bien elles seraient condamnées à sortir en toute clandestinité au risque de subir une interpellation publique, source de stress et d’humiliation.
 
Mais qu’en est-il alors des femmes qui revendiquent leur décision, qui revendiquent leur identité, leur culture, leurs croyances ? La moindre des choses serait d’être également à leur écoute et de comprendre les raisons de leur choix avant d’approuver une loi qui porterait atteinte à leurs libertés individuelles. On parle de féminisme mais le rôle d’un ou d’une féministe est tout d’abord de défendre les droits et la dignité des femmes. Il est donc important de s’assurer que ces femmes jouissent pleinement de leurs libertés de décision, d’expression et de confession, au même titre que tous les citoyens français, lors de la formulation de cette loi. Or tout au long de ce débat, la parole n’a été donnée à aucune des premières concernées. Par ailleurs, le rôle d’un ou d’une féministe est aussi de lutter pour faire avancer les mœurs, pour faire prendre conscience aux hommes comme aux femmes que la place de la femme dans la société est encore bien loin d’être à égalité avec celle de l’homme. Mais il s’agit là d’une lutte globale et il est souvent plus facile de voir les problèmes chez son voisin que chez soi.
 
En effet, ces femmes acceptent de porter la burka parce que leur culture le stipule, pour être acceptées socialement. Il en est de même pour les femmes occidentales lorsque celles-ci acceptent de subir la douleur de l’épilation, de se colorer les cheveux avec des produits chimiques, de porter de la lingerie, des talons hauts, des mini-jupes afin de plaire aux hommes et d’être acceptées socialement, et dans les cas extrêmes, d’infliger à leur corps des violences telles que la chirurgie esthétique ou d’être bafouée et humiliée dans des films et revues pornographiques. En acceptant et en perpétuant ces habitudes culturelles afin d’évoluer dans la société de façon « normale », les femmes acceptent d’être la représentation du fantasme sexuel de l’homme. Cependant, la violence de ces actes passe complètement inaperçue car ceux-ci sont ancrés dans les us et coutumes de notre société. La burka n’est qu’un symbole de plus témoignant de l’oppression sociale de la femme dans le monde, un symbole qui choque, car méconnu et appartenant à une culture différente. Il n’est bien sûr pas question d’interdire la cire à épiler, la chirurgie esthétique, ni même la pornographie, pour la bonne raison qu’il ne s’agit que de manifestations du problème et que leur interdiction ne servirait en rien à l’émancipation de la femme. Il en est de même pour la burka. Une fois de plus, il ne sert à rien de traiter les symptômes sans traiter le problème de fond. La maladie n’en sera que plus chronique, plus agressive et toujours plus difficile à traiter. La solution pour faire avancer les mœurs et lutter contre les inégalités est encore l’éducation. Or l’éducation et la marginalisation ne font certainement pas bon ménage.
 
Néanmoins, deux problèmes se posent ici : celui de la sécurité et celui du fondamentalisme religieux. Le port de la burka peut en effet poser des problèmes d’identification pour des raisons évidentes. Il est donc indispensable et nécessaire que les autorités compétentes exigent à une personne de se découvrir le visage si la sécurité civile est menacée. On peut penser à une situation comme un contrôle de sécurité dans un aéroport ou une démarche administrative qui nécessite identification. Or, dans ces conditions, il semble peu probable que ces femmes refusent de dévoiler leur visage. Mais dans un lieu public, où est la nécessité d’identifier les individus avec précision ? Il n’est pas interdit de porter des lunettes noires et un chapeau. Pourtant, de tels ornements rendent difficile, voire impossible l’identification de la personne qui les porte. De même, il n’est pas interdit de se déguiser, de se maquiller, de porter des perruques, des fausses barbes, etc.
 
En ce qui concerne le fondamentalisme, encore faut-il savoir ce dont on parle au juste. La liberté de confession étant un droit fondamental dans un état laïque comme le nôtre, l’important ici est de savoir si ces personnes ont des liens avec des organisations terroristes ou avec des groupes qui prônent la haine, l’intolérance, ou autre revendication contraire aux valeurs de la république. Si c’est le cas, il faut sans aucun doute agir, mais agir de façon ciblée contre ces organisations, contre le terrorisme. Or il est difficile de comprendre comment l’interdiction de la burka pourrait contribuer à la lutte contre de telles organisations. Au contraire, une telle loi serait l’affirmation officielle qu’il existe un lien entre la burka et le terrorisme, amalgame totalement inacceptable, dangereux et stigmatisant.
 
Interdire le port de la burka, c’est masquer le problème au lieu d’y faire face, au lieu d’en rechercher les causes et de tenter d’y remédier. Interdire le port de la burka ne permettra ni de revaloriser la place de la femme dans la société, ni de lutter contre la haine raciale, le communautarisme ou le terrorisme, ni de favoriser la cohésion sociale autour des valeurs communes de la république. Au contraire, cette loi hypocrite provoquerait l’isolation et la stigmatisation d’un groupe social, et par la même occasion, l’augmentation de l’islamophobie en officialisant l’association de cette pratique avec des idéologies contraires aux valeurs de la république.
 
 

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65 réactions à cet article    


  • TITI 4 janvier 2010 11:15

    La burqa est un des symbole du prosélytisme islamique.
    La loi républicaine doit régler la question.


    • ddacoudre ddacoudre 4 janvier 2010 11:59

      bonjour titi

      à mon sens durant des siécle cette pratique n’a jamais posé de problème à l’occident comment se fait-il que l’occident ait voulu aller s’insérer dans les affaires afghane et de fabriquer au travers d’un impérialisme des droits de l’homme par la bourka un symbole de la soumission des femmes. ce n’est qu’un fallacieux prétexte et une ignorance de son historicité. si il y a une lutte à mener c’est la même que celle qui fut mené par la laïcité contre le prosélytisme des religions rien d’autre, aprés il faut laiser les croyant pratiquer leur foi à partir du moment ou il ne l’imposent pas aux autres et se reconnaissent dans la laïcité, et si l’on constate comme c’est le cas une recrudescence du communautarisme il conviendrait peut-être de s’interroger là ou la république a failli dans sa mission laïque.

      et non pas aprés avoir fabriquer un problème se plaindre du symbole que l’on a construit.

      c ordialement.


    • cathy30 cathy30 4 janvier 2010 13:16

      ddacoudre
      vous dites durant des siècles, cela ne posa pas de problème sauf que la burka a été introduite par les talibans en afganistan, auparavant les femmes n’étaient que voilées.
      Les juives portaient elles aussi le voile, et les chretiennes de la nouvelle église portaient le voile pendant la prière pour des raisons de chevelure et de soumission.
      A part cela vous avez raison, tout ceci n’est qu’un faux débat.


    • fkarakaya 4 janvier 2010 14:30

      La pornographie à longueur de journée partou c’est le symbole de quoi ?

      Le string avec des pantolons qui descent c’ets le symbole de quoi ?

      Une femme mort tous les deux jours en France c’ets le symbole de quoi ?


    • ddacoudre ddacoudre 4 janvier 2010 16:18

      bonjour cathy 30

      nos jugement sont toujours sélectif et je n’échappe pas a cela, entre les pratiques d’incisions malienne et les scarifications de certaines tribus africaine la burka fait office d’enfantillage.
      en France nous penons que le choix du partenaire est libre en fait quand l’on se livre à une analyse plus approfondi, l’on se rend compte qu’en toute ignorance nous pratiquons en majorité homogamie.

      "....Les mariages sont plus nombreux (285400 en 1999), et constitue une inversion de tendance après vingt années de baisse, sans que l’on sache exactement quelle est la part due au changement de fiscalité en 1996 comme mesure incitatrice au mariage. Ces alliances sont marquées par une homogamie toujours forte (mariages de partenaires issus de milieux sociaux proches), de la même manière que l’endogamie (mariages de proximité géographique dans le groupe social)...."

      nous préviliégons le poids invisible de l’environement social, a celui direct du choix parental jugé liberticide, juste un constat sans jugement de valeur.

      cordialement.


    • Fergus Fergus 4 janvier 2010 11:36

      Personnellement, et sans même me placer sur le plan du choix ou non de la burqa (ou plutôt du niqab) par les femmes musulmanes, je subis comme une véritable agression la vision de cette tenue vestimentaire qui masque le visage. Aucune communication n’est possible avec des gens qui se dissimulent ainsi.

      C’est pourquoi je suis pour l’éradication totale de cette épidémie (200 burqas hier, 2000 aujourd’hui et sans doute 20000 demain si l’on n’agit pas) par le biais d’une loi ne faisant pas référence à la burqa mais interdisant sauf cas de nécesssité tout vêtement masquant le visage dans les lieux publics.


      • fkarakaya 4 janvier 2010 14:32

        Parce que tu es en communication avec tout le monde ?

        Tu dis bonjour à chaque pasant ? Dès que tu vois un SDF ou un clocahrd, je suis sûr que tu te tire à l’autre bout de la rue !!

        Alors ne viens pas parler de communication


      • Fergus Fergus 4 janvier 2010 18:49

        Très amusant, ce commentaire qui se veut caustique et qui n’est que déplacé et mesquin.

        Non, je ne communique pas avec tout le monde, mais cela m’arrive d’échanger des idées, y compris dans la rue ou sur les marchés, avec des personnes que je ne connais pas, au hasard d’un évènement ou d’un fait insolite. Une chose que je me refuserais à faire avec un personnage agressif à mon égard : femme vêtue d’une burka ou homme caché derrière une cagoule intégrale.

        Non, je ne fuis pas les SDF, et il m’arrive (rarement, je le reconnais) de les aider. J’ai même suivi à leur rencontre une amie travailleuse sociale.

        Non, je ne salue pas chaque personne que je croise en ville. Oui, je salue tous les passants que je croise dans les petits villages où me conduisent mes randonnées.

        Merci à vous de m’indiquer en filigrane les bons comportements en société !


      • Monica Monica 4 janvier 2010 11:59

        Chère Myriam,

        Vous ne pouvez parler de la burqa en France sans faire allusion aux hommes et femmes qui se battent contre ce qu’elle représente dans les pays musulmans.

        Ce qu’elle représente, ne vous voilez pas la face : c’est l’oppression la plus archaïque des femmes.

        Vous ne pouvez parler de la « liberté de porter une tenue de son choix » sans vous demander comment on peut s’intégrer dans une société qui a défendu, et défend, des valeurs d’égalité des hommes et des femmes, et de laïcité.

         S’intégrer entraîne des droits et des devoirs, comme le disent les musulmans qui ont compris ce qu’était le pacte social d’ajustement réciproque entre un immigré et la société qui l’accueille.

        Bien à vous.


        • Myriam 4 janvier 2010 23:26

          Vous ne pouvez parler de la burqa en France sans faire allusion aux hommes et femmes qui se battent contre ce qu’elle représente dans les pays musulmans.

          Ce qu’elle représente, ne vous voilez pas la face : c’est l’oppression la plus archaïque des femmes.


          Exactement ! Il faut se battre contre ce qu’elle représente, ou plutot contre ce qu’elle pourrait représenter : l’oppression des femmes. L’interdire n’améliorerait en rien la situation des femmes opprimées.
          Défendre la laicité, c’est respecter les religions de chacun.
          Défendre l’égalité des femmes, c’est respecter les choix de celles-ci, sans les prendre pour des personnes incapables de réfléchir, surtout dans une société comme la nôtre ou elles disposent de droits et d’opportunités de s’émanciper.


          Une chose aussi est à noter, c’est que beaucoup de ces femmes ne sont pas des immigrées, mais bien des françaises nées en France, alors on ne devrait même pas parler de droits et devoirs d’immigrées mais de droits et devoirs de citoyennes. Il ne s’agit pas d’un problème d’immigration, mais bien d’un problème de société propre à la France. L’islam fait désormais partie de l’identité française, qu’on le veuille ou non. C’est justement le problème : la marginalisation des musulmans, cette peur et ce refus de les accepter s’ils ne « s’intègrent » pas est ce qui entraine la montée des extremistes en France.
          Oui, s’intégrer entraine des droits et des devoirs, mais il doit aussi y avoir une part d’acceptation de l’autre côté.


        • Yohan Yohan 4 janvier 2010 23:33

          Myriam
          « L’islam fait désormais partie de l’identité française, qu’on le veuille ou non »
          ah bon, ça y est la messe (si j’ose dire) est dite... c’est bien ce que j’avais compris, on ne nous a d’ailleurs jamais demandé notre avis à nous autres couillons... 


        • Monica Monica 5 janvier 2010 08:32

          à Myriam

          - Je ne suis pas favorable à une interdiction, mais il faut trouver des modalités pour empêcher le port de la burqa, dissuader les musulmans d’y recourir car elle n’est pas intégrable en France

          La burqa est un signe (et non pas serait) du marquage des femmes.

          - Que des femmes nées en France veuillent la porter n’est pas un signe de leur liberté, mais de leur adhésion à un système qui opprime les femmes, et qui choque violemment nombre de citoyens français et musulmans, hommes et femmes.

          - Défendre la laïcité, c’est assurer l’exercice de tous les cultes (exercice qui relève de la vie privée, je vous le rappelle), mais ce n’est pas défendre des pratiques qui sont contradictoires avec le pacte démocratique et républicain, dont l’un des premiers principes est l’égalité de tous les êtres, dont celle des hommes et des femmes..

          - Non, l’Islam (en tant que religion) ne fait pas plus partie de l’identité française que le catholicisme, le protestantisme, le judaïsme ou le bouddhisme.  Les religions ne font pas partie de l’identité collective, mais de l’identité privée. Le collectif doit seulement assurer l’exercice des cultes privés. La Laïcité est là pour assurer une cohésion, et empêcher les guerres de religion.

          - Les intégrismes n’ont pas besoin de quoi que ce soit pour exercer leur prosélytisme. Ils le font très bien tout seuls... La preuve : la burqa !


          - « L’acceptation de l’autre côté » se fait pour beaucoup de coutumes, mais elle butera toujours - et c’est heureux - sur celles qui heurtent les valeurs fondamentales, que nous devons TOUS respecter.




        • jack mandon jack mandon 7 janvier 2010 17:49
          On la trouvait plutôt jolie, Lily... Tribulations d’une femme africaine

          Pierrot, ton poème émouvant, porteur d’espérance, est un hymne à la vie, mais il est révélateur d’une triste réalité qui n’est pas démentie.

          Tu chantes une histoire qui prend racine dans les peurs humaines. Elle émerge sur le sol africain embrasé depuis le début des temps par des traditions et pratiques où la femme subit souvent la loi du mâle et sa violence. Un jour pourtant elle prend le pouvoir. C’est le pouvoir d’enfanter, de travailler et de nourrir sa famille. Noble pouvoir reconnu par tous les hommes sur toute la surface de la terre et jusqu’à la fin des temps.

          Femme couleur d’ambre, au parfum épicé, au rire généreux, tu assumes noblement ce pouvoir qui ne te sera jamais contesté par les dictatures, les démocraties et toutes les religions de la planète.

          Paix généralisée, entente cordiale universellement reconnue par tous les hypocrites et les scélérats du monde qui partagent de près ou de loin le machisme et le pouvoir inaliénable du mâle érectile et orgueilleux, conquérant, violent, dérisoire et misérable.

          Angola 1954, une petite fille vient au monde dans une famille angolaise, « Kassapi » est son nom, « la clé » en umbundu, une langue parlée en Angola. On lui impose un nom plus chrétien « Junice »

          Première, dans ce foyer, première à partager le contentement de la maman et la déception du papa qui déjà caressait des projets ambitieux pour un fils désiré, un successeur à je ne sais quel dessein mâle.

          Très vite, enfant innocente tu seras comblée. Ton enfance maternelle et maternante te volera simplement ton enfance. Dans un nid grouillant de petits frères et soeur tu seras immergée. Naîtra un goût immodéré pour la maternité enfantine et plus tard infantile et infantilisante. Et tes bras et ton corps tout entier s’empliront de cris et de rires, de joies et de peines, de chair et de chaleur, et de tous les bruits de la vie.

          L’école s’imposera, coïncidence heureuse et malheureuse, ton père enseigne dans cette petite école administrée par une mission chrétienne. Cependant, ce que l’on ignore autour de toi, c’est que tu es « maman », maman depuis sept ans, et depuis le début des temps. Ta progéniture est restée à la maison... elle te manque atrocement et dévore ton coeur de remord et de culpabilité.

          L’école devient alors un enfer, ton esprit est ailleurs, tu inverses les signes et les gestes, les règles et les mots, les questions et les pièges, naturellement dyslexique, triste, impuissante... Qui es-tu ?... Que veux-tu ? Que fais-tu là ?

          Le père, l’enseignant d’un autre temps, se fait sévère et brutal, tu lui apparais dans toute ta stupidité, empruntée, maladroite, distraite et muette. Son orgueil de père et d’enseignant est à vif. Sa fille ne comprend rien, n’entend rien. Elle est idiote. C’est honteux et intolérable.

          Privée d’écoute, de compréhension et de « tes enfants », tu excelles dans l’art de la provocation et de l’imbécillité feinte.

          Junice mais aussi « Kassapi » la « clé » de quoi ? La clé de la porte du malheur ?

          Le père est déterminé, il ne peut accepter cette faillite, alors il poursuivra son oeuvre « éducative », ce dressage musclé, jusqu’à ce que tu comprennes que ton besoin immodéré pour les soins des petits et des plus grands, masque une disposition naturelle pour la digne profession de médecin.

          C’est avec beaucoup de fierté qu’il te verra plus tard sur les bancs de l’école supérieure, déterminée, et intéressée par les études médicales.

          Et puis l’être humain oublie, enfin le croit-il, il s’adapte vite et développe une grande capacité à survivre. En cela nous partageons tous les mêmes comportements. Dans la résilience, nous rebondissons et nous recommençons.

          Mais rien n’est simple dans cet immense continent aux blessures béantes. Ce berceau de l’humanité réduit à l’esclavage pendant cinq siècles.

          Après les grandes conquêtes hispaniques et portugaises, sur le continent américain, la controverse de Valladolid, Espagne 1550, l’Afrique sera désignée comme le grand pourvoyeur d’esclave pour les besoins et le développement des nations conquérantes.

          Alea jacta est, le peuple africain connaîtra l’immense génocide de son histoire pendant trois siècles, puis les guerres coloniales et post-coloniales, tribales et même de religion, pourquoi se voiler la face, pour un temps déréglé qui dépasse largement notre temps et tout entendement.

          Lily, Kassapi, Junice, qu’êtes vous devenues maintenant, dans ce déluge de violence, d’injustice, de feu et de sang ?

          Lily, sous l’impulsion généreuse et poétique de Pierre Perret tu es entrée dans la légende, ton Pygmalion a imaginé pour toi un heureux dénouement.

          En ce qui te concerne Junice, sur ta réalité familiale et affective, en toile de fond, se construira la réalité sociale et politique de ton pays. Tu as 7 ans en 1961, quand la guerre d’indépendance éclate, elle durera 13 ans, jusqu’en 1975. A partir de ce moment là, ton pays sera déchiré par 3 guerres successives, civiles et mondiales. En somme, le conflit commencé en 1961 se terminera en 2002. L’Angola, terre de violence pendant 41 ans de ta vie.

          Ton destin est néanmoins cohérent, trois années d’études médicales prolongées par une formation d’infirmière. Ton pays est devenu un gros consommateur de soins. L’expérimentation, le savoir faire et le talent de soignante seront forgés dans l’enfer des guerres à répétition et de leurs conséquences sur les populations civiles... les épidémies et la misère.

          Certains jours il te faudra marcher sur les cadavres pour intervenir en urgence auprès des blessés. Junice, comment as-tu fait pour survivre ?... la vocation.

          Comme si cela ne suffisait pas, ta famille t’avait imposé un mari, il se révèle brutal, et cultive un goût pour l’alcool. Il te frappe, c’est presque une institution dans ton pays, chez nous en Europe, c’est simplement artisanal.

          Il te fera 5 enfants. Dans ses moments de violence il te laissera inanimée après des brutalités innommables, sous le regard terrifié de tes pauvres enfants et avec le consentement tacite et la bénédiction du cercle familial.

          Oui écoutons bien, avec nos oreilles blanches ou noires, d’ailleurs, la couleur de la peau est sans importance, écoutons comment on traite les femmes dans le monde... avec des nuances et beaucoup d’hypocrisie dans certains pays.

          La résistance humaine a ses limites, tes enfants seront dispersés aux quatre vents pour les protéger du pire. Les mamans savent ce que cela signifie, les hommes pas vraiment, ils sont franchement trop cons les hommes.

          Bien sûr, tu seras touchée par le deuil... ta famille est tellement grande. Ton mari fera des enfants ailleurs... là tout de même, c’est trop !

          L’occasion, la souffrance et la détermination aidant, tu fuiras, dans « l’Eldorado » Européen, tu avais une soeur en Suisse... ça aurait pu être pire !

          Et la vie reprendra, tu feras d’abord des ménages, tu reprendras des études, tu apprendras la langue française et trouveras un travail d’infirmière dans un établissement médicalisé pour personnes âgées.

          En quête d’un compagnon, tu rencontreras un homme, sur un quai de gare, en souffrance lui aussi, les affinités crient. Il est Français, étranger comme toi dans ce pays. C’est un idéaliste, épuisé par son métier de thérapeute. Il a choisi la montagne pour se reposer, il craque pour ton rire et ta gentillesse. Deux heures après il te demande en mariage, c’est un intuitif, un demi fou, et un grand cascadeur devant l’éternel, neuf mois après vous vivrez le mariage de tes rêves.

          Depuis vous ramez tous les deux mais il n’a pas pu t’aider comme il l’aurait souhaité. Tu es traumatisée par un lourd passé et des épreuves inhumaines.

          Les conflits de pouvoir que tu rencontres maintenant dans ton travail réveillent en toi des souvenirs douloureux et t’épuisent au point que tu viens de démissionner.

          Qui peut comprendre ça, dans ce pays tellement tranquille et à l’abri des grands conflits internationaux. Ici on fabrique aussi des armes, mais également des médicaments, il faut bien vivre, le monde est ainsi fait... Junice, tu dois continuer, car tu es toujours une maman et tu as huit petits enfants... avec des joies et des problèmes, oui mais des joies, oui mais surtout des problèmes... la mémoire de ta vie est immense à l’image du berceau de l’humanité... l’Afrique.


        • cathy30 cathy30 4 janvier 2010 12:02

          Parce que les musulmanes ne se teignent pas les cheveux, ne s’épilent pas, ne pratiquent pas la chirugie esthétique ? Elles font tout cela comme les occidentales, et en prime en chirurgie esthétique, elles se font recoudre l’hymen avant le mariage (chirurgie esthétique).
          Article pervers. Si quelques femmes voilées n’ont que leur quatre murs de leur maison, moi ça ne me dérange pas, qu’elles y restent, pour le plus grand bien de tous.


          • faxtronic faxtronic 4 janvier 2010 12:04


            Je ne parlerais pas du burqa comme du voile. Le voile pas de probleme dans la rue, mais gaffe a la laicite.

            A l auteur : sur un point tu as raison. lunette noir et chapeaux sont autorises. Postiche aussi. Neanmoins, ce ne sont pas des ornement sacres. La burqa l est. Est ce qu un fonctionnaire de police peut soulever un burqa pour un controle d identite ou de permis de conduire ? Car le burqa cache le visage. La reponse est non, car c est un ornement sacre, et souleve une burqa peut etre consideree comme un sacrilege, ou une vexation islamophobe. Donc il est prartiquement interdit de faire enlever une burqa, alors que faire enlever une postiche ou des lunettes noires est autorise.

            Sur ta carte d identite, ta carte d etudiant, ton permis de construire, il y a une photo de toi, qui permet de savoir si c est vraiment toi qui conduit, qui passe ton exam, etc... Il y a une incompatibilite ici.

            Oui a la burqa comme pour le voile, si ce n est pas un objet sacre et qu un officiel peut verifier l identite en cas de besoin. Il est impossible de verifier l identite sous un voile de burqa, car soulever une burqa est un sacrilege, et pourrais etre considere comme un viol.


            • fkarakaya 4 janvier 2010 14:37

              Vous racontez n’importe quoi !

              Justement ces femems ont des cartes d’identité, des permis des acrtes vitales sans le voile sans le niqab !!

              COmment elles ont acceptés cela si c’est pour refuser un controle de police !!

              Elles le disent toutes ! A partir du moment où elles doivent être identifier elles accepetent volontiers

              On est pas obloigé de savoir qui se cache derrère le niqab à tout moment comme on est pas obliogé de savoir qui est sous la casquette avec les lunettes de soleil ou écharpe en plein froid !

              Le problème si que vous avez rien à foutre de la liberté des autres ! Seul votre libeté compte pour vous


            • faxtronic faxtronic 4 janvier 2010 15:05

              comment tu me cause toi.... On peut plus poser de questions maintenant..., Bon ok on peut enlever la burqa pour controler l identite. C est note


            • Fergus Fergus 4 janvier 2010 17:07

               @ Faxtronic.

              Le plus comique concernant le port du niqab est que les hommes qui obligent les femmes à le porter dans certains pays musulmans (ex : Soudan, Somalie) exigent également de ces femmes qu’elles ne portent pas cet accessoire démoniaque qu’est le... soutien-gorge !!!


            • beuhrète 2 4 janvier 2010 19:29

              @Par fkarakaya ,

              Parlez en votre nom mais pas a la place de ok ? merci

              la burqua ne me dérange que dans l’espace public car mon père est mort pour le défendre cet espace là chez elle, la musulmane fait ce qu’elle veut lors qu’elle n’est pas contrainte !


            • manusan 4 janvier 2010 12:24

              Les pro-burka devraient proposer un référendum dans tous les pays l’UE.

              A défaut de continuer de nous emmerder au moins, ils nous feraient rire.


              • ddacoudre ddacoudre 4 janvier 2010 12:40

                bonjour myriam

                bonne approche, mais tu poses un problème en demandant aux citoyens de tourner leur langue sept fois dans leur bouche.
                Ce n’est pas nécessaire pour répéter les manipulations servit par les médias, la sous culture patente dont ils nourrissent la population ne fait pas bon ménage avec la réflexion et surtout n’est pas lucrative ni servile.

                l’origine de la burka nous la trouvons dans la problématique que tu as soulevé, les hébreux demandaient à leurs femmes de se couvrir et de ne pas se maquiller pour ne pas ressembler aux prostituées et ainsi de ne pas éveiller la concupiscence masculine, cet usage c’est poursuivit chez les chrétiens et les musulmans sous divers aspects dont la burka en est un, peu rependue comme tu le précises, mais j’ignore comment leurs pratiquants en sont passés à une couverture totale de la personne.

                nous avons donc deux cultures de la féminité qui s’opposent, l’exposition de la féminité par ses atouts érogènes et leurs désidérabilités comme tout animal qui veut être désiré et plaire, et son usage au seul élu choisit ou imposé dans le cadre d’us et coutumes qui se sont construites sur la protection de la femme face à la bestialité des hommes. c’est toute la symbolique des lois divines rapportés par Moïse, et le symbole de la destruction de Sodome.

                je pense qu’il est tout à fait respectable d’accepter que des êtres veuillent réserver leur exclusivité à celui de leur choix. ensuite il faut laisser faire le mélange des genres que bousculent toujours les descendances.

                quand à l’aspect sécuritaire, c’est insignifiant et la peur du terroriste est une vaste plaisanterie( aucun des attentats ne sait fait sous une burka, c’est l’hystérie qui pousse a cette vu ou instrumentalisation de la peur). le problème le plus sérieux se trouve avec le corps médical, je ne pense pas qu’il soit sérieux d’opposer un sentiment de concupiscion à des intervenants médicaux pour dispenser les soins.

                nous avons connu une difficulté aussi grande avec les disciples de Jéhovah qui refusaient la transfusion sanguine, et à juste raison médicale d’ailleurs (le sang contaminé leur donnait raison). il y a donc toujours des points d’échauffements il faut cerner ceux qui sont importants de ceux qui ne sont que esthétiques, lorsqu’on ne les symbolisent pas comme l’étendard d’une lutte xénophobe, identitaire ou « prosélytiste ».

                cordialement.

                j’ai écris dans cette page un article le croyant et l’athée qui je pense t’interpellera.


                • First Us 4 janvier 2010 13:37

                  Oui, c’est vrai ! Le problème réel n’est pas la burka ni les autres accoutrements vestimentaires religieux : turbans sikhs, toges bouddhistes, etc... mais l’existence même d’une idéologie politico-religieuse hégémoniste, haineuse, intolérante qu’est l’islam ! Je dis bien l’islam pas l’islamisme. Prenez la peine de lire le coran en entier plusieurs fois en prenant tout votre temps et vous constaterez que ce recueil contient une quantité invraisemblable de textes liberticides, d’appels aux meurtres, de menaces sadiques, qu’il est une machine infernale à fabriquer des frustrés sanguinaires ! Désolé mais vous allez me qualifier certainement de raciste, de xénophobe ou d’islamophobe ! Comme vous voudrez ! Lisez au moins la sira qui est la relation de la vie de Mohammed et vous découvrirez que cet homme était réellement mauvais, fourbe, cruel, immoral. Bref, un exemple à ne pas suivre ! Si vous lisez la loi relative aux sectes et les critères pour qu’une organisation soit qualifiée de « secte », vous constaterez que l’islam est une SECTE à 100 %. Ne prenez que la mise à mort ordonnée contre ceux qui quittent la ... secte ! C’est suffisant ! Mais il y a une quantité d’autres obligations sectaires et, notamment, l’interdiction faite aux femmes de se marier avec des hommes qui ne sont pas membres de la ... secte ! Etc... etc... Agnostique depuis 50 ans, je vis depuis quelques années avec une dame originaire d’un pays dit musulman, qui a fuit ce pays principalement pour échapper non pas à la misère intellectuelle et matérielle dans laquelle on vit dans ces pays mais surtout pour échapper au joug de l’islam et aux règles de la charia. Elle aussi est agnostique mais a encore bien du mal à faire le travail sur elle-même pour éradiquer les effets du lavage de cerveau islamique qui lui avait été administré pendant plus de 40 ans. Je suis retraité et ensemble nous avons réétudié l’islam, pendant 3 ans, nous-mêmes en lisant mais aussi en allant suivre des cours prodigués par des « savants » à la Mosquée Centrale de Bruxelles. Nous en avons conclu qu’il fallait interdire cette idéologie dangereuse qu’est l’islam ainsi que la diffusion de ses écrits et principalement le coran ! Oui, nous sommes islamophobes, mot qui signifie « peur de l’islam » et toutes ces discussions idiotes autour du port de la burqa, du voile ou d’autres colifichets ne sont que des manoeuvres de diversion organisées par le pouvoir qui a laissé s’introduire chez nous un mal terrible qui n’est pas l’islamisme mais l’islam tout court !!!


                  • sorro el manolo sorro el manolo 4 janvier 2010 13:59

                    moi qui vi tous les jour avec je peu dire quil y en a des corect et beaucou pas et ca fout la merde les jeûnes y ecoutes plus les chibani alors que voulé vous,leur gonzess c’est pas mieut sont pas le choi meme a leur mariage elle a pas le droi de choisire son mec,alors la burqua vous savez !

                    les paternèls aussi ils profitation de sa.


                    • Madoff Madoff 4 janvier 2010 14:43

                      @Par First Us

                      C’est le cas aussi pour la religion catholique. En effet il est connu que le Vatican a longtemps été complice de l’Allemagne nazi de Hitler et de l’Italie nazi de Mussolini .
                      Ne fais pas une généralité de la religion musulmane car ca serait réduire le problème a trop peu de chose. L’homme ne devrait compter que sur soi même pour son épanouissement personnel et social et non une idéologie politico religieuse comme tu le dis .
                      La dessus je te rejoins tout a fait.

                      Pour le reste je ne prétend pas avoir tes connaissances sur l’islam ni ton expérience mais je trouve dangereux de stygmatiser une religion seulement car ca laisserait croire que d’autres sont « meilleures » . Hors ce n’est pas le cas , la religion est et restera un frein au dévellopement intellectuel et moral de notre monde .


                      • DESPERADO 4 janvier 2010 15:07

                        Ce genre d’articles sont très utiles.
                        Pourquoi. ?
                        Ca permet de faire un recenssement rapide des fascistes présents sur ce site, en un coup d’oeil.
                        Merci Myriam, pour ce pot de bière attrappe limaces.


                        • Lemaïsjekiff Nestor 4 janvier 2010 21:58

                          Salut Desperado,

                          Le problème avec les limaces c’est toute cette bave immonde et haineuse qu’elles laissent derrière elles.

                          Berk !


                        • Cogno2 4 janvier 2010 16:10

                          - Tu as tout à fait raison, nous les musulmans on aurait jamais du nous battre pour la France

                          C’est exact, et ce n’est pas anecdotique comme certains le prétendent, on s’est bien fouttu de leur gueule, et on continue.
                          Si on les avait mieux considérés, les choses n’en seraient pas ou elles sont. Après tout, l’intégrisme est assez récent, et c’est grace à nous qu’il a trouvé un terrain ou prospérer.

                          - La pornographie à longueur de journée partou c’est le symbole de quoi ?

                          Oui, c’est vrai, mais ce n’est pas une raison pour basculer d’un extrême à l’autre (entre burqua et à poil, il y a quand même un monde) -> argument hors sujet.

                          - Le string avec des pantolons qui descent c’ets le symbole de quoi ?

                          phrase incompréhensible... les pantalons qui descendent ? ils devraient monter ?

                          - Une femme mort tous les deux jours en France c’ets le symbole de quoi ?

                          Ceci est typiquement humain, et la burqua n’y changera rien, au contraire.
                          Encore une tentative de changement de sujet qui débouche sur un argument hors sujet.


                          • Martin D 4 janvier 2010 16:23

                            Merci à l’auteur pour cet article

                            je ne suis pas pro-burqa, mais je suis contre la loi qu’on veut créer

                            c’est juste pour stigmatiser la population musulmane française.


                            • Fergus Fergus 4 janvier 2010 17:13

                              Raison de plus pour une loi qui ne mentionne pas la burqa, mais interdise tout simplement aux personnes vivant en France d’avoir le visage dissimulé dans l’espace public, sauf nécessité de travail ou de camouflage des effets d’une maladie déformante.
                               
                              Une loi qui, précisément pour éviter de stigmatiser, réaffirme pour chacun la possiblité de porter les tenues vestimentaires de son choix dès lors que le visage n’est pas dissimulé.


                            • Annie 4 janvier 2010 18:43

                              @Fergus,
                              Mes meilleurs voeux.
                              Ne croyez surtout pas que je veuille vous agresser en début d’année ( ni en fin d’ailleurs), mais je trouve votre argument un peu hypocrite et surtout il ignore totalement la motivation de beaucoup qui réclament cette interdiction. Je trouve cela dangereux. Il me parait plus sain de débattre de ce que nous sommes prêts à accepter ou à refuser dans nos sociétés plutôt que de réagir après coup en stigmatisant une partie, même infime, de la population. Comme vous la burqa me révulse ( le mot n’étant pas trop fort), mais cela n’est pas la seule chose qui ait cet effet sur moi et ce n’est pas une raison pour réclamer leur interdiction.
                              Il est intéressant que vous mentionniez les déformations faciales pour justifier le port d’un voile. Je vous répondrai que si les personnes souffrant de ces déformations souhaitent cacher leur visage, c’est aussi et parfois surtout à cause de l’intolérance des autres.


                            • Fergus Fergus 4 janvier 2010 18:58

                              Bonjour, Annie, et meilleurs voeux pour vous et votre entourage.

                              En réalité, si je me sens agressé par la burqa, je souhaiterais avant tout que le problème puisse être résolu le plus rapidement possible avant que la prolifération de ce vêtement (inscrite dans la logique d’une part de l’implantation des fondamentalistes, d’autre part dans celle de la rébellion d’une partie des jeunes filles contre la société française traditionnelle), avant, disais-je, que cette prolifération prévisible n’atteigne sinon un point de non-retour, du moins un point de cristallisation potentiellement violente des mentalités.

                              Je ne suis pas foncièrement pour une loi, mais je crois que c’est la moins mauvaise des solutions envisageables, en grande partie pour éviter précisément cette stigmatisation de la communauté musulmane (pour laquelle j’éprouve une sincère sympathie) qui ne manquera pas de se développer si des phénomènes comme celui de la burqa se développent.


                            • Annie 4 janvier 2010 19:02

                              Alors Fergus nous sommes déchirés par des contradictions différentes. Vous ne souhaitez pas la stigmatisation des musulmans et je ne souhaite pas que les femmes soient les premières victimes de cette loi.


                            • Christian Delarue Christian Delarue 5 janvier 2010 08:42

                              1 - Posons un ordre social ou "La liberté est de principe, l’interdiction d’exception". Vérifions que la liste des exceptions ne doit pas être tel que le principe en est atteint. Vérifions la présence d’un réel débat démocratique ou toutes les thèses sont défendues.

                              2
                              - Par principe, partout dans le monde, tout individu - homme ou femme - devrait pouvoir s’habiller ou non ou peu , comme il veut. La liberté de critique demeure. Cette liberté ne devrait pas se traduire en injure ou insulte à personne.

                              En conséquence, la criminalisation du string, du nudisme comme du voile est interdite. Devrait l’être. La critique et même le blasphème de ces pratiques est permise pour peu qu’elle ne soient pas une offense directe à un(e) individu(e) visé(e). Pas le moindre regard méprisant contre le string ou le voile d’une femme croisée dans la rue ou une plage. Critique libre sur la toile ou dans les livres.

                              3 - De façon exceptionnelle, pour des situations précises et de façon égalitaire et universaliste, des interdictions peuvent ou doivent être prises (interdiction des signes religieux ostensibles à l’école - voile islamique ou kippa -, interdiction du nudisme dans certains lieux, etc...). Mais l’exception doit demeurer telle.

                              nb : Il n’y a que l’Espagne (à vérifier) a autoriser le nudisme dans sa Constitution. Tous les espagnols n’apprécient pas pour autant le nudisme !

                              4 - Les humains honnêtement épris de liberté et de dignité doivent combattre les entreprises sectaires (souvent à base de religion) et sexistes, notamment celles qui enferment les femmes. Mais ce combat doit respecter les principes ci-dessus.

                              En conséquence, la burqa (ou le niqab) ne peut pas être interdite partout mais que dans certains lieux ou certaines circonstances.

                              Je cite ici que des exemples : l’accès à un guichet public ou privé ou sur demande d’une autorité.

                              Chaque fois qu’une personne doit s’adresser à une autre, elle doit le faire de façon responsable ie à visage découvert.

                              Bonne année à tous et toutes, voilées ou pas.
                              Christian Delarue


                            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 4 janvier 2010 16:39

                              «  »La moindre des choses serait d’être également à leur écoute et de comprendre les raisons de leur choix avant d’approuver une loi qui porterait atteinte à leurs libertés individuelles.« 

                              Précisément leur refus d’échanger en face à face ne peut signifier qu’un refus de se faire reconnaitre dans un quelconque dialogue comme une personne qui assume ses idées, en cela précisément que leur comportement de mascarade ou de camouflage leur est imposé pas leur condition de femme réduite à l’anonymat sous la domination d’une idéologie sexiste.

                              Que cette réduction soit désirée (et non pas voulu)e par elles ne change rien, au contraire : rien de pire que l’auto-aliénation ou servitude désirée...

                              Ainsi votre propos est donc dépourvu de significations pour elles : elle ne peuvent concevoir le droit de s’exprimer sur un tel comportement vestimentaire qui ne peut renvoyer qu’à des traditions obtuses dépersonalisantes et nécessairement irréfléchies, dès lors que ces femmes s’interdisent le droit à réflechir par elles-même (Cf : Kant : »Qu’est-ce que les lumières ?") sur le sens de traditions qui les excluent de toute personnalité civile et revendiquée comme telle. Par leur recours à de pseudo-traditions religieuses, elles renoncent, en effet, à toute espèce de choix personnel !

                              La liberté civile (ou posiitve) ne va sans responsabilité juridique, sociétale et politique et celle-ci sans exigence de reconnaissance personnelle, à savoir l’exigence d’être reconnue pour se reconnaitre dans et par les échanges avec les autres.


                              • Martin D 4 janvier 2010 16:50

                                de quel droit vous les jugez inapte à réfléchir ?
                                saviez-vous que la plupart sont plus diplomez que vous ne le serez jamais ?

                                mais leur mode de vie est plus IMPORTANT pour elles que le regard de la société actuelle ! la burqa ne se prends pas à la légère, elles ont pris de plein gré la décision de le porter, mais les gens à l’esprit obtu comme vous sont incapable de le comprendre...mais ce n’est pas de votre faute, vous êtes conditionné pour reflechir ainsi.


                              • Lemaïsjekiff Nestor 4 janvier 2010 21:51

                                "J’ai souvent rencontré des gens simples comme des agriculteurs des anciennes générations qui n’avaient aucun diplome mais qui était plus pertinents et réfléchis dans leurs rélexionx que des diplomés instits ou profs qui étaient irréfléchis,"

                                Bonsoir,

                                Salut Pasou,

                                Bien dommage pour certains qu’ils n’aient pas eu la chance de faire davantage d’études, car si cette chance leur avait souri, le monde ne serrait peut-être pas ce qu’il est.


                              • Cogno2 4 janvier 2010 16:45

                                D’accord qu’une loi ne résoudra rien. Il n’empêche que cet emballage n’a rien à faire ici.

                                Quand on va chez eux, il faut se plier à leur volonté, le terme utilisé est « respect ».
                                Hors de question de se plier ici aussi, c’est à eux de la faire, point barre !

                                anecdote entendue de la part d’une connaissance en parlant de sa femme : « Elle fait ramadan aussi, elle respecte ». Sauf que...« elle » n’est pas musulmane.
                                Tout est dit, le respect c’est dans un seul sens, jamais cette connaissance n’aurait fait cette concession envers « elle ».

                                Je n’ai rien d’un facho, je serait même plutôt « gaucho » (je préfère l’intellectualisme au pragmatisme, le premier fait évoluer les choses, le second les fait perdurer).
                                Désolé pour les amateurs de clichés puérils genre « islamochaucho ».


                                • Martin D 4 janvier 2010 16:54

                                  D’accord qu’une loi ne résoudra rien. Il n’empêche que cet emballage n’a rien à faire ici.
                                  Quand on va chez eux, il faut se plier à leur volonté, le terme utilisé est « respect ».
                                  Hors de question de se plier ici aussi, c’est à eux de la faire, point barre !

                                  ==> elles sont françaises comme vous et moi, et de surcroit de souche pour un nombre important d’entre elles !!!

                                  quand tu vas au Maroc, ta femme mets le hijab ? en Algérie ? en Tunisie ? en Egypte ? au Qatar ? en EAU ? en Indonésie ? en Turquie ? au Liban ? etc.......


                                  • Shaytan666 Shaytan666 4 janvier 2010 18:58

                                    oui monsieur, quand moi j’allais chez eux je me conformais à leur code vestimentaire.
                                    Pas de short, pas de marcel etc....j’attends de ces personnes qu’elles respectent le nôtre.

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