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Accueil du site > Actualités > Société > Burka sociale

Burka sociale

De toute manière, le féminisme est un combat d'arrière-garde, puisque vous avez gagné.

Cette petite phrase, je l'entends de plus en plus souvent. Certes, parce que je suis quelque peu susceptible quant à la place des femmes dans notre société et que j'ai légèrement tendance à fusiller du regard le premier gros lourd qui ne débarrasse pas spontanément la table après le café, faute de pouvoir l'envoyer méditer sur son manque de prévenance à l'île du Diable jusqu'à ce qu'il soit suffisamment vieux et sage pour jouer à la corde à sauter avec son scrotum, j'ai une certaine réputation de grosse chieuse extrémiste dans mon entourage. Mais soyez convaincus, tous autant que vous êtes, que dans les faits, effectivement, je voudrais avec chaque fibre de mon mètre soixante de féminité exacerbée qu'il ne soit plus nécessaire de perdre autant de temps et d'énergie dans de foutus combats d'arrière-garde. J'aimerais même carrément que l'on puisse annuler la centième édition de la journée de la femme, la semaine prochaine, qu'il ne soit plus nécessaire de rappeler que depuis tout ce temps, on tente de faire en sorte que naître femme n'ait pas plus d'incidence sur le déroulement de notre existence, sur ce que nous pouvons souhaiter ou espérer de la vie que de préférer les pompes marron plutôt que noir.
Oui, j'aimerais beaucoup pouvoir consacrer mon énergie à d'autres combats qu'à celui-là.
Pourtant, je continue.

Bien sûr, comme on ne manque jamais de me le rappeler, en 100 ans, il y a eu de foutus progrès. Par exemple, on a le droit de voter pour des hommes. Pour des femmes, aussi, éventuellement, mais surtout pour des hommes. Tenez, rien que les élections cantonales auxquelles je me présente cette année en tant que CANDIDATE, et bien, à l'arrivée, bizarrement, il ne reste que des hommes. Bon, c'est vrai que dès le départ, il n'était pas prévu que les femmes puissent emporter le morceau. Grâce à la loi sur la parité, elles ont aussi le droit de prendre le strapontin de remplaçante et de servir le café pendant la campagne électorale du mec qui va vraiment siéger dans le truc sérieux. Elles avaient une chance au grattage... de portes.

On peut avoir un compte en banque à nous toutes seules et un boulot pour le remplir. Bon, en vrai, les hommes continuent à avoir les meilleurs postes et les meilleurs salaires et les femmes continuent à se taper les sales boulots dévalorisants et mal payés, mais, bon, c'est mieux que quand elles bossaient pour la gloire. On peut même faire des études. D'ailleurs les filles sont plus nombreuses dans le supérieur et réussissent mieux leurs études... sauf quand on arrive dans le vif du sujet, c'est-à-dire sur le marché du travail.

Nous pouvons choisir d'avoir un gosse quand on veut... mais surtout décider de ce qui est le plus important pour nous : la carrière, l'autonomie ou la famille. Parce qu'il ne faut pas rêver non plus, la maîtrise de la fécondité, on la paie au prix fort : retrait partiel ou total du monde du travail, carrière plafonnée, temps partiel, paye partielle et double journée bien complète... mais bon, c'est de notre faute aussi, à force de tout vouloir, on ne réussit rien correctement.

Une fois, on m'a même fait remarquer que c'était vachement cool, la libération de la femme, parce que je pouvais porter un pantalon... ouais. Carrément ! Un pantalon ! C'est d'ailleurs assez pratique pour s'asseoir sur tout le reste. Un pantalon ! Parce qu'en fait, des fois, je pourrais bien renoncer à une petite extravagance vestimentaire pour pouvoir avoir les mêmes possibilités concrètes qu'un mec. Socialement, je parle, bien sûr. Pisser debout contre un arbre ne fait pas partie de mes fantasmes inavouables, même si, parfois, cela me chagrine quelque peu de devoir crapahuter dans les ronces lors d'une randonnée en montagne pour pouvoir soulager ma vessie sans devoir exposer la magnificence de mon postérieur à la cantonade.

Bref, on a gagné... le droit de la fermer.

Parce qu'en fait, depuis 40 ans que le MLF existe et moi avec, j'ai plutôt l'impression que ces derniers temps, on a carrément perdu du terrain et pas que chez les plus bornés et les plus cons des masculinistes. Jusque dans notre propre camp, nos propres maisons, quand nos amies ou nos filles se disent satisfaites d'une domination masculine qu'elles ont en fait intériorisée jusqu'à la trouver normale, voire naturelle.

J'ai justement grandi dans l'idée que nous avions gagné... Enfin, que nos mères et nos grands-mères avaient gagné le morceau et que j'étais strictement l'égale des garçons avec lesquels je grandissais. Je dis bien l'égale, pas la copie conforme. C'est à dire, en gros, qu'en dehors des rapports amoureux, mon genre n'entrerait pas en ligne de compte dans la manière dont je pourrais grandir, vivre, choisir. Que ça ne ferait aucune différence, jamais. Que c'était la personne que j'étais, mes compétences, mes qualités qui comptaient et que jamais personne ne penserait à me jeter ma féminité (ou mon manque de féminité) au visage pour justifier d'une décision fondée sur des références appartenant au passé. Mais je me trompais.

Parce que les représentations sociales de la femme sont tenaces et bien implantées dans notre corps social, comme une Burka mentale. De plus en plus ajustée.

Ainsi donc, récemment, j'ai appris qu'il existe pour les femmes libérées occidentales un couvre-feu tacite, un code vestimentaire et une géographie précise des déplacements autorisés. Dit comme cela, j'ai l'air d'un peu exagérer, je le reconnais bien volontiers. En tant que femme libérée occidentale, j'ai tendance à penser que je peux déambuler dans l'espace public à ma guise. Les restrictions de circulation, c'est surtout pour les mamas des pays sous-développés tenus par des talibans préhistoriques.

  • Tu fais du vélo, c'est bien ! Vraiment. Tu es dans un club ?
  • Heu, non, je fais de longues balades dans la cambrousse.
  • Avec des copines ?
  • Non, non, j'aimerais bien, mais en général je suis seule.
  • SEULE ! Ha bon ? Mais tu n'as pas peur ?
  • Ben si, quand une bagnole me rase les mollets à 100 km/h, je flippe pas mal.
  • Non, mais, je veux dire... SEULE ! Tu vois, quoi ?

Ben non. Je ne vois pas en quoi je devrais être inquiète de faire du vélo seule dans la campagne profonde en pleine journée. Dans des bleds où la plupart des gens ne ferment jamais ni leur porte d'entrée ni leur bagnole. En dehors du fait que je suis une femme et que selon toute vraisemblance, ce statut suffise à faire de moi une victime en puissance. Comme la joggeuse toulousaine dont on apprend qu'en fait, elle l'a un peu fait exprès de se faire chopper, à courir seule, à des heures indues.

Parce qu'après 40 ans de féminisme, on en est encore là : la femme-victime par définition. Qui doit donc faire attention, tout le temps, à ne déambuler seule que dans les endroits prévus à cet effet et aux heures ouvrables, comme les galeries marchandes, par exemple. Qui doit respecter un code vestimentaire tacite dans les lieux publics, quand bien même ces mêmes lieux publics sont couverts d'affiches montrant d'autres femmes en poses manifestement pré-coïtales, juste pour vendre de grosses cylindrées aux hommes concupiscents. Qui doit faire attention à ne marcher ni trop vite (ça fait victime) ni trop lentement (ça fait aguicheuse), à ne pas parler à n'importe qui, à traverser toujours strictement dans les clous et tout, parce que sinon, au premier faux pas, il y aura toujours quelques bonnes âmes pour insinuer qu'elle l'a quand même bien cherchée, son agression.
Elle n'avait qu'à respecter la burka sociale en vigueur.

Et même cela, ça ne suffit plus. Voilà qu'un nouveau discours émerge, encore plus rétrograde que les précédents : le viol est dans la nature de l'homme. Et voilà tout ! Pourquoi continuer à chouiner contre une évidence inscrite dans nos gènes ? Comme lutter contre la puissance des instincts ? D'un processus biologique adaptatif pour améliorer la survie de l'espèce ?

J'aime beaucoup la littérature à connotation scientifique qui commence par expliquer que les féministes souffrent d'une profonde inculture scientifique mâtinée d'une extrême mauvaise foi idéologique qui les rendent particulièrement myopes sur la vérité incontournable du paradigme déterministe sociobiologique. Ben, oui, si vous avez bien tout suivi depuis le début, les femelles sont génétiquement moins bien branlées pour comprendre la science, la vraie, la dure, la bien burnée, celle qui explique précisément à quel point elles sont plutôt calibrées pour s'occuper d'une maison et torcher le cul des mômes. La même science, scientifiquement indépassable et au-dessus de tout débat, qui assène régulièrement que le nègre, il est génétiquement doué pour la danse et ne rien branler de la journée, que le pédé, il a quand même une putain de grosse maladie programmée dans son ADN et que le pauvre, ce n'est pas la peine de dépenser du temps et de l'argent pour le sortir de sa pauvreté, c'est une loi de la biologie : y a des gens, de préférence des mecs blancs américains protestants bourgeois qui sont naturellement enclins à dominer le ramassis de tous les autres, les gonzesses, les métèques, les moches, les boiteux, les gros, les cons, les tarés... les pas comme eux, surtout. Mais comme c'est livré avec un joli emballage truffé de tout plein de mots compliqués qui sentent bon la science des scientifiques élevés dans des serres hors-sol et qui lévitent à des kilomètres au-dessus des étroites préoccupations mesquines de la petite humanité grouillante et ignorante qui pue sous les aisselles dès potron-minet, on est prié d'avaler la pilule toute ronde en un seul gloups et de remercier le gentil docteur de nous avoir si bien instruits de notre évidente infériorité et de notre devoir de nous soumettre à son évangile de la sainte éprouvette.

On sent que les petits zemmour à blouse blanche ont des boulevards de connerie qui s'ouvrent devant eux. Comme une nouvelle religion, qui voudrait, une fois de plus, nous inculquer à coup d'évidences autocélébrées la culture de la soumission à l'ordre établi. L'ordre des patriarches.

Alors, en tant que femelle forcément hystérique, nourrie justement aux mamelles de la science des comportements et de l'évolution, aspirant à une société politique et culturelle évoluée, je vous le dis : le féminisme ne fait que commencer !


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58 réactions à cet article    


  • OuVaton OuVaton 2 mars 2011 12:45

    En Haute-Savoie 33 hommes sur 34. Le texte sur le site du CG : 


    Le conseiller général est un homme de terrain, au service du département. Il représente à la fois la population, la vie associative, les élus et la vie économique de son canton. A ce titre, il entretient des relations régulières avec les maires et les organisations professionnelles, siège dans les conseils d’administration et intervient auprès des conseillers régionaux et des parlementaires.

    • Kalki Kalki 2 mars 2011 16:07

      oulala lutte entre sex

      oula , je dirai plutot dans la société du tertiaire le boulot est forcément féminin

      d’aillleur l’homme ne s’y plait pas

      pas besoin de renvoyez la baballe dans l’autre sex

      c’est pas l’autre sex qui fait la politique en général

      ca ne veut pas dire qu’on peut cautionner la société du tertiaire qui ne durera pas longtemps finalement

      et bon : la tare existentiel féministe a combler ala il faut voir un psy


    • Kalki Kalki 2 mars 2011 16:09

      quand femme veux dieu le veux

      sauf que femme ne sait ce qu’elle veut

      et pourtant c’e’st le ciment de la société

      c’est le conformisme a l’état pur

      c’est le présent qui reve du future qui ne sait ni le définir, ni le concevoir, ni le faire


    • Kalki Kalki 2 mars 2011 16:11

      c’est*t une grosse grognasse

      il faudrait changer de mentalité (du positivisme au lieu de féminisme par exemple )ou changer de sexe

      de toute manière le couple est train de disparaitre et va surement totalement disparaitre

      c’est pas cool ?


    • ZEN ZEN 2 mars 2011 12:50

      Patience ! Monolecte !
      dans deux siècles , tout ira mieux... smiley
      Nous aurons plein de modèles à suivre, pas seulement en Norvège, mais peut-être bien outre-Méditerrannée...
      Certains disent que ça avance : bientôt une Présidente....
      Plutôt retour à la case départ, non ? smiley


      • ZEN ZEN 2 mars 2011 14:45

        AÏe ! les machos de la Marine ont encore frappé ! smiley


      • slipenfer 2 mars 2011 13:08

        « les sales boulots dévalorisants et mal payés »

        ils y en a aussi pour les trois pattes. smiley

        sinon plutôt d’accord sur « retour vers le futur »,
        mais c’est aussi vrais dans d’autres domaines
        les acquis socio ..les heurs sup que l’on ne veux
        plus payer (la poste)
        retour aux cadences infernal etc....

        Une petite révolution ?... smiley


        • isa93 isa93 2 mars 2011 13:08

          Excellent article. Merci.
          Je pense qu’il y a des choses qu’il ne faut absolument pas laisser passer.
          Hier j’entendais sur France2 que certains pensaient qu’il fallait en période de crise laisser la priorité aux hommes. J’ai râlé devant ma télé...
          Où va t on ? alors là se serait un retour en arrière sans précédent...


          • Monolecte Monolecte 2 mars 2011 15:05

            Oui, le capitalisme oppresse le plus grand nombre. Mais dans cette oppression généralisée, nous sommes les oppressées prioritaires, toujours un rang en dessous.


          • slipenfer 2 mars 2011 16:03

            Un genre de double peine (sans jeux de mot)


          • Cocasse cocasse 2 mars 2011 13:16

            La machine à broyer capitaliste ne fait pas de jaloux.
            L’homme est venu rejoindre la femme dans ce système à tuer la dignité, et joue dorénavant le même rôle d’objet. Ce n’est sans doute pas le genre d’égalité que l’on aurait souhaité...


            • Sachant Sachant 2 mars 2011 16:00

              Si ce n’est que le genre féminin en bénéficie à la maison, en plus
              C’est la double peine


            • dom y loulou dom y loulou 2 mars 2011 13:54


              disneyland dans un tank et des enfants qui dansent dedans tandis que le tank tire sur tout ce quii bouge à l’extérieur et laboure de ses chenilles métalliques le monde vivant

              tout le monde en rang et se fait numéroter et les fous aux commandes déclarent que « nul n’est irremplaçable »... entendez que « vous n’êtes que des boulons, au moindre défaut on vous jette »

              et des hauts parleurs hurlent toute la journée « c’est ici le monde libre des beaux, jeunes et riches, interdiction de fumer, payez vos taxes pour un monde meilleur et n’oubliez pas... faites-vous vacciner par Jocelyne et insulter par ses hauteurs vertigineuses et attacher sur une roue par MAM, c’est très familial et culturel, très amusant, regardez, dans les écrans, ils sont pliés de rire toute la journée, l’occident c’est la grande joie des neuroleptiques et de la cocaine, regardez ces joggeurs présidentiels... font bien du 180 non ? »

              mais vous vous plaignez monolecte ? comment ça ? ovus avez oublié votre un nue-forme et votre boulet de culpabilité ? MAIS C’EST OBLIGATOIRE LE BOULET !!! RAPPELEZ VOUS ADAM ET EVE ET RIEN D’AUTRE MALHEUREUSE !!! Et prosternez-vous devant les seigneurs notres dieux de misères et cordes, ô grands rotteschild et bénissez-les de leur grande mansuétude de rabougrir notre nombre encombrant et de nous éviter d’être des bouches à nourrir trop longtemps, car grâce à eux, enfin, nous n’aimons plus vivre, donc merci infiniment de nous empoisonner massivement par codex alimentarius gandiose et si sécurisant, car nous ne saurions plus distinguer entre un nuage noir et toxique et un cumulo nimbus de pureté cristaline et nous savons enfin qu’il faut dire aux enfants qu’ils seront si bien dans les bras de jesou post mortem, tant que les usines d’armement tourneront, c’est a s s u r é...

               ;)

              allo,nous sommes en mesure de nettoyer toute la pollution atmospherique et de lever le smog de toutes les villes, allo, ceci est un message urgent, allo, essayez au lieu de douter, allo qu’avez-vous à perdre ? allo

              projectobolix.org


              • Triodus Triodus 2 mars 2011 13:56

                Inutile de résister, d’aller à contre-courant ou de vouloir diminuer les tensions : c’est la loi d’homme.

                Gare aux étincelles !


                • Vipère Vipère 2 mars 2011 14:12

                  Bonjour à tous et à toutes

                  Et à Monolecte, excellent billet !!!

                  En réalité, -les femmes ocidentales libérées- ne sont pas vraiment différentes des femmes qui vivent de l’autre côté de la méditerranné.

                  Pour les unes, les restrictions sont tacites, non codifiées, mais néanmoins très ancrées dans les mentalités masculines.

                  Pour les autres, un ordre patriarcal et séculaire définissant les périmètres d’action et de déplacement, selon son appartenance au sexe fort ou sexe dit « faible ». « L’homme au café, la femme au tricot » !
                   


                  • Monolecte Monolecte 2 mars 2011 15:03

                    C’est fou : faut être déguisées en passe-muraille, raser les murs, planquer les formes qui attirent la concupiscence masculine et respecter le couvre-feu, sous peine d’être considérée par défaut comme consentante pour le gang-bang ! Et après, on donne des leçons aux autres pays !
                    Je veux avoir le droit de porter une jolie petite robe qui va bien sans devoir me justifier.

                    C’est qui le genre dominant, finalement ? Parce que, pour moi, la maîtrise de soi est un signe de civilisation et d’éducation. Que penser de ceux qui seraient donc incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles au point que TOUTES les femmes devraient les protéger en se cachant ? Pourquoi le désir de l’homme serait si impérieux qu’un bout de jambe suffise à faire tomber son vernis civilisé et à en faire une bête en rut ? Que penser de la supériorité de ceux qui ne sauraient donc commander à leur bite ?


                  • slipenfer 2 mars 2011 15:44

                    Tout le monde ne l’appel pas DSK ou Berlusconeri  smiley


                  • Sachant Sachant 2 mars 2011 15:57

                    Mono,

                    Vous avez raison de parler de genre
                    Car cela va bien au delà du sexe

                    S’il n’y avait que le sexe en jeu, nous finirions bien par traiter d’égale à égal

                    Et celà s’inculque dès le plus jeune âge
                    Regardez les parents de petit ours brun, par exemple
                    Maman-tablier-cuiller-de-bois
                    Papa-fauteuil-journal

                    Le pire : Chez moi à l’époque il n’y avait ni fauteuil, ni journal
                    Et c’est papa ours qui préparais la tambouille (Tablier + cuiller-de-bois = Mâle)

                    Pourtant mes enfants non encore lecteurs identifiaient immédiatement ces icônes
                    Ce qui signifie que dès avant le CP ils avaient assimilé la différentiation des genres
                    Selon un modèle hétérosexiste classique qui n’avais pas cours chez eux
                    Par qui... Ecole maternelle ? TV ? Autres familles de l’entourage ?
                    Peut-être bien l’ensemble des messages diffusés par notre société

                    On est pas sorti de l’auberge


                  • Vipère Vipère 2 mars 2011 14:29

                    « Tu fais du vélo, c’est bien ! Vraiment. Tu es dans un club ? » 

                    Oui, moi aussi, c’est parfois, seule que je pédale !
                     
                    Par une journée d’été, n’ayant plus d’eau dans ma gourde, je me suis arrêtée dans un troquet, au bord de la route pour étancher une soif qui me tenaillait depuis un bon kilomètre.

                    A peine entrée, tous les regards de la gente masculine sont braqués sur moi. J’ai crû être entrée par mégarde dans les waters hommes.


                    • Triodus Triodus 2 mars 2011 14:51

                      « J’ai crû être entrée par mégarde dans les waters hommes. »

                      Tout à fait juste. ça me fait toujours rire quand j’entends une ’équipe’ opérant à l’apéro se plaindre tournées après tournées qu’il « n’y a jamais d’gonzesses dans c’bistrot » et qui font fuir la première venue sous des sorties bien grasses.


                    • Monolecte Monolecte 2 mars 2011 14:56

                      Arf, je connais. Ça et les coups de klaxon des voitures qui me dépassent ou, encore mieux, les voitures qui te serrent exprès, parce que tu es une femme et que ça les fait rigoler, ces cons !
                      Sinon, j’ai dépassé tout ça : j’adore m’installer en cuissard en terrasse de mon bistrot après une longue boucle pour m’envoyer un Riqles bien frappé. Et je me contrefous des regards. À la limite, j’en jouis !


                    • Monolecte Monolecte 2 mars 2011 15:11

                      Justement, j’ai créé un RDV bistrot entre filles hebdomadaire. pour reconquérir cet espace public dont nous sommes, par défaut, plus ou moins exclues. On se retrouve entre copines et on se prend une bonne heure, rien que pour nous, à nous raconter nos conneries en nous désaltérant. Il nous arrive même de faire de la politique de café du commerce, avec de grandes envolées verbales et nous y sommes tout aussi légitimes que d’autres groupes de mecs qui viennent là s’offrir un sas de décompression entre le boulot et la famille.


                    • Triodus Triodus 2 mars 2011 15:17

                      Ceci dit vous avez raison, et il y a des choses que je comprends pas.

                      J’ai une petite fille et discutant avec sa mère d’un cadeau que nous allions lui faire, sa première proposition fut :

                      - Une petite cuisinière avec asseroles et dinette ( !! )

                      Finalement, ce fut un petit vélo, chose pour laquelle elle manifestait une réelle envie.


                    • Monolecte Monolecte 2 mars 2011 15:29

                      Oui, comme une sorte de syndrome de Stockolm, beaucoup de femmes ont parfaitement intériorisé ce que l’on attendait d’elles et à quelle place elles pouvaient prétendre et elles s’y conforment parfaitement.


                    • Georges Yang 2 mars 2011 16:11

                      Si vous voulez gagner, exhibez votre postérieur à la cantonnale !


                      • slipenfer 2 mars 2011 17:52

                        Georges Yang

                        l ’option est déjà prise par Jean-louis Borlo/ VIDéo


                      • slipenfer 2 mars 2011 17:57

                        Et Boris Boillon notre diplaymate ... coco boy hein ! hein !

                        demain j’enlève le bas smiley


                      • Georges Yang 2 mars 2011 20:08

                        Je reprenais les termes de l’auteur qui parle à la fois d’élections, de postérieur et de cantonade !


                      • Floréal 2 mars 2011 17:04

                        Madame, je vous invite à voir Direct Star ou W9 et les clips qu’ils y passent ! Les publicités pour les parfums. Pourquoi des femmes se prêtent à ces images qui montrent les femmes puériles et dénudées ? Bien sûr, elles en ont le droit, après tout.


                        • Hieronymus Hieronymus 2 mars 2011 18:19

                          habituel pamphlet feministe de notre belle Monolecte
                          non exempt de talent, elle a on peut dire des facilites d’ecriture
                          mais qui tend a tourner au nombrilisme et a la monomanie
                          a force de rabacher le meme theme des femmes opprimees

                          je m’explique mal comment une personne de son intelligence (je parle de Monolecte)
                          trouve satisfaisant de resservir le meme plat ad nauseum du combat revendicatif
                          de sa categorie sociale opprimee et victime d’une societe machiste, patriarcale,
                          sectaire, conservatrice, reactionnaire et je dois en oublier ds les qualificatifs
                          bizarre tout de meme ce perpetuel positionnement en victime ?

                          d’un cote j’observe une personne d’une grande culture et d’une reelle subtilite
                          de l’autre je contemple un discours bloque avec toujours la meme grille d’analyse
                          invariable, immuable, ad perpetuum
                          l’homme (vir en latin) coupable d’oppression envers la femme victime

                          chere Monolecte, peut etre un jour on pourrait changer de disque ?
                          et comment a penser en termes differents, en evitant de porter d’emblee
                          un doigt accusateur envers l’autre sexe, mais enfin que vous ont ils donc fait ?


                          • Yvance77 2 mars 2011 18:32

                            Salut,

                            C’est le genre de super billet qu’il faudrait transmettre à Eric Zemmour, sûr qu’il risque d’adorer smiley

                            Bye


                            • FritzTheCat FritzTheCat 2 mars 2011 21:32

                              @Monolecte


                              Quand ce beau pays qui s’appelle France aura changer de nom pour République islamique de France, on verra si la gente féminine y est mieux traitée.

                              Bonne chance Monolecte dans ce futur proche qui risque d’être ton pire cauchemar.

                              • shik 2 mars 2011 22:45

                                Entre les fritz (the crot en passant Crumb génial créateur de Fritz the cat est autrement plus subversif et bourré d’humour, quelle appropriation désastreuse et malvenue) et les bosh (hieronymus of course) c’est pas de chance Monolecte ! Il se trouve que je suis un mâle (si si un vrai de vrai) et ce n’est que trop récemment que j’ai pris conscience des dégâts du patriarcat envers les femmes (ne parlons pas du reste pour cette fois ! ) et de cette société soumise en totalité à la dominance masculine. Et donc combien je conçois que la répétition qui vous semble nécessaire EST nécessaire puisque la pauvre comprenette masculine est laborieuse, tâche de mariotte, angles morts, mauvaise foi, j’en passe et des meilleures. Enfin vous n’êtes donc pas seule dans vôtre combat, c’est déjà ça, je pense même qu’il est dommage d’abandonner une certaine radicalité à l’heure ou une claire régression des (relatifs) acquis sont en marche. Juste une dernière remarque, je pense que ce sont justement les femmes du maghreb qui peuvent le mieux combattre l’oppression de l’islamisme radical et qu’on le veuille ou non c’est en marche mais c’est long...
                                Bon courage et continuez...


                                • pigripi pigripi 2 mars 2011 22:48

                                  Excellent article tant sur le fond que sur la forme. Merci pour ce délicieux moment de complicité humoureuse sur des réalités décourageantes ;


                                  Depuis Olympe de Gouges si les lois et les droits ont progressé pour les femmes, les mentalités n’ont pas changé. La femme reste le deuxième sexe, le masculin l’emporte sur le féminin et l’homme justifie sa violence par les flux de sa testostérone.

                                  Même chez les nuls, ce sont les femmes qui trinquent : Dati, Amara, Boutin et Alliot-Marie ont sauté quand les Woerth, Hortefeux, Fillon et Juppé occupent le terrain malgré leurs casseroles.
                                  Aubry est forcément une pouffiasse, Royal une Bécassine, Marine une pestiférée quand DSK est, par définition de genre, forcément plus compétent que Lagarde.

                                  Depuis le 19ème siècle, quand le costume était codifié et que les femmes devaient demander une autorisation pour porter le pantalon ou porter une coiffe pour se faire respecter, les femmes « en cheveux » étant forcément des femmes de « mauvaise vie », on a fait un sacré retour en arrière avec l’épidémie de voiles, de tchador et de burqa qui signalent les femmes « pudiques » au détriment des « salopes » qui ne cachent pas leur corps.

                                  Quand on prend des mesures pour renvoyer les femmes à la maison, quand les cathos manifestent par milliers contre l’avortement pour demander l’abrogation de la loi sur l’Ivg et la suppression des subventions du planning familial, quand les femmes disparaissent de tous les débats « sérieux » dans les médias et qu’on laisse des rappeurs appeler au viol et à « souder les chattes » sans que les droits de l’hommiste ne s’en offusquent ....et quand le féminisme est devenu une maladie honteuse autant pour les femmes que pour les hommes...les femmes n’ont plus qu’à rejoindre la planète de Wonder Woman....

                                  • Annie 2 mars 2011 22:52

                                    Le féminisme a largement perdu la bataille pour l’égalité des sexes le jour où le bon peuple de France s’est rendu compte que toutes les largesses consenties aux femmes à peu de prix, surtout en période de croissance économique, pouvaient aussi être élargies aux musulmans. A chaque fois que j’ai abordé la question de discrimination positive ou d’action positive en relation avec les femmes sur ce site, on m’a répondu immigration. J’en suis arrivée à conclure que l’émancipation des femmes était envisageable à condition qu’elle se limite à cela. Et dans la mesure où elle ne menace pas le statu quo.
                                    S’il est difficile de se décrire comme appartenant à une minorité lorsqu’on est une femme, il l’est beaucoup moins de reconnaître les mêmes mécanismes qui placent les uns et les autres, quels qu’ils soient, dans une situation d’infériorité.


                                    • pigripi pigripi 2 mars 2011 23:28

                                      La première équipe de cosmonautes part vers la lune. Une rumeur court et s’amplifie : Ils ont rencontré Dieu ! Toutes les télés, les radios les attendent et se précipitent sur eux. 


                                      « Alors, Dieu comment est-il ? » 

                                      "Elle est noire.’


                                      • Nouri Nouri 3 mars 2011 01:54

                                        La premiere equipe d’internautes part vers ma Lune. Une rumeur court et s’amplifie : Ils ont rencontré Dieu ! Toutes les teles, les radios les attendent et se precipitent sur eux.

                                        « Alors, Dieu comment est-il ? »

                                        « Prout »

                                        Si en francais, comme en allemand par exemple, il existait le genre neutre, on pourrait designer Dieu par quelque chose comme « ca », et alors, vous auriez peut-etre moins de problemes avec le « il ». Et du coup on ne serait pas aussi tente de le/la personnifier a des fins plus ou moins douteuses...


                                      • Antoine 2 mars 2011 23:48

                                         Il y a longtemps que l’on ne nous avait pas fait pleurnicher sur le triste sort de la femme victime de tout et de bien davantage !


                                        • pigripi pigripi 3 mars 2011 00:11

                                          Pauvre petit Antoine qui pleurniche sur le sort de LA femme, que c’est touchant smiley))

                                          Si c’est tout ce que lui inspire ce brillant et spirituel billet, c’est que son cerveau est descendu bien bas...au dessous de la ceinture, c’est sûr smiley)))

                                          • Antoine 3 mars 2011 00:31

                                            Eh oui, j’ai un engin pensant, comment avez-vous déviné ? Sans doute votre légendaire et irrésistible intuition féminine ; autre manifestation de votre supériorité si méconnue !

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