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Accueil du site > Actualités > Société > Business contre solidarité !

Business contre solidarité !

L’émission "envoyé spécial de France 2" qui est passée à l’antenne le 20 novembre, 25 ans jour pour jour après l’adoption de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, n’est pas passée inaperçue…Loin de là.

Elle a suscité beaucoup de réactions et risque d’avoir des conséquences lourdes de conséquences, si rien ne bouge.

Le reportage en question qui titrait « De l’or dans nos armoires » a dévoilé à ceux qui l’ignoraient le « pot aux roses » :

Les conteneurs de récupération de vêtements qui aujourd’hui pullulent en France appartiennent pour la plupart ou toutes ( ?) à des entreprises privées marchandes et non à des associations caritatives.

Ainsi quand vous pliez des vêtements parfois en excellent état et que vous les présentez dans des sacs en plastique déposés dans les grands conteneurs métalliques, vous ne soutenez pas une œuvre charitable désintéressée mais vous enrichissez un tiers, marchand qui réalise des bénéfices substantiels.

Les noms d’associations accolés sur les conteneurs procéderaient d’une campagne publicitaire mensongère.

Des informations fort intéressantes sont sur le net et notamment ce témoignage repris ici

Je cite :

« Christian est l'un des pionniers de la collecte de vêtements usagés en Europe. Il critique vivement les contrats passés entre les entreprises privées et le monde caritatif : "Il est sûr que mettre Emmaüs, au niveau de l'image de marque, est quelque chose qui a aidé." Et de souligner que "le monde associatif est en train de se faire doubler par le privé". 

Les effets pervers de cette émission risquent d’être désastreux pour les associations caritatives et pour l’environnement.

Des réactions comme celles-ci risquent de se multiplier :

«  Vu que tout ça n'est pas donné à des gens dans le besoin maintenant je vais découper mes vêtements et les jeter à la Poubelle »

Eh bien non, il faut ni baisser les bras, ni réagir ainsi :

Des associations caritatives ont besoin de vêtement qu’elles redonnent à des familles en difficultés, beaucoup d'enfants arrivent à s'habiller correctement, quant aux poubelles, elles risquent de regorger ainsi de matières en bon état ou facilement recyclages.

Je pense qu’il faut que les personnes qui ont des vêtements corrects usagés aillent les porter à des associations.

Mais attention à ne pas donner n’importe quoi.

Comme me l’a dit ce matin une responsable du Secours populaire français présent au vide-grenier des jouets : « il nous arrive de recevoir des sacs de vieux vêtement contenant des véritables chiffons. Nous passons alors des heures et des heures à trier pour récupérer à peine un quart des vêtements »

Quant aux conteneurs, il est de la responsabilité des municipalités de ne passer des contrats qu’avec des associations et à la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) de veiller et de sanctionner ceux qui fraudent.

Que des entreprises installent des conteneurs, pourquoi pas, mais il faut que cela soit explicite et que tous les frais soient supportés par l’entreprise : y compris la location de l’espace de dépôt.

Jean-François Chalot


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27 réactions à cet article    


  • Lonzine 23 novembre 2014 18:17

    Une très bonne info, je me rend directement à l’association pour remettre ce dont je n’ai plus besoin, ne serais-ce que pour rencontrer les bénévols très souvent bien sympathiques


    • Lonzine 23 novembre 2014 18:34

      Pour info en ce moment il y a JLM sur FI excellenttissime !


      • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 23 novembre 2014 20:31

        Merci pour cette information surprenante. Il y aura toujours des salopards pour gagner de l’argent sur le dos de la misère. Pour ma part, je donne directement aux associations et vais faire des achats afin d’aider ces bénévoles à secourir les pauvres, mais si j’avais trouvé porte close, j’aurais pu laisser mes vêtements dans le récupérateur situé à 3 mètres..


        • ben_voyons_ ! ben_voyons_ ! 23 novembre 2014 20:34

          Il y a beaucoup de foutage de gueule en France.

          Et bon nombre d’associations dites « caritatives » sont pourries jusqu’à la moelle.

          Et je vais vous rappeler quelque chose qui est trop passé sous silence :
          tous les entrepreneurs de France et de Navarre non seulement cotisent aux différentes caisses, maladie, retraite, j’en passe et des meilleures,
          mais aussi versent une partie de leur bénéfice aux caisses d’allocations familiales.
          Oui, les caisses d’allocations familiales.

          Demandez à voir n’importe quel avis d’appel de cotisations émis par le RSI, vous trouverez la ligne « caisses d’allocations familiales ».
          A payer.
          C’est pas être solidaire, ça ?

          Est-ce que les associations loi 1901 financent les caisses d’allocations familiales ? 


          • juluch juluch 23 novembre 2014 21:25

            Merci pour la partage.


            J’ai appris récemment. smiley

            Quand je pense que j’ai mit des sacs entiers dans ce container en croyant que c’était pour redistribuer !!!  smiley
            C’est finis !
            J’irais directement aux associations caritatives comme croix rouge ou autres.


            • Ruut Ruut 24 novembre 2014 09:55

              Pareil, je suis dégouté.


            • CHALOT CHALOT 23 novembre 2014 22:56

              Une rente oui mais surtout une arnaque qui rapporte beaucoup aux marchands et un peu à Emmaüs et qui gruge à la fois les donateurs qui ne connaissent pas ce business et à la fois les associations locales qui reçoivent moins d’habits.


              • mmbbb 24 novembre 2014 13:07

                Mr Chalot Ce sera pareil pour le marche « dit equitable » Il y a aura un jour un scandale qui eclatera Je vous ferai aussi remarquer que les filieres clandestines sont souvent organisees par des mafias et nous avons tort aussi de vouloir acceuillir surtout depuis Hollande nous faisons qu alimenter ces reseaux mais ils ont raison ils profitent de notre laxisme J’ai une collegue dont le mari est pharmacien les gentils ROMS ressortent avec des sacs entier de de medoc puisqu ils sont pris en charge par l ’AME Ces medocs sont revendus dans des reseaux au noir etc etc


              • dithercarmar dithercarmar 24 novembre 2014 13:38

                Le problème de la france est que la misère est le fond de commerce des porteurs de croix. Il serait bon que vous regardiez l’exercice fiscal 2011 et 2012 emmaüs (PDF)...
                Si je reprends vos termes catho « C’EST HONTEUX ». La misère des uns...
                Il y a bien d’autres choses à faire que de donner a ce type de « commerçant » qui affiche « LA SOLIDARITÉ NE SE MARCHANDE PAS » le long de ses étalages (nous l’avons vu un peu partout).
                Un humour aigre à leurs dimentions : INTERNATIONALES. Et très dur à savourer.


              • fred.foyn Le p’tit Charles 24 novembre 2014 09:19

                Les « voyous » font aussi de l’argent sur la misère...Regardez également combien sont payés les politiciens dans notre pays...et pourtant ce sont eux qui font la misère.. ?
                Les « URNES » sont des boites à voyous.. !


                • CHALOT CHALOT 24 novembre 2014 09:50

                  Je pense, à l’encontre de ce qu’affirme Constant, même si je reconnais le sérieux de sa réflexion qu’il y a là de la part des entreprises et d’associations caritatives, de certaines, un jeu d’étiquettes.
                  Il s’agit là de la part de grands réseaux caritatifs, qui ont peu d’activités de proximité une facilité et pour les entreprises un moyen de se faire de l’argent.
                  Ce qui se passe :
                  - ignorance de la part des donateurs
                  - baisse de l’aide de proximité
                  - peu de retombées pour les démunis
                  - utilisation de facilités données par les villes : emplacements, publicité.

                  IL FAUT DE LA TRANSPARENCE


                  • fred.foyn Le p’tit Charles 24 novembre 2014 10:08

                    (IL FAUT DE LA TRANSPARENCE)...le problème c’est que les gestionnaires n’en veulent pas...Depuis des dizaines d’années le peuple demande ceci ou cela mais n’obtient rien sauf du mépris... !


                  • Ruut Ruut 24 novembre 2014 09:56

                    En gros emaus ne récolte que l’invendable pour les pauvres.


                    • fred.foyn Le p’tit Charles 24 novembre 2014 10:10

                      Non...il travaille avec des antiquaires à l’affût du bon coup...Les bonnes affaires en effet sont disponibles pour le plus petit nombre en cachette.. !


                    • oncle archibald 24 novembre 2014 17:46

                      « il travaille avec des antiquaires à l’affût du bon coup… »


                      Comme tous les brocanteurs dignes de ce nom qui savent reconnaitre ce qu’ils achètent et si ça doit être vendu dans une brocante ou chez un antiquaire. 

                      Ca prouve que les mecs d’Emmaus qui collectent ou qui trient ont appris quelque chose, et j’en suis ravi. Ils sont plus futés que ceux qui leur donnent sans connaitre la valeur de ce qu’ils donnent et c’est la loi du sport !

                      Qu’est ce qui vous emmerde tant chez Emmaus ? qu’au départ ce soit un abbé qui ait monté l’asso ?

                    • foufouille foufouille 24 novembre 2014 12:13

                      c’est plus compliqué. les chiffons d’emmaus ou les invendus sont envoyés en afrique du sud dans l’entreprise « sociale » du copain véreux. puis transformés en isolant vert pour le logement et revendus en france à prix d’or.


                      • ZenZoe ZenZoe 24 novembre 2014 15:04

                        Je voudrais apporter ici un témoignage. J’ai aidé récemment une connaissance à vider un appartement après le décès de sa mère. Il y avait entre autres plein de meubles, de vaisselle et de vêtements en très bon état que mon copain ne pouvait pas garder. N’ayant pas de véhicule suffisamment grand pour tout charger, il a appelé plusieurs associations. Aucune, je dis bien aucune n’a accepté de se déranger. L’une d’elles nous a même conseillé de louer une camionnette, merci bien pour l’info ! Finalement, comme le temps pressait, on a appelé les encombrants pour les meubles et la vaisselle, et pour les fringues, on est allés tout mettre dans les points relais. J’en ai parlé autour de moi, et j’ai appris que les associations effectivement attendent qu’on vienne à elles pour ce genre de collecte.
                        On peut comprendre qu’elles n’aient pas toujours les moyens. Outre la collecte des vêtements, il faut aussi trier, emballer, organiser le transport vers des points de vente ou des usines qui vont recycler les textiles invendables en chiffons... Tout ça coûte du temps et de l’argent, même en s’appuyant sur des bénévoles, alors je ne vais pas critiquer Emmaus et d’autres associations parce qu’ils ont signé de manière intelligente des contrats avec des chiffonniers privés. Emmaus signe même des contrats avec les mairies pour collecter les encombrants, ce qui veut dire qu’ils peuvent garder et revendre ce qu’ils veulent. Ca les arrange bien. Ces contrats arrangent tout le monde en fait, les donateurs qui ne peuvent pas toujours se déplacer loin avec de grosses quantités à donner, les associations qui récoltent un peu d’argent sans rien débourser, et pourquoi pas les chiffonniers privés.. ll faut de tout pour faire un monde...


                        • oncle archibald 24 novembre 2014 16:04

                          @ Zen Zoé : je confirme, nous non plus n’avons pas obtenu qu’Emmaus vienne chercher à notre domicile des cartons qui contenaient pourtant des tas de chose intéressantes et revendables. A leur décharge (si j’ose dire !) il faut bien visualiser qu’Emmaus fonctionne avec quelques bénévoles certes, mais surtout en salariant des gens qui étaient dans la rue auparavant. 


                          Les marginaux « sauvés » deviennent salariés de l’association. C’est géant parce que ça rétablit la dignité de ceux qui n’avaient plus rien, c’est autrement grand et efficace qu’une « allocation » pour les sortir de la merdouille. En contrepartie ça fonctionne désormais comme une entreprise, IL FAUT FAIRE DU BENEFICE, ou au minimum ne pas faire de déficit, c’est impératif pour la survie de l’association.

                          Peu le savent ou pire feignent de ne pas le savoir parce que politiquement ça ne les arrange pas. C’est bien dommage, ça permet de comprendre comment ces gens qui étaient la veille des parias redeviennent des acteurs « normaux » de la société, avec une fiche de paye, des cotisations sociales et retraite payées par l’employeur comme il se doit. Et aussi de comprendre qu’ils ne donnent pas suite à une affaire jugée « non rentable » qui générerait du déficit et pas du bénéfice.

                          Nous avons donc porté chez eux les cartons qui avaient été préparés avec les éléments le plus récupérables et sorti le reste devant la porte le jour de la collecte des encombrants.

                        • oncle archibald 24 novembre 2014 17:15

                          Merci Constant.


                          Peut être qu’un chaud-froid aux pommes pom girls arriverait à me faire opiner du chef malgré les effets de la vétusté qui commencent à se faire ressentir…. tout est possible en ce bas monde, mais comme ça fait plus de 43 ans que je joue à la machine à coudre je ne vais pas déroger maintenant, avouez que ce serait très con.

                          J’imagine le bulbe de Rachid plus efficace. Rachid ce pote de mes enfants qui a passé des mercredis entiers chez moi sur « l’amstrad » a essayer de délivrer un singe dans une cage … Un super mec, avec un Bac plus trois de technico-commercial, et que des cons pleins de préjugés racistes ont contraint à accepter un boulot de manutentionnaire chez Darty par ce qu’il ne trouvait rien d’autre malgré sa gentillesse, sa bonne volonté, sa bonne gueule et ses diplômes. Peut être un jour finira-t-il chez Emmaus, qui sait.

                        • foufouille foufouille 24 novembre 2014 17:57

                          « Les marginaux « sauvés » deviennent salariés de l’association. »
                          pas du tout
                          "ces gens qui étaient la veille des parias redeviennent des acteurs « normaux » de la société, avec une fiche de paye, des cotisations sociales et retraite payées par l’employeur comme il se doit."
                          non plus. un compagnon n’a aucun contrat.


                        • oncle archibald 24 novembre 2014 18:31

                          Je ne sais pas ou vous avez trouvé ça mais à Carcassonne en tout cas ils sont salariés et celui qui les dirige a pris le temps de m’expliquer pourquoi. Il en était de même du temps de l’abbé Pierre. C’est l’intérêt majeur de cette association.


                        • foufouille foufouille 24 novembre 2014 18:33

                          c’est rarement le cas, dans ce cas. il y a même une loi spécial compagnon emmaus les autorisant à ne pas avoir de contrat.


                        • oncle archibald 24 novembre 2014 18:52

                          Lien très intéressant (lien avec La Croix). Il y a donc cohabitant dans l’asso des salariés authentiques avec des contrats aidés ou pas, et des « cas spéciaux » reconnus par la Républqie par le biais d’un jugement « au nom du peuple Français » pour des mecs hébergés et nourris provisoirement contre un travail. Dans le cas d’espèce c’étaient des immigrés sans papiers. Si la position des personnes en difficultés est claire et légale la vocation de des « emplois précaires » est de se transformer en emploi pérennes si la structure le permet. C’est encore plus chouette que je le pensais.


                        • foufouille foufouille 24 novembre 2014 18:58

                          si tu veut garder tes oeillières, c’est ton droit. j’en ai visité pas mal.
                          même sans contrat, ça reste bien quand ce sont les compagnons qui dirigent.


                        • dithercarmar dithercarmar 24 novembre 2014 18:07

                          Le problème de la france est que la misère est le fond de commerce des porteurs de croix. Il serait bon que vous regardiez l’exercice fiscal 2011 et 2012 emmaüs (PDF)...
                          Si je reprends vos termes catho « C’EST HONTEUX ». La misère des uns...
                          Il y a bien d’autres choses à faire que de donner à ce type de « commerçant » qui affiche « LA SOLIDARITÉ NE SE MARCHANDE PAS » le long de ses étalages (nous l’avons vu un peu partout).
                          Un humour aigre à leurs dimentions : INTERNATIONALES. Et très dur à savourer.

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