Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Société > C’est dans l’intérêt général... 1/5 Des travaux tant (...)

C’est dans l’intérêt général... 1/5 Des travaux tant attendus

Oyez oyez bonnes gens les heurs et malheurs d'un vilain qui osa critiquer les bienfaits seigneuriaux.

Avertissement : Dans ce récit ne seront pas indiqués de noms de lieux ou de personnes. Le but n'est pas d'attaquer des personnes dont le travail et les compétences sont reconnus mais de montrer l'état d'esprit, ou plutôt de matérialisme, auquel nous sommes soumis, pour "notre bien". Le ton parfois pamphlétaire ne vise qu'à exprimer un ressenti. Je souhaite qu'il en soit de même dans les commentaires.

1. Des travaux tant attendus

Depuis plusieurs années, plusieurs décennies, vous attendez que le problème de sécurité de votre rue soit pris en considération, ne comptant plus les accidents ni même les morts.

Enfin, un questionnaire vous demandant de classer par ordre d'importance la sécurité devant l'école, aux entrées du village et dans votre rue, vous laisse tellement perplexe que vous n'y répondez pas.

Vous êtes invité à une réunion de concertation où on vous assurera que rien n'est décidé. Mais vous savez que les réfections de traverses font l'objet d'une programmation pluriannuelle voire décennale qui ne peut guère être modifiée que par l'entregent d'un élu.

Suit une réunion d'information, tenant compte de vos souhaits. 

Un beau jour, vous apprenez par le journal local que les travaux vont commencer. Un arrêté interdit le stationnement pour une durée illimitée. 

Un responsable devait passer pour les implantations des armoires électriques. Vous auriez aimé parler de celle du voisin qui sera en limite de votre terrain mais personne ne se présente. Bah ! vos réseaux téléphonique et électrique sont déjà enterrés...

Vous ne vous sentez pas trop concerné par ces travaux : la pose d'un haricot ne semble pas si conséquente. Vous n'allez pas consulter le dossier en mairie et observez donc tranquillement le remue-ménage du reste de la rue.

C'est alors que la route est rabotée devant chez vous, une fois, deux fois. Et vous constatez qu'elle est décaissée de 50 cm. Vous ne pouvez plus sortir votre véhicule. Et c'est le weekend... Ceux qui fréquentent les moulins à paroles ou le saint des saints avaient garé leurs véhicules plus loin.

Vous vous risquez à circuler sur le trottoir, c'est impressionnant et ça vous rajeunit.

Lundi, les accès vont être aménagés, escomptez-vous. Eh bien non, c'est l'autre côté de la chaussée qui est décaissé et les engins bloquent le trottoir.

Mardi, les aménagements des accès commencent. Il vous faut attendre le soir pour, avec prudence, aller au ravitaillement. Vous ne pouvez alors pas deviner que votre liberté de circulation ne durera que quelques jours et que vous allez être privé de cet accès pendant un mois.

Pensez à remercier le Conseil général de pimenter votre vie. Si vous osiez, mais il est toujours déconseillé de faire une suggestion à ceux qui savent mieux que vous (le médecin, le prof, le notaire, ...), vous diriez qu'un microsite avec le calendrier prévisionnel des travaux et quelques indications pratiques éviterait bien des déboires. Un descriptif de la réfection d'une chaussée, qu'on ne trouve pas dans un langage accessible au commun des mortels sur internet, pourrait y être joint, mais pas de vidéo, merci, votre mini-ADSL les supporte mal. Pas trop de photos non plus, une partie du village est en bas débit. Ce site serait également très utile aux automobilistes et routiers et pourrait facilement être adapté aux autres communes concernées par de tels travaux.

Maintenant, ils vont recharger la route et la bitumer, espérez-vous.

Mais un nouveau décaissement augmente l'abîme... Qui aurait imaginé que c'était encore possible ?

Alors vous comprenez que les élus, plus influents, des communes voisines ont définitivement gagné le droit à la tranquillité : un aménagement limité de voirie aurait pu détourner une petite (mais significative) partie du trafic vers leurs contrées sans guère les importuner. Vous allez bénéficier d'une route qui supportera un nombre accru de poids lourds, vous savez ceux qui bloquent les dépôts d'essence, ceux qui continuent à rouler sur des routes enneigées, vous obligeant à passer une nuit glaciale dans votre voiture, ceux qui vous serrent car ils vous trouvent trop lents c'est-à-dire quand vous respectez les limitations temporaires de vitesse... Telles sont les réactions à chaud qui vous assaillent (mais qui seront approfondies dans les prochains chapitres).

D'une manière générale, en France, on ne peut que rester ébahi devant cette orgie de ronds-points (30000 soit la moitié des carrefours giratoires dans le monde) et de développement routier et autoroutier : le Sétra indique que le réseau national (autoroutes et routes nationales) mesurait 20316 km fin 2010 mais il faut aussi tenir compte des réseaux départementaux et communaux, plus d'un million de kilomètres fin 2009.

Mais revenons à vos nuages de poussière : la suite du spectacle sera le passage d'un compacteur qui va tester la résistance de votre habitation d'une façon très impressionnante. Les raclements de bordures vous feront parfois sortir du lit à 5 heures... Et comme votre plume se délie à l'aurore...

Préparez-vous à de nombreuses nuits difficiles. Les camions de travaux publics, à l'aise sur ce quasi-chemin, joueront du tam-tam avec leurs bennes. Les bruits de roulement et les vibrations seront nettement amplifiés. L'apothéose sera les nuits blanches du bitumage pendant lesquelles la circulation sera interrompue, ce qui permettra aux ouvriers de travailler en sécurité. Malgré toutes les mesures de protection, la débilité des conducteurs à la recherche des minutes perdues laisse penser qu'un toréro doit se sentir plus en sécurité au centre de l'arène.

Votre méditation nocturne bercée par les grondements et bips des engins vous entrainera dans un monde où celui qui proposerait d'interrompre la circulation la journée pour effectuer les travaux, de fermer les magasins les dimanches et jours fériés, de ne pas gâcher les compétences par des mini-emplois jetables, de respecter prioritairement les droits fondamentaux, ne se verrait pas catalogué comme un indécrottable anarchiste.

Deuxième chapitre : Les fouilles (09/08/11)


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (4 votes)




Réagissez à l'article

7 réactions à cet article    


  • Nanard39 Nanard39 6 août 2011 07:18

    Et bien, plaignez-vous ! ....en abaissant les niveaux des chaussées, si vous êtes à proximité d’un cour d’eau, vous aurez la chance d’avoir une piscine à votre porte ! et comme les gosses, de voir les pompiers de près ......


    • Phil AUTEMPS 6 août 2011 08:03

      Les conséquences de ces travaux sont toujours prévues sur le papier... Il fut un temps où les décisions étaient précédées de rencontres et de dialogues directs avec les habitants... Les grandes réunions ne permettent pas de s’exprimer facilement.


    • Michel DROUET Michel DROUET 6 août 2011 08:27

      Des travaux tant attendus : par qui ?

      Par toujours par les riverains/contribuables qui ne voient pas toujours la nécessité de réaliser des travaux onéreux.

      Toujours par les entreprises qui ont l’oeil rivé sur leurs carnets de commandes et par voie de conséquence sur le maintien de l’emploi.

      En résumé, les investissements programmés par les collectivités ne sont pas toujours nécessaires mais maintiennent artificiellement une activité économique.

      N’y a t-il pas d’autres moyens de procéder ?


      • Phil AUTEMPS 6 août 2011 08:35

        Votre avis est tout à fait pertinent.
        Des travaux étaient attendus depuis des décennies pour améliorer la sécurité...


      • JL JL 6 août 2011 09:52

        « D’une manière générale, en France, on ne peut que rester ébahi devant cette orgie de ronds-points (30000 soit la moitié des carrefours giratoires dans le monde) et de développement routier et autoroutier  »

        Je pense que cela relève d’une interprétation aussi absurde qu’opportuniste des thèses de Keynes.

        Je m’explique : à l’instar de la mouche du coche, il y deux manière de chercher à agir sur la croissance. La politique dite de relance par l’offre et son inverse, la relance par la demande.

        L’offre de ronds points est ubuesque ! Mais ça fait tellement plaisir aux entreprises de TP qui sont si gentilles avec les candidats aux élections municipales.

        Ps. Dans les campagnes, on appelle ça des rond-points pour les vaches.

        Ah, un mot sur ce RP : il en existe à deux voies et plus dont les voies intérieures ne servent jamais !


        • gaijin gaijin 6 août 2011 14:03

          j’en connais même un sur une route ou il n’y a pas de carrefour ......
          il faudrait compter dans combien de mairie l’entrepreneur du coin est le beau frère (ou le cousin ) du maire .......

          super l’info sur les carrefours !
          on est les plus gros consommateurs de médicaments
          les plus gros consommateurs de psychotropes
          on a le plus grand nombre de centrales nucléaires
          le plus grand nombre de fonctionnaires
          le plus grand nombre de ronds points
          .........................
          et on est un des pays ou on paye le plus d’ impots .....

          étonnant non ?

          c’est ça l’ exception française


        • Phil AUTEMPS 6 août 2011 15:16

          Je croyais que la France était aussi en tête pour le taux de natalité (aucun rapport...) mais l’Irlande la supplante largement : http://insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=98&ref_id=CMPTEF02215 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès