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Accueil du site > Actualités > Société > C’est dans l’intérêt général... 3/5 Les réclamations

C’est dans l’intérêt général... 3/5 Les réclamations

Résumé du chapitre précédent : Vous aviez adressé une réclamation au Conseil général car depuis trois semaines, vous ne pouviez plus accéder à votre domicile en voiture.

Avertissement : Dans ce récit ne seront pas indiqués de noms de lieux ou de personnes. Le but n'est pas d'attaquer des personnes dont le travail et les compétences sont reconnus mais de montrer l'état d'esprit, ou plutôt de matérialisme, auquel nous sommes soumis, pour "notre bien". Le ton parfois pamphlétaire ne vise qu'à exprimer un ressenti. Je souhaite qu'il en soit de même dans les commentaires.

3. Les réclamations

Il faut sortir des logiques d’affrontement. Rapport du Médiateur de la République

Pas de réponse à votre réclamation. Vous avez pris l'habitude de "traduire" le langage des administrations d'une façon tout à fait personnelle :

  • Nous accusons réception de vos remarques relatives aux travaux de voirie.
  • Nous ne nous sentons pas concernés. Oubliez-vous qu'il faut d'abord aller s'agenouiller devant un député ou un conseiller général qui daigneront peut-être vous accorder leur grâce et leurs bienfaits afin que vous puissiez éventuellement obtenir une once de ce qui vous est dû ?
  • Nous avons transmis votre courrier à l'entreprise qui prendra contact avec vous.
  • Nous avons transmis votre courrier pour que tout le monde sache que vous êtes un emmerdeur. 

Mais bon, vous connaissez ce principe intangible en France : dès qu'une question dérange, on reproche à son auteur la manière dont il l'a posée. Aucune solution ne sera proposée à ceux qui ne respectent pas les codes : demander l'intervention d'une personne influente, ne jamais rendre publique une question gênante.

Et lors d'une visite de chantier (vous savez, quand, chaque semaine, une bande de décideurs va d'un bout à l'autre de la rue), vous voyez s'approcher deux personnes. Elles se présentent comme étant du Conseil général et vont vivement vous reprocher votre message.

Car ça ne les concerne pas : "Le Conseil général paye mais a délégué la maitrise d'œuvre des travaux au maire, il n'en est donc pas responsable et n'en connait même pas le calendrier prévisionnel." [Ces propos, comme l'ensemble du récit, sont véridiques.] Mais alors, que font-ils ici ?

Et c'est donc à vous de vous y retrouver, face à ces anciens de la DDE passés au département dans l'attente d'une nouvelle hybridation, DDE qui existe toujours mais pas pour toutes les routes et pas sous ce nom, enfin ça dépend des départements... (La réforme de l'administration territoriale de l'État) On vous dit qu'ils décident mais ne contrôlent rien... mais comme vous n'êtes pas d'un naturel agressif, vous ne vous risquez pas à le leur faire remarquer.

Vous avez le sentiment d'être un gueux : quel que soit le motif de votre réclamation, vous n'êtes pas habilité à émettre la moindre objection, celle-ci sera rejetée.

Et le maire arrive : "Alors qu'est-ce qu'il y a ? Je t'ai dit que le ___ [Il ne précise pas : dans trois semaines], tu pourras sortir de chez toi." 

Et les envoyés spéciaux de dire :"Tout est arrangé."

Vous comprenez alors que vous êtes perçu comme un opposant, vous qui n'aviez jamais émis d'autre réclamation que celle-ci dont la légitimité ne fait aucun doute pour vous.

Aujourd’hui, nos services publics ne peuvent plus se résumer à des machines administratives. La pérennité du service public ne passe pas par son statut mais par la qualité du service rendu. Cela suppose le respect des agents par le management du service public et la gestion des ressources humaines vers un changement de culture du service. Ce qui caractérise ce service, ce n’est pas le traitement d’un dossier, c’est l’apaisement d’une personne par le traitement de son dossier. Rapport du Médiateur de la République

Cependant, vous atténuez cette désagréable impression si vous connaissez le maire depuis longtemps et n'ignorez rien du fardeau qui l'accable. Ce factotum de l'État et des administrations est la raison du maintien de la structure communale en dépit des regroupements de communautés de fusions de communes. Il reste le seul interlocuteur à portée de main, devant subir reproches, responsabilités de plus en plus complexes et imprécises, réformes se chevauchant et souvent ignorées ou incomprises des administrés, disparition des services publics, conséquences sociales des orientations politiques... et maintenant maitre d'œuvre (et d'ouvrage ?).

Dans le cas de travaux de voirie, un interlocuteur compétent au niveau technique sur l'ensemble du chantier ne se contenterait pas de vous rabrouer et ne rameuterait pas une noria de spécialistes si vous montrez les dents. Il éviterait également que les ouvriers deviennent systématiquement la cible des mécontentements.

Il ne reste que la presse locale (mais pour combien de temps encore ?) qui peut se faire l'écho de vos mécontentements. Éventuellement, les médias nationaux si c'est vendeur, si ce n'est pas néfaste aux recettes publicitaires et si ça ne contrarie pas trop le gouvernement. Les sites internet prenant ce risque se raréfient inexorablement...

Vous subirez alors les foudres de vos élus qui déclareront que ce ne sont que friponneries qu'ils ont daigné prendre en considération mais qui le ressentiront comme une attaque personnelle. Vous vous demanderez quelles seront les conséquences de votre insubordination (voir le dernier chapitre). 

Cependant ils savent que ces articles revendicatifs accoutument la masse à ce qu'elle devra aussi subir, comme les manifestations qui ne font que repousser la date d'application de la nouvelle dégradation des droits fondamentaux, ou le déferlement médiatique obligeant à de fermes engagements qui resteront virtuels. Des milliers de commentaires sur l'internet n'empêcheront pas l'autonomie des écoles, c'est-à-dire leur mise en concurrence, et la généralisation du fichage de la population, et ce, quelle que soit la couleur politique du gouvernement. 

Certains d'entre vous ont commencé à réfléchir à la manière dont ils s'organiseraient si l'accès à leur domicile était durablement bloqué...

Quatrième chapitre : L'impact sur la sécurité (15/08/11)


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