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Ça se soigne ?

Chambre Hopital.jpg

Le fils d’une de mes amies a été hospitalisé à cause d’une appendicite, il a du attendre 12 heures avant d’être opéré alors qu’il se tordait le ventre ; lorsque le médecin est enfin arrivé pour l’opération il faisait peur à voir, je ne pensais pas qu’il serait en état d’opérer son fils. L’hôpital va mal. Pour cette infirmière, qui nous livre ce témoignage frappant, le constat relève du pessimisme : l’hôpital public français a perdu de sa superbe. La récente inflation des décès par manque de soins au sein du milieu hospitalier a relancé le débat sur l’état de l’hôpital français, en manque de moyens pour l’opposition, en manque d’organisation pour la majorité.

Cela fait 10 ans que nous alertons les pouvoirs publics sur le manque de personnels et notamment de médecins, la nuit. Aujourd’hui, la sécurité des patients n’est pas assurée dans bon nombre d’établissements affirmait récemment une syndicaliste CFDT au quotidien Ouest-France. Le président de la république Nicolas Sarkozy, récuse quand à lui tout manque de moyen et estime que l’hôpital doit être mieux organisé, rappelant qu’entre 1998 et 2008, la France, au travers des dépenses de l’assurance maladie au profit des hôpitaux, a augmenté le budget [de l’hôpital] de 50%. C’est 23 milliards d’euros de plus pour l’hôpital au cours des dix derniers années.

Ces 23 milliards d’euros évoqués par le président de la république font cependant partis du domaine de l’hypothétique. Sur la période 1994-2006, l’hôpital public français a en effet perdu 16% de lits, puisque contre 523 242 places en 1994 selon la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, seuls 439 765 seraient encore en place. Cette détérioration se manifeste particulièrement dans des secteurs tels que la psychiatrie, où un tiers des places disponibles en 1994 ont été supprimés.

La réforme de l’hôpital, débattue en ce moment même par le Parlement sous le nom d’"Hôpital, patients, santé, territoires", est largement inspirée du rapport établi par le président du Sénat Gérard Larcher qui proposait un regroupement des établissements hospitaliers, interprété par certains comme la suppression à venir des hôpitaux à faible activité. La réforme permettra ainsi aux hôpitaux de développer une coopération entre établissements du même secteur, ce qui permettra selon la ministre de la santé Roselyne Bachelot de surmonter quelques blocages exceptionnels.

Exceptionnels les blocages ? A en croire infirmières et médecins, non. Les hôpitaux sont surchargés d’autant plus que le manque de personnel est criant. Plus de 5000 postes seraient vacants dans l’hôpital public, contraignant ainsi le personnel hospitalier à effectuer des heures supplémentaires qui restent bien souvent impayées. Le nombre d’infirmiers par lit en milieu hospitalier est ainsi un des plus bas d’Europe occidentale, avec 0,56 infirmiers par lit en France contre 0,75 en Allemagne, 1,36 en Italie, 1,68 en Espagne et plus d’1,8 au Royaume-Uni. L’atout de l’hôpital français reste cependant le nombre d’établissements qu’il compte (plus de 4,8 pour 100 000 habitants alors que la moyenne des cinq pays les plus nombreux de l’UE ne dépasse guère les 2,9 établissements pour 100 000 habitants), atout qui se retrouve aujourd’hui menacé par la réforme de l’hôpital.

Le manque de personnel constitue donc un des handicaps des plus préjudiciables pour l’hôpital, notamment victime d’une pénurie de médecins. Pénurie paradoxale puisque c’est l’étât lui même qui l’a initiée via le numerus clausus, principe limitant le nombre d’étudiants admis dans les écoles de médecines. L’étât avait commencé à employer ce procédé dès 1972 pour réduire le déficit de l’assurance maladie, un choix qui s’avère aujourd’hui très préjudiciable pour l’hôpital public. Face à la pénurie de médecins, le gouvernement Raffarin avait d’ailleurs décidé en 2003 de relever le nombre d’étudiants acceptés en médecine, un choix qui ne prendra effet que dans 10 ans. A l’heure actuelle, 11 000 étudiants en médecine sont reboutés chaque année dans leur ambition d’exercer des professions dont les sous-effectifs mettent pourtant en péril notre hôpital...

Retrouvez cet article dans son contexte original sur http://www.lenouvelhebdo.com

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8 réactions à cet article    


  • TSS 21 février 2009 17:31

    profites de tes vacances et vas jouer avec les enfants de ta cour... !!


    • Louisiane 21 février 2009 18:24

      Merci d’apporter votre contribution riche d’exemples, finement argumentée et que chacun attendait avec impatience.
      Heureusement que les gros mots sont interdits !


    • Halman Halman 21 février 2009 17:36

      Dans le quota 0,56 agent par lit, ce ne sont pas uniquement les personnels soignants, mais tout le personnel inclus. Administratifs, ouvriers, techniques, transports internes, imagerie médicales, rééducation, les cuisines, etc.

      Cela en fait en réalité considérablement moins au lit du patient.

      Etant donné que les soignants dans les salles représentent à peine plus de la moitié de l’effectif complet d’un hopital, le calcul est vite fait.

      Deux aides soignantes et une infirmières pour 25 lits de gériatrie, c’est devenu la norme depuis les 35 heures.

      Aubry, Guigou, Bachelot le savent, mais pour elles c’est tellement normal, juste un problème d’organisation disent elles, jonglant avec des chiffres que leurs "conseillers" et autres technocrates bidouillent eux mêmes pour leur faire apparaitre une pseudo réalité acceptable à leurs yeux.

      Guigou, lors de la crise des infirmières qui nous annonce toute fiere qu’elle a créé 5000 postes d’infirmières.

      Non, elle n’a rien créé du tout. Elle a supprimé 5000 postes d’aides soignantes pour les transformer en infirmières. Elle a fermé les classes d’aides soignantes dans les instituts de formations d’infirmières pour les ouvrir aux infirmières.

      Privant d’autant d’aides soignantes les services.

      Elle nous prend pour qui ? Elle veut nous faire gober que 5000 - 5000 ça fait quand même + 5000 !!!

      Mais comment peut on être organisé avec une informatique tout le temps en panne par manque de personnel ?

      Avec des logiciels tellement en panne que les médecins et les infirmières en sont revenus au papier, perdant ainsi un temps colossal à ne pas être auprès du patient.

      Comment peut on utopiquement songer organiser les comportements aléatoires des patients Alzheimer qui d’une minute à l’autre nous donnent des sueurs froides, mobilisant une voir deux agents pendant environ une demi heure. Et les autres patients, pendant ce temps là qui s’en occupe ? Comment s’imaginent elles que nous faisons, en nous clonant à volonté pour être partout à la fois ?

      Cela donne des agents qui craquent, pas seulement physiquement. Le nombre d’infarctus, de dépressions, d’hernies discales, sont en accroissement constants depuis les 35 heures.

      Les cadres des services et les médecins du travail le savent et font remonter les informations à la direction du personnel. Mais quand à la direction du personnel on nous fourgue une fille de 30 ans seulement qui sort de l’école et qui découvre sur le tas une certaine réalité. Obtuse dans ses attitudes purement administratives.

      Et on continue à estimer qu’il faut encore diminuer le nombre de personnel ?

      Mais c’est de la folie pure et dure !

      Que vont elles faire quand il n’y aura plus personne dans les services, hormis quelques intérimaires peu motivés sauf par leur paie. Comment peuvent ils se sentir concernés par un service et des patients quand ils savent qu’ils sont là juste pour quelques jours ?

      Et on nous parle de motivation et de qualité des soins.

      Comment peuvent elles continuer sans honte à mentir aux gens qui connaissent eux la réalité du terrain ?


      • Louisiane 21 février 2009 18:22

        Comment peuvent elles continuer sans honte à mentir aux gens qui connaissent eux la réalité du terrain ?

        Parce que c’est une volonté pure et simple de nos dirigeants. Il y a du pognon à se faire en privatisant tout ça ou en incitant les gens à aller vers des hôpitaux privés pour (re)trouver une qualité de soins (pour ceux qui en ont les moyens).
        L’amiante a été longtemps utilisée en France malgré les dangers que cela représentait. Pourquoi ? Pour les profits. Les ouvriers malades ? Peu importe.
        Idem pour les farines animales, les hormones, le sang contaminé, etc.
        Dans quelques années, on nous révèlera peut-être les dangers de la téléphonie mobile, des OGM ou des pesticides (c’est déjà fait, mais on continue !)
        Pourquoi ? Pour le profit. Un être humain ne vaut rien en comparaison d’un stock d’actions. Les humains, ça se reproduit, il y en a trop, on peut les utiliser comme on veut et ça rapporte parce que ça consomme. Et quand ça crève, ça consomme du funéraire. Tout est bon dans l’humain ! Surtout son pognon qu’il faut prendre par tous les moyens.
        S’imaginer un début de compassion chez nos dirigeants qui mangent au Fouquet’s, c’est s’imaginer que la science moderne sauvera l’humanité des dégats de la science ancienne.
        Y a du pognon à se faire, c’est tout !


      • srobyl srobyl 21 février 2009 20:04

        Le regroupement des hôpitaux a été habilement présenté comme la création de pôles de santé (le mot à la mode), ce qui occulte la suppression effective des hôpitaux "de faible activité". Les utilisateurs apprécieront cette langue de bois sarkozyenne....pour aller se faire soigner à pétaouchnok.
        La sculpturale Roselyne a refusé de rencontrer les personnels hospitaliers et les élus locaux à Auxerre, suite aux protestations concernant la fermeture de services (maternité...) à Clamecy, ville d’un département dont elle est originaire...
        Quand la France d’en bas devenue France d’en haut en tailleur rose et 5 de Chanel, elle renie ses origines . S’en fout la Roselyne, elle aura toujours une place en clinique privée si elle veut une FIVETE. 
        Pourvu qu’elle ne nous fasse pas une portée...  !


        • chmoll chmoll 22 février 2009 08:15

          certains< hospitaux> sont des antichambres de la mort, avec des <medecins > diplomé d’un CAP de medecine

          é ouié en 6 mois te v’la toubib

          avec 5 ans d’experience en bouch’rie tu d’viens automatiqu’ment chirugien

          ceux qui font de bonnes affaires dans ton ça, se sont les pompes funèbres en contrat avec ces <hospitaux>


          • Radix Radix 22 février 2009 16:11

            Bonjour

            Visiblement il y a des réalités de la médecine qui vous échappent !

            On ne peut opérer un individu s’il n’est pas à jeun et il faut un minimum de huit heures pour obtenir l’effet désiré.

            J’ai été opéré de l’appendice à 12 ans en clinique privée, j’ai passé toute la nuit a avoir mal au ventre et lorsque j’ai sonné l’infirmière de nuit je me suis fait engueuler parce-que je l’avais réveillée !

            Je précise que j’avait une péritonite !

            Alors informez-vous et grandissez un peu...

            Radix


            • antochrit antochrit 23 février 2009 10:49

              Le commentaire de Radix me semble totalement non constructif ! Je ne vois pas en quoi la règle (a priori) du jeûne avant intervention change quoi que ce soit au problème !
              Je précise également "a priori" car en cas d’urgence on déroge à la règle !
              Il est toutefois intéressant que vous précisiez que c’était dans une clinique privée et que malgré l’intervention vous souffriez d’une péritonite, cela en dit long sur la qualité de l’intervention et du suivi....et ce n’était pas l’hôpital public !

              Alex, malgré son jeune âge démontre de qualités de réflexion, et de rédaction indéniables, ce n’est visiblement pas le cas de tout le monde !

              Récemment je lisais un ouvrage dont le contexte était le milieu hospitalier américain, ses liens avec les assurances sociales qui décident des procédures et des "recommandations de bonnes pratiques"....(surtout des pratiques les moins onéreuses en terme coût), les lobbies pharmaceutiques, les pouvoirs politiques et les dérives du secteur agro-alimentaire où l’appât du gain passe devant la sécurité alimentaire. Ce livre a plus de 20 ans........
              Eh bien j’avais l’impression que l’on parlait de ce qui nous guette aujourd’hui dans les projets de nos gouvernants.

              Les médecins tenus de se soumettre à une affectation dans un groupement hospitalier en fonction de leurs spécialités, chaque établissement n’ayant pas les mêmes moyens,
              les urgences débordées par réduction des moyens en personnel
              les pratiques tellement encadrées qu’il est interdit de faire un exament lambda en première intention (cela coûte trop cher) quitte à voir le patient revenir le lendemain en état aggravé car la pathologie n’a pu être détectée avec précision dès le premier jour à cause de la procédure mise en place.

              Les seuls choix qui s’offrent alors :
              Pour les médecins....quitter le public pour avoir les coudées franches
              Pour les patients....aller dans le privé pour y recevoir les soins adaptés

              Mais que deviennent alors les plus démunis ????
              Les victimes du système qui vise à favoriser le privé, financé par les labos aux dépens du public qui assure le minimum vital (et encore)

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Auteur de l'article

AJ


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