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Accueil du site > Actualités > Société > Ça sert à quoi tout ça ... ?

Ça sert à quoi tout ça ... ?

Battre en retraite ...

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Je tire mon irrévérence.

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Il y a quelque temps encore, j'écrivais ceci en réponse d'une élève qui voulait voir dans l'école une fonctionnalité immédiate. Je pensais encore naïvement, que la mission de l'enseignant était l'ouverture au monde, la curiosité, l'intelligence et la sensibilité, la langue et les expressions artistiques.

Des années, je me suis battu pour cette conception humaniste de notre rôle. J'ai cru pouvoir changer la société de l'intérieur, la rendre meilleure, plus humaine, plus fraternelle. J'ai consacré toute mon énergie à cette merveilleuse utopie, malgré les découragements, la lente montée des inégalités, l'intrusion du fait religieux, le racisme rampant, les dérives de la société qui perturbaient de plus en plus nos classes.

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Et puis, j'ai compris qu'il ne servait à rien de se battre. Que notre école était tombée dans les mains des gestionnaires : des libéraux qui veulent que tout soit rentable, opérationnel, mesurable, programmable, profitable … Le virage a eu lieu avec ce maudit socle commun :fausse bonne idée au service de l'idéologie capitaliste et non de l'épanouissement de l'individu.

L'école doit servir les desseins des politiques, des chefs d'entreprises, des marchands de main-d'œuvre docile. Elle doit préparer l'enfant à devenir un bon citoyen, un honnête justiciable, un brave travailleur obéissant, un prudent automobiliste, un sage utilisateur des médias, un pion parmi des milliers d'autres pions, heureux de leur sort de consommateurs serviles.

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Je pose donc mon tablier, prends prématurément une retraite à laquelle un statut privilégié me donne droit. Je n'ai pas honte, puisqu' ainsi, je libère une place pour un bien plus jeune et que je fais don de mes dernières annuités à l'administration. Je vais basculer dans le bénévolat pour continuer à croire à mes rêves : l'école n'est plus le lieu de l'espérance.

J'aurai encore les contes, l'écriture et les chansons pour occuper ce grand saut dans le vide. Je ne baisse pas la garde ; je renonce à un combat perdu d'avance. En relisant ce texte, je ne changerai rien mais je serai désormais contrait d'avouer à l'élève, que les attentes du ministère de l'éducation nationale sont tout autres.

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Il ne sert à rien de s'user au combat. La machine à casser est lancée à plein régime pour fracasser l'école publique ; le grand espoir des idéalistes qui voulaient un monde meilleur pour tous s'est brisé devant la cupidité, l'égoïsme, le calcul, l'exploitation, les mensonges de ceux qui sont au pouvoir et qui n'agissent jamais pour le plus grand nombre. Bientôt, très bientôt, l'enseignement sera un bien de consommation et je ne veux pas participer à cela.

Je vous tire ma révérence en vous offrant ce qui, aujourd'hui, est un vain discours. N'attendez pas de ceux qui nous dirigent autre chose que des réformes insipides et trompeuses. Les hussards noirs se sont brûlé les ailes devant les loups et les chacals de la haute administration.

Désespérément leur.

 

L'école, ça sert à quoi ?

Sempiternelle question !

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Une fois encore cette terrible question a surgi au fil de la conversation. « Ça sert à quoi, monsieur, ce que vous nous faites faire ? ». Derrière ce cri du cœur se dissimule le manque d'appétence pour la chose scolaire, le désir de ne rien faire et, pire encore, l'absence de curiosité. Que répondre à celui ou bien à celle qui pose la découverte intellectuelle en une problématique bassement matérialiste ? Il faudrait désormais que tous nos actes s'inscrivent dans une logique de rentabilité immédiate. Triste société qui réfute le geste gratuit, l'effort par plaisir, le bonheur de la découverte inutile.

Que répondre à cette question qui n'admet, il me semble, aucun argument tangible et bassement matérialiste ?Il est inutile de rentrer dans cette logique honteuse, cette approche de petit boutiquier. À quoi sert de convoquer l'avenir ? Il est bien incertain. A quoi bon promettre des lendemains meilleurs ? L'ascenseur social est depuis longtemps en rade. L'école ne permet plus de croire en une promotion mirifique.

Que dire alors qui donne encore du sens à ce qui devrait mobiliser toutes les curiosités, toutes les gourmandises de savoir ? J'ai choisi d'aller au bout de ce que réclamait sans doute ce questionnement désespéré, de ne pas jouer les illusionnistes. « L'école ne sert à rien et c'est justement ce qui fait sa gloire et sa grandeur. C'est la seule vérité incontestable de ce lieu où vous avez la chance de vous trouver encore pour quelque temps ! »

Oui, savoir ne peut avoir la moindre utilité. Réfléchir n'est d'aucun intérêt. Comprendre est de moins en moins nécessaire. Aimer plus encore ne sert plus à rien. L'école est le lieu de toutes ces compétences sans valeur intrinsèque qui feront de vous des humains, des êtres capables de vibrer, de s'émouvoir, de s'indigner ou bien encore de créer. Nous sommes bien loin des petits savoir-faire qu'on veut découper en tranches, mesurer, évaluer pour que vous deveniez de bons ouvriers interchangeables, au profit d'un monde économique sans âme.

L'école n'a pas pour but de vous faire rentrer dans une case, de vous rendre opérationnels pour un emploi. C'est à la formation professionnelle, c'est à la formation continue qu'incombent ces tâches ponctuelles, techniques, directement opératives. C'est quand votre parcours initial sera achevé que vous prendrez le temps de préparer votre orientation ou d'envisager plus tard une conversion. Pour l'heure, vous êtes encore à ce merveilleux moment où vous pouvez, vous devez encore, perdre votre temps sans chercher à le gagner !

L'école c'est la plus belle des vacuités, c'est un espace qui n'aura jamais à se soucier de rentabilité. C'est un sanctuaire où l'argent, les normes, les cadences, les impératifs économiques, les délais, les contraintes ne devraient pas s'exercer, peser sur votre seul appétit de découverte. L'école c'est une déambulation ludique, c'est une promenade savante, c'est une escapade curieuse, c'est une aventure merveilleuse.

L'art, l'histoire, la littérature, le théâtre, le cinéma, la langue, les sciences devraient être vos gourmandises. Vous devriez dévorer à pleines dents tous ces savoirs qui feront de vous des maillons de plus dans cette longue chaîne humaine qui a constitué notre humanité. Vous en êtes les héritiers : c'est le plus grand et le plus merveilleux don que vous ont accordé tous ceux qui vous ont précédés sur cette planète et, au lieu de vous en réjouir, vous renâclez, vous rechignez, vous traînez des pieds et du cerveau, vous rejetez tout ce qui ne s'inscrit pas dans votre immédiat vide de sens.

L'école est un formidable privilège. N'en faites jamais un objet de satisfaction de vos seuls désirs matériels. C'est exactement le contraire. C'est le lieu de l'imaginaire, du rêve, de l'amour, des passions, des tragédies, des aventures humaines, des légendes et des folies. Il n'y a rien à gagner, rien à échanger, rien à vendre, rien à s'approprier pour soi seul. C'est un lieu de partage sans contrepartie. C'est un ailleurs déconnecté des valeurs qui sont celles d'un monde devenu fou.

Je comprends votre souffrance et votre ennui si tout ce qui vous est présenté ici ne trouve pas grâce à vos yeux cupides. Vous êtes des consommateurs et ici, il n'y a rien à vendre. Ouvrez les yeux, prenez dans vos esprits encore disponibles, apprenez par le cœur et la raison, enrichissez-vous de ce qui n'a aucun prix. Demain, il sera trop tard pour vous.

Voilà ce qu'est l'école en dépit de ses maudits refondateurs, de ses affreux docimologistes, de ses monstrueux planificateurs, des inspecteurs et des éditeurs, des patrons et des groupes de pression, des parents et des maîtres. L'école c'est un espace de liberté. Pas la liberté de ne rien faire, pas la liberté de martyriser la langue et les manières, pas la liberté de détruire ce formidable outil d'émancipation où vous avez le bonheur de passer votre jeunesse. C'est l'espace de votre liberté future et rien, vraiment rien, de plus.

Inutilement vôtre.

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24 réactions à cet article    


  • Jean Keim Jean Keim 21 mars 2015 09:03
    Bonjour C’est Nabum,
    Le mal-être en général et donc le vôtre en particulier est un signe de bonne santé mentale.
    Au risque de vous paraître décalé, je suis persuadé qu’il y a une issue à la crise profonde qui remplie notre société et nos esprits, notre époque est paradoxalement plus saine que celle où les gens pensaient que le monde allait vers un avenir radieux, pour guérir il d’abord être malade.
    Pour le moment nous sommes dans la phase douloureuse, du doute, de la détresse, tout fonctionne à l’inverse de nos attentes, avec les mêmes arguments que ceux qui servent à gérer le monde nous cherchons des remèdes à nos maux, comme l’a dit autrement le grand Albert « Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. »
    Seulement Albert n’est pas allé plus loin dans sa réflexion - réflexion : pensées qui ne trouvant pas de terme rebondissent à l’intérieur du cerveau ; devant un problème technique chercher une solution technique et faire appel pourquoi pas à un sachant est une saine démarche, mais dans le domaine de l’abstraction, là nos pensées qui puisent dans notre savoir ne nous sont d’aucun secours, nous cherchons une réponse neuve et réagissons avec du vieux, du frelaté, le premier soubresaut est de percevoir les limites du savoir qui ne peut s’exprimer que dans son contenu et apparemment s’ouvrir à cette évidence est déjà difficile pour la plupart tant la pensée qui est une activité prodigieuse, est néanmoins considérée comme l’acmé des facultés humaines.
    Nous sommes perdus, nous ne savons plus quoi faire ... et bien voilà le point de départ, reconnaissons que nous sommes paumés et au lieu d’avoir une attitude volontaire, rejetons tout ce qui nous parait négatif et il y a du taf, il en ressortira forcément quelque chose.

    • Jean Keim Jean Keim 21 mars 2015 09:08

      L’école ça sert à quoi ?

      La nouvelle école reste à inventer, nous ne savons pas ce qu’elle doit être sinon cela se saurait mais nous pouvons rejeter tout ce que l’école ne doit pas être.

    • C'est Nabum C’est Nabum 21 mars 2015 10:00

      @Jean Keim

      J’espère que vous avez raison

      Je crains cependant que l’état de conscience de nos voisins se réduisent de plus en plus, j’en veux pour preuve la montée des droites fortes en Europe, solution de facilté qui ne résout rien.

      Réflechir est une exigence encore faut-il disposer d’une grille de lecture qui prenne en compte tous les aspects de la situation et ne se cntente pas de commodes boucs émissaires

      Espérons et continuons d’aller mal pour un jour aller mieux ! 

    • C'est Nabum C’est Nabum 21 mars 2015 10:02

      @Jean Keim

      La nouvelle école n’est pas celle qui se prosterne devant les injonctions d’aucune sorte

      L’école est émancipatrice ou n’est pas

    • Jean Keim Jean Keim 21 mars 2015 12:51

      @C’est Nabum
      Une grille de lecture ! Mais c’est encore le vieux monde, le nôtre l’actuel. Quand on explore un nouveau monde on ne peut pas emporter des cartes.


    • gaijin gaijin 22 mars 2015 09:21

      @Jean Keim ( et nabum )
      youpi l’école est finie !
      « C’est l’espace de votre liberté future et rien, vraiment rien, de plus. »
      l’école n’a jamais été un espace de construction de la liberté elle était l’outil de la formation des citoyens ( lire : bon soldats propre a servir a ce que nos élites ont décidés )
      sauf qu’elle a effectivement donné a certains les moyens de s’affranchir, de prendre conscience qu’il n ’y aurait pas de lendemains qui chantent, pas de paradis ni dans ce monde ni dans l’autre
      rien qu’un colossal mensonge !

      « on ne peut pas emporter des cartes. »
      oui pas de cartes bien sur et pas non plus de cartographe ! a chacun d’écrire sa propre carte .......
      fin des idéologies, des utopies , de tous les mots ( maux ) en « ismes » , fini de se vautrer dans l’inconscient collectif .......
      l’accession a l’individuation pour tous ( devenir des in-dividus c’est a dire des personnes non divisées comprenne qui pourra .....)

      enfin on peut rêver

      « même rêver a réellement lieu »

      Don Juan Matus


    • fred.foyn Le p’tit Charles 21 mars 2015 09:09

      +++

      « LES COLLES »...celle qui englue celle qui formate..Celle qui n’existe plus ou si peu..celle qui lobotomise les enfants à devenir des robots dociles.. !


      • C'est Nabum C’est Nabum 21 mars 2015 10:01

        @Le p’tit Charles

        Vouloir les faire grandir loin du formatage est devenu une faute professionnelle

        Il est préférable de quitter cette profession de formateur qui ne visent qu’au format officiel 

      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 21 mars 2015 11:45

        Je n’ignore pas que l’école actuelle est souvent carente mais je ne suis pas sûr que les enseignants n’y peuvent rien. Comme nous le disait un de mes profs d’école normale il y a 60 ans : « Pensez que nous travaillons pour l’éternité »
        Mais je comprends la lassitude.

        PS/ Il est vrai que l’école n’a pas un but immédiatement utilitariste. Mais il ne serait pas mauvais qu’on puisse y acquérir quelques compétences immédiatement utilisables dans la vie de tous les jours : apprendre à rédiger une lettre ou un courriel de motivation, par exemple, ou cuire un œuf, ranger convenablement ses affaires, ne pas compter sur le personnel de service pour nettoyer la classe de ses déjections sauvages, etc. On n’apprend plus cela dans les familles (souvent déstructurées) et cela ne fait guère partie de l’enseignement professionnel.


        • C'est Nabum C’est Nabum 21 mars 2015 12:01

          @Jean J. MOUROT

          Apprendre à vivre ensemble n’a pas besoin de se référer à des compétences élaborées en haut lieu. 
          Je suis d’accord, il est urgent de repnser la vie de la classe en cessant de faire de nos élèves des consommateurs exigeants qui ne donnent jamais rien en échange. Le ménage devrait être par exemple une tache partagée.

          Pour le reste, il est naturel d’apprendre des choses pratiques quand elles sont replacées dans un contexte réel. Mais à force d’interdire aux classes les sorties, les initiatives non prévues six mois à l’avance, les animations et autres actions spontanées, on se coupe de cette merveilleuse richesse ....

        • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 21 mars 2015 12:32

          @C’est Nabum
          "à force d’interdire aux classes les sorties, les initiatives non prévues six mois à l’avance, les animations et autres actions spontanées, on se coupe de cette merveilleuse richesse« 
          Il est vrai que le souci outré de sécurité a fini par stériliser les initiatives.

          J’apprécie votre volonté de vous dire »maître d’école« que j’ai toujours partagée. J’ai d’ailleurs relaté une bonne part de mes années d’exercice dans un livre intitulé »La blouse du maître« dont on peut lire de »bonnes feuilles« sur GoogleBooks et sur mon site (http://jeanmourot.jimdo.com/mes-livres/).

          Par ailleurs vous écrivez :  »Le ménage devrait être par exemple une tache partagée.« C’était le cas à l’armée, mais aussi dans nos vieilles écoles normales. Dans la mienne (Rouen 1951-55) nous avions tous une tâche à accomplir chaque matin pour l’entretien et le nettoyage de l’établissement. Cela nous apprenait à respecter par la suite le personnel de ménage et à ne pas lui donner de travail superflu. (cf mon livre »A l’école des hussards noirs" BoD 2010


        • Dom66 Dom66 21 mars 2015 17:49

          Bonsoir « C’est Nabum »

          Je suis resté scotché, votre texte est superbe, et il est à médité par nos politiciens incapables.

          Vous êtes inquiet pour l’avenir de l’école, vous avez raison, moi c’est l’avenir de la planète, quelle terre pourrie nous léguons à nos enfants.

          Amicalement,


          • C'est Nabum C’est Nabum 22 mars 2015 11:02

            @Dom66

            Rassurez-vous, pour eux je ne suis rien !

            Ils ne prendront jamais la peine de me lire.

            Le mépris pour les gens d’en bas n’a jamais été aussi grand. 

          • BA 21 mars 2015 18:52

            Question pour C’est Nabum :

            Et les élèves ?

            Comment ont évolué les élèves entre les premières années de votre carrière dans l’Education Nationale et aujourd’hui ?


            • C'est Nabum C’est Nabum 22 mars 2015 11:05

              @BA

              Vaste question

              La nostalgie rosque de déformer les impressions.

              Ce qui a évoluer en mal c’est la toute puissance que les élèves et leurs parents semblent avoir acquis. Ils ont tous les droits et aucun devoir.

              Bien sûr beaucoup échappent à cette dérive mais ceux qui y tombent nous pourrissent la vie avec l’assentiment implicite des lois.

            • julius 1ER 21 mars 2015 19:13

              l’école,l’école....

              c’est le débat entre Condorcet et Le Pelletier de St Fargeot avant la Révolution...

              il y a un animateur à peine humoriste qui s’appelle Franck Lepage et qui a fait plusieurs spectacles 
              nommés « inculture » dont voici le lien :

              cela résume bien le débat idéologique entre une école républicaine pour tous et l’école pour les Zélites, et en plus c’est un spectacle formidable où on apprend des tas de choses !!
              à ne pas mettre entre les mains de cons « comme Spartacus »...

              • C'est Nabum C’est Nabum 22 mars 2015 11:06

                @julius 1ER


                Je m’incline devant le talent de Franck Lepage et adhère à nombres de ses analyses.

                Il faut le diffuser largement, il parle vérité.

              • marmor 21 mars 2015 19:13

                Les nouvelles méthodes d’enseignement sont catastrophiques pour les bases que nous avons connu. Un élève de CM2 aux portes du collège sait à peine lire, écrire, et effectuer les opérations basiques, addition soustraction et division. Alors on vous répond : pour le calcul : la calculette, pour l’orthographe : le correcteur automatique...
                Il est vrai qu’avant l’avènement des portables, j’étais en mesure de retenir au moins 80 numéros de tel, aujourd’hui, plus aucun, sachant que la machine le fait pour moi. Constat d’echec...et regression, comme pour tout le reste.


                • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 22 mars 2015 09:15

                  @marmor
                  "Un élève de CM2 aux portes du collège sait à peine lire, écrire, et effectuer les opérations basiques, addition soustraction et division."

                  Pourquoi généraliser ? C’est vrai pour un trop grand nombre mais heureusement pas pour tous !


                • C'est Nabum C’est Nabum 22 mars 2015 11:08

                  @marmor

                  Les bases sont sappées et certains affirment désormais qu’elles ne sont plus indispensables. 
                  La machine peut remplacer la main et certains apprentissages

                  Ils oublient simplement que ces savoirs structurent aussi la pensée

                  On peut croire qu’ils souhaitent que les gens ne pensent plus !

                • tf1Groupie 21 mars 2015 22:47

                  Je crois que vous n’accusez pas les bons coupables.
                  Même si les gouvernants et ministres de l’E.N. qui défilent n’ont effectivement pas été très brillants, ils n’auraient pas pu faire beaucoup mieux.

                  L’Ecole ne peut pas lutter contre l’évolution de la société ; aujourd’hui beaucoup de parents ne savent pas soutenir et encourager cette Ecole, souvent même ils la méprisent.
                  Ces parents interviennent beaucoup plus rapidement pour récupérer le telephone de leur gamin que pour s’inquiéter du comportement scolaire de ce dernier.
                  Alors pourquoi voulez-vous que les enfants soient différents ?

                  ça fait longtemps que je pense qu’il y a une énorme méprise sur « l’ascenseur social » : il ne s’agit pas d’un ascenseur, mais d’un escalier.
                  Il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour s’élever intellectuellement et socialement, il faut se sortir les doigts du cul !
                  C’est pour cela qu’un élève dit à « quoi ça sert ? » Il a tellement envie de ne rien branler, d’appuyer sur le bouton « sommet de la pyramide »...

                  En tous cas, si effectivement vous prenez votre retraite, alors c’est sûr, l’Ecole perd quelqu’un de bien.
                  Un de plus.
                  Car les choses ne vont pas s’arranger.


                  • C'est Nabum C’est Nabum 22 mars 2015 11:09

                    @tf1Groupie

                    La société est à la dérive, elle n’a plus de repère, elle n’a plus d’idéaux et elle est gouvernée par des incapables à son image

                    Il est certain que les choses ne vont pas s’arranger

                  • daniel721 daniel721 22 mars 2015 12:43

                    Merci pour votre article très touchant cher Monsieur.


                     Cependant, si je peux me permettre et sans faire mon prof de sciences humaines, je voudrais vous rappeler que partout dans ce monde , l’école est le lieu privilégié de la manipulation des individus futurs pousse cadiies et esclaves modernes pour l’immense part. Il suffit pour cela de visiter la Russie - soviétique à mon époque - la chine, et les Etats Unis,d’aujourd’hui pour le constater.

                    Oui le déterminisme le plus efficacet est bien en effet celui de l’école qui va formater les jeunes esprits a vie. Ensuite, les médias, l’armée, l’état prendront la relève pour guider le troupeau comme il faut , en extraire toute idée subversive, l’abreuver de règles, encartages, lois, jeux, programmes, chansons et films débilitants afin de consommer son temps de « réflexion ».

                    En tous cas merci encore de poursuivre dans le bénévolat, mais les anarchistes individualistes, dont je suis, et dont bon nombre d’enseignants amis ont déjà engagé des programmes d’éducation visant a « élever l’homme » ,l’émanciper pour la société du bonheur a venir, dès ledébut du dernier siècle, et s’y sont cassé hélas les dents. Bien respectueusement. 

                    • C'est Nabum C’est Nabum 22 mars 2015 15:52

                      @daniel721

                      Alors que faire ?

                      Si même de l’intérieur il est impossible de briser l’élan de ce rouleau compresseur, que nous reste-il comme arme ?

                      Il est encore plus facile d emanipuler des individus qui ne sont pas ou peu passés par l’école. On le constate avec ces jeunes de nos quartiers partis faire le djiad ailleurs. À l’école, souvent ils n’ont rien appris, on voit le résultat

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