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Accueil du site > Actualités > Société > Caissières contre caisses automatiques : un paradoxe capitaliste

Caissières contre caisses automatiques : un paradoxe capitaliste

Il y a quelques jours était diffusée une émission sur les caisses automatiques, destinées à terme à remplacer les caissières de supermarché. Deux camps s’affrontaient alors, l’un pour prétendre que cette évolution allait permettre une satisfaction plus grande du client (rapidité), et l’autre que ce système automatisé allait mettre à la porte un grand nombre de travailleurs déjà mis à rude épreuve (au nom de la rentabilité). Je ne reviendrais pas sur les prétextes fallacieux destinés à défendre l’emploi de ses malheureuses (le sourire des caissières, la relation humaine qui disparaîtra), mais plutôt sur la rentabilité que permettra ce remplacement de l’homme par la machine… encore qu’on peut se demander, comme l’a fait l’animatrice, si le fait de faire soi-même le travail de la caissière (transformée dans le meilleur des cas en agent de sécurité au contrôle de la caisse automatique) vaut vraiment le coup de se séparer de ces esclaves modernes.

Réfléchissons bien à ce problème, qui symbolise parfaitement une des contradictions majeures du capitalisme : la rentabilité fera toujours préférer la machine à l’homme dans toutes les tâches difficiles et répétitives. Mais les emplois sont menacés par ces machines, qui leurs enlèvent peu à peu leur gagne-pain. Pourtant, ces travaux sont difficiles, souvent rébarbatifs et épuisants, autant physiquement que moralement. Si dans un monde en progrès nous devrions nous satisfaire du remplacement de ces pénibles travaux par les machines, la plupart des gens « de gauche » se voient dans l’obligation de défendre l’asservissement de ces personnels, au nom de leur pouvoir d’achat.

Ce serait à se tordre de rire si la situation n’était pas réellement ubuesque. Car ceux-là mêmes qui défendent la dignité humaine, qui critiquent la pénibilité des conditions de travail, sont en même temps ceux qui se voient contraints de protéger ces mêmes emplois qui nuisent à la santé et la dignité des personnes. Et ceux qui ne jugent que par la rentabilité se disent en mesure de faire cesser une exploitation physique et mentale dont ils ne font pourtant pour la plupart aucun cas.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

En théorie nous devrions tous nous réjouir de la suppression de tous les travaux pénibles et rébarbatifs. En théorie cette suppression devrait permettre soit plus de loisirs, soit la création d’emplois plus attrayants. Mais en pratique cette suppression engendre chômage et précarité, désocialisation et tout ce qui s’en suit… le tout en terme de « coût économique » à supporter pour la collectivité.

On s’aperçoit en définitive qu’une fois de plus, le secteur privé (la grande distribution) va réussir à faire travailler gratuitement les consommateurs, tout en augmentant ses marges (car il ne faut pas croire que les prix baisseront) et en faisant de grandes économies sur le facteur travail. De l’autre côté, l’Etat ne sera bien sûr pas en mesure de proposer autre chose à tous ces nouveaux exclus, qui bénéficieront d’une aide sociale payée par la collectivité, et à qui on reprochera sans doute ensuite de coûter cher.

Ce phénomène n’est bien sûr pas nouveau, et de nombreux emplois tels que les pompistes ou autres poinçonneurs ont disparu du fait même de l’automatisation. l’informatisation va elle aussi à terme mettre un bon nombre d’employés à la porte, comme elle a conduit de nombreux agriculteurs à déserter les campagnes.

Que faire alors ? leur faire creuser des trous pour les reboucher ensuite, afin de pouvoir justifier leur salaire, ou considérer que le système arrive à un terme où le progrès technique devrait être en mesure de nous libérer d’une contrainte dont tant de nos anciens auraient rêvé : le travail.

Mais le capitalisme ne fonctionne pas comme ça : là où le bon sens ferait qu’en travaillant tous un peu moins nous pourrions faire travailler tout le monde, ici on préfère parfois se passer d’une technologie utile pour ne pas avoir à créer du chômage, facteur de trouble social (encore que le trouble social soit parfois utile au capitalisme du point de vue répressif, ce qui permet de faire travailler également police et justice).

On le voit bien, c’est donc un problème de vision globale de la société que le problème des caisses automatiques met en exergue, et de la définition de ce qu’on nomme « la valeur travail ».
Si pour certains, le travail consiste en la pratique d’une activité intéressante et bien rémunérée, il est pour la plupart une contrainte dont ils voudraient bien se passer ; sans compter le salaire qui ne suffit parfois même pas à faire oublier les heures de labeur.

En dehors des quelques privilégiés qui, pour moi, ne travaillent pas (au sens étymologique du terme, c’est une souffrance), mais réalisent leur passion, l’Etat se devrait d’être le pourvoyeur de tous les travailleurs, en leur offrant soit le moyen de se reconvertir dans une activité plus attrayante ou utile socialement (éducation, santé, services publics dont nous avons tant besoin), et faire en sorte que son objectif soit de libérer, à terme, le maximum de personnes des contraintes afférentes à des travaux pénibles. En poussant même un peu plus loin, il serait presque plus logique d’accorder un meilleur salaire à celui qui fait ce genre de travail qu’à celui qui se plaît dans son activité. D’une part on gagnerait en candidats à ce genre de postes, et d’une autre on comblerait ainsi le manque de mains d’oeuvre dans certains métiers difficiles pour lesquels aucune machine ne pourra venir les remplacer.

Ensuite, il serait également possible d’envisager la création d’autres métiers fort intéressants, métiers d’innovation et de recherche qui auraient pour but de remplacer peu à peu tous les travaux inintéressants et nuisibles à notre santé physique et mentale.

Au lieu de se demander s’il coûtera plus cher de supprimer les caissières que de les laisser en poste, nous ferions mieux de nous interroger sur la manière de faire cesser l’exploitation de l’homme pour la recherche du profit, car en supprimant le « travail » nous supprimerions une injustice, et réglerions un paradoxe.


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89 réactions à cet article    


  • JL JL 14 janvier 2010 10:22

    Bonjour Caleb irri. Vous posez là de bonnes questions. Parmi les contradictions du système je voudrais évoquer celui de l’immigration : plutôt que d’augmenter les salaires des boulots pénibles et délaissés par les résidents, les employeurs préfèrent exploiter de la main d’oeuvre « importée ». Cette immigration a pour conséquence de faire grossir ce que j’appellerais la masse graisseuse par opposition à la masse musculaire vis-à-vis de l’économie de notre pays.
     


    • JL JL 14 janvier 2010 11:59

      @ chantecler, une piste : je pense que cela a à voir avec le taux de chômage ...


    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 17 janvier 2010 07:24

      Les temps ont beaucoup changé, voir plus bas notre commentaire du 17 janvier à 7h04.

      Après plus d’un siècle et demi d’exportation incessante de capitaux, les pays de l’Europe occidentale et les Etats-Unis ont vendu leurs meubles en délocalisant leur recherche et leur technologie.

      A cette politique s’est ajoutée celle de la marchandisation de l’éducation, rendant l’accès aux connaissances de plus en plus difficile pour les habitants de ces pays.

      Le problème n’est donc pas l’immigration, mais bien une politique capitaliste globale cautionnée par les mêmes partis politiques qui nous gouvernent depuis des décennies et pour qui les gens votent de manière récurrente.

       L’échec du système d’éducation aux Etats-Unis en est arrivé à un tel point, que les industriels de l’électronique « grand public » réclament de pouvoir « importer » des travailleurs spécialisés formées en Chine ou en Inde.

      Au moins, aux Etats-Unis, Obama a entrepris d’alerter le pays sur cette situation et de prendre quelques mesures. C’est mieux que rien. En France, Sarkozy et son gouvernement continuent à faire de la casse, et l’Union Européenne fait pareil.

      Voir, par exemple, ces articles :

      Barack Obama, la recherche scientifique et l’éducation (I)

      Barack Obama, la recherche scientifique et l’éducation (II)

      Barack Obama, la recherche scientifique et l’éducation (III)

      Barack Obama, la recherche scientifique et l’éducation (IV)

      Barack Obama, la recherche scientifique et l’éducation (V)

      Barack Obama, la recherche scientifique et l’éducation (VI)

      Le Collectif Indépendance des Chercheurs

       


    • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 17 janvier 2010 07:44

      Ajoutons que les acquis de la Libération sont devenus une cible depuis les années 1980. Mais c’était prévu de longue date. A présent, c’est même proclamé ouvertement. Voir, par exemple :

      Le CNRS, acquis de la Libération

      ou le lien :

      http://www.challenges.fr/opinions/20071004.CHAP1020712/adieu_1945_raccrocho ns_notre_pays_au_monde_.html

      A la Libération, la Résistance a rendu les armes, les travailleurs ont « retroussé leurs manches », la reconstruction du capitalisme français a commencé, le lobby colonial est resté en place et a même pu se permettre des « bricoles » comme la répression de Madagascar, la guerre d’Indochine et plus tard celle d’Algérie, etc...

      Un secteur public de l’économie était indispensable à la Libération, il a été mis en place. Mais sa privatisation-braderie a été entreprise à partir de 1986, une fois l’accumulation de capital réalisée pendant quatre décennies aux frais des travailleurs et des « petits épargnants ».

      En Espagne, Franco avait également créé un important secteur public dont la privatisation a été lancée à peu près en même temps qu’en France, une décennie après la mort du dictateur.

      Il y avait aussi la question du « couteau entre les dents ». Staline avait soutenu le renforcement de l’Etat français pour faire contrepoids aux Etats-Unis. Mais malgré tout, il a fallu que l’Europe occidentale soit une sorte de « vitrine » pour la guerre froide, jusqu’aux années 1980 où il est devenu clair que l’URSS battait de l’aile et ce n’était plus très grave de faire ouvertement de la casse.

      A propos des délocalisations, « droite » et « gauche » ont raconté que c’était très bien, et qu’elle correspondaient à une « division internationale du travail ». Dans notre article :

      Délocalisations, recherche scientifique et propagande politique

      écrit il y a presque deux ans, nous rappelions notamment ceci :

      L’asservissement croissant du travail intellectuel dans des pays comme la France passe très largement par le dumping social que fomente et exploite, à l’échelle mondiale, la grande finance occidentale. Mais les discours des politiques ne nous en parlent guère. Bien au contraire, ils ont constamment tergiversé depuis les années 1990, toutes couleurs gouvernentales confondues.

      Le rapport de juillet 1999 intitulé «  Rapport sur les négociations commerciales multilatérales  », signé par l’alors députée européenne Catherine Lalumière, ancienne ministre et ancienne secrétaire d’Etat, avec un Inspecteur général des Finances, un conseiller référendaire à la Cour des Comptes et un chargé de mission au Parlement Européen, estimait notamment :

      « La libéralisation des échanges offre deux avantages essentiels : elle permet, d’une part, la spécialisation des activités et, donc, une meilleure utilisation des ressources ; elle accroît, d’autre part, les débouchés qui s’offrent à chaque industrie et conduit donc à une réduction de ses coûts. Les gains qui en résultent, on l’oublie souvent, bénéficient aux consommateurs dont le pouvoir d’achat se trouve accru.

      (...)

      On observe, depuis vingt ans, une détérioration de la situation relative des travailleurs dont la qualification ne correspond pas aux offres d’emploi, dans tous les pays développés. (...) En Europe, où la réglementation assure un certain niveau de salaire minimal, les travailleurs dont la qualification est moins demandée ou qui sont peu qualifiés ont été proportionnellement les plus frappés par le chômage.

       (...)

      (...) Il y a des perdants nets au libre-échange. Dans les pays développés, ce sont les travailleurs les moins qualifiés. Avec l’ouverture des frontières, leur production est concurrencée par celle des pays émergents, la valeur attachée à leurs services diminue, leurs salaires sont poussés à la baisse et leur emploi est menacé. A l’inverse, les travailleurs les plus qualifiés voient leurs services de plus en plus valorisés. Leur production trouve de nouveaux débouchés dans les pays émergents. Ils bénéficient d’une demande croissante et leur rémunération s’améliore  ».

      (fin de citation, document accessible sur le site du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Emploi)

      C’est ce même schéma que reprendra en juin 2003 l’alors ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie Francis Mer dans son interview publiée par le journal Les Echos :

      «  Il y a des métiers industriels qui ont été délocalisés vers des pays à bas salaires : cela s’appelle la spécialisation internationale du commerce. Prenez l’exemple de la sidérurgie : ce type de métier doit, pour assurer sa survie en Europe, se concentrer au maximum sur le savoir, et localiser sa production là où les coûts, qu’il s’agisse des salaires ou des matières premières, sont les plus avantageux. C’est ce phénomène qui explique la croissance chinoise. Il suppose a contrario que l’Europe se mobilise sur l’innovation, la recherche et la formation professionnelle. (...)   ».

      (fin de citation)

      [fin des extraits de notre article]

      A noter que le Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi qui en 1999 a « commandé » et diffusé le rapport Lalumière s’appelait Dominique Strauss-Kahn.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 17 janvier 2010 11:20

      Excellent. Je n’ai rien à ajouter à ce texte sur cette question que j’écrivais il y a une douzaine d’années et qui me semble d’a-propos en commentaire à cet article.



      Pierre JC Allard

    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 17 janvier 2010 11:43
      A JL...et à l’auteur

      L’auteur énonce des concepts et défend des solutions dont je me suis fait l’avocat depuis 40 ans. J’en suis immodéremment heureux, car c’est demain mon anniversaire... et j’aurai l’âge que j’ai toujours suggéré pour la retraite. smiley Nunc Dimittis...


    • samdream 14 janvier 2010 10:31

      Vous voulez un argument imparable pour défendre l’emploi de ces « malheureuses » : c’est beaucoup plus rapide avec des caissières qu’avec les maudite caisses automatiques dont le seul argument est financier.


      • bo bo 14 janvier 2010 12:05

        En tout cas c’est pas au point.... expérience pas du tout concluante : souvent en panne, nécessité d’aller chercher une personne : prix lu ne correspondant pas, impossibilité de lire le prix : faux saisir le code « barre » etc...
        Et je ne parle pas « du contrôle » à postériori du panier d’un client (au quel j’ai assisté de loin) , si vous êtes passé par une caisse automatique....... 


      • Romain Desbois 14 janvier 2010 12:25

        Sans généraliser, il m’est arrivé de remettre une caissière à sa place après une réflexion sur ce que j’achetais.
        Sans parler de celles qui te balance tes fruits fragiles comme si c’était du PQ, voire qui te les pose sur ton sac de lessive. De plus personne ne semble se préoccuper de l’hygiène aussi bien des caisses que des mains des caissiers. J’ai vu une caissière laver son coin de caisse avec une serpillère qui n’avait pas vu d’eau de javel depuis le big bang et se remettre en caisse sans même se laver les mains.
        Certes les conditions de travail sont à l’origine de tout cela, mais il m’est souvent passé l’envie de tout laisser là, dégouté. Je crois bien que si je ne l’ai pas fait, c’était par peur de nuire à la caissière. Mais en faisant cela, n’ai-je pas aussi contribué au système ?


      • PtitLudo PtitLudo 14 janvier 2010 15:27

        Actias, si vous faites la queue 15mn à une caisse normale c’est justement parce qu’ils ont déjà remplacé des caisses normales par des caisses automatique. Vous raisonnez à l’envers.


      • PtitLudo PtitLudo 14 janvier 2010 15:29

        En tout cas les caisses automatique c’est sans moi, ou en tout cas pas sans contrepartie financière (ex % de remise sur les achats).


      • Augustule pipo 14 janvier 2010 19:16

        Essayions donc d’utiliser le seul pouvoir qu’il nous reste encore, le pouvoir de ne pas utiliser ces caisses automatiques !


      • Halman Halman 17 janvier 2010 10:02

        Vous peut être mais quand vous avec 5 clients devant vous qui s’y reprennent à 10 fois parce qu’ils ne comprennent pas qu’il faut appuyer sur l’icône, parce qu’ils mettent un temps fou à scanner leur truc, et encore plus de temps à le remettre dans leur cabat, récupérer leur carte et se barrer, c’est pas gagné du tout.


      • Biaise Biaise 18 janvier 2010 09:26

        J’ai été caissière plus d’une fois et j’ai une explication assez simple à cela.
        Les conditions de travail des caissières se dégradent de plus en plus et plus tu vas dans le Discount, pire c’est.
        Pour nettoyer, on fait avec ce qu’on a sous la main : le strict minimum. Il faut parfois faire 3 foisle tour du magasin pour trouver le produit que l’on cherche pour nettoyer.
        Et pendant ce temps ? Un manager pas content car notre moyenne baisse.
        De plus, si en théorie, le travail, c’est 8h par jour, il n’est pas rare, et dans des enseignes célèbres, qu’une caissière enchaine 10 heures de caisse dans la journée. Bruit, saleté -> car si la subir pendant quelques minutes t’insupporte, la caissière la supporte des heures ! Elle ne s’est pas lavé&e les mains avant de retourner en caisse ? Mais on est blasées ! Blasées de travailler dans cette crasse ambiante ! Un pause pipi pour se laver ? Du luxe ! Tu prends ta pause quand Chef est d’accord, c’est à dire quand il n’y a pas trop de monde.
        Je me susi toujours efforcée de rester bienveillante envers les clients, ce ne sont aps eux les responsables des problèmes du magasin. Mais certaines ont des années de bouteille, pas une augmentation, primes supprimées, pas le moindre avantage, pas la moindre promesse de promotion... Alors oui, parfois, on pète un cable.
        En plus, ne croit pas que les celles qui font du 10h par jour sont à plein temps, on a juste casé la moitié de leurs heures en une traite parce que c’est plus pratique ainsi pour les cadres. Eux, ne t’inquiète pas, ne meurent pas à la tâche et ne souffrent pas du syndrôme du canal carpien.


      • Jovial Jovial 14 janvier 2010 10:47

        Tout est dit dans cet article. La disparition des caissières est une bonne chose si l’ensemble de la population travaille un peu moins pour compenser. Évidemment, c’est pas comme ça que ça va se passer. Les caissières ne travailleront plus, elles seront au chômage, et les supermarché feront encore plus de bénéfices pour leurs actionnaires.


        • Juju Dredd 14 janvier 2010 18:05

          Entièrement d’accord.

          Mais les français, en stupides réactionnaires, ont préférés voter pour Sarkozy au nom de la défense de la valeur « travail ». Travailler plus pour gagner plus.

          Quand les gens vont-ils comprendre que le travail est une aliénation ?


        • Augustule pipo 15 janvier 2010 09:16

          Le mot travail vient du latin tripalium qui veut dire instrument de torture.

          Je vous invite à visionner ce débat très intéressant sur le thème « Sommes nous faits pour travailler ? »


        • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 17 janvier 2010 07:04

          Sans le travail, il est impossible de créer de la richesse et de subvenir aux besoins de la population.

          Mais le progrès technologique et les fruits du travail de générations auraient dû garantir à tous les Français une éducation de haut niveau, un travail de plus en plus qualifié, des conditions de travail en constante amélioration, un temps de travail décroissant, un niveau de vie de plus en plus élevé, des services publics de plus en plus complets... Il n’en est rien. Quelles en sont les causes ?

          La réalité est que le système capitaliste concentre les plus-values dans les mains de quelques-uns, qui en font ce que bon leur semble. Dans le cas de pays comme la Grande-Bretagne ou la France, l’exportation de capitaux à grande échelle dure depuis très longtemps.

          Déjà il y a un siècle et demi, la délocalisation des capitaux français et britanniques s’est soldée par la montée de l’Allemagne qui en était destinataire, et par la guerre de 1870 dans un contexte de rivalité entre les « délocalisateurs » franco-britanniques et la nouvelle puissance dont ils avaient eux-mêmes financé le développement.

          Ce gâchis fut suivi de la « grande expansion coloniale » française dont le mobile principal était à nouveau l’exportation de capitaux, voir le texte intégral du discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 :

          Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (I)
          Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (II)
          Le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 (III)

          Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (I)
          Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (II)
          Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (III)
          Jules Ferry, “républicains opportunistes”, colonialisme (IV)

          avec également le gâchis des guerres coloniales, le service militaire obligatoire de cinq ans, la course au contrôle de vastes zones de la planète et, par là, la préparation depuis les années 1880 d’une nouvelle guerre avec l’Allemagne qui finit bien par éclater trois décennies plus tard.

          Un gâchis humain et économique encore plus effroyable, et l’issue de la prémière guerre mondiale préparait déjà la guerre suivante avec des conséquences encore pires.

          En passant, à l’issue de la première guerre mondiale, un autre pays destinataire des délocalisations franco-britanniques, les Etats-Unis, s’affirma en tant que première puissance mondiale au détriment des puissances européennes dont la politique destructrice et suicidaire anéantissait sans cesse le travail de leurs propres habitants et un grand nombre de vies humaines.

          Cette course à la folie ne s’est pas arrêtée dans l’après-guerre, où il y a eu encore des guerres coloniales. Et même au cours des décennies récentes, les gouvernements de « droite » comme de « gauche » ont cautionné une politique de délocalisations massives (recherche et technologie comprises) qui a anéanti les économies des pays de l’Europe occidentale. Voir, par exemple, les articles :

          Vers une délocalisation générale de la recherche scientifique française et européenne ?
          Délocalisations, recherche scientifique et propagande politique
          Recherche scientifique et technologique : où est la « guerre économique » ?
          CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (I)
          CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (II)
          CNRS, délocalisation de la recherche et débâcle européenne (III)

          ou encore :

          La Chine et la débâcle de la « division internationale du travail »

          Cordialement

          Le Collectif Indépendance des Chercheurs


        • ZEN ZEN 14 janvier 2010 11:02

          Très intéressant et généralisable
          Le capitalisme porte en lui même ses propres contradictions et ne fait pas dans l’humanisme
          Un certain barbu du 19°s. en avait fait l’analyse serrée et toujours actuelle à beaucoup de points de vue
          Le profit, mon bon monsieur, faut pas chercher plus loin...
          Quoique au Japon, on se soucie un peu plus de préserver des emplois de service (accueil dans les trains,pompistes...)


          • alberto alberto 14 janvier 2010 11:35

            Bonjour, Zen

            Mais est ce que les emplois créés pour mettre au point et fabriquer les caisses automatiques seront plus intéressants et mieux rémunérés que ceux des caissières ?

            Bien à toi.


          • ZEN ZEN 14 janvier 2010 11:46

            Bonjour ,Alberto
            Ah ! question piège... smiley
            Cercle sans fin et vicieux, lié au système
            Les ouvriers fabriquants des machines-outils pour faire des machine-outils, pour faire....etc...
            La question me semble être celle de la pénibilité des tâches et des pertes(relatives) d’emplois générées
            Rifkin (La fin du travail) est très (top ?) pessimiste là-dessus..
            Bien à toi


          • ZEN ZEN 14 janvier 2010 11:47

            Un petit aperçu des thèses de Rifkin


          • perlseb 14 janvier 2010 14:05

            @ alberto

            Si il y avait autant de techniciens et d’ingénieurs pour s’occuper des caisses automatiques que de caissières, compte tenu de leur différence de salaire, cela n’aurait aucun intérêt de remplacer les caissières. CQFD.

            Autrement dit, la productivité et la technique, même si elles créent des emplois nouveaux, parfois très intellectuels et beaucoup plus complexes qu’avant, ne fait que se supprimer des emplois quantitativement.

            Je rejoins tout à fait l’auteur : avec un système autre, nous serions proche du « paradis ». Des machines qui travaillent à notre place pour faire les métiers pénibles. Ah, si seulement les machines rapportaient à la collectivité et non à des fortunes privées !


          • Fergus Fergus 14 janvier 2010 11:07

            Bonjour, Caleb Irri.

            Vous parlez d’« asservissement », et il est vrai que le boulot de caissière n’a rien de spécialement valorisant. Cela dit, il convient de fortement nuancer ce constat car il existe de très grandes disparités entre les hypermarchés de région parisienne, où les employées sont soumises à l’arrogance de petits chefs stressés et à l’agressivité du public, et les magasins implantés dans des petites villes de province où cette agressivité est inexistante et où les clients connaissent les caissières et peuvent parfois discuter un peu avec elles sans susciter de réactions hostiles.


            • Fergus Fergus 14 janvier 2010 11:54

              Cela dit, globalement d’accord avec vous.

              Bonne journée.


            • plancherDesVaches 14 janvier 2010 11:20

              http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/13/crise-financiere-comment-eviter-l-explosion-par-pierre-larrouturou_1291024_3232.html

              « Les Etats-Unis ne sont pas une exception : dans l’ensemble des 15 pays les plus riches de l’OCDE, la part des salaires représentait 67 % du PIB en 1982. Elle ne représente plus que 57 %. »
              « Avant même qu’éclate la crise, alors que les Etats-Unis étaient officiellement en situation de plein-emploi, il y avait en réalité tellement de bad jobs à 10 ou 15 heures par semaine que la durée moyenne du travail -sans compter les chômeurs- était tombée à 33,7 heures (Source Economic Report of the President 2007). »

              Meilleur emploi du monde : rentier...
              (ça va leur faire drole, l’effondrement... lol)


              • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 janvier 2010 11:25

                Dans mon supermarché favori ( pas de nom vu qu’ils ne paient pas pour ça ... smiley ) les caissières m’on dit que les caisses automatiques allaient être SUPPRIMEES parce qu’elles ne sont pas ... RENTABLES en raison de l’incapacité des clients à s’en servir correctement !

                C’est top pas de chance non ?


                • Fergus Fergus 14 janvier 2010 11:55

                  On n’y coupera quand même pas, à l’image de ce qui se fait en Grande-Bretagne.


                • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 janvier 2010 13:04

                  Faut croire que les Gotons sont moins cons que nous !


                • perlseb 14 janvier 2010 14:24

                  L’évolution se fera comme pour les pompes à essence. Vous aurez à choisir entre de nombreuses caisses automatiques avec peu de queue et quelques caissières (voire une seule) avec une queue importante.

                  Ceux qui n’ont pas de cartes peuvent quand même faire le plein.


                  • PhilVite PhilVite 14 janvier 2010 11:40

                    Dans un monde idéal, l’Homme ne serait pas con.
                    Seulement voilà, l’Homme est con.  smiley


                    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 14 janvier 2010 11:43

                      .... tricheur et voleur aussi ...

                      Sans caissières en chair et en os, je suis certain que le supermarché verrait assez vite ses profits diminuer ...


                    • bigoudi7 14 janvier 2010 12:01

                      Pour un pays il est bon qu’il y ait de l’emploi,bien sur ,mais une grande part doit etre createur de richesse,produits de consommation et services,pour les besoins intérieurs et l’exportation ;un poste de caissière n’est pas directement créateur de richesse mais fabriquer les caisses automatiques,les mettre au point,les vendre,l’est ;si elles viennent des USA,c’est pure perte ;moins préjudiciable si c’est fabriqué en zone Euro ;créer des emplois pour créer des emplois est bien sympathique dans un pays en bonne santé économique,mais dans une économie amoindrie c’est très risqué(dans les pays communistes il n’y avait pas de chomage mais il n’y avait pas de biens de consommation non plus) ;en ce qui nous concerne dans notre famille nous avons choisi de ne pas acheter en grandes surfaces(sauf grands magasins de centre ville) mais auprès de coops paysannes ou en magasins bio ou fermiers ,cela crée des emplois et c’est meilleurs !


                      • perlseb 14 janvier 2010 14:31

                        Quelque part, je rejoins votre raisonnement sur le fait qu’il faut essayer de consommer local. Cependant, combien de kilomètres faites-vous pour aller chez vos producteurs directement et individuellement : n’est-ce pas un retour en force de la voiture ?

                        L’avenir, c’est une logistique par internet avec livraison à domicile de paniers de producteurs locaux (qui s’associent pour la livraison) : voiture inutile pour la majorité et gains de logistique meilleurs que l’actuel supermarché.


                      • philder 14 janvier 2010 12:03

                        Bonjour Caleb,

                        Vous faites bien de pointer du doigt ce paradoxe de notre systeme actuel. On peut le pousser a l’extreme de la maniere suivante :
                        -imaginez une societe/nation fermee (sans echanges avec l’exterieur)
                        -supposons que dans cette societe, une personne, Mr Rich, possede la seule usine de production d’absolument tout
                        -supposons aussi que cette usine est totalement automatisee et que Mr Rich a donc 0 employes
                        -> mecaniquement, l’ensemble de la population n’a aucun argent, puisque non salarie. Pourtant Mr Rich a produit l’ensemble des biens necessaires a cette population, mais personne ne peut acheter ces biens. -> Pauvrete generalisee.

                        Helas c’est bel et bien le systeme dans lequel nous vivons, et l’automatisation apparait a de plus en plus de niveaux et de corps de metier.

                        Comment resoudre ce paradoxe ? Peut-etre en s’inspirant du credit social ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social ). L’idee serait en gros que la nation mesure la quantite de biens crees, leur assigne un prix, cree l’argent necessaire a l’achat de tous ces biens et le distribue equitablement aux membres de cette societe.


                        • Traroth Traroth 14 janvier 2010 12:07

                          Le problème de fond, c’est que dans une économie capitaliste, tout gain de productivité, comme l’automatisation des caisses, profite exclusivement au capital. Les caissières vont se retrouver privées de salaire, sans qu’on leur propose d’autre emploi, et les entreprises qui réaliseront ainsi des profits supplémentaires ne paieront pas plus de charge pour autant. C’est tout bénéfice !
                          Tant que l’organisation économique sera ce qu’elle est, rien ne changera. Et comme les gens ont même renoncé à protester...


                          • Jean-paul 14 janvier 2010 13:27

                            @Traroh
                            Aux USA pays capitaliste ,tres peu de caisses automatiques ,par contre une caissiere ,une autre personne pour mettre vos achats dans les sacs et une autre personne prete a vous pousser votre charriot jusqu’a votre voiture ( pourboire ).Supermarches ouverts jusqu’a 23 heures 7/7 .


                          • perlseb 14 janvier 2010 14:47

                            @ Jean-paul

                            Hum ! Vive le modèle des etats-unis ? Des emplois de m... pour des retraités ruinés (fonds de pension en faillite) obligés de travailler à 70 ans. Et aussi, chez nous, pour des jeunes qui dorment dans la rue parce que leur salaire minable ne permet pas de louer un apartement.

                            C’est un avenir radieux, les « working poors » ! Que ceux qui trouvent ça bien laisse leur emploi vacant (rassurez-vous, vous n’êtes pas indispensable, on trouvera un remplaçant) et aillent remplir les sacs des clients dans les magasins.


                          • Jean-paul 15 janvier 2010 03:42

                            @perlseb
                            Conclusion pour vous :vive les caissieres automatiques en France !

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