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Carcassonne : quand l’armée française tire sur la foule

Le tragique accident du 29 juin 2008 est à l’origine de dix-sept blessés (dont quinze civils) et, parmi eux, quatre blessés graves et cinq enfants (dont un bébé de 3 ans touché au cœur et au bras).

Au sein du 3e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa) à Carcassonne, le week-end dernier devait être un moment intense de détente et de convivialité entre l’armée et la population, notamment pour les plus jeunes, afin de montrer la grande maîtrise de l’armée et de susciter des vocations.

Pour colorer la manifestation de ces Journées portes ouvertes, le 3e RPIMa avait organisé une démonstration de ce qu’il savait faire. Ce régiment plutôt d’élite a participé à de nombreuses actions armées, au Tchad, au Rwanda et, aussi, en Afghanistan. Il s’agissait ce week-end de montrer comment gérer avec efficacité une prise d’otages.

Dans la vidéo ci-dessous, la simulation illustre l’exercice proposé. Un commando était chargé de délivrer deux otages prisonniers de deux preneurs d’otages et, à la fin, un troisième complice sortait de la foule.

Les démos du samedi n’avaient posé aucun problème ni les cinq premières représentations du dimanche. Ce n’est qu’en fin d’après-midi, peu avant 18 heures, pour la sixième représentation, que le drame s’est déroulé.

Comme prévu dans la représentation, quatre militaires avaient pour rôle de tirer à blanc. Deux vers les deux preneurs d’otages identifiés et deux autres vers le troisième complice sortant soudainement de la foule.

La tragédie, c’est que l’un de ces deux derniers militaires, au lieu de tirer des balles à blanc, a tiré des balles réelles. Le bilan humain est très lourd (dix-sept victimes), mais à l’heure actuelle, aucune mort ne serait heureusement à déplorer.


Émotions au plus haut niveau de l’État

Les pouvoirs publics ont réagi dès le 29 juin 2008. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est exprimé sur le sujet à la télévision, puis s’est rendu le lendemain au chevet des blessés. Le ministre de la Défense, Hervé Morin, s’y était rendu le jour même. Le Premier ministre, François Fillon, a également apporté sa contribution.

Nicolas Sarkozy a notamment déclaré : « Je suis consterné. Ce n’est pas normal. Des négligences inacceptables devront être sanctionnées. (…) Ma réaction sera rapide et sévère. Cela ne peut pas rester sans conséquence. Toute la chaîne devra s’expliquer, pas seulement une personne. La justice fera la lumière, mais quoi que décide la justice, des décisions administratives seront prises. ».


Victimes collatérales

Première victime, le général Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de terre depuis juillet 2006, a donné (« librement ») sa démission le 1er juillet 2008, démission acceptée par Nicolas Sarkozy (chef des armées) qui n’aurait pas oublié que le général Cuche aurait été impliqué dans la protestation d’un groupe d’officiers généraux contre la réforme des armées qui prévoit la suppression de 54 000 emplois dans l’armée, une réduction d’effectifs contestée lors de la remise du Livre blanc sur la défense le 17 juin 2008 (incluant notamment la réforme de la gendarmerie). Si le député UMP Pierre Lellouche a assuré sur France Info que cette démission était « un geste de grande morale publique dans un événement aussi grave concernant l’armée de terre », il me semble qu’il faille relativiser ce "geste" par le fait que le général Cuche aurait dû prendre sa retraite dans deux mois pour devenir gouverneur des Invalides.

Autres victimes expiatoires, tous les officiers généraux susceptibles de recevoir la Légion d’honneur et tous ceux susceptibles d’être promus officiers généraux. En effet, selon Le Point, Nicolas Sarkozy aurait décidé d’ajourner les nominations de généraux prévues pour le Conseil des ministres du 2 juillet 2008 (dont voici l’ordre du jour) et de ne faire aucune promotion pour la Légion d’honneur.

Mais déjà se profilent polémiques et affaire politique. Le 2 juillet 2008, le député européen socialiste Vincent Peillon (soutien de la candidate Ségolène Royal) a réclamé la démission du ministre de la Défense, Hervé Morin.


Colère présidentielle

Si la colère de Nicolas Sarkozy est sans doute sincère, lui qui s’était si impliqué dans la prise d’otages dans une école maternelle de Neuilly-sur-Seine en mai 1993 (celle de "Human Bomb"), toutes ses déclarations de demande de sanctions immédiates (l’analyse et l’urgence font rarement bon ménage), de remise en cause de certaines procédures militaires (qui nécessairement devraient être révisées) et de compassion auprès des victimes (geste minimum que l’État se devait pour elles) paraissent une fois encore du battage médiatique basé sur l’émotion et la stupeur et laissent toujours peu de place à une vision globale de la politique de défense nationale qu’un chef d’État devrait avoir.

Laissons les enquêtes faire leur chemin en dehors des passions.


Une faute professionnelle, ni un trouble psychique ni un sabotage

Selon le procureur de la République de Montpellier, Bruce Robin, le militaire à l’origine des nombreux tirs à balles réelles serait un sergent de 28 ans engagé depuis huit ans et toujours bien noté. En rechargeant son Famas (fusil mitrailleur), il se serait trompé de cartouches et au lieu de prendre des balles à blanc, aurait utilisé d’anciennes balles réelles qui lui restaient d’un exercice de tir effectué le 21 juin 2008.

Le sergent n’aurait donc pas commis volontairement cette fusillade, qui ne serait qu’un malheureux concours de circonstances.

C’est, à ma connaissance, les seules informations supposées fiables de ce dramatique fait-divers.

Il en ressort donc que de nombreuses responsabilités humaines sont en cause car, à l’armée, on n’utilise pas les armes de façon banale.


Présence de balles réelles ?

Petit retour en arrière personnel : avant d’effectuer mon service militaire (à l’époque, douze mois obligatoires), j’avais beaucoup d’appréhension pour une raison simple, la manipulation des armes, par moi, et aussi par les autres, craignant des "accidents". Si je suis évidemment pour l’existence d’une armée par raison, la force brutale (parfois nécessaire) m’est suffisamment étrangère pour avoir une telle appréhension.

Mon incorporation aux chasseurs alpins m’a cependant rassuré sur un point : aucun militaire n’est susceptible d’utiliser une arme et des munitions seul et sans ordre. Aucun ne doit être en possession de munitions hors des exercices de tirs. Tout est noté, tout est sécurisé, plusieurs personnes dans le processus veillent à cette sécurité, rendant en principe impossible toute faille.

Pourtant, les failles sont là pour Carcassonne.

Comment a-t-il été possible à ce sergent de conserver pendant huit jours des balles réelles auprès de lui sans inquiéter les responsables des munitions ?

Si ce sergent est si bien noté, pourquoi a-t-il pu confondre balles à blanc et balles réelles, très différentes par le fait qu’elles présentent une ogive à côté de la poudre ? D’autant plus que le Famas est utilisé d’une manière différente en utilisant des balles à blanc (avec un bouchon de tirs à blanc).


Intérêt d’une démonstration spectacle devant un public civil ?

Une autre question est plus générale : pourquoi l’armée semble se lancer dans cette volonté, pour se rendre populaire, de multiplier ses "représentations" publiques ?

Il est évidemment facile aujourd’hui de parler d’imprudence ou d’inutilité. Mais il est tout de même étrange que les militaires aient tant besoin de communiquer. Besoin de nouveaux recrutements ? De nouvelles compétences qui font défaut ? (Conséquence de la fin de la conscription ?)

Le but de l’armée n’est pas de montrer aux citoyens son utilité et son efficacité. C’est aux politiques qu’est donnée cette mission. La mission de l’armée, c’est de faire son boulot, défendre au mieux la population, et si possible dans la discrétion, avec le moins de dommages possibles.

Monter des spectacles, c’est rendre un mauvais service à l’armée, qui deviendrait une troupe théâtrale avec des enjeux modestes.


Procédure pour une représentation avec tirs à blanc ?

Il n’y aura plus de démonstration avec tirs à blanc pour l’instant, tant que l’accident de Carcassonne n’a pas été consciencieusement compris, et c’est un louable principe de précaution.

Selon le colonel de réserve Pierre Servent, consultant militaire de France-Télévisions, les conditions de sécurité des tirs à blanc auraient été respectées, à savoir, ne pas tirer à moins de cinq mètres des cibles, car certaines projections peuvent être dangereuses à proximité (en particulier pour les yeux). Ici, la foule était à plus de vingt mètres, ce qui donnait de la marge.


Utilisation d’un famas dans une prise d’otages ?

Pourquoi y a-t-il eu rafale vers la foule ? En général, dans de telles circonstances, il serait plutôt nécessaire d’utiliser des armes nettement plus précises qui permettent de tuer un preneur d’otages à plusieurs centaines de mètres en un seul tir.

Est-ce donc pour "épater" la foule (une rafale fait plus vrai qu’un seul tir) ou est-ce le scénario qui cloche ? Car c’est surtout cela, la question essentielle.


Le scénario proposé d’extraction des otages est-il pertinent ?

L’objectif du régiment était de simuler une extraction d’otages dans les conditions les plus réelles possibles. C’est d’ailleurs pour cela qu’un troisième "méchant" surgissait de la foule, l’impliquant ainsi dans la démonstration.

Impliquer son public, c’est un procédé qui fonctionne bien et est déjà utilisé depuis très longtemps dans les spectacles de Robert Hossein par exemple.

Hélas, une chose me choque dans la gestion de cette crise virtuelle : si la prise d’otages avait été réelle, et si un troisième homme sortait réellement de la foule, les militaires auraient-ils donc eu à tirer à balles réelles vers la foule ?

C’est ce dernier point qui me terrorise. Un tel scénario ne peut être que contraire à l’intérêt de la population. Les consignes sont (ou devraient être) que les opérations coûtent le moins de vies civiles possibles (ennemis donc mis à part). Or, en tirant en direction de la foule, on mettait en grave danger de très nombreuses personnes. Il valait mieux laisser s’échapper un preneur d’otages que de risquer de tuer des civils innocents.

Le scénario de Carcassonne ressemble donc étrangement à la philosophie de la gestion poutinienne de la prise d’otages de Beslan (3 septembre 2004) qui coûta la vie à plus de trois cents innocents.


Tant d’erreurs...

Comment est-il possible qu’autant d’erreurs aient été commises pour une telle démonstration ? Les Journées portes ouvertes ont dû être préparées avec une minutie d’autant plus grande que le public est large, hétérogène, jeune et curieux. Aucune erreur ne devait être possible déjà pour la vitrine, pour la réputation de ce corps d’élite.

On rappellera que d’autres grands corps ont déjà commis, malgré leur brillante réputation, une succession insensée d’erreurs comme la Nasa avec l’explosion de la navette Columbia le 1er février 2003 et celle aussi de la navette Challenger le 28 janvier 1986.

J’espère que les victimes s’en remettront et qu’elles ne seront pas inutiles pour accroître les mesures de sécurité dans l’armée, tant en situation de démonstration qu’en situation réelle où le stress peut en plus réduire le sang-froid.

Il ne s’agit pas de trouver des coupables, il s’agit bien de renforcer les procédures. Et d’éviter d’inutiles drames, le monde en a suffisamment comme ça.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (2 juillet 2008)


Pour aller plus loin :

Reportage sur France-Télévisions (30 juin 2008).


Documents joints à cet article

Carcassonne : quand l'armée française tire sur la foule Carcassonne : quand l'armée française tire sur la foule

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141 réactions à cet article    


  • morice morice 2 juillet 2008 13:55

     Et encore une fois, sylvain passe à côté du problème.... 


    • Zalka Zalka 2 juillet 2008 14:17

       Et le problème, c’es quoi ? Le complot des atlantes de Mu des chinois du FBI sarkosyste à la botte des évangélistes de Bush du 11 septembre ?


    • E-fred E-fred 2 juillet 2008 15:29

      Je dirais même plus ! Il passe en tournant la tête (du côté droit évidement !!!!)


    • Alpo47 Alpo47 2 juillet 2008 16:29

      Il est vrai qu’il y a certaines choses "étonnantes" dans les récits de Carcassonne.
      Une d’entre elles, selon moi, est que le jour même, on entendait sur dire les radios qu’un journalise local aurait retrouvé une boite de cartouches (réelles) tout prêt de la caserne et l’aurait remise à la gendarmerie. Etonnant, on n’en parle plus depuis....
      Je trouve tout à fait extraordinaire, sinon impossible, de retrouver une boite, ou caisse, de cartouches, tout prêt d’une caserne. A moins de penser qu’il y a un important traffic d’armes, et que ce sont des "branquignols" qui le font.
      On voudrait discréditer l’armée et nos troupes d’élite, qu’on ne s’y prendrait pas autrement.


    • Boscaca 6 juillet 2008 12:08

      Bonjour Morice, n’étant pas dans le secret des dieux pourrais tu présciser ton propos.

      Sinon tu t’expose forcement aux tir de la racaille trollienne !!!

      Les questions que pose Sylvain me paraissent pourtant pertinentes. Non ?

      Rien à voir, mais comment des parents peuvent-il emmener leurs enfants voir un ramassis d’assassins en représentation ???


    • Abolab 6 juillet 2008 15:04

      "Je ne crois pas l’Armée", affirme un ancien militaire

      Dimanche 29 juin, un sergent du 3e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RPIMa), blesse dix-sept personnes en tirant au fusil d’assaut à balles réelles sur le public, lors d’une démonstration de prise d’otages dans le cadre d’une journée porte ouverte à Carcassonne. La réaction gouvernementale prend très vite une allure politique , en privilégiant non pas l’explication de l’incident, mais la répression rapide au sein de la hiérarchie de l’officier responsable des tirs. Selon des sources militaires, le Président Sarkozy dénonce alors l’amateurisme de l’Armée de Terre, et après quelques cafouillages médiatiques, le général Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de terre, est contraint à démissionner, remplacé par son numéro deux, le général Elrick Irastorza. Cette démission « extraordinaire » sous fond de « tempête poliltico-militaire  » a entraîne le report de la nouvelle carte militaire à fin juillet.



      Fusil fr.wikipedia.org/wiki/FAMAS utilisé lors du drame

      L’explication officielle du drame, donnée par le Procureur de la République Brice Robin serait que le sergent aurait « délibérément » gardé des munitions réelles, mais qu’il « estime [en bon soldat- rajout de l’auteur] avoir oublié de les restituer », ce qui apparaît somme toute assez contradictoire. Selon cette explication, le sergent était en possession d’un chargeur contenant quelques balles à blancs et qu’il aurait rechargé avec « quinze à vingt balles réelles  ». Mais la justice ne trouve pas normale cette version des faits. Effectivement, le lieutenant-colonel Le Testu, du Service d’information de l’armée de terre, à Paris, affirme que le sergent était « munitionnaire des dix hommes de son commando ». Outre le fait étonnant que cette information soit délivrée par un service parisien et non directement de Carcassonne, elle est d’autant plus troublante que le sergent était complètement responsabilisé des procédures concernant les munitions, et qu’il semble assez incroyable que ce dernier ait « inconsciemment complété un chargeur dans lequel restaient des balles réelles ». En effet, l’ex-légionnaire franco-suisse Hans Wolf explique dans la Tribune de Genève que « tout militaire vide totalement son chargeur avant de le compléter pour s’assurer que la plaque de poussée des balles affleure bien  ». D’autre part, l’ancien militaire explique que « les balles à blanc et les balles réelles ne sont pas de même couleur et ne peuvent être confondues. Les munitions remises pour l’exercice sont comptées et recomptées systématiquement.  », ce que confirme l’enquête journalistique de France 2 dans un régiment de Strasbourg, relatée dans cet article Agora Vox. Le sergent responsable des tirs est de plus décrit comme un élement "stable, célibataire, très bien noté de ses chefs" selon l’état-major de l’armée de terre dans les colonnes du Monde.

    • snoopy86 2 juillet 2008 15:58

      cher voisin

      La manifestation du sentiment de l’honneur est aujourd’hui chose trop rare et jamais saugrenue...

      Il n’aurait pas été incongru que le ministre de tutelle du général Cuche l’accompagne dans cette démission, mais il a préféré écouter l’adagio d’Albinoni 


    • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 juillet 2008 14:45

      les armes c ’est dangereux .... de nos jours on devrait faire la guerre avec un jeu d’ échecs , de scrabeul , au pire sur un stand de tir aux nigauds, et au mieux , pour les femmes à celle qui tire la meilleure pipe...


      • camerone 2 juillet 2008 15:00

        d’accord pour la pipe ....mais en 40 face au s.s et à la whermacht de adolf tu crois que ça aurait bien servis ?


      • roOl roOl 2 juillet 2008 16:35

        Les tondues de l’epoque devraient pouvoir le dire.


      • Thoth 2 juillet 2008 17:44

        Rool, La plupart du temps, les tondues de 1944-45, l’ont été par ceux qui, précisément, se faisaient dans le froc sous l’occupation allemande. Ils furent des héros face à de pauvres filles sans défense dénoncées par des salauds. 


      • E-fred E-fred 2 juillet 2008 18:08

        à Thor

        Tout à fait d’accord avec ce que tu dit.
        L’humiliation de ces femmes ont permis aux résistants de septembre de se faire une rapide notoriété, bien pratique pour passer vite à une autre eau de régime.

        Sacrément couillus les mecs !

        Tondre des femmes pour une histoire de coucherie...parceque pour se faire repasser en 3 semaines en juin 1939, fallait quand même en avoir une bonne paires....de jambes....


      • Thoth 2 juillet 2008 18:09

        Ayant servi dans ce genre d’unité (panthère noire), il y a x dizaines d’années, je ne suis pas du tout d’accord pour ce genre de démonstration en public. On n’a pas besoin d’en mettre plein les yeux des civils pour montrer sa science du combat. Il faut, bien au contraire, se faire couleur de muraille. Je me demande parfois si ces conneries n’ont pas été mijotées quelque part pour avoir le bon prétexte de démolir notre armée...


      • Cincinnatus 2 juillet 2008 18:17

        Les troupes de couverture...


      • Thoth 2 juillet 2008 18:18

        Merci, E-fred pour ta réponse. Et oui, les glorieux résistants du 8 Mai 45 (dans l’après-midi, bien sûr) s’en sont donné à coeur joie. C’est ce qui les a propulsés dans les hautes sphères de la politique, tout comme un certain grand chef qui ne se pointait qu’une fois tout danger écarté, alors que les autres s’étaient déjà fait casser la gueule ou tirer dessus à balles réelles, bien entendu. Cela devait se passer en Août 44... Il il en récolta toute la gloire.


      • E-fred E-fred 2 juillet 2008 18:25

        à Thot

        La seule unité panthère noire qui me vient à la mémoire est celle d’une unité d’élite de la police...


      • Thoth 2 juillet 2008 18:39

        E-fred quand je fais allusion à la panthère noire, je pense à notre insigne où il y avait cette fameuse tête de panthère. L’unité en question a été dissoute en 1963 car elle gênait beaucoup quelqu’un. De nos jours, elle est refondue en... autre chose avec qui nous avons toujours des contacts amicaux et cordiaux.


      • Alpo47 Alpo47 2 juillet 2008 18:52

        Quelqu’un peut il répondre à cette question :

        Le soldat a tiré sur la foule en visant un "terroriste" qui le menacait... l’a t-il seulement touché ?


      • E-fred E-fred 2 juillet 2008 18:54

        à Thor


        mais oui, vous me l’aviez déjà dit sur un de mes articles ! J’avais oublié que l’insigne était une tête de panthère noire.

        En fait je misait sur une unité du raid...mais bon...

        C’est toujours suprenant pour moi de voir que quelqu’un du 11éme choc vienne sur un site comme Agoravox.
        Nous, les monsieur tout le monde qui refaisont l’histoire avec nos théories et nos articles...vous devez bien rire quelque fois, non ?




      • E-fred E-fred 2 juillet 2008 18:57

        à Alpo
        Tout ce qu’on sait, c’est que 2 militaires ont été blessés.


      • Thoth 2 juillet 2008 19:07

        Non, ami Fred ! Nous ne rions pas car nous sommes complètement écoeurés. Pourtant, entre nous, les vieux copains d’antan, il existe encore des paroles d’espérance... c’est pourquoi notre amicale est plus soudée que jamais, malgré les disparitions de plus en plus nombreuses dues à l’âge. Quant à la visite du site, j’y viens de temps à autre, en ballade.


      • Thoth 2 juillet 2008 19:09

        Exactement, Snoopy !


      • E-fred E-fred 2 juillet 2008 19:30

        à Thor


        merci de ces précisions ! Heureux d’apprendre que les liens sont toujours soudés avec vos copains d’antant ! Moi aussi, je le vérifie encore 20ans après. Mon VSLOM en Nouvelle-Calédonie a créé un lien entre beaucoup de gens et celui-çi perdure encore...l’esprit fantassin sans doute...


      • Thoth 2 juillet 2008 20:15

        Fred, vous devez renforcer ces liens ! Surtout avec ce qui nous encadre en ce moment (chef des armées entre autres).


      • E-fred E-fred 2 juillet 2008 20:18

        à Thoth

        Mais comment faire ?


      • Thoth 3 juillet 2008 14:53

        Comme nous : internet, le téléphone, courrier écrit avec photos et documents et au moins une a.g. dans l’année. Pour notre association, ce sont nos anciens patrons qui ont pris tout ceci en main, cela fait plus de trente ans. Et nous recherchons toujours nos anciens compagnons de combat, à travers tout l’hexagone et ailleurs (Tahiti, USA etc)


      • morice morice 2 juillet 2008 15:02

         Ça n’a pas eu lieu depuis vingt ans, et Mr Sylvain aurait pu mettre les PROPOS de notre président pour éclairer la question : un général, ce n’est pas une carpette. 

        Allez donc voir là..

        c
        ’est AFFLIGEANT.

        En France, la démission d’un responsable militaire de ce niveau est rarissime. Elle s’explique par la violence des propos tenus, hier à Carcassonne, par Nicolas Sarkozy, à l’égard des militaires présents et notamment du général Cuche. Le pointant du doigt, le chef des Armées s’est exclamé : "Vous êtes des amateurs ! Vous n’êtes pas des professionnels". "Il a été odieux" assure un témoin. Publiquement, Nicolas Sarkozy a tenu des propos très durs, à la suite de cet accident, demandant même aux journalistes de France 3 de pouvoir en parler au cours de son intervention d’hier soir, consacrée aux affaires européennes.


        • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 juillet 2008 15:05

          il ferait moins fanfaron le Morice si au lieu de 17 blessés on avait eu 17 morts...


        • E-fred E-fred 2 juillet 2008 15:28

          Tu ferais moins le Fanfaron si tu avais réellement pris une rafale de 5.56 !

          "Le pouvoir vulnérant de la 5,56 mm.
           
          Un projectile lorsqu ?il pénètre dans un corps humain creuse un tunnel. La 5,56 mm quant à elle à la particularité de se fragmenter. La M193 fragmente environ 36 % de sa masse et la SS109 ou M855 à elle une fragmentation de 50%. Ce phénomène n ?a lieu que sur les cent premiers mètres. La 5,56 mm n ?est donc pas conforme aux conventions de la Hayes et de Genève d ?où la légende de cette mystérieuse onde de choc meurtrière (après la « balle magique »). Selon ces conventions, une balle de guerre ne doit ni se déformer, ni se fragmenter dans le corps humain. La fragmentation est peut-être un avantage lorsque la balle pénètre dans le corps humain mais encore faut-il qu ?elle y pénètre. Un chef d’ état africain se vit offrir un FAMAS. Notre homme désireux d ?essayer sur-le-champ son nouveau jouet, se rendit à son stand de tir personnel installé dans sa résidence mais prévu pour les armes de poing. Les rafales qu ?il tira non seulement traversèrent la cible mais aussi les matériaux placés en arrière de celle-ci et chargés d ?arrêter les balles (la cible a pu ralentir suffisamment les balles pour passer le seuil de fragmentation ?). Le cuisinier qui avait eu la malencontreuse idée de passer dans le couloir derrière la salle au même moment stoppa une 5,56 au moyen de sa tête.

          Le "choc hydrostatique", ou onde de choc, engendré par les projectiles haute vélocité (5,56 avec FAMAS… peut mettre hors de combat même par un coup aux extrémités. 
          L’onde de choc interne se propage à 1/10e de la vitesse du projectile et provoque une "cavité temporaire" (expansion/rétrataction des tissus mous au passage de cette onde de choc) dont l’importance est fonction de la masse de la balle, de sa vitesse et de son comportement après impact. 
          De plus, la plupart des balles en pénétrant dans les tissus se met à vriller sur son axe de tangage (de haut en bas) et est déjà en rotation (canon rayé) ce qui double 
          ou triple le diamètre du trou qu’elle ferait normalement. Elle peut aussi frapper un os dur (fémur, tibia, côtes, crânes) dans ce cas, la balle se fragmente. Et bien sûr elle ne se "ballade" pas dans le corps. 
          En plus une blessure par balle n’est pas une blessure nette, le trou à l’extérieur peu sembler très petit et propre mais c’est à l’intérieur que ça se gâte.



          Et je maintient que 17 blessés, ce n’est pas un miracle, avec une rafale de 18 cartouche de 5.56 tirée par un FAMAS à 30 mètres  !!!! C’est pour moi IMPOSSIBLE. (Ou alors appellez vite Benoit XVI).


        • E-fred E-fred 2 juillet 2008 16:00

          à Dom 22

          Sur ce coup là, c’est très interressant !
          je me souviens du temps de mon service militaire...FAMS séléctreur de tir -1 coup - 3 coups - full auto (rafale). Le tir au stand est assez impressionnant, un recul assez fort dans l’épaule au tir couché au coup par coup , alors debout et une rafale de 18, je te dis pas, tu recrépis le plafond de gauche à droite.
          Selon la vidéo de la simulation, le sergent est sur la droite et vise le gars qui sort de la foule. Je te dis pas la chance qu’ eût ce militaire et les civils malgré le fait qu’ils soit blessés.
          Je viens de récupérer sur le ner un petit doc avec photo, merci l’armée suisse !
          Attention, c’est un peu gore mais on comprend vite à quoi on a échappé ! Imparable avec le ricochet !!!!
          Un petit de 3 ans touché 2 fois ???????


        • E-fred E-fred 2 juillet 2008 16:45

          à Dom 22
          Pour le coup du sélécteur, on peut toujours parler de la loi de l’emm..maximum, ou loi de Murphy,mais bon.
          Je me permet aussi de rappeller qu’un journaliste d’investigation a trouvé une boîte de préservatif avec 10 balles à l’intérieure. Chose qui est ausi mentionné dans le journal Le Monde...

          Par ailleurs, un journaliste de la Dépêche du Midi indique avoir trouvé dimanche, à proximité de la caserne, dix balles réelles enveloppées dans une boîte de préservatifs. Il a apporté ces balles au commissariat de police, ce qui a "interpellé" les enquêteurs. Ils ont confirmé qu’il s’agissait bien de munitions d’arme de guerre et ont procédé à des relevés d’empreintes digitales avant de joindre ces projectiles au dossier.

          Ce qui va maintenant poser la question de la tracabilité des munitions...
          Car un soldat peut prendre des munitions pour sa sécurité en Opex  et on le comprend !!!! Et maintenant on apprend, grace à cette histoire, qu’il doit quasiment "voler" les balles qui vont lui servir à s’entraîner et à se protéger.

          "De plus, la faible disponibilité des matériels majeurs ne permet pas de s’entraîner suffisamment, ni de manière cohérente. Les munitions d’entraînement sont en quantité insuffisante, en métropole comme sur les théâtres d’opération."


        • E-fred E-fred 2 juillet 2008 17:11

          à Dom
          Moi non plus Dom. Depuis le début, c’est ce que je trouve impossible, au vue des dégats que font les munitions de guerre, mais bon, finalement, heureusement pour les personnes qui ne sont "que blessées".


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 juillet 2008 01:15

          Je ne connais pas assez les armes pour avoir une opinion sur les faits, mais je tire des commentaires l’impression qu’on a ici une invrsaisemblance de niveau 911. La façon don l’affaire sera traitée nous en dira beaucoup sur l’État de santé de la démocratieen France.

           Pierre JC Allard


        • morice morice 2 juillet 2008 15:03

           Les trolls, là, sans cervelle : vous saurez ça peut être demain.


          • Zalka Zalka 2 juillet 2008 16:38

            Ce que je sais dèjà aujourd’hui, c’est que si Royal avait pris une telle décision, vous auriez applaudi à tout rompre.

            Votre problème, Morice, c’est que vous raisonnez à l’envers. Au lieu de partir des mesures de Sarko, de les analyser, et d’en déduire qu’elle sont mauvaises et donc que Sarko est un con, vous prenez comme certitudes que Sarkosy est un con, donc que toutes ses décisions sont mauvaises pour finalement trouver une explication au fait que ce soit mauvais.

            Bref, suivant qu’une personne soit bien ou non selon vos critères, les décisions prises serton bonnes ou mauvaises.


          • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 juillet 2008 15:03

            t’ as vu , la guerre de 39/45 est terminée , il reste quelques gueules cassées ....


            • MaxAlain MaxAlain 2 juillet 2008 15:27

              Il est difficile de comprendre, à l’heure ou l’armée professionnelle, doit réduire ses effectifs et sa présence sur le terrain (suppression prochaine de garnisons), le besoin de ses dirigeants de gesticuler et s’ouvrir sur le monde extérieur, façon kermesse, coca-cola, moules-frites et bambins.

              Quant au drame de Carcassonne, il est à ce jour prématuré, d’en tirer toutes les conclusions, tant paraît incompréhensible une telle erreur de munitions. Aussi, je me garderai bien, de porter quelque jugement que ce soit. Mais, en tout état de cause, ce type de parade est tout à fait déplacé et saugrenu.

              Ou est passée la "Grande Muette" ?

              L’armée, dont je veux traiter avec déférence respectueuse serait, nonobstant, inspirée à vivre "en autarcie", à l’ombre de toutes déferlantes médiatiques et "publicitaires", dans le respect de ses traditions.

              Au-delà du plus grand respect pour les victimes innocentes, j’éprouve un sentiment de compassion pour l’auteur de cet acte, si tant est que, celui-ci, soit victime – à son tour - d’une erreur d’approvisionnement. (Cela, l’avenir de l’enquête en cours, saura le déterminer) De toute évidence, une faute professionnelle grave a été commise ! Un, voire plusieurs militaires participants, y compris la hiérarchie locale, inconsciente des risques qu’elle fait courir à une population en quête perpétuelle de sensationnel, devront répondre de tels faits.


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 juillet 2008 15:46

                Max Alain ,

                Vous êtes sûr que c ’est nonobstant  ?

                Vous êtes dans la gendarmerie Françoise subséquemment ?


                • morice morice 2 juillet 2008 16:01

                   

                  > Carcassonne : quand l’armée française tire sur la foule
                  par rocla (haddock) (IP:xxx.x51.101.188) le 2 juillet 2008 à 15H05 
                   
                  il ferait moins fanfaron le Morice si au lieu de 17 blessés on avait eu 17 morts...

                  retirez ça tout de suite : je ne pose pas cette question là, imbécile !

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