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Accueil du site > Actualités > Société > Carte Scolaire : Ségo et Sarko sont-ils fous ?

Carte Scolaire : Ségo et Sarko sont-ils fous ?

Nouvelle ennemie désignée de l’égalité des « chances », la carte scolaire porterait donc en elle toutes les tares du monde, à tel point que les deux favoris des sondages la condamnent. Je vous propose donc d’analyser les conséquences d’une suppression annoncée.

Nicolas Sarkozy, en libéral convaincu, défend l’idée du "libre choix de l’établissement par les parents", Ségolène Royal quant à elle, opte plutôt, tout comme le ministre Gilles de Robien, pour un assouplissement, en affirmant tout de même que "l’idéal serait de supprimer la carte scolaire".

Mais quelle immonde atrocité se cache donc derrière ce simple découpage administratif ?

Outre les gesticulations idéologiques du ministre de l’intérieur, sur lesquels il vaut mieux ne pas s’attarder (peut-on choisir la mairie dans laquelle on vote, le centre des impôts ou le commissariat qu’on fréquente ?), l’argument principal avancé pour la suppression de la carte scolaire est la ghettoïsation qu’elle provoquerait. C’est vrai que nos établissements scolaires manquent souvent de mixité sociale (surtout dans les grandes villes), vrai aussi que, certains, bien informés, arrivent à contourner cette obligation. Sur ce dernier constat, rien à dire, toutes les lois ont leurs fraudeurs, cela ne justifie pas en soi leur suppression. Sur l’absence de mixité sociale dans beaucoup d’établissements, de qui se moque-t-on ? Est-ce la carte scolaire qui est coupable de cette carence, ou est-ce plutôt la désastreuse politique urbaine menée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec ses tours, ses barres et ses cités, qui n’ont de cité que le nom ?

Le constat fait par nos deux « S » est donc le bon, le crime existe bien, mais l’accusé n’est pas coupable. La carte scolaire n’a jamais entraîné de ghettoïsation, et s’il faut blâmer quelque chose, blâmons donc la politique de la ville, cette stupide concentration de la pauvreté en périphérie des grandes villes, et le manque de logement sociaux en leur cœur, dans les beaux quartiers, et dans certaines villes riches... à Neuilly, par exemple !

Qu’apporterait de positif aux citoyens de notre vieille République une suppression de la carte scolaire ? Réfléchissons un peu. Mettons-nous à la place d’un citoyen lambda, désireux de voir ses enfants réussir. Il y a deux collèges dans sa ville, un à la périphérie, là où il habite, dans une cité, et qui n’a pas très bonne réputation. Un autre se situe au centre ville, dans les quartiers riches, et obtient de très bons résultats. Pour lequel notre sujet va-t-il opter ? Pour le deuxième, évidemment, et personne ne lui en tiendra rigueur. L’habitant du centre ville ne se posera, quant à lui, pas même la question. Changeons un peu d’échelle. Nous avons maintenant 1000 citoyens de la cité qui veulent mettre leurs enfants dans le collège du centre ville. Or c’est plus que ce qu’il peut accueillir. Le collège de la cité, quant à lui, se vide peu à peu. Deux solutions s’offrent à l’administration : fermer le collège de la cité et agrandir celui du centre ville, ou imposer des critères de choix à l’entrée du collège de centre ville. La première solution, une concentration des élèves dans des structures plus grandes, peut évidemment être envisagée, elle pose néanmoins de nombreux problèmes de gestion et de coût et elle ne résoudra pas les problèmes des immenses agglomérations comme Paris. Mais gageons que l’administration centrale optera pour la deuxième solution. Et maintenant, tout commence à se corser. Quels critères utiliser pour l’accès au bon collège ? Première réponse, celle du ministre de Robien, qui propose de permettre l’accès au lycée de leur choix aux élèves ayant obtenu une mention très bien au brevet des collèges. Résumons donc, en revenant à notre exemple. Les meilleurs élèves de la cité accéderont donc au lycée du centre ville. Et, pour les autres, la situation ne fera qu’empirer. La ghettoïsation s’amplifiera. Cette solution pose aussi un autre problème. Comment va-t-on juger les élèves à l’entrée en primaire ? Sur leur résultats en maternelle ? Deuxième critère possible, un tirage au sort. Sympa, non ? Je viens tout juste de l’inventer. Troisième réponse : des critères sociaux, permettant aux élèves issus des familles les plus modestes d’accéder à l’établissement de centre ville. C’est déjà un peu mieux, mais cela pose un certain nombre de problèmes importants, car, on le sait bien, dans certains établissements une grande majorité des élèves sont issus de milieux défavorisés. Et enfin, la quatrième réponse et la plus probable : le bon vieux piston, qui, quel que soit le critère envisagé, se verra renforcé.

En conclusion de ce modeste exercice de l’esprit, nous constatons donc que la suppression de la carte scolaire, ou son assouplissement, ne peuvent en rien régler le problème de la ghettoïsation, et dans la majorité des options étudiées plus haut, elle pourrait même l’aggraver. Elle pose, de plus, de nombreux problèmes d’organisation et de gestion des établissements pour l’administration de l’Education nationale, et cela engendrerait, soyons-en sûrs, des dépenses supplémentaires (fluctuation des effectifs, analyse des dossiers d’inscription, agrandissement d’établissements...).

Comme je l’écrivais un peu plus haut, le véritable problème de l’absence de mixité sociale ne peut se résoudre que par une nouvelle politique de la ville, une politique très ambitieuse, politique dans laquelle la carte scolaire pourrait, si nous en avions la volonté, devenir un élément important. Je ne ferai ici que reprendre brièvement les arguments que je développais déjà dans un article paru sur AgoraVox le 7 mars dernier. Partons de la carte scolaire comme unité de base d’une nouvelle mixité sociale, et organisons une nouvelle loi de Solidarité et renouveau urbain (SRU) autour d’elle. Rendons-la aussi beaucoup plus contraignante pour les maires délinquants (augmentation des amendes, inéligibilité). Ajoutons à cela une politique ambitieuse de construction de logements, en prenant soin d’en mélanger tous les types (sociaux, classe moyenne, personnes aisées...).

La mixité sociale est le ciment indispensable de notre République égalitaire. Alors, s’il vous plaît, Monsieur et Madame les candidats à la candidature, arrêtez de vous amuser avec elle, ce n’est vraiment pas drôle !


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110 réactions à cet article    


  • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 10:51

    « La mixité sociale est le ciment indispensable de notre République égalitaire »

    Je n’ai à dire vrai toujours pas compris l’interet de cette mixité sociale dont on nous rabat les oreilles, et qui de toute façon n’a jamais existé dans l’histoire de France.

    Par ailleur je ne vois pas en quoi elle produirait de l’égalité. Un mauvais éléve dans une bonne classe retarde tout le monde, donc fait baisser le niveau national, alors autant qu’il reste dans un établissement à la hauteur de ses moyens intellectuels. De toute façon les immigrés veulent rester entre eux, et je ne vois pas le probléme.

    Quand à la carte scolaire, puisque les profs ont le même diplome (égalité) le niveau est le même (égalité). Donc, =+=, cela donne forcément de l’=.


    • gem (---.---.117.250) 8 septembre 2006 11:40

      Effectivement, tu n’as rien compris ! La mixité sociale n’a pas d’intérêt, c’est un but en soi pour certains, dont notre auteur. Un but bien plus important que tout, y compris que l’éducation.

      L’idée sous-jacente étant probablement que plus on se mélange, plus on se connait, et plus on s’aime. Donc plus on s’aide et moins on se cogne. Dans l’immeuble, le quartier, le pays, le monde, faut tout mélanger et comme ça tout baignera : les juifs avec les musulmans, les intégristes avec les tolérants, les peace and love avec les paramilitaires, les riches avec les pauvres, les intellectuels avec les manuels, les simples avec les sophistiqués, les homos avec les hétéros, les amis de la fumette avec les prohibitionnistes, les voleurs avec les gens qui laissent leur porte ouverte, les francophones avec les flamands, l’amateur de Hard à grande baffles avec celui de musique douce, etc. Voilà, pour eux, le terreau de la joie universelle ...


    • kirinyaga (---.---.242.1) 8 septembre 2006 13:25

      Je ne suis pas d’accord, la mixité sociale a un intérêt : comme quelqu’un peut-il s’intégrer dans une société alors qu’il n’a aucun modèle à suivre ? Aujourd’hui, la seule chose qui puisse apprendre à un immigré les valeurs républicaines, c’est la télé ... Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on en parle pas souvent des valeurs républicaines, à la télé. Ces gens n’ont absolument aucun modèle, ils vivent entre eux et ne sont entourés pratiquement que d’autres immigrés ou enfants issus de l’immigration, chez eux, au travail, à l’école, ... C’est pas ça qui incite à apprendre et à découvrir. La mixité sociale est un remède au communautarisme. Sans mixité, comment connaître la société française, si on ne vit pas dedans ?

      Et notez que c’est de pire en pire. J’habite aujourd’hui dans la ville où j’étais, petit. Je me rappelle nettement que, malgré les cités proches et grâce aux zones pavillonaires avoisinnantes, la population de mon collège était très mélangée. J’ai récemment constaté que la cours de récréation ne contenait pas un seul « blanc »... Et on peut voir tout les matins un tas de têtes blondes à tous les arrêts de bus de la ville, regarder des têtes crêpues marcher vers le collège local.

      Oui, c’est devenu à ce point caricatural. Pas un seul des collèges publics du coin n’y échappe. Tous les habitants des pavillons envoient leurs enfants dans le privé ou dans de petits collèges publics ayant des classes d’allemand et de latin (j’en connait même un ayant un bâtiment à quelques rues de distance, un problème de place paraît-il, mais pourquoi toutes les classes d’allemand sont dans le même bâtiment ?). Soyons lucides, ça ne peut pas durer ainsi, en tous cas ce n’est certainement pas ce que je veux voir dans mon pays. Et laisser le choix du collège, je ne vois pas comment ça peut améliorer la situation.

      Et si vous croyez que j’exagère, allez vérifier vous même dans tous les collèges le long de la branche nord du RER B ... Ce sont parfois les villes qui sont en train de subir la même chose.

      Ce qu’il faudrait, c’est détruire tous ces bâtiments et les reconstruire en les dispersant. Et les disperser pas seulement dans la ville, mais dans toutes la banlieue parisienne (remplacer par lyonnaise, marseillaise, etc ...), et ne pas toucher à la carte des écoles.


    • gem (---.---.117.250) 8 septembre 2006 14:03

      Un enfant passe 40 heures ou plus par semaine entre les murs de son école, pour l’essentiel sous le regard et la responsabilité d’un adulte payé pour ça ; adulte dont on sait qu’il très généralement « de gôche », voire plus. Comme modèle « républicain », ça devrait suffire, non ?

      Sinon, et bien il faut en tirer les conséquences.

      L’école ne marche que quand elle fait son boulot : enseigner des connaissances. Quand elle commence à vouloir « promouvoir la mixité », « lutter contre le communautarisme » ou autres calembredaines, elle est foutue : les parents, pas fous, se tourne vers les établissement qui enseignent, et il ne reste que les immigrés dans la cour, comme vous l’observez si bien. Rien de tel que la lutte contre un truc pour le renforcer.


    • kirinyaga (---.---.242.1) 8 septembre 2006 14:26

      L’adulte est payé pour leur apprendre à calculer 2+2, rien d’autres. Même qu’ils ont ajouté des cours d’instruction civique, pour le forcer à leur apprendre autre chose. Deux heures par semaine. Pas 40. Deux.

      D’autant que c’est vachement efficace, d’ailleurs tout le monde sait à quel point les enfants (surtout les cancres) se battent pour ressembler à leur professeur et surtout pas à leurs copains.

      Vous êtes vraiment de mauvaise foi. Je ne suis pas un naïf gauchiste, je me demande simplement comment on peut devenir français sans vivre parmi la société française. C’est quoi la prochaine étape, l’intégration par correspondance ?


    • Jesrad (---.---.20.126) 8 septembre 2006 15:09

      je me demande simplement comment on peut devenir français sans vivre parmi la société française.

      Qu’est-ce que c’est, la société française ? Est-ce que ça existe seulement ailleurs que dans l’imagination de quelques fanatiques républicains ou nationalistes ?


    • Roland (---.---.206.169) 12 septembre 2006 21:13

      Je regrette, l’ecole de la République dès le début, l’époque héroique des « hussards noirs de la République » a eu la mixité sociale comme principe sacré, et visiblement c’était important pour eux (qui à l’époque n’étaient pas très à gauche, il n’y avait même pas encore de parti socialiste à l’époque, la « gauche » c’était les républicains) c’est même dans le même but que les enfants portaient un uniforme, un siècle de France traditionnelle s’est batie, sur ça, et c’est sur ça que malgrès toutes les causes d’effondrement elle est restée solide, solidaire, et patriote.

      Donc maintenant la dérive droitière va plus à droite que la France « éternelle » de la République de Gambetta à De Gaulle, même plus à droite que Vichy qui n’avait pas remis ça en cause ! smiley


    • EricB (---.---.182.107) 13 septembre 2006 13:14

      « Aujourd’hui, la seule chose qui puisse apprendre à un immigré les valeurs républicaines, c’est la télé ... Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on en parle pas souvent des valeurs républicaines, à la télé. »

      Surtout quand les antennes paraboliques sont tournées vers Télé Maroc, Algérie TV, ou Al-Jazirah....


    • JiPi (---.---.155.1) 8 septembre 2006 11:06

      Bon, j’ai bien compris le fond du problème autour du manque de mixité sociale.

      Mais la carte scolaire, c’est quoi au juste ? Qu’est-ce qu’on y trouve sur cette mystérieuse carte.

      C’est peut-être évident pour les habitants de l’hexagone, mais pour les autres ?


      • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 11:08

        L’Etat désigne l’école public où tu as le droit d’envoyer tes enfants, et normalement, il n’y a pas de dérogation possible.


      • JiPi (---.---.155.1) 8 septembre 2006 11:17

        Et cette désignation s’effectue suivant quels critères ?


      • gem (---.---.117.250) 8 septembre 2006 11:23

        Ben c’est simple : on trace une zone autour de chaque établissement, ceux qui habitent dans la zone ont l’obligation d’y mettre leurs gamins.

        Comme c’est un système débile, on a raffiné le système : il y plein d’exception, la plus connue étant relative aux options qui ne sont pas disponible dans l’établissement où la carte scolaire envoie l’enfant. D’où l’astuce consistant à mettre en place une classe avec option exotique, comme ça il suffit de demander cette option exotique pour choisir l’établissement...

        La parade, et la logique du « service public de l’éducation », (TM) et (c), aurait été de faire une véritable éducation nationale, la même pour tous sans option (quitte à laisser une place dansl’emploi du temps à un enseignement optionnel et privé), mais pour ça il fallait fâcher les profs ... D’autant qu’ils sont les premiers à contourner la carte scolaire ! Et voilà comment les profs ont pourris le système, et pourquoi ils hurlent : si les autres font comme eux, leur petite combine va moins bien marché , et leur rejetons perdront un avantage sur les autres ...


      • JiPi (---.---.155.1) 8 septembre 2006 11:31

        C’est tout de suite + clair.

        Merci gem


      • minijack minijack 8 septembre 2006 11:42

        +1 gem Bien vu.


      • machinchose (---.---.129.40) 8 septembre 2006 19:27

        ah oui oh la la que c’est bien vu. Le petit commentaire merdouilleux, démago neu neu, poujado couillon, sans le moindre développement qui oublie opportunément de nous expliquer comment il justifierait un autre systeme et qui se réjouit simplement de sa prpore haine. le coté « je suis content parce que je suis méchant »...

        consternant.


      • zingra (---.---.27.231) 8 septembre 2006 23:12

        et faut laisser ton petit cheri a qui tu as appris les valeurs et le respect tout les matins dans l’arene au lion.il te faut alors te faire prescrire des cachetons et de la pommade pour ton rejeton en esperant que ça suffira.


      • (---.---.206.169) 12 septembre 2006 21:27

        Contre la violence scolaire (toutes les violences scolaires, l’institutionelle aussi) la meilleure solution est l’école par correspondance (CNED, ex-CNTE)

        ou carrèment :

        http://instructionenfamille.free.fr/accueil.htm


      • gem (---.---.117.250) 8 septembre 2006 11:07

        Amusante et instructive, cette comparaison de l’école avec les institution répresives et oppressive que sont le commissariat et le centre des impôts... Comme si l’école était un contrôle pénible auquel il faut échapper, une sanction, une prison ...

        les deux S comme vous dites sont Simples : la carte soclaire à échouer, elle n’a rien apporter, supprimons-là.

        Votre raisonnement c’est plutôt : la cart scolaire à échouer, il faut donc mettre en place une Super-Carte-Scolaire, encore plus-mieux, encore plus ambitieuse. Une variante non-routière du « je me suis planté parce que je ne roulais pas assez vite, la prochaine fois j’accèlère ». smiley

        Vous avez pris un stupéfiant ou c’est votre état normal ?

        Le peuple veut être libre, tout spécialement pour l’école. Des établissements d’élite et des établissement de Totos ça ne le dérange pas, et même il trouve ça mieux, quitte à mettre deux fois plus de profs pour les nuls !


        • machinchose (---.---.129.40) 8 septembre 2006 19:32

          Gem c’est amusant votre art de raisonner n’importe comment. Les ZEP ne vous ont pas attendu figurez vous. M. Meilland ne mettait pas l’école du coté du repressif ou du coté du méchant plus largement mais du coté de l’état. Du coté de la république. On peut considérer (c’est mon cas) que l’institution de l’impot est une chose fondamentale et importante et positive. De même que le commissariat c’est aussi l’endroit ou le citoyen en principe trouve refuge, écoute, aide et service sur les sujet de sa sécurité et de l’integrité de ses biens et de sa personne. Malheureusement comme pour l’école cette institution républicaine est maltraité selon qu’elle est chez les riches ou chez les pauvres...

          voilà l’état dans lequel vous voulez vivre ; une sorte d’état privatisé au service des riches qui ne paieront plus des impots mais des cotisations. Étant entendu qu’une partie de ces cotisation servira à tenir les pauvres calmes et dociles...


        • Jesrad 8 septembre 2006 21:06

          C’est amusant, machinchose, vous décrivez fort bien la situation actuelle. La voilà votre ripouxblique.


        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 8 septembre 2006 11:10

          Le risque est que votre proposition maximaliste, pour être appliquée, exigerait que l’on renonce au libre choix de son habitation en fonction de ses moyens, donc qu’on étatise le marché de l’immobilier , ce qui signifie qu’on le supprime pour le remplacer par une gestion administrative centralisée, au minimum, au niveau de la région : je doute pour ma part qu’une majorité d’électeurs soient d’accord pour vous suivre.

          Sinon, on n’a d’autre ressource que d’assouplir, dans un sens plus social, la carte scolaire donc de la remettre en cause profondément ; elle n’est dans les conditions actuelles qu’une hypocrisie socialement délétère. Il vaut mieux dire la vérité pour changer les choses peu à peu que désirer une révolution à laquelle seule une infime minorité aspire...Si vous pensez qu’une telle réforme révolutionnaire serait acceptable par la majorité, présentez la en vous présentant à la présidence de la république. De toute façon nous verrons bien combien feront ceux de vos amis qui se présenteront à votre place pour la soutenir. Si tant est qu’ils obtiennent un nombre suffisant de signatures des maires et autres élus locaux actuels....

          Les deux candidats à la candidature concernés ont donc le mérite de poser le problème que d’autres (suivez mon regard) font tout pour camoufler derrière des principes aussi ronflants que vides de tout contenu réel : demandez-vous si les enseignants qui votent à gauche et déclarent désirer préserver la carte scolaire existante, tout en connaissant parfaitement les règles réelles du jeu et en les appliquant à leur profit, font pour leurs propres enfants...

          Je rappelle que la majorité des dérogations sont tout à fait légales mais sur des critères occultes pour le plus grand nombre des familles dont les enfants sont en réelles difficultés...


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 8 septembre 2006 11:13

            Il faut lire : une majorité d’électeurs soit d’accord...Voila une erreur qui devient tellement courante qu’elle est en train d’être requalifiée comme correcte par l’usage, y compris scolaire...


          • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 11:16

            De fait, l’immobilier est quasi nationalisé (d’ou le pénurie actuelle). C’est plutôt en obligeant les gens à s’installer dans une zone précise que cela fonctionnerait.


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 8 septembre 2006 12:52

            C’est un scoop ! Il y a bien des normes et un contrôle municipaux mais le marché et l’installation des habitants, dans ce cadre, restent libre..Nul, s’il dispose des moyens suffisants, n’est interdit d’habiter Neuilly ou le XVIème.

            Par contre les autres doivent « choisir » ailleurs et les plus pauvres sont condamnés aux guettos, sauf à obliger Neuilly et le XVIème à construire pour eux, ce qui n’est pas demain la veille et ce qui ne fera que déplacer la question : les plus favorisés fuiront les quartiers dits sensibles et l’état, même gouverné par la gauche, n’y pourra rien. Laisser un peu plus de choix scolaire est donc la seule solution réaliste...


          • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 12:55

            « le marché et l’installation des habitants, dans ce cadre, restent libre.. »

            Non, le marché de l’immobilier n’est pas du tout libre (vous ne devez pas être propritaire pour affirmer cela). Par contre pour le client oui.


          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 8 septembre 2006 19:17

            Je ne comprends rien à ce que vous dites : je peux selon mes moyens acheter où je veux et je suis propriétaire de 4 logements et maisons plus un immeuble loué de 7 apparts en Allemagne et en France. Nulle institution ne m’a imposé d’acheter là où je ne voulais pas et interdit de louer à qui je veux... C’est de cette liberté dont je parlais et celle là seule devraient être supprimée si l’on administrait socialement la mixité impérative des lieux d’habitation : je rappelle que je commentais le texte concernant la carte scolaire !


          • machinchose (---.---.129.40) 8 septembre 2006 19:34

            Je suis un peu sidéré depuis quelques temps de lire un Sylvain Reboul habituellement si prompt à la dénonciation faire assaut de jesuitisme pour trouver toujours à justifier n’importe quelle connerie de Mlle Royal...


          • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 11:13

            Au fait, dans vos étude, est-ce que vous vous êtes mixé avec 40% d’éléves d’origine immigrés dans votre classe, ou vous avez pratiqué l’entre soi FN ?


            • dionysos (---.---.213.132) 8 septembre 2006 11:19

              supprimons la carte scolaire et meme, allons plus loin supprimons l’education nationale, qui ne sert à rien... la loi dit : l’ecole est laique obligatoire et gratuite, pas que l’etat doit la gérer


              • Jesrad (---.---.20.126) 8 septembre 2006 12:07

                peut-on choisir la mairie dans laquelle on vote, le centre des impôts ou le commissariat qu’on fréquente ?

                Eh, c’est pas bête, on devrait pouvoir choisir, le cas échéant, au lieu de subir les éventuels incompétents qui siègeraient, indéboulonnables, à proximité alors que des gens bien plus doués démontrent leur sérieux et leur attachement aux institutions pour lesquels ils bossent, un peu plus loin.

                Au fait, j’ai la possibilité de choisir de voter pour la mairie où j’habitais avant de déménager. C’est déjà ça.


                • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 12:09

                  Et pour les impôts, les paradis fiscaux vous tendent les bras (et étant donné les impôts en France, presque tous les autres pays le sont..)


                • Jesrad (---.---.20.126) 8 septembre 2006 15:05

                  Intéressant, donc la France est un enfer fiscal ?


                • (---.---.59.170) 8 septembre 2006 17:22

                  Evidement. D’ailleur la plus part des société du CAC40 sont en train de quiter le pays.


                • machinchose (---.---.129.40) 8 septembre 2006 19:36

                  elles quittent le pays qui les a porté et donc elles ont raison ? ça c’est formidable. si vous êtes puissant et riche ce que vous faites est toujorus bel et bon.

                  Fraudez soyez un mauvais citoyen, crachez à la gueule de l’état qui vous a enrichi etc. ... les blaireau vous trouverons toujorus beau puisque vous êtes riche et puissant...


                • Jesrad 8 septembre 2006 21:07

                  Fraudez soyez un mauvais citoyen, crachez à la gueule de l’état qui vous a enrichi etc.

                  Correction : l’état qui vous a volé.


                • machinchose (---.---.129.40) 9 septembre 2006 09:15

                  c’est le systeme démocratique dans lequel vous vivez qui a décidé de sa fiscalité. Vous pouvez le contester et le discuter mais cessez de dire n’importe quoi, ce n’est pas un « vol ». ce genre de vocabulaire est stupide et démagogique. En revanche les entrepreneurs qui profitent des aides et autres exonérations sans le moindre effort réel d’améliorer la situation de l’emploi ou même qui hurlent avec les loup que l’état les vole alors qu’ils abusent impunément des aides puis ferment quand les aides cessent.


                • Jesrad 9 septembre 2006 10:34

                  Ben voyons. Définissez « vol » et essayez de ne pas l’appliquer aussi aux impôts. Bon courage.

                  Décidé démocratiquement ou pas, un crime est un crime. Ou alors vous reconnaissez que les victimes de gouvernement démocratiquement élu (comme le régime nazi en Allemagne) n’ont pas à se plaindre et doivent simplement accepter la décision de la majorité.


                • rjolly (---.---.227.38) 8 septembre 2006 12:09

                  Dans les grandes villes, mettre ses enfants dans une école loin du domicile, c’est sûr que ça les habitue à leurs deux heures de trajet quand ils travailleront...


                    • cflorian 8 septembre 2006 13:48

                      e probléme de base est comment répartir les éléves pour obtenir les meilleurs résultats possibles.

                      notre modéle est basé sur l’idée que tous les établissements, les programmes et les cours sont les mêmes. idée qui a vécu et impossible à mettre en place. la réussite dépend maintenant beaucoup de l’école que l’on fréquente et tout le monde le sait, les profs les premiers. la carte scolaire a pour but de répartir les enfants sans distinction sociale. mais ce qui marche dans des villes moyennes ou dans la campagne fonctionne plus du tout dans les plus grandes villes. chaque découpage administratif regroupe des groupes sociaux tres proches, et même ethniques en région parisienne, grace à la mise en place progressive de la ghetoisation. des établissements sont petit à petit devenus des nids à problémes, au dépend des éléves.

                      pour arranger la situation, supprimer la carte scolaire devrait permettre aux bons éléves de s’échapper. en établissant des établissements de niveau, cela doit permettre de former une élite des meilleurs éléves et laisser les autres dans la misére. en supprimant la carte scolaire, on recré des classes de niveau. ceci n’est pas une mauvaise idée en soi, elle va profiter aux meilleurs éléves et permettre à ceux qui ont plus de mal de suivre à leur rythme. mais alors pourquoi ne pas carrement repenser le collége unique. allons jusqu’au bout de la logique au lieu de faire toujours des demi propositions. le principal défaut de ce systéme est de laisser les moins bons sur les carreaux car ils ne sont plus tirés par les meilleurs éléves de la classe (la solidarité existe souvent chez les ados, elle disparait souvent avec l’age).

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