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Accueil du site > Actualités > Société > Ceci est mon corps

Ceci est mon corps

Me voilà ! J’y suis. En sous-vêtements dans un bureau cossu, devant un homme que je ne connais pas. Il y a quelques mois encore, cela aurait été impensable. Me retrouver subitement contrainte d’habiter ce corps qui m’est tellement étranger. Depuis tellement longtemps, que je ne sais même pas s’il a déjà été mien.

Je me souviens du sentiment d’étrangeté totale que j’avais ressenti en détaillant attentivement ma propre main, un soir de fièvre, alors que je n’avais que huit ans. Je n’arrivais même pas à focaliser mon propre regard sur ces étranges brindilles fines qui se mouvaient pourtant selon ma volonté, mais avec, toujours, comme un temps de retard. Peu après, on m’opérait en urgence d’une appendicite et regagner ma petite carcasse m’avait valu, en salle de réveil, un interminable mal de mer.

J’ai toujours eu du mal à ne pas penser cette chair comme un par-dessus mal ajusté. Trop petit, trop gros, trop lourd, trop faible, toujours à la traîne de mes rêves et de mes envies. Toujours tellement insuffisant. Tellement encombrant, tellement de trop. Et toujours si instable. À peine le temps de m’étendre jusqu’à remplir le bout de mes phalanges et le voilà qui m’échappe encore, avec ces deux masses de chair qui tendent la maille de mes pulls que je choisis pourtant toujours trop grands. De plus en plus grands. Et ces poils ! Ces ignobles poils noirs qui colonisent mon sexe, mes aisselles, mes cuisses, mes jambes, que je pourchasse avec une pince à épiler avant de capituler sous le nombre et d’enfiler une burqa mentale de plus.
Je le déteste ce corps de femme qui m’encombre quand je cours, qui m’interdit de lire à plat ventre sur la plage, qui me force à abaisser mon cul dans l’herbe pour uriner à petits jets furtifs et gênés. Je déteste ces seins proéminents et insolents qui aimantent les regards ; gênés pour les garçons ; envieux pour les filles ; lourds et intrusifs pour les hommes. Je ne veux pas n’être qu’un sexe, qu’un corps, qu’un genre. Je ne veux être limitée en rien, ni pour personne et surtout pas pour moi. Mais je n’ai pas le choix et je subis ma condition de femme quand tant d’autres la subliment, la revendiquent fièrement, la brandissent comme un étendard. J’entre en guerre contre moi-même, relais complaisant d’un monde d’hommes, pensé par et pour des hommes.

Je ne me contente pas de cacher ce corps. Je le nie. Je le soumets à ma volonté totalitaire. Je le refuse tellement que je ne supporte pas mon propre reflet, ma propre existence.

Allons, allons, ne faites pas de cinéma !
Et pourtant, c’est une femme !
Brusque, brutale même, elle enfonce son spéculum dans mon corps de gamine comme pour me punir d’exister. Je ressens l’intrusion jusqu’à l’intérieur même de mon ventre. Et je déteste ça. Je déteste ma nudité froide et médicalisée, je déteste ce corps, cette viande réduite à ces fonctionnalités biologiques.
Je suis l’esprit.
Il est la machine.
Je veux le soumettre à ma volonté, lui faire payer son inadéquation fondamentale. Je n’aurai jamais un regard complaisant pour lui. Il est mon geôlier. Jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Même adouci par un amour immense et un désir encore plus grand, le regard de l’autre ne me guérit pas de moi-même. Jusqu’au cœur de notre intimité, ce putain de corps continuera de me contrarier, de me renier, de me faire souffrir là où il ne devrait y avoir que de la jouissance. Le divorce est consommé. La guerre en moi est totale.

Ses doigts courent sur ma peau, palpent attentivement mes muscles encore naissants, s’arrêtent sur les articulations, explorent les tensions nerveuses.
  • ... Il y a cette hanche...
Une non-chute, au ski, quand j’avais 17 ans. La carre intérieure avait accroché la pente pendant que le ski inférieur avait continué à glisser sur la neige dure et verglacée. Un grand écart violent avait sorti la tête de mon fémur droit de sa niche d’os dans un hurlement dément qui avait voyagé un moment dans les montagnes. Le moniteur avait pris la situation en main et remis en place l’articulation déboîtée dans une nouvelle vague de douleur fulgurante. L’un de ces petits moments intenses où mon fichu corps se rappelle à mon bon souvenir. Depuis, cette articulation avait gardé comme une faiblesse que mon ostéopathe avait lu sur mon corps comme un aveugle parcourt un livre en braille. Ça et les cervicales, jamais remises d’une lourde chute dans la douche, et puis le dos, fragilisé par de longues heures avachies sur des chaises informes et bancales et puis toutes ces tensions, tous ces refus, profonds, implacables.
  • Et votre grossesse ?
  • Nickel, la grossesse, rien à dire, même pas malade, rien.
  • Et l’accouchement ?

Une petite boule bien dure, calée entre l’estomac et la glotte, qui me hache le souffle quand j’y pense. Je me souviens des paroles des autres femmes, avant : tu verras, une fois que c’est fait, tu es tellement heureuse que tu oublies la douleur.
Manifestement, nous n’avons pas la même faculté mémorielle et sensorielle.

Pourtant, tout avait plutôt bien commencé, avec une sensation d’étrangeté supplémentaire entre mon corps et moi, une sorte de lévitation interne qui m’avait poussée à acheter le seul et unique test de grossesse que je n’ai jamais utilisé de ma vie. Sensation de vertige tiède et doux à la lecture de la confirmation de mon soupçon, absolue légèreté de l’être en lui annonçant que nous avions mis au but du premier coup. Et quelques degrés de séparation de plus entre ce corps et moi, cette arche de Noé destinée à perpétuer l’espèce, ce vaisseau spatial lancé vers un avenir incertain et dont les flancs hébergent l’Alien.
Je suis la matrice, la circonférence, l’enceinte fortifiée qui ne forcit pas et dont le ventre est comme en sous-location. Mon corps ne m’appartient plus, il est une extension anonyme du grand corps médical tout puissant. Soixante euros la poignée de main avec l’illustre accoucheur béarnais dont le pas pressé emplit de son écho industrieux les couloirs de la clinique. Un Comment allez-vous ? purement formel et médical, présentation du sexe dont je suis définitivement dépossédée, clic-clac, merci, au revoir et à la prochaine. Dix minutes chrono pour une heure de route à l’aller, autant en salle d’attente et les récriminations de mon patron qui exige que je bascule mon suivi prénatal sur mes congés. Mon corps dérange le corps social, le ventre mou de l’entreprise productiviste. Tout devient plus rond, plus lourd, mais, à l’intérieur, je surfe sur une sublime vague de détachement.

C’est comme une épée qui se serait fichée au creux de mes reins. Mon ventre est lourd et dur comme une pierre. Réveil en fanfare au cœur de la nuit, le soir de mon 32e anniversaire. Ressac. La douleur s’efface et je replonge dans le sommeil. La nuit s’étire au rythme des contractions. Toutes les 30 minutes. Trop long. Attendre. Un jour entier à faire les cent pas, à manger debout pour soulager la tension interne, dormir un peu. Une nouvelle nuit, encore plus inconfortable, sans sommeil. Deuxième jour. Rien de neuf. Impossible d’aller en clinique tant que les contractions sont espacées de plus de cinq minutes, sinon, c’est une heure de route dans le froid et la neige qui menace de tomber pour être renvoyée dans ses pénates au bout du compte. Précision médicale au service de la rentabilité des rotations des lits. Le jour s’achève enfin et je traîne ma fatigue immense et mes kilos en trop entre deux contractions violentes. Dix minutes. Encore trop long pour décoller, bien trop court pour se reposer. 23 h, deuxième jour, le seuil des cinq minutes est enfin franchi, encore une heure de route et je confie ma souffrance à la toute-puissance médicale. Une heure du matin, le travail patine toujours, la douleur omniprésente me transforme en bête apeurée, l’épuisement est complet : je commence le gros du travail sans aucune force en réserve. L’apprentie sage-femme de nuit, tout en douceur et compassion, me propose une dose de morphine pour dormir un peu. Je m’enfonce presque immédiatement dans un vertige cotonneux et sans fond dont j’émerge au petit matin par une contraction d’une violence encore inconnue et dont l’intensité va pourtant crescendo.

La sage-femme de jour est un masque de sévère compétence, raide, sèche comme un coup de trique, toute entière projetée dans le respect du protocole. Je suis chair, je suis un corps malade, je suis une succession de gestes techniques chronométrés.

La salle de travail est purement fonctionnelle et pensée pour faciliter le travail du plateau technique. Nous y sommes des intrus. C’est un hall de gare dont les portes battantes laissent parfois passer une petite foule en blouse de couleur qui vient s’informer sans aucune forme de civilité de l’état de ma dilatation et qui commente cette violation de ma chair intime avec la même indifférence que si j’étais un objet. De la salle de travail jumelle et attenante, s’échappent le brouhaha rassurant des affaires rondement menées : quelques poussées, quelques cris, et voilà le nouveau-né qui vagit et l’équipe qui évacue prestement les lieux pour la fournée suivante. Je pensais avoir opté pour la meilleure clinique de la région, je suis juste échouée dans un pondoir industriel où l’on purge efficacement les flancs de toutes les inconséquentes à près de 100 km à la ronde.

De temps à autre, la sage-femme de jour s’engouffre dans ma propre salle, le pas lourd de ses silences réprobateurs, et enfonce un doigt inquisiteur et quelque peu vengeur dans mon vagin tout en me fusillant du regard. Femme au rabais, me voilà parturiente encombrante et de mauvaise foi, qui fait traîner son travail et grippe la petite machine à dépoter les bébés. La pose de la péridurale a soulagé la douleur intense quelque temps, mais la perfusion a encore accéléré le rythme des contractions pendant que mon col, mon fichu col rebelle, refuse de s’effacer. Mon corps entier vibre d’indignation contre le traitement qui lui est infligé. Les heures s’égrènent et la douleur revient sans que je retrouve le contrôle de mes muscles. Vers 11 h 30, la sage-femme rébarbative décide que la comédie a assez duré et me rabat les genoux derrière les oreilles. Je proteste faiblement et me débats contre les étriers qui emprisonnent mes pieds et forcent mon bassin à basculer en arrière. C’est absurde. Mon périnée est en surtension et le crâne de ma fille ne cesse de repartir en arrière à la fin de chaque poussée péniblement arrachée à la pesanteur. Je suis totalement à bout de force. Je n’ai ni dormi ni mangé depuis deux jours, l’effet protecteur de la péridurale s’estompe, mais je n’ai toujours pas retrouvé le plein contrôle de mes muscles. Je suis en train de m’éloigner de toute cette souffrance et je ne me rends même plus compte que c’est moi qui suis en train de hurler comme une bête blessée. Du coin du regard, je vois la sage-femme nazie monter sur un tabouret pour mieux s’affaisser ensuite de tout son poids sur mon ventre énorme qui refuse de se vider. J’ai seulement peur. Par flash confus, je me rends compte que je vais mourir. Je pousse, je pousse, à m’en déchirer les entrailles, mais il n’y a plus rien, plus de jus. Je crois bien que la sage-femme m’engueule. Puis, après un temps flou et indéterminé, je vois les bottes blanches de l’obstétricien emplir mon champ de vision. Ce sont les mêmes que celles que chaussent les ouvriers dans les abattoirs à canards. On a glissé un seau à la verticale de mes fesses pour y recueillir tous les fluides qui s’écoulent abondamment de moi. L’homme est en train de monter bruyamment une sorte de gros couvert à salade. Qu’il enfonce sans préavis dans mon sexe pour y chercher la tête de ma fille. J’ai l’impression d’être écartelée. Quelqu’un pose une petite chose vagissante sur ma poitrine lourde et tendue comme un tambour, mais mes bras sont tellement faibles que je n’arrive pas à la tenir. Je cherche du regard quelqu’un pour m’aider, mais déjà, tout le monde s’affaire sur autre chose. C’est finalement son père, pâle, ravagé, en état de choc, qui aura la présence d’esprit de me tenir le coude pour que je ne laisse pas échapper mon enfant par terre, du haut de mon étroit lit de souffrance. Je devrais être heureuse. J’ai juste froid et envie de pleurer. Voilà tout ce qui reste de ce qui aurait pourtant dû être le beau jour de notre vie.

Mon corps a nourri ma fille. C’est ce que je voulais. Créer du lien avec elle. Tenter de me connecter avec moi-même. Malgré la chair, abondante, qui refuse de refluer. Malgré l’épisiotomie qui m’empêche de m’asseoir, de marcher correctement, qui me blesse et qui rend mon sexe encore plus étranger qu’il ne l’a jamais été.

Mais quelque chose a quand même changé. Pas mon regard, pas mon divorce de longue date, non, de nouvelles sensations, de nouvelles envies. La fin des migraines. C’est long, presque insidieux, il me faudra encore quelques années pour comprendre et cesser toute intrusion chimique dans ce fichu corps. Me reconnecter. Prendre possession de la chair. Enfin. Comprendre le jeu des muscles sous la peau, entendre le murmure du flux sanguin. Décider d’entretenir la carcasse plutôt que de la mépriser. Comprendre, enfin, que je ne suis pas une femme-machine, un esprit perdu dans une prison de chair, mais bien un être complet, entier, relié à l’ensemble du monde par son interface corporelle. Apprécier l’effort. Goûter le plaisir du corps qui complète l’esprit et l’emmène sur d’autres chemins. Jouir des flots d’endorphine que l’activité sportive libère dans mes veines. Reprendre contact avec moi-même, pouvoir enfin sourire à mon propre reflet. Contempler avec indulgence et apaisement les ridules et la petite brioche. Se réjouir de pouvoir habiter pleinement ce vieux corps, si familier et si nouveau à la fois. Partir avec lui sur les routes du Gers, l’emmener en balade vers les sommets, lui donner le soin qu’il mérite et recevoir en échange un univers de sensations nouvelles et délicieuses.
Ne plus avoir honte. Ne plus avoir peur.
Exister, pleinement. Profiter de la vie. Tant qu’il y en a.
Être libérée de mon carcan mental pour habiter enfin mon être entier.
Courir, grimper, souffler, ressentir.
S’abreuver à l’étang salé de mon humanité retrouvée.
Enfin.

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59 réactions à cet article    


  • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 janvier 2010 11:26

    C’est tellement beau qu’on dirait que c’est Amélie Notomb qui l’a écrit !

    Vous écrivez pour elle ?


    • faxtronic faxtronic 20 janvier 2010 13:33

      t es vache la, alois !


    • Monolecte Monolecte 20 janvier 2010 13:38

      Ouais, j’avoue, c’est rude. D’un autre côté, j’aimerais bien avoir son compte en banque...


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 janvier 2010 15:21

      Non franchement c’est bien écrit et tout , mais, j’avais l’impression de pénétrer dans votre intîmité ce qui m’a mis un peu mal à l’aise...

      Je ne suis pas habitué à ce genre de confidences.

      Sinon, le bébé va bien ?




    • Bardamu 20 janvier 2010 16:20

      Amélie, ce n’est guère un compliment que cela !
      Et heureusement pour la jeune dame qui écrit... son verbe est un cran au-dessus ! 

      Pour dire, ce n’est pas mal !... un peu poseur néanmoins : on n’est pas encore au coeur des mots, d’une réalité palpable, mais en une belle périphérie !


    • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 20 janvier 2010 23:08

      Pourtant, Amélie Notomb a aussi eu une relation problématique avec son corps, sa féminité et sa sexualité : c’est pour ça que je trouvais qu’il y avait une sorte de connivence entre les deux auteures.


    • Monolecte Monolecte 21 janvier 2010 00:05

      C’était une boutade : j’aime bien aussi ce qu’écrit Nothomb. C’est juste que les comparaisons et les étiquettes me mettent parfois un peu mal à l’aise.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 21 janvier 2010 01:43

      @ Vous.

      Vous aidez la beauté à naître de la condition humaine. Brillant, une habile obstétrique, mais cruel comme d’avoir fermé cette boîte, vous savez, avant que que ne s’en soit échappée l’espérance... Hier, c’était mon anniversaire et je suis bien vieux.... Parlons donc de politique et autres vanités...


      Pierre JC Allard



    • Bardamu 21 janvier 2010 09:01

      @Alois :


      Oui, vous avez raison de comparer nos deux dames, cela en regard au « corporel » !... c’en est même lénifiant, lassant, soporifique car nombriliste, cette psychologie à deux balles !

      C’est même ici la marque d’une écriture féminine, à présent : le tripal à Angot, les délires Nothombiens, l’hystérie de Darrieussecq, le romantisme infantile et gnangnan de Chapsal, et j’en passe.

      J’attaque fort !... je n’ai pas pour habitude de pointer à l’armée du salut, de flatter la victime auto proclamée, de pleurer sur qui s’épanche déjà si bien sur lui, remplit des sceaux, en chiale des litres !... mais je crois bien qu’en se féminisant ainsi, s’analysant à outrance, s’étudiant avec complaisance, s’affectant jusqu’au dégoût de soi, des autres, la littérature n’est rien moins qu’agonisante.

      Aurais-je l’idée, moi, de faire un bouquin en monologuant avec ma verge -d’autres nous endorment bien de leurs monologues vaginaux !-, ou d’étaler, sans pudeur aucune, mes états d’âme ?

      A la différence, Céline -mon maître !-, lorsqu’il décrivait la douleur, le faisait avec virilité, entendons par là non en une plainte, une approche victimaire, mais sur le versant du combat, de la survie presque.
      Aussi avait-il vécu la guerre, et ne rendait-il pas seulement compte de ses séances de psychanalyse.

      Alors, eh bien ! lorsque l’on a pas grand-chose à dire, force est d’admettre qu’il vaut mieux ne pas écrire !

      Ici, c’est un peu « asinus asinum fricat », un âne gratte l’autre : en d’autres termes, ceux qui ont enterré la littérature flattant ceux qui l’enterrent... une entente entre fossoyeurs donc !


    • Pierre de Vienne Pierre de Vienne 20 janvier 2010 11:52

      Cueilli à froid par ce beau texte, âpre et sans concessions, on reste un peu éssouflé et admiratif.

      La réincorporation comme première étape vers la liberté, la connivence restaurée avec son corps qui passe par la description d’une dépossession opérée par le regard des autres, le corps médical, les conventions, et aussi par le sentiment d’étrangeté au monde.
      Merci d’avoir su mettre des mots pour décrire cet aprentissage, bonnes promenades dans votre nouveau corps. 
       

      • Monolecte Monolecte 20 janvier 2010 13:40

        Non, il est toujours trouvable sur Lulu.com. Je cherche un éditeur normal pour une sortie normale à un prix normal.


      • Gabriel Gabriel 20 janvier 2010 12:48

        Que dire après un tel écrit ? Une si belle maîtrise du langage et de la douleur décrite au scalpel. Je m’interroge, Votre corps a-t-il une chance de guérir si votre cœur est malade ? Nos corps sont le résultat d’incidents biologiques et comme vous le dites si bien, il n’est que le véhicule. Ce véhicule est un ami douteux ; il produit souvent ce que nous n’aimons pas ; car il y a trop de choses dans le corps qui ne peuvent être mentionnées. Le corps nous sert souvent psychologiquement à personnifier notre ombre. En contre partie, la croissance de l’esprit est à l’inverse de la croissance du corps. Si celui ci grandit en prenant de la taille. L’esprit grandit en perdant de la hauteur. La sainteté renverse les lois de la maturité. L’homme y est la fleur, l’enfance le fruit. Nous sommes tous des imposteurs dans l’ensemble de ce monde, nous prétendons tous être quelque chose que nous ne sommes pas. Nous ne sommes pas des corps qui vont et viennent, nous ne sommes pas des atomes et des molécules, nous sommes des idées de l’Être, indestructibles, impérissables….. Bonne prise de tête, et parcours toujours en devenir. Aussi pour respirer, comme vous, sur les parois de calcaires, je vais me grimper afin d’oublier pendant quelque temps l’inéluctable.

        Beau texte. Merci


        • PhilVite PhilVite 20 janvier 2010 13:01

          Peut-être nait-on vraiment le jour où le corps et l’esprit fusionnent ?

          Avant ça, c’est un peu le bordel.


          • oncle archibald 20 janvier 2010 13:03

            A bout de souffle ... C’est très beau ce que vous avez écrit. Heureusement que les accouchements ne sont pas toujours aussi moches .. peut être même avez vous eu la malchance d’un traitement « exceptionnel » ... La naissance de mon second fils a été exactement le contraire, en deux temps trois mouvements et quasiment en souriant mais ca ne sont que des paroles d’homme ... 

            Pourtant .. 
            Ce soir la nous avions invité des amis pour diner, et aprtès l’apero, au moment de passer à table ma femme a ressenti des douleurs qu’elle connaissait bien pour avoir accouché 18 mois auparavant, en quatre heures tout compris ! .. Le medecin gyneco, lui même surpris de la rapidité des opérations pour une primo parturiente, lui avait dit s’il y a un second, ne perdez pas de temps pour arriver.
            Or donc aux premières contractions, je m’affole, je veux la faire se presser .. Elle n’a pas envie de rater cette soirée qui luifaisait plaisir .. Finalement j’arrive à la convaincre ;. et elle va se doucher et se laver les cheveux ... Oui, tu nesais pas ce que c’est, après onnepeut plus à lamaternité etc .. Je m’énervais .. Coup de chance, nos amis sont là et on les colle de garde pour l’ainé dans son petit lit ... Nous partons à la maternité en voiture, dix kilomètres à faire .. Rien de particulier, nous devisons gentiment .. Entre temps notre ami avait téléphoné à la maternité .. Attention, Madame XX va arriver, elle aura peut être accouché dans la voituire .. Nous arrivons aux admissions, la secrétaire nous raconte le coup de fil et se marre .. Une sage femme arrive et se propose d’examiner l’objet du délit .. OHHH mais je vois sa tete .. vite en salle .. Une interne macahnt du chewwing-gum .. poussez... poussez plus .. ca y est je l’ai .. et hop ... en une heure et demi après la premiere contaction .. Notre ami avait laissé sa femme de gardechez nous et arrive à la maternité .. Ma femme est encore dans la salle de travail .. On ne veut pas le laisser entrer .. On lui demande s’il est le mari .. il répond avec un sourrire plus qu’ambigu, non moi je suis l’ami ....la sage femme se tournevers moi, jeme marre et lui dit qu’elle pouvait le laisser entrer .. Le seul triuc que ma femme n’a pas digéré, si j’ose dire, c’est le diner raté .. D’autant qu’à 22 heures, on lui a donné une tasse de thé et hop c’est bon jusqu’à demain .. Un très tres doux et gentil souvenir .. Et ce petit mec qui va sur ses trente six ans ne nous a jamais emm.. il était parfait sans doute !!

            • Bardamu 20 janvier 2010 13:53

              Ah, la médecine, quelle drolatique farce humaniste !

              Les médecins ?... des corbeaux ! cols relevés et de blanc vêtus !... va, « que la fête commence » !

              Pas pire qu’un hôpital !... infantilisé, chosifié, t’es plus qu’une maladie, un diagnostic à accoucher à grands coups de symptômes.

              Des pitres, vous dis-je !... et de la pire espèce, celle qui se veut humaine, bafouille sa leçon : le patient à choyer, à réparer d’office !

              Jamais sans gants pour vous toucher les morbides !... vous, la sale bête !... masque sur le museau, il se défie de la mort notre carabin !... l’a trop peur qu’elle gonfle ses statistiques.

              Jamais connu aussi stupide qu’un qui se serait engagé en cette affaire médicale et d’autant castratrice ! 
              Si !... deux peut-être !... mieux encore, tout ce que la Terre peut porter de blouses blanches.

              De vrais pingouins, vous dis-je !

              Alors, bravo à la jeune dame qui, à sa manière, a si bien vu la chose !... l’infâme imposture, et si vite expédiée !

               


              • kitamissa kitamissa 20 janvier 2010 13:56

                pour ma part,c’est un de mes fils qui s’est marié dare dare,vu que sa dulcinée était presque au bout de son terme ...
                après le repas du midi,le restau du soir ...douleurs et perte des eaux à la sortie du repas,vite l’ambulance,la maternité ,et trés rapidement pour une parturiente,naissance de sa fille ( comme une lettre à la poste !)

                tout ça mené tambour battant en une journée de l’an 2000 !

                beau père le matin ,grand-père le soir ! qui dit mieux ? smiley


                • sissy972 20 janvier 2010 14:33

                  Que c’est beau un homme racontant son accouchement !
                  pour mon aîné mon mari était là, normal je me suis dis c’est le premier, faut qu’il y soit pour qu’il voit ce qu’il m’a fait ! pour la deuxième, j’étais seule et c’était aussi bien !
                   
                  Monolecte,
                  Très beau texte, surtout la partie où vous racontez votre délivrance. Rien que de le lire j’en ai les entrailles (je voulais écrire tripes mais cela aurait fait charcuterie) qui se serrent.
                  Ces douleurs de l’accouchement ! quelle horreur. Cétait pour les messieurs qui s’imaginent qu’ils sont venus au monde comme une lettre à la poste. Ne vous êtes vous jamais retrouvés avec une longue et large enveloppe à vouloir mettre dans la fente de la boite aux lettres et qu’elle ne rentrait pas ?
                  Sylvia 


                  • SANDRO FERRETTI SANDRO 20 janvier 2010 14:35

                    Monolecte, comment vous dire... ?
                    Je vous aime bien, vous écrivez plutôt bien, vous avancez à visage découvert, nonobstant le pseudo. Voilà pourquoi je perds quelques minutes à écrire ces mots sur vos maux, après avoir pas mal hésité.
                    Je suis partagé entre quelque chose qui ressemble à du respect ( écrire sur soi sans pudeur, et je ne parle pas de celle du corps, mais celle du dedans)et le stupeur de voir étalé, pour la deuxième fois sur le site, tant d’intimité vaine.
                    Pour qui, pour quoi ? Est-ce votre petit mot sur le frigo pendant que vous ouvrez le gaz ? Mais alors, pour qui ?
                    S’y joute aussi un malaise sur la façon que vous avez de « sexuer » vos propos, avec un féminisme larvé. Ne pensez vous pas que le quinquagénaire guetté par l’adénome prostatique a aussi de la gêne lors du toucher rectal annuel ? ( et plus, si affinité).

                    Ne croyez -vous pas, homme/ femme confondus dans le grand naufrage, que cela va aller de mal en pis avec l’âge ? Que celui qui n’a pas « torché » sa mère et vidé son bassin dans le lit médicalisé , elle qui fut une resplendissante hotesse d’Air France dans les années 50/60 passe son chemin, il ne sait pas de quoi je parle.
                    Alors, pourquoi tout ce déballage ?
                    Monolecte, vous « écrivassez », alors je vais vous raconter deux histoires, moi qui, comme le dit mon pict, n’aime pas trop raconter sa vie.
                    Il y a quelques années , j’appréciais un écrivain qui avait un blog, et pondait des billets brillants, qui causaient de descentes en rappel dans les Dolomites et les Drus, de filles qui couinaient sous ses coups de boutoirs, de la vie, de tout, en mouvement. On avait un peu correspondu, anonymement, par mail. Avant de se tirer une balle, il m’avait confié qu’il était tétraplégique depuis 17 ans. Ce jour là, j’ai pris une leçon, je n’avais rien vu, rien deviné. Un écrivain. L’écrivain n’écrit pas sur lui, c’est une des rares choses que je sais.

                    L’autre histoire, c’est celle d’Alain Fournier. Ecrivain brillant, clown triste de Desproges dans certaines de ces prestations télévisuelles, que j’avais briévement rencontré, sans savoir.
                    Et puis, il y a deux ans, il sort « Où on va , Papa ? », sur ses deux enfants trisomiques, tout de noirceur ironique et brillante, la catharsis des mots. Mais personne n’en savait rien. Il eut un prix, mais perdit la mère de ses enfants, qui depuis écrit sur son blog tout le mal qu’elle pense de ce déballage, fut-il brillant.

                    Voilà, Monolecte, vous étes intelligente, donc vous m’avez compris, je pense. Et je regrette déjà d’avoir posté.


                    • SANDRO FERRETTI SANDRO 20 janvier 2010 14:45

                      Jean -Louis Fournier, pardon (et pas l’Alain Fournier du Grand Meaulnes, c’est ma mémoire reptilienne qui me joue des tours...)


                    • Monolecte Monolecte 20 janvier 2010 15:01

                      Vous savez donc très bien, Sandro, que malgré les apparences, ce n’est jamais sur moi que j’écris vraiment, que ces brides de vie que j’expose sur la place publique ne sont que le terreau sur lequel j’espère planter le débat, ouvrir le dialogue, créer l’échange. Je ne suis pas un cas particulier. Je suis une parmi toutes les autres et c’est pour cela qu’il n’y a pas de question d’impudeur dans ces écrits. Un accouchement, un viol, le sentiment amoureux, la trahison, la colère, les relations au corps, tout cela est de l’ordre de l’universel. C’est parce que je n’ai rien de particulier que je peux livrer ce genre de chose. Ce qui m’est propre est de l’ordre de l’intime, du privé et ne sort pas de mon clavier, sauf pour mes proches.


                    • Imhotep Imhotep 20 janvier 2010 15:01

                      Monolecte un de mes auteurs préférés.


                      Euh, et l’enfant ?

                      • Monolecte Monolecte 20 janvier 2010 16:55

                        Sept ans et en pleine forme. Mais ne comprend pas mon manque d’allant manifeste à l’idée de lui dépoter un petit frère smiley


                      • Jean-Fred 20 janvier 2010 16:16

                        Merci Monolecte pour ce billet comme toujours écrit avec beaucoup de talents.
                        C’est un vrai plaisir de vous lire, votre écriture me fait penser à une prof de français que j’ai connu à une époque.

                        Néanmoins, mis à part l’accouchement très touchant, cette femme que vous racontez ne me donne pas très envie de la connaître, je me demande bien quel homme la voudrait pour femme.

                        Honnêtement, une femme qui déteste son corps à ce point doit être invivable, elle ne doit pas savoir jouir, non pas qu’elle en soit incapable mais simplement parce qu’elle ne le veut pas. Bref encore une frigide qui n’assume pas sa féminité !

                        Autre chose, ce monde n’est pas un monde d’hommes pensé par et pour les hommes, qu’elle entre en guerre contre son corps parce que relais complaisant d’un monde d’hommes OK, mais ajouter que ce monde est pensé par et pour des hommes me semble inexact et déplacé !


                        • Monolecte Monolecte 20 janvier 2010 16:57

                          Ben tu vois, j’ai eu du bol. je suis tombée sur un homme patient qui a su m’aimer au-delà de ce problème. Tout n’est pas résolu (peut-on réellement tout résoudre un jour, j’en doute), mais c’est en bonne voie et c’est ce qui rend ce papier possible.


                        • oncle archibald 20 janvier 2010 19:28

                          Jean Fred ne faites pas semblant d’ignorer que depuis des millennaires l’homme était l’élément sécurisant de la famille, il allait tuer le bison, rapportait la bouffe et asurait la protection, sa femme s’occupait de la maison et des enfants .. lorsque tout ce dispositif basique et efficace n’a plus été d’actualité, c’était quand même il n’y a pas bien longtemps, quelques décennies à peine, les hommes ne se sont pas rendu compte qu’ils n’étaient plus indispensables à la survie de leur moitié, qu’elle ne dependait plus d’eux .. et toute la société est restée basée sur ce fonctionnement, à de très rares exceptions près.

                          C’était bien un monde d’hommes dominé par des hommes et parce que nous ne sommes pas tous très généreux ou masos, pour des hommes .. Certains s’y croient encore. Le changement de mentalités est difficile..

                        • PhilVite PhilVite 20 janvier 2010 17:09

                          « ...et à nos chevaux et à ceux qui les montent ! »

                          Ben voilà que je cite JC maintenant... smiley


                        • A. Nonyme A. Nonyme 20 janvier 2010 16:22

                          Magnifique texte !


                          • plancherDesVaches 20 janvier 2010 16:30

                            Pour avoir aidé ma femme à se sentir à nouveau bien dans son corps aprés l’ablation de son sein, il se pourrait peut-être que vous ayez un souci d’image.

                            Mais je ne suis qu’un humain lambda et n’ai surtout pas à vous juger. Juger est se mettre au dessus des autres. Imaginez...


                            • Monolecte Monolecte 20 janvier 2010 16:59

                              Le soucis d’image est plus global que ma petite personne. les dysfonctionnements de la perception du corps féminin sont très importants dans notre société et nous n’allons clairement pas dans la voie de l’apaisement.


                            • plancherDesVaches 20 janvier 2010 21:23

                              Bon, ben...

                              Si vous essayez de faire semblant de lutter contre quelque chose qui semble d’après vous augmenter, je ne peux que vous souhaitez bonne chance dans un combat perdu d’avance.


                            • Georges Yang 20 janvier 2010 16:37

                              Au debut, avec cette detestation du corps, on s’attend a voir virer le texte vers une histoire d’anorexie mentale> Apres, les disgressions sur la grossesses ne peuvent etre comprises que de celles qui l’on vecu>
                              Ayant eu a pratiquer (quelqus ) accouchements, je n’y ai jamais eprouve la moindre satisfaction, c’est probablement ce qui m ;’attire le moins en medecine> J’aime trop les femmes pour aimer les meres


                              • Monolecte Monolecte 20 janvier 2010 17:02

                                Non, pas d’anorexie mentale, mais tout de même des troubles du comportement alimentaire : une hyperphagie socialement acceptable dans mon coin de Gascogne. Réinvestir mon corps nécessite aussi d’apprendre à refuser qu’on me resserve 4 fois du même plat. C’est d’ailleurs un problème qui ne touche pas que les femmes et j’ai des amis hommes qui doivent compenser pas mal dans le sport pour ne pas se laisser envahir par la bouffe.
                                Maintenant, j’ai consacré une bonne partie de mes études supérieures à l’étude du comportement alimentaire humain !


                              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 20 janvier 2010 16:53

                                Ce texte est magnifique ! Ce n’est pas un article mais une œuvre charnelle.


                                • Monolecte Monolecte 20 janvier 2010 17:03

                                  Merci ! smiley


                                • Proudhon Proudhon 20 janvier 2010 18:30

                                  Que dire de plus.
                                  Moi, les textes de Monolecte, j’aime. Point barre !


                                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 20 janvier 2010 18:48

                                    bonjour Monolecte,

                                    " ces brides de vie que j’expose sur la place publique ne sont que le terreau sur lequel j’espère planter le débat, ouvrir le dialogue, créer l’échange. " Terreau fertile sur lequel je n’ose venir semer ma petite graine, de peur de féconder chez vous de cinglants sentiments. En effet, vous apportez un regard sur le corps médical d’une froideur sans borne, avec une acuité digne de la plus pointue frappe chirurgicale...En quelques lignes, vous dévoilez toute la dérive de cette religion qui a remplacé l’Eglise au centre de nos cités et qui s’est installée entre l’école et le cimetière. C’est si vrai : http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/bonjour-deshabillez-vous-68083

                                    votre écriture peut provoquer l’accouchement chez les emburkés mentaux, bravo.


                                    • Salsabil 20 janvier 2010 20:07

                                      Bonsoir Monolecte.

                                      La vie est bouleversante comme le fut la lecture de ce superbe billet.

                                      Cruelle impuissance...


                                      • rocla (haddock) rocla (haddock) 20 janvier 2010 20:17

                                        La raison pour laquelle a été inventée la beauté , l’ art , la danse , la couleur musique rythme cadence pour oublier le triste état qu ’ on gère .

                                        J’ aurais pas osé écrire ce texte , merci de l’ avoir fait .

                                        Moins lucide , ça passe ...


                                        • Sébastien 20 janvier 2010 20:45

                                          J’arrive pas à déterminer si l’article est plus chiant que les commentaires ou l’inverse...

                                          En tout cas continuez comme ça au moins ça vous occupe.


                                          • Biaise Biaise 20 janvier 2010 22:00

                                            Oui, heu, « Amélie Nothomb », comme insulte, il y a bien pire. Qui plus est, savez-vous qu’on n’ est pas obligé de considérer un écrivain contemporain célèbre à succès comme un vendu écrivaillon de basse qualité ? Bon, je dis ça, c’« est juste que j’ai du mal à accepter le fait de faire des jugements de valeurs aussi radicaux en les prenants pour des preuves de bon gouts au sujet de la littérature qui est l’histoire d’une relation entre un écrivain et son lecteur. Il n’y a pas de bons ou mauvais écrivains dans l’absolu, mais dans le relatif, c’est à dire le lecteur »correspondant" à l’écrivain, la bonne union.

                                            Au sujet de l’article : relation réussie donc. Vos mots m’ont capturée. je suis restée scotchée à mon écran, la bouche entrouverte et le cœur battant.

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