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Accueil du site > Actualités > Société > Ces hommes qui « changent » pendant leur vie de couple

Ces hommes qui « changent » pendant leur vie de couple

N’étant ni chercheuse, ni psychiatre, ni sociologue, et ne possédant aucune crédibilité dans aucun domaine de compétence ayant trait à la médecine, je ne peux donner mon humble point de vue qu’en tant que simple observatrice, et curieuse du genre humain et des relations entre les individus.

Je me pose souvent cette question : « Comment se fait-il que les hommes changent dans le temps ? » (Entendons par « homme » une « personne de sexe masculin »). C’est étonnant car dans tout ce que j’observe et entends autour de moi au sujet de la vie de couple, je n’ai pas encore relevé de témoignage pointant du doigt ces changements « radicaux » de personnalité de la part des femmes.

Comme si une femme restait elle-même, avec ses qualités et ses défauts, depuis le début de sa relation de couple, jusqu’à « la fin ». « La fin » étant la rupture de sa vie de couple, ou simplement la fin d’une période donnée (la fin de mon observation).

Evidemment la première chose qu’il est facile de constater, c’est que lors d’une histoire naissante, chacun des deux êtres (qu’ils soient hétéros ou homosexuels d’ailleurs, ça sera dit une fois pour toutes), se montrent toujours sous leur meilleur angle. Il ne peut y avoir de rapport de séduction si les premiers échanges ne sont pas un peu « faussés », truqués. Les individus se montrent sous leur meilleurs aspect, font attention à ce qu’ils portent, ce qu’ils disent ou font. Jusque là tout est « normal ». Ce qui l’est moins, et je suis certaine que c’est un phénomène largement constaté, c’est quand ses effets mis en place durant la phase de séduction se transforment littéralement une fois le couple formé, puis installé dans sa routine. Je ne parle pas de mariage, car certains disent que « les gens changent après le mariage ». Je parle simplement du temps qui passe, de « l’usure » comme on entend souvent. Pourquoi offre-t-on très facilement (et avec grand plaisir) des fleurs à sa dulcinée durant les premiers mois d’une histoire et plus jamais par la suite (ou bien à date fixe pour ceux qui ont bonne mémoire) ? Pourquoi prend-on du plaisir à réserver des soirées au restaurant de façon impromptues au début d’une relation, et pourquoi réaliser la même action quelques mois ou années plus tard devient-il une vraie corvée ? (« Je suis fatigué, je n’ai pas le temps, je vais rentrer tard du boulot… »)

Je connais des gens qui sont égaux à eux-mêmes, pourtant en couple depuis des années, des décennies. Donc je sais que ces perles rares existent. Ces gens-là vivent des relations paisibles, pas dans le sens « plan-plan » ou ennuyeuses, dans le sens « douces », « non anxiogènes ». Car les personnes qui se sont choisies au début, selon certains critères, physiques, moraux, sociaux, éducatifs, dont le caractère et le comportement n’évoluent pas radicalement au fil du temps, ne peuvent se reprocher l’un l’autre d’avoir « changé ». Chacun reconnaît l’autre tel qu’il l’a connu au début d’une histoire, ce qui parait on ne peut plus normal à vrai dire…

Mais si c’était aussi simple…

Il y a des gens comme ça qui semblent se transformer au fil du temps. Qui supportent moins le stress lié au travail, ou qui vivent mal certaines étapes de la vie de couple : installation à deux, achat d’un bien immobilier, naissance des enfants, travail du conjoint… ou que sais-je. Des gens qui à un instant T sont comme ils sont (peu importe leur tempérament), et qui des mois ou des années plus tard ne sont strictement plus les mêmes individus (le tempérament de départ a fait place à un « nouveau »).

Les questions qui se posent alors arrivent en nombre incalculable ! C’est à se demander si ce phénomène relève de la pathologie, ou encore si c’est celui qui observe ces changements radicaux qui semble avoir un souci. Est-ce que c’est lié à l’âge ? A la condition physique ? A l’éducation ? A la vie de couple ? Au stress de la vie quotidienne ?

Il ne faut pas se leurrer, souvent ces changements s’effectuent dans le mauvais sens. Rares sont les gens aigris ou violents qui au fil du temps se transforment en véritables nounours. Force est de constater que c’est généralement l’inverse qui se produit : ce sont des gens doux et attentionnés qui deviennent durs et égoïstes. 

J’ai longuement discuté avec une jeune femme que je nommerais ici Emilie, qui est en couple avec Vincent depuis 4 ans. Emilie me disait récemment qu’elle se demandait s’il ne fallait pas qu’elle quitte son conjoint, car ce n’était plus l’homme qu’elle avait rencontré. « Comment peut-on changer à ce point ? Je dors à côté de quelqu’un qui souvent me faire froid dans le dos, alors que j’étais si amoureuse la première année… C’est difficile, parce que très ponctuellement je revois en lui celui que j’ai connu et tant aimé. Le temps d’une journée, d’une soirée, parfois il redevient lui, enfin l’autre. Et je suis heureuse. Mais le lendemain c’est oublié, il est contrarié et se transforme en cet être lunatique qui me déplaît au plus haut point. Je ne peux plus vivre avec le stress constant d’avoir près de moi un homme lunatique (peut-être souffre-t-il carrément de trouble bipolaire), qui râle pour un rien, à qui rien ne va jamais, pour qui je ne suis à la hauteur de rien, ni capable de faire quoi que ce soit correctement… alors qu’il m’encourageait tant dans mes projets il y a quelques années… Bilan, je sombre peu à peu dans la dépression… »

Et quand je demande à Emilie pourquoi elle ne quitte pas Vincent, elle semble perdue : « Parce que je l’aime ! Je me raccroche à ces petits moments qui existent encore, où nous sommes complices, où il redevient celui que j’ai connu. Même s’il n’est plus protecteur, ni tendre, ni rieur, ni même détendu quand il est près de moi, de temps en temps on arrive à prendre du bon temps, notamment en dehors de notre foyer. Et quand il se met à rire, à faire le pitre, à me prendre dans ses bras, à chaque fois cela relance mon espoir et je me dis que ça vaut peut-être le coup de souffrir encore, même pour un moment de tendresse volé de temps en temps… »

Je lui ai alors demandé comment tout avait commencé : « J’ai l’impression que depuis quelques années nous avons pris deux routes séparées, qui ne convergent plus vers le même point de chute. On marche chacun sur notre route. Elles se rapprochent de temps en temps mais ne se croisent plus. J’ai sans arrêt l’impression que nous ne vivons pas du tout les événements de la même façon, alors que c’est précisément ce qui nous unissait à notre rencontre : les mêmes références, la même façon de voir le monde, la même philosophie de vie… Dans les grandes lignes nous étions à peu près complices sur tout !… Alors que se passe-t-il ? Par exemple, il est parti trois jours en déplacement professionnel à l’étranger. J’en ai profité pour nettoyer la maison à fond, notamment la chambre de notre bébé. Depuis plusieurs semaines je me faisais la réflexion que trop de jouets trainaient au sol, donc je suis allée acheter de quoi ranger cette chambre. J’ai également changé les meubles de disposition. J’étais surexcitée car le petit semblait vraiment apprécier son « nouvel espace ». La maison sentait bon, dehors il faisait beau et chaud, j’ai aéré chaque pièce pendant des heures, j’avais le cœur en fête. Dans la foulée j’ai nettoyé l’intérieur de ma voiture qui était sale depuis des mois, ce qui m’a encore plus réjouie. Bref ! Je venais de passer quelques jours enjoués avec notre fils et ma mère qui était venue nous voir. Vincent est rentré un samedi en milieu de journée de son voyage d’affaire. Fatigué, mou, décalé. Juste avant son déplacement, le pauvre venait de subir le décès d’un être proche. C’est vrai qu’il accumulait la fatigue (nerveuse surtout). Cependant son comportement a été le même qu’à chacun de ses retours, donc je ne pense pas que le décès dans sa famille rentre en ligne de compte... Il m’a fait la tête tout le WE. Je n’ai pas eu droit à un seul sourire, à un seul instant de tendresse. Quand je lui ai parlé avec enthousiasme de mon grand ménage, du rangement de la maison etc, il a répondu aussi sec : « Mais c’est normal de nettoyer sa maison, je ne vais quand même pas te féliciter pour quelque chose de normal… » Il a ainsi dénigré chacune de mes initiatives en une seule phrase, mettant ma bonne humeur et mon entrain KO en cinq secondes à peine.

Prenant sur moi, j’ai proposé d’aller au restaurant et au cinéma le dimanche. En réalité je n’avais pas envie de quitter la maison, en tout cas pas auprès de lui dans cet état. Il ne se comportait pas comme quelqu’un de triste non, il était plutôt désagréable, presque humiliant, désobligeant. Il me parlait comme si j’étais une enfant, mais pas la sienne, une espèce de sale peste détestable. C’est sa façon de se comporter à chaque fois qu’il est fatigué. Je ne supporte plus qu’il puisse s’adresser à moi sur ce ton, moi sa compagne, la mère de son enfant. Il a pourtant rit pendant le film. Mais en sortant du cinéma, de nouveau il a fait la tête.

Si encore ça restait occasionnel… mais c’est toutes les semaines comme ça. Quand il rentre tard le soir, quand il rentre de voyage, quand il ne dort pas assez le week-end. Décès ou pas, je reste persuadée qu’il n’a pas le droit de s’adresser à moi sur ce ton. Mais selon lui il ne fait rien de mal, c’est moi qui n’entends pas bien, ou pire c’est à cause de mes reproches qu’il est comme ça. C’est culoté car quand il rentre de voyage et que je n’ai encore rien dit, il est déjà dans cet état second. Cette fois c’est le décès de grand-mère le « prétexte » à son mal-être. Admettons… Moi quand je suis triste, j’ai tendant à faire le contraire, c’est-à-dire à me rapprocher de lui, à rechercher sa tendresse, son soutien. Lui m’éloigne de sa vie, car ses sautes d’humeur créent de plus en plus de distance entre nous. Si on fréquentait un couple qui ressemblait au nôtre, je suis sûre qu’il plaindrait la femme de tout son cœur. Souvent quand il part très loin en voyage, il réalise un certain nombre de choses et avoue sans difficultés qu’il n’est « pas gentil », ou qu’il est « trop exigeant », ou d’autres choses sensées qui me touchent sur le moment. Pourtant il réitère ses « erreurs » dès qu’il pose un pied dans la maison. »

Emilie admet pourtant avoir sa part de sa responsabilités, et m’avoue qu’elle cherche des solutions de son côté pour expliquer cette dégradation dans leur vie de couple. « De mon côté je me remets en question. J’ai lu des articles et des revues, je regarde des émissions sur la santé, j’essaye d’appliquer les bons conseils que je déniche à droite ou à gauche. Par exemple avant quand Vincent rentrait de déplacement, je lui sautais systématiquement dessus pour lui raconter ce qu’il s’était passé pendant son absence, pour me libérer de mes tensions, pour qu’il m’aide à résoudre quelques soucis. Mais en fait ça venait ajouter du stress où il n’en n’avait pas besoin. Alors depuis je choisis les moments pour lui parler, je choisis aussi mes mots, j’essaye de ne pas avoir de ton accusateur, je cherche à discuter calmement de nos soucis de façon neutre. Mais aucun effort ne paye. Les discussions virent très rapidement aux reproches. Lui ne choisit absolument pas ses moments pour m’envoyer des coups blessants au visage : vacances, week-end en amoureux, dîners au restaurant… il me fait parfois pleurer mais son discours reste inchangé : « Je ne suis pas dur avec toi, c’est toi qui prends tout mal. Pleurer comme ça n’est pas normal, tu fais une dépression ! » Alors après avoir entendu ça pendant deux ans, effectivement j’ai connu un passage dépressif. A l’automne 2009 je me suis rendue compte que je ne pouvais plus et ne voulais plus vivre avec un homme qui ne m’encourage jamais, qui me descends constamment en flèche, qui m’infantilise « Apprends à gérer ton argent, range tes papiers…, etc… » J’avais envie de le quitter, de me retrouver seule pour me ressourcer. En novembre 2009, j’ai réalisé également tout un tas de chose : je n’aimais plus mon travail, je n’avais pas fait le deuil de mon père, j’avais toujours mon accouchement difficile en travers de la gorge, j’avais mal vécu la fin de mon allaitement, je ne passais pas assez de temps avec mon bébé, je n’étais pas épaulée moralement à la maison… et mon médecin généraliste m’a mise sous antidépresseurs. Un arrêt de travail de trois semaines m’a permis de prendre du temps seule, ou seule avec mon fils, ce dont j’avais vraiment besoin. Alors j’ai annoncé à mon employeur que je ne souhaitais pas prolonger mon CDD et que j’allais quitter mon poste, et là je me suis sentie réellement mieux. Mais à la maison d’autres sources d’angoisse ont fait leur apparition, malgré nos conversations régulières à ce sujet : mes revenus. « Comment va-t-on avec ton petit chômage pour payer la nounou ?... Et si je disparais, tu vas vivre comment ? » Là où j’ai besoin de soutien, de solutions, de pistes, d’idées, de renfort moral, je n’entends que des choses négatives ou dépréciatives. Je ne peux plus avancer si je ne suis soutenue sur aucun plan ! Six mois plus tard je pense que je ne suis pas tout à fait sortie de ma dépression, car je traverse encore des phases où mon moral est très bas. Seulement les raisons ont changé. Maintenant je sais que je déprime parce que je manque de reconnaissance, d’attention, d’amour, de soutien, de tendresse… »

« Je ne vois pas vraiment comment la situation dans ton couple peut s’arranger maintenant que la situation a pris de telles proportions », confiais-je un jour à Emilie. Elle me répondit, sûre d’elle : « Je fais partie de ces femmes qui s’accrochent et se battent pour leur amour. Il n’y a pas eu d’erreur d’une part ni de l’autre, pas de tromperie, pas de coup bas. Il y a juste une personne dans un couple qui visiblement fait partie de ces gens qui ont une résistance limitée au stress, et qui font « payer leur entourage » proche, en l’occurrence leur conjoint, pour tout ce stress accumulé dont ils ne parviennent pas à se défaire. Alors oui je suis malheureuse, ce n’est pas (ou plus) la vie de couple que je me souhaitais quand j’étais célibataire, ce n’est pas (ou plus) la belle vie du début de notre histoire, mais je reste convaincue que je peux aider Vincent, tant que j’ai encore cette petite flamme au fond de moi. A condition qu’il accepte d’ouvrir les yeux et d’avouer avec conviction que son tempérament fluctuant est à la limite de briser notre couple. Sans ça je ne pourrai pas continuer à avancer seule. J’ai très envie de l’aider, mais pas à n’importe quel prix, et pas au détriment de la qualité de MA vie. »

* * *

J’avoue que je rêverais de pouvoir parler de tout ceci avec des gens « qualifiés ». Des gens qui auraient des mots à mettre sur ces mécanismes (conscients ou pas). J’aimerais savoir si ces troubles de l’humeur sont typiquement masculins, ou liés à l’âge, à l’éducation ? Quels sont les facteurs déclencheurs, aggravants ? Quelles sont les solutions ? J’ai déniché sur internet des explications apparemment fiables qui répondent à une partie de mes interrogations, ce qui me force à penser que les gens comme Vincent, dont l’humeur est instable au point de rendre leur couple si fragile, sont réellement malades (j’entends par-là que ce sont des gens qui souffrent et font souffrir mais pas du tout consciemment). Cela reviendrait donc à dire que c’est une véritable pathologie qui fait souffrir ces gens ainsi que les gens qui partagent leur existence. Alors c’est sans doute une bonne nouvelle, car si l’on identifie le mal, on connaît aussi sans doute ses remèdes. Si seulement je pouvais aider mon amie Emilie et tous les Vincent du monde, à reprendre une vie paisible, comme « avant », quand ils faisaient face ensemble et main dans la main aux situations difficiles que la vie inflige à chaque couple, aussi soudé soit-il… 

Emmanuelle GAILING - Mars 2010

 

ANNEXE

QU’EST-CE QU’UN TROUBLE BIPOLAIRE ? (TROUBLE DE L’HUMEUR)

 

DEFINITION

Le trouble bipolaire est une catégorie des troubles de l’humeur, auparavant appelé PMD : Psychose Maniaco-Dépressive. Ce trouble est caractérisé par la fluctuation anormale de l’humeur, qui oscille entre des périodes d’excitation marquée (manie) et de mélancolie profonde (dépression), entrecoupées de périodes de stabilité.

L’humeur est une disposition affective fondamentale qui se manifeste à trois niveaux. Tout d’abord elle donne une coloration agréable ou désagréable aux événements que nous vivons ; ensuite elle influence notre façon de ressentir, penser et agir ; enfin, l’humeur influence le niveau d’énergie de notre organisme.

L’humeur de chacun dépend de multiples facteurs, tant « internes » qu’ « externes » : la biochimie cérébrale, les événements vécus, les ambiances, la lumière, l’histoire personnelle, les variations hormonales, le sommeil. L’humeur dite « normale » fluctue donc vers le haut ou vers le bas, mais ces variations restent limitées en durée et en intensité, elles constituent généralement une réponse à des événements particuliers et n’empêchent pas la personne de fonctionner.

Lorsque les fluctuations d’humeur dépassent en intensité ou en durée celles de l’humeur normale et qu’elles entraînent des altérations du fonctionnement ou une souffrance, on parle de trouble de l’humeur.

Le trouble bipolaire est une maladie qui touche la régulation et l’équilibre de l’humeur. Les personnes qui en souffrent sont sujettes à des fluctuations d’humeur excessives, voire extrêmes, sans qu’il n’y ait forcément un événement extérieur déclenchant. Elles réagissent souvent de façon disproportionnée à cet événement.

Les personnes bipolaires connaissent des périodes où leur humeur est excessivement « haute » : on parle d’hypomanie (hypo- signifie « moins que » ou « sous ») si l’élévation de l’humeur est relativement modérée et on parle d’ « état maniaque » si elle est très importante. Mais les personnes qui présentent un trouble bipolaire peuvent également connaître des périodes où leur humeur est particulièrement basse : on parle alors d’ « état dépressif » modéré ou sévère. Toutes les personnes bipolaires ne présentent pas de période dépressive, mais c’est surtout la présence dans leur histoire d’une période où l’humeur est « anormalement haute » qui doit faire évoquer le diagnostic. Néanmoins, les périodes d’humeur haute et d’humeur basse alternent le plus souvent, entrecoupées de périodes d’humeur normale.

Le terme bipolaire renvoie à la manie et à la dépression, qui sont les deux extrêmes (pôles) entre lesquels l’humeur oscille. L’oscillation spectaculaire de l’humeur est parfois appelée épisode thymique. La fréquence, l’intensité et la durée des épisodes thymiques varient d’une personne à une autre. En l’absence de traitement ou de soins appropriés, la fréquence des oscillations et la gravité de cette maladie chronique peuvent augmenter.

ÉTIOLOGIE

À l’heure actuelle, on ne connaît toujours pas avec certitude les causes du trouble bipolaire, le modèle biopsychosocial s’applique à ce trouble mettant en avant la notion de vulnérabilité qui s’exprime tant au plan de la génétique qu’à celui de la personnalité, l’environnement jouant le plus souvent un rôle de détonateur.

Il apparaît clairement que des facteurs biologiques soient impliqués car on connaît l’existence d’anomalies dans la production et la transmission de substances chimiques cérébrales appelées neurotransmetteurs, ainsi que des anomalies hormonales, notamment du cortisol également impliqué dans le stress. Ces anomalies sont elles-mêmes en lien avec des facteurs génétiques, ce qui explique la prédisposition familiale. C’est donc l’interaction de facteurs biologiques et environnementaux qui explique le mieux l’apparition d’un trouble bipolaire.

L’existence d’une vulnérabilité génétique vis-à-vis du trouble bipolaire est établie depuis longtemps. Le risque de présenter un trouble bipolaire si un des parents de premier degré est atteint est de 10 % par rapport à la prévalence de 1 à 2 % dans la population générale. Le rôle des facteurs psychologiques et environnementaux dans le déclenchement de la maladie et des accès a longtemps été minimisé, cette pathologie étant considérée comme endogène. Les facteurs environnementaux fragilisants sont de mieux en mieux identifiés. Les études génétiques de liaison permettent d’identifier les régions chromosomiques porteuses des gènes probablement impliqués dans cette maladie, en particulier les régions 13q31 et 22q12.

Les autres facteurs de risque peuvent concerner des événements précoces de vie, tel le deuil d’un parent, une carence affective ou des agressions sexuelles dans l’enfance. Les études longitudinales montrent qu’avant le déclenchement de la maladie, il existe des déficits cognitifs localisés, touchant notamment la fonction visuospatiale. Ces déficits cognitifs renvoient probablement à des anomalies neurodéveloppementales en rapport avec les facteurs de risque génétiques. Les études de neuroimagerie fonctionnelle montrent des dysfonctions lors de l’exécution de taches cognitives touchant notamment le circuit fronto-striatal.

Au cours de la vie il existe d’autres facteurs précipitants tels que : les événements pénibles de vie (difficultés conjugales, problème professionnel ou financier…) et les stress répétés (surmenage professionnel, manque de sommeil, non-respect des rythmes biologiques propres). Il a également été démontré qu’un niveau d’expression émotionnelle élevé dans les familles (emportements ou cris pour des événements mineurs) était un facteur précipitant de la maladie.

Sur un plan théorique, on peut donc décrire une succession causale : les événements de vie sont à l’origine de dérèglement des rythmes sociaux, générateurs de perturbations des rythmes biologiques, qui entraînent elles-mêmes les récurrences dépressives et maniaques. Dans la conceptualisation de l’évolution des accès thymiques du trouble bipolaire selon le modèle cognitivo-comportemental, on envisage les épisodes de décompensation de l’humeur comme le début d’un cercle vicieux qui provient des modifications des pensées et des émotions générées par le changement d’humeur et qui vont entraîner des changements des comportements ; ces altérations ne vont pas tarder à dégrader le fonctionnement habituel de la personne et à générer des problèmes psychosociaux qui eux-mêmes vont créer du stress et des conséquences sur le sommeil ... participant ainsi à intensifier en boucles les symptômes déjà présents ou précipitant un nouvel accès ultérieur.

Il est établi que les perturbations des rythmes sociaux, conséquences d’événements plus ou moins sévères, favorisent le risque de récidives de troubles thymiques. Les données de la littérature concernent essentiellement le sommeil. Elles portent sur la privation de sommeil et l’induction de manie sur les manies induites par des voyages Ouest-Est, sur les manies induites par des perturbations des rythmes sociaux. ]La privation de sommeil est réputée pour avoir des propriétés antidépressives et peut donc provoquer une rechute car les bipolaires privés d’une nuit de sommeil sont en effet sujets à des décompensations maniaques. Le « déphasage » qui peut exister entre les rythmes sociaux et les rythmes biologiques constitue aussi une cause de récidive.

L’influence des événements de vie tendrait à décroître en fonction du nombre de récidives car la succession d’épisodes provoque une sensibilisation (ou kindling), c’est-à-dire une vulnérabilité biologique croissante vis-à-vis des événements déclenchants ou précipitants.

ÉVOLUTION DU TROUBLE BIPOLAIRE

En règle générale :

· la cyclicité tend à s’aggraver avec le temps avec l’apparition de cycles courts. La cyclicité rapide est associée avec un âge de début précoce, un trouble anxieux concomitant, l’abus de substances, des antécédents de tentatives de suicide, l’utilisation d’antidépresseurs et un antécédent familial de cycleur rapide. On parle de trouble bipolaire à cycles rapides quand il y a plus de 4 épisodes maniaques et/ou dépressifs durant au moins deux semaines par an. Les cycles rapides sont particulièrement associés avec le trouble panique et les antécédents familiaux de trouble panique.

· la nature des épisodes se modifie avec un mélange de symptômes maniaques et dépressifs : on parle alors d’épisodes mixtes ;

· l’humeur moyenne tend à devenir de plus en plus dépressive et le patient présentera de moins en moins d’épisodes maniaques ;

· on note avec l’évolution une diminution des capacités cognitives.

Cette évolution peut être atténuée par un traitement adapté instauré le plus précocement possible.

 DIVERS

Depuis, de nombreuses études ont montré que les personnes bipolaires sont plus créatives que la moyenne. A titre d’exemple, Karin et Hagop Akiskal ont mené en 1992 une étude sur vingt écrivains, poètes, peintres et sculpteurs européens. Deux tiers d’entre eux étaient cyclothymiques ou traversaient des phases d’hypomanie, et la moitié avait eu au moins une dépression grave. Des études américaines ont également montré que le suicide fait plus de victimes chez les scientifiques, artistes et autres personnalités que dans la population moyenne. Les évènements de la vie sont très importants dans le développement des troubles bipolaires. Il est avéré que l’existence des créateurs est souvent mouvementée, rythmée par des souffrances notamment dans l’enfance, des voyages et l’instabilité. Beaucoup ont eu des parents manifestant des troubles de l’humeur et connu la dépendance des drogues.

Ainsi, nombre d’artistes, de savants, de chefs d’entreprise ou d’hommes politiques présentent des troubles de l’humeur plus ou moins importants.


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162 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 23 mars 2010 10:29

    Bonjour, Emma.

    J’ai commencé à lire cet article vraiment très long (trop long ?) et j’y reviendrai sans doute pour le terminer ultérieurement.

    Permettez-moi de vous dire que je ne suis pas d’accord avec votre postulat. Oui, des hommes changent, peut-être la majorité comme vous semblez l’affirmer. Mais, contrairement à ce que vous dites, les femmes changent également, et dans des proportions sans doute équivalentes.

    Pourquoi, dans ce cas, en arrivez-vous à cette conclusion qui me parait erronée ? A mon avis pour une raison simple : vous comparez l’homme dans ce qu’il a comme défauts et qualités intrinsèques avec l’image qu’a reçue de lui une femme en situation d’être séduite, et donc en situation de relatif aveuglement. C’est pourquoi je pense que c’est moins l’homme qui change que le regard que la femme a porté sur lui a un moment très particulier de leur relation.


    • Emma31 Emma31 23 mars 2010 10:35

      Oui les femmes changent aussi, je vais d’ailleurs compléter l’article prochainement avec le témoignage d’un ami (homme donc :)
      Mon texte reste un témoignage, un POINT DE VUE, donc quelque chose de TRES subjectif. Je parle des « changements pathologiques » qui interviennent sur certaines personnes au cours de leur vie. Pas seulement de « l’usure » d’un couple comme on la connaît souvent.

      Je me pose des questions, voilà tout ! :)
      Merci d’avoir lu.


    • Gabriel Gabriel 23 mars 2010 11:08

      L’homme au même titre que la femme s’adapte à l’environnement qu’il créer ou qu’il subit. Les changements de société s’accélèrent et nous agissons souvent et à tord dans l’urgence. Les décisions qui découlent de ces changements sont souvent le fruit de réflexions sommaires qui se reporte sur le couple. L’allongement de la vie, les libertés acquissent et l’indépendance financière alimentent le parcours de chaque individu et induit de nouvelles perspectives. Ajoutez à cela l’insidieuse habitude qui s’installe inexorablement et vous obtenez une lassitude. L’union de deux êtres est un pari basé sur un mensonge parce c’est une promesse sur l’avenir, sur l’inconnu. Vous ne pouvez savoir de quoi sera fait demain et qu’elle attitude vous adopterez face aux évènements qui surviendront. Vous l’avez dit, pour accepter sans trop de dégât les changements dans le couple, il faut une certaine philosophie de vie. Personne n’appartient à personne, pas même les enfants qui en grandissant vous le feront comprendre. Acceptez le fait que tout ce qui a commencé doit finir, le principal étant qu’entre les deux, chacun fasse de son mieux.

      Cordialement   


      • Emma31 Emma31 23 mars 2010 11:45

        Bonjour Gabriel, j’adhère à 500% avec vos propos. C’est ce que j’ai dit à mon amie. Ce texte est le 1er d’une série de témoignage sur la vie de couple. D’autres exemples « problématiques » suivront.
        Merci de m’avoir lue !


      • Laminak 23 mars 2010 12:09

        Emma, Gabriel

        Il me parait que c’est le vrai sujet de notre epoque. Bien sur le pari sur l’avenir qu’est un couple est LE challenge actuel et le reussir est la plus belle chose qui existe.
        Avec ses difficultes. J’aime souvent les reponses de Gabriel (c’est mon droit :)).
        Je rajouterais qu’une periode longue de connaissance de l’autre permet de diminuer le risque de surprise ou d’erreur. Aujourd’hui on va parfois un peu vite.
        Et on oublie que la periode de seduction n’es que......
        la periode de seduction du debut. Il me semble qu’il faut 3 choses chez l’autre l’ami, l’amant et lui meme. Ce dernier est souvent oublie....... par lui meme.
        Bonne journee a tous.
        Lami.


      • JL JL 23 mars 2010 11:14

        Sujet intéressant mais, pour des raisons évoquées par Fergus, je m’en suis tenu à un rapide survol. Je vois qu’il y est fait allusion au trouble bipolaire. La réponse à ma question est peut-être dans le texte : si vous ne pensez pas que les troubles bipolaires sont l’apanage d’un seul sexe, cette allusion a-t-elle sa place sous un tel titre : « les hommes qui changent pendant leur vie de couple » ?

        Puisque je suis là, je dirai qu’il est naturel que les individus changent durant leur vie de couple, cela fait partie de l’ordre des choses, la vie de couple étant une expérience naturelle et importante. Si bien que le titre ne me donne pas envie de lire ce texte si long.
        Cordialement.


        • Emma31 Emma31 23 mars 2010 11:47

          "La réponse à ma question est peut-être dans le texte : si vous ne pensez pas que les troubles bipolaires sont l’apanage d’un seul sexe, cette allusion a-t-elle sa place sous un tel titre : "les hommes qui changent pendant leur vie de couple«  ? »

          Non absolument pas ! Il s’agit juste d’un constat et d’un témoignage féminin. Un entretien que je réalise actuellement avec un homme viendra compléter ce texte, comme ça nous aurons aussi la vision d’un homme qui parle bien d’une femme concernée.


        • JL JL 23 mars 2010 11:56

          Emma31, ma question était un peu biaisée, et votre réponse n’en est pas une. Désolé.


        • morice morice 23 mars 2010 11:30

          De mon côté je me remets en question. J’ai lu des articles et des revues, je regarde des émissions sur la santé, j’essaye d’appliquer les bons conseils que je déniche à droite ou à gauche.


          vous n’avez pas à assumer un mal-être qui provient d’autre chose chez l’autre en face, notamment l’éducation et le manque flagrant de la préparation à assumer une paternité des hommes... il ne sait pas vous dire que ça le dépasse complètement. Cessez donc de bouquiner et soyez mère, tout simplement : il s’y fera ou non. S’il ne s’y fait pas, c’est que ce n’est pas le bon père. Ça arrive, hélas. 

          • bretagne 23 mars 2010 11:30

            emma , je me trompe peut etre complétement , je ne suis sur de rien , je le précise des le depart , et je ne sais pas si ce genre de choses serait bon à dire directment à votre « émilie » , mais tout de même , je vais livrer une humble piste.
            Il me semble qu’emilie n’est peut etre pas , dans son fonctionnement actuel , la personne dont son conjoint ( appelons le Philippe) , aurait besoin . Elle semble trés dépendante , matériellement , concrétement , et aussi psychologiquement . Elle parle plusiuers fois du soutien qu’il ne lui apporte plus . Mais c’est peut etre lui qui a besoin de plus de soutien . Les difficultés qu’il a à l’extérieur sont peut être trés intenses et il ne les livre peut etre pas en intégralité à Emilie ; Le monde du travail en particulier est devenu une vraie guerilla ,une vraie machine à broyer l’humain , à humilier l’homme . Assez souvent personnellement j’aurais envie de tout plaquer ... Mais , alors qu’Emilie a pu choisir d’arrréter son emploi , Philippe , lui , ne le peut pas . C’est marche ou créve ( plus exactement : marche ou laisse ta famille dans la misére ...)
            Lisez par exemple les articles sur les suiucides chez renault ou france telecom ( ces ces sont extremes , mais ils constituent la partie émergée d’un iceberg bien plus volumineux )
            Dans le cas présent , peut etre que ce qu’il aurait fallu à Philippe , c’est une femme forte ( attention , je ne dis pas une femme « masculine » , ni « agressive » évidemment , qui s’assume , et qui le soutienne , lui ; Et pas uniquement par de l’écoute , mais aussi concrétement , en assumant la moitié des charges financiéres du ménage , et en le laissant récupérer quand il revient du boulot , fatigué , meurtri , amer d’être obligé d’aller lui-même se livrer à un tel systéme tous les matins ;
            Autre point ( svp , ne jugez pas ) : Emilie a t’elle fait l’effort de rester femme aprés la naissance du bébé . N’est elle pas devenue plus mére que « séductrice » ? Il faut faire TRES attention à cela , et surtout , surtout , ne pas rationnaliser , argumenter , dénier si l’homme désire cela ( de la même façon qu’il ne faut pas expliquer à un enfant que "le pére noël c’est idiot , les jouets cela ne sert à rien , etc... ) . C’est pour lui , son réconfort à lui . S’il souhaite cela , il faut le lui donner . ( Je connais plusieurs cas ou les types sont partis à cause de cela ) .
            Je me trompe peut etre , mais puisque les avis sont sollicités...
            cordialement


            • Emma31 Emma31 23 mars 2010 11:49

              MERCI Bretagne, pour ces éclairages forts pertinents.
              C’est exactement ce genre d’avis que je sollicite. Tout ce que vous dîtes est intéressant et va m’aider à creuser le sujet. Dans la suite de cette série j’aborderai d’autres relations « tumultueuses » et je serais ravie d’avoir également votre point de vue...

              Merci beaucoup !


            • Emma31 Emma31 23 mars 2010 11:59

              Ah j’ajoute une chose sur ce point : « Emilie a t’elle fait l’effort de rester femme aprés la naissance du bébé . N’est elle pas devenue plus mére que »séductrice«  ? »

              Emilie est une femme splendide et fort convoitée à l’extérieur de son foyer (elle est d’ailleurs modèles photo à ses heures...). C’est pour ça que parfois j’ai du mal à comprendre pourquoi elle ne se laisse pas séduire pour essayer de refaire sa vie... Car si son homme ne la regarde plus, d’autres en revanche « gravitent » autour d’elle et seraient certainement ravis de la rendre heureuse. D’essayer tout du moins :)


            • mortelune mortelune 2 février 2013 06:06

              « Car si son homme ne la regarde plus, d’autres en revanche « gravitent » autour d’elle et seraient certainement ravis de la rendre heureuse. D’essayer tout du moins :) »


              S’il ne la regarde plus alors qu’elle est objectivement ravissante aux yeux d’autres hommes c’est qu’il ne va pas bien. (peur être en dépression). 
              La seconde partie de la phrase me choque un peu. En effet, si toutes les femmes quittaient leur conjoint parce qu’elles plaisent à d’autres à alors nous quitterions presque toutes nos maris, non ?
              J’ai le sentiment que les hommes sont tous ravis de rendre leur ’amoureuse’ heureuse. Au moins pendant les premiers temps de l’amour. Moi je préfère l’idée que la démarche de rendre l’autre heureux se fasse dans les 2 sens et je n’attendrai pas qu’un homme me rende heureuse si moi même je ne peux pas le rendre avec certitude, heureux.
              Il n’y a pas de princes charmants et s’il y en a alors il y a aussi des princesses charmantes.

              Si les hommes sont ravis de rendre une femme heureuse, les femmes ne sont-elles pas ravis de rendre un homme heureux ? Ma réponse c’est que les hommes ont les mêmes besoins de bonheur que les femmes. 

              Conclusion : Si Emilie souffre d’être avec son mari qu’elle n’essaie pas de le rendre coupable de cette souffrance avant d’en discuter tranquillement avec lui. 

              NB. Beaucoup d’hommes se sentent envahi d’un rôle de protecteur de la famille et c’est bien naturel. La plupart ne sont pas regardant à l’effort qu’ils doivent faire au travail pour remplir cette mission. Dans le monde industrialisé cette mission les oblige parfois à s’absenter du foyer plusieurs jours. C’est donc tout à fait paradoxale et certainement très difficile à vivre pour eux.


            • Gollum Gollum 23 mars 2010 11:34

              Comme si une femme restait elle-même, avec ses qualités et ses défauts, depuis le début de sa relation de couple, jusqu’à « la fin ».


              Quand j’ai lu ça j’suis pas allé plus loin tellement c’est mensonger.. (en plus texte trop long)
              Combien d’hommes se sont en effet fait piéger par des femmes dont le but évident et plus ou moins conscient est la maternité et qui une fois leur rejeton pondu tombent amoureuse de celui-ci au détriment de l’époux ? C’est quand même suffisamment connu non ?

              Il y avait d’ailleurs dans l’antiquité deux déesses bien distinctes pour spécifier ces deux types de femmes : Aphrodite (celle que les hommes préfèrent) et Démèter..

              • Emma31 Emma31 23 mars 2010 11:50

                Il est justement intéressant pour moi (qui suis une femme) d’avoir ce genre de témoignage. Car je ne connais pas de femme qui ressemble à ce que vous décrivez... ça fait froid dans le dos !


              • JL JL 23 mars 2010 12:01

                @ Gollum, entre une féministe endurcie qui dit que, je cite : « l’enfant est le cheval de Troie du parternalisme », et celles qui devenanues mères délaissent la proie pour l’ombre - non pas que l’enfant ne soit qu’une ombre, mais le destin de l’enfant est de quitter sa mère - je dirai ici que, « souvent femme varie » ! 


              • Gollum Gollum 23 mars 2010 12:01

                Ah non ? Ben moi j’connais plein d’hommes qui sont dans ce cas là et qui se serrent la ceinture parce que madame veut plus...


                ça fait d’ailleurs les choux gras de l’émission animée par Jean-Luc Delarue sur France 2 vers 14h..

                Si vous avez besoins de références et de témoignages allez y plein pots, vous en aurez..
                Je sais d’ailleurs qu’il y a une émission au moins sur ce sujet puisque je l’avais en partie visionné..



              • Massaliote 23 mars 2010 13:24

                La femme parfaite serait donc E. Badinter, une femme sans instinct maternel smiley

                Plus sérieusement le gars de l’article ne pourrait il pas être classé dans les « pervers narcissiques » ? Eternellement insatisfait et tenant sous sa coupe une victime (inconsciemment) consentante ?


              • Emma31 Emma31 23 mars 2010 12:07

                @ TALL : Certainement... mais quand l’amour est encore là ?! Enfin là je parle d’un couple de trentenaire. Le démon de midi à 30 ans après 4 ans seulement de vie commune ? Pourquoi alors faire un tel flan à sa compagne quand il suffit juste de dire : « Je n’ai plus envie de toi !! » ???
                Et après ce sont les femmes qui sont compliquées !
                 ;)


              • Massaliote 23 mars 2010 13:27

                « le démon du midi » , que vient faire G. Frêche dans cette galère ? smiley


              • Lucien Denfer Lucien Denfer 23 mars 2010 12:05

                Le monde change et nous avec. Le contexte économique est terrible, impitoyable. Les femmes ont revendiqué et obtenu leur autonomie financière, mais comment justifier la pression qu’elles exercent sur les hommes afin de continuer à bénéficier d’une position avantageuse qui n’a plus lieu d’être ?


                 « J’ai très envie de l’aider, mais pas à n’importe quel prix, et pas au détriment de la qualité de Ma vie. »

                Je crois que cette phrase résume bien l’état d’esprit et l’ambiguïté d’un mode de relation où l’on ne fait qu’assembler des individualités tout en s’étonnant d’avoir perdu la magie du couple...

                • Emma31 Emma31 23 mars 2010 12:09

                  Oui LUCIEN. Mais l’être humain est-il réellement fait pour vivre à deux ?!


                • finael finael 23 mars 2010 13:02

                  Oui l’être humain est fait pour vivre à deux ... sinon il n’existerait plus depuis longtemps !

                  Et n’importe quel psychologue ou psychiatre vous expliquera l’importance, pour un enfant, d’avoir un père et une mère.

                  Les tribunaux sont remplis de délinquants dont la défense repose sur l’absence de l’un ou de l’autre, ou sur la mise à l’écart dans une famille dite « recomposée ». Malheureusement, j’en connais quelques exemples.


                • Lucien Denfer Lucien Denfer 23 mars 2010 13:03

                  L’être humain est aussi un « animal » social, donc oui il est fait pour vivre en famille. 

                  L’organisation de la société telle que nous la connaissons aujourd’hui nous contraint à des changements. 

                  La disponibilité et l’accessibilité des services et biens de consommation (libre échangisme) nous permettent de mener une vie plus autonome où les désirs de l’individu prennent le pas sur les besoins du groupe (famille, collectivité, village, etc..)

                  Le revers de la médaille c’est une solitude omniprésente, de la crèche à la maison de retraite. 

                  Les personnes qui s’aiment ne devraient jamais permettre à quiconque de s’immiscer entre eux ou de les influencer sur ce qu’est l’amour et la relation de couple...

                  Malheureusement, le ver est dans le fruit.

                • caramico 23 mars 2010 12:30

                  Je vais être brutal : pas besoin de tourner autour du pot, le Vincent n’aime plus l’ Emilie, et plus elle s’accroche, plus ça l’irrite.
                  Pas besoin d’aller chercher des « troubles bi-polaires » et autres fausses raisons.


                  • Emma31 Emma31 23 mars 2010 13:07

                    CARAMICO  : il manque une partie de mon texte sur ce que dit Vincent à sa compagne. « Nous avons fait un enfant parce que nous nous aimons, il n’y a donc pas de raison que ça change ».

                    Donc il lui ment : tout est aussi simple que ça ? Il veut qu’elle le quitte parce qu’il est trop lâche pour le faire ?


                  • jondegre jondegre 23 mars 2010 15:16

                    Je suis d’accord, il ne l’aime plus, il n’est pas content de rentrer dans son foyer, prend plus de plaisir, se sent mieux en dehors du foyer, c’est bien exprimé dans le témoignage.

                    "Nous avons fait un enfant parce que nous nous aimons, il n’y a donc pas de raison que ça change« .  C’est très différent d’une déclaration d’amour.

                     »Donc il lui ment : tout est aussi simple que ça ? Il veut qu’elle le quitte parce qu’il est trop lâche pour le faire ?" . disons qu’il murit sa décision, qu’il n’a peut-être pas conscience lui-même de l’évolution profonde de ses sentiments, qu’il y a un enfant également, dont il n’aura pas la garde et qu’il verra du coup presque plus, qu’il n’est peut-être pas lui-même assez autonome pour prendre la décision de partir seul, etc...etc..., la famille, les amis communs, tout ce qui fait durer un couple non épanoui...


                  • hunter hunter 23 mars 2010 12:42

                    Emma,

                    Vous venez juste de cerner le vrai problème, et il y a beaucoup de travail pour analyser tout ça :

                    A mon humble avis, non, le couple ( de la manière dont nous le concevons ici), est non-viable.

                    1/ désolé d’être un peu « cru », mais bon : on ne mange pas tous les jours la même chose pendant toute sa vie !
                    2/ on écoute pas toujours la même musique !
                    3/ on ne lit pas toujours le même livre
                    4/ on ne regarde pas toujours le même film !

                    etc, etc....

                    Mais par contre, il faudrait (parce que c’est un critère social), désolé encore pour être un peu « cru », toujours faire l’amour avec la même personne pendant toute sa vie ?

                    Désolé, mais ça me paraît injouable !

                    Donc, pour l’homme comme la femme, le besoin de diversité, de changement est (toujours à mon humble avis), inscrit dans la nature des individus !

                    La notion de couple, implique respect et fidélité, tout en sachant qu’il sera impossible de maintenir surtout le second point.

                    De part mon humble expérience, tous mes proches, sont soient célibataires, soient divorcés, et ça ne se passe pas bien !

                    donc, autour de moi, le couple, c’est 100% d’échec ! votre serviteur y compris !

                    Donc honnêtement, je ne pense pas que la femme et l’homme, soient faits pour vivre à deux toute leur vie. Certains y parviennent, ce sont les exceptions qui confirment la règle.

                    Bien à vous.

                    H /


                    • finael finael 23 mars 2010 12:56

                      Bonjour Emma,

                      Je me joindrais aux intervenants qui ont fait remarquer qu’il n’y pas que l’homme qui change, la femme aussi ... et peut-être plus et plus vite à mon avis.

                      Au début, il y a tout le jeu de la séduction, jeu dangereux, mensonger quelque part, et il me semble (expérience personnelle) que les femmes jouent plus que les hommes. Une fois le « but » atteint, les changements peuvent être radicaux.

                      D’autre part, il y a peut-être un problème de temps : autrefois (voix chevrotante) on se « fréquentait » un certain temps, le temps de découvrir, d’explorer l’autre, et il arrivait assez souvent que l’on découvre que cet autre n’était pas tout à fait ce qu’il semblait être.

                      Il est vrai que les hommes sont souvent plus pressés que les femmes, grave erreur !

                      Mais la vie de couple, autrefois sacralisée par le mariage, stipulait « pour le meilleur et pour le pire ». Or il est facile d’accumuler les exemples où ce sont les difficultés et les épreuves partagées qui soudent des relations. Tous les couples durables que je connais ont été amenés à partager des difficultés et des épreuves, certains vivent ensemble (pas toujours mariés) depuis plus de 50 ans.

                      Ce réflexe d’aller « voir ailleurs » au premier problème me semble particulièrement grave. Si on ne réussit pas son couple, comment savoir qu’on ne refera pas les mêmes erreurs au suivant ?

                      quant aux « couples en CDD », je plains ces gens qui mourront seuls !


                      • le-Joker le-Joker 23 mars 2010 13:11

                        Si les êtres arrêtaient de se mentir à eux-mêmes et aux autres ils ne changeraient pas à ce point. Malheureusement l’être humain à une propension aux mensonges inégalée.

                        Je vous épargne les exemples ils sont légions.

                        CF : Gurdjieff, Cioran, L.F Céline etc etc.

                        • le-Joker le-Joker 23 mars 2010 14:36

                          Salut Tall,


                          J’en vois tous les jours qui courent à la catastrophe dans leur vie de couple, bardés de mensonges sur eux-mêmes, se faisant passer pour ce qu’ils ne sont pas ou qu’ils croient être et qui au final ne tiennent pas la distance, le temps et la confrontation avec l’autre. Quand ils cesseront de jouer un rôle et d’être en représentation ils arriveront peut-être à joindre les deux bouts smiley
                          PS : j’en suis à ma troisième union mais j’ai arrêté de faire croire que j’étais parfait maintenant j’annonce clairement la couleur, je noircis le trait et au final ça me donne une marge de manoeuvre pour mes conneries hebdomadaires smiley
                          Faut ce qu’il faut smiley

                        • sleeping-zombie 23 mars 2010 13:19

                          Salut,

                          bon témoignage, sans doute trop familier pour trop de monde.
                          Toutefois, quand tu sous-entends que les hommes changent quand les femmes restent les mêmes, c’est faux mais ça a déjà été pointé suffisamment. J’ajouterai pour être perfide que quand une femme devient irascible, c’est pas elle qui change, c’est le monde entier qui devient plus agaçant ^^

                          Ensuite, quand tu dis :
                          Il ne faut pas se leurrer, souvent ces changements s’effectuent dans le mauvais sens. Rares sont les gens aigris ou violents qui au fil du temps se transforment en véritables nounours. Force est de constater que c’est généralement l’inverse qui se produit : ce sont des gens doux et attentionnés qui deviennent durs et égoïstes. 

                          Quand un arbre tombe dans une forêt et qu’il n’y a personne pour en témoigner, l’évènement a-t-il eu lieu ? ou dans notre contexte : quand un homme aigri et violent, donc seul, se transforme en bisounours, qui est témoin de la transformation ?


                          • Emma31 Emma31 23 mars 2010 13:31

                            « Toutefois, quand tu sous-entends que les hommes changent quand les femmes restent les mêmes, c’est faux »

                            Je ne sous-entends pas ceci, je fais juste remarquer qu’autour de moi j’entends plus de témoignages de femmes qui se plaignent du « comportement pathologique » de leur conjoint que l’inverse. Mais encore une fois, ce texte sera modifié car je m’entretiens actuellement avec un homme qui souhaitait témoigner. Donc j’aurai bientôt le pendant féminin du problème :)


                          • rocla (haddock) rocla (haddock) 23 mars 2010 13:22

                            Là j’ ai lu le tiers de l’ article .

                            Je souffle un peu , et je reviens .......vous avez pas plus court dans votre magasin ?


                            • Emma31 Emma31 23 mars 2010 13:32

                              ROCLA  : personne ne vous mets le couteau sous la gorge pour tout lire !!


                              • rocla (haddock) rocla (haddock) 23 mars 2010 13:37

                                Le démon de midi je l’ ai aussi à 1 h 2 h 3 h .......jusqu’ à 24 heures et ça recommence le lendemain .

                                Question humeur avec ma femme on a décidé , dès le début de notre mariage d’ installer un ring de boxe dans la salle à manger . Quand nous avons un différent nous enfilons les gants de boxe , elle m’ envoie un uppercut , un droit du gauche sonné je m’ écroule . Elle compte jusqu’ à dix et lève son poing en l’ air en signe de victoire . Les enfants et les petits enfants applaudissent et nous sortons nos protèges-dents .

                                Des fois quand on se met pas des oeils au beurre noir on va dîner en amoureux . Je l’ invite dans un grand restaurant « Flunch » où dans une promotion de pneu chez Noroto où le buffet campagnard est gratuit .

                                Quand on rentre j’ lui mets mon démon de minuit . Elle dit  : t’ es dur avec moi , dit-elle , j’ y réponds : qui aime bien chatie bien .

                                Sinon on lit des lectures , moi le Nous deux elle prends toujours le Nous-trois .

                                Comme musique on est d’ accord sur tout  : Carlos du soir au matin , rien que pour embêter Morice .

                                Ca marche ça fait bientôt quarante ans qu’ elle me supporte ..... smiley


                                • Salsabil 23 mars 2010 13:48

                                   smiley smiley smiley smiley

                                  Salut, Cap’tain ! smiley


                                • Emma31 Emma31 23 mars 2010 14:28

                                  Mdr, j’adore  !! smiley


                                • Vipère Vipère 23 mars 2010 16:17

                                  Bonjour à tous,

                                  Rocla, au moins vous, vous avez l’art et la manière de parler aux femmes. A la vôtre surtout.

                                  J’en pleure de rire !!! évidemment, j’en fais une interprétation au second degré.

                                  Cela dit, pour certains couples c’est bel et bien du premier degré .

                                  Si Roméo et Juliette avaient vécu leur passion au quotididien, il n’est pas sûr que leur histoire se serait déroulée comme un long fleuve tranquille. 

                                  Les Roses, un couple américain à l’écran, ( remarquablement interprété par Michael DOUGLAS et ...) se déchiraient, ne parvenant à vivre ensemble, ni séparés pour finir dramatiquement.

                                  Lise Taylor et Tim BURTON, divorcés et remariés eux aussi vécu une passion tumultueuse et déchirante, à la vie et à l’écran. 


                                • rocla (haddock) rocla (haddock) 23 mars 2010 16:42

                                  Vipère ,

                                  Tout est dans l’ expression verbale ,

                                  L’ autre jour avec ma femme et mon tandem on est allé au zoo .

                                  Superbes animaux de la jungle , des girafles , inocérosses , popotames lions , tigres , on arrive vers la cage du gorille , un magnifique mâle que ses attributs étaient pas des épithètes , mon épouse curieuse comme d’ hab se penche trop en avant et tombe devant l’ animal du surnom de Rut , il s’ approche d’ elle tout joyeux genre luron , elle me lance un suppliant regard qui me demandait ce qu’ elle doit faire , je lui répondis d’ un ton vengeur  : ben dis lui , maintenant que t’ a la migraine , mal à la tête et au dos ......... smiley

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